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speechyoutube.com· 9 septembre 2017 43 min

Rentrée politique : discours de Marine Le Pen à Brachay (09/09/2017)

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Marine Le Pen

de commencer cette allocution par exprimer en votre nom notre solidarité, la plus sincère et la plus totale à nos compatriotes antillais, confrontés à la mort, à la dévastation et maintenant au pillage et au chaos. Soyons face au drame que vivent nos compatriotes des Antilles encore, la voie de la vérité. Rien n'a été prévu, rien n'a été antillais. Les moyens de secours et de maintien de l'ordre sont tout à fait insuffisants. L'effondrement de nos moyens militaires, le nombre dérisoire de nos bâtiments de la marine ne permet pas la réponse qui devrait être celle d'une grande et puissante nation comme la France.

Aujourd'hui, nos compatriotes de Saint-Martin se voient encore volés et menacés dans leurs existences, même par des bandes criminelles, obligés d'organiser leur propre défense. Alors qu'un nouveau cyclone arrive, être français dans un territoire français doit postuler un niveau de soutien, de solidarité et de protection qu'aujourd'hui, face à cette catastrophe, le gouvernement est incapable d'assurer. Nous voilà à nouveau réunis après une petite pause estivale qui fut pour chacun une période, certes, de repos, bien nécessaire, je l'avoue, mais aussi une période d'observation et de réflexion.

Je reviens aussi avec une grande détermination et le sentiment d'une ardente obligation d'agir, agir non pour moi, mais pour vous, non pas seul, mais avec vous. Dans les grands combats, les petites carrières personnelles ne comptent pas. Sachez-le, la flamme qui m'anime n'est pas l'ambition, mais le devoir, le devoir vis-à-vis de notre pays, de notre continent européen, si menacé, mais le devoir aussi à l'égard de tous ceux qui espèrent dans un changement, un changement impérieux, un changement vital. A cela, je voudrais dire qu'ils ne se sont pas trompés en votant pour nous.

Je voudrais leur dire que leur vote s'est joint à 11 millions d'autres votes, que leur vote a permis aux forces nationales de prendre pied à l'Assemblée avec 8 députés, des députés élus au scrutin majoritaire. C'est un fait unique dont chacun doit mesurer la portée, parce que cela signifie que, malgré les campagnes de découragement et de dénigrement, vous avez cassé le plafond de verre de 50%. Jamais nous n'avions connu un tel présage pour nos succès futurs. Ces 8 députés, oh, je n'oublie pas qu'ils devaient être 100, c'est une vraie démocratie fondée sur la proportionnelle existée en France. Ces 8-là seront le fer de lance d'une opposition déterminée.

Ils feront équipe avec nos sénateurs, David Racheline et Stéphane Ravier, rejoints, je l'espère, bientôt par d'autres, des élus soudés par les convictions et l'amitié, des élus sur lesquels vous pourrez compter et dont vous pourrez être fiers. Je voudrais vous dire que ce qui a été semé l'a été avec cœur, avec passion, avec générosité, sans jamais ménager nos efforts, sans ménager mes efforts, avec le souci de vérité, avec le souci d'honnêteté, avec l'acceptation des désagréments que réclame ce combat si difficile que nous avons engagé seuls contre tous pour le redressement du pays.

Mais surtout, ce que je voudrais vous dire, c'est que, encore une fois, ce qui a été semé portera au-delà de nos personnes et de nos carrières les germes du renouveau national dont le pays a tant besoin. Quasiment chaque jour de cet été, notre âme a été meurtrie par le long chapelet des attentats islamistes qui, en France, en Europe et dans le monde entier, s'est égrenée à un rythme tel qu'on est aujourd'hui incapable de se remémorer qu'elle est le dernier, ceux contre les militaires ou les représentants de nos États comme ceux contre des civils innocents.

Notre cœur a saigné devant ces actes d'une bestialité sans nom, ces images insoutenables de la souffrance d'enfants, d'hommes, de femmes, dont le seul tort aux yeux de leurs bourreaux islamistes est d'incarner par leur mode de vie et de pensée des valeurs de liberté et de modernité. Les islamistes, nous devons en être convaincus, nous agressent non pas pour ce que nous faisons, mais en raison de ce que nous sommes, preuve en est qu'ils portent leurs attaques terroristes, y compris contre des pays ou des populations qui ne sont même pas engagés dans des combats militaires contre leur rasia meurtrière.

Je l'ai dit et je le répète avec la profonde détermination de quelqu'un qui, enfant, à 8 ans, en fut elle-même victime. Je ne veux pas m'habituer au terrorisme. Je ne veux pas que nos enfants vivent avec cette horreur dans la tête. Pas davantage que je ne veux me résoudre à invoquer la fatalité lorsque je sais que tout n'est pas réellement mis en œuvre, toujours pas, pour éradiquer la menace. Nous ne devons pas nous taire, surtout lorsque l'on s'aperçoit que tout est fait pour en minimiser la fréquence, en rangeant des agressions de nature manifestement terroristes, dans les tiroirs bien fermés, des actes de déséquilibrer. Oh !

J'ai bien sûr entendu le président désigner, nommément, enfin, j'ai envie de dire, l'islamisme. Je l'ai entendu mettre en cause la responsabilité de l'Arabie Saoudite et du Qatar comme soutien du terrorisme. Mais ses propos officiels constituent, en même temps qu'un progrès, un hommage à ce que nous disions seuls depuis des mois. En même temps que je regrette le temps perdu, le temps gassé, je ne peux que me réjouir de ce revirement des autorités publiques, me féliciter de cette prise de conscience dont nous sommes, je crois, nous, au Front National pour beaucoup. Mais si j'ai entendu une parole jupitérienne, je n'ai pas vu la foudre tomber.

Ni sur les fichés S, ni sur les djihadistes de nationalité française de retour sur notre sol, rien non plus sur la fermeture effective des mosquées de la haine, rien sur la réforme de notre code de la nationalité qui est une machine à franciser les djihadistes, rien sur l'expulsion automatique de tous les islamistes étrangers ou l'interdiction du salafisme et des frères musulmans. Il semble que le statut de la première dame ou l'arrivée d'un animal de compagnie à l'Elysée soit davantage un sujet de conversation que des mesures concrètes d'éradication des terroristes potentiels présents sur le sol français. Et puis, l'été a été marqué par ce qui s'est passé en Méditerranée.

Je veux parler de ces images de submersion de l'Europe, de ces vagues incessantes de migrants se déversant sur les côtes, de jeunes hommes venus d'Afrique et du Moyen-Orient entassés sur des bateaux de débarquement, parfois au péril de leur vie. Ce sont ces mêmes migrants entrés par toutes les portes d'une Europe passoire, la Grèce, l'Italie, l'Espagne, le Portugal, que nous voyons errer dans 28 000, installés dans leurs tentes sous les métros aériens de Paris, réclamer de l'argent aux feux rouges de nos villes, barrer les autoroutes de Calais, prendre d'assaut des camions et, pour certains, provoquer la mort de leurs chauffeurs.

Ils ne le font que parce que, dès qu'ils ont mis le pied en Europe, même illégalement, ils acquièrent immédiatement le droit et les facilités matérielles de circuler sans contrôle. Il ne s'agit pas pour moi, mes chers amis, de mettre en cause tous ces gens. Ils sont les victimes de la bonne conscience de nos élites et des politiques criminelles auxquelles elles conduisent. Ils sont les victimes du laxisme de nos dirigeants et de leur esprit d'abandon. Je mets en cause ceux qui les font ou qui les laissent entrer. Madame Merkel, M. Macron, coupables des noyades en Méditerranée, ils sont coupables de la terrible tragédie qui attend la France et l'Europe.

La submersion, la déstabilisation et le chaos. Et comme dans toutes les trahisons nationales, il faut des évêques cochons. Voilà que la Cour de justice de l'Union européenne, cette semaine, le recours de la Hongrie et de la Slovaquie contre les quotas de migrants. Vous devez savoir que l'avocat général de cette Cour, vous savez, l'avocat général, c'est-à-dire celui qui est censé représenter les intérêts des Européens, en l'occurrence, qui avait conclu à la pertinence des quotas, n'est autre que Yves Beau. C'est ce magistrat réputé proche de Nicolas Sarkozy. Droite, ils n'avaient pas compris. On ne peut plus dire aujourd'hui, objectivement, qu'ils n'ont pas compris. ils agissent à dessein.

Croyez-vous que c'est par inadvertance que nos gouvernants qui laissent mourir de froid les sans-abri depuis des décennies trouvent aujourd'hui d'un seul coup les centaines de millions et peut-être les milliards nécessaires pour racheter les hôtels Formule 1 pour les migrants ou pour les installer dans nos châteaux ? Aberrantes et injustes et pour cause, ils sont d'accord. Républicains, de la répartition des migrants dans nos pays à l'ouverture d'adhésion de la Turquie à l'Union européenne. Comment s'étonner que le nombre d'acceptations des demandes d'asile n'ait jamais été aussi nombreuses dans notre pays, plus 35 % en 2016 par rapport à 2015 ?

Mais rassurez-vous, si j'ose dire, ceux qui n'ont pas de droit d'asile restent quand même en France puisque parallèlement les reconduites à la frontière dont le taux est pourtant déjà dérisoire sont en chute libre. Comment s'étonner que dans la plus parfaite indifférence politique, les tribunaux ne prononcent pas de peine pour les gens coupables d'aide aux illégaux en violation des lois ? Même le parquet qui est aux ordres de la chancellerie ne réclame pas de peine ferme. Pourtant, ces gens qui encouragent les migrations, même s'ils maquillent leurs agissements derrière un pseudo-humanitarisme, ne valent pas mieux que les passeurs.

Je le dis, ceux qui organisent de la submersion commettent un crime contre la France, un crime contre l'Europe, un crime contre notre civilisation française. Il est incontestable que face à cela, la grande alliance des partis politiques des différents pays d'Europe réunis au sein de notre groupe au Parlement européen est la seule lueur d'espoir pour l'Europe et que nous sommes, nous, le Front National, la seule lueur d'espoir pour la France. Parce qu'ils font allégeance à l'Union européenne et parce qu'ils adhèrent fondamentalement au projet mondialiste. C'est pourquoi je dis aux électeurs qu'il n'y a rien à attendre de les Républicains. Où est-ce qu'il en reste ?

Les Républicains, il n'a rien à proposer dix ans après 2007 que du sous-Sarkozy. Et encore, un sous-sarkozisme de circonstances, M. Wauquiez droitise son discours pour prendre LR, demain, il le recentrera pour le conserver. Les militants LR doivent le savoir, on leur fait le même coup depuis 30 ans. Il y a des problèmes financiers liés au coût du gouffre de l'immigration, au-delà des problèmes médicaux, au-delà des problèmes identitaires. La question de l'immigration pose des problèmes sécuritaires. Elle pèse sur la délinquance parce qu'il y a une corrélation évidente entre l'immigration et l'insécurité.

Cette idée est certes politiquement incorrecte, mais je veux la rappeler et la défendre parce que c'est un fait objectif. Mais aussi, et moi, j'ose le dire, s'infiltrent chez nous en Europe non seulement des terroristes prêts à passer à l'acte ou qui sont déjà passés à l'acte, souvenons-nous des attentats du Bataclan, mais aussi des milliers de fondamentalistes islamistes qui seront demain les futurs recrues du djihadisme. Souvenez-vous, dès la campagne présidentielle de 2012, je demandais combien de Mohamed Merah dans les bateaux, les avions qui arrivent chaque jour sans contrôle dans notre pays. Cette bombe à retardement, ce sont nos politiques qui la posent.

Tribune du Parlement européen, Mme Merkel, je ne vous reconnais pas le droit de nous imposer vos migrants, je dirais et le répéterais à M. Macron, nous ne nous laisserons pas faire. Nous, l'immigration de masse, cette infiltration de terroristes au sein vital pour nos pays et pour nos peuples. Terrorisme, islamisme, immigration, on aurait donc tendance à dire que rien ne change depuis la présidentielle. Effectivement, les menaces sont toujours présentes et même se sont aggravées. Ce qui a changé, c'est la situation politique qui, elle, a connu un bouleversement historique.

Nous vivons une situation politique inédite qui a vu l'effondrement de l'édifice politique tout entier, un affaissement de ces deux piliers droite et gauche, de ces deux piliers LRPS qui, en réalité, n'en constituaient qu'un seul. Nous pressentions cet écroulement, l'écroulement de cet édifice vermoulu qui ne tenait plus que par le poids des habitudes. Il ne tenait plus que par le renfort de plus en plus nécessaire des clientèles. il ne tenait plus que par les incantations morales toujours plus sentencieuses des médias aux ordres. Avec l'été, le fracas de la bataille présidentielle s'est estompé. La poussière est retombée découvrant un paysage profondément transformé.

Un système politique structuré globalement par trois forces. L'extrême gauche dominé par les islamo-troskistes de la France insoumise. Un salmi gondi de contestataires qui puisent leur inspiration dans les pires dictatures cubaines hier et maintenant vénézuéliennes. Une bouillie idéologique entre nuit debout et la révolution bolivarienne. Entre les jadis et les indigènes de la République, tous réunis par l'économie collectiviste, la haine sociale, le rejet de ce qui est français, le ressentiment contre nos valeurs de civilisation, c'est sur ces banques que siègent des députés qui soutiennent qui ? Ceux qui, je cite, niquent la France.

C'est au tour de Jean-Luc Mélenchon que plastronnent des députés qui n'arrivent même pas à dire publiquement « Vive la France ! » et qui ont sur la laïcité, l'islamisme et même des attentats comme celui de Charlie Hebdo des positions d'une gênante et scandaleuse ambiguïté. Je dis aux travailleurs français « N'ayez aucune confiance dans ces gens-là ! » Pour eux, l'homme à défendre n'est plus le prolétaire mais le migrant.

N'est-ce pas contradictoire d'ailleurs de prétendre défendre les niveaux des salaires des ouvriers français et dans le même temps prenez l'ouverture des frontières à une main-d'œuvre bon marché et la régularisation de tous les clandestins ce qui aura inévitablement comme conséquence de tirer vos salaires à la baisse. Les Insoumis ne sont pas une opposition, c'est un groupe d'agités qui ne s'opposent pas mais se donnent en spectacle, qui ne combat pas la mondialisation mais l'accompagne. mondialiste ou halter mondialiste même combat. Un vieil adage dit « Faire et défaire c'est toujours travailler ». Ben, Mélenchon travaille. Il travaille à renverser les gouvernements qu'il a fait élire.

François Hollande hier pour qui il avait voté et qu'il a combattu après pendant 5 ans Emmanuel Macron aujourd'hui pour qui tous ses amis ont appelé à voter et qu'il veut renverser aujourd'hui. La deuxième composante de cette vie politique aujourd'hui est « En marche ». Un mouvement bobo de bourgeois bohème de droite et de gauche qui a agrégé dans un espace politique central qui se veut convenable le personnel politique issu des anciens LR et PS. Le PS en tant que tel s'est totalement dissous.

De LR, il ne reste plus que les rancunes et les divisions de factions rivales qui comme un couple en instance de divorce resteraient ensemble pour préserver leurs derniers intérêts avant la séparation définitive. À la droite, « En marche » a pris une vision ultra-libérale de l'économie. La réhabilitation du profit, l'apologie du marché, la vision comptable, la dénonciation du social, la fascination pour les gagnants, la vieille recette libérale-libertaire dont Daniel Cohn-Bendit est devenu le pire symbole.

Droite et gauche n'ont aucun mal à se retrouver sur un européisme effréné qui, n'en doutons pas, est une adhésion feutrée à un multiculturalisme bontain, ce multiculturalisme qui relie les élites mondiales entre elles et les détourne des peuples avec un mépris de moins en moins dissimulé. Le macronisme, c'est le triomphe de la classe dominante avec pour seul vernis moral les droits de l'homme et pour seule valeur et finalité l'argent. Un principe de gouvernement que Victor Hugo résumait par ces vers qui s'appliquaient au régime Louis-Philippard, une loi qui d'en bas semble injuste et mauvaise, dite aux uns jouissés et aux autres enviés.

Avec eux, comme aux Etats-Unis, nous faudra-t-il croire que ceux qui connaissent une réussite d'argent seraient bénis des dieux et les autres seraient responsables de leur malheur ? Rappelez-vous ce qu'Emmanuel Macron, alors ministre de l'Économie, lança la figure des ouvriers en voie de licenciement de Lunel. La meilleure façon de se payer un costard, c'est de travailler. Plus récemment, il révélait une pensée éloquente en distinguant ceux qui réussissent de ceux qui ne sont rien.

Hier, enfin, perché sur les gravats grecs de la politique d'austérité imposée au peuple inventeur de la démocratie par l'Union européenne, il traitait de fainéant ceux qui refusent de se plier à sa politique de précarité, à perpétuité. Gramsci disait « Le vieux monde se meurt, le nouveau tarde à apparaître et dans le clair obscur surgissent les monstres. Nous y sommes. » Et puis, dans cette tripartition, il y a le Front National qui apparaît comme un socle de stabilité politique et idéologique, un socle ferme sur lequel s'appuie une opposition déterminée et sur lequel demain se construira la grande alternance. Nous sommes l'exacte antithèse du macronisme.

Nous l'avons dit lors de l'élection présidentielle au prix de quelques critiques, mais les premières mesures du gouvernement Philippe confirment nos analyses. Face à leur France nomade, nous défendons une France durable, durable dans ses équilibres économiques et sociaux, fruit de siècles de construction, durable dans l'organisation de ses territoires, dans son identité forgée au fil de nos 1500 ans d'existence, dans sa culture, dans le président de la République, ni l'existence même. Nous croyons que ses repères, ses principes de vie, ses sentiments d'appartenance, notamment national, sont nécessaires à son équilibre et à son épanouissement. Dans l'esprit de M.

Macron, l'homme doit être sans repère, sans attache, sans cadre, sans appartenance, la prétention de l'homme qui se croit né avant son grand-père. Le délitement des liens essentiels doit s'opérer au nom d'une prétendue promesse de liberté. Cette grille de lecture du macronisme permet de comprendre la disparition programmée de nos cadres politiques et territoriaux traditionnels. La disparition des communes, programmées par les fusions forcées. On réinvente alors de grands ensembles artificiels, communautés de communes gérées par des instances de second degré. le retrait de tout pouvoir aux élus des communes, transformés progressivement en simples officiers d'état civil.

Cette disparition des communes s'opère progressivement et la réforme de la taxe d'habitation n'en est qu'une étape. Car, parfois, il faut se poser la question pourquoi avoir fait le choix d'abaisser la taxe d'habitation ? Pourquoi pas un autre impôt ? Quoi cet impôt-là ? dont nous savons pertinemment d'ailleurs qu'il sera compensé par d'autres impôts, des nouveaux, par d'autres taxes, des nouvelles, par de nouveaux prélèvements. Bah tiens, la CSG déjà. Cette CSG qui va durement frapper les salariés et qui va très durement frapper les retraités devenus les nouvelles vaches à lait du gouvernement. Alors, pourquoi la taxe d'habitation ? Parce qu'en fait, il s'agit de viser un double objectif.

Retirer aux communes leurs ressources propres pour les rendre dépendantes et symboliquement les priver de leur souveraineté fiscale. Couper le lien aussi qui existe entre le citoyen contribuable et sa commune et notamment ce lien fiscal qui crée l'intérêt du citoyen contribuable pour les affaires publiques municipales. Qu'est-ce que vous faites donc de mes impôts ? La disparition du département qui s'efface devant des régions créées de toutes pièces sur le coin d'une table, en dehors de toute référence historique ou sociologique. Derrière cette réforme territoriale que M. Macron accélère, il y a la disparition de notre démocratie de proximité.

Le maire que chacun connaît et souvent apprécie car il est présent physiquement et toujours joignable. Le conseil départemental qui prend en charge le social à quelques heures de chez soi. Les élections sénatoriales qui vont se dérouler le 24 septembre sont l'occasion pour les maires et les grands électeurs de refuser cette évolution qui n'est pas un progrès démocratique mais une régression institutionnelle. Je les appelle à voter pour nos listes bleues marines. Je les invite à faire passer un message clair d'opposition et dans le même temps ce qui sera utile, renforcer le groupe des sénateurs Front National.

Si notre cadre territorial est le moteur de notre démocratie, le débat public en est le carburant. Là aussi, le pouvoir intervient. D'ailleurs, du haut de l'Olympe élyséen, M. Macron professe désormais ouvertement que les journalistes et le peuple ne seraient pas au niveau pour comprendre sa pensée politique. Trop complexe. Nous, nous la comprenons trop bien. Et les Français qui la découvrent semblent la sanctionner lourdement dans les enquêtes de satisfaction. Ils voudraient presque nous faire croire qu'il n'y a pas d'alternative à sa politique. C'est là, de manière caricaturale, la marque d'un tenant de la pensée unique.

Vous savez, cette pensée des techniciens qui savent et peuplent son gouvernement. Cette pensée des oligarques qui mettent en place un système qui leur profite cette pensée des experts qui voudraient nous dire ce qu'il faut penser. La loi sur le prétendu rétablissement de la confiance votée en juin, qu'on a faussement qualifiée de loi de moralisation de la vie publique, a mis en pratique cette neutralisation des politiques. Bah, langue à ripé, mais en réalité, c'est un non-dit. Cette loi, en grande partie, c'est un vol. C'est un vol d'une partie du pouvoir des députés qui sont vos représentants.

Les députés sont priés de n'être plus que les agents d'enregistrement des directives de Bruxelles et, accessoirement, des applaudisseurs professionnels de la politique de déconstruction. Les textes sont de Jean-Claude Juncker, le décor d'Emmanuel Macron. Le processus de mise sous tutelle administrative des élus s'accélère, comme en témoignent par exemple à l'échelon local les pratiques préfectorales relatives à l'installation forcée de migrants dans les communes ou le transfert des pouvoirs d'urbanisme vers les communautés de communes. Dans tous les cas, l'objectif du pouvoir en place est clair.

Il s'agit d'enlever au choix politique toute légitimité, toute autorité ou tout moyen d'action pour finalement réduire l'action publique à des choix techniques. Or, une société dépolitisée, c'est-à-dire qui disqualifie le débat d'idées et la volonté politique, est une société abandonnée aux mains des experts et des oligarques. Quand le citoyen, lui, écouté, est appelé à s'en désintéresser et renvoyé à vaquer à ses affaires strictement personnelles. Ça s'inscrit dans la conception en même temps individualiste et communautariste que défend M. Macron.

Une société où l'individu ne doit rien à personne, ne vit que pour lui-même, ne se sent de solidarité réelle avec personne, si ce n'est peut-être avec des groupes d'intérêt commun ou avec des communautés de plus en plus petites, à l'exception notable, bien entendu, de la seule qui vaille, c'est-à-dire la communauté nationale. M. Macron cumule avec son projet les deux tendances mortelles pour un pays parce qu'elles constituent les leviers de la dislocation de toute société, l'individualisme et le communautarisme à l'intérieur, le multiculturalisme à l'extérieur.

Et pendant ce temps, on occupe l'espace par une communication de distraction comme les tenues vestimentaires de Mme la Première ou les vacances de M. Hulot. La politique se réduit à des pipoleries qui se substituent au débat de fond. La pensée critique est condamnée sous couvert d'expertise et de technicité. la déconstruction lente mais méthodique se met en marche et gare à celui qui conteste le bien fondé de ses décisions. Idiot, illettré ou fainéant, les foudres jupitériennes s'abattront sur lui. Eh bien, n'en déplaise à certains, nous sommes de ceux qui, selon la formule du poète, veulent que le cœur pense.

Nous refusons cette évolution à l'américaine où le pouvoir n'est pas dans le main des politiques mais des marchés et des oligarchies à leur botte. Nous croyons au primat du politique parce qu'il est le seul à permettre la recherche et le triomphe du bien public sur les intérêts personnels ou les puissances d'argent. Nous croyons que le débat public est nécessaire, le débat d'idées est nécessaire parce que le gouvernement des nations ne précède pas de la gestion administrative de population mais d'une vision politique haute et claire. Nous voulons des citoyens concernés, actifs, combattifs, pas des touristes dans leur propre pays, pas des observateurs béats de leur propre servitude.

Hussley ne nous rappelait-il pas que les indifférents étaient d'excellents bourreaux ? Nous sommes de ceux qui défendons cœur et âme la culture française et refusons que les grands récits et les projets collectifs qui font un sentiment d'appartenance soient évacués parce qu'ils aliéneraient la liberté de l'individu. Pour M. Macron, l'homme se construit sans référence ni à un passé ni à un groupe mais par lui-même et pour lui-même. D'ailleurs, pour lui, la culture française n'existe pas.

Les hommes sont interchangeables, les individus ne sont finalement envisagés que comme des producteurs ou des consommateurs et donc il n'y a aucun inconvénient à ce que des Maliens, des Guatemala ou des Martiens peuplent entièrement un village du Périgord. Et l'on comprend pourquoi M. Macron n'est nullement effrayé par les politiques migratoires à l'œuvre en Europe. Et lorsque les individus sont ainsi interchangeables, il n'y a alors plus lieu de distinguer des citoyens des non-citoyens. Comme le marché, la citoyenneté a vocation à devenir mondiale. Ne vous trompez pas. L'entreprise de déconstruction que veut engager M. Macron ne se limite pas au fondement de nos institutions.

Il touche toute la société, chacun d'entre nous. et bien sûr le monde économique, y compris le monde du travail. Avec le macronisme, l'homme est sommé de se détacher de ce qu'il attache. Il est poussé au nomadisme, au changement perpétuel, à l'éphémère. M. Macron appelle ça la flexibilité. Nous l'appelons la précarité. La loi travail votée avant l'été a vu la naissance du contrat de travail de mission. Ce contrat de travail s'appelle contrat de travail à durée indéterminée. Mais ça n'est pas vraiment un CDI. C'est un CDD dont le terme est lié à la fin d'une mission. On pressent que ce contrat précaire dans le temps supplantera le CDI classique pour devenir la règle.

C'est une modification profonde, presque une révolution du monde du travail. Cela signifie que le lien entre le salarié et son employeur ne sera plus l'adhésion à un projet d'entreprise mais un simple contrat de mercenariat. On me paye pour un travail, point. Aucun lien durable, aucun lien de solidarité, aucun lien de loyauté durable ne se crée entre le salarié et son entreprise. L'entreprise n'est que le lieu d'une mission et pour l'entreprise, le salarié est un intérimaire professionnel. Il est jetable. L'homme lui-même n'est qu'une force de travail réduit au rang d'objet au service de la production.

Affaibli, obligatoirement, fragilisé, obligatoirement, il n'en sera de surcroît que plus soumis et malléable car, osons le dire, un Français qui accumulera ses contrats de mission ne sera en réalité jamais propriétaire de sa vie. On le voit dans la conception de M. Macron, la seule chose qui régule les rapports entre les hommes sont les contrats juridiques et l'échange marchand. Dans la société de M. Macron, le don n'est pas chose normale. Les relations économiques remplacent les relations sociales. Le nomadisme, on le retrouve aussi par exemple dans la future réforme de l'ISF qui va exempter la spéculation pour concentrer la taxation sur ce qui est durable comme le foncier et l'immobilier.

Ça, c'est révélateur. Face aux menaces de l'islamisme et du mondialisme, face à la menace d'un terrorisme sacrificiel et d'un système économique inhumain, cette société disloquée nous conduit à la brutalité, à l'asservissement et à la dilution. Nous ne nous résignons pas à l'obsolescence programmée de la France. Nous pensons au Front National que jamais la France n'a eu tant besoin d'une vision d'État, c'est-à-dire d'une vision haute qui ne peut être qu'une vision politique, une vision qui donne un sens à notre histoire, cette histoire de France qui l'appartient aux Français et à eux seuls d'écrire.

Jamais la France n'a eu tant besoin du rassemblement de tous ses enfants autour d'un grand projet qui les unit dans un même espoir, dans un même élan du cœur et de l'esprit, dans une même volonté qui passe par le réveil de l'enthousiasme dont notre peuple est capable. Cette vision panoramique, nous sommes les seuls à la portée et parce que nous sommes les seuls à la portée, nous sommes les seuls à pouvoir incarner la grande alternance. C'est ce beau projet auquel nous vous convions et auquel nous convions tous les Français.

Ces Français qui voient avec effarement la France broyée dans la mondialisation, ces Français orphelins de la droite des valeurs et ces Français orphelins de la gauche patriote. Cette grande alternance que nous appelons de nos voeux, cette alternance patriote et républicaine, nous devons l'organiser selon le principe que Bonaparte aimait à rappeler. Toute opération doit être faite par un système parce que le hasard ne fait rien réussir. C'est l'objectif que nous nous sommes fixés avec le nouveau front. Un parti politique n'est pas une fin en soi. C'est un moyen. Il n'y a qu'une chose qui compte, c'est la France.

Et s'il faut adapter la structure du combat, mais n'ayons pas peur de le faire, il n'y a personne davantage attaché que nous au Front National. Nous savons les sacrifices qui ont été consentis et cette belle fraternité qui nous unit dans le combat et dans l'épreuve. Nous savons combien a été dure la longue marche qui nous a conduits jusqu'au second tour de la présidentielle, dans l'adversité toujours, dans la douleur souvent, mais aussi parce que nous avons eu de beaux succès dans la joie. Mais nous avons gravi, pas après pas, la montagne qui mène aux portes du pouvoir, non par hasard, mais par la force des convictions. Convictions de militants qui se sont donnés sans compter.

Convictions de millions de Français, d'irréductibles Français, qui refusent le mouvement qui voudrait emporter la société entière vers le morcellement et l'appauvrissement, de Français qui refusent de consentir à la fin de la France, qui refusent le renoncement à eux-mêmes, qui refusent l'abaissement des peuples et particulièrement des peuples d'Europe. Pour faire céder la dernière porte du château, il nous faut donner les derniers coups de boutoir pour que le peuple redevienne maître de son destin et que la France retrouve le chemin de la grandeur. Oh, les sirènes du système chantent l'autosatisfaction, mais la porte est prête de céder.

Même si ceux qui nous gouvernent ou plutôt nous dominent, redoublent d'efforts pour se barricader. La grande entreprise de refondation du mouvement national à laquelle je vous invite, mes amis, à laquelle j'appelle tous les soutiens du Front national, cadres, militants, adhérents et électeurs, mais aussi tous les Français d'où qu'ils viennent, n'est inspiré que par le devoir, le devoir d'une action et d'une victoire pour que la France reste la France pour ses enfants et pour le monde.

Elle s'adresse aux Français si nombreux, je crois, majoritaires, qui croient encore et toujours dans le génie intime de notre nation, aux Français qui attendent pour eux et leurs enfants une grande alternance, une vraie alternance, à ces Français qui vivent dans la difficulté et espèrent tellement en une force de libération nationale. Cette refondation politique ne sera pas une énième structure définie d'en haut. Je souhaite au contraire que chacun d'entre vous prenne toute sa place dans cette œuvre de refondation essentielle.

Aussi, je vous appelle à vous joindre à nous, que vous soyez aujourd'hui au Front national ou que vous veniez politiquement d'une autre famille politique pour peu que vous partagiez notre objectif de redressement national. La refondation que nous allons mettre en œuvre tambour battant s'abuera sur deux principes. Le rassemblement de tous les Français parce que l'unité est la condition de la grandeur. Le service de la France, en vous rappelant cette belle phrase du général de Gaulle dans un de ses discours en 1943, à la France, à Notre-Dame la France, nous n'avons à dire qu'une seule chose, c'est que rien ne nous importe ni ne nous occupe que de la servir.

Pour ce qui concerne la réflexion au sein de l'appareil du Front national, nous nous sommes mis au travail dès le lendemain des législatives avec un séminaire extrêmement productif qui a réuni les cadres. Ce travail d'études et de réflexions va se poursuivre avec une tournée que je vais effectuer dans les fédérations pour y rencontrer directement et entendre nos cadres locaux, nos adhérents. Je les invite à y participer nombreux et à enrichir nos débats de leur contribution. Fin septembre, je rencontrerai nos élus, nos 400 conseillers régionaux et départementaux, nos maires, nos parlementaires français et européens au cours d'une grande journée des élus.

Et puis, une large consultation sera lancée, je l'ai déjà annoncé, auprès de tous nos adhérents. Ce processus de consultation, d'échange, et je l'accepte, de confrontation d'idées, sera formalisé par le vote souverain du Congrès qui décidera au final de notre nouvelle organisation de conquête du pouvoir. La nouvelle organisation portera un nouveau nom dont nous aurons pu discuter ensemble lors de nos échanges et que vous aurez choisi. Nos mécanismes de fonctionnement seront rénovés et pourquoi pas, certains le souhaitent, davantage décentralisés. Parce que l'Europe a pris une part importante du débat national, on l'a vu lors de la présidentielle.

une meilleure interface devrait être réalisée avec notre groupe européen. Notre projet européen, le projet de l'Europe des nations devra être davantage formalisé en liaison avec nos partenaires européens. Ce nouvel élan exigera de faire émerger de nouveaux talents, de nouvelles personnalités, de nouvelles énergies collectives ou individuelles qui joindront leur enthousiasme au nôtre. Enfin, nous devrons réfléchir à élargir nos capacités d'ouverture aux alliances politiques et électorales dans la foulée de l'élection présidentielle avec ceux qui n'ont pas renoncé à la nation, à la France et à la liberté.

Dans les ruines d'un système politique à reconstruire, seuls ceux qui sont portés par des convictions, par une volonté qui les transcende, sont capables de repenser l'avenir et de le mettre en forme. Notre famille politique est la seule en mesure d'incarner la grande alternance. Nous savons qui nous combattons et pourquoi. Nous savons dans quelle société nous ne voulons pas vivre et celle dans laquelle, au contraire, nous savons que nos enfants seront heureux. Nous savons ce qui forge notre nation et ce qu'elle nous apporte, ce que nous lui devons. Vous le voyez, mes amis, la tâche est grande mais aussi exaltante. Elle nous impose de se libérer du doute et de l'irrésolution.

Elle appelle à l'intelligence collective, à l'écoute mutuelle et parce qu'il n'y a pas d'action victorieuse sans un élan du cœur et de l'esprit à la fraternité militante mais aussi au travail. La première victoire est sur nous-mêmes. À l'heure des pensées asséchées, face au mécanisme froid de la dictature technocratique, il n'y a rien de plus beau que le partage d'un idéal. Il n'y a rien de plus noble que de servir. Il n'y a rien de plus fort que la belle aventure politique qui s'ouvre à nous. Il faut nous en convaincre. Notre combat n'est pas seulement un combat politique, c'est un combat de civilisation, celle-là même que nous devons transmettre à nos enfants.

C'est un combat trop important pour nous en détourner. C'est un combat trop important pour échouer. c'est pourquoi nous devons nous battre, c'est pourquoi nous devons gagner. Je sais pouvoir compter sur vous. Vive la République, vive la France !

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Locuteur

Sous-titrage Société Radio-Canada

Rentrée politique : discours de Marine Le Pen à Brachay (09/09/2017) — Marine Le Pen · Pourquijevote