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InterviewFrance Culture — L'invité(e) des Matins (sur Site radio)· 5 mai 2022 44 minContradictoireActualité / polémiqueEnvironnement & énergieSolidarités & familleRetraitesInstitutions & élections

Philippe Martinez : "Quelqu’un qui n’a rien, on va lui demander d’être dans la sobriété ?"

Source d'origine 3 locuteurs

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 55 %Attaque 35 %Défensif 10 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 96 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:31OuverteRéponse directe

    Pourquoi ce thème de la planification écologique vous intéresse-t-il ?

  • 1:49OuverteRéponse directe

    Les mesures écologiques pèsent-elles trop sur les ménages ?

  • 2:28OuverteRéponse directe

    Quel est votre regard sur les centrales nucléaires, notamment Fessenheim ?

  • 3:33OuverteRéponse directe

    La CGT a-t-elle évolué sur le nucléaire et la sobriété ?

  • 4:02RelanceRéponse directe

    Si on reprend la question des gilets jaunes, la sobriété peut-elle passer pour un souci de riche ?

  • 5:12OuverteRéponse directe

    Faites-vous confiance au gouvernement pour mettre en place cette planification écologique ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:53Invité politiqueFait
    « on essaie beaucoup de culpabiliser les citoyens dans leur façon de vivre »
  • 2:01Invité politiqueFait
    « on fait peser, on met la pression sur les ménages »
  • 2:20Invité politiqueFait
    « Quand on dit à un salarié, il faut que tu perdes ton emploi pour sauver la planète »
  • 4:20Invité politiqueFait
    « il ne faut pas prendre les choses sur le fait qu'il faudrait moins consommer, moins produire »
  • 5:31Invité politiqueFait
    « Quelqu'un qui n'a rien, vous allez lui demander d'être sobre ? »
  • 5:53Invité politiqueFait
    « la sobriété, elle existe. C'est comment, premièrement, on répartit mieux les richesses »
  • 7:40Invité politiqueFait
    « On est quand même habitué à des propos, notamment de la part du président de la République, sur « j'ai changé » »
  • 7:50Invité politiqueFait
    « il ne se passe pas grand-chose. Au contraire, la pauvreté augmente, la précarité augmente »
  • 10:22Invité politiqueFait
    « il y a des choses qui bougent. Trois réflexions »
  • 11:14Invité politiquePromesse
    « si les salariés et les citoyens ne se mêlent pas, c'est-à-dire par des mobilisations, par un maintien de la pression, on peut de nouveau avoir des lendemains qui déchantent »
  • 12:21Invité politiqueFait
    « l'élection, elle est valable. Au moment où il a fait plus de 50%, il est élu. Il est légitime »
  • 19:17Invité politiqueFait
    « nous revendiquons l'idée que le RN est un parti d'extrême droite »
  • 19:27Invité politiqueFait
    « extrême droite, ça veut dire, premièrement, raciste »
  • 20:15Invité politiqueFait
    « c'est une idée vieille comme l'extrême droite, la première chose »
  • 31:32Invité politiqueFait
    « la responsabilité c'est celle de Poutine, c'est lui qui a envoyé son armée envahir son voisin »
  • 35:34Invité politiqueFait
    « ne pas être, c'est l'allongement de l'âge de la retraite »
  • 36:49Invité politiqueFait
    « c'est pas vous êtes obligé de dégager de votre entreprise ou de votre service à 60 ans »
  • 37:55PrésentateurChiffre
    « passer de 13 à 10% du PIB pour permettre donc de dégager 3% pour d'autres investissements »
  • 38:09Invité politiqueFait
    « c'est une arnaque un tel discours est une arnaque »
  • 38:14Invité politiqueFait
    « monsieur Macron fait exprès de confondre impôts et cotisations sociales »
  • 38:20Invité politiqueFait
    « il y a plus de gens qui payent de cotisations que de gens qui payent des impôts du fait des bas salaires »
  • 39:35Invité politiqueFait
    « la stabilité financière de l'avenir des retraites est faite c'est prouvé »
  • 41:15Invité politiqueChiffre
    « il y a 74% des français qui sont contre cette réforme »

Temps de parole

  • Invité politique70 %
  • Présentateur29 %

2,7 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:03
Présentateur

Bonjour Philippe Martinez, vous êtes secrétaire général de la CGT, je voulais vous parler, c'est original, de l'union de la gauche, mais j'ai vu qu'au moment où Margot Delpierre évoquait les limites dépassées des ressources de la Terre, autrement dit l'indicateur scientifique que le WWF a élaboré sur sa propre planification écologique, et bien vous manifestiez un intérêt, pourquoi ce thème-là vous intéresse, qu'est-ce qu'il vous suggère Philippe Martinez ?

0:38
Invité politique

Compte tenu de l'urgence de la situation, on devrait tous avoir un intérêt grandissant pour cette question, et le problème c'est comment on prend ce phénomène, et je trouve, en tout cas nous trouvons à la CGT, qu'on essaie beaucoup de culpabiliser les citoyens dans leur façon de vivre, or les inégalités sociales font que des citoyens subissent cette pression sociale et l'évolution du climat, et donc il y a besoin d'avoir une vision précise à long terme, tout en évitant, ou en tout cas en refusant, de culpabiliser les citoyens dans leur façon de vivre.

Donc il y a besoin, oui, d'une planification, mais avec des mesures d'urgence, je pense à l'isolation des logements, d'ailleurs qui pourrait créer des milliers d'emplois, mais aussi une modernisation de l'industrie, par exemple, qui permet de conjuguer et le développement industriel, et la protection de la planète, et nous travaillons, nous, à la CGT, avec les salariés d'ailleurs, sur plusieurs exemples concrets d'évolution, des modes de fabrication, d'investissement dans les entreprises, pour permettre cette conjugaison entre le social et l'environnemental.

1:49
Présentateur

Vous voulez dire que la planification écologique possible, ou en tout cas les mesures dans ce domaine, pèsent trop sur les ménages ?

1:57
Invité politique

En tout cas, on fait peser, on met la pression sur les ménages, mais quand vous ne pouvez pas changer votre voiture, par exemple, parce que vous n'avez pas d'argent... Vous voyez, on peut toujours dire, c'est de ta faute, qu'est-ce que tu fais avec une poubelle, comme on dit, mais il faut donc bien lier les questions sociales avec cette volonté de stopper la destruction de la planète. Quand on dit à un salarié, il faut que tu perdes ton emploi pour sauver la planète, vous comprenez que c'est un peu compliqué comme réflexion à avoir.

2:28
Présentateur

Alors, justement, pour les salariés qui pourraient perdre leur emploi avec les dégâts causés à la planète, ou les dégâts potentiels, il y a par exemple la question des centrales nucléaires, celle de Fessenheim en particulier. Quel est votre regard là-dessus, Philippe Martinez ?

2:46
Invité politique

Il y a besoin, et nous le travaillons depuis des années, de conjuguer un mix énergétique. Pour l'instant, le nucléaire est indispensable, mais c'est comment on fait en sorte de développer les énergies renouvelables. On oublie de plus en plus la question de l'hydraulique, les centrales hydrauliques, parce que c'est aussi important, et pour la production d'énergie, mais aussi pour la régulation de l'eau. Tous ceux qui vivent à côté des centrales hydrauliques le savent. Donc, comment on conjugue ces deux-là ? Mais on ne peut pas non plus résumer la question de l'avenir de la planète à la question du nucléaire.

Et c'est souvent une façon de traiter les questions environnementales, alors que les problèmes sont un peu plus larges que ça, vous voyez ?

3:33
Présentateur

Alors, je vais vous parler de l'histoire de la CGT, que vous connaissez mieux que moi d'ailleurs, Philippe Martinez. Mais pendant un moment, la centrale que vous représentez était très productiviste. Et on considérait par exemple que le nucléaire était une bonne chose, il y avait moins de préoccupations écologiques. Est-ce que la CGT a évolué à cet égard ? Est-ce que vous demeurez productiviste ? Est-ce que vous pensez qu'il y a une forme de sobriété qui devrait être aujourd'hui organisée ?

4:02
Invité politique

La CGT, elle a évolué comme l'ensemble des habitants de cette planète et comme l'ensemble de ceux... Je suis sûr qu'il y a 20 ans, y compris sur cette antenne, on parlait beaucoup moins de questions écologiques. En tout cas, c'était moins présent. Donc, évidemment, on n'est pas en dehors de ce qui se passe dans le monde. La deuxième chose, c'est qu'il ne faut pas prendre les choses sur le fait qu'il faudrait moins consommer, moins produire. C'est comment on produit mieux et qu'on consomme mieux. Par exemple, on parle beaucoup de relocalisation parce que vous savez que les voyages de marchandises à travers la planète sont les premières sources de pollution. Comment réfléchir à ça ?

Par exemple, comment on fait en sorte que ceux qui n'ont rien, pas de problème de pouvoir d'achat, puissent consommer mieux ? Est-ce que, par exemple, on réfléchit à éviter que nous changions de téléphone tous les ans parce qu'on a modifié une petite application ? Vous voyez, c'est ce genre de problème qu'il faut travailler.

5:12
Présentateur

Oui, mais dans le même temps, l'une des questions... J'en reviens à la question politique. L'une des questions qui a été au cœur de cette campagne présidentielle, c'est la question du pouvoir d'achat qui montre que pour la plupart des Français, la principale question n'est pas celle de la sobriété.

5:31
Invité politique

Quelqu'un qui n'a rien, vous allez lui demander d'être sobre ?

5:35
Présentateur

Moi, je ne vais rien lui demander, mais justement, je vous posais la question.

5:38
Invité politique

C'est une question que je pose comme ça. C'est-à-dire qu'on ne peut pas généraliser. Il y a des privés d'emploi, ils sont sobres. Ils n'ont même pas l'électricité. Et alors, si on prend à l'échelle de la planète, la sobriété, elle existe. C'est comment, premièrement, on répartit mieux les richesses, de façon à ce que ceux qui n'ont rien puissent consommer, et pas dépenser des milliers et des cents. Et puis, il y en a qui ont beaucoup et qui consomment beaucoup et parfois inutilement. C'est cet équilibre-là qu'il faut trouver.

6:08
Présentateur

Voilà, donc justement, je vais reformuler ma question. Si on reprend, par exemple, la question des gilets jaunes, on s'était vu à l'époque des gilets jaunes, Philippe Martinez. L'une des questions posées par les gilets jaunes était la question du pouvoir d'achat, parce qu'ils estimaient que leur pouvoir d'achat était insuffisant. Et dans ces conditions, dans ce contexte-là, la question de la sobriété, elle pouvait passer pour un souci de riche, si je dis les choses de manière abrupte.

6:33
Invité politique

Pour certains, oui, ça peut être un souci de riche. Je vous le répète, quand vous n'avez rien. Et évidemment, quand on veut augmenter une taxe sur l'essence ou le gasoil, pour ceux qui n'ont que leur voiture pour se déplacer, ça pose problème. Donc il faut bien prendre les questions d'une autre façon. Par exemple, comment on fait en sorte de relancer un peu plus, et on planifie un peu mieux, et on met plus d'argent sur la relance des petites lignes, comme on les appelle. Mais aussi le transport de marchandises. Plutôt que de multiplier le nombre de camions sur les routes avec les risques d'accidents qui vont avec, comment on fait en sorte que les marchandises soient transportées par le fer.

Voilà des vraies questions, mais il faut y travailler maintenant, avoir une vision à court terme et à long terme, et puis il faut mettre de l'argent.

7:28
Présentateur

Vous faites confiance au gouvernement pour mettre en place cette planification écologique ? Le gouvernement qui n'a pas encore été nommé, d'ailleurs.

7:35
Invité politique

Ça fait cinq ans qu'il est là, le gouvernement, puisqu'il n'y en a pas d'autres pour l'instant. Et le président de la République aussi. On est quand même habitué à des propos, notamment de la part du président de la République, sur « j'ai changé », il n'a pas encore dit « je vous ai compris », mais ça ne va pas tarder. Mais il ne se passe pas grand-chose. Au contraire, la pauvreté augmente, la précarité augmente. Donc tous ces citoyens jeunes...

7:59
Présentateur

Il y a eu des aides apportées pendant la pandémie, des aides qui ont permis, par exemple, que le nombre de faillites diminue. C'était encore noté hier. Bref, il y a eu tout un travail d'effectuer. Alors je ne sais pas si vous le trouvez insuffisant, voire inexistant, mais en tout cas...

8:18
Invité politique

Oui, mais ça, c'est pour répondre à une crise inédite. Mais ce n'est pas une vision à long terme. Ce n'est pas une conception du monde dans 20 ou 30 ans. Il y a un haut-commissaire au plan, qui a été nommé il y a un petit moment. Est-ce que vous pouvez me faire son bilan ?

8:36
Présentateur

Je peux vous donner son nom. Il s'appelle François Bellon.

8:38
Invité politique

Voilà, moi aussi. Mais derrière ça, c'est ça, une vision de planification. C'est voir le monde, le pays, le monde, à longue échelle. Je trouve que les hommes et les femmes politiques résonnent plus sur un agenda électoral, et vous comprenez pourquoi, plus qu'au service des citoyens.

9:01
Présentateur

Mais ce que l'on pourrait dire aussi, c'est que ce quinquennat a été marqué par des crises, les deux dernières étant, évidemment, le Covid et la guerre en Ukraine, des crises qui rendent difficile cette planification à long terme, Philippe Martinez.

9:13
Invité politique

Au contraire, je pense que ces crises, justement, ont mis en avant des choses que nous connaissions, mais qui les ont révélées encore plus fortes. La pandémie, on voit bien les problèmes qui existent dans la santé. Ça existait avant la Covid-19. Qu'est-ce qu'on a fait ? Les débats sur les premières, deuxièmes lignes, etc. Ça existait bien avant. Qu'est-ce qu'on fait ? Et puis, les problèmes de réindustrialisation, de relocalisation dont je parlais tout à l'heure, ça existait bien avant. Donc, ça a mis en lumière de façon plus forte tous ces problèmes que nous connaissions. Mais pour régler ça, ce ne sont pas des mesures ponctuelles qu'il faut, même si ça aide. C'est une vision à long terme.

Et je vous le redis, les hommes et les femmes politiques ont des échéances à court terme, souvent autour de leur réélection. Et ce n'est pas comme ça qu'on change le monde.

10:07
Présentateur

Il y a dans l'actualité politique cette union de la gauche. Votre regard, Philippe Martinez, sur ce qui est en train de se profiter, quasiment d'ailleurs, achevé.

10:19
Invité politique

Écoutez, je vois qu'il y a des choses qui bougent. Trois réflexions. La première, c'est qu'il me semble que, dans l'expression des citoyens du premier tour, pour ceux qui ont été votés, il y a eu une expression de cette volonté d'une gauche unie. La deuxième chose, c'est qu'il y a des mesures, même si je ne connais pas le détail, parce que je ne suis pas dans les confidences, qui vont vers ce que nous, on propose en matière sociale. Par exemple, l'augmentation du SMIC, même si on est encore loin des propositions de la CGT, autour de la diminution de l'âge de la retraite et pas de l'augmentation. Par exemple, autour de la santé.

Et la troisième réflexion, c'est que, quel que soit le résultat des élections législatives, si les salariés et les citoyens ne se mêlent pas, c'est-à-dire par des mobilisations, par un maintien de la pression, on peut de nouveau avoir des lendemains qui déchantent. On a quelques expériences du passé, d'hommes, surtout de gauche, qui nous avaient provis de nous changer la vie, mais ils ne nous l'ont pas changé dans le bon sens. D'hommes du passé, mais alors d'un passé passé, vous parlez de François Mitterrand. D'un passé récent même. François Hollande ? Par exemple, c'est lui qui considérait que son ennemi était la finance.

Et pourtant, c'est lui qui a cassé le code du travail avec la loi El Khomri, qui a peu ou presque pas augmenté le SMIC. Vous voyez, il y a les promesses. Et puis, si on veut que les promesses se réalisent, il faut que la rue, comme on dit, maintienne la pression. C'est aussi un des enjeux et une alerte que je peux formuler au monde du travail, aux citoyens en général.

12:02
Présentateur

Qu'est-ce que ça veut dire ? La rue maintienne la pression. Alors là aussi, il y a eu beaucoup de commentaires à ce sujet. Est-ce que vous considérez que l'élection d'Emmanuel Macron est illégitime, comme certains de ses détracteurs l'ont dit, qu'il faut un troisième tour social ? Il y a aussi des élections législatives, on en parle ?

12:21
Invité politique

Non, non, l'élection, elle est valable. Au moment où il a fait plus de 50%, il est élu. Il est légitime. Par contre, qu'il ne nous dise pas que tous ceux qui ont voté pour lui ont adhéré à son programme. Parce que c'est ce qu'il nous a déjà dit en 2017. Certains disent la même chose pour la France insoumise. Beaucoup d'électeurs se sont portés pour la France insoumise. Pour l'instant, que je sache, c'est M. Macron, le président, qui a été réélu. Donc, c'est lui qui va être aux manettes pendant 5 ans. Et en 2017, il nous avait déjà dit que 68% étaient d'accord avec sa réforme des retraites.

Par exemple, on a vu que fin 2019 et début 2020, il y avait du monde dans la rue pour dire qu'on n'est pas d'accord avec toi. Donc, c'est ça qu'il a été mal élu. En tout cas, tous ceux qui ont voté pour lui...

13:12
Présentateur

5 millions de voix d'écart, quand même.

13:14
Invité politique

Oui, mais... Non, mais... Tous ceux qui ont voté Macron n'ont pas voté pour son programme. Mais un certain nombre, pour ne pas dire un nombre certain, ont d'abord voté contre son adversaire. Vous voyez ce que je veux dire ?

13:29
Présentateur

L'enjeu, Philippe Martinez, c'est aujourd'hui pour la gauche, pour cette union de la gauche, de tourner la page de la social-démocratie.

13:38
Invité politique

Enfin, en tout cas, moi, je ne sais pas de quoi...

13:40
Présentateur

C'était l'éditorial, par exemple, de l'Humanité aujourd'hui, mais je... Je ne l'ai pas lu.

13:44
Invité politique

J'ai lu l'Humanité avant vous. Je ne l'ai pas lu. L'enjeu, en tout cas pour le monde du travail, c'est que les inégalités sociales se réduisent, qu'on s'occupe enfin de l'avenir de la planète. Donc, c'est des mesures sociales. Et évidemment, je ne suis pas dupe, il y a aussi, dans ce monde politico-social, le patronat qui, lui aussi, va résister pour contrer d'éventuelles avancées sociales. Vous voyez ?

14:12
Présentateur

Mais je vais vous le dire autrement au sujet de la social-démocratie. C'était d'ailleurs un peu ce qu'évoquait l'Humanité dans son éditorial. L'idée, c'est de voir s'il est possible de tourner la page d'un certain encadrement du système, mais de changer le système. C'est-à-dire de pouvoir...

Alors, je ne sais pas, c'est ce que Jean-Emmanuel Ducoy appelle une clarification des idées, avec le fait que l'alliance historique à gauche pourrait aboutir à une nouvelle union populaire qui signifierait que la gauche oublierait les schémas anciens, à la fois d'accommandement du capitalisme, tourne la page d'un certain système économique, en finir avec, je cite cet éditorial, le libéralisme ou le social-libéralisme.

15:03
Invité politique

En tout cas, c'est ce que propose... C'est dans les orientations de la CGT, ça. Vous voyez, il n'y a pas besoin d'aller chercher très loin. C'est dans les... La CGT a une double mission. Ce qu'on appelle la double besogne, c'est historique, c'est transformer la société et en même temps s'occuper du quotidien des citoyens. C'est une double tâche et j'y suis très attaché.

15:25
Présentateur

Oui, mais alors, dans ces conditions, je suis obligé de vous demander qu'est-ce que ça signifie en finir avec le libéralisme ? Si je vous dis, par exemple, la propriété privée des moyens de production, vous allez me dire que je regarde les choses avec 50 ans de retard. Je vois votre sourire.

15:39
Invité politique

En tout cas, il y a besoin de nouveau de réfléchir à une réappropriation d'un certain nombre de moyens de production. Parler d'énergie, par exemple, nous, nous militons pour que nous retrouvions une grande entreprise publique, KEDF, qui soit 100% publique. Donc, la renationaliser ? Bien sûr, bien sûr. Mais d'autres systèmes pourraient, d'autres entreprises pourraient être, je pense, au télécom, par exemple. Au télécom ? Bien sûr, c'est un enjeu considérable, la communication et les télécommunications.

16:18
Présentateur

Mais aujourd'hui, vous avez un secteur qui est largement concurrentiel.

16:21
Invité politique

Très libéralisé, oui. Avec d'énormes problèmes entre les zones rurales et les zones moins rurales. Vous savez que, pendant la pandémie, des étudiants étaient obligés de monter dans les arbres pour avoir des connexions.

16:34
Présentateur

Même parfois, en montant dans les arbres, ça ne passe pas.

16:36
Invité politique

Même parfois, en montant dans les arbres, ça ne marche pas. C'est dû à quoi, ça ? C'est parce que le système de la concurrence, il fait qu'on va d'abord investir là où c'est rentable. Vous le savez très bien. Et on délaisse les zones rurales. Mais on pourrait évoquer le renforcement de l'audiovisuel public et de la démocratie dans la presse, par exemple.

17:02
Présentateur

Vous m'intéressez sur le renforcement de l'audiovisuel public ?

17:05
Invité politique

Non, mais si, et c'est le cas aujourd'hui, si les médias, en général, sont regroupés autour de deux personnes ou trois qui ont beaucoup, beaucoup d'argent et qui, évidemment, ne sont pas tout à fait au service des citoyens, eh bien, il peut y avoir aussi des dérives démocratiques. Donc, il y a besoin, par exemple, dans les médias, de renforcer une entreprise publique, des entreprises publiques, qui permettent que la démocratie vive et qu'on ne soit pas sous la coupe de mania de la presse, ou en tout cas de la finance, plutôt, qui imposent aux citoyens une façon de penser.

Et je crois qu'on a eu quelques exemples dans ce quinquennat qui vient de se passer où on met en avant un certain nombre de pseudo-éditorialistes avec des idées qui sont plus que nauséabondes.

17:59
Présentateur

Je crois qu'on voit de qui vous voulez parler. On se retrouve dans quelques instants. Philippe Martinez, vous êtes secrétaire général de la Confédération Générale du Travail. On va évoquer, justement, avec vous, puisque nous avons parlé de la gauche, on parlera de la droite, et de l'extrême droite du Rassemblement National, de la manière dont celui-ci, aujourd'hui, évoque le thème du pouvoir d'achat, et pourquoi pas pourrait concurrencer les syndicats sur ce thème, peut-être même en chassant sur vos terres. Il est 8h sur France Culture. Et l'invité, c'est Philippe Martinez, le secrétaire général de la CGT. Avez-vous l'impression que notre vie politique se radicalise telle ?

Et puis, en ce moment, je suis particulièrement intéressé par les termes. Est-ce que pour vous, le RN est d'extrême droite ? Est-ce que pour vous, LFI, c'est l'extrême gauche ? Votre regard là-dessus, Philippe Martinez ?

19:00
Invité politique

En tout cas, la société française se tend de plus en plus, et donc ça a forcément des répercussions sur le vote ou le non-vote des citoyens, parce que je pense que l'abstention, et ça a été rappelé, est un message aussi fort au monde politique. Nous revendiquons l'idée que le RN est un parti d'extrême droite. Qu'est-ce que ça veut dire ? Extrême droite, ça veut dire, premièrement, raciste. Raciste. Et je ne sais pas...

19:31
Présentateur

Je crois qu'ils n'accepteraient pas les taxes de racisme. Je suis obligé de vous le dire,

19:36
Invité politique

en cas où vous et moi, on aurait des... L'avocat du diable, c'est ça, non ? Je ne vais rien dire. Non, mais nous, c'est les faits. On peut... Le marqueur, c'est... Alors, ils ont changé, ça ne s'appelle plus préférence nationale, ça doit s'appeler priorité nationale. Ça veut dire la même chose. C'est-à-dire que... C'est l'idée... Ça existe dans certains pays, disent-ils, la Suisse. C'est-à-dire que le fait que le problème que rencontrent des millions de personnes dans ce pays, la pauvreté, les bas salaires, ça serait la faute, non pas du capital, mais de l'étranger. Alors, déjà, c'est une idée vieille comme l'extrême droite, la première chose.

Et puis, c'est mettre sous le tapis la responsabilité du capitalisme, ou on l'appelle l'ultralibéralisme, parce que l'année dernière, par exemple, il y a eu de plus en plus de pauvres, mais enfin, les riches ont été de plus en plus riches. Or, ça, c'est le marqueur. C'est le marqueur. Moi, je m'imagine mal, mais comme bon nombre de gens que je croise, dire à un collègue de travail ou à un voisin, tu dégages, parce qu'il est noir, ou il est musulman, ou il a un nom...

20:52
Présentateur

Là aussi, ça n'est pas ce que le Rassemblement National évoque.

20:56
Invité politique

D'accord, mais qu'est-ce que c'est que la préférence nationale ?

20:59
Présentateur

La préférence nationale, pour eux, c'est de réserver certains emplois aux nationaux.

21:04
Invité politique

C'est de dire que le problème du chômage, ce n'est pas de la faute de ceux qui licencient, c'est de la faute de ceux qui, pour diverses raisons, comme ça existe depuis plus d'un siècle, et il y a aussi des Français qui vont travailler ailleurs, qui, pour des raisons diverses, mais bien souvent, à cause des guerres, à cause de la misère, à cause de la famine, viennent travailler ici, et chercher du boulot ici. Donc, c'est évacuer la responsabilité du capital pour la faire porter sur des citoyens comme nous. Et c'est là où, c'est le deuxième aspect, c'est un parti libéral.

Par exemple, quand il propose de mettre la retraite à 60 ans, alors je ne sais plus où ça en est, parce qu'elle a beaucoup dit de choses, la dame. Mais, tout en disant, il faut continuer à exonérer et à moins payer de cotisations sociales, c'est ce que propose le MEDEF. Donc, c'est la voie, c'est le patronat qui propose ça. Les grands slogans pseudo-sociaux avec rien derrière, là aussi, c'est une usurpation. Voilà pourquoi c'est un parti d'extrême droite, parce que raciste, et un parti libéral, parce que, prônant des mêmes solutions, malgré une vitrine sociale, l'arrière-boutique reste profondément libéral.

22:31
Présentateur

Alors, à ce sujet, Philippe Martinez, je voulais justement vous faire entendre la voix d'un ouvrier. Alors, on a choisi une archive de 2017, mais le discours, lui, est évidemment toujours valable. On va l'écouter. C'est un reportage d'envoyé spécial.

22:50
Auditeur

Vincent enchaîne les missions d'intérim dans les usines et le bâtiment. Bonjour. Bonjour. Sur-endetté, ils sont interdits bancaires. Les candidats à la présidentielle leur semblent bien loin de leur quotidien. Je pense comme ça, que ce soit l'un ou l'autre, on sera toujours dans la même merde. Excusez-moi de l'expression, mais ça sera toujours la même chose. Donc, c'est pas un truc qui me préoccupe. Moi, mon truc qui me préoccupe, c'est de trouver du travail, gagner de l'argent, et puis sortir de la merde où je suis là actuellement. Au premier tour, ils ont tous les deux voté Marine Le Pen.

Mais bon, tout le monde dit voter Marine, pour mettre un peu la pression, mais après, après mettre la pression, est-ce que ça sert à quelque chose ? Moi, sinon, j'ai toujours voté, franchement, j'ai toujours voté, c'était ouvrier.

23:46
Présentateur

Votre réaction, Philippe Martinez, à ce discours, on l'a choisi, il y en a beaucoup...

23:52
Invité politique

C'est un discours qu'on a encore plus entendu avant les élections qui viennent de se dérouler. C'est une exaspération du monde du travail. Quand je parle du monde du travail, c'est le monde du travail en général qui voit leur situation propre s'aggraver et aucune solution ne leur est proposée. Donc, oui, il faut discuter avec ses citoyens, ses chômeurs.

24:16
Présentateur

J'imagine que vous le faites très souvent.

24:17
Invité politique

On essaye, mais je pense qu'on ne le fait pas assez. Je pense qu'il faut... Quand il y a un problème, comme on dit, il ne faut pas mettre la poussière sous le tapis. Il faut nettoyer. Et donc, oui, il faut discuter sur les réelles responsabilités. Mais après, ce ne sont pas les syndicats qui portent la responsabilité du phénomène de l'augmentation des idées d'extrême droite et du vote d'extrême droite.

Les politiques devraient aussi balayer un peu, et j'en ai parlé devant leurs portes et j'en ai parlé tout à l'heure, quand on promet des choses et qu'on ne les tient pas, je connais beaucoup de gens qui ont dit, par exemple, ils disent, on a tout essayé, on va, permettez-moi l'expression, on va foutre le bordel en votant pour elle. C'est ça, beaucoup de paroles qu'on entend.

24:59
Présentateur

Dans l'entre-deux-tours, vous avez eu un discours très clair, Philippe Martinet, vous avez dit, pas une voix pour Marine Le Pen, une voix pour Macron ?

25:07
Invité politique

Nous avons dit, pas une voix du monde du travail pour l'extrême droite, textuellement.

25:14
Présentateur

Vous avez voté Macron ?

25:16
Invité politique

Ça, je ne vais pas vous le dire en public.

25:18
Présentateur

Je ne vous demande pas de me le dire en privé non plus, mais est-ce qu'à ce sujet, votre base n'aurait pas compris que vous décidiez de voter Macron ? Ou bien, autre hypothèse, Philippe Martinez, est-ce que, je ne sais pas, les sondages, vous faisait dire que de toute façon, Macron n'avait pas besoin de votre voix ?

25:39
Invité politique

Non, le message, c'est de dire, évidemment, personne ne peut nous accuser d'être complice du président de la République, vu les critiques qu'on porte. Mais c'est de ne pas m'analyser les idées d'extrême droite. Et je pense que c'est important. Et de ce point de vue-là, on a perdu l'antiracisme.

25:57
Présentateur

On a perdu.

25:58
Invité politique

On a perdu des repères, des valeurs dans la société. Et je vous dis, il faut que la CGT fasse plus sur ces questions-là. Mais l'antiracisme, la solidarité internationale, c'est dans nos gènes. Vous voyez, quand je... Évidemment, il y a la guerre en Ukraine et on fait beaucoup pour les réfugiés ukrainiens et la CGT le fait avec d'autres syndicats. Mais pourquoi on ferait la différence entre un réfugié ukrainien, un réfugié syrien ou une réfugiée afghane ? Ce sont les mêmes réfugiés avec les mêmes problèmes. C'est les mêmes bombes qui leur tombent sur la figure. C'est ça, nos valeurs. C'est ça, nos valeurs antiracistes.

26:38
Présentateur

Mais justement, le problème, j'ai sous les yeux un sondage, le vote des syndicalistes à la présidentielle et je vois que Marine Le Pen a obtenu 22% chez les sympathisants de la CGT, chez les membres de la CGT. Sympathisants, oui. Alors, je ne sais pas si c'est les sympathisants ou les membres. Sympathisants, si, si. Mais alors, en tout cas, ce qui est certain, c'est que c'est plus que la CFDT qui, elle, a obtenu 15% et on voit que finalement, FO et la centrale dont les sympathisants sont le plus attirés par l'ERN, donc ce sont les sympathisants, là on monte à 31%. Qu'est-ce que ce 22% concernant la CGT vous inspire ?

27:25
Invité politique

Eh bien, c'est ce que je vous dis, il faut, on fait des formations, vous savez, pour former nos militants sur le programme économique du Rassemblement national et sur ses idées, si on peut appeler ça des idées. il faut qu'on fasse plus et pas uniquement former ceux qui sont déjà très convaincus mais plutôt aller dans les entreprises. Mais je pense qu'il devrait y avoir une réponse collective des syndicats parce que tous les syndicats... Il y a des syndicats qui n'en font pas assez ?

Non, je parle de réponses collectives parce que je pense que sur ces questions-là on a les mêmes valeurs et vous l'avez noté, tous les syndicats reculent ou en tout cas le vote Rassemblement national progresse chez tous les sympathisants de tous les syndicats et donc je pense qu'il devrait y avoir une réponse collective et dans les entreprises ou parmi les privés d'emploi avoir des formations communes ou en tout cas des initiatives communes sur ce sujet.

28:26
Présentateur

Mais alors je vais formuler une hypothèse aujourd'hui Philippe Martinez si il est possible je ne dis pas que c'est souhaitable je ne dis pas que c'est facile mais si on isole la priorité nationale dans le programme du Rassemblement national est-ce que le discours de ce parti sur la question du pouvoir d'achat sur le volet économique vous paraît convaincant ? Pas du tout j'ai commencé à aborder le sujet Je le sais mais apparemment ce n'est pas ce que pensent un certain nombre des sympathisants de la CGT

28:57
Invité politique

C'est pour ça que malgré tout ce qu'on fait je pense qu'on n'en fait pas assez en interne et autour de nous pour expliquer bien que on peut proposer d'augmenter le SMIC mais si on supprime les cotisations sociales c'est ce qui se fait depuis 25 ans il n'y a rien de nouveau dans ce et c'est c'est ce qui se fait depuis 25 ans c'est ce que propose le MEDEF comment on va financer l'hôpital public et la santé en général si on ne paye plus de cotisations sociales c'est un programme libéral alors il y a des beaux slogans souvent d'ailleurs c'est là où est l'usurpation reprise au syndicat et notamment à la CGT mais c'est c'est un programme libéral

29:35
Présentateur

je suis obligé de continuer sur la symétrie je vous ai demandé si le rassemblement national était d'extrême droite est-ce que pour vous la France insoumise et l'union qui est en train de se mettre en place autour de la France insoumise est d'extrême gauche

29:48
Invité politique

premièrement si j'ai bien écouté je l'ai bien écouté la chronique qui a précédé notre petit échange politique de Frédéric Sey j'ai entendu que certains critiquaient justement cette union de la gauche comme étant trop social-démocrate donc il doit y avoir encore une extrême gauche à ce qu'on appelle cette extrême gauche c'est un peu compliqué pour moi

30:12
Présentateur

il y avait aussi une extrême droite plus extrême que l'extrême droite si vous voyez ce que je veux dire reconquête par rapport au rassemblement national

30:18
Invité politique

en tout cas sur des valeurs anti-racis je ne crois pas c'est les mêmes c'est les mêmes donc j'ai du mal à répondre à votre question je pense qu'il y a deux conceptions de la gauche peut-être le mot radical ou anti-libéral convient mieux entre une gauche qui veut changer un certain nombre de choses dans le système et celle qui veut aménager le système qu'on appelle social-démocrate mais est-ce que vous vivez comme radical

30:51
Présentateur

Philippe Martinez

30:52
Invité politique

si vouloir changer le monde pour que les gens vivent en paix pour qu'on voit moins de que devant les associations caritatives pour manger notamment les jeunes c'est être radical alors oui nous sommes radicaux

31:11
Présentateur

sur le plan international par exemple on a évoqué brièvement la question de la guerre en Ukraine là il y a différents discours à gauche à l'extrême gauche certains ont considéré que c'était de l'impérialisme et ont renvoyé dos à dos la Russie et les Etats-Unis vous quel est votre regard sur cette guerre

31:30
Invité politique

deux choses premièrement la responsabilité c'est celle de Poutine c'est lui qui a envoyé son armée envahir son voisin et la guerre c'est toujours des massacres et on en parle moins souvent mais il y a aussi des conséquences vis-à-vis des salariés russes une des deux confédérations syndicales en Russie est quasiment interdite et elle s'est prononcée contre la guerre donc il faut aussi qu'on parle des salariés russes mais à chaque fois on essaye et c'est pour ça qu'il faut une vraie réflexion on essaye de régler pour faire la paix on dit il faut faire la guerre la guerre engendre toujours des massacres et une escalade donc réfléchissons plutôt sur comment réduire par exemple les armes nucléaires alors qu'il y a un traité une convention à l'ONU qui n'a pas encore été ratifiée par la France par exemple

32:23
Présentateur

mais j'ai cru comprendre que parmi vos ancêtres Philippe Martinez il y avait des gens qui vendaient l'humanité qui étaient donc évidemment engagés du côté du communisme le fait de voir aujourd'hui ce qu'est devenu le pouvoir russe autrement dit un pouvoir qui instrumentalise le nazisme alors même que d'un certain point de vue on pourrait considérer qu'on a affaire à un pouvoir fascistoïde au Kremlin qu'est-ce que ça vous inspire alors même qu'on pensait que l'heure de Staline bref toutes ces pages là avaient été oubliées je pense que

32:58
Invité politique

comparer deux périodes comme ça c'est audacieux si vous me permettez j'ai dit fascistoïde c'est audacieux pour beaucoup en tout cas j'en ai connu dans ma famille au moins une personne de ma famille qui était internée dans un camp de concentration quand ils ont vu arriver l'armée rouge vous imaginez qu'ils ne leur ont pas jeté des pierres

33:24
Présentateur

mais justement c'est à ça

33:25
Invité politique

que je pensais je pense que il y a besoin de faire attention aux comparaisons historiques et en même temps il y a je pense je ne suis pas un spécialiste mais je pense des russes qui ont connu cette période là et qui doivent s'interroger parce qu'ils ne peuvent faire en silence parce qu'ils ne peuvent faire que ça sur l'évolution de Vladimir Poutine qui est pour le moins autoritaire et qui essaye de jouer sur l'histoire de son pays à des fins d'invasion et de conquête militaire là aussi c'est très très très critiquable cette position de Poutine bon mais

34:05
Présentateur

il y a quelques années il y avait par exemple des liens étroits entre les organisations communistes et les pays communistes entre les centrales syndicales et ces pays là est-ce que vous avez encore des liens avec les ouvriers russes avec

34:19
Invité politique

nous avons des liens avec tous les travailleurs non mais et je vous dis que non mais vous voyez ce que je veux dire mais vous voyez oui premièrement je ne suis pas si vieux que ça

34:30
Présentateur

il y a une partie

34:32
Invité politique

de la famille qui d'après ce que j'ai compris faisait partie des militants historiques mais nous non nous avons des relations avec tous les syndicats de très nombreux syndicats dans le monde et je vous ai cité une confédération en Russie avec qui nous avons des liens particuliers parce que c'est la seule confédération qui s'oppose le plus ouvertement possible à Poutine parce qu'ils risquent la prison par exemple c'est très difficile en ce moment de faire des visioconférences avec eux parce qu'ils refusent d'apparaître à l'écran oui nous avons donc des liens avec des syndicalistes russes qui veulent la liberté le droit d'expression le droit de grève et vous savez que c'est très difficile en Russie mais comme dans d'autres pays dans le monde

35:17
Présentateur

retour en France sur la question des retraites la retraite a été l'un des points sur lequel les candidats à la présidentielle ont le plus débattu le regard de la CGT sur ce que devrait être ou ne pas être la réforme des retraites Philippe Martinez

35:33
Invité politique

ne pas être c'est l'allongement de l'âge de la retraite c'est clair et on l'a dit déjà depuis très longtemps il y a besoin d'un retour c'est ce que nous proposons de l'âge de la retraite à 60 ans l'âge légal c'est pouvoir 60 ans avec combien d'années de cotisation 60 ans avec une pension minimale équivalente au SMIC voilà parce que c'est la pension qui compte donc une augmentation du minimum vieillesse une augmentation du minimum vieillesse pour que les pensions minimales soient au niveau du SMIC et qu'elles évoluent en même temps que les salaires mais combien d'années de cotisation et bien il faut ça il faut y réfléchir par exemple comment on prend en compte les années d'études pour les étudiants parce que les jeunes font de plus en plus d'études en tout cas de plus en plus longtemps l'étude comment on les prend en compte pour calculer leurs annuités par exemple bon ça ça mérite un vrai débat parce que si on propose 40 ans par exemple ou même 37 ans et demi et qu'on sort de l'université à 28 ans vous voyez on est loin de 60 ans donc c'est ce genre de débat et puis comment on finance comment on finance je le répète l'âge légal c'est pas vous êtes obligé de dégager de votre entreprise ou de votre service à 60 ans c'est avoir la possibilité de partir avec une pension digne ceux qui veulent travailler plus longtemps et j'en connais et bien ils restent au boulot on va pas les forcer à partir mais mesurons bien et c'est lié avec l'emploi si on garde plus longtemps au travail ceux qui ont du boulot comment on libère de la place à ceux qui n'en ont pas ça c'est une vraie question

37:08
Présentateur

bon maintenant si on reprend le discours du gouvernement le discours d'Emmanuel Macron alors celui-ci effectivement a varié mais l'idée consiste à dire que c'est 65 à 64 ans je vous vois sourire c'est une première victoire vous allez dire vous allez commenter j'imagine cette évolution mais l'idée consiste à dire voilà il y a deux questions il y a l'équilibre du système des retraites cet équilibre il n'est pas véritablement aussi coûteux que cela mais ajoute le gouvernement il y a une part trop importante du produit intérieur brut qui part au paiement des retraites alors que cette part du PIB alors elle est estimée environ à 3 points 3 points de différence entre ce qu'elle est aujourd'hui et ce qu'elle pourrait être à l'avenir passer de 13 à 10% du PIB pour permettre donc de dégager 3% pour d'autres investissements des investissements d'avenir comme par exemple l'école ou l'hôpital qu'est-ce que vous en pensez ?

38:07
Invité politique

c'est une arnaque un tel discours est une arnaque monsieur Macron fait exprès de confondre impôts et cotisations sociales c'est pas la même chose c'est pas la même chose il y a plus de gens qui payent de cotisations que de gens qui payent des impôts du fait des bas salaires oui or dire que dégager de l'argent avec une réforme des retraites ça pourrait financer des écoles ou autre chose c'est c'est mentir mentir aux citoyens

38:37
Présentateur

je vous suis pas parce que si on paye moins de retraites

38:40
Invité politique

non non non mais les retraites c'est pas les impôts qui payent les retraites c'est vos cotisations

38:45
Présentateur

non mais la richesse nationale elle est flogible

38:47
Invité politique

non non mais c'est important bien sûr c'est important les cotisations et l'impôt ce n'est pas la même chose les cotisations c'est le paiement de ce que vous avez dans votre salaire brut dont une part va pour la santé enfin ce qu'on appelle la sécurité sociale vous voulez dire

39:03
Présentateur

c'est la part par exemple que payent les entreprises

39:05
Invité politique

et les salariés et les salariés bien sûr mais c'est justement là où je voulais en dire c'est que c'est une part de la richesse nationale qui va j'insiste là dessus parce que les impôts c'est si on avait si on gagnait mieux notre vie on paierait plus on paierait des impôts enfin certains n'en payent pas ça ça sert ça c'est de la solidarité pour tout le monde c'est à dire pour financer les écoles les routes etc etc les cotisations c'est autre chose donc la stabilité financière de l'avenir des retraites est faite c'est prouvé par contre c'est comment on améliore par exemple ce dont on discutait pour les plus jeunes comment on finance leur retraite et bien il y a quelque chose qui est simple vous augmentez les salaires automatiquement il y a plus de cotisations qui rentrent et donc plus d'argent pour élever les pensions et puis pour financer les retraites des plus jeunes qui vont quitter l'école plus tard plus de monde au boulot donc là vous prenez à la rémunération du capital évidemment parce que je voulais le souligner je suis le programme de la CGT vous voyez je vois que vous nous lisez attentivement vous ne lisez pas que l'humanité et il faut mettre plus de monde au boulot moins de chômeurs il faut arrêter avec les temps partiels imposés pour les femmes par exemple parce que on pourrait certains veulent travailler moins mais d'autres veulent travailler plus et bien ça c'est plus de cotisations donc comment en gros on remplit la baignoire si vous me permettez une image il faut plus de monde au boulot plus de salaire et bien vous verrez qu'on paiera plus de cotisations puis si on augmente les salaires il y aura certainement plus d'impôts de financer mais les entreprises ont une responsabilité qui exonère qui a le plus d'exonération de cotisations sociales ce sont les grandes entreprises et ça c'est les politiques des gouvernements successifs dont le dernier

40:59
Présentateur

je ne veux pas faire de politique fiction mais si Emmanuel Macron conserve sa réforme des retraites en l'état 64 ans que dira Philippe Martinez dans ces conditions

41:10
Invité politique

ça prouvera premièrement qu'il n'écoute toujours pas les français malgré tout ce qu'il dit il y a 74% des français qui sont contre cette réforme donc voilà et puis on fera en sorte d'expliquer continuer à expliquer on avait très bien commencé en 2019 2020 on invitera

41:29
Présentateur

expliquer alors plutôt en plein air

41:31
Invité politique

pardon expliquer en plein air en plein air et pas qu'en plein air dans la rue quoi on commence dans les entreprises et les services et puis on finit dans la rue à expliquer

41:40
Présentateur

Emmanuel Macron a dit qu'il ferait une concertation vous y croyez vous avez eu des contacts avec eux

41:48
Invité politique

aucun contact et puis c'est pareil les concertations il va falloir qu'on reprenne des dictionnaires pour savoir exactement ce que ça veut dire parce que la concertation c'est pas nouveau il a toujours dit mais je suis ouvert etc sauf qu'on rentrait dans une salle parler et ressortir et que le président de la république fait la même chose ce qu'il avait prévu avant qu'on rentre c'est peut-être ça la définition de la concertation je ne suis pas encore assez spécialiste de la langue française pour pouvoir vous l'expliquer

42:17
Présentateur

alors on a beaucoup parlé de l'humanité mais je vais quand même vous parler du monde d'un article qui est dans le monde ce matin cet article en fait il il évoque le point de vue des correspondants étrangers sur la France et il dit je le cite vu de l'étranger le paradoxe des passions tristes françaises la sinistrose qui touche la France laisse perplexe certains correspondants de presse anglo-saxons qui ont une vision moins critique de notre pays alors cet article je vous le résume à un gros trait dit que finalement pour ces correspondants et bien notre degré de protection sociale l'état de l'hôpital de l'école bref tout cela finalement suscite plus de l'envie chez eux que de la colère

42:57
Invité politique

ça paraît évident que dans les pires anglo-saxons ça fasse rêver notre système de protection sociale et nos garanties collectives mais enfin c'est ce que le gouvernement actuel et d'autres veulent casser moi j'ai l'avis de mes homologues syndicalistes de la planète qu'est-ce qu'ils nous disent premièrement surtout n'abandonnez pas vos droits parce que plus vos droits les droits baissent chez vous moins on a de chance qu'ils augmentent chez nous voyez ce que je veux dire et puis ils sont souvent admiratifs et surpris que pour reprendre quelque chose qui est dans l'air du temps qu'avec si peu de syndiqués on soit capable de faire autant de mobilisation ça fait entre guillemets rêver parfois des organisations syndicales qui ont beaucoup plus d'adhérents mais qui ont du mal à autant mobiliser voyez merci beaucoup Philippe Martinez merci à vous