La grande interview : Nicolas Dupont-Aignan
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L'invité de la grande interview en direct sur CNews et sur Europe 1, c'est Nicolas Dupont-Aignan. Bonjour. Bonjour Thomas Bonnet. Vous êtes le président de Debout la France, candidat à l'élection présidentielle. On va avoir l'occasion d'en reparler. Et puis vous êtes aussi l'auteur de 2027, La liberté ou la mort. C'est aux éditions Fayard. Là aussi, on aura l'occasion d'en parler. On va commencer avec l'information qu'on a apprise il y a quelques instants. La surmortalité liée à la canicule. On vient d'apprendre par la ministre de la Santé. 2025 décès supplémentaires ont été enregistrés. Quelle est votre réaction à ce chiffre ?
La colère parce qu'on a vécu une canicule en 2003. Et suite à cette canicule, vous vous souvenez qu'on a fait travailler les Français une journée de plus. En disant que ça va apporter 3 milliards par an pour aménager les EHPAD, pour les hôpitaux. Et puis en fait l'argent est parti dans le gouffre de la dépense publique. Et puis ils ont laissé les EHPAD mal équipés, sous-climatisés, les hôpitaux des fournaises. Donc ce qui est insupportable, du moins pour moi, mais je crois pour beaucoup de Français, c'est cette répétition des erreurs. Cette incapacité à anticiper quoi que ce soit. C'est quand même pas compliqué de climatiser un EHPAD. Mais qui porte la responsabilité de ces échecs ?
Les gouvernements qui se sont succédés depuis 2003. En fait, si vous voulez, il n'y a jamais dans notre pays une politique de long terme. Mais regardez l'histoire des Canadaires. Je lisais ce matin, on a 12 Canadaires. On n'a pas été capable de les remplacer. Il y en a 21 en Espagne. Enfin quand même 18 en Italie. Mais c'est quoi ce pays ? C'est devenu quoi ? Et pourquoi les Français sont si déçus, désabusés ? C'est qu'ils ont l'impression qu'on n'est même pas capable de climatiser une chambre d'EHPAD. On n'est même pas capable d'acheter un Canadair. Mais on est un pays du quart monde. Ce n'est pas possible de fonctionner comme ça.
Et alors il va faire son grand cinéma là, je ne sais pas, aujourd'hui, demain. Voilà, comme les autres. Vous parlez du président de la République ? Des deux là. Le cornu, j'ai vu que le cornu allait je ne sais pas où. Mais est-ce qu'ils se rendent compte que plus personne ne les croit ? C'est fini. C'est fini.
Maintenant, il faut passer aux choses sérieuses. Alors vous parliez de la climatisation, ça nous mène à ces images que beaucoup ont vues circuler sur les réseaux sociaux, qu'on a diffusées aussi ce matin dans la matinale de CNews. Des scènes de violence dans des magasins à bas coût, dans scènes qui pratiquent des prix bas, qui vendaient des climatiseurs, des ventilateurs. Et on a vu des scènes vraiment de violence, de tension, d'affrontement parfois même entre les clients. Qu'est-ce qu'elles nous disent, ces images, Nicolas Dupont-Aignan ?
Elles nous disent d'abord l'absence totale de sang-froid, de civisme, etc. Et puis surtout qu'on est dans un état de pénurie. Mais c'est fou. Là aussi, on me traite souvent de souverainiste, de nationaliste. Mais je regarde beaucoup ce qui se passe à l'étranger. Et quand je vois qu'en Italie, 50% des foyers sont climatisés et en France 25, je me dis quand même qu'on n'est pas plus bête que les Italiens. Mais simplement, on a eu des gouvernements et une oligarchie complètement vérolée par l'idéologie verte. Et cette idéologie verte délirante, d'ailleurs complètement incohérente, qui nous parle de réchauffement climatique depuis 20 ans, et qui nous interdit d'avoir des climatiseurs.
Parce que c'est ça la réalité. C'est que si vous regardez les textes de l'État, si vous regardez les normes, à aucun moment, il n'y a aucune personne dans l'appareil d'État qui a voulu briser le tabou. Moi, je veux briser le tabou. Dans ma ville, hier, on a lancé un grand plan de climatisation. On a fait une maison des jeunes il y a quelques années. Elle est climatisée. Tous les jeunes étaient très bien. Mais vous n'imaginez pas la résistance quand je dis qu'il faut climatiser toutes les écoles. On me dit que ce n'est pas bien. Mais pas bien de quoi ? On chauffe en hiver. On ne peut pas climatiser en été. On a une énergie décarbonée. L'électricité nucléaire. Mais qu'est-ce qu'on attend ?
C'est une idéologie. C'est ça le plus grave. Dans tout l'appareil d'État, à tous les niveaux.
Nicolas Dupont-Aignan, l'actualité politique de la semaine a été le troisième vote de l'Assemblée nationale sur la proposition de loi fin de vie. Vous avez déclaré à la suite de ce vote que notre démocratie, je cite, a perdu son âme et sa dignité. Pourquoi vous dites ça ?
Parce que c'est la fin d'un interdit. On ne tue pas. Et comment imaginer qu'on puisse rentrer un jour à l'hôpital et se dire, selon la porte dans laquelle on va aller, on va nous conduire à la mort ou pas ? Comment des médecins et des soignants vont pouvoir, alors que leur mission, c'est d'apaiser la souffrance, de soigner, vont pouvoir dire « je tue ». Et je vais vous dire pourquoi je suis vraiment scandalisé de cette loi. Comment des parlementaires ont pu voter ça ? Je ne comprends pas. Parce qu'il y avait la possibilité des soins palliatifs. Et la loi Léonetti était parfaite. Simplement, elle n'était pas appliquée. Et bien évidemment qu'il y a un problème de dignité dans la souffrance.
Et qu'il faut apaiser les souffrances en fin de vie. Mais à partir du moment où il y a cette loi, vous verrez qu'il n'y aura pas d'investissement dans les soins palliatifs.
Et il y aura des dérives ?
Il y aura des dérives au sein des déravissements hospitaliers. Monsieur Juvin, le député Juvin, professeur de médecine, a très bien parlé. Il a dit, on est le pays où le délai de réflexion pour mourir va être moins élevé que pour se rétracter, pour acheter une machine à laver. Deux jours ? Mais vous imaginez les dérives sociétales. C'est l'abandon des plus fragiles. C'est l'abandon des plus modestes. Et je vais vous dire que ce quinquennat se termine sur cette mort organisée des plus faibles et des plus fragiles. Comme en Ontario, au Canada, où il y a la preuve aujourd'hui que ce sont ceux qui se croient inutiles. Voilà.
Vous savez, Macron a commencé son mandat sur il y a les gens qui ne sont rien. Vous savez qu'il se croise dans une gare, il inaugurait une gare de start-up. Les gens qui ne sont rien se croisent, les gens qui ne sont rien. Et bien là, on va tuer les gens qui ne sont rien. Ça finit comme ça, ce quinquennat. Voilà pourquoi je veux qu'on revienne sur cette loi. Et moi, je m'engage...
Vous dites qu'il faut un référendum parce qu'on comprend bien que vous dites qu'il ne fallait pas voter. Il faut un référendum sur ce sujet.
Et moi, je m'engage comme candidat à l'élection présidentielle à organiser un référendum sur cette loi. Parce que c'est une loi de mort. Ce n'est pas possible d'accepter ça dans un pays comme le nôtre. Ce n'est pas possible. En tout cas, moi, je n'accepterai jamais.
L'actualité, Nicolas Dupont-Aignan, ce sont aussi les violences parmi les plus jeunes, les mineurs. On a malheureusement vu ce passage à tabac mortel de Louis à Narbonne, 17 ans. Le ministre de l'Intérieur, Laurent Nouniez, refuse de parler d'ensauvagement, un terme qu'il estime être connoté. Est-ce que vous, vous reprenez ce terme d'ensauvagement ? Et puis, qu'est-ce que vous lui répondez peut-être au ministre de l'Intérieur sur l'emploi de ce terme ?
Je ne veux pas polémiquer avec un ministre de l'Intérieur temporaire, mais qui est complètement à côté de la plaque. Pardonnez-moi, mais c'est pathétique. C'est pathétique. En fait, c'est l'autruche. On a un ministre de l'Intérieur qui est une autruche. Il a la tête dans le sable et il creuse. C'est un ensauvagement. Et cet ensauvagement, et en plus, je ne lui fais pas porter la responsabilité, il est ancien, il est multifactoriel. Il est lié à quoi, cet ensauvagement ? Il est lié à beaucoup de choses. Il est lié à, d'abord, une justice laxiste depuis des années. Comme maire, je le vois bien. Vous n'imaginez pas à quel point il n'y a pas de justice dans notre pays.
À quel point des actes graves ne sont jamais punis. À quel point la police est découragée. Alors, ça veut dire rétablir la chaîne pénale. J'ai proposé 18 mesures, allant d'ailleurs de la peine de mort pour les meurtriers d'enfants et terroristes. Puis, la suppression des peines alternatives. La construction de places de prison.
Vous venez pour le rétablissement de la peine de mort ? Oui, pour un référendum. Un référendum dans un premier temps.
Je veux un référendum. Car je pense qu'au sommet de l'échelle des peines, il y a un moment où il faut mettre un interdit. Et puis, je pense surtout qu'il faut revoir tout le système carcéral pour faire comme aux Pays-Bas, en Angleterre. Parce qu'il y a des solutions ailleurs. Aux Pays-Bas, dès la première délit, le jeune a une petite peine de prison. Peine courte, immédiate. Dans un établissement adapté, bien sûr. Et on s'aperçoit que les prisons se vident. Nous, il faut 50 actes de délinquance avant qu'il y ait une sanction. Il ne faut pas s'étonner qu'il y ait cette dérive. Mais il n'y a pas que ça. Il y a le problème de l'aide sociale à l'enfance, qui est complètement défaillante.
Et justement, on a découvert, Nicolas Dupont-Aignan, je rappelle, vous étiez en direct dans la grande interview sur CNews et sur Europe 1. On a découvert, au travers d'affaires dramatiques ces dernières semaines, l'état de protection ou de non-protection, j'allais dire plutôt, de nos enfants. C'est-à-dire, en effet, notamment au sein de l'aide sociale à l'enfance. Est-ce que vous diriez ce matin que l'état ne protège plus ces enfants ?
Non, on ne les protège plus. Pas du tout. Parce que d'abord, l'état a délégué au département. La décentralisation, c'est bien. Mais la décentralisation, quand on délègue à des départements qui ne font pas le boulot, parce qu'ils sont assaillés par ailleurs d'autres demandes, les mineurs isolés, 50 000 mineurs isolés étrangers qui surchargent le système et qui coûtent une fortune. Donc vous ne dites plus aucun mineur isolé ? Mais il faut les renvoyer dans leur pays, dans leur famille d'ailleurs, c'est un geste d'humanité. Non, on les laisse.
Et puis vous avez 400 000 enfants qui sont suivis par l'aide sociale à l'enfance dans un système d'un bazar incroyable, où la loi n'est pas respectée, où les départements ne font pas leur travail de contrôle. Et ce sont ces enfants d'ailleurs. C'est terrible. Je lisais un rapport, il y a eu un très bon rapport d'une députée en marche et d'une députée socialiste à l'Assemblée nationale. Deux tiers des enfants, des jeunes qui sont dans des centres de rétention, vous savez pour les mineurs, ce n'est pas une vraie prison, deux tiers sont passés par l'aide sociale à l'enfance. Donc c'est l'école du crime. Et on comprend pourquoi.
Donc on devrait avoir un grand plan, plutôt qu'une loi sur l'euthanasie, on devrait avoir un plan.
Un plan avec quoi ? Avec plus de moyens ? Une organisation différente ?
Une organisation différente. Je pense que l'État doit reprendre en main la protection de nos enfants. Il faut retirer au département. Il faut que ce soit uniforme sur l'ensemble du pays. Et il faut mettre un vrai contrôle. Il n'y a pas de contrôle. Vous savez que les proxénètes rôdent autour des foyers de l'enfance. C'est ça la France d'aujourd'hui.
Et l'autre scandale aussi de ces dernières semaines, c'est le scandale du périscolaire, à Paris notamment. Il y a une commission d'enquête sénatoriale qui a vu le jour et qui va sans doute auditionner Anne Hidalgo et pourquoi pas Emmanuel Grégoire, le maire de Paris. Est-ce que vous dites que la justice aussi devrait convoquer l'ancienne maire de Paris et le maire actuel ?
Moi, je remarque ça, je ne sais pas. Mais je remarque une chose, c'est que les médias français n'ont parlé de ça qu'après les élections municipales. C'est curieux, hein ? Avant, on n'en a pas parlé. Bon, très peu. Je remarque ensuite que moi, dans ma ville aillère, dont je suis maire et dont j'ai été maire longtemps, et à Olivier Clodon ensuite, eh bien, qu'est-ce qui s'est passé ? C'est que nous, on a titularisé. On paye bien les animateurs. On les suit. On a des animateurs dans les centres de loisirs exceptionnels. Donc, vous faites la vérification avant ? Ils ont fait des vérifications.
Donc, c'est possible. Vous dites que c'est possible de le faire.
Donc, c'est possible. Oui, mais ils n'ont pas voulu payer à Paris. Voilà la réalité. Ils n'ont pas voulu contrôler. Donc, il y a un moment. Ce que je veux dire aux Français, d'une manière générale, qu'on voit les Canadaires, qu'on voit la climatisation, qu'on voit... On peut faire des choses. Ce n'est pas vrai de dire qu'on ne peut rien faire. Simplement, on a des incapables qui dirigent le pays depuis tant d'années. Ça ne peut pas durer. Et il y a des choix budgétaires. Plutôt que d'aider, à l'étranger, à l'Union européenne, à l'Ukraine, aux cartes vitales frauduleuses. Et qu'on mette l'argent pour les Français, peut-être un jour.
Alors, justement, Nicolas Dupont-Aignan, en direct sur CNews et sur Europe 1, vous êtes vous-même candidat à l'élection présidentielle. Vous avez vocation, envie en tout cas, de changer tout ça. Parmi les chantiers qui attendent le prochain ou la prochaine présidente de la République, il y a le sujet de l'immigration, bien sûr. Alors, vous, vous dites, l'immigration zéro, ce n'est pas possible. Pourquoi vous dites ça ?
Parce qu'on a une déferlante migratoire et on est dans un pays quand même particulier qui dit tout d'un coup, immigration zéro. Mais si déjà, on divisait par 5, comme je propose, passer de 500 000 à 100 000, de manière réaliste, rapide, ce ne serait pas mieux que de dire immigration zéro et de jamais le faire ? Et comment vous vous y prenez alors pour passer de 500 000 à 100 000 ? C'est très simple et très compliqué. Mais ça passe par un préalable. Et c'est le sens de ma candidature. C'est le sens de mon livre.
C'est que si on continue à obéir à Van der Leyen, à être dans l'Union européenne comme elle l'est, on ne fera rien, rien en termes de sécurité, rien en termes d'immigration, rien en termes d'agriculture, rien en termes d'industrie. Et le sens, le seul sens de ma candidature, c'est de dire aux Français, reprenez votre liberté. Reprenons notre liberté. Je veux que le président de Bruxelles, qui décide de tout, et les dirigeants français, qui sont devenus soumis, je veux vraiment le dire, le président de la République, aujourd'hui, il est sur le siège passager de la voiture. Qui a le volant ? Ce n'est pas le président de la République française. C'est la technocratie européenne.
Donc il faut sortir de l'Union européenne.
Il faut sortir de l'Union européenne. Mais attention, pas pour s'échapper, mais pour la reconstruire. Ce que je veux, c'est une Europe des nations libres, souveraines, qui travaillent ensemble sur de vrais projets d'avenir comme on a fait avec Airbus. Il faut le faire dans quantité de domaines. Mais il faut arrêter d'obéir à des bureaucrates non élus à Bruxelles, sous influence d'ailleurs étrangère, et qui nous paralysent. Nous sommes dans une prison. Et je le prouve dans mon livre. Je vais vous donner un autre exemple. Je regardais ce matin, ça y est, les centrales nucléaires, vous savez qu'on a un programme d'EPR. Eh bien, la Commission européenne veut nous interdire de le faire.
Ça fait un an que c'est bloqué. Ça veut dire qu'on n'est même pas capable de construire une centrale nucléaire sans demander l'autorisation à Bruxelles. Mais vous croyez que Pierre Mesmer, Pierre Mesmer, Pompidou et Giscard ont créé le programme nucléaire en demandant l'autorisation à des bureaucrates à Bruxelles ?
Nicolas Dupont-Aignan, ce qui est paradoxal, c'est que les Français sont assez critiques en effet contre l'Union européenne. Pour autant, la sortie de l'Union européenne, ça semble plutôt les inquiéter. Comment vous pouvez les convaincre puisque c'est votre objectif ? C'est ma mission.
Et je dirai partout en France et je serai candidat pour leur dire vous ne pourrez rien faire si vous ne devenez pas libre. Levez-vous. Et on peut tout à fait sortir de l'Union européenne et reconstruire avec nos voisins une Europe qui marche. Le danger, ce n'est pas de sortir, c'est de rester et de mourir à petit feu. Et d'ailleurs, je vois que M. Le Maire, comme incroyable, le monsieur qui a signé tous les traités, il nous dit aujourd'hui rien ne marche.
Il veut une Europe à six désormais avec un couple franco-allemand.
Ça prouve quand même quelque chose. C'est qu'on dit Dupont-Aignan, il est fou, il veut sortir de l'Union. Mais celui qui nous a mis dans la difficulté, aujourd'hui, il dit ça ne marche pas. Donc, est-ce qu'il n'y a pas un moment où les Français doivent reprendre leur destin en main ? Eh bien, je suis là pour cela.
Justement, Bruno Le Maire était à votre place hier dans la grande interview CNews et Europe 1 et dit on est au bord du précipice financier. Comment vous réagissez à ces propos de Bruno Le Maire ?
Vous savez, à un moment, on appelait Bruno, il s'appelait Bruno le Renouveau quand il était candidat à l'UMP. C'est Bruno le culot. Cet homme a défendu quand même, il faut que les Français sachent, Thomas Bonnet, cet homme a été ministre des Finances pendant 9 ans, 8 ans et demi. Il a défendu tous les budgets. Il a signé tous les budgets. Il les a défendus. Il a fait 1 000 milliards de dettes et il vient pérorer sur vos plateaux pour dire aux Français qu'il faut changer. Mais c'est lui qui doit partir. Mais il devrait avoir honte. S'il était une caissière de supermarché qui a piqué dans la caisse, pas piqué parce que... Il n'y a pas récupéré. Il n'est pas pour lui.
Ce n'est pas lui qui a récupéré l'argent dont vous parlez. Heureusement. Mais s'il avait perdu,
si une caissière a perdu 100 euros dans sa caisse, vous croyez qu'elle reste et qu'elle va pérorer à une émission de télévision ? Non mais il y a un moment, on est où dans ce pays ? 1 000 milliards, Bruno Le Maire ? Alors, Kiff nous donne pas de leçons, sincèrement.
Nicolas Dupont-Aignan, je le disais, vous êtes candidat à l'élection présidentielle. Ça va être votre quatrième candidature. Comment vous abordez cette campagne ? Est-ce que vous nous dites ce matin, quoi qu'il arrive, je serai candidat, j'irai au bout, il y aura un bulletin de Nicolas Dupont-Aignan disponible pour les électeurs au premier tour ?
Oui, pour une raison très simple. C'est qu'en 2005, les Français ont voté non. Ils ont été trahis, bafoués, par une classe politique qui continue à pérorer sur les plateaux, car ruiner la France. Et moi, je serai là pour dire aux Français, on peut faire autrement. Et pour résoudre les problèmes de chômage, d'agriculture, encore une fois, il faut sortir du Mercosur. Parce que si on continue à importer que des produits frelatés du bout du monde, nos agriculteurs n'y arriveront jamais. Je veux traiter la cause du problème. Je veux qu'on se dise, c'est pas la question de vouloir, parce qu'on dit tous la même chose. Mais la question est de savoir comment on le fait.
Et moi, je propose une voie différente, originale.
Différente de qui ? Différente de Marine Le Pen, par exemple ?
Ben oui, ils ne veulent plus sortir de l'Union Européenne. Et c'est leur choix, c'est leur liberté.
Et donc ça, ça empêche tout ralliement possible de votre part envers Marine Le Pen ?
Au premier tour de scrutin, les Français doivent avoir le choix. Et je pense qu'en votant pour moi, ils ont l'assurance que les problèmes seront traités. Tandis que si on fait à nouveau semblant, comme on fait les autres, Sarkozy, Macron, les autres, en disant on va tout faire, mais on reste dans un système où on ne décide pas. Vous savez, vous avez parlé du film De Gaulle, qui croyait en De Gaulle, un membre, alors je ne me prends pas pour De Gaulle, rassurez-vous. Mais ce que je veux dire, c'est qu'il faut que les Français abordent l'élection présidentielle sans regarder les sondages. Qu'ils regardent ce qu'ils ont dans...
Je voudrais que les Français, à un moment, se disent, j'ai le pouvoir de changer les choses au premier tour, je vais tout casser. Je vais aller voter d'abord, parce qu'il y en a beaucoup qui ne votent plus. Et ne regardez pas les sondages, votez pour celui qui peut changer les choses.
Et puisqu'on parlait de Marine Le Pen, on connaîtra la décision de justice mardi prochain. Si elle venait à être inéligible, est-ce que vous diriez que c'est un scandale démocratique ?
Mais aujourd'hui, je pense à Marine Le Pen parce qu'au-delà des différences, je suis scandalisé que trois juges puissent filtrer, filtrer la présidentielle. Je ne juge pas le fond du procès, mais c'est les Français qui doivent juger Marine Le Pen, ce n'est pas les trois juges. Donc j'espère que la justice reviendra à la raison. Et je le dis avec sincérité parce qu'on n'a pas le droit de faire ça. On n'a pas le droit de priver les Français d'une personnalité qu'on l'aime ou qu'on l'aime pas qui a une telle popularité. Et même si elle n'avait pas de popularité, et même si elle était à 0,5% dans les sondages, je dirais qu'on n'a pas le droit de faire ça.
Ce n'est pas la justice qui doit diriger le pays, ce sont les Français.
Est-ce que vous diriez que Marine Le Pen et Jordan Bardella, c'est la même chose, c'est la même candidature ?
Non, ce n'est pas la même chose, mais je ne veux pas rentrer dans ces détails. Moi, j'attends le verdict. Et ce que je dis, juste, c'est que les Français doivent s'emparer de la présidentielle sans écouter les médias, désolé, sans écouter les sondages, mais écouter leur cœur, leur raison. Ils ont tout entre les mains. Mais quand est-ce qu'ils vont réagir ? Je dis aux Français, relevez-vous, réagissez, vous avez tout. On peut tout bouleverser, on peut tout changer, on peut redresser le pays, c'est possible. Mais bon Dieu, à un moment, relevez-vous, quoi.
Un dernier mot, Nicolas Dupont-Aignan, vous avez observé la vie politique comme nous, j'imagine, ces derniers jours. Vous avez vu Laurent Wauquiez qui a tendu la main à Édouard Philippe. Comment vous analysez-vous ces calculs politiciens ?
Le marécage, le marécage, le marécage. Et moi, je suis fier d'avoir quitté tout ça il y a bon nombre d'années avec ceux qui m'accompagnent parce que c'est tout ce que je déteste dans la politique.
Merci beaucoup. Merci Nicolas Dupont-Aignan. C'était votre grande interview en direct sur CNews et sur Europe 1. Bonne journée. Sous-titrage Société Radio-Canada
Nicolas Dupont-Aignan