L'incendie d'un gîte en Charente, le surtourisme... Le 8h30 de Nathalie Delattre
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Bonjour Nathalie Delattre. Bonjour. Des vacances sont tournées au drame en Charente. Cinq personnes sont mortes après l'incendie d'un gîte qui accueillait des adultes en situation de handicap. Est-ce que vous avez plus d'éléments sur ce qui s'est passé ?
Je voudrais tout d'abord adresser mes condoléances aux familles des victimes. Et puis notre soutien aux blessés. Saluer aussi la rapidité d'intervention des secours et des encadrants. Mais effectivement qu'ils n'ont pas pu éviter ce drame. Une enquête est en cours. On nous parle de défection sur le réseau électrique. Je pense que nous avons besoin de toute la lumière sur cet événement. Événement, ma collègue Charlotte Parmentier-Lecoq qui s'occupe des vacances adaptées, organisées, s'est rendue sur place pour mieux comprendre. Vous savez, c'est 55 000 personnes chaque année qui partent dans le cadre de ces vacances labellisées, adaptées.
Et Charlotte, justement, venait de lancer un plan de prévention, d'action déclinée sur la formation des encadrants aux premiers secours, notamment les obligations des hébergeurs. Vous savez, nous avons renforcé les contrôles depuis l'accident en Alsace en 2023.
Ce gîte avait été contrôlé en 2023. Une partie du gîte. Est-ce qu'il faut renforcer, faire des contrôles plus fréquents sur les dispositifs d'incendie, d'alerte, dans les endroits qui accueillent des vacances ?
Somme toute, depuis 2023 avait été décidé notamment l'équipement sur les extincteurs, sur les boîtiers détecteurs de fumée. Il faut renforcer la sécurité et les contrôles, c'est évident.
Nathalie Delattre, c'est bientôt l'heure du chassé-croisé entre juillettistes et haussiens. Est-ce que vous avez déjà un bilan d'étape pour le tourisme en France cet été ?
Alors, nous l'avons consolidé sur les quatre premiers mois de l'année, puisque là, nous arrivons à voir les chiffres. Pour l'été, ce sont les chiffres de réservation. Nous verrons en fin d'été si les prévisions ont été conformées. Je vais vous dire qu'en 2024, nous avons atteint des chiffres records de 100 millions de visiteurs accueillis, notamment les Jeux Olympiques. C'est vrai que c'est 5 milliards de téléspectateurs. Ça a été 3 millions de touristes accueillis. Nous avons aussi le Tour de France qui est très regardé par 3 milliards de téléspectateurs et qui donne chaque année envie de France.
Donc, nous avons enregistré par rapport à 2024, qui était une année record, un record aussi entre janvier et avril de plus de 8 %, tant sur la venue que sur les recettes internationales générées par cette venue. Et là, nous avons...
Et pour l'été, ça se présente comment ?
Oui, malgré la météo Mossad. Alors, voilà, c'est vrai que nous sommes très dépendants de cette météo. Nous avons enregistré des réservations de plus à l'an, selon les régions, de plus 5 à 16 %. Donc, nous vérifierons. Mais nous avons, selon les territoires, de très bons retours. D'autres qui le sont un peu moins parce qu'impactés par cette météo caniculaire en début de vacances. Et puis là, un peu plus Mossad.
Sur le tourisme spécifique des étrangers, François Bayrou fixe un objectif de 100 milliards de recettes sur la clientèle étrangère à horizon 2030. On est à 71 milliards aujourd'hui. C'est atteignable.
Oui, bien sûr, c'est complètement atteignable. Vous savez, l'Espagne fait 126 milliards et nous n'avons pas moins d'offres touristiques. Peut-être un plan d'action... Mais les touristes se dépensent plus en Espagne qu'en France. Oui, parce que la France est devenue un pays de passage où, effectivement, nous n'arrivons pas à fixer les touristes comme nous devrions. Donc, il faut que nous étoffions notre offre. Alors, l'offre touristique, nous l'avons. Nous avons l'offre touristique. Mais c'est vrai que nous avons communiqué pendant des années sur la montagne hiver, le littoral l'été. Alors, il nous faut mettre en avant l'ensemble des initiatives formidables.
Hier, j'étais en Corrèze, il y a quelques jours en Creuse. Et nous avons une ruralité qui regorge de pépites, notamment patrimoniales, qui sont très demandées par les touristes étrangers, mais aussi le plein air, le tourisme sportif, et notamment à vélo qui devient très à la mode, la gastronomie, le tourisme.
Donc, il nous faut mieux proposer ces offres aux tours opérateurs et aux touristes étrangers. Il faut qu'on se vende mieux à l'international, parce que l'Espagne, vous en parliez, et l'Italie sont de très sérieuses concurrentes. Ah oui, complètement.
Mais c'est vrai qu'on a cru pendant des années, d'où le ministère dédié que nous n'avions pas eu depuis 17 ans au tourisme. Nous avons cru que c'était une rente éternelle. On s'est trop posé sur nos lauriers. Complètement. Et dans ce monde très agressif commercialement, il faut que nous reprenions la route de la promotion et du rayonnement international. Donc, nous avons un héritage Jeux olympiques et paralympiques, comme je vous le disais, vu par 5 milliards de téléspectateurs. Le Tour de France chaque année, à nous, effectivement, de mieux vendre notre destination.
Nathalie Delattre, en ce début d'été, certaines destinations sont un peu mitigées à cause de la météo, mais d'autres, c'est tout l'inverse, qui se plaignent du surtourisme. L'île de Bréa, en Bretagne, par exemple, met des quotas, 4 700 visiteurs par jour. On sait que c'est aussi le cas dans certaines calanques à Marseille. Est-ce que les quotas, c'est la solution pour un tourisme supportable ? Écoutez, il n'y a pas de surtourisme en France.
Le surtourisme, c'est quand la pression est tout au long de l'année. C'est ce que connaît Barcelone. Nous, nous avons des pics de fréquentation. Du surtourisme à certains moments, ou à Montmartre, par exemple, c'est toute l'année. Exactement, nous commençons à le voir. Mais ce sont des pics de fréquentation qui sont liés à la saisonnalité. C'est cela, la saisonnalité. Et en fait, l'une des stratégies, c'est de désaisonaliser. C'est-à-dire d'avoir du tourisme tout au long de l'année, sur l'ensemble du territoire, mieux répartir nos flux. Alors, ça ne se fera pas un claquement de doigts.
Donc, en attendant, effectivement, certaines communes, et ça, ça doit se gérer à la commune, au territoire, puisqu'il faut tout de même, beaucoup de territoires sont dépendants de l'économie touristique. Donc, il faut arriver à trouver la juste mesure entre l'économie touristique et la préservation de l'environnement. Et bien, l'île de Bréa, l'île de Porquerolle, mettent, en fait, et ont cette facilité, puisqu'on y arrive en bateau. Donc, il y a des réservations à prendre pour monter sur les bateaux. Et il n'y a pas un touriste de plus qui peut arriver, effectivement, sur ces îles.
D'autres vont mettre des tarifs, d'ailleurs, fluctuants selon la période de l'année, plus ou moins chers, pour réguler l'accès au site. et d'autres vont démarqueter. C'est-à-dire qu'en fait, ils ne vont plus promotionner leur territoire. C'est le cas du Mont-Saint-Michel. Sa réputation précède, il n'y a plus besoin de faire de la promotion. Et donc, pour l'instant, effectivement, ils lèvent le pied sur la promotion de certains territoires. C'est le cas de Marseille et des Calanques. Et nous les accompagnons par aussi une campagne responsable, c'est-à-dire marquer les esprits, mais pas la planète. Et donc, nous promotionnons des destinations et pas celles qui sont en pic de fréquentation.
Est-ce qu'il faut s'inspirer de modèles étrangers ? Par exemple, Bruges, en Belgique, la ville veut taxer les bus et les bateaux de croisière qui veulent arriver à Bruges.
Écoutez, on peut l'envisager, mais encore une fois, je pense que c'est vraiment à chacun des territoires. C'est ce qu'on a fait sur les meublés de tourisme avec la loi Lemaire-Echanise. C'est-à-dire qu'il y a des quartiers dans certaines villes qui sont en conflit d'usage entre le logement pérenne, le logement saisonnier et le logement de tourisme. Eh bien, les maires peuvent réduire le nombre de jours de location de ces meublés de tourisme. C'est ce que fait Paris, par exemple. C'est ce que fait Bordeaux. Nous avons des zones rurales où l'arrivée d'un Airbnb pour eux ou d'un meublé de tourisme est une bonne nouvelle parce qu'ils deviennent stations touristiques.
Donc là, les maires ne veulent pas freiner. Au contraire, ils veulent encourager. Et je pense que le parti pris du gouvernement, c'est la différenciation et c'est effectivement que les territoires qui sont responsables et connaissent bien leur politique de flux
puissent réguler. Est-ce que sur la question des bateaux de croisière, parce que ça fait régulièrement la une de l'actualité en France mais pas qu'en France, il faut restreindre l'accès dans notre pays aux bateaux de croisière ?
Ça va dépendre effectivement de la situation. Je crois que ce qui effraie, c'est que nous construisons de plus en plus de grosses unités de paquebots. Et c'est vrai que quand vous voyez tout d'un coup se déverser 4 000, 5 000 touristes, vous avez là de la part de la population un rejet. Mais ça rapporte à la ville où les passagers descendent ? Il faut regarder quelle taille de bateaux nous souhaitons réceptionner selon la capacité des villes qui accueillent ces bateaux de croisière. Et puis là aussi, je veux dire que se développe le all-inclusive sur ces bateaux. Ça fait que les gens
vont moins consommer
quand ils sont en escale ? Et beaucoup, enfin moi je trouve que de plus en plus ne sortent pas des bateaux. Donc là aussi, il faut négocier avec les compagnies de croisière pour dire écoutez, la contrepartie, c'est qu'effectivement vos touristes puissent consommer. Puissent consommer dans la ville haute et puis après puissent aussi prendre des navettes pour aller visiter l'arrière-pays et que ça puisse irriguer l'économie touriste. Il faut que ça soit du gagnant-gagnant.
Du gagnant-gagnant, ce n'est pas l'avis de Christian Estrosi, le maire de Nice qui a voulu limiter l'accès des paquebots au nom de l'urgence climatique. Il a été débouté par le tribunal administratif. Ça veut dire que les maires n'ont pas leur mot à dire ?
Parce qu'en fait, vous avez des zones d'influence et d'autorité et de compétence. Effectivement, s'il a été débouté, c'est parce qu'il n'avait pas la compétence. mais effectivement, il faut rentrer dans un dialogue. Il faut comprendre pourquoi il y a des points de blocage et j'accompagnerai effectivement sur les négociations les maires concernées.
Le problème du surtourisme, même si vous contestez le fait qu'il y ait du surtourisme en France mais du surtourisme ponctuel, je peux résumer comme ça votre vision des choses. Ça a des conséquences en matière d'environnement. il va falloir adapter le tourisme au réchauffement climatique, aux logiques de changement climatique et de pollution. Comment est-ce qu'on fait pour rendre le tourisme moins sévère à l'égard de l'environnement ?
C'est toute l'ambition du comité interministériel du tourisme que nous avons eue à Angers le 24 juillet dernier. C'est de pouvoir se fixer des objectifs, une stratégie commune. Vous savez, la compétence tourisme elle est partagée entre la région, le département, les communes, les intercommunalités. Donc, c'est de se dire nous devons avoir une stratégie commune et des actions communes pour avoir le tourisme le plus puisque nous sommes le pays le plus visité au monde, le tourisme donc au monde le plus durable, inclusif et innovant.
Durable, c'est notamment l'environnement sur lequel nous travaillons déjà avec l'ensemble du secteur touristique sur la gestion de l'eau, la sobriété hydrique, la gestion des déchets, la gestion de l'énergie et la décarbonation. Parce que les mobilités sont aussi une part importante dans le secteur touristique.
Le 830 France Info, Aurélie Herbemont. Nous sommes toujours avec Nathalie Delattre, la ministre chargée du tourisme. François Bayrou veut supprimer deux jours fériés et donc deux ponts. Le secteur touristique risque d'en pâtir ? Alors, pas forcément deux ponts.
Ce qu'il a exprimé face aux acteurs du tourisme, puisqu'ils étaient tous réunis à Angers, donc aux communautés interministériales, c'est l'effort que nous devons tous produire par rapport à notre endettement. J'étais au gouvernement Barnier, ça n'a pas changé. C'est toujours 3 345 milliards d'endettements. Et nous parlons de régler la problématique aujourd'hui des intérêts de l'endettement qui sont à 55 milliards chaque année. Donc, il nous faut arriver à trouver des solutions pour rentrer des recettes, pour arriver à améliorer notre productivité, notre compétitivité. Mais sur ces jours fériés... Le tourisme d'ailleurs apporte des recettes supplémentaires.
Et donc, cet effort a été compris par la profession. Vous aviez dit
qu'il pouvait vous proposer des solutions alternatives.
Est-ce que vous avez
déjà eu des propositions ?
C'est ce qu'il a exprimé, c'est-à-dire qu'il a proposé à la profession qui, effectivement, indique que deux jours fériés, ce serait un manque de croissance, de... Parce que ce que vous risquez, ce que vous pouvez gagner d'un côté, vous risquez de le perdre de l'autre. De quelques centaines de millions. La mesure des deux jours fériés, nous l'évaluons aujourd'hui à une rentrée de 4 milliards. Par contre, il a dit qu'effectivement, il était à l'écoute de la profession, qu'il comprenait cette crainte et qu'il attendait des propositions de la profession que je rencontre régulièrement.
Ils sont plutôt sur une proposition de dire est-ce que ça peut être un accord d'entreprise entre l'entreprise et les salariés à l'entreprise. Simplement, on voit bien que le lundi de Pentecôte n'a pas vraiment fonctionné, qu'il est encore un jour férié et donc, il n'y a pas eu là de marge de rattrapage. Donc, ce sera l'objet des réunions que je vais avoir avec la profession tout au long de l'été puisque la profession
et le secteur n'est pas en raconte. Nathalie Delattre, ce budget, globalement, suscite une levée de bouclier. Est-ce que vous pensez qu'il y a une voie de passage pour éviter la censure ? Alors, une levée de bouclier,
j'espère que nous aurons à la rentrée ce débat parlementaire pragmatique parce qu'on l'a vu, le Parlement a censuré le gouvernement Barnier. Ça n'a pas réglé la problématique. Au contraire, nous avons accentué la problématique parce qu'une censure... Mais ça n'empêche pas les oppositions de menacer d'une nouvelle censure. Alors, ils peuvent menacer mais ce qu'il faudrait c'est proposer. Proposer des alternatives et qu'ils soient réalistes. Moi, je vois beaucoup de propositions. Je passe pas mal de temps au banc à l'Assemblée et nuit à l'Assemblée pour suivre ces débats et les répondre aux questions. Moi, je trouve qu'ils ont beaucoup de propositions qui accentuent la dette.
C'est-à-dire que chacun essaye, chaque parlementaire, plutôt, chaque député essaye d'obtenir un trophée, de rentrer dans sa circonscription en disant je vous ai protégé et j'ai obtenu plus. Oui, mais il faut consolider, il faut avoir aujourd'hui ce sens des responsabilités. Nous ne pouvons pas faire de la politique politicienne. La situation est trop grave. Les Français demandent de la stabilité et de la responsabilité.
La rentrée risque d'être agitée sur ces problématiques de budget. En attendant, c'est les vacances du gouvernement qui vont commencer après le dernier Conseil des ministres. Vacances qui vont vous permettre de vous reposer avant cette bataille homérique de la rentrée ? Alors,
se reposer, non, parce qu'il peut malheureusement arriver des événements. Et puis, moi, c'est pour ma part une période importante. Donc, je vais continuer à sillonner la France. Comme je vous l'ai dit, je parcours différents départements pour rencontrer les acteurs du tourisme et effectivement évoquer avec eux les points positifs et les points à améliorer.
Est-ce que, malgré tout, cette période de pause va permettre de rasséréner le gouvernement ? On a vu que ces dernières semaines, c'était très tendu entre Bruno Retailleau et les macronistes. Bruno Retailleau critiquant le macronisme. Ça va vous faire du bien de souffrir un peu pendant quelques semaines ?
Je pense que nos familles vont être contentes de pouvoir nous voir un peu et nos amis de partager quelques repas et de pouvoir peut-être parler d'autres choses que des problématiques. Donc, effectivement, de nous reposer mentalement pour rentrer dans cette phase plus tendue de négociation
du budget. Dans la série La coalition gouvernementale vit bien. Vous êtes, Nathalie Delattre, candidate au municipal à Bordeaux en mars prochain. Vous êtes membre du parti radical, je précise. L'ancien ministre du budget, Thomas Cazenave, est aussi sur les rangs pour Renaissance. Vous serez candidate tous les deux jusqu'au bout ? Écoutez, moi, je suis une candidate
déjà de l'Union puisque derrière moi, j'ai pu faire l'Union très large. LR, Modem, Horizon, UDI, parti radical et puis surtout la société civile qui m'encourage. Donc, il ne manque que Renaissance. je verrai Thomas à son retour de vacances et nous continuerons puisque nous n'avons pas cessé de nous parler pour regarder comment nous pouvons nous rapprocher parce que ce qui nous importe, c'est l'alternance. Il y a une gestion catastrophique de la ville de Bordeaux par la majorité actuelle, par Pierre Urmique, avec des problèmes de sécurité, d'attractivité du territoire, des problèmes sur le commerce, sur l'accès aux services publics, les crèches. Nous avons nécessité
de trouver cette alternance. Sauf que Thomas Cazenave a déjà été candidat la dernière fois au municipal et dans un sondage IFOP, il est à 32%. Vous à 29%, finalement, ce n'est pas lui le meilleur candidat Oui, vous savez,
ce sondage s'est tenu dans des circonstances un peu particulières. Je n'étais pas la candidate initialement prévue par l'ensemble des partenaires du socle commun. C'était Nicolas Florian, l'ancien maire de Bordeaux, qui a décédé. Qui nous a quittés. Et je n'avais pas encore pu exprimer mes choix, mon programme. Et donc, ce sondage par l'ensemble des partenaires n'a pas été retenu. Donc, aujourd'hui, nous verrons à la rentrée comment cela se passera. Mais nous sommes, quoi qu'il arrive, déterminés aujourd'hui dans l'opposition. Tous ceux qui ne se reconnaissent pas dans la gestion de Pierre-Henri. effectivement, je plaide pour cette union et la rentrée. Merci Nathalie Delattre. Merci à vous.
Nathalie Delattre