Florent Martin, proviseur et Représentant du SNPDEN dans l'académie de Montpellier
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Défensif 70 %
Questions et réponses
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- 0:21OuverteRéponse directe
Comment on enseigne, comment on apprend avec la chaleur dans les PO ?
- 0:44FerméeRéponse partielle
C'est une bonne idée, c'est une solution selon vous ?
- 1:00OuverteRéponse directe
Quelle est la situation actuelle dans les établissements des Pyrénées-Orientales ?
- 1:23FerméeRéponse directe
Il fait quoi ? Il fait plus de 30 degrés dans les établissements ?
- 1:43OuverteRéponse directe
Est-ce qu'il y a des points noirs des établissements particulièrement difficiles dans ces conditions dans les Pyrénées-Orientales ?
- 2:24FerméeRéponse partielle
Est-ce que c'est aussi votre avis ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:48InvitéFait
« C'est un palliatif, mais c'est des aménagements de bon sens que de toute façon on met en place et qu'on mettait déjà en place pendant toute la période de canicule, y compris au mois de mai, pour les cours. »
- 1:26InvitéChiffre
« Oui, très largement. On a des locaux qui dépassent les 30-33 degrés. »
- 1:53InvitéFait
« En général, c'est lié à l'âge du bâtiment. Plus on remonte dans le temps, dans les années 60-70, et plus on trouve des établissements qui souffrent. »
- 2:01InvitéFait
« Par exemple, le collège de Saint-Estèvres qui pose problème. Le lycée Léon-Blum aussi à Perpignan, qui sont des établissements qui souffrent plus que d'autres. »
- 2:42InvitéFait
« ce qui est quand même un peu notre vocation quand on travaille dans l'éducation nationale, c'est de faire confiance à la science, on se rend compte que cette situation va continuer à se dégrader dans les années à venir, certainement plus vite qu'on ne l'anticipe. »
- 4:49InvitéFait
« On a eu une grosse vague de chaleur qu'on n'avait pas du tout anticipée, que personne n'avait vu venir. »
- 5:23InvitéFait
« On le voit, après 30 degrés, au bout d'une heure, l'effort intellectuel, il n'est juste plus possible, il n'est plus efficace. »
- 6:01InvitéFait
« il y a un vrai manque d'anticipation de la part des décideurs. »
- 6:25InvitéFait
« il y a un vrai décalage entre la situation et les prises de parole pour l'instant puisqu'il n'y a pas de prise de décision. »
Temps de parole
- Invité64 %
- Présentateur29 %
- Présentateur 27 %
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Ici Roussillon, ici Roussillon, premier sur l'actu locale en pays catalan. L'année scolaire s'achève en pleine canicule, même si les Pyrénées-Orientales sont relativement épargnées par rapport à une bonne partie de la France. Le déroulement des examens est perturbé, des aménagements, par exemple pour le brevet qui démarre demain. Comment on enseigne, comment on apprend avec la chaleur dans les PO ? On en parle ce matin avec votre invité Marie Roarch, c'est Florent Martin. Bonjour Florent Martin. Bonjour.
Vous êtes donc proviseur du lycée Christian Bourquin-Argelet-sur-Mer, représentant du SNPDEN, le syndicat national des personnels de direction de l'éducation nationale dans l'académie de Montpellier. Régis le dit à l'instant, des aménagements annoncés demain pour tous les élèves de 3e qui passent le brevet. C'est une bonne idée, c'est une solution selon vous ?
Alors une solution, certainement pas. C'est un palliatif, mais c'est des aménagements de bon sens que de toute façon on met en place et qu'on mettait déjà en place pendant toute la période de canicule, y compris au mois de mai, pour les cours.
Quelle est la situation actuelle dans les établissements des Pyrénées-Orientales ?
Alors elle est compliquée, on ne va pas se le cacher. Il y a des établissements où les élèves et les personnels souffrent plus que d'autres. Ça dépend beaucoup du bâti scolaire. Mais il y a des établissements qui sont très très compliqués, qui sont de véritables études où tout le monde souffre.
Il fait quoi ? Il fait plus de 30 degrés dans les établissements ?
Oui, très largement. On a des locaux qui dépassent les 30-33 degrés. Et dans ces conditions, apprendre c'est très compliqué.
Enseigner aussi ?
Enseigner évidemment. Et composer sur des épreuves, c'est aussi un enjeu difficile.
Vous parlez de problèmes de bâti scolaire. Est-ce qu'il y a des points noirs des établissements particulièrement difficiles dans ces conditions dans les Pyrénées-Orientales ?
Globalement, oui. Oui, il y a quelques établissements qui souffrent plus que d'autres. En général, c'est lié à l'âge du bâtiment. Plus on remonte dans le temps, dans les années 60-70, et plus on trouve des établissements qui souffrent. Par exemple, le collège de Saint-Estèvres qui pose problème. Le lycée Léon-Blum aussi à Perpignan, qui sont des établissements qui souffrent plus que d'autres. Les établissements plus récents ont en général été un peu mieux conçus, même si ça n'empêche que les conditions y sont difficiles.
Le Rassemblement National, Marine Le Pen, promet un grand plan de climatisation comme la solution pour les établissements scolaires. Est-ce que c'est aussi votre avis ?
Alors moi, je ne suis pas technicien, je n'ai pas de baguette magique, je ne suis pas décideur politique non plus. Ce que je sais, c'est qu'on ne peut pas travailler dans ces conditions sereinement et que si on écoute ce que disent les scientifiques, ce qui est quand même un peu notre vocation quand on travaille dans l'éducation nationale, c'est de faire confiance à la science, on se rend compte que cette situation va continuer à se dégrader dans les années à venir, certainement plus vite qu'on ne l'anticipe. Donc il faut trouver des solutions. On sait qu'équiper tous les établissements scolaires de climatisation, ça se fait pendant un clin d'œil. Est-ce que c'est une solution ?
Je n'en sais rien. Mais en tout cas, continuer à travailler dans ces conditions, ça devient impossible.
Alors qu'est-ce que vous prenez comme solution, en tout cas, plus dans l'immédiat ?
Du pragmatisme, déjà. Sur les mesures d'urgence qu'il y a à prendre ces jours-ci, la main doit être laissée aux chefs d'établissement qui savent déjà s'adapter à ces situations du mieux possible, avec les moyens dont on dispose. Et donc tout ce qui va être aération, fraîcheur des bâtiments, mise à disposition d'eau, etc. Ça, on sait faire. Donc ce n'est pas la peine de nous rajouter des bonnes idées tous les matins. On les a déjà et on sait les mettre en œuvre. Après, à moyen et long terme, je pense qu'il faut être très pragmatique et étudier les situations au cas par cas et travailler sur des solutions.
7h49, notre invité, c'est Florent Martin, proviseur du lycée Christian Bourquin à Argelès-sur-Mer. Vous dites que vous avez des solutions aussi sur le terrain. Vous connaissez effectivement la chaleur dans les Pyrénées-Orientales. Ça n'est pas nouveau. On connaît surtout que cette vague-ci, ces jours-ci, n'est pas particulièrement exceptionnelle. Du coup, est-ce qu'il y a une forme de retour d'expérience ? Est-ce que les Pyrénées-Orientales ont une forme d'avance dans la gestion de ces épisodes par rapport à d'autres départements ?
Je ne sais pas si on a vraiment une avance. Je pense que tout le territoire métropolitain, en tout cas, a été touché de manière différente. Là, il se trouve qu'on est quasiment un peu épargné par cette vague de chaleur. Mais oui, effectivement, ça fait maintenant quelques années qu'on a pris l'habitude de lutter en période d'examen sur ces situations. Là, la difficulté qu'on a, c'est que... Bon, là, on est dans l'urgence des examens, mais on se rend compte que c'est aussi les enseignements qui sont touchés, puisque le mois de mai, on n'est pas en examen en collège.
Et il y a eu une grosse vague de chaleur dès le mois de mai cette année ?
On a eu une grosse vague de chaleur qu'on n'avait pas du tout anticipée, que personne n'avait vu venir. Et on sait que dans les années à venir, ça va se reproduire. Et là, on est sur une autre dimension, où c'est vraiment le bâti scolaire qui va devoir être adapté.
Alors, le bâti scolaire, est-ce qu'il faut adapter aussi le calendrier scolaire ?
À terme, si on n'a pas d'autre solution, il faudra bien se poser la question. On ne va pas pouvoir travailler dans ces conditions. Si les moyens ne sont pas déployés pour baisser la température dans les établissements scolaires, il faudra bien que nous, on s'adapte. On ne peut pas travailler dans ces conditions. On le voit, après 30 degrés, au bout d'une heure, l'effort intellectuel, il n'est juste plus possible, il n'est plus efficace.
On a beaucoup parlé, notamment l'an dernier, de reconquête du mois de juin, que les établissements scolaires restent ouverts plus longtemps au mois de juin, malgré les examens. Ça rentre complètement en contradiction avec cette réalité du terrain, cette chaleur qui est de plus en plus présente.
Complètement. On est dans des conditions sur lesquelles on ne peut plus réellement travailler.
Vous vous sentez soutenu par les collectivités et par l'éducation nationale dans vos démarches, dans vos demandes aussi, vous le disiez, par rapport au bâti scolaire notamment.
En tout cas, il y a un vrai manque d'anticipation de la part des décideurs. Là, l'éducation nationale réagit tardivement, réagit et essaie de s'adapter. Là encore, je pense qu'il faut vraiment laisser la main sur cet épisode au chef d'établissement. Sur les collectivités, pour l'instant, on peut comprendre des questionnements qui engagent des dépenses très importantes. Mais non, il y a un vrai décalage entre la situation et les prises de parole pour l'instant puisqu'il n'y a pas de prise de décision. Les prises de parole que ce soit à la région ou au département
ou à la région gérant
les lycées, le département, les collèges, on n'est pas sur de vraies mesures pour l'instant.
Merci beaucoup, Flore Martin, d'avoir été avec nous ce matin. Je rappelle que vous êtes le proviseur du lycée Christian Bourquin, je laisse sur mes représentants du SNPDEN, Syndicat National des Personnels de Direction de l'Éducation Nationale dans l'Académie de Montpellier. Merci beaucoup à vous.
Merci.