Mort d'un militant identitaire, municipales à Marseille... Le "8h30 franceinfo" de Franck Allisio
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France Info.
Bonjour Franck Alizio. Bonjour. Merci d'être avec nous sur France Info. Bonjour Paul. Bonjour à tous. Une enquête est ouverte pour homicide volontaire après la mort de Quentin de Ranque, militant identitaire de 23 ans, victime d'un lynchage à Lyon jeudi en marge d'une conférence de l'insoumise Rima Hassan. Cinq des six suspects ont été identifiés. Certains ont appartenu à la jeune garde antifasciste. Depuis, LFI est pointé du doigt pour ses liens avec ce groupe. Mais le parti se défend. On écoute Mathilde Panot, présidente des députés insoumis.
Nous ne cautionnerons jamais qu'on frappe un homme à terre. Voilà, c'est clair comme ça ? Cela n'a rien à voir avec nous.
C'était sur LCP. Est-ce que c'est clair aussi pour vous, Franck Alizio ?
Ce qui est clair, c'est que samedi dernier, l'extrême gauche a tué. C'est plus qu'un fait politique. Dans l'histoire de notre pays récente, un groupuscule politique, c'était un groupuscule politique d'extrême gauche qui a tué. Donc, ça fait des années, je tiens à le rappeler ici, parce que ça fait des années qu'avec Marine Le Pen et Jordan Bardella, nous dénonçons, nous alertons sur la violence, sur la dérive, sur la radicalisation de cette extrême gauche qui est le bras armé d'LFI et LFI en est sa vitrine légale.
Quand vous dites l'extrême gauche a tué, ça veut dire que quand Manuel Bompard, à l'instant sur France Inter, dit qu'il n'y a aucune responsabilité politique de la France insoumise dans ce drame, vous vous inscrivez en faux ?
Je ne fais pas un lien, même si...
Vous dites que LFI est la vitrine de ce drame.
Mais oui, voilà. LFI est la vitrine légale de la jeune garde. Il suffit d'écouter M. Mélenchon, qui l'a souvent revendiqué, ce lien politique, organique, entre la jeune garde et LFI. La jeune garde est, je ne sais pas comment appeler ça, l'organisation jeune, l'organisation de protection, je ne sais pas, de LFI. Ce lien, il est évident. M. Arnaud étant le trait d'union, le député Arnaud, qui a été le leader de la jeune garde, qui est aujourd'hui député LFI, par définition, est la meilleure preuve de ce lien organique, mais qui n'est pas nié, qui n'a jamais été nié par M. Mélenchon. Donc, ce que j'établis a été établi par M. Mélenchon lui-même.
Mais Franck Alizio, dans cette affaire, c'est un militant nationaliste qui a été tué, mais les affrontements entre l'ultra-gauche et l'ultra-droite, en particulier à Lyon, sont assez fréquents. Est-ce que vous condamnez la violence d'où qu'elle vienne ? Et est-ce que vous appelez aussi le Rassemblement National à se tenir très à distance de ces groupuscules d'ultra-droite ?
Moi, qu'on a de la violence, d'où qu'elles viennent ? Sauf que là, il n'y a pas un signe égal dans cette affaire. Il y a une banderole déployée par des militants collectifs Némésis que je ne connais pas, enfin, qui n'a pas de lien. Vous ne les connaissez pas ? Je ne connais pas dans le sens, je ne sais pas, de lien. Enfin, mon parti n'a pas de lien avec le collectif Némésis. Donc, ils viennent déployer une banderole pour s'opposer à la venue de Rima Hassan à Sciences Po Lyon, de mémoire ? Oui, c'est ça. Bon, je ne mets pas un signe égal entre des gens qui viennent manifester, qui viennent mettre une banderole, et des gens qui tabassent à mort. Des gens qui tabassent à mort.
Et quand la chef des députés insoumises Mathilde Panot demande que le collectif identitaire Némésis dont nous parlions, et dont Quentin faisait le service d'oeuvre officieux ce jour-là, soit tenu en dehors de leur meeting ou manifestation, au risque que cela finisse mal. Qu'est-ce que vous lui répondez à Mathilde Panot ?
Mais, enfin, comment elle peut dire ça ? Alors que M. Mélenchon, il y a quelques jours, revendiquait encore la proximité avec la jeune garde. Je veux dire, c'est... Je ne comprends pas. Je veux dire, et encore une fois, les autres, chacun fait de la politique comme il veut, la limite, c'est la violence. Aujourd'hui, ce qui caractérise un parti extrémiste, c'est la violence, c'est un discours et des actions anti-institution, anti-police, par exemple. Par exemple, le discours LFI aujourd'hui est anti-police. Pour moi, le petit-fils de policier que je suis, lorsqu'on est anti-police, c'est qu'on est anti-république, c'est qu'on est anti-institution, c'est qu'on est anti-France.
À cela s'ajoute...
LFI n'est pas un parti républicain.
À cela s'ajoute... Ah bien, il est de moins en moins, je pense qu'il a cessé de l'être. À cela s'ajoute des relents antisémites de plus en plus forts. Je vous rappelle que le dernier, la dernière, le dernier jeune homme tabassé était un jeune homme, un jeune français de confession juive qui a été tabassé en mai dernier, en marge, je vous donne en mille, d'une conférence de Rima Hassan. Donc, vous avez violence, vous avez anti-police, discours anti-police, anti-France, anti-république, et vous avez antisémitisme. Oui, c'est toutes les caractéristiques d'un parti extrémiste, aujourd'hui, dans notre pays, en 2026.
Est-ce que le Rassemblement National, notamment en matière d'antisémitisme, ne doit pas balayer devant sa porte ? C'est ce que pense Sandrine Rousseau, la députée écologiste, qui était à votre place hier sur France Info.
Sur les rangs du Rassemblement National, il y a un député qui s'appelle Bocaletti, qui a tenu une librairie antisémite et une librairie négationniste. C'est-à-dire qu'en fait, il faisait du profit, il se faisait de l'argent, en disant que la Shoah était sans doute un détail de l'histoire ou quelque chose de cet ordre, et que le nazisme n'était pas si dangereux pour l'humanité.
Qu'est-ce que vous lui répondez, Franck Alésio ?
En technique, d'aller rejeter la faute sur l'autre. Et c'est france qu'elle dit ? Je mets au défi, Mme Rousseau, de citer une déclaration antisémite d'un responsable, une déclaration extrémiste d'un responsable du Rassemblement National aujourd'hui en fonction. Voilà, il n'y a pas. En revanche, il y a une responsabilité de tous ceux qui ont mis un bulletin LFI dans l'Urde. Ça, c'est une vérité. Vous voyez, ce propos, il n'est pas de moi, il est de la porte-parole du gouvernement, il est de Maud Bréjean, donc ce n'est pas une amie politique. Mais le raisonnement de Maud Bréjean devrait aller au bout.
C'est-à-dire que la responsabilité, c'est aussi ceux qui ont fait le nouveau Front Populaire, c'est aussi ceux qui ont fait une UPS. On ne peut pas, depuis des années, être allié, mais allié avec le même bulletin de vote avec LFI, c'est-à-dire que ce que fait la gauche depuis des années, c'est avoir le même bulletin de vote qu'LFI. Je dirais même plus, les amis de Mme Bréjean, les macronistes, ont eu le même bulletin de vote parfois au second tour. Quand ils ont appelé le Front Républicain contre la Rassemblement National. Lorsque la dernière législative chez moi à Marseille, au second tour, grâce à ça les amis de M.
Muselier, donc les macronistes, mais aussi du coup, c'est une toute petite partie de ces grands élus LR, ont choisi entre notre candidat et le candidat du nouveau Front Populaire, donc le candidat soutenu par LFI, ils ont choisi le candidat de LFI. Comment peut-on voter LFI lorsqu'on est un responsable politique, LR ou macroniste ? C'est ça aujourd'hui. C'est eux qui doivent nettoyer devant leurs portes. C'est eux, c'est leur responsabilité.
Ce que pointe Sandrine Rousseau, c'est que vous aussi, au Parlement notamment, vous piochez dans des groupuscules d'ultra-droite, connues parfois par les justicis, notamment pour vos assistants parlementaires, Franck Alizio, La Pointe, La Presse, Mediapart notamment, a épinglé régulièrement des profils d'assistants parlementaires du RN. Par exemple, l'une d'elles a été poursuivie en justice pour son rôle au sein d'un groupe identitaire et des banderoles racistes qui visaient la chanteuse Ayana Camura, Capucine Colombo. Un autre exemple, votre député du Var qui avait recruté le porte-parole d'une association identitaire adepte de la théorie du grand remplacement.
Donc, vous n'avez pas coupé l'épaule, vous.
Non, on a complètement coupé l'épaule. Non, parce que ces profils, ils existent dans les rangs du RN. C'est le combat d'une vie et cette vie, c'est celle de Marine Le Pen. Depuis 15 ans, elle a complètement écarté tous ceux qui pouvaient frayer avec les extrêmes au RN et hier au RN. C'est l'oeuvre de Marine Le Pen. A chaque fois qu'il y a eu des doutes, à chaque fois qu'on a eu des doutes sérieux sur quelqu'un, ce quelqu'un a été écarté, qu'il soit collaborateur ou qu'il soit élu.
Des témoins mettent en cause l'assistant parlementaire du député insoumis dans nos parions il y a quelques instants, Raphaël Arnaud. Son nom est Jacques-Élie Favreau. Il aurait été sur place selon ces témoins, ce qui nique catégoriquement. Hier, la présidente de l'Assemblée lui a interdit l'accès en argant que sa présence dans l'ensemble de l'Assemblée pourrait entraîner un trouble à l'ordre public et elle écrit dans ce communiqué « Toute autre mesure susceptible d'être prise ne peut l'être que par son député employeur ». Que feriez-vous à la place de Raphaël Arnaud ?
Je ne sais pas, je ne peux pas être la place de M. Arnaud parce que je n'aurais jamais employé ce personnage d'ailleurs. Il faut bien comprendre que Raphaël Arnaud est un compagnon de route. C'était le patron de ce jeune homme qui était dans la Jeune Garde. M. Raphaël Arnaud était le chef, le leader de la Jeune Garde. C'est la raison pour laquelle il est député LFI. C'est remerciement pour services rendus. On est dans quelque chose de, encore une fois, un lien qui est intime et organique.
Évidemment qu'il faut se séparer de ce collaborateur qui maintenant a tout à voir, on verra la suite, moi je ne fais pas l'enquête à la place des enquêteurs, mais qui a manifestement une vocation à tout à voir avec la justice et plus grand-chose avec l'Assemblée Nationale.
Franck Alizi, vous dites que vous n'avez plus rien à voir avec les identitaires. C'est vrai que Marine Le Pen, en 2022, avait appelé à dissoudre des groupes d'ultra-droite. Mais dimanche, des élus, des cadres du Rassemblement National étaient présents devant la Sorbonne pour rendre hommage à Quentin, réunis à l'appel d'un groupuscule identitaire, Les Natifs, un collectif qui a pris la succession de générations identitaires qui avaient été dissous pour racisme et violence et qui est fréquemment poursuivi en justice. Était-ce la place de certains cadres du RN aux côtés de ces personnes-là ?
Enfin, nous allons rendre un hommage, nous ne vérifions pas, nous ne pouvons pas vérifier par définition qu'il va se rendre également à cet hommage.
C'était public, c'était à l'appel de ces collectifs, ce rassemblement devant la place de la Sorbonne. Il y avait Éric Zemmour, Marion Maréchal et...
Deux députés RN.
Certains du RN.
Nous participent. Nous rendons un hommage, encore une fois, nous n'allons pas ausculter qui vient et qui ne vient pas. Enfin, il était naturel de rendre un hommage à une victime de violence politique. Encore une fois, je ne connais pas le groupe dont vous parlez, donc à partir de là, je ne peux pas vous répondre.
Une marche se prépare à Lyon samedi. On écoute Aliette Espieux, figure du mouvement Pro Vie, au micro France Info de Julie-Marie Lecomte.
L'hommage va peut-être permettre à certaines personnes de manifester leur colère et leur désir de justice. Après, si la justice est rendue impossible à cause du délai pris par la justice, on passera de la colère à la vengeance.
Évidemment, vous êtes en campagne à Marseille, mais est-ce que vous pensez à aller à Lyon ? Est-ce que vous appelez au calme ?
Évidemment que j'appelle au calme. la violence n'est jamais une solution. La vengeance personnelle privée, malheureusement, n'est jamais une solution, même si on comprend bien la douleur des familles des victimes, mais c'est jamais une solution. La solution, dans une démocratie, elle est dans la justice. Il faut que la justice soit rendue, donc par la justice de notre pays, l'autorité judiciaire, et ensuite, si quelqu'un veut exprimer, veut s'exprimer, il s'exprime en démocratie par les urnes et dans les urnes.
Il y aura qui du RN, là-bas ?
Pardon. Il y aura des membres du RN ? Je n'ai aucune information là-dessus, vous le saurez dans les prochains jours. En tout cas, moi, je n'y serai pas, je me consacre à Marseille.
Depuis ce drame, vous pointiez les Insoumis en représailles des permanences LFI où le siège du parti Insoumis ont été ciblés. Des croix celtiques ont été taguées aussi à côté du prénom Quentin hier sur les murs de l'université de Tours. Est-ce que vous condamnez fermement ces actions ? Notamment, celles visant les permanences LFI ?
Je condamne tout ce qui est à lien avec les extrêmes. Je condamne tout ce qui a lien avec des dérives. Voilà, vous connaissez mon parcours. Voilà, chacun a son parcours d'ailleurs, mais aujourd'hui, autour de nous, il n'y a que des personnes qui ne feraient pas avec les extrêmes, avec les dérives, avec les radicalisations. encore une fois, aujourd'hui, la violence politique, c'est nous qui en sommes en premier les victimes.
Les premières cibles de l'extrême-gauche, les premières cibles de ces groupuscules radicaux, ce sont les élus que nous sommes puisque leur première cible, d'ailleurs, ils s'appellent antifase, ils mélangent tout, pour eux, dès que vous n'êtes pas d'extrême-gauche, vous êtes fasciste. Et vous vous sentez menacé aujourd'hui ? Leur première cible, c'est nous, ce sont les élus du Rassemblement National.
Et vous vous sentez menacé ?
Ah oui, depuis quelques semaines, les menaces s'intensifient. Alors maintenant, vous savez que ça passe exclusivement par les réseaux sociaux. Quelles menaces vous recevez concrètement ? Je vais demander à mes collaborateurs de me faire un point, c'est on va te crever, c'est j'espère que toi et ta famille, vous êtes sous protection. Et attention, il n'y a pas que des paroles, il y a aussi des actes. L'été dernier, pour vous donner une anecdote, l'été dernier, j'étais en train de manger une pizza à Marseille, dans le centre de Marseille, une pizza où j'ai l'habitude d'aller.
Un militant d'extrême-gauche m'a identifié et est revenu avec une quinzaine de militants d'extrême-gauche, ils se sont mis face à moi, ils ont hurlé et ils ont menacé et j'ai eu droit à on sait qui tu es, on sait où tu habites. Il a fallu que j'appelle, je suis député, donc j'ai accès au prévu, il a fallu que j'appelle le prévu en disant ce serait bien, enfin, ce serait bien de m'exfiltrer de manière à ce qu'il n'y ait pas de coup. Mais on sentait bien que s'il n'y avait pas d'intervention de la police, ce serait mal fini. Il est sous protection aujourd'hui ? Non, aujourd'hui il ne se passe sous protection. Et vous sentez
une intensification des menaces ?
Exactement, je ne la demande pas mais je tiens au courant régulièrement la préfecture et le ministre de l'Intérieur. Il y a deux ans, un repas de Noël, un repas de Noël dans le centre de Marseille dans un restaurant, c'était un repas de Noël, ce n'est pas grand chose de politique mais c'était un repas de Noël du Rassemblement National. On a été identifié par une manifestation antifa, ils ont caillassé et explosé la vitrine du restaurant. Donc encore une fois, les menaces, elles sont là. Cette menace, c'est l'extrême gauche, non seulement c'est en parole mais aussi c'est en acte. Le 830 France Info,
Agathe Lambret, Paul Larouturou.
Avec Franck Alizio, député des Bouches-du-Rhône et candidat du Rassemblement National à Marseille, on parle maintenant de votre programme avec Paul.
Expliquez-nous, monsieur le député, expliquez-nous comment concrètement vous comptez, je lis votre programme, interdire de séjour dans les Bouches-du-Rhône toute personne défavorablement connue des services de police pour des faits de trafic de stupéfiants et quand elle constitue entre guillemets une menace, première question, comment vous qualifiez cette menace ? C'est vague, une menace.
Ça, c'est dans le cadre, ce que vous citez, dans le cadre d'un éventuel état d'urgence. C'est comme ça que c'est possible.
On va détailler après, mais comment vous faites ça concrètement, cette mesure ?
C'est une mesure prévue par l'arsenal de l'état d'urgence. Mais qui ne dépend pas du tout de vous. Non, pas du tout. L'état d'urgence, par définition, le maire de Marseille n'a qu'une mission là-dedans, c'est de demander l'état d'urgence au président de la République et au Premier ministre. Ce n'est pas votre prérogative.
Ça signifie, Franck Alizio, pardon, mais que l'une de vos...
La prérogative du maire de Marseille, c'est de protéger Marseille et Marseillais et de demander que tout soit mis en œuvre pour l'état d'urgence, on fait partie.
L'une de vos promesses phares instaurées, l'état d'urgence à Marseille ne dépend donc pas de vous.
Non, ce n'est pas une promesse. Je n'ai jamais dit que c'était une promesse. C'est quand même ce que vous promettez aux Marseillais.
Mais ça ne dépend pas de vous.
Ma promesse, c'est de le réclamer au président. Écoutez, ce qui ne dépend pas de moi, par définition, je le demande. Ce qui dépend de moi, je le fais. Toutes les compétences du maire de Marseille qui seront utilisables pour lutter contre l'insécurité et le trafic de drogue, je les utiliserai. Est-ce que j'aurais besoin de demander à l'État parce que ça dépend du gouvernement et de l'État ? Je le demanderai à l'État et au gouvernement. L'état d'urgence en fait partie.
Et si tant est que vous obteniez un état d'urgence qui ne dépend donc pas de vous, vous êtes donc pour une assignation à résidence pour toute personne à l'égard de laquelle il existe des raisons sérieuses de penser que son comportement constitue une menace. Je repose ma question tout à l'heure. Comment vous la qualifiez cette menace ?
Ça fait partie s'il est identifié par les services de police comme étant une menace par rapport au narcotrafic. C'est assez simple. Après, c'est le travail des policiers. L'état d'urgence il s'est appliqué de multiples fois dans notre pays. Le narcotrafic n'est pas très différent. Ce n'est pas moi qui le dis. C'est le Premier ministre, c'est M. Lecornu il y a quelques mois lors de l'assassinat du frère de M. Kessassi. La lutte contre le narcotrafic a beaucoup à voir par les méthodes avec la lutte contre le terrorisme islamiste. Oui, mais c'est un régime
exceptionnel qui est censé avoir un temps déterminé. Vous, vous le souhaitez pour combien de temps ? Et concrètement, ça signifie que demain s'il y a l'état d'urgence à Marseille, il n'y aura plus de manifestations, des perquisitions, des interditions de circuler ?
C'est donner les moyens à la police et à la justice d'être à armes égales face au narcotrafic. Aujourd'hui, notre police et notre justice n'est pas à armes égales. L'état d'urgence permet de donner davantage de moyens à la police et à la justice pour lutter contre le narcotrafic. Vous avez cité certains exemples. La perquisition est ce qu'il y a de plus pertinent. Oui, ça facilite le régime de perquisition de jour comme de nuit. Vous savez, au lendemain des attentats, l'état d'urgence a servi à aller chercher les armes. Et bien sûr, le narcotrafic, ce serait très utile d'aller ramasser, comme dit la police, d'aller ramasser les armes, d'aller chercher les armes.
Pour ça, les perquisitions et donc les comparutions immédiates qui pourraient s'en suivre sont très efficaces. Voilà, encore une fois, c'est l'apanage de l'État mais le devoir du maire de Marseille, c'est de demander à l'État de mettre les moyens dans une situation exceptionnelle comme Marseille, c'est de mettre des moyens exceptionnels.
Vous voulez aussi instaurer un couvre-feu pour les mineurs à 22h, c'est ça ?
Couvre-feu pour les mineurs, alors je précise à chaque fois... Combien de mineurs à Marseille ? Je précise à chaque fois les mineurs de moins de 16 ans.
Alors il y en a combien ?
Mineurs de moins de 16 ans ? Je ne sais pas combien il y a de mineurs de moins de 16 ans. La question n'est pas là. Mais vous savez
combien il y a de mineurs à Marseille à peu près ?
Non, je ne sais pas combien il y a de mineurs à peu près à Marseille.
Selon l'INSEE, il y en a 180 000, 200 000 environ.
Donc ça change quoi ma proposition ?
C'est juste que concrètement, comment vous faites ? Ça veut dire que vous allez demander aux policiers
de surveiller tous les mineurs à partir de 22h ? Déjà un couvre-feu, il se décide sur un périmètre. Bah forcément, tout Marseille. On peut cibler les périmètres où à minuit, lorsque vous avez 13 ou 14 ans et que vous êtes dans la rue, normalement, ce n'est pas normal. Enfin, c'est normal nulle part. Vous cibleriez quel périmètre ? Un couvre-feu, là où le trafic de drogue, là où le narcotrafic est le plus intense par définition. Et quand je parle de couvre-feu des mineurs, c'est les moins de 16 ans, vous avez compris. Il n'y a aucune maman marseillaise qui me reprochera d'empêcher son fils d'être dans la rue la nuit lorsqu'il a 13 ou 14 ans.
Donc, on ne peut pas sans arrêt dire il faut responsabiliser les mineurs, il faut faire attention à eux et il faut également responsabiliser les parents et puis ne prendre jamais de mesures. Donc, évidemment, ça fait partie de l'arsenal disponible pour le maire. Je l'utiliserai si nécessaire, évidemment.
Vous voulez aussi un passe-famille mino-seigneur, ce qui est une jolie formule pour dire qu'en réalité, vous voulez interdire les plages aux jeunes. Pourquoi vous voulez faire ça ?
Non, pas aux jeunes. Moi, je ne confonds pas. Non, moi, je ne confonds pas. Ça veut dire quoi,
famille, mino-seigneur ?
Moi, je ne confonds pas jeunes et racailles. Pour moi, les racailles sont des gens, sont ceux qui sont délinquants, sont ceux qui pourrissent la vie des autres, sont ceux qui foutent le bordel. Allez voir la définition dans le dictionnaire. Personne qui sont craints, c'est un groupe de personnes qui sont craints par les autres et qui sont peu recommandables. Donc, c'est ça que ça signifie ? L'expression est du président Nicolas Sarkozy, elle n'est pas de moi. Donc, ça signifie un passe-famille anti-jeune, c'est un passe anti-racaille. Qu'est-ce que c'est concrètement ? C'est assez simple. Il y a des créneaux enfants dans les piscines. On ne considère pas que c'est anti-républicain.
Là, on parle de l'espace public, on parle des plages publiques, pas des piscines. Les piscines municipales sont publiques. C'est un espace plus restreint. Les plages sont grandes à Marseille. Non, les plages ne sont pas si grandes à Marseille. On ne va pas rentrer dans la géographie de Marseille, mais vous avez des plages qui sont toutes petites. Je pense notamment aux Catalans. La plage est toute petite, elle peut très bien être contrôlée. C'est des créneaux horaires pour que les familles et les seigneurs puissent à nouveau avoir accès aux plages marseillaises.
Aujourd'hui, les familles et les seigneurs pour aller à la plage l'été, ils doivent quitter Marseille, aller dans les communes limitrophes comme Cassis, voire dans le département limitrophe, en l'occurrence le Var. C'est insupportable. Les gens qui paient leurs impôts qui sont marseillais ont tout autant le droit que les autres et quand ils vont dans une plage, ils n'ont pas à être harcelés, à être agressés, à être volés, à avoir de la musique à tue-tête, à avoir des gens qui fument des joints à côté.
On comprend votre proposition pour les plages. Il y a un autre sujet qui préoccupe beaucoup les Marseillais, c'est la propreté. Vous souhaitez mettre en place une brigade anti-tag qui sanctionnerait les auteurs de graffiti sur les murs. Alors, qui serait chargé de cette police du tag et quelle doit être, selon vous, la sanction pour quelqu'un qui fait un graffiti sur un mur ?
Une brigade de la police municipale serait une brigade anti-tag. Donc, il y aurait un volet nettoyage, ça pour l'instant, il existe, il n'est pas imparfait, mais il existe. Il faut une volet sanction parce que si la mairie ne fait que nettoyer et ne sanctionne jamais, d'où l'intérêt d'avoir une police
anti-tag. Une amende, tout simplement. Une amende de combien pour un tag ?
Une amende pour un tag, on va dire, 135 euros ou 750 selon que la personne est récidiviste ou non ?
8h57 sur France Info, c'est l'heure de la question qui aujourd'hui, la question qui est sous haute protection. Vous parliez il y a quelques instants d'Amine Kessassi, du nom de cet étudiant en droit de 22 ans qui a perdu son deuxième frère il y a deux mois qui s'est lancé sous très haute protection policière dans la bataille municipale sur la liste du maire sortant Benoît Payan. Est-ce que vous avez peur pour lui ? Pour Amine Kessassi ? Oui.
Oui, comme tous les Marseillais et je crains pour tous ceux qui se dressent contre les narcotrafiquants, mais ça pourrait être aussi le cas des islamistes, ça pourrait être le cas de l'extrême gauche on vient d'en parler, il y a une montée de l'enviolence, il y a un ensauvagement de notre société. Sur lui ? Le frère d'Amine Kessassi en a été victime, c'était un assassinat d'intimidation, on ne voit ça que dans les villes d'Amérique du Sud, ce qui prouve que la situation marseillaise est grave. J'ai plusieurs fois d'ailleurs, j'ai participé avec les Marseillais au rassemblement en soutien Amine Kessassi au lendemain de l'exécution de son frère.
Je lui ai apporté de nombreuses fois mon soutien, oui typiquement il est avec monsieur Payan, il est sur la liste adverse, mais nous n'avons pas d'ailleurs les mêmes solutions. Il pense à l'égalisation de la drogue pour lutter contre la drogue, je pense exactement à l'inverse, mais je respecte son combat, je respecte l'homme, je respecte sa douleur bien évidemment.
Merci beaucoup Franck Alizio, candidat au municipal à Marseille.
Franck Allisio