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interviewBFMTV· 12 mai 2023

L'interview de Jean-Philippe Tanguy en intégralité

Transcription automatique. À recouper avec la source d'origine.

Bonsoir Jean-Philippe Tanguy, vous êtes donc notre invité de ce vendredi soir, vous êtes député Rassemblement National de la Somme. On est ravis de vous accueillir et on va commencer donc avec ce déplacement du Président de la République à Dunkerque. Il a multiplié les déplacements, il a multiplié les annonces ces derniers jours pour parler d'autre chose, parler d'autre chose autre que ce sujet de la réforme des retraites.

Il est en train d'y arriver, non ? Je ne sais pas, la réforme des retraites visiblement va revenir au Parlement via la proposition de loi du groupe Lyot, qu'on soutiendra pour abroger ce qui a été fait. Donc le Président ne peut pas décider à la place du Parlement et de la nation ce dont on veut parler, mais ça n'empêche pas de parler d'autre chose certes, mais pour parler d'industrie il faut être légitime et crédible.

M. Macron n'est absolument pas ni légitime ni crédible pour parler d'industrie. On a l'impression qu'il découvre, j'écoutais attentivement votre reportage pour ne pas réagir dans le vide, quand il parle des délais.

Effectivement, il faut deux à trois fois plus de temps pour ouvrir une usine en France qu'en Allemagne. Mais que n'a-t-il fait ? Il a été ministre de l'économie il y a maintenant presque dix ans, conseiller en économie de M.

Hollande, ministre, président, président de deuxième fois. Donc s'il faut presque dix ans pour découvrir qu'effectivement en France c'est très compliqué d'ouvrir des usines, c'est en fait une reconnaissance de la faillite. Rien n'a été fait depuis six ans dans ce domaine ?

Dans le domaine industriel, non, très peu, si. Il y a beaucoup de choses qui ont été faites pour détruire des emplois. Je rappelle qu'Emmanuel Macron a le plus lourd bilan de perte de champions industriels de niveau mondial puisque nous avons perdu sous son mandat Alstom Énergie avec 5000 emplois détruits en France dans les domaines justement de transition énergétique, de technologies d'avenir.

Nous avons perdu Lafarge, nous avons perdu Alcatel aussi, technologies d'avenir avec le numérique, la télécommunication. Nous avons failli perdre Alstom Transport. Moi je n'oublie pas.

Je ne sais pas si on peut mettre tout ça sur le compte de la présidence d'Emmanuel Macron. En le cas, aujourd'hui, il est venu pour annoncer...

Il y a même une enquête du PNF sur ça. C'est lui. Tous ces emplois perdus, vous vous dites, c'est la faute d'Emmanuel Macron.

Alors la destruction de ces quatre entreprises, c'est lui qui les a vendues. La quatrième est Technip. Ce sont des décrets qu'il a lui-même signés de vente à l'étranger.

Il y a une enquête, je vous rappelle, du Parquet national financier sur les raisons de ces ventes puisque visiblement, d'après une commission d'enquête parlementaire du mandat précédent, il y a eu un faisceau de corruption. En l'occurrence, là, il est venu annoncer 3 000 emplois directs, 12 000 indirects, près de 6 milliards d'investissements. Ah mais moi, je ne suis jamais dans la politique du pire.

Moi, je me félicite qu'il y ait ces usines. Mais l'arbre ne peut pas cacher la forêt, vous voyez. Moi, j'étais dans la Somme encore aujourd'hui.

J'avais un éleveur de moutons à Rubenpré. Il a des centaines de kilos de laine parce qu'il n'y a plus d'usines en France pour transformer la laine. Bientôt, on va récolter le lin dans la Somme.

La France est le premier producteur de lin au monde, 75% de la production mondiale. Il n'y a plus de transformation du lin en France. Et du coup, vous ne faites pas vous en tant que député pour l'aider votre éleveur de moutons ?

J'essaie de motiver les acteurs économiques, Bercy, à reproduire des filières, à remonter à la filière du lin. Ça fait huit ans que j'essaie de me battre sur la filière du lin, sur les nouvelles technologies, notamment la construction. On peut faire des matériaux innovants d'isolation en lin, la laine aussi.

On pourrait isoler au Canada. Ils isolent beaucoup les logements avec des renforcements en laine. Il y a beaucoup de choses à faire, vous savez, sur nos territoires.

Par exemple, aussi, j'essaie d'ouvrir une mine sur ma circonscription de phosphate qui permettrait de transformer des engrais. Puisqu'avec la guerre en Ukraine, nous avons redécouvert le rôle prépondérant des engrais. Donc, il y a les nouvelles technologies, c'est très important.

J'ai toujours soutenu les filières des batteries et de la nouvelle technologie, les voitures propres, dans les Hauts-de-France, puisque c'est ma région. Mais ça ne doit pas faire oublier que l'industrie, c'est aussi les technologies de base. Et je trouve que depuis le Covid, malheureusement, nous n'avons pas reconstruit nos filières de base, le médicament, pour en parler.

Le président a tort, en fait, de mettre en avant son bilan économique pour essayer de parler d'autre chose. Oui, non, mais évidemment qu'il essaie de faire diversion. D'ailleurs, ce qui serait étrange, c'est de le faire tout en le disant, en avouant qu'on veut passer à autre chose, alors que, de toute évidence, la nation veut encore parler de la réforme des retraites.

Donc nous, on continuera à en parler, mais on ne va pas non plus...

Il y a un double piège. Là, on n'empêche pas l'autre. Exactement.

Il y a un double piège. Le premier piège, ce serait de laisser le président passer sur ce traumatisme des retraites. L'autre piège, ce serait de rester, nous, en tant qu'opposition, coincés dans le seul sujet des retraites et ne pas lui répondre, comme j'essaie de le faire ce soir, sur les autres sujets qui, évidemment, préoccupent les Français.

Mais sur votre critique, là, sur l'industrie, est-ce que ce n'est pas une critique un peu amère, parce que, finalement, il relocalise, il réindustrialise ? Il y a quand même un mouvement qui est objectivement remarqué par la dernière, par exemple, étude de Ernst & Young sur l'attractivité. Ça fait plusieurs années qu'on est le pays le plus fort en termes d'investissements étrangers.

Oui, mais on a quand même des bons résultats. En termes de promesses, parce que quand on regarde les investissements réalisés, on n'est plus promis. Oui, mais c'est déjà quand même des signaux.

On a quand même plus d'emplois industriels. Il y a un élan qui se remodifie depuis quelques années en termes de création d'emplois industriels. Une balance entre la création et les destructions et les disparitions d'usines qui se rééquilibrent.

Finalement, quelque part, c'est des thématiques que vous avez défendues. Vous vous êtes fait voler un petit peu cette thématique du souverainisme. C'est exactement ce qu'il essaie de faire.

Peut-être difficilement, mais il y a quand même des élans. Ce ne sont pas des remarques amères que vous avez. D'ailleurs, il était sur les guerres du Rassemblement national aujourd'hui.

Il essaie de vous piquer vos électeurs. Vous savez, je ne sais pas ce que personne n'est dupe, mais tout le monde, le président de la République. Ce sont des sujets qui leur parlent à vos électeurs.

Il peut aller partout. Je ne suis pas sûr que les électeurs soient dupes de quelques années ou quelques mois de changement après des années de désinsocialisation. Vous avez raison, madame.

Il y a des efforts qui ont été faits. Moi, je ne suis jamais dans la politique du pire. Je pense que Marine Le Pen n'est jamais dans la politique du pire.

Quand il y a des bonnes nouvelles, vous savez, ces usines ont eu des subventions régionales. Je les ai toutes votées. Donc moi, je ne suis jamais dans la politique du pire.

Tout ce qui est positif pour mon pays, je le prends. Mais bon, il faut quand même regarder avec un peu de nuance cette étude de Einstein-Youn. Par exemple, le fait qu'un investisseur étranger achète une pépite française comme Alstom.

Et là, il y a eu 150, je crois cette année, 150 entreprises stratégiques que Bruno Le Maire a laissé partir. Ça compte dans les investissements internationaux. Donc la façon aussi dont ils sont comptés, il y a des bonnes nouvelles, je les prends.

Il y a aussi des fausses bonnes nouvelles, à savoir que quand on a Photonis, quand on a des industries stratégiques de défense qui sont achetées par les Américains, ce n'est pas pour moi une bonne nouvelle. Donc il faut faire la différence entre les deux. Et après, une fois de plus, vous savez, il faut aussi compter l'argent qui est mis, les milliards d'euros qui sont mis avec le plan de relance européen d'une part, les plans de relance post-Covid d'autre part.

Et quand on compte le nombre d'emplois créés par rapport à l'argent qui est mis sur la table, on ne peut pas être satisfait. C'est-à-dire que oui, quand vous mettez 10 milliards d'euros par an pour ramener des usines, heureusement encore qu'il y a des usines qui sont ramenées. Mais est-ce que le rapport entre l'argent public qui est investi et les emplois réels qui sont créés sont satisfaits ?

Vous voyez mieux ? Avec moins d'argent ? Moi je pense, non, on ne mettrait pas moins d'argent, je suis honnête avec vous, mais je pense qu'on exigérerait plus d'emplois.

Vous savez, une fois plus, moi je parle aussi de mon mandat régional, puisque l'activité économique, vous le savez, l'industrie est décentralisée par les régions. Il n'y a jamais de clause, ni d'investissement durable, ni d'emploi. Donc il est aussi temps que la France mette plus d'exigence entre l'argent qui est mis sur la table et les retours qu'il y a en termes de création d'emplois.

C'était déjà le problème, vous savez, avec François Hollande et encore Emmanuel Macron, avec le CICE, il n'y a jamais de contrepartie qu'on demande aux entreprises. Et je pense qu'aujourd'hui les Français, on le voit notamment sur les salaires, commencent à être un peu lassés de ces dizaines de milliards d'euros qui sont mis dans l'économie. Sans doute à bon escient, mais il n'y a jamais de contrepartie.

On voit que dans le rapport, par exemple, sur l'industrie agroalimentaire, quand vous avez des marges de 40% dans l'agroalimentaire international, il est légitime que les Français se disent qu'une partie de cet argent sert à payer les dividendes et pas les salaires ou les investissements. Jean-Philippe Tanguy, comment vous imaginez, vous, la suite de cette bataille contre la réforme des retraites ? Parce qu'on l'entend, là aussi, il y avait des opposants qui étaient présents, opposants à cette réforme lors du déplacement du président de la République.

Il y a eu effectivement quelques casses-relades, mais les gens étaient peut-être moins nombreux et moins bruyants. On sent aussi quand même une forme de résignation. Je veux dire, en quoi des manifestations tous les dix jours et une proposition de loi qui peut potentiellement passer à l'Assemblée nationale, mais qui n'a aucune chance d'aboutir au Sénat, en quoi ça peut suffire à changer le rapport de force ?

Sur quoi vous vous concentrez, vous ? Nous, sincèrement, on nous l'a d'ailleurs reproché à la NUPES, on n'a pas menti, Marine Le Pen n'a pas menti aux Français. Tout ce qui peut être fait, on soutient.

S'il y a des manifestations dans lesquelles on le soutient, s'il y a une proposition de loi, on va la soutenir. Mais nous avons dit aux Français que maintenant, ça a été voté, le Conseil constitutionnel a été voté. Le vote des Français en 2022 a une conséquence, c'est que Emmanuel Macron avait voulu cette réforme.

Il a utilisé des moyens, y compris, je pense, des abus de droit, pour y arriver. Malheureusement, il y est arrivé. Maintenant, on le dit aux Français, le seul moyen de revenir sur cette réforme, en tout cas le principal moyen, le plus crédible, c'est de voter pour un changement en 2022.

Donc vous vous dites, c'est plié, rendez-vous en 2027 ? On n'a pas dit c'est plié, j'ai dit qu'il y a des petits champs. J'ai dit, strictement, j'ai essayé d'être le plus honnête intellectuellement possible.

Il y a des chances de pouvoir faire des petites choses, cette loi. Le Sénat n'a pas le dernier mot en France, donc on va voir comment prospère cette loi. On la soutiendra, on la votera.

On a eu un bureau de la Commission des Finances cette semaine. J'ai soutenu le président Coquerel de la France Insoumise quand il a dit, sans doute, qu'il allait faire passer cette loi, qu'il allait rendre recevable cette loi, contrairement à ce que voulait faire la Macronie. Donc moi, je ne suis une fois plus pas dans la politique du pire.

Je soutiens les bonnes initiatives d'où qu'elles viennent. Mais soyons honnêtes, vous l'avez dit vous-même, ça a peu de chances d'aboutir. Et donc on dit aux Français, le vote a des conséquences.

C'est dans une démocratie qui est fragilisée. Qu'est-ce que vous dites à ces Français, Jean-Philippe Tanguy ? Là, on en voit une conséquence concrète.

Ceux qui se mobilisent depuis des semaines maintenant, qui ont perdu du coup de leur salaire parce qu'ils se sont mobilisés, parce qu'ils étaient dans la rue ou parce qu'ils ont fait grève, et qui pensent encore qu'ils peuvent inverser la tendance, vous, vous leur dites rendez-vous en 2027. Est-ce que vous pouvez concevoir que ce soit un peu léger ? Il y a quand même plus motivant.

Oui, mais je comprends. Mais vous savez, mentir aux gens, ce n'est pas non plus une bonne solution. Donc moi, je ne veux pas mentir aux Français.

Je pense que Marine Le Pen, même ses adversaires, lui reconnaissent à une constance, à une cohérence. Donc il faut arrêter les manifestations. Mais je n'ai pas à donner...

Vous savez, on nous a reproché au début de ne pas nous mêler de l'organisation des manifestations, de ne pas vouloir mélanger. Non, on aurait pu...

Non, mais il y avait vos électeurs qui étaient dans certaines manifestations, mais ça a été très clair du côté fonds syndical, que ce soit Laurent Berger ou Philippe Martinez à l'époque, pour dire qu'ils n'avaient rien envie de faire avec vous. Vous avez raison, monsieur le personnel. Mais on aurait pu aller au clash.

On aurait pu vouloir y aller, faire des polémiques. C'est plus trop votre truc d'aller au clash. Mais non, mais d'accord.

Sauf qu'on y serait allé, on nous aurait dit...

Même à l'Assemblée, d'ailleurs, on ne peut pas tellement aller au clash. Ce n'est pas notre mentalité, ce n'est pas la ligne de Marine Le Pen, mais on ne peut pas toujours nous reprocher de tout et de notre contraire. Nous, on a toujours disparu.

Non, mais on n'a pas voulu courir la situation. Là, vous êtes plus en commentaire concrètement que dans l'action. C'est-à-dire, à l'Assemblée, vous avez déposé moins d'amendements que renaissance.

Mais ça ne sert à rien de plus d'amendements. En disant non, parce qu'on a fait des petits amendements, mais on n'a fait que des choses précises. Et concrètement, vous n'étiez pas aux avant-postes de cette bataille-là.

Mais je ne suis pas d'accord. En tout cas, c'est ce qu'on a pu constater. Les électeurs n'ont pas l'air d'accord, selon les sondages.

Après que vous en tiriez les marrons du feu, c'est encore autre chose. Mais du coup, est-ce que le 8 juin, vous allez concrètement voter la proposition de loi du groupe Lillotte pour abroger la réforme ? Oui, dans l'esprit tel qu'elle est aujourd'hui présentée, sauf si elle est évidemment saccagée par des amendements de la Macronie.

Vous parliez d'honnêteté intellectuelle. Sur le 8 juin, il y a l'article 40. Ce n'est pas la Macronie, vous employez cette expression, qui a écrit l'article 40 de la Constitution, qui considère que le Parlement, et c'est une proposition-loi, donc d'origine parlementaire, ne peut pas soit réduire les recettes de l'État, soit alourdir une charge.

Si on abroge cette loi-là, par définition, ça va alourdir les charges de l'État ou réduire les recettes, ou d'ailleurs les deux. Jusqu'où êtes-vous prêt à aller pour vous mettre d'accord avec l'ensemble des autres oppositions pour un mode de financement alternatif ? Même si on se mettait d'accord sur un mode de financement dans cette loi, ça ne changerait pas l'interprétation de l'article 40.

Sauf justement à proposer une solution alternative. Mais il y a deux choses. D'une part, la première année, la réforme coûte de l'argent et ne rapporte pas, donc il y a un biais.

Et surtout, nous, on pense qu'en fait, à terme, et on a l'exemple avec la réforme Fillon, maintenant c'est renseigné, c'est documenté, nous pensons que ces réformes paramétriques coûtent plus d'argent à l'État qu'il leur apporte, puisqu'il y a un transfert de cons sociaux, c'est-à-dire que vous gagnez de l'argent sur la caisse des retraites, mais vous en perdez sur la caisse maladie, sur la caisse des invalidités, sur l'accompagnement des personnes. Donc en fait, ce sont des fausses économies, donc nous ne pensons pas que pour l'État, que pour l'intérêt général, ce soit une charge. Et une fois plus, la réforme Fillon, qui était pourtant moins dure, c'est-à-dire qu'il y a moins d'accidents de la vie entre 60 et 62 ans, quant aux 62 et 64 ans, évidemment, nous pensons que cette réforme va avoir un coût pour l'État, donc nous pensons que nous, nous sommes cohérents, et que la majorité, enfin la minorité présidentielle, a menti, y compris d'ailleurs, sur les considérations financières de cette réforme, je le pense sincèrement. – Vous allez poursuivre votre stratégie qui consiste à faire profil bas à l'Assemblée nationale ? – Mais on ne fait pas profil bas, enfin, là, on a eu le drapeau, certes, combat symbolique, mais enfin, c'est nous qui avons en plus porté la bataille sur le drapeau, sur la réforme des retraites. – Vous parlez du drapeau devant les mairies, en l'occurrence ? – Oui, c'est le dernier texte qu'on a eu à l'Assemblée, mais sur les retraites, je ne suis pas d'accord, on a analysé le contexte parlementaire, c'était un temps bloqué, nous savions que nous n'allons pas avoir beaucoup de temps, donc nous voulions aller le plus vite possible, nous n'avons pas déposé d'amendement, pas pour faire profil bas, parce que nos stratégies, c'était d'aller aux articles les plus importants.

La NUPES n'a pas choisi ces stratégies, donc peut-être qu'elle a été très bruyante, mais elle a été l'idiot-utile du gouvernement. – Vous avez déposé plus d'amendements que vous, – Mais un amendement, M. Boucher-Péter, un amendement, non mais, moi je vais vous dire, la vision que j'ai de l'amendement, c'est améliorer et nuancer un texte.

Quand vous êtes contre un texte, vous n'avez pas l'amender, vous êtes contre. Donc nous, nos amendements, c'est des amendements de suppression de la loi, on ne veut pas l'améliorer, on est contre, on ne peut pas améliorer 69, 69, 69. – Le débat parlementaire, il avait un double intérêt, c'est-à-dire modifier le texte et surtout publiciser les difficultés de ce texte auprès des Français. – Ça, je suis en désaccord avec vous, pour moi, le but du Parlement, c'était de bloquer cette loi.

Nous avons lu la bloquer, nous avons proposé un référendum, il y aura un référendum aujourd'hui, si la NUPES n'avait pas boudé, parce qu'elle n'était pas contente du tirage au sort, nous avons eu la possibilité de déposer cette motion référendaire. La NUPES a littéralement boudé, c'est le bon mot, elle est sortie. – Vous dites que tout ça, c'est de la faute de la NUPES ? – Oui, il y a eu une co-construction d'idiot-utile entre le gouvernement qui voulait un faux débat parlementaire et la NUPES qui a choisi, enfin une partie de la NUPES, il faut être honnête, les communistes, les socialistes n'ont pas voulu cela, en particulier les insoumis, ont voulu pourrir la situation, ont cru provoquer une crise sociale dans le pays, et au final le texte est passé. – Mais le militant vous voterez quand même à leur côté. – Il n'y a jamais eu autant de manifestants depuis 30 ans, donc si le texte est passé malgré la mobilisation, ce n'est pas que la faute de la NUPES. – Si, les syndicats n'avaient pas l'air très contents, M.

Boucher-Perset, je n'ai pas l'impression que les syndicats étaient très contents du choix. – Sur l'article 7, bien sûr. – Article 7, article 10 sur le minimum de pension, il y a beaucoup d'articles.

M. Mélenchon l'a écrit, excusez-moi, M. Mélenchon pensait qu'il n'y avait pas de majorité contre la loi et contre l'article 7.

Il l'a écrit, pressé de se faire basse, il s'est trompé, il avait tort. – Bon, ça, personne ne sait vraiment quoi. – Si, je pense que les Républicains, c'est nous en tout cas le travail qu'on faisait au Parlement, il y avait une pression faite sur les Républicains par les autres élus, par la CFDT, par leurs électeurs, pour qu'ils ne votent pas, et je pense qu'ils n'auraient pas voté, en tout cas, visiblement, le gouvernement pensait aussi qu'ils n'avaient pas voté, puisqu'ils ont utilisé le 49.3. – Allez, on en vient à ces cinq manifestations de l'ultra-droite qui ont donc été interdites pour ce week-end, décision du préfet de police de Paris, dans la foulée de la demande du ministre de l'Intérieur et de cette polémique suscitée par ces images, cette manifestation samedi dernier du comité du 9 mai, on va aller voir les images, les arrêtés peuvent encore être annulés par la justice, mais quoi qu'il en soit, est-ce que vous considérez que c'était la bonne décision ?

Est-ce que le préfet de police de Paris a pris la bonne décision ? – Écoutez, je ne suis pas spécialiste de ces cinq manifestations, donc je ne sais pas si en l'espèce, elles sont aussi scandaleuses et inacceptables que celles qui s'est tenues le 9 mai, où nous avons eu dans tout Paris la des signes néonaises. – Alors, là, pardon, là, c'est de la mauvaise foi, parce que quand je vous parle réindustrialisation, vous semblez quand même avoir bossé le sujet, j'imagine que là aussi, vous êtes un petit peu renseigné sur les sujets en question et les groupes en question. – Moi, par principe, je préfère que des mouvements d'extrême droite ne puissent pas circuler librement dans les rues de Paris.

Donc, j'ai un a priori très dur, très sévère sur l'interdiction de tout ce que j'appelle tous les mouvements sédicieux, c'est-à-dire mouvements d'extrême droite, mouvements révolutionnaires d'extrême gauche, mouvements islamistes, voilà. Ce sont les trois mouvements sédicieux qui malheureusement prospèrent en France avec un certain laxisme de l'État. – Donc, en l'occurrence, si ces manifestations sont interdites, parce que la justice doit encore se prononcer, vous dites que ce serait une bonne chose. – Oui, je pense que c'est plutôt une bonne chose, de ne pas permettre à ces mouvements de prospérer dans Paris, vous savez, la visibilité, c'est le recrutement.

Donc, moi, je ne suis pas du tout d'accord quand on dit qu'on ne peut pas contrôler les mouvements extrémistes, on ne peut pas contrôler la pensée, certes, on ne peut pas penser des gens, de penser des choses inacceptables et condamnables. Mais, vous pouvez les empêcher de prospérer, de se montrer. Donc, il y a des jeunes qui voient ça, ils disent « Ah, pourquoi pas ?

Qu'est-ce qu'ils disent ? » Vous pouvez les empêcher de faire leur publicité, voilà. Et je pense qu'il faut les combattre par tous les moyens.

Et moi, je suis désolé, je trouve absolument, j'étais vraiment choqué de voir des néo-nazis qui peuvent circuler, cagouler, visiblement, appel à la violence, appel à la haine, avec des propos et des idéologies qui ne peuvent mener qu'au chaos et qu'à la remise en cause de la République. Il n'y a pas d'autre chemin de ces idéologies. Vous avez des idéologies, par exemple, le marxisme, il y a un pan révolutionnaire dangereux, puis il y a un pan philosophique non dangereux.

Dans le néo-nazisme, il n'y a aucun pan qui ne mène pas à la violence et à la sélection. Est-ce que ça n'est pas une question que vous vous êtes posée le jour où vous avez adhéré au Rassemblement National ? Pas pour ce qu'il est aujourd'hui, mais par rapport à son histoire.

Et on sait qu'il y a des gens qui étaient dans la manifestation qui ont pu être proches du Rassemblement National. Il n'y a pas été proches, il y a M. Lousteau, éternel et d'ailleurs Marine Le Pen du Rassemblement National.

Marine Le Pen fait un article dans Le Monde sans doute que vous verrez. Oui, oui, alors justement, on va peut-être contextualiser. Qui sont ces deux personnes, en l'occurrence, Jonathan Boucher-Péterson ?

Il y avait deux personnes qui étaient présentes, les deux anciens trésoriers du micro-parti de Marine Le Pen, des gens qui sont, comme je le rappelais tout à l'heure, plutôt en charge de la logistique, en tout cas pour Axel Lousteau et de la sécurité dans les différentes campagnes du Rassemblement National depuis maintenant longtemps, qui participent, qui ont toujours revendiqué ce lien avec le GUD dont il a fait partie, sa proximité avec Frédéric Chatillon qui a été longtemps son associé au sein de l'entreprise Riewold. Riewold qui a été le prestataire historique du Rassemblement National et du Front National qui a été condamné. Ils ont retrouvé le moyen de faire des structures pour, encore dans la dernière campagne électorale, travailler pour Marine Le Pen.

Clairement, il y a un changement de ton chez Marine Le Pen. Il est absolument notable dans cet article du Monde. On va lire un extrait parce qu'on a sélectionné deux extraits.

Pour finir la phrase, on va m'expliquer qu'en gros, elle a toujours dit ça. Moi, ce que je trouve sidérant, c'est qu'Axel Lousteau, il participe à ces réunions, à ces manifestations du mois de mai depuis 15 ans et ça fait 15 ans qu'il était prestataire. Là, tout d'un coup, parce que la focale se fixe là-dessus et que ça devient un sujet d'intérêt national.

On a Marine Le Pen qui, tout d'un coup, coupe les ponts. Donc, c'est stratégiquement sûrement la meilleure chose qu'elle a à faire. Mais il y a quand même un petit problème de sincérité et clairement de l'opportunisme dans le positionnement.

Alors qu'on n'a pas eu le temps de le dire, je sais vraiment court, il y avait des membres, enfin, il y avait un certain nombre de jeunes qui étaient présents dans cette manifestation qui sont présents dans l'entourage. Ça a été documenté, je vous invite à lire l'article de libération dans la jeunesse du Rassemblement National. Donc vous, vous venez de chez Dupont-Aignan.

Ce n'est pas votre histoire. Il se trouve que dans le Rassemblement National, il y a encore des identitaires, ils ne sont pas tous partis chez Éric Zemmour. Donc, est-ce que ça vous...

Dans quelle mesure vous découvrez une partie du parti que vous ne connaissiez pas ? Oui, écoutez, historiquement, moi, je trouve que historiquement, ces mouvements se sont construits contre le Front National. Ils étaient dans tous les 1er mai.

Il y a eu...

Non, le but des compagnies, c'est des mouvements qui se construisent contre le Front National. Mais Lousteau, il fait le service d'ordre du 1er mai depuis 15 ans. Historiquement, M.

Lousteau, moi, et ça m'a été confirmé officiellement, toutes les relations commerciales et politiques étaient rompues depuis 2017. Ce n'est pas vrai, il était encore dans la dernière campagne. Moi, j'étais directeur de campagne à jour, je n'ai jamais vu M.

Lousteau de toute la campagne. C'est sûr que non. Parce que dans les comptes de campagne, il est présent.

Mais écoutez, moi, je vous assure sur mon honneur, je vous dis droit dans les yeux soir, je n'ai jamais vu M. Lousteau ni indirectement dans la campagne. J'étais en charge de la communication de toute la propagande écrite.

Je n'ai jamais vu ni M. Châtillon. Donc, il travaillait pour le Rassemblement National ou pas ?

Je ne comprends pas. Visiblement, il était actionnaire minoritaire dit politique qui a travaillé pour le Rassemblement National. Et vous n'étiez pas au courant ?

Mais j'étais absolument pas au courant et personne...

Pour tout vous dire, j'ai même posé la question quand je suis arrivé dans l'équipe de Marine Le Pen et on m'avait dit qu'il n'y avait plus de lien entre M. Lousteau et M. Lousteau et le Rassemblement National.

Et visiblement, il était encore actionnaire minoritaire mais visiblement, ce n'était pas connu en tout cas de Marine Le Pen. Mais alors, s'il n'y avait plus de lien entre les deux, pourquoi aujourd'hui, ce soir, dans un entretien au Monde, elle prend encore le soin de préciser que s'il le fallait, elle prendrait davantage ses distances avec eux ? C'est qu'il y a quand même un embarras.

Il y a quelque chose qui n'est pas clair. Non, les deux. En l'occurrence, elle s'adresse aux deux.

Elle parle de M. Châtillon et d'Axel Lousteau. À Lousteau, même, il n'a pas été reconduit.

Il était conseiller régional et il n'a été définitivement pas reconduit lors du dernier renouvellement. Alors, on va voir ce qu'elle dit. En l'occurrence, on a sélectionné deux extraits.

Enfin, ce que dit Marine Le Pen et ce que dit un historique du Rassemblement National. Pour Marine Le Pen, elle dit les gens qui sont des prestataires où l'on était et qui s'exposent dans des manifestations qui portent des idées radicalement différentes de celles du Rassemblement National doit s'attendre à en tirer les conséquences du moins à ce que le Rassemblement National en tire. Ça veut dire quoi ça ?

C'est une réponse. Moi, j'ai eu l'entretien. C'est une réponse pour moi à M.

Châtillon. Dans le contexte de l'entretien du Monde que je connais parce que j'ai aussi beaucoup les journalistes cette semaine, c'était la question qui s'est posée. Et si elle en parle, c'est parce que les journalistes lui ont beaucoup posé la question depuis quelques jours et qu'elle a décidé dans cet entretien au Monde d'établir une fois plus clairement les choses.

Mais c'est toute l'histoire du mariniste. Je trouve que vraiment les commentaires sont vraiment parfois très injustes avec Marine Le Pen. Tout le parcours politique de Marine Le Pen, ça a été de rompre totalement avec ces groupuscules qui parfois d'ailleurs s'infiltrent à notre insu et de toujours les renvoyer à leur triste sorte.

Visiblement, le travail n'est pas tout à fait terminé et vous ne pouvez pas nier que ces liens en l'occurrence sont embarrassants pour votre parti. Mais il s'est embarrassant parce que M. Lousteau avait visiblement promis lorsqu'il a été investi et le conseil régional en 2015 qu'il avait totalement rompu avec ces groupuscules et de toute évidence il n'avait pas rompu avec ces groupuscules.

Donc vous savez, dans la vie, vous faites aussi face à des gens qui vous mentent, qui manipulent votre bonne foi, qui essaient de manipuler votre volonté de rassembler des gens et quand vous vous rendez compte que ces gens vous ont menti, vous devez agir et nous avons toujours agi quand on s'est rendu compte que des gens avaient menti, n'avaient pas les congés, la conviction qu'ils prétendaient avoir, ils ont toujours été sévèrement écartés du mouvement depuis que Marine Le Pen est présidente. Je pense que c'est une vieille...

D'ailleurs, ces gens, je tiens à le dire ce soir, ces gens nous détestent. Ce sont des gens qui sont extrêmement hostiles à l'idéologie et à la personne de Marine Le Pen. Ce ne sont pas à l'idéologie, à la stratégie de dédiabolisation.

Ce sont des gens qui sont hostiles à l'idéologie, à un parrainisme qui dit ce qu'elle est de gauche...

Quand ils entendent Jean-Denard Délan parler de grand remplacement, ça leur plaît beaucoup, je vous assure. Je voudrais que l'on lise une autre citation de cet article, en l'occurrence, là, c'est un historique du Rassemblement National qui est cité dans ce papier du Monde. Ces mecs ont une immense capacité à foutre le bordel, ils crameront tout plutôt que de mettre un genou à terre et je les comprends car ils ont fait Marine de A à Z.

Un historique du Rassemblement National. Ça, c'est un peu la difficulté. Quand vous avez des anonymes, moi, je ne fais jamais de off.

Moi, j'assume mes propos. Les gens qui n'assument pas leurs propos dans la vie, surtout quand on prétend être nationaliste ou je ne sais quoi, d'avoir des valeurs...

Pour moi, c'est bon pour la poubelle pour ne pas dire autre chose. Vous qui êtes membre de ce parti, qui êtes jeune, qui êtes pour cette dédiabolisation du Rassemblement National, est-ce que vous ne craignez pas ces gens ? Est-ce que vous ne craignez pas qu'ils craignent tout ?

Moi, ces gens, ce n'est pas seulement que je veux les écarter pour des questions d'image. Ce sont des gens que je combats idéologiquement. Je suis contre leur vision de la société, je suis contre leur vision de l'être humain, je suis contre leur vision des institutions.

Et c'est des gens, je l'ai déjà dit plusieurs fois publiquement, qui détestent tellement ce que je représente moi, c'est-à-dire le marinisme, le gaullisme, qui m'ont agressé au couteau un samedi soir pendant les élections européennes. Voilà, dans la différence générale, il faut bien le dire. Mais j'ai la triste situation d'être un des armes politiques français, avoir été agressé au couteau, à l'œil et à l'aine.

Voilà, ce sont des gens pour des raisons homophobes, évidemment. Ce sont des gens qui détestent ce que nous représentons et pourquoi nous nous soumattons. Et c'est des gens qui sont dans la politique de terre brûlée, qui veulent détruire les idéaux français, qui veulent détruire la République.

D'ailleurs, ce sont des gens qui ne se baladent pas avec un drapeau français. Ce sont des gens qui se baladent avec un drapeau noir et blanc, néo-nazi. Ce sont des gens qui se foutent de la France, qui se foutent de toutes les valeurs que l'on peut porter qui sont juste dans une relation toxique à la vie.

Sur le couple Châtillon, elle dit j'avais de l'amitié pour le couple Châtillon, désormais séparé, mais les liens se sont distendus. Un proche, ce sont des gens que vous invitez à votre mariage, avec qui vous passez vos vacances, ce n'est plus le cas. J'ai Frédéric au téléphone de temps en temps, j'ai bossé avec lui pour son incontestable savoir-faire dans le domaine des campagnes électorales, sur l'affichage.

Ce n'est plus le cas, on ne parle absolument jamais de politique, je ne serais même pas capable de vous donner des idées. Elle n'en parle pas exactement de la même manière que vous quand même. Là, vous repassez à M.

Châtillon, on a dit sur M. Louston. Oui, mais parce que vous me dites, en l'occurrence, elle n'a aucun problème avec M.

Châtillon. Ce n'est pas aussi clair que ça. Non, j'ai dit justement que la prise de distance d'aujourd'hui, c'était surtout avec M.

Châtillon. La difficulté de certains articles, ce n'est pas en cause de travail, mais le mot proche veut dire tout et n'importe quoi. Moi, je me suis retrouvé dans des articles la semaine dernière où, soi-disant, j'étais, je cite, très proche de François Fillon, monsieur que je n'ai jamais vu de ma vie et que j'ai convoqué à la commission à gérance étrangère.

Donc, la difficulté de certains articles que c'est en utilisant le mot proche ou qu'ils ont fréquenté, c'est que ça veut rien...

Non, justement, elle dit qu'elle n'a jamais été avec lui à un mariage. Elle dit l'inverse. Elle dit, vous êtes proche de quelqu'un si vous avez des relations personnelles intimes avec ces personnes.

Elle ne s'est jamais estimée proche de M. Châtillon. Elle dit que ce n'est plus le cas.

Allez, on avance. En tout cas, je voudrais qu'on laisse la parole. Ce sont des sujets difficiles.

Oui, non, mais j'ai compris votre point de vue et effectivement, ce n'est pas votre histoire, mais je voulais juste être tout à fait complète sur ce qu'on apprend dans ce papier du monde. Bonsoir, Nelson Jetten. Bonsoir, Aline.

Vous allez revenir sur la démission du maire de Saint-Brévin. Depuis plusieurs mois, ce maire était la cible de groupuscules d'extrême droite, le tenant responsable de la construction, on rappelle, le contexte, d'un centre pour demandeurs d'asile. pour comprendre comment on en est arrivé là, notamment à ce degré de menace qui a mené à sa démission.

Alors, je vais tout vous expliquer, mais d'abord, je vais vous montrer une scène à laquelle on a assisté tout à l'heure à Saint-Brévin. Elle illustre le climat de tension dans cette petite ville encore aujourd'hui. Avec Léonie Outhier, on était en train d'interviewer un membre du collectif qui est contre l'installation de ce centre de demandeurs d'asile quand un autre habitant d'un autre collectif est venu l'interpeller.

Il y avait un groupe de 60 personnes, là, des jeunes tous en noir avec le gun, d'accord ? Ils étaient comme ça, la main comme ça. Vous avez vu les réseaux sociaux ou pas ?

C'est les bras ouverts, monsieur. Des nazis ! Ces nazis, c'est reconquête et c'est ses vitesses.

On va vous porter plainte contre vous, vous allez avoir des tas de procès. Faites donc. Ça va vous coûter très cher.

Faites donc. Parce qu'on est en démocratie, monsieur Yann. Eh bien, justement, la démocratie...

On n'a pas à faire des saluts nazis. La démocratie veut qu'en fait, on puisse exprimer ainsi, monsieur. C'est pas la démocratie à deux vitesses où vous n'avez que vous pour pouvoir vous exprimer.

Vous savez bien reconquête ? Vous connaissez les propos de reconquête ? Bien entendu, je vous connais les propos...

Vous savez que Zemmour est l'icône d'aléa contre le problème de procès pour antisémitisme ? Allez, c'est bon. C'est délétère.

Ambiance délétère, effectivement. Fabrice Meracci, que vous avez vu, c'est lui qu'on interviewait. C'est lui qui a organisé toutes les manifestations depuis le mois de septembre devant la mairie de Saint-Brévin pour lutter contre l'installation du centre de demandeurs d'asile.

L'été dernier, assez peu de Brévinois, donc d'habitants de sa ville, le soutiennent. Donc il décide, lui, d'appeler des partis politiques à la rescousse. Donc c'est vous qui avez contacté les différents partis, le parti d'Éric Zemmour, le parti de Marine Le Pen, pour qu'ils viennent vous prêter moins fort d'une certaine manière dans les manifestations ?

Oui, c'est exact. Ce n'est pas de la récupération, ce n'est pas, en fait, reconquête et le Rassemblement National qui sont venus ici pour nous dire on va vous aider. Nous sommes allés les voir pour leur dire écoutez, voilà, nous nous considérons en fait victimes dans l'histoire, on nous accuse à tort et on a besoin de votre aide, tout simplement.

Un tweet d'Éric Zemmour le 28 septembre, puis un communiqué un mois plus tard du Rassemblement National de Loire-Atlantique appelle à se mobiliser aux côtés des Brévinois. La machine est donc lancée, les manifestations se succèdent, des groupuscules d'extrême droite se joignent au mouvement, le GUD, mais aussi l'Action Française et Civitas, un mouvement catholique intégriste. Donc le Rassemblement National était aux côtés de ces gens ?

Alors officiellement non, le RN a arrêté début 2023 d'appeler à manifester à Saint-Brévin. Reconquête, le parti d'Éric Zemmour s'était mis en retrait, lui, un peu plus tard lors de la dernière manifestation le 29 avril, il y a un peu plus de 15 jours. En revanche, j'ai retrouvé des vidéos de prise de parole de ce jour-là, le 29 avril donc, où on comprend clairement que des militants du Rassemblement National et de Reconquête étaient présents à la manifestation.

Je veux aussi remercier des militants ici qui soient de Reconquête parce qu'il y en a. Merci. Pas le droit de pavoser, des militants du RN et de Reconquête présents ce jour-là, Fabrice Meracci nous l'a confirmé.

Ce qui est compréhensible donc au niveau de la direction de ces deux partis, c'est en fait un retrait volontaire parce que ça impliquait de cautionner des actions qu'ils voyaient et pour lesquelles ils n'étaient pas en fait d'accord. Je le comprends tout à fait. Ils venaient quand même sans véritablement dire qu'ils étaient.

Ces partis, en fait, ont donné pour consigne à leurs adhérents de venir manifester mais donc pas avec les banderoles. Mais chacun est libre de faire ce qu'il veut. Les gens disent à leurs adhérents de venir manifester.

Ils épousent notre cause. Oui, bien sûr. Il faut quand même préciser qu'il n'y a pas que les manifestations qui ont poussé le maire de Saint-Brévin à démissionner.

Effectivement, l'incendie de sa voiture et d'une partie de sa maison. Il en parle dans son communiqué, le maire de Saint-Brévin, lorsqu'il annonce qu'il démissionne. Mais à l'heure où on se parle, on ne sait pas qui a commis ce crime donc on ne peut pas évidemment l'imputer à ceux qui ont manifesté contre le camp de demandeurs d'asile.

Ce qu'on peut dire en revanche, c'est que certains s'en sont félicités sur des boucles télégrammes d'extrême droite. Les nationalistes, par exemple, regardez le maire de Saint-Brévin, partisan du génocide des Blancs, moteur du projet de centre de migrants. Il n'a pas supporté les manifestations des patriotes.

Ce message-là que vous allez voir arriver sur une autre boucle qui s'appelle Division Arienne française. C'est officiel, le maire de Saint-Brévin démissionne avec des smileys qui font la fête. Et sur une autre boucle qui rassemble près de 10 000 membres, le maire Colabo a démissionné après l'incendie volontaire.

Vous voulez changer les choses pour de vrai brûler la maison de vos élus. Outre l'incendie, le maire recevait aussi des menaces régulièrement. Oui, j'ai échangé hors caméra avec une personne qui travaille à la mairie de Saint-Brévin.

Elle me racontait que les menaces de mort, les discours racistes étaient devenues une habitude soit sur le standard, sur le téléphone de la mairie, soit par mail ou même par courrier. Et c'était le cas depuis plusieurs mois. Et maintenant qu'il a démissionné, est-ce que l'installation du camp de demandeurs d'asile est suspendue ?

Non, on est allé sur le chantier tout à l'heure et des ouvriers y travaillent donc ça n'a rien changé. Une manifestation en soutien au maire est en tout cas prévue le 24 mai prochain, au maire démissionnaire. Mais les anti-migrants, c'est ce qu'ils nous confiaient, prévoient eux aussi de continuer la lutte.

Jean-Philippe Tanguy, une réaction à cette enquête de Nelson. On voit que le Rassemblement National a joué, lui aussi, parmi d'autres, un rôle dans l'escalade des tensions, notamment en participant aux premières manifestations. Est-ce que c'était une erreur ?

Non mais écoutez, on ne peut pas juger les événements par la fin. Le fait qu'un parti politique soit contre l'implantation d'un centre d'accueil de migrants ou de réfugiés, je ne sais plus si c'est le cas, c'est en l'occurrence, dans une commune où on ne consulte pas les habitants, c'est une chose. Il y a eu des dizaines de cas où heureusement, ça n'a pas tourné avec les événements tragiques et inacceptables qui ont été connus après.

Nous, ça a été dit par votre enquête, dès qu'on a vu que des mouvements d'extrême droite ou pire, se mêlaient à cette situation, nous avons demandé à nos cadres, à nos militants de se retirer. On ne peut pas faire mieux. Vous ne leur a pas dit de ne pas venir ?

Si, on leur a dit de ne pas venir. Mais bien sûr que si, on leur a dit pas venir. Simplement, ils n'ont pas respecté.

Si les personnes sont identifiées, ils ne seront plus membres du Rassemblement National. Donc, c'est-à-dire que si vous les retrouvez, si vous les menez dans l'entête interne, ils seront exclus du Rassemblement National ceux qui n'ont participé à cette manifestation. Je me souviens très bien de l'instruction qui a été donnée par le parti puisque je l'ai aussi reçu comme responsable député de la Somme qu'il était hors de question de nous mêler à ces gens.

C'est complètement surréaliste. J'ajoute, excusez-moi, mais que dans le discours de ce monsieur qui dit qu'il y a des militants, il dit aussi qu'il y a des militants LR. J'ai entendu, je ne suis pas fou.

Il dit qu'il y a des militants LR, des militants des Patriotes, des militants de Debout la France. Donc, de toute évidence, on n'a pas après fait un cinéma à LR. Il y a des gens qui se sont réclamés de parti qui étaient présents contre l'instruction.

Nous, c'est la raison qu'on met un drapeau. LR, ils n'ont pas appelé dès le début à manifester. Ça, pour aller vérifier.

Et en l'occurrence, c'est vous qui êtes...

Vous êtes sûrs qu'il n'y a pas des responsables, surtout en Vendée, M. Moreau et tout, qui n'ont pas appelé à manifester. C'est vous qui êtes là ce soir, Jean-Philippe Thornud.

Donc, je vous pose la question. J'ai entendu LR. Dimanche, on aura un représentant des LR.

Je lui poserai la même question. Mais en tout cas, c'est important ce que vous dites ce soir. Ceux qui ont participé malgré les consignes seront exclus du parti.

Évidemment. Toute personne qui engage le parti avec des gens de Civitas, du parti de la France, de je ne sais quel groupuscule d'extrême droite ou néo-nazis, est immédiatement exclu. Il n'a plus rien à voir avec nous.

Je crois que c'est assez factuellement vrai ce que vous dites sur la consigne. En revanche, à l'Assemblée, cette semaine, Jérôme Gage a évoqué le jour où on a appris la démission de ce maire dans le contexte qu'on sait avec des menaces de mort régulières, avec l'incendie d'une partie de sa maison. Une pression très supérieure à ce que peut connaître un élu et ce qu'on est en droit d'accepter dans le débat.

On l'écoute, Jérôme Gage. Et après, vous reprenez. Mais c'est bien de l'écouter.

Chers collègues, nous apprenons la démission de Yannick Moraise, le maire de Saint-Brévin, victime, lui, de ce qu'il qualifie être un terrorisme d'extrême droite puisque son domicile a été incendié parce qu'il défendait l'installation d'un centre d'accueil et de demandeurs d'asile. Et donc, des événements de cette nature nous interpellent. Non, donc là, la question, elle est induite par rapport à la scène.

Vous y étiez, vous, à l'Assemblée ? Non, j'étais juste avant et là, j'étais sorti. Est-ce qu'à titre personnel, vous vous seriez levé parce que, globalement, vos collègues qui étaient présents ce soir-là, aucun ne se sont levé ?

On les voit le reste de l'hémicycle et les interpellés ? Oui, j'étais interrogé. Le lendemain, j'étais...

Enfin, le même, le soir-même, mais le lendemain...

Il n'y a pas de manque du maniquet, au-delà du coup de la politique ? Non, je pense que là, c'est vraiment tiré par les cheveux. Ben, c'est juste actuel.

Je vais vous expliquer pourquoi. C'est un peu méconnaître l'ambiance de l'hémicycle. C'est-à-dire, ça a été deux heures que la NUPES insultait les forces de l'ordre, avait dit quelques minutes après que la Bravem était les Black Blocs de Darmanin.

Non, mais ce n'est pas pour applaudir Jérôme Getsch, c'est pour rendre hommage à la semaine. Non, mais c'est là que vous avez une mauvaise foi. C'est qu'en fait, vous avez une ambiance dans l'Assemblée.

Je suis allé à l'Assemblée régulièrement. Oui, et dans cette ambiance-là, si vous voulez, quand vous vous faites insulter pendant deux heures, vous n'avez pas spécialement envie de vous lever pour les gens qui vous ont insulté. Mais quand on vous écoute, les gens qui participent aux manifestations, ce n'est pas vous et puis on va les exclure.

Donc le déployage, il n'est pas encore terminé. Les proches de Marine Le Pen, ce ne sont plus des proches quand on les voit trop. Ça fait quand même beaucoup.

J'en ai juste, je voudrais qu'on reste sur cette séquence-là. Il y a toujours des excuses. Ce que vous expliquez, en fait, c'est que du coup, le climat a été délétère, que vous vous êtes embrouillé avec les députés de la NUPES et que du coup, vous avez décidé de ne pas vous lever.

Ce n'est pas décidé, c'est qu'aucun député n'avait envie de se lever pour M. Guedj avec ses amis qui nous insultaient depuis deux heures. D'ailleurs, vous l'entendez, il nous dit, c'est à cause de vous.

Vous avez bien conscience que ce n'est pas pour M. Guedj, Jean-Luc Nuitandie ? Bien sûr que si.

Vous savez pourquoi ? Jamais, on va faire un an de mandat, la NUPES ne s'est jamais levée quand un député du Rassemblement National a rendu hommage à une victime, a rendu hommage à des héros, a rendu hommage à la police, à l'armée, n'importe quoi. Et ce n'est pas regrettable ?

Ils ne se lèvent jamais pour nous. Et ce n'est pas regrettable ? Si, c'est regrettable, sauf qu'eux, c'est jamais.

Et nous, on le fait régulièrement quand la NUPES se comporte correctement. Là, visiblement, l'ambiance était telle qu'on a estimé qu'on n'avait pas envie. D'ailleurs, ils disent c'est à cause de nous qu'il y a eu l'incendie.

Non, non, attends. Non, non, attends. C'est pas du tout ce qu'on a dit.

Mais du coup, j'imagine qu'il y a eu un communiqué du Rassemblement National derrière pour apporter le soutien à ce maire, alors. Mais on a toujours soutenu ce maire, monsieur. On a toujours soutenu ce maire face aux violences.

Écoutez, nous n'avons jamais une seule déclaration. Mais je trouve ça étonnant, cette scène, en fait, parce que c'est quand même des choses que les gens voient. Ce qui est extraordinaire, monsieur Boucher-Perterson, je vais vous dire ce qui est extraordinaire, c'est que l'incendie a eu lieu le 22 mars.

Le maire a démissionné, non pas à cause du Rassemblement National ou de je ne sais qui, mais parce que l'État ne lui a pas apporté de soutien, que le gouvernement ne lui a pas apporté de soutien. De protection, en l'occurrence. d'engager la responsabilité de tous ceux qui ont abandonné ce maire.

On a fait la une de Libé ce matin dessus. Mais pas dit-vous, monsieur. Allez, on avance, s'il vous plaît.

On fait le procès du Rassemblement National qui ne s'est pas levé à l'hémicycle. Qu'est-ce qui est le plus grave ? On ne fait pas de procès au Rassemblement National.

C'est de ne pas s'être levé quand la NUPES parle ou c'est le fait que ce maire a été abandonné ? Vous pourriez dire à postériori peut-être qu'effectivement c'était une erreur ? Non, mais évidemment.

Moi, si j'avais été là, je leur ai sans doute dit qu'on aurait dû se lever. Voilà, peut-être. Mais c'est facile aussi de juger.

C'est facile aussi de juger pour aller dans le sens de ce que vous disiez, madame, pour le coup. C'est aussi facile de juger à postériori d'événements sur le moment. L'hémicycle en ce moment est extrêmement tendu.

Ça, je peux vous le garantir.