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interviewFrance Inter — Le téléphone sonne· 19 mars 2025 36 min

Sport à l'école : des jeunes trop sédentaires ?

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Christophe Proença

On est en train de fabriquer une génération de petits sédentaires qui mettent de moins en moins le nez dehors, encore moins pour courir, nager ou faire du vélo. Une génération de petits sédentaires en surpoids, voire en situation d'obésité, qui feront ensuite des adultes en surpoids ou en situation d'obésité. Ce chiffre ne cesse de grimper. Le constat est si alarmant que dans ce qu'on appelle une mission flash transpartisane, présentée par deux députés, il est demandé d'urgence au pouvoir public de donner un vrai coup d'accélérateur à la pratique du sport à l'école et de l'activité physique en général. Il s'agit d'abord de mettre en place ce qui devrait déjà exister.

Au primaire, le sport à l'école se fait le plus souvent au bon vouloir des enseignants qui n'ont tout simplement parfois pas le temps. Exitent donc les trois heures obligatoires hebdomadaires. Les rapporteurs écrivent même que l'on devrait former les professeurs du premier degré à élaborer un cours de sport, exactement comme on leur apprend d'ailleurs à élaborer un cours de maths. Ils veulent aussi que les trois heures de sport au collège à partir de la cinquième soient montées à quatre, poussées aux activités également hors scolaire. Et puis, ils se demandent où sont passées les 30 minutes quotidiennes d'activité physique très officiellement préconisées en 2022.

Seuls 42% des établissements scolaires s'y plient, mais il faut du temps à caser pour le faire. Il faut de l'espace et c'est loin d'être facile. Autre préconisation importante du rapport qui ne manquera pas de vous faire réagir. Les deux députés sont restés très étonnés d'abord en travaillant leur rapport de n'avoir aucun chiffre réellement fiable sur la forme physique des enfants. C'est les dernières statistiques, elles ont 10 ans maintenant.

Ils veulent que l'on pèse les enfants en CE2, que l'on généralise les tests de capacité physique au collège, alors que les médecins alertent justement sur les pertes de capacité respiratoire, et que les exemptions de cours de gym soient beaucoup moins régulières. Le sport à l'école pour lutter contre l'obésité, c'est le Téléphone Son ce soir. Soyez les bienvenus. Le Téléphone Son. 01-45-24-7000. Philippe, vous êtes le premier, vous êtes à Montauban et vous êtes le bienvenu. Bonsoir.

2:03
Invité

Oui, bonsoir à tous et à toutes. On vous écoute, Philippe. Bien, écoutez, je suis enseignant moi-même en éducation physique et sportive, même si j'arrive juste à la retraite. Une parenthèse, je suis étonné que vous invitiez encore M. Guillaume Dietsch, qui est invité depuis trois fois au moins pendant les JO, etc. Il ne représente pas l'ensemble de la profession. Il y a un syndicat qui représente à peu près 80% de l'éducation physique et sportive. C'est dommage que France Inter, service public, n'invite jamais le représentant. Merci, Philippe.

2:38
Christophe Proença

C'était une parenthèse. Oui, c'était une parenthèse, mais qui me semblait un petit peu inutile. On salue Guillaume Dietsch qui est avec nous.

2:43
Invité

Le titre sport à l'école est encore une fois mal choisi. Bon, heureusement que vous avez rajouté dans votre présentation.

2:49
Christophe Proença

Décidément, vous avez un truc sympa à nous dire ou rien du tout ce soir, Philippe ?

2:53
Invité

Laissez-moi parler, s'il vous plaît, madame. Vous en prie. Ne coupez pas la parole sans arrêt. Donc, le sport à l'école, ce n'est pas ça. C'est l'éducation physique et éventuellement le sport à l'école. En école primaire, pratiquer des activités collectives et aussi de la danse et des activités de cirque. Et pareil pour les deux dernières que je viens de citer dans ces cirques, en lycée et collège. Par ailleurs, il est simple de reconnaître que l'État français, depuis 1967, n'a pas tenu sa promesse d'arriver à 5 heures d'éducation physique et sportive obligatoire pour tous les élèves de France. Vous voyez, en 1967, c'était les instructions officielles de l'État français.

Et on y viendra parce qu'il y avait aussi les deux heures de plus. Il n'y a que 4 heures en 6e, que 3 heures après jusqu'en 3e. Et en lycée, il n'y a que 2 heures en réalité pour la quasi-totalité des élèves de France. Il suffit de dégager. Il y a beaucoup d'étudiants en staff. Là, M. Ditch, évidemment, pourra le confirmer. Et là, on ne manque pas de futurs enseignants en éducation physique et sportive. L'État français ne fait pas ce qu'il faut, c'est tout.

4:06
Christophe Proença

Merci beaucoup, Philippe. Merci de votre amabilité aussi. On est content que vous soyez avec nous ce soir pour discuter jusqu'à 20h au téléphone. Sonia Guillaume Ditch, bonsoir.

4:17
Présentateur

Bonsoir, Fabienne Sainte.

4:18
Christophe Proença

Vous êtes le bienvenu. Vous êtes professeur agrégé d'EPS, enseignant en staffs à l'Université Paris-Est-Crétaille. Vous avez notamment écrit une histoire politique de l'EPS chez Debeck Supérieur. C'était l'année dernière, en 2024. Il y a Alicia Fillon qui est là également. Bonsoir. Bonsoir. Vous êtes ingénieur de recherche à l'Observatoire national de l'activité physique et de la sédentarité. Pardonnez-moi. Et il y a aussi Christophe Prensa. Bonsoir, monsieur. Bonsoir.

Vous êtes député socialiste du Lot et vous êtes co-rapporteur avec votre collègue à l'air de Corrèze, qui s'appelle Frédéric Meunier, de la mission Flash sur l'activité physique et sportive et la prévention de l'obésité en milieu scolaire qui nous occupe ce soir et qui nous a donné envie de faire ce téléphone sonne. Christophe Prensa, il a raison, notre auditeur, sur le nombre d'heures qui était la promesse et qui n'a pas été tenue. Si on veut ne pas remonter même jusqu'à 67, il suffit de remonter jusqu'à il y a deux ans à peine. La promesse d'avant les JO, c'était deux heures de plus et puis au collège. Et puis on s'est rendu compte que ce n'était pas possible.

Il a fallu que ce soit réorienté uniquement vers les collèges en difficulté. Donc il y a de toute façon un problème à augmenter les heures de sport dans l'éducation nationale ou d'activité physique.

5:27
Frédérique Meunier

Je crois que c'est l'intérêt de tous, oui. L'Organisation Mondiale de la Santé préconise une heure d'activité physique par jour pour les enfants. Une heure, c'est beaucoup, par ailleurs. Pour trouver ce temps, c'est beaucoup. Alors très peu d'enfants. Alors ce n'est pas qu'à l'école, ça a été dit par l'auditeur qu'on a eu tout à l'heure. Alors évidemment, l'école ne peut pas tout, je le dis ici évidemment, mais doit jouer son rôle. Et on est parti sur l'école parce qu'on a la chance d'avoir une cohorte complète d'enfants à l'école, de la maternelle jusqu'à la 6e, puis ensuite au collège et au lycée. Et donc on a un pouvoir d'action important et de suivi de la santé de nos jeunes sur l'école.

Voilà pourquoi on est parti sur le sport scolaire.

6:00
Christophe Proença

Et alors quand même, je réitère ma question. Comment on fait pour en faire plus si, comme nous le savons, il y a un manque de profs de PS, si on a essayé d'avoir deux heures de plus, notamment au collège, et que ça ne marche pas ? Qu'est-ce qu'on peut activer ? Qu'est-ce que vous pouvez activer d'autre pour que ça marche ?

6:15
Frédérique Meunier

Les préconisations qu'on a faites sont limitées. On en a fait 10 pour rester raisonnable, on va dire, mais certaines ne coûtent pas très cher. Déjà la première des choses, c'est au primaire, s'assurer que les trois heures d'éducation physique et sportive soient vraiment concrètes et réelles. Or, avec la pression qu'ont les enseignants sur les programmes, sur les résultats PISA aussi, qui poussent en fait à travailler plus certaines matières qu'on considère comme majeures, on met de côté l'éducation physique et sportive et l'activité physique en général.

Donc c'est aussi un positionnement de l'institution, de l'éducation nationale, qui doit repositionner le sport, l'éducation physique et sportive, comme une matière majeure, normale.

6:52
Christophe Proença

Guillaume Ditsch, je me dis, en écoutant Christophe Prensat, en ayant lu surtout le rapport, que peut-être que si on s'intéresse plus au fond au ministère de la Santé qu'au ministère de l'éducation nationale, on peut peut-être obtenir des choses pour le sport à l'école qu'on a eu du mal à obtenir jusque-là.

7:11
Présentateur

Alors oui, il est certain que l'éducation physique et sportive, dépendant de l'éducation nationale, a très peu de budget, effectivement, peut-être pour se renforcer. Maintenant, sur la question de la santé, je pense que c'est une question et une grande cause nationale.

Alors cette année, c'est la santé mentale, mais vu l'état, effectivement, physique et la sédentarité en augmentation chez les jeunes, j'ai envie de vous dire, plus que le ministère de la Santé, ça devrait être finalement une logique presque interministérielle, puisque lorsqu'on se pose la question de l'activité physique, finalement, on touche tout autant à des enjeux de santé, des enjeux d'éducation, mais même des enjeux écologiques aujourd'hui.

Lorsqu'on se pose la question, justement, des modes de vie actifs, des mobilités douces, ça nécessite aussi, pour les futurs adultes, d'avoir une certaine condition physique, mais plus que la question de la santé, la condition physique, ça demande aussi un apprentissage. Alors il y a des dispositifs mis en place à l'école, on en parlera certainement, mais à travers l'EPS, effectivement, il y a la transmission d'une culture à cette génération de jeunes, qui a aussi des modes de vie différents, mais surtout des apprentissages pour qu'ils puissent être autonomes demain dans leurs pratiques physiques et sportives futures.

8:20
Christophe Proença

Est-ce qu'on peut expliquer, Alicia Fillon, pourquoi les chiffres sont aussi alarmants que ça ? Est-ce qu'on met tout, en gros, sur le compte des écrans, en disant, déjà, de toute façon, il faut bien que les enfants s'assoient à l'école, ça c'est clair, et les écrans en plus, ça rajoute à la sédentarité, est-ce que c'est aussi simple que ça ? Ou est-ce qu'on a perdu, effectivement, comme le dit Guillaume Ditch, tout simplement la culture, la culture du sport, comme celle d'aller jouer dehors, d'ailleurs ?

8:45
Invité

Oui, non, je crois que vraiment, ce n'est pas si simple que ça, et ça ne tient pas simplement au fait que les enfants soient plus sédentaires, plus devant les écrans, et c'est vraiment très systémique, comme on vient de le dire juste précédemment, c'est vraiment l'importance d'avoir un regard très systémique sur l'ensemble des facteurs qui peuvent jouer, justement, sur la sédentarité des enfants, et ce n'est pas simplement de se centrer sur le comportement d'un individu, mais vraiment tout l'ensemble sur lequel on peut jouer.

9:12
Christophe Proença

Après, moi, j'ai été, Alicia Fillon, étonnée en lisant ce rapport, et aussi étonnée que les rapporteurs, du manque de données qu'on a, notamment sur l'obésité des enfants, on a l'impression que ces chiffres, on les lit tout le temps, puis on se rend compte qu'une vraie étude, quelque chose qui peut acter, et dire, il faut absolument agir, et c'est urgent, ces chiffres nous manquent. Comment est-ce qu'on explique ça ?

9:34
Invité

Exactement. En tout cas, c'est ce qu'on essaie de véhiculer comme message, déjà depuis de nombreuses années, nous, à l'ONAPS, je pense que ça s'explique par la difficulté de coordonner des études à très grande échelle. Alors, on a quand même quelques résultats, et si je peux me permettre, on a aussi quand même des résultats qui peuvent un peu être encourageants. Par exemple, on a des études qui ont été faites sur plus de 15 000 enfants, notamment deux études qui ont été menées par Jérémy Vanelst, où il a regardé l'évolution de la condition physique des enfants de 1999 à 2023, que ce soit sur les capacités cardio-respiratoires ou que ce soit sur les capacités musculaires.

Et on se rend compte qu'effectivement, on a une diminution de ces capacités au fur et à mesure du temps, mais par contre, depuis 2010, on voit bien quand même qu'on a une atténuation de cette baisse. Donc, il y a quand même un message positif sur le fait que certainement que l'ensemble des dispositifs qu'on essaie de mettre en place commencent à porter leurs fruits et qu'il faut continuer dans ce sens-là.

10:35
Christophe Proença

Christophe França, avant de retourner au standard.

10:37
Frédérique Meunier

Oui, mais l'atténuation, elle est de l'ordre de... Alors, ça dépend des chiffres, mais on est entre 25 et 35% de baisse de capacité cardio-vasculaire. Donc, au-delà du surpoids et de l'obésité, moi, je considère que c'est une véritable épidémie qu'on risque d'avoir dans les années futures. Et vraiment, ça sera dramatique pour certains adultes qui vont arriver avec des difficultés très tôt. Mais ça sera aussi pour la société et pour l'État un coût considérable. Donc, je crois qu'on a tout intérêt en tant qu'élu à prendre le problème à bras-le-corps. Et évidemment, les chiffres m'interpellent. Mais ce qui m'interpelle aussi, c'est qu'il n'y a pas un suivi de la santé de nos enfants.

Et je me suis aperçu lors de ces auditions qu'il n'y a pas de visite médicale obligatoire pour nos enfants entre, on va dire, la grande section et la sixième. Ce qui est assez effarant. Donc, si des médecins ne sont pas assez nombreux pour le faire, on pourrait peut-être...

11:23
Christophe Proença

7000 infirmières scolaires seulement, ce qui est dérisoire par rapport à nos élèves.

11:26
Frédérique Meunier

Mais peut-être qu'une infirmière pourrait déjà dans un premier temps faire les premières constatations et les premiers relevés aussi intéressants à un âge clé qui nous a été donné par tous les spécialistes, le CE2. C'est là où vous voulez peser les enfants. Voilà, avant la puberté. Puisque c'est là où on a une réaction qui pourrait être la plus efficace si on mettait en place quelque chose derrière qui pourrait les aider dans la pratique sportive ou sur d'autres sujets d'ailleurs liés à la santé.

11:50
Christophe Proença

Martin est avec nous au Standard. Bonsoir Martin.

11:53
Frédérique Meunier

Bonsoir.

11:53
Christophe Proença

On vous écoute.

11:54
Invité

Alors, bonsoir. Félicitations à toute l'équipe. Moi, je suis Québécois. Je vis en France depuis un peu plus de 25 ans maintenant. Et je voulais témoigner de lorsque j'étais un jeune garçon dans les années 70 au Québec, au Canada. On avait les mêmes problèmes que vous décrivez là. Et le gouvernement d'époque a mis en place un programme qui s'appelait Participe Action avec médailles, incitatifs, encouragement et tout ce qui va bien. Et donc, on était jeunes à l'époque et ce programme a laissé des traces, en tout cas chez moi et comme plein d'autres de mes copains de l'époque. Le sport, l'activité physique et voir le sport est devenu constitutif de qui nous sommes.

Et encore, si je regarde même la journée d'aujourd'hui, ce midi faisait très beau dans la région parisienne. je suis allé courir 45 minutes.

12:56
Christophe Proença

On voit que ça vous a... Quand le virus vous a pris, il ne vous a pas lâché. Martin, merci de votre témoignage. Guillaume Ditsch, est-ce que, effectivement, le sport à l'école, c'est des acquis pour la vie et une envie d'aller faire du sport de toute façon après ?

13:11
Présentateur

Ce n'est pas si simple. Effectivement, j'aimerais rebondir sur la complexité aussi et se dire que, malgré finalement les campagnes de communication, notamment autour de l'idée de bouger 30 minutes dans son quotidien, alors à l'école, par un dispositif, 30 minutes d'activité physique complémentaire à l'EPS obligatoire, on reste quand même sur de l'injonction et c'est surtout très marqué au niveau des inégalités. Mais pour rebondir justement sur votre auditeur qui a pris cet exemple effectivement du Québec, on est quand même sur des systèmes éducatifs très différents puisqu'au Québec, on est sur l'éducation physique et à la santé.

Aujourd'hui, ça commence effectivement à se diffuser aussi dans les stables, donc dans les formations des futurs enseignants d'EPS, ce qu'on appelle la littératie physique. Concrètement, c'est se dire qu'au-delà de vouloir inciter, même si c'est déjà évidemment important de vouloir inciter un enfant pour sa santé, d'avoir une activité physique quotidienne et pour qu'il puisse le faire plus tard dans sa vie d'adulte, ce que disait votre auditeur. Le plus important dans ce qu'on appelle la littératie physique, c'est pouvoir justement donner confiance à l'enfant. Je rejoins effectivement M. le député sur l'âge presque pivot autour de 9 ans.

Donc, il faut déjà lui donner confiance à travers une multipratique, donc pas nécessairement chercher une spécialisation, mais surtout, encore une fois, ça passe par de l'apprentissage parce qu'on parle beaucoup de baisse de qualité physique, mais aussi ce qui est repéré par les professeurs des écoles enseignants de baisse, ce sont aussi des difficultés au niveau de la motricité des enfants et vous le soulignez, Fabienne Sintès, avec aussi dans des modes de vie des enfants qui sont davantage ce qu'on peut appeler des enfants d'intérieur et moins finalement d'extérieur.

Donc, je pense qu'il est important c'est de se dire qu'au-delà d'inciter, il y a un accompagnement, il y a une éducation et effectivement, ces heures de paisse obligatoires, si déjà on pouvait les rendre effectives à hauteur de 3 heures à l'école et 4 heures au collège et éventuellement aller jusqu'à 4 heures au lycée puisqu'aujourd'hui, on n'est qu'à 2 heures, ça serait une belle avancée et peut-être une ambition qui ne serait pas à court terme mais plutôt à long terme pour la population française.

15:10
Christophe Proença

Christophe Prença, les fameuses 30 minutes d'activité physique quotidienne qui étaient censées être celles des élèves, c'est vraiment une manière de faire entrer l'activité physique dans quelque chose de très quotidien et de facile. Vous vous suggérez, par exemple, dans votre rapport entre deux cours, parfois, de faire courir les enfants. On imagine, les profs qui nous écoutent, ce n'est pas si simple.

15:33
Frédérique Meunier

Non, ce n'est pas si simple parce qu'on peut même avoir aussi le cours qui se passe de manière différente où l'élève ne reste pas assis tout le temps. Alors moi, j'ai été enseignant pendant 35 ans où je connais la difficulté d'avoir une classe

15:42
Christophe Proença

en charge. Et vous avez demandé aux élèves de ce soir.

15:44
Frédérique Meunier

Oui, et c'est très difficile. Mais il y a des choses qu'on peut faire, notamment ça se fait déjà à la maternelle où les enfants bougent. Donc on peut concevoir des choses. On peut imaginer aussi des cours d'école adaptés au sport, à la pratique sportive, avec des cours d'école où il n'y a pas une captation par les garçons du pôle central de la cour et les filles sur les côtés. Il y a plein de sujets qu'on peut faire et qu'on peut traiter.

16:03
Christophe Proença

C'est intéressant, cette remarque en parlant des filles des garçons, parce que là aussi j'ai été pas très étonnée au fond dans votre rapport de lire que plus on avance en âge, plus ce sont les garçons pour certains qui gardent une activité physique, ce sont les filles qui la perdent. On sait dire pourquoi ou pas ?

16:18
Frédérique Meunier

Alors, il y a plusieurs sujets mais c'est vrai que les filles à partir de la puberté, on va dire, à partir du lycée ont une baisse très très importante. Elles sont à peine 16% à répondre aux préconisations de l'OMS que je donnais tout à l'heure des une heure d'activité physique par jour. Alors que les garçons on est quasiment à deux à trois fois ce chiffre. Mais il y a une baisse aussi chez les garçons profonde.

16:39
Christophe Proença

Je vais vous poser la question à tous les deux. Alicia Fillon d'abord, vous qui êtes ingénieure de recherche à l'Observatoire national de l'activité physique et de la sédentarisation, cette différence filles et garçons, vous l'avez sentie et expliquée peut-être ou pas ?

16:53
Invité

Alors, sentie, en tout cas on n'a pas d'enquête qualitative sur ce point mais en tout cas c'est vrai qu'il y a quelques facteurs explicatifs qui peuvent être donnés de manière assez générale. C'est vrai qu'on voit que les filles elles vont être attirées par des activités qui peuvent être un petit peu différentes de celles des garçons, notamment sur les activités qui vont être très compétitives, très formelles, très cadrées, etc. où les filles vont être moins attirées.

Et aussi, ce qui ressort beaucoup c'est que les filles malheureusement elles arrivent moins à s'identifier sur les infrastructures ou les projets qui peuvent être proposés qui sont souvent aussi réfléchis par des hommes, par des hommes adultes et souvent pour les garçons.

17:33
Christophe Proença

Donc c'est facile, on va aller faire jouer au football, ils ont des modèles pour ça et puis le reste, Guillaume Diche, la différence fille et garçon, je vous entendais réagir.

17:41
Présentateur

Oui, il y a une explication notamment sociologique. Lorsqu'on dit effectivement que les filles sont attirées, ce n'est pas tant qu'elles sont attirées. On a beaucoup parlé d'héritage après les Jeux Olympiques et Paralympiques. C'est aussi parce que sociologiquement, ce qu'on observe encore aujourd'hui, c'est que l'héritage il passe principalement par le père et dès l'enfance, finalement les parents ils ont tendance à reproduire cet ordre naturel des sexes mais à travers le sport.

C'est-à-dire que toutes les enquêtes sociologiques montrent que les filles effectivement mais par leurs parents sont plutôt amenées à faire de la danse, de la gymnastique mais au final un imaginaire autour du féminin et les garçons à l'inverse je ne sais pas si c'est à contrario autour de la compétition la performance donc plutôt du judo et du football.

Donc dès l'enfance on a une reproduction qui va perdurer et progressivement effectivement les filles vont notamment se distancier alors il y a d'autres raisons il y a l'adolescence et je pense qu'on n'a pas le temps de développer et donc de là je pense qu'il y a un enjeu très important c'est se dire qu'à travers les politiques publiques la place de la mère aussi et aussi dans les familles la cellule familiale lorsque vous êtes une mère isolée ou une famille monoparentale de fait vous avez des difficultés supplémentaires et je rejoins effectivement aussi les chiffres de l'ONAPS c'est se dire que dans 10 ans 20 ans ces inégalités vont être en augmentation et potentiellement les maladies pour les jeunes filles les femmes seront bien plus importantes que les hommes et ça c'est véritablement une bombe sanitaire à retardement donc de là je pense qu'il y a une réflexion effectivement à mener monsieur le député a parlé effectivement des cours d'école du bâtiment en tout cas il y a une réflexion peut-être pour avoir un rôle modèle pour ses filles et pas simplement pour qu'elle ose mais qu'elle puisse pratiquer effectivement des sports aussi de compétition de performance mais aussi le faire en mixité et ensemble et ça c'est un enjeu je pense important

19:24
Christophe Proença

on est en train on est en train de parler d'éducation physique et sportive à l'école pour notamment éviter l'obésité dans le téléphone avec Christophe Provençat qui est député socialiste du LOT et co-rapporteur de la mission Flash sur l'activité physique et sportive et la prévention de l'obésité en milieu scolaire avec Alicia Fillon qui est ingénieure de recherche à l'Observatoire national de l'activité physique et de la sédentarisation avec Guillaume Ditch qui est professeur agrégé d'EPS enseignant en STAPS aussi à l'université Paris-Est-Créteil et avec vous aussi Franck vous êtes dans la Drôme et on vous salue bonsoir Franck

19:55
Invité

bonsoir à tous on vous écoute alors je suis père et président d'une activité d'un club de sport et j'ai cinq filles je rebondis sur ce que je viens d'entendre sachant que sur les cinq il y en a quatre qui font du sport parce que je voulais revenir sur le fait que l'éducation l'éducation au sens large en fait est la force de l'exemple des parents quand on a des parents qui sont mobiles qui ont une activité physique les enfants sont évidemment plus à la même d'y aller alors que quand on a des parents sédentaires évidemment on n'a pas nécessairement envie de faire du sport mais culturellement en France on a un vrai souci par rapport à ça on trouve les parents trouvent normal de faire des dispenses de sport pour l'école alors qu'ils ne le feraient pas pour les autres matières et bien du coup le sport passe toujours comme une sous-matière ou quelque chose de pas si important que ça alors qu'on sait quand on est éducateur sportif que ça apporte un équilibre aussi bien psychique que physique et ça donne des outils en fait pour la vie au sens large en fait

20:57
Christophe Proença

merci beaucoup Franck c'est dans votre rapport ça Christophe prend en ça notamment les certificats médicaux parfois pour un oui pour un non en fait il y a de vraies raisons puis il y a de mauvaises raisons en fait de dispenser un gamin de sport

21:09
Frédérique Meunier

alors ce qui nous a été dit par les professionnels et les médecins notamment c'est qu'il y a peu de cas qui préconisent de se passer d'activité sportive en fait mais simplement il faut pouvoir le faire aussi il faut que les enseignants aient les moyens de le faire d'accueillir aussi les enfants porteurs de handicap qui sont souvent mis à l'écart de l'activité physique et sportive et ça c'est quand même assez dramatique on a vécu les JO et les JOP tout le monde a trouvé ça formidable mais après encore faut-il arriver à développer ça au niveau de notre jeunesse effectivement c'est compliqué

21:37
Christophe Proença

et Guillaume Ditch sur les certificats médicaux et puis surtout cette phrase qu'a employé notre auditeur qui dit souvent considérée comme une sous-discipline donc c'est pas grave si mon enfant rate la gym en fait

21:47
Présentateur

je pense que c'est une remarque assez fondamentale puisqu'aujourd'hui on parle plus de dispense mais d'inaptitude avec une obligation pour tous les enfants de la République justement effectivement de pouvoir faire de l'EPS c'est une discipline obligatoire et de là effectivement quand on parle de sous-discipline alors je mets plein de guillemets évidemment on voit bien tout ce manque de considération qu'on peut avoir en tout cas certains parents dans l'opinion publique de l'EPS puisqu'on se poserait pas la question demain de dispenser un enfant de français et de mathématiques et je vais prendre un exemple peut-être et un parallèle peut-être discutable mais aujourd'hui vous avez des enfants qui peuvent être dyslexiques dyspraxiques on met en place des adaptations pour des besoins éducatifs particuliers en français et en mathématiques en histoire en EPS c'est finalement les mêmes questions alors le handicap c'est encore une autre question et on pourra y revenir ce que souligne l'invité mais sur la question des inaptitudes effectivement ça ne pose pas de problème je dirais simplement effectivement que les enfants puissent sur une scolarité obligatoire être inaptes sur plusieurs années et finalement ne pas bénéficier des heures de PES obligatoires par rapport à d'autres enfants alors on peut discuter des difficultés de mise en oeuvre parce que le PES est aussi dépendante d'installations avec des normes aussi liées au handicap mais simplement sur l'inaptitude je pense que ce parallèle avec des disciplines qu'on pense parfois fondamentales français et mathématiques alors que le PES l'est tout autant ça me semble un bon exemple et ça montre effectivement parfois ce manque de considération des parents mais même aussi des élèves

23:21
Christophe Proença

on reste dans cette conversation avec une autre vocale qu'on va découvrir ensemble c'est celle de Mathilde

23:25
Auditeur

oui bonjour moi je voudrais réagir sur le sport à l'école j'en garde un très mauvais souvenir j'ai passé mon baccalauréat en 2000 et pour moi toutes mes années de gym et de PS c'était tourné vers la performance où je faisais des choses qui étaient pour moi très difficiles et j'étais mal dans ma peau et l'endurance je faisais mes tours comme tout le monde je courais aussi vite enfin très doucement mais j'avais des sales notes pourtant je faisais mes tours comme tout le monde j'espère que ça a changé

23:54
Christophe Proença

merci pour cette note vocale est-ce que ça a changé Guillaume Ditch rapidement ?

23:59
Présentateur

oui mais c'est intéressant effectivement en 2000 25 ans après on est sur une discipline de PS qui a très largement évolué dans effectivement ce rapport à la performance qui est de l'ordre de l'inné et il me semble que justement à travers l'ouverture à d'autres activités artistiques des activités d'entretien mais aussi la prise en compte finalement des progrès des élèves l'occupation de rôles sociaux des méthodes d'entraînement effectivement à développer on est quand même sur une PS très différente 25 ans après et la formation des enseignants et tout l'autre aujourd'hui et je trouve ça très positif

24:35
Christophe Proença

je voudrais vous soumettre à tous ce message de Sandrine qu'on a reçu et qui dit ceci je suis professeur d'EPS dans une petite ville de province depuis 22 ans lorsque dans mes classes de 6ème un tiers des élèves ne sait pas nager ne sait pas faire une simple roulade au sol est incapable de trottiner 4 minutes sans s'arrêter ne sait pas réceptionner un ballon à deux mains je suis effaré l'effectif en UNSS s'est effondré alors que pour 15 euros par an ils ont un large éventail d'activités escalade gym judo danse sport collectif natation etc en 5ème certains élèves ne savent pas faire de vélo et le constat il est sans appel je vais vous donner la parole Christophe Provençat je voudrais qu'on écoute Alicia Fillon d'abord là-dessus est-ce que ça vous étonne ce message de Sandrine

25:16
Invité

non malheureusement pour le coup je ne suis pas très étonnée puisqu'on sait que tout ce qui est habileté motrice etc on voit quand même une nette diminution et pour le coup tout l'aspect sédentarité n'y est pas pour rien donc malheureusement non je ne suis pas étonnée après c'est aussi dans ce cadre-là qu'on essaie de répondre le plus possible avec tout ce qui est le savoir rouler savoir nager etc et que l'école a son rôle à jouer parce qu'elle permet de s'adresser à tous et notamment à ceux qui sont les plus éloignés de la pratique et qui sont certainement les plus à risque aussi et malheureusement non je ne suis pas étonnée de ce message

25:54
Christophe Proença

la natation Christophe Ponsa vous en parlez dans notre rapport ce n'est pas la première fois c'était intéressant aussi après le Covid notamment on avait beaucoup parlé de natation en disant que toute une génération ne savait pas nager mais ça ne s'est pas beaucoup arrangé ou pas ?

26:06
Frédérique Meunier

Alors ça ne s'est pas beaucoup arrangé et j'ai beaucoup travaillé en tant qu'élu local sur ce sujet mais c'est difficile aussi on en parlera on parlera des infrastructures après un petit moment mais sur le savoir nager et le savoir rouler si on revient sur le savoir nager on est à moins de 50% d'enfants qui savent nager à la rentrée en 6ème et on n'a pas de chiffres très clairs aussi on revient encore une fois sur les données donc il faudrait avoir un suivi et une réaction qui soit mise en place au collège pour les enfants qui ne savent pas nager puisque c'est la cause de mortalité par accident les plus importantes pour nos jeunes ça c'est évident et dire aussi que tous ces problèmes de surpoids et de difficultés sont encore plus aggravés pour les milieux populaires ça je tenais à le dire aussi c'est les gens les plus en difficulté si on prend par exemple les Hauts-de-France on est sur des seuils de 22% d'enfants à surpoids si on prend la Martinique on est quasiment à un tiers des jeunes qui sont touchés par le surpoids donc des chiffres assez inquiétants et qui sont liés aussi effectivement aux difficultés aux difficultés aux difficultés financières excusez-moi

27:02
Christophe Proença

oui bien sûr d'ailleurs peut-être si on a le temps qu'on parlera du passeport justement en parlant de difficultés financières puisque vous parliez d'infrastructures Claude est avec nous bonsoir bonsoir on vous écoute

27:12
Invité

je voudrais apporter un témoignage j'étais athlète de compétition depuis près de 60 ans et à une certaine époque les stades étaient accessibles on pouvait entrer comme on voulait pour pratiquer le sport bien sûr par exemple à l'Institut national des sports au bois de Vincennes on était d'accès libre le stade de Versailles le stade de Nice voilà maintenant les stades sont bouclés grillagés comme des forteresses quand on y entre quand même on se fait éjecter de la pelouse on n'a pas le droit d'y courir à cause du football et le résultat est que maintenant les installations sont inaccessibles pour les jeunes inaccessibles aux horaires pratiques et de nos jours un jeune court le 1000 mètres en 8 à 10 minutes alors qu'il y a 50-60 ans c'était en 3 minutes

28:06
Christophe Proença

alors c'est les mêmes chiffres que vous avez ça me paraît farant sur un 1000 mètres

28:10
Frédérique Meunier

oui alors j'ai pas les 1000 mètres mais on a un chiffre qui ressort souvent c'est deux tours de stade 600 mètres terrain de foot on va dire pas la piste de 400 mètres mais pour faire 600 mètres un jeune actuellement met une minute de plus que dans les années 80-90

28:23
Christophe Proença

alors il parle d'infrastructure il a raison Claude on pourrait aussi dire Christophe pensa qu'il y a des établissements qui sont tout prêts soit d'un stade soit d'un découvert ou à l'intérieur et c'est très pratique il y en a d'autres qui sur 3 heures de sport ont commencé par mettre une demi-heure pour y aller et puis une demi-heure pour revenir tout le monde n'est pas égal là-devant c'est le moins qu'on puisse dire

28:45
Frédérique Meunier

alors il n'y a pas d'égalité mais on peut faire une activité physique aussi sans avoir des équipements extraordinaires on le pratique souvent dans les petits villages notamment du Lot ou dans des écoles dans des villages modestes où il n'y a pas d'équipement forcément structurant on arrive à pratiquer mais il est vrai qu'avec des équipements de qualité on peut mieux travailler puis surtout on a aussi le sport qui va se développer avec les associations les comités sportifs qui peuvent aussi jouer en tout cas il faut réfléchir à des équipements qui soient structurants et à côté des collèges lycées et des écoles et il faudrait pour ma part un vrai plan sur plusieurs années de l'état pour remettre à niveau nos équipements structurants et je voudrais dire un mot sur le plan des 5000 équipements qui a été fait c'est 5000 équipements de taille plutôt modeste la difficulté qu'ont les collectivités locales notamment les comités de communes c'est la conception de gymnases de piscines d'équipements structurants très coûteux qui peuvent coûter plusieurs millions d'euros et là l'état a un vrai rôle à jouer ça c'est une conversation

29:44
Christophe Proença

qu'on a déjà eue ici au Téléphone Sun Guillaume Ditch sur les équipements l'accès aussi aux équipements pour chacun

29:50
Présentateur

oui parce qu'effectivement il y a eu des coupes budgétaires importantes un plan 5000 équipements qui effectivement avait cette ambition de développer et démocratiser la pratique physique et sportive mais par rapport à votre auditeur qui prenait cet exemple de l'athlétisme les stades finalement ces installations très structurantes qui étaient ouvertes il y a une réalité aussi aujourd'hui c'est que les jeunes mais aussi les jeunes adultes pratiquent très majoritairement de manière autonome c'est à dire en dehors de toute structure sans encadrement dans des espaces sportifs publics street workout sous la musculation les city stades ou simplement à travel running qui est une des modalités privilégiées par les adultes aujourd'hui donc on a aussi une évolution aussi du rapport à la pratique physique et sportive liée à notre société donc de là la question qui se pose c'est effectivement un investissement déjà pour les écoles et les clubs pour des installations structurantes donc gymnase piscine stade d'athlétisme mais aussi la question je pense par rapport à cette génération de pouvoir les accompagner dans ces espaces sportifs publics qui puissent aussi oser pratiquer parce que la réalité c'est qu'aujourd'hui si vous êtes une fille si effectivement vous n'avez pas cette culture de l'activité une confiance en soi vous n'irez pas vers un city stade ou vers un espace de musculation donc lorsqu'effectivement le député parle du rôle des collectivités mais surtout de l'état il y a une réflexion à mener effectivement sur ces espaces sportifs mais de manière accompagnée avec des associations pour que demain pas simplement les garçons mais les filles aussi puissent pratiquer mais surtout peut-être de manière prioritaire tous ces enfants tous ces adolescents qui sont éloignés de cette culture de l'activité physique et sportive j'ai quelques exemples des associations justement qui permettent à ces jeunes d'aller dans ces espaces sportifs puisque si on n'accompagne pas ces jeunes demain finalement se reproduira le même schéma avec principalement des garçons qui occupent un espace central des filles qui seront systématiquement dans un rôle de spectatrice et finalement ces stéréotypes vont perdurer quand bien même on peut avoir des ambitions bien sûr légitimes autour de l'égalité filles-garçons par le sport

31:49
Christophe Proença

Alicia Fillon j'imagine que ça s'observe ça tout simplement la proximité d'un équipement et donc la facilité ou pas tout simplement de sortir de chez soi pour aller chercher l'activité physique

32:01
Invité

Oui exactement et c'est vrai que ça donne très envie de rebondir sur ce qui vient d'être dit qui est vraiment juste mais en fait la question elle ne repose pas simplement sur l'infrastructure en elle-même mais c'est vraiment d'avoir un regard beaucoup plus systémique sur la problématique parce qu'on peut avoir une infrastructure mais si je ne me sens pas en sécurité pour aller vers cette infrastructure si les personnes autour de moi quand je suis enfant ne sont pas sensibilisées à cette question de l'activité physique de la sédentarité de l'accès à ces infrastructures de comment pratiquer etc malheureusement je peux avoir la plus belle infrastructure du monde elle ne sera pas utilisée pas correctement etc donc c'est vraiment d'avoir ce regard très global sur la problématique qui je pense peut permettre à amener les enfants à pratiquer plus

32:48
Christophe Proença

Il y a juste avant de retourner au standard un message de Soline c'est à vous probablement Guillaume Ditch qu'il s'adresse je trouve que la question est intéressante elle dit mon fils est très performant en sport mais il obtient les mêmes notes que les élèves qui ont juste essayé pourquoi dans les autres disciplines est-ce que c'est différent pourquoi est-ce qu'en sport on évalue l'effort mais pas dans toutes les autres matières et bien je trouve que cette question est sacrément intéressante Guillaume Ditch

33:12
Présentateur

Oui c'est une question je pense qui revient souvent c'est aussi la spécificité de cette discipline EPS qui a pour objet le corps qui s'appuie aussi qui a comme référence culturelle des sports et vous voyez bien comme dans le débat finalement certains récusent le fait que l'EPS évalue davantage ou trop peut-être la performance d'autres effectivement peut-être lorsque leurs enfants sont plus performants parce qu'ils ont pu leur transmettre ce goût cette culture l'activité sportive se sentent aussi finalement au centre de l'injustice ça crée effectivement

33:48
Christophe Proença

des injustices et des inégalités mais c'est intéressant de faire cette comparaison

33:53
Présentateur

tout à fait la comparaison elle est très importante j'aimerais apporter juste deux éléments très rapidement le premier élément par rapport à cette question de la performance c'est déjà se dire que l'affinité de l'EPS à l'école ce n'est en rien justement la détection le développement d'une performance là ça peut être le rôle j'ai envie de dire des clubs mais encore plutôt la performance la haute performance et éventuellement à travers des sections sportives qu'il existe aussi à l'école d'excellence pour ce type de public et après effectivement deuxième élément on parle beaucoup de l'EPS par rapport à la question du corps du sport mais dans d'autres disciplines justement on peut parler des mathématiques ou encore du français la question se pose de la même manière lorsque des parents justement ont cette culture scientifique littéraire et ils peuvent accompagner leurs enfants justement dans cette réussite effectivement peut-être on se pose moins la question mais la réalité c'est qu'en EPS de fait par le corps en fait vous pouvez directement vous comparer et ça met à jour les différences de performance et ça c'est une réalité d'autant plus à l'adolescence

34:48
Christophe Proença

voilà et j'entends qu'on ne fait pas échouer un élève sur le sport on ne fait pas non plus enfin si on peut lui donner quelques points sur le sport mais surtout ne pas le faire échouer sur le sport parce que ça pourrait paraître discriminant on a une dernière question c'est celle de Thierry qu'on n'a pas le temps de prendre Thierry je m'excuse mais je peux la poser pour vous la question elle est pour elle est pour vous Guillaume prend ça il dit je suis prof d'EPS en école primaire il faudrait peut-être commencer par la formation des intervenants notamment les profs pour faire en sorte qu'ils sachent qu'ils sachent comment faire et ça aussi c'est dans votre rapport après tout les élèves les profs en primaire on pourrait leur apprendre à apprendre le sport si je puis dire comme on leur apprend à apprendre les maths et le reste

35:28
Frédérique Meunier

c'est fait mais de manière on trouve insuffisante on a des écoles de formation qui sont sur 20 heures sur 2 ans de formation sur l'éducation physique et sportive on préconise 80 heures et puis on a besoin de conseillers pédagogiques en sport dans les circonscriptions sur les territoires qui jouent ce rôle entre les écoles et les comités sportifs entre le sport scolaire aussi l'UCEP ou l'UNSS donc c'est vraiment un maillage complet qu'on doit avoir et l'Etat doit mettre en place ses représentants de l'UNSS et de l'UCEP aussi sport scolaire primaire et sport scolaire collège et lycée et ce lien en fait entre les écoles et les comités sportifs qui est essentiel

36:01
Christophe Proença

beaucoup à dire encore mais merci beaucoup à vous trois pour votre participation merci à tous pour vos nombreuses questions merci à tous

36:07
Locuteur

merci à tous