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Podcast / conversationLe Figaro (sur YouTube)· 5 juillet 2017 51 minComplaisantDivertissement

Samuel Forey, prix Albert Londres 2017, raconte la bataille de Mossoul

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notre métier n'est pas de faire plaisir non plus que de faire du tort il est de porter la plume dans la plie tels étent les mots d'Albert Londres et bien justement il vient de recevoir le prix Albert Londres le prix qui depuis 1933 récompense le meilleur grand reporter de presse écrite et pour nous il raconte au plus près les combats entre daesh et la coalition il était à Mossou le 19 juin dernier quand une mine a explosé et a tué trois de nos confrères Véronique Robert Stéphane Villeneuve et bactieradad leur fixeur il c'est Samuel foret 36 ans grand reporter envoyé spécial du Figaro Samuel bonjour bonjour Félicitations pour ce prix prestigieux merci d'être notre invité de inside les coulisses du Figaro ce matin nous allons tenter d'en savoir un peu plus sur votre métier et d'essayer de vous suivre et que vous nous racontiez comment on vit le grand reportage de guerre j'ai également le plaisir de recevoir Thierry auerly rédacteur en chef à jour en service international du Figaro qui lui aussi va souvent sur le terrain Thierry merci d'être notre invité bonjour bonjour Thierry vous signez ce matin un très beau portrait de Samuel qui a reçu ce prix hier soir ce prestigieux 79 9e prix Albert Londres Samuel je me tourne vers vous il est important de rappeler quand même que la cérémonie du 79e prix Albert Londres qui s'est déroulé hier à Paris était dédié à Véronique Robert Stéphane Villeneuve et bactier Hadad pour autant les débats à votre sujet n'ont pas porté sur le côté émotionnel mais sur les qualités professionnelles le jury a salué c'est important de le dire vos reportages publiés dans Le Figaro depuis l'automne 2016 et parlant de vous je les cite un courage et un sens du terrain évident une justesse de regard et une écriture d'une vivacité d'une tendresse et d'un humanisme qui vous classe Samuel à l'évidence dans la lignée d'Albert Londres je vous propose que l'on écoute tout de suite si vous voulez bien votre discours hier à la remerise des prix des images tournées par Louis Tellier merci merci à tous ceux qui m'ont accompagné sur ce très long chemin qui a commencé peut-être bien avant cette bataille de mousou qui a commencé peut-être il y a 6 ans avec la couverture de la révolution égyptienne qui a commencé peut-être avant voilà c'est donc un long chemin se met d'épreuv et d'embuche donc merci à tous ceux qui m'ont soutenu ma'accompagne ma famille ma famille mes amis mes confrères merci à la rédaction du Figaro qui a donné l'espace dernièrement enfin pour couvrir donc cette bataille de mousou euh et particulièrement au service étranger qui je crois peut s'en orgueillir de la couverture donc de cette de cette grande guerre contre l'État islamique merci à tous ceux qui en amour rendu ce jour possible y compris à ceux qui sont absents et à qui je pense aujourd'hui très fort je reçois ce prix prestigieux avec une immense fierté une immense joie cette joie immense et évidemment assombri par la mort brutale de nos trois confrères de nos trois camarades nos trois amis bactiar Stéphane et Véronique Stéphane trop vite connu et trop tôt parti Véronique l'une de ces aventurières de ces grandes dames qu'on rencontre parfois sur ses lignes de fond et bactierre bien sûr le camarade de cavalcade qui qui aimait partir avec moi parce que parce qu'il trouvait que porter chance euh c'est le genre de de superstition des bonir parfois qu'on peut développer que j'ai pu développer aussi euh de cette superstition de ceux qui côtoi la guerre et la mort euh il aurait été immensément fier que je remporte ce prix euh tu verras tu as gagné faismoi confiance me disait-il souvent après avoir appris que j'avais été préélectionné euh donc c'était peut-être lui qui me portait bonheur après tout c'est Mo brutal exceptionnel sont aussi le quotidien de dizaines de centaines de milliers de personnes à Mossou sont aussi le quotidien de centaines de milliers de personnes ailleurs qui sont pris dans des événements très douloureux très durs c'est pour rendre compte pour témoigner pour raconter de ce quotidien brutal exceptionnel que nous nous sommes rendus là-bas que je me suis rendu là-bas à Mossou que je me suis installé en Irak nous nous sommes conscients des risques que nous prenons c'est pour rendre compte témoigner et raconter ce quotidien fait de douleur et d'épreuves de malheur de mort et de guerre mais pas seulement pour raconter des histoires aussi que nous devons continuer à partir c'est notre métier oserais-je dire notre devoir merci très beau discours Samuel alors la première question qu'on a envie de vous poser qu'est-ce que vous avez ressenti au moment où on vous a remis officiellement ce prix prestigieux alors c'est très impressionnant ça va très vite on se retrouve très vite projeté sous sous les feux la rampe euh ce qui est aussi assez fort c'est que voilà c'est c'est vrai que c'est un prix très prestigieux et on le retrouve tout d'un coup entre entre nos mains et ça fait un effet assez c'est effectivement assez assez exaltant sur le moment et assez impressionnant alors je vous rappelle que nous sommes en direct sur le Figaro live Figaro Facebook vous pouvez poser vos questions Samuel for Thierry auerly vous répondront et dans quelques instants nous accueillerons Jean-Baptiste smerdia qui nous parlera de ce qu'on raconte un petit peu sur les réseaux sociaux avant de revenir évidemment sur cette journée du 19 juin où tout a basculé nos internautes nous ont déjà posé quelques questions Samuel Thierry première question comment et pourquoi devient-on reporter de guerre c'est ça s'est imposé je pense bon écoutez je suis j'ai commencé à couvrir le Moyen-Orient en 2011 avec la révolution égyptienne h et peu à peu on se fait emmener dans une sorte de d'actualité de dans une sorte d'histoire qu'on a qu'on commence à courrir de plus en plus et on a envie d'aller de de de voir et d'explorer d'aller peut-être de de plus en plus loin et de comprendre en fait d'arriver de poursuivre un chemin voilà c'est un chemin euh que j'ai que j'ai donc que j'ai poursuivi pendant pas mal de pas mal de temps je sais pas comment on devient reporteur de guerre ça s'impose à petit à petit c'est en tout cas en tout cas ça ça c'est venu c'est c'est venu et bon je crois que je me suis adapté assez assez rapidement Thierry vous qui êtes rédacteur en chef adjoint du service international vous couvrez énormément la planète et en particulier l'Irak le service étranger du Figaro est composé posé de nombreux grands reporters qui partent et viennent je sais qu' actuellement il y a Adrien jaumle qui est à Mossou que vous avez envoyé George malbrenau qui revient de raka vous avez beaucoup de de grands reporters qui qui bougent sur notre planète euh on a un certain nombre de de reporters qui vont couvrir qui ont des spécialités qui vont couvrir des continents qui s'agisse de l'Afrique de de l'Asie le Moyen-Orient et et bien sûr l'Amérique et l'Europe mais bien sûr c'est en ce moment c'est le le Moyen-Orient qui qui retient l'attention puisque c'est une c'est une marmite en effervescence depuis de nombreuses années et donc on fait un effort particulier là-bas moi j'y suis allé Adrien jolmier actuellement il est actuellement à mousul Ouest il y a un magnifique reportage ce matin dans dans les colonnesigar dans les colonnes du Figaro et puis mais ceci dit on est assez peu nombreux et euh par exemple Samuel et pigiste il s'est installé de sa propre initiative avec notre soutien à airbil donc au Kurdistan iraakien pour couvrir spécialement cette bataille de Mosul qui que lui couvre personnellement ça veut dire un investissement personnel énorme depuis maintenant 9 mois alors que nous on vient pendant des périodes de 2 à 3 semaines justement je me retourne vers vous Samuel qu'est-ce qui vous anime la passion c'est c'est la mission qui à un moment comment comment comment ça s'est passé comment ça se passe effectivement c'est passionnant j'ai fait le choix de couvrir cette bataille c'était c'était volontaire de ma part j'ai proposé cela au Figaro donc il y a il y a quelques quelques mois il y a un an presque maintenant comment ça s'est passé il y a 3 ans la premè la première fois que je mets le pied en Irak c'est en juin 2014 c'est le juste après que l'État islamique s'est emparé de mou donc on commence à S ass une histoire et là tout à coup le 17 octobre 2016 les forces iraakiennes lancent la reconquête de la ville de Mosou donc c'est quelque chose que j'avais envie de voir envie de documenter envie de comprendre envie de raconter voir ce quotidien voir ces forces iraakiennes qui mènent cette bataille voir comment les civils s'entir voir comment aussi ça se passe autour de Moussou voir comment le contrôle peu à peu se remet en place dans les périphéries de Mosou et cetera alors on va tout savoir on espère tout savoir c'est comment vous dormez sur sur sur site comment com comment la vie se se passe alors vous habitez airbil euh vous vous installez à airbil comme vous venez de nous dire il y a quelques temps et et vous faites la navette entre airbil Mossou Mossou airbil Paris comment ça se passe comment vous arrivez à gérer en fait on se pose la question de comment revient-on à une vie normale quand on vit sous un tapis de bombe comment ça se passe tout c'est des questions qui qui reviennent sans arrêt à votre sujet je vois j'habita à Mossou euh pardon airb lapsus j'habitais donc à airbill et en fonction de des histoires ou d'actualité soit je faisais des aleretour quotidien à Mossou soit je resta un peu dans dans les environs de Mossou ou à Mossou en fonction de de de l'histoire que je suivait ou du du reportage que sur lequel je travaillais donc par exemple si on suit des forces iraakiennes il est préférable de les suivre pendant plusieurs jours pour les accompagner pour comprendre où elles vont pour faciliter les accès aussi plus on reste avec les gens par définition et quel ça c'est une règle générale plus ilen qui se crée et plus c'est facile pour moi de de de de de de choisir et de comprendre quel côté de la bataille je veux couvrir vous parlez arabe oui d'accord donc c'est ça a facilité considérablement vos liens enfinos vos vos prises de contact sur le terrain ça facilite des liens vous savez l'arabe c'est c'est c'est c'est une sorte de continent gigantesque on parle jamais assez bien arabe mais ça ce que l'Arab que je parlais effectivement aidit l'accès aussi surtout mais à comprendre non seulement le contexte ce qui se passait aussi autour de moi très rapidement parce que c'est toujours sont toujours les mêmes mots qui reviennent et euh me permettait aussi de de rentrer un peu dans d'autres cadres de pensée de rentrer un peu dans ce que ce que ces soldats et ce que les gens en général pensaient sur ce sur ce terrain là euh vous dites je faisais le je fais ou je faisais des allers-retours quotidiens à airbill Mossou on met combien de temps aujourd'hui la distance et combien de temps vous mettez est-ce que vous êtes protégé quand vous vous déplacez comme ça de votre domicile à sur un un terrain de guerre Herbin Mossul c'est 70 km c'est pareil for temblot H c'est le plus compliqué en fait si vous voulez c'est c'est de franchir des il y a des checkpoints réguliers qui enfin sur le chemin qui sont tenus par les différentes composantes de la société iraakienne va y avoir des checkpoint qui sont tenus par des par des curd iraakiens d'autres checkpoint qui sont tenus par des milichit d'autres checkpoint qui sont tenu par l'armée d'autres checkpoint qui sont tenu par la police donc c'est un vrai sac de nœud donc c'est très compliqué non pas d'aller à Moussou de mou physiquement c'est compliqué de pouvoir comprendre quel accès il faut avoir et quelle quelle quelle phase de négociation il faut entamer pour pouvoir accéder d'un point A un point B c'est c'est ça finalement le plus difficile c'est toute cette topographie toute cette géographie que vous devez maîtriser alors vous êtes sur zone vous vivez une situation vous allez transmettre votre papier au Figaro en particulier comment comment ça se passe parce que aujourd'hui les GSM peuvent être repérés surtout par par l'État Amque pour pas qu'on vous prenne comment ça se passe non c'est vous savez sur il y a eu un quelque chose d'assez incroyable sur et ça c'est intéressant sur la bataille de de Mossou et sur Mossou en tant que ville en particulier Mossou c'était une ville de 2 millions d'habitants avant ça prise par l'ét isamique en 2014 je crois qu'il y a une telle envie des habitants de mousou de communiquer avec l'extérieur parce qu'ils ont été certains ont été coupés du monde pendant 2 ans h que les compagnies de téléphone iraakienne ont tout de suite reconquis le territoire avec leurs antennes ce qu' fait que au bout de au bout de quelques jours voire quelques heures on avait un réseau 3G très bon prè de Mossou c'est voilà ça c'est ça c'est important à savoir c'estàd que comme ils avaient perdu la ville au moment de la reconquête ils ont voulu absolument que les réseaux puissent refonctionner pour transmettre l'information au reste du monde voilà et c'était donc du coup c'était finalement assez facile de communiquer parfois alors ça m'est arrivé de me retrouver au nulle sans pouvoir communiquer avec notamment ma rédaction mais globalement ce qui est impressionnant c'est que finalement ça va très vite c'est une région du monde où les communications vont de toute façon très très vite et sont établies presque de façon évidente pour des gens qui qui qui qui communiquent tout le temps qui c'est c'est très naturel pour je je vous pose une question Thierry puisque vous avez vos correspondants à travers la planète vous au sein de la rédaction vous suivez pas à pas vos correspondants vous savez où ils sont sur le terrain grâce au GSM grâce à leur vous les avez quotidiennement on les on les suit en fait c'est-à-dire que chaque fois que que Samuel par exemple va partir il nous prévient avant on discute du sujet on donne le feu vert et on vérifie que tout est OK et ensuite on est en contact avec lui régulièrement il va nous appeler et donc ce contact est permanent pour pour des raisons aussi de de sécurité pour pouvoir prévenir s'il y a un problème c'est c'est un suivi la sécurité est l'une des des priorités quand quand vous vous discutez ensemble le des sujets en disant parce que lui est sur le terrain vous vous êtes à Paris vous avez une oui c'est-à-dire qu'on a des discussions mais mais la plupart des des des journalistes ou de de de des chefs de service ou des rédacteurs en chef du du service international ont une expérience de ce type de terrain et donc ça on parle le même langage donc tout se fait de de manière très fluide c'est important ce que dit Thierry c'est à Paris quand vous dites discuter vous savez que les rédacteurs en chef qui sont donc à Paris évidemment ont cette notion de terrain et donc vous parlez le même langage oui une confiance qui s'établi on n'est pas non plus obligé parce que parfois ça va très vite on est on peut pas donner sa position absolument en permanence mais il y a un contact régulier il y a aussi des petites pratiques qu'on développe nous entre journalistes d'être tout le temps en contact via les réseaux sociaux via WhatsApp par exemple il y a un groupe par exemple qui s'est créé ça c'est important on peut on peut le signaler ouis oui il peuvent peuvent intervenir des journalistes de terrainir qui signalent qu'and il a un problème qui vont demander une aide pour quelque chose c'est c'est très un réseau de solidarité en fait et d'information on va dire d'accord dans le petit monde de de jour sur cette première partie de GR reporter une question qui revient sans arrêt là je vous la pause est-ce que vous avez peur quand vous êtes sur le terrain comme ça par moment quand vous partez ça arrive euh bon euh la peur vous galvanise la peur vous euh non je comment dirais-je euh il y a des euh avant de partir c'est euh c'est toujours un moment où on se dit est-ce que est-ce que j'y vais est-ce que ça vaut le coup est-ce que euh est-ce que euh j'ai pris en compte ce qui va se passer qu'est-ce que je veux quels sont mes objectifs et cetera puis ensuite on évalue c'est euh c'est c'est c'est une concentrre évaluation du risque voilà euh finalement la peur rentre assez peu en ligne de compte dans le sens où mais quand je dis peurise fa quand quand je dis peur je je il y a votre métier que vous faites merveilleusement bien avec passion mais la peur c'est pas le côté professionnel c'est vous pensez à votre famille vous pensez à vos proches dans ces cas-là parce que vous vous êtes sur un terrain qui est en guerre h c'est c'est ça qui le commun des mortels enfin on se pose cette question en disant il va quelque part et là dans quelques instants j'aimerais que qu'on aborde cette journée du 18 199 ensemble parce que vous avez vu de proche la mort et donc on revient sans arrêt à ces questions vous évaluez évidemment professionnellement vous avez votre rédaction vous en discutez vous discutez du sujet vous êtes sur le terrain et la peur joue quel rôle là-dedans c'est juste ça disons voilà alors pour pour être plus précis on va faire une comparaison par exemple un pompier qui va aller éteindre un feu de forêt il évalue le risque il évalue à quel point il peut s'approcher du feu pour etess l'éteindre tout en gardant sa propre sécurité là je pense qu'il pense à faire son travail àer éteindre l'incendie et il pense à sa sécurité garder la distance nécessaire d' garder la distance né je pense que là il se concentre sur son travail et j'ai le même sentiment quand quand je suis sur le terrain donc c'est à part quand par exemple justement je sors de ce contrôle quand par exemple imaginons un pompier a un retour de flamme bah quand par exemple on se croit dans une zone sûre et qu'il y a des tirs autour de nous ou que qu' a qu' un OBU qui tombe à proximité là on se dit ah il va falloir soit bouger rapidement ou il faut faut réévaluer mais en tant que tel on je pense qu'on est concentré d'abord sur notre sur notre tâche et c'est cette concentration qui nous permet en fait de de ne pas de ne pas se faire envillir par la peur qui est qui a un sentiment qui peut être obsédant et Quié peut faire prendre des risques absolument revenons si vous le permettez maintenant sur cette journée du 18 juin donc le 18 juin au soir vous êtes à airb euh vous retrouvez Véronique Robert Stéphane Villeneuve et baactière Hadad votre fixeur on en parlera dans un instant vous arrivez pardon à Mossou dans la soirée vous êtes sous protection de la Golden division est-ce que vous pourriez nous dire qui sont ces hommes de la Golden division dont on parle beaucoup ces hommes de la Golden division sont c une unité qui a été formée après l'écroulement lesé iraquien suite à l'invasion américaine les BET vert américains ont formé une unité de de forces spéciales euh àoc euh qu'ils ont formé en Jordanie on voit d'ailleurs des images de allez-y mais on voit des images au moment où vous qu'ils ont qu's ont constitué peu à peu qu'ils ont renforcé qu'ils ont formé qu'ils ont accompagné pendant 10 ans euh dans les nombreuses les nombreux microonflits que que que subit que subit l'Irak dans les guerres civiles et cetera euh ces forces spécial ces unités d'élite qui sont très bien formé qui sont parmi les meilleurs du Moyen-Orient euh ont été le fer de lance je dirais même les rein du fer de lance de la reconquête de Mossou c'est eux qui ouvraent avec d'autres d'autres unités spéciales mais c'est eux qui ouvrait le le passage et puis ensuite c'était les forces régulières qui avançaient derrière pour l'occupation du territoire voilà mais c'était c'était elle qui faisait le coup de feu qui faisait le coup de main qui avan maison par maison ils avancent maison par maison on va y revenir donc vous êtes à Mossou le soir je rappelle juste pour les internautes qui nous suivent que Mossou est à 95 % contrôlé aujourd'hui par l'armée iraienne donc vous arrivez dans la partie orientale de la ville est-ce que la vie a repris ou reprend un tout petit peu très très vite la vie reprend très très vite c'est comme c'est c'est à peu près ce que je disais à propos de de des réseaux téléphoniques qui se remettent en place très vite il y a une résilience incroyable des moussouotes qui rouvre leurs échops qui réparent leur voitures qui réparent les routes qui se remettent en marche et d'autant plus fort que ils ont subi 2 ans d'occupation d'un d'un d'un d'un système d'un système totalitaire qui qui tendait à tout contrôler d'accord Thierry à chaque fois vous allez en Irak à chaque vous voyez aussi la vie reprendre comme ça vous êtes quand vous arrivez de France vous êtes vous il vous est arrivé d'avoir d'être dans des situations vous dites tiens c'est quand même je suis c'est un peu particulier oui bien sûr parce que dès qu'on arrive par exemple à mossououest on a déjà ce paysage qui est qui est vraiment dentesque avec ses zones bombardées ses ses immeubles effondrés ses voitures en travers la route ses routes défoncées et on a l'impression d'être un peu dans dans Mad Max plus on avance plus on avance vers la ligne de front plus il y a un mélange de non vie et de vie qui reprend avec des gens qui qui commencent à sortir de leur maison commenc à nettoyer euh et il y a un peu une sorte de N manland enfin une sorte de zone particulière entre la ligne de front et puis l'arrière où la vie a vraiment repris et dans ces endroits il y a par exemple des des des gens qui qui commencent à euh monter un petit restaurant avec une terrasse on s'est bien par exemple retrouvé euh fixer à se dire tiens on va déjeuner euh manger un morceau de pizza au bord de au bord de la route sur cette terrasse et euh euh bon on voyait il y avait quelques clients qui qui avaient encore le look de de de l'époque précédente c'est-à-dire le le pent àour des barbe puis un moment on entend une explosion 1 kmère une fumée blanche en forme de de champignon c'estes caractéristiques de dansun kamikas qui venait de se faire sauter et on se dit que peut-être quand même c'est pas l'endroit idéal pour pour manger une pizza sur une terrasse et puis on a pris nos pizz on les manger ailleurs Samuel je reviens vers vous quand vous disiez ça c'est important de le préciser quand il y a une fumée blanche ça veut dire que c'est un kamikas qui s'est fait exploser parce que c'est dans la composition de de leur de leurs engins explosifs ou surtout une affaire de poussière et de de oui une affaire de voilà de de de poussière il y a il y a plusieurs types d'explosion c'est on apprend à les identifier par leur puissance par la forme effectivement du du chapelet de de poudre et de de fumée qui qui soulève chign euh c'est donc il y a les il y a les frappes aériennes il y a les il y a les tirs d'artillerie les frappes aériennes c'est très impressionnant onentend un sifflement et puis tout d'un coup une sorte d'éclatement une sorte de le sol tremble l'airass enfin c'est c'est c'est très très très très puissant alors revenons à cette cette jour cette soirée du 18 donc vous dormez pas très loin donc de la ligne de front on arrive à dormir comme ça quand on est vous dormez où comment comment ça se passe alors euh on arrive à bien dormir la plupart du temps en fait c'est plus une question de encore une fois de savoir ce qui ce qu'on va faire le lendemain qu'est-ce que qu'est-ce qui occupe l'esprit plutôt que les bruits plutôt que que la mitraille et cetera donc en fait on s'habitue toute façon on s'habitue très très vite et et on s'habitue très très vite au bruit à la au canon qui tonnent ou au bruit de au bruit de d'armes à feu on dort on dort dans des maisons réquisitionn par l'armée et aménagé par par l'armée donc on va dormir sur des sur des vieux canapés on va dormir sur des matelas un peu un peu mythteux on va dormir parfois dans des maisons qui ont été très bien aménagées parce qu'on est tombé sur un colonel maniaque qui aime bien l'ordre il y en a qui il y en a qui qui s'en moque ça ça dépend en fait voilà mais la plupart du temps c'est dans des maisons mouot vous arrivez à vous reposer tout de même bah de toute façon c'est il le faut il le faut mais c'est les voisins sont briants c'est dire que les bombardements sont très proche ça commence à 4h du matin et c'est ça tonne alors c'est c'est bien ce que vous dites Thierry parce que donc à l'OPE vous quittez votre repère escorté là vous vous le disiez par escorté par une esquat de la du 36e bataillon qui est donc cette c'est ce c'est c'est cette élite vous êtes à pied vous avancez mètre par mètre vous étiez non plus à ce moment-là près des combats mais dans les combats à Mossou euh vous savez que cette topographie quand même est idéale pour les snipers vous n'êtes pas pas une tête bée on vous entend on vous voit mais pourtant vous savez que vous risquez votre vie à n'importe quel moment à à cet instant précis oui on a conscience tout le temps tout le temps voilà c'est personne veut mourir pour un article personne veut mourir pour une photo mais on a conscience que ça peut arriver et donc on est je pense que on VI avec ça et pourquoi vous le faites puisque vous le savez Samuel c'est pour pour bah pour faire notre métier je vois pas comment répondre autrement pour non non mais c'est c'est c'est c'est c'est ma question c'est votre réponse et c'est ça qui voilà il y a une situation en mouvement on fait évidemment attention on n pas du tout envie de se jeter sous le feu des snipers et quand il y a une enfin quand il y a un endroit qui nous paraît pas sécurisé a priori a priori on avance pas alors vous atteignez l'école l'école de jeunes fill qui est à quelques centaine de mètres seulement de de la vieille ville euh l'attaque commence il est 7h du matin hm hm les djihadistes Rost la coalition frappe les djihadist repost ça va durer pendant 4h pendant 4h donc vous êtes dans cette école euh qu'est-ce qui se passe qu'y a-t-il autour de vous de quoi parle-t-on quand on on on est frappé en permanence comme ça euh par des obus vous êtes la cible parce que ils savent que vous êtes là comment ça se passe qu'est-ce qu'on raconte Samuel pendant 4hes qu'est-ce qu'on vit à quoi on pense on écrit quand on est journise de presse écrite on va essayer de comprendre la situation donc on va essayer de voir les différents postes d'observation où est situé où sont situés les djihadistes comment se déplacent les les unités sur le terrain donc on essaie de comprendre puis quand on s'ennuie un peu parce que ça arrive toujours on papote on essaie de de manger quand on trouve le temps on on euh on s'habitue on s'habitue à à subir subir ce feu il y a des il y a des il y a des on peut dormir aussi on peut faire une sieste euh voilà on c'est c'est en fait finalement on s'habitue aussi à ce c'est cette tension ch euh je dirais pas que c'est un chaos parce que parce qu'il y a quand même pas mal de gens qui vivent encore dans dans ce dans cet espace là et qui qui s'y adapte en fait est-ce que c'est là vous vous avez lié une relation plus proche avec avec le photographe reporter d'image oui effectivement donc là j'avais fait sa connaissance la veille de j' fait coniss la veille de effectivement de de de céphan Villeneuve c'était on lit assez assez rapidement connaissance parce que ça va plus vite d'une certaine manière on n'est pas là en train de de découvrir le feu ou je ne sais quoi puisque lui c'était un un reporteur expérimenté donc on en fait lui il était très de savoir ce qui était mousou comment ça se passait à mousou donc voilà j'essayie de répondre au mieux à ces questions au bout de 4 heur de feu l'armée le 36e bataillon vous donne l'autorisation de sortir et d'avancer un peu plus vers la vielleville vous les suivez en deux équipes vous êtes en première ligne vous avancez puis d'un seul coup vous avez décidé tous les qure de faire demi-tour donc il y avait Véronique Stéphane et bactiar votre fixeur vous décidez de faire demi-tour à ce moment-là un moment précis pourquoi pourquoi là alors on était pas en première ligne on était les les soldats pendant les 4 heures de d'échange de de coup de feu et donc de voilà les les soldécain avaient cré une sorte de bulle euh devant eux ce qu'ils nous ont proposé donc une zone à préi son contrôle euh dans laquelle ils peuvent se déplacer et dans laquelle ils nous ont proposé d'avancer pour voir à quoi ressemblait la vieille ville voilà c'était parmi les les donc les premiers pas que des que des journalistes occidentaux faisaient dans la vieille ville et c'est comment la vieille ville là à ce moment-là c'est là pour le coup c'est le chaos pour le coup c'est c'est le chaos c'est c'est effectivement il y a il y a un effet de de catastrophe naturelle de multiplication de catastrophe naturel comme si comme si un comme si un géant furieux s'était déchaîné sur la ville Adrien jaune ce matincé c'est un un mélange de tremblement de terre et de pluie de météorites oui c'est Thierry vous faites bien de le préciser évidemment tous les articles sont sur le Figaro.fr et vous pouvez les relire ceux de Samuel ceux d'Adrien qui sont qui est actuellement à Mossou Mossou wouest ou encore comme George malbruneo qui rentre tout juste de RACA en Syrie donc c'est le c'est dentesque et là vous décidez de faire machine arrière à un moment voilà donc on est dans cette on est dans cette bulle et on approche des limites de cette bulle euh on avait euh vu à quoi ressemblait la vieille ville on comprenait mieux la complexité de cette bataille donc pour nous ça nous permettait d'écrire rentrant ou de de documentaire rentrant voilà voilà ce qui est la vieille ville ça va être très compliqué c'est on a encore rien vu de tellel euh voilà ce que ce que je m'apprêtais ce que je m'apprêtais à à écrire pour les lecteurs du du Figaro euh donc à ce pointlà on a pas besoin il ne veut pas aller en première ligne c'est pas notre notre objectif de la journée on veut pas voir les soldats se battre on voulait voir à quoi ressembl la voilà donc là vous faites demi-tour et je cite un extrait de votre article publié dans Le Figaro du 29 juin parce que c'est là où tout a basculé je vous lis Samuel nous remontons le chemin une maison après l'autre en communiquant nos positions aux soldats iraakiens dernière maison le mur de l'école ensuite la cour elle est exposée au feu des snipers ilut faut s'abriter derrière une guérite accollée à l'Atrium des soldats irakiens sont derrière à l'abri dans le hall de cette école où nous avions passé la matinée il nous salue un trou a été percé dans le mur de la guérite devant un tapis de Pierre je pénètre dans la guérite par cette ouverture bactiard dit attention SAMU c'est peut-être miné et le monde éclate c'est votre article c'est une partie de votre article extrêmement touchant extrêmement mouvant qu'est-ce que vous gardez de cet instant Samuel le monde éclate le monde éclate h vous êtes vous à ce moment-là autour de vous au sol Véronique Stéphane euh oui Stéphane et bactiard vous comprenez tout de suite que eux sont très lourdement touchés par rapport à vous ouais ils sont à terre inconscient donc ce que vont dire par exemple des infirmiers c'est qu'un patient qui peut euh marcher même s'il est même s'il est touché même s'il saigne c'est un patient qui est vert un patient qui est inconscient et qu'il faut porter c'est un patient qui est rouge donc là ils étaient clairement rouge tous les trois sont morts dans les heures ou les jours qui ont suivi vous arrivez vous au premier poste de secours un infirmier vous dit calme-toi tu as Tromp la mort aujourd'hui vous considérez-vous aujourd'hui donc Samuel comme un miraculé je me considère ni comme un survivant ni comme un miraculé de fait j'ai survécu j'ai une chance immense mais je voilà j'ai pas je me considère pas rentrer dans une nouvelle catégorie de d'être humain ou je ne sais quoi j'ai survécu la question qui que l'on peut se poser à ce moment-là est-ce que ce que vous avez vécu ce jour-là est-ce que ça vaut vraiment le coup de le vivre bah bien sûr que non et comme je vous ai dit on n'est pas ça vaut pas le coup de mourir pour un article ça vaut évidemment pas le ou mourir pour un article euh il ne faut pas l'idée c'est de de ne pas on ne veut pas ça on n'est pas on n'est pas la recherche du risque on n'est pas à la recherche de de de l'adrénaline alors bien sûr ça fait il y a des moments d'excitation avec l'approche de l'approche du danger comme comme peut y en avoir dans d'autres dans d'autres dimensions dans des sports extrêmes et cetera euh mais on est et surtout ce jour-là on était pas du tout dans cet état d'esprit d'accord et vous allez repartir bien sûr pas tout de suite pas tout de suite je comprends parlons de bacteradade votre fixeur parce que c'est important Thierry vous avez écrit d'ailleurs un très bel hommage le 21 juin dans le Figaro qu'on peut relire dans nos pages je vous pose la question à tous les deux parce que on qu'est-ce qu'un fixeur Thierry Samuel c'est quoi un fixeur alors un fixeur c'est c'est quelqu'un qu'on va rencontrer sur le terrain qui a un très bon carnet d'adresse une très bonne conna qui qui a un esprit pratique qui connaît beaucoup de monde qui a une bonne voiture et qui parle le français ou l'anglais pour traduire parce que sans lui sans lui voilà c'est ça et sinon on a pas de band de son on va on est uniquement là on a juste un regard et on n pas la band de son et donc ce ce fixeur il a aussi pour mission de nous amener de franchir tous ces checkpoint ouais parler Samuel oui parce que c'est assez compliqué il faut être assez ingénieux très malin euh parfois un peu voyou et c'est lui aussi qui va nous accompagner sur jusque sur les lignes de front et qui qui devient très souvent ça devient des des camarades bien sûr justement ce que vous disiez le fait d'habiter aBIL d'être là-bas sont ça crée forcément des des relation de grande complicité oui il y a des collègues de travail avec lesquels on nous des liens d'amitié donc c'est euh c'est des voilà il y a des liens d'amitié qui se nouent avec euh quand on vit des des événements forts euh voilà en l'occurrence avec bactiar c'est vrai qu'on avait développé surtout ces derniers mois euh quand on j'ai beaucoup couvert la la bataille de mousou wouest euh des liens très fort parce qu'on avait une très grande complicité une très grande facilité à travailler tous les deux donc ça ça avançait euh très très rapidement voilà et c'était c'était c'était assez simple donc ça ça se passait bien ben c'est super et vous l'écrivez très bien dans dans vos reportages et et Thierry quand vous en avez parlé juste avant que l'on discute avec Jean-Baptiste puisque vous étiez avec tous nos internautes qui nous suivent et vous allez nous dire ce qui se passe et il y en a et ben c'est tant mieux j'ai juste une petite question à tous les deux comment vous expliquez que vous étiez au au cœur de la vieille ville qui n'est toujours pas tombé Mossou n'est toujours pas tombé complètement comment vous expliquz que seulement des centaines de combattants de l'État islamique encerclés par une armée iraquienne supérieure équipée blindée appuyée par la puissante coalition internationale tiennent toujours essayer de reprendre un labyrinthe absolument illisible pris tenu par des combattants qui sont prêts à mourir la bataille de Moné Cassino a duré a duré des semaines c'est c'est c'est sont des choses malheureusement qu'on a déjà vu quand on a des combattants déterminés c'est une tâche très difficile que de reprendre que de leur reprendre le territoire maîre après là on dit aujourd'hui en lisant les papiers du Figaro 400 m de long enfin c'est une toute petite poche oui c'est une petite poche et puis ces combattants qui sont très déterminés près à mourir et d'une certaine manière assez courageux utilise aussi des armes assez vicieuses comme comme les mines qu'ils ont placé partout alors lorsque le le il n'y a plus de rue il n'y a plus de maison juste un enchevêtrement ça devient extrêmement périlleux pour les soldats pour avancer et puis il y a aussi cet usage des avant c'était des voitures piégées mais là maintenant puisque c'est à pied sont des kamikases qui sont souvent des gamins qui vont se faire exploser qu c'est une arme redoutablear Jean-Baptiste alors comment réagissent nos internautes nos internautes sont très positifs Samuel foret félicitation la plupart de nos internautes vous félicite voilà un homme qui fait honneur à sa profession dit e ég MC2 ils ont tous des des pseudonymes un peu rigolo DD félicitations respect un prix prestigieux et mérité quel talent bravo continuer beaucoup d'élog sur Twitter aussi question de Renault qui vous dit quand est-ce que qui vous demande c'est pas mal de questions techniques il vous demande quand est-ce que vous éccrivez quels sont vos moments de sécurité est-ce que vous écrivez sur votre téléphone sur votre ordinateur sur un iPad peut-être non euh j'écris euh j'écris pas sur le téléphone où j'essaie d'éviter parce que ça consomme de la batterie je garder le maximum de batterie pour rester en communication avec l'extérieur euh le téléphone un outil de de sécurité comme un autre c'est aussi un outil de de repérage on peut télécharger des fonds de cartes sur les téléphones pour se localiser exactement savoir où on est euh donc non je puis moi j'aime bien écrire j'aime bien mon carnet c'est comme ça que é sur votre carnet voilà et donc bah minute après minute j'écris ce qui se passe quand je peux bien sûr quand je cours ou je ne sais quoi je peux pas écrire mais euh en faisant enfin je c'est c'est c'est une méthode que j'ai développé peu à peu euh en tenant un déroul précis de des événements c'est comme ça que après on peut revenir et écrire de plus en plus facilement éviter de rendre ces papiers en retard parce que les que ce qu'à la rédaction on n'apprécie pas trop et ça a été mon défaut à certains moment donné justement par que vous avez des ordinateurs spéciaux ou un équipement spécial crypté parce que aujourd'hui on sait qu'il y a des espionnages par qui sont possibles euh ça c'est quelque chose qu'on apprend un peu spontanément à savoir comment crypter ces communications il y a pas mal de logiciels qui existent et les internautes sont bien au courant tout simplement WhatsApp c'est très efficace et ça fonctionne très bien en Irak euh le matériel on le protège comme on peut c'est pas forcément utile jeamais éprouvé le besoin d'avoir un ordinateur surprotégé puis quand vraiment ça dépend je préfère éviter de de de de partir en reportage avec monordinateur je préfère le laisser à l'arrière euh bon si je dois y aller bah il est protégé dans mon sac et j'espère que il y a rien qui tombera dessus question de Nas comment faites-vous sur place pour rendre compte de ce qui est vrai alors effectivement vous allez sur le terrain vous le voyez de vos propres yeux mais en terme de source est-ce que on peut croire tout le monde est-ce qu'il faut savoir je suppose savoir remettre en en exerc par exemple par rapport au sujet aux personnes qui F sources je donner un exemple allez un exemple Mossou il y a plusieurs ponts l'armée iraakienne annonce que elle a repris le premier pont de Mossou ouest entre les deux berges ou ou ou mais seulement dans les p pere de guerre la première victime c'est la vérité donc eu ils vont annoncer la reprise de ce pont mais en fait il faut aller sur place et plus on se rapproche et on arrive au pont et on voit on se découvre que le pont il est pas repris ils sont juste devant le pont et on est obligé de tous ces petits détails de les vérifier de c'est c'est c'est là où c'est un travail un travail très méticul très méticuleux pour une autre question pour Samuel et puis après j'aimerais qu'on parle des des l'IRAC Nord et des yzid avec question un peu plus personnelle on sait que vous vivez depuis 3 ans en Irak comment peut-on avoir une vie de famille vous demande maraline c'est compliqué c'est très compliqué c'est très très compliqué euh bah on tient bon bon on est aussi porté par par par la passion de ce métier ce qui fait que ça a tendance un peu à tout occuper donc bah les militaires sont mariés avec l'armée les journalistes sont mariés avec avec le non je ne suis pas marié euh les journis sont mariés avec leur métier où j'ai pu être je sais pas on peut consid que j'ai pu être marié avec cette bataille de mousou d'une certaine manière euh mais on essaie de trouver un espace au maximum parce que c'est je pense important de ne pas d'avoir une vie personnelle et euh et euh et sentimental ça permet aussi de de garder un ancre une ancre avec avec un quotidien un peu plus justement Samuel est-ce que demain est-ce qu'on peut être marié avoir des enfants et être grand reporteur de guerre oui je pense que ça arrive alors ça Thierry ça mieux que moi c'est une question quand on voit ce qui est en train de se passer non c'est pour ça après après chacun c'est une décision personnelle et puis ça dépend de décision aussi de sa FEM s ENF voilà c'est on se met d'accord c'est espace c'est un espace de négociationier oui on va juste un tout petit peu bouger quitter mou quelques instants pour aller dans le nord de l'Irak puisque vous en revenez vous avez publié il y a 2 ans un livre qui s'appelait qui s'appelle ginane avec esclave de daesh très très beau bouquin remarquable remarquez où vous faites parler ces femmes esclaves de daesh vous rentrer justement d'un camp hizidi vous avez revu certaines femmes que vous aviez contacté pour ce premier ouvrage euh non sont pas les mêmes enfin dans dans l'ouvrage en fait c'est c'est l'histoire de de ginane qui est une une jeune fille de 20 ans qui a été prisonnière pendant plusieurs mois de daesh et que c'était le un peu le le le premier témoignage à visage découvert de euh ce qui s'est vraiment déroulé euh pour ces milliers de femmes euh enlevés séquestrés violés torturés souvent avec leurs enfants qui ont assisté à des scènes terribles et qui sont qui sont marqués à vie euh c'était donc ça c'était il y a 2 ans et là j'ai voulu revenir pour justement voir où était un peu cette histoire parce que depuis il y a d'autres femmes j'en ai rencontré une dans mon reportage qui était sortie de Mossou au mois de décembre avec sa fille et c'est des témoignage cette fois-ci sur la durée où apparaît la dimension très psychopathe de de de des gens de de l'État islamique qui qui traitait ces femmes comme des esclaves et des yasidis comme des sous hommes mais pourquoi les yzidis sont vraiment la cible de daesh alors les yesidis sont la cible de de daesh parce que euh euh il l'État islamique considère qu'il n'appartiennent pas à la au religion du livre et donc que ce sont des mécréants et que il faut les les faire disparaître de la surface de la planète voilà c'est ça l'idée totalitaire de DAEs al évidemment j'ai j'ai lu votre livre qui est très émouvant euh on on se pose quand même une question parce que vous vous le disiez à l'instant vous vérifiez tout chaque maître pour savoir si c'est vrai on se pose ces questions ces femmes qui vous ont qui qui vous avez parlé qui ont témoigné là encore vous avez recoupé les information comment une femme com comment vous avez créé ces liens c'est-à-dire que le le problème se pose à l'envers euh avec avec ces ces femmes c'est-à-dire que il ne s'agit pas tellement euh de de voir si ce qu'elles vont raconter est vrai euh mais de les réussir à les faire parler parce que il y a une sorte de de tabou qui entoure ce qui leur arrive euh qui est un tabou culturel c'est-à-dire que il y a les yésidis ont été massacrés hein c'est pas la première fois c'est mais peut-être pas jamais avec une intensité pareille avec euh et ces femmes en fait avveit que de le choix jusqu'à présent que entre le suicide ou alors exclusion de leur groupe de leur groupe oui et là ça a un peu changé parce que le le et comment vous savez que ces femmes ce qu'ell vous raconte c'est vrai il y a un processus elles sont recueillies par des ONG puis comment ça se passe avant qu'elle vous rencontre th c'est ça déjà lorsque elles sont elles arrivent à s'échapper ou alors elles sont rachetées contre des rançons et ensuite elles passe par des des hôpitaux et des des bureaux de l'administration du Kurdistan iraakien où leur témoignage est euh enregistré vérifié pour éventuellement lancer des des poursuites judiciaires il y a beaucoup de de de spécialistes du droit qui aussi sont en train d'enquêter sur ces question et en fait les les témoignages sont en général validés par ailleurs par ailleurs il y a ce maillage et par ailleurs maintenant il y a aussi le maillage qui est fait par des des ONG comme eliscar par exempleou tout à fait qui entendent ces femmes avec des des psychologues pour pour les aider pour essayer de les reconstruire lorsque c'est possible c'est pas toujours le cas et bien entendu c'est c'est professionnel check les les témoignages moi par exemple lorsque j'ai fait mon mon sujet qui est paru récemment dans le Figaro en fait les les les femmes qui m'ont parlé avec avec leurs enfants à leur côté étai euh des femmes dont j'avais parlé avec lisbogocian qui avait qui essayait de de sélectionner les témoignages les plus intéressants et et comment comment elle se confie comment comment vous arriviez à à trouver vous dis c'estàdire moi je fais ça avec enfin que il s'agisse de livre ou alors de ce reportage avec mon fixeer qui s'appelle Saïd marmou et on avait déjà travaillé ensemble sur le livre donc on a une certaine pratique de de de de du questionnement et de les amener de créer un climat de confiance qui les amène à se livrer et à nous raconter des choses telles qu'elles sont dans toute leur horreur euh Thierry merci beaucoup évidemment je recommande la lecture de votre ouvrage paru donc chez Fayard ginane esclave de daesh on sait à peu près combien encore de femmes sont retenues aux mains de daesh que ce soit raka Mossou ou il doit en rester des des centaines sans doute un millier avec des enfants qui vivent des situations vraiment dramatiques le temps nous est un petit peu compté mais Samuel et Thierry je voudrais juste en guise de conclusion la bataille de mousou raka seront est-ce que ce seront des sanctuaire de daesh ou absolument pas alors sur le plan militaire la la force militaire de de DAEs de l'État islamique va être va être considérablement réduite dans les dans les mois à venir en Irak au moins après la reprise de Mossou après la reprise des autres villes qui sont encore au main de daesh aujourd'hui en Irak bon l'organisation peut aussi retourner dans la clandestinité et continuer et reprendre son travail de maillage teritorial très passion qui avait permis de s'emparer d'un tel territoire d'un territoire qui était à l'époque grand comme la Grande-Bretagne en quelques en quelques mois il va falloir un travail très de longue haleine non seulement aux forces iraquiennes mais aussi aux forces de police pour contrôler et reprendre et reprendre ce mariage territorial malheureusement malheureusement il y a souvent des des abus qui sont commis donc les l'insurrection sunnite sur laquelle se se nourrit se nourrit cette sorte de ire sunnite sur laquelle se nourrit l'État islamique Nisse pas de s'éteindre tout de suite n'a pas de raison en fait de s'éteindre tout de suite parce que les les Sunis se sonentent d'une certaine façon en état d'occupation dans leur propre pays vous nous avez dit tout à l'heure Samuel évidemment que vous retourneriez sur le terrain mais pas tout de suite qu'est-ce que vous allez faire là je vais partir en vacances pendant 2 mois 2 mois vous reposez voilà d'accord très bien je rappelle Samuel foret que vous êtes l'uréa du Prix Albert Londres 2017 qui vous a été remis hier euh que nous lisons toujours avec beaucoup beaucoup beaucoup d'émotions vos articles pour nous raconter cette guerre en Irak et particulièrement la bataille de Moussou merci vraiment d'être venu parmi nous pour avoir répondu à nos questions et aux questions des internautes merci euh Thierry je me tourne vers vous merci beaucoup on se retrouve très vite évidemment pour parler avec le service international c'est toujours très intéressant je rappelle votre livre Jan esclave de daesh euh chez Fayard à lire absolument parce que c'est très très beau témoignage tous les articles du Figaro dans la partie internationale sont à lire et à relire pour comprendre ce qui se passe en Irak en Syrie avec nos correspondants qui sont toujours sur le terrain Jean-Baptiste merci beaucoup d'être venu et d'avoir nous avoir dit ce qui s'était passé bravo aux internautes merci à tous de nous avoir suivi à très bientôt pour un nouveau inside les coulisses du Figaro

Samuel Forey, prix Albert Londres 2017, raconte la bataille de Mossoul — Jean-Pierre Bataille · Pourquijevote