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speechyoutube.com· 20 décembre 2023 13 min

Discours de Xavier Bertrand - Signature de l'accord de Béthune pour la réindustrialisation

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Xavier Bertrand

Je l'aime beaucoup Sébastien, c'est la raison pour laquelle il ne m'en veut pas que l'an dernier Saint-Quentin Basketball a fini devant Chalon-sur-Saône, bien évidemment, et que cette année c'est pour l'instant la même chose. Très sérieusement, si je suis ici, c'est parce que très clairement il n'y a aucun dossier d'implantation majeur, aucun. Il n'y a aucun projet de restructuration réussi qui n'aurait pu voir le jour dans les Hauts-de-France s'il n'y avait pas un vrai partenariat entre la région des Hauts-de-France et les intercommunalités, aucun. Si on n'avait pas été aligné à chaque fois, zéro.

C'est la raison pour laquelle vous le savez, ça ne tient pas seulement aux circonstances de mon élection la première fois, il n'y a pas de politique politicienne entre nous, c'est qu'à chaque fois, c'est un peu comme la définition de l'amour, on ne se regarde pas les yeux dans les yeux, mais on regarde dans la même direction. On regarde dans la même direction. C'est la raison pour laquelle je suis là et que je suis très heureux de signer ce pacte qui, à la fois, vient bien confirmer les choses, mais trace aussi toute une démarche pour la suite et pour l'avenir.

Bon, ce n'est pas parce que j'ai été président d'intercommunalité, mais je sais pertinemment, je connais mes classiques, c'est que les deux niveaux, les deux niveaux de responsabilité qui ont encore une compétence économique, c'est la région, bien évidemment, la loi de 2015, qui pour une fois a clarifié les choses, et ce sont les EPCI. Vous pourriez me dire que les communes ont bien évidemment la clause de compétence générale. Non, la réalité, c'est simple, on est en tandem, les EPCI et le Conseil régional, et surtout dans la Haute-France, c'est vraiment la même logique. Je vous prends des exemples, on parle beaucoup de Gigafactory.

La première de ces Gigafactory, ACC, avec un grand chef d'entreprise, un grand capitaine d'industrie qui est Carlos Tavares, qui est toujours à se dire, bon, si les politiques étaient au rythme de l'entreprise, ce serait mieux, il a pu voir qu'en 15 jours, nous étions totalement alignés, la région des Hauts-de-France et les intercommunalités. Et je n'aurais pas eu les intercommunalités, je n'étais pas capable de mettre sur la table aussitôt 121 millions d'euros. Et ça a été le début de l'aventure des Gigafactory. On n'est pas aligné la région avec les intercommunalités, notamment celle de Christian Poiret, on n'a jamais une vision à Douai, jamais.

Et de la même façon sur Bercors, on n'est pas aligné avec la Q, la communauté urbaine de Dunkerque. Non, il n'y a jamais l'implantation de Bercors, parce que là aussi, ce sont des moyens importants qu'on a mis sur la table et on les a mis ensemble. Et on n'a pas mis des mois à réfléchir, on pense à avoir, on se met d'accord. Non, ça a été le cas tout de suite. C'est ça la clé du succès.

C'est la clé du succès, comme ça sera aussi la clé du succès encore, parce que nous n'allons pas nous arrêter à 3 Gigafactory, aujourd'hui elles sont déjà plus nombreuses, et que d'autre part, je n'ai pas vocation à oublier le moindre endroit du territoire régional, et que maintenant nous allons proposer une nouvelle feuille de route, je le dis également avec les conseillers régionaux, la conseillère régionale qui est ici présente, il y a aussi Hakim qui est là, pour vous dire que maintenant, c'est sur l'enjeu de l'économie circulaire que je vois bien tout le potentiel de création d'emplois.

Ce ne sera pas des usines à 1 500 d'emplois, d'accord, mais effectivement, nombre d'unités sur l'ensemble du territoire régional, pour qu'il n'y ait aucune zone blanche non couverte par le développement économique, c'est aussi l'un des aspects, sans oublier bien évidemment, un certain nombre d'autres sujets liés à la transformation, je pense à la transformation touristique, parce que vous êtes dans une région, M.

le Président Martin, qui va complètement changer son image dans les années qui viennent, et qui va attirer encore plus de création de valeur, également en matière touristique, mais je vais m'arrêter là pour ne pas aller trop loin dans la transformation, et ne pas trop loin dans l'exposé de la transformation, et pour oublier le reste. Donc, aucun projet de création n'aurait vu le jour si on ne bossait pas ensemble. Aucun projet de restructuration non plus. Je me tourne vers Olivier.

Bridgestone a semblé être un coup de tonnerre, ça y est, c'est fini, quasiment 1000 emplois, c'est vraiment le ciel qui leur tombe sur la tête, et puis bien évidemment, des salariés qui étaient avec l'image, quand il y a des restructurations comme ça, on ne retrouve jamais de boulot, et que le site devient une friche. Eh bien non.

Au moment où nous vous parlons, parce que ça a été des efforts conjoints, et on a aussi, il faut dire les choses très clairement, fait un bras de fer, alors avec ma méthode, pas toujours la plus convenable, je le sais bien, ne traverse pas forcément dans les clous, au moment où on parle, sur les salariés de Bridgestone, il n'y en a que 21 qui n'ont pas encore aujourd'hui repris l'activité.

Je ne rentrerai pas dans les raisons pour lesquelles, mais toujours est-il que c'est là, et vous le disiez aussi, monsieur, je ne crois pas que vous soyez aujourd'hui insédiat dans une friche industrielle, il y a de l'activité, ce n'est pas forcément une ruche, mais il y a une sacrée belle activité, ce qui montre que la revitalisation économique, ça marche, et que le reclassement, ça fonctionne également. Pourquoi ? Parce qu'on a bossé ensemble, parce qu'on a travaillé ensemble. Alors aujourd'hui, on a d'autres défis devant nous, qui est de continuer à faire venir des entreprises, et je reste mort de faim en matière de création d'emplois et d'activités.

On a beau nous dire que maintenant, sur les gigafactories, on sera à 20 000 emplois directs, je sais qu'il y a des emplois indirects, eh bien, on reste sur n'importe quel projet, que ce soit 5 salariés, 50, 500 ou 5 000, à nous battre sur toutes les balles, et à chaque fois, ensemble. Jérémy Parcy, qui est là, qui, pour les affaires économiques à la région, est bien souvent votre interlocuteur, on continue en permanence. Je ne suis pas fatigué, et je ne suis pas repu en matière de création d'emplois et de création d'activités.

Il y a un sujet, ici Sébastien, on a eu l'occasion d'en parler, parce qu'on se voit beaucoup en dehors des rapports qu'il y a entre le président de l'intercommunalité de France, qui, entre parenthèses, est en train de donner une sacrée visibilité à l'intercommunalité de France. On parle beaucoup de l'AMF, on parle beaucoup de l'ADF, on parle de l'ARF aussi, les mairies, les départements et communes, mais il est en train de donner une vraie visibilité, avec un congrès qui a permis aussi de faire valoir votre place, vos exigences et les capacités de développement qui reposaient sur les intercommunalités.

Et ça, c'est important, et de faire en sorte que l'intercommunalité de France, pardon, ne soit pas seulement la vitrine des très grosses intercommunalités, mais tout le monde y a sa place. Et ça, je pense que ce n'est pas si facile que ça. Encore une fois, il a ses idées, c'est quelqu'un d'ouvert et de rassembleur, mais il n'y a pas de politique aérie au sein de l'intercommunalité de France, mais surtout, quelle que soit la taille d'une intercommunalité, on peut se sentir vraiment, vraiment représenté. Non, l'un des points qui va encore être très important, c'est le contrat d'implantation.

Vous savez que dans la région des Hauts-de-France, on s'implante plus vite qu'ailleurs et qu'il y a moins de formalités. Alors, même si la loi Industrie verte s'est, comment dirais-je, inspirée de ce que nous faisons, pas moi qui l'ai dit, c'est à la fois les porteurs de cette loi, c'est parce qu'on a voulu très clairement simplifier les procédures, mais si nous réussissons, entre l'État, un peu la région, beaucoup les intercommunalités à réduire les délais, c'est parce que vous jouez le jeu également et qu'on réussit à avancer en temps masqué de façon parallèle et non pas de façon successive.

Moi, j'avais été marqué, quand je suis arrivé, par le fait qu'en Belgique, il fallait deux fois moins de temps pour s'implanter qu'en France. Pourtant, il n'y a pas beaucoup moins de niveaux, ils ne sont pas plus simples que nous. La météo est la même et l'accent belge ne changeant rien du tout au fait que les délais étaient plus courts. Sauf que nous, avec les contrats d'implantation, on sait aujourd'hui dans la région aller beaucoup plus vite, quel que soit le département, et c'est aussi grâce à vous, et je veux vous remercier, parce que ça, c'est quand même un sacré intérêt et c'est un véritable atout. Et même la loi Industrie verte fera que nous aurons toujours une longueur d'avance.

Encore une fois, quand on est mort de faim, on cherche toujours à faire la différence, et c'est aussi très clairement grâce à vous. Le fait de commencer à regarder un permis de construire pour une implantation économique avant même qu'il ne soit déposé, et certainement pas en l'étudiant à la fin du délai maximum, ça change beaucoup de choses. Ça, vous savez faire, ça, vous êtes capables de le faire, et moi, c'est ce qui me permet aussi de faire en sorte que dans la région, on soit attractif partout.

Et si nous sommes la région de France la plus attractive depuis maintenant 50 ans, ce n'est pas moi qui le dis, c'est Ersène Jung, c'est Business France, notamment pour les implantations industrielles, pour les investissements étrangers, c'est pour cette raison du contrat d'implantation, et c'est aussi grâce à vous. L'autre point que tu as évoqué, Président, c'est la question du zéro artificialisation nette. Bon, alors, moi, je ne vais pas faire ma pleureuse, là, loin, elle n'est pas bien, il ne faut pas qu'elle s'applique chez moi, elle s'appliquera partout, et elle s'appliquera dans toutes les régions.

La seule chose, c'est soit il y a des élus qui font la gueule, et qui se disent, ben moi, je ne m'en mêle pas, et dans ces cas-là, je vais vous dire comment ça s'appelle, ça s'appelle de la recentralisation, c'est-à-dire que les communes rurales et les intercos seront en pleine discussion avec l'État. Et même, même, si vous avez un préfet plutôt sympa et efficace, comme c'est le cas, et dans ce département et dans la région, ça ne changera pas les choses, c'est que ce sera une logique de recentralisation.

Ou alors, il y a une région, que la loi lui plaise ou pas, qui décide de prendre toutes ses responsabilités, en disant, je vais me prendre des coups, je vais me faire en guirlandais, mais je prends mes responsabilités, en créant un compte foncier régional, en mettant au cœur de la gouvernance, je le dis, je l'assume, les intercommunalités, de façon à ce que vous ne nous fassiez pas seulement bouffées, par les un hectare par commune qui vont vous empêcher d'avoir des projets.

Deuxième attitude, plutôt que de jouer les pleureuses, on va aller à fond sur les friches industrielles, et Dieu sait si on en a chez nous, de façon à pouvoir bénéficier au moment où les autres vont râler de fonds importants pour dépolluer, enfin, entre parenthèses, si vous avez des idées de start-up sur vos territoires qui ont des procédés de dépollution rapides et peu coûteux, vous me les présentez. C'est dommage qu'on ne puisse pas mettre d'argent nous-mêmes là-dedans, mais je peux vous dire que ça, celui qui saura faire ça, c'est de l'or en barre. Mais on y va, on va aussi anticiper ce que seront les friches commerciales à venir.

Vous savez bien que dans beaucoup d'endroits, il y a des entrées de ville avec des friches commerciales qui se dessineront dans les 5 à 10 ans. On ne va pas attendre, on va essayer de préempter cela. Et on est en train de voir aussi avec les grandes entreprises quelles sont celles qui n'y avaient pas encore pensé, mais qui pourraient compacter leur superficie de façon à avoir du foncier disponible. On va faire feu de tout bois. On va installer en janvier une conférence sur la gouvernance du ZAN. J'en parlais encore avec le préfet de région ce matin. Je pense que cette loi est trop dure et trop restrictive. Mais Sébastien a raison.

On ne peut pas continuer à artificialiser comme on l'a fait pendant des années et des années. Je pense qu'avant la fin de cette décennie, il faudra l'évaluer et certainement la corriger. Mais en attendant, on ne va pas pleurer et on va être fidèles à la ligne de conduite qui est celle dans cette région de tous les acteurs économiques et politiques. On prend nos responsabilités, on prend des initiatives de façon à ce que les Hauts-de-France et vos territoires puissent continuer à être terriblement attractifs. Voilà comment nous allons travailler. Donc je vous l'ai dit, contrat d'implantation, le ZAN.

Donc vous l'avez compris, si je signe cette convention, ce n'est pas pour dire ici on fait du bon boulot. Non, c'est qu'on a besoin, dans les temps que nous connaissons, de prendre de nouvelles initiatives. C'est vrai sur la formation. C'est vrai aussi sur les aides, à l'investissement. Moi, je ne peux pas intervenir sur le foncier, vous pouvez le faire. À chaque fois, on trouve des solutions intelligentes. À chaque fois.

Et c'est de cette façon qu'on a, ici Sébastien, commencé à montrer qu'après passer glorieux économiquement, industriellement, après des difficultés qui étaient beaucoup moins glorieuses, les gens sont en train, à l'extérieur de la région, de se dire, dis donc, dans les Hauts-de-France, ça a l'air de bouger. Les EPR, 8 000 emplois directs, que ce soit le canal Seine-Nord-Europe, 6 000 emplois pendant la construction, 15 000 emplois directs ensuite, plus les gigafactories. Très clairement, les gens sont en train de se dire, à l'extérieur, c'est une région qu'il faut regarder.

Il nous reste à transformer l'essai pour que ceux qui habitent sur vos territoires puissent se dire et dire à leurs enfants, il y a clairement de l'avenir dans cette région. Alors, on aura d'autres sujets devant nous encore. Et là, on s'éloigne un peu du domaine économique. De plus en plus d'entreprises veulent savoir s'il y a un guichet unique. Certains le font, donc ne le font pas encore, sur une intercommunalité, sur quand on vient s'installer, ça va se passer comment la scolarité ? C'est comment l'offre périscolaire ? C'est comment l'offre culturelle ? L'offre sportive ? Pardon. Et pour les logements, ça va se passer comment également ?

Et l'idée d'avoir ce guichet unique qui ne peut se voir que par intercommunalité plus que par commune, je suis tout à fait prêt en ce qui concerne la région à mettre des moyens là-dedans parce que c'est ce qui permettra encore une fois de faire la différence. Il y a les services clés en main en matière de terrain, mais il y a aussi les services clés en main pour renforcer encore et encore notre attractivité. Voilà ce que je voulais vous dire et si je vous dis tout ça, c'est parce que je viens du monde de l'entreprise et je sais une chose, ce ne sont pas les politiques qui créent les emplois. Ce sont les entrepreneurs qui créent les emplois.

Mais nous, on a une sacrée responsabilité, c'est de créer l'écosystème favorable pour que ça se crée ici, chez nous. et j'ai tendance à croire quelle que soit votre activité présente ou passée, c'est que vous avez toutes et tous une mentalité d'entrepreneur. Vous savez quoi ? C'est comme ça qu'on réussit tout simplement. Alors en tout état de cause, la région va appliquer, vous savez, ce beau proverbe africain, si tu veux marcher vite, marche seul. Si tu veux marcher loin, marche avec les autres. Ça tombe bien, nous on veut marcher loin. Il n'est pas imaginable que la région avance seule et si on veut réussir, ça sera avec les intercommunalités. Merci de votre présence.

Merci à vous de votre présence et vous me permettez aussi de vous souhaiter de très très bonnes fêtes de fin d'année. Merci. Merci.