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Conférence de pressePublic Sénat (sur YouTube)· 10 septembre 2025 44 minContradictoireActualité / polémiqueSolidarités & familleInstitutions & électionsSécuritéEurope & international

« Bloquons Tout » : flop ou encore ?

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 20 %Attaque 50 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 88 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 2:00OuverteRéponse partielle

    Est-ce que c'est un flop cette journée ?

  • 4:00OuverteRéponse directe

    Dans quelle registre s'inscrit le mot d'ordre 'bloquons tout' ?

  • 6:00OuverteRéponse directe

    Quels sont les modes d'action privilégiés par les manifestants ?

  • 8:00OuverteRéponse directe

    Michel Vorka, vous parlez de désarticulation entre le lieu et le contenu des revendications. Pouvez-vous préciser ?

  • 10:00OuverteRéponse directe

    Aurore Marval, vous avez rencontré des manifestants. Quels sont leurs profils ?

  • 12:00OuverteRéponse directe

    Jean-Sébastien Ferjou, vous évoquez une stratégie des 'mille en taille'. Pouvez-vous l'expliquer ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 3:00Michel ViviorkaFait
    « C'est pas massif, ça c'est clair, d'après tout ce qu'on a pu entendre. C'est pas spectaculaire, c'est pas la même chose que les gilets jaunes. »
  • 5:00Journaliste (non identifié)Chiffre
    « 430 actions comptabilisées dès la fin de matinée »
  • 8:00Michel ViviorkaFait
    « C'est tout le contraire d'un mouvement étudiant. Un mouvement étudiant qui s'intéresse à l'université ou à l'endroit où il étudie parle de production de connaissance, d'appropriation de connaissance, de diffusion de connaissances, de fonctionnement là pas du tout. »
  • 14:00Aurore MarvalFait
    « Bruno Rotaillot affirme que Bloontou est commandité par l'extrême gauche. »
  • 18:00Sylvain BoulouFait
    « Il y a des militants de l'ultra gauche qui sont adeptes de la violence et qui sont partisans de la violence parce que pour eux c'est le but le moyen d'aboutir à la révolution. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Bonjour, bonjour à toutes et à tous. Bienvenue Sens Public au cœur de l'actualité aujourd'hui pour prendre du recul, donner du sens aux deux événements majeurs de ce 10 septembre, le mouvement Bloquons tout d'abord. Il n'a pas bloqué la France mais la journée a été émaillée de manifestation de tension avec les forces de l'ordre.

Les slogans visaient surtout Emmanuel Macron comme ici à Marseille. et mécontente du système actuel. On veut qu'il y ait un partage des richesses pour tout le monde parce que les plus riches, on en a marre qui profite.

On veut la démission de monsieur Macron, on veut ben plus de salaire. On travaille double, même triple des fois et personne s'en sort, on en a marre. Le mouvement peut-il durer et faire la jonction avec la journée de grève intersyndicale du 18 septembre ?

Bruno Retaillot a-t-il tenu le défi sécuritaire en mobilisant 80000 policiers et gendarmes ? Dans un instant, on sera en duplexe de la place de la République à Paris avec Quentin Calmet. C'est le lieu où la plupart des manifestants sont regroupés ce soir.

Et puis l'autre fait majeur du jour évidemment, c'est l'entrée de Sébastien le Cornu à Matignon, passation de pouvoir avec François Bairou, première consultation politique, promesse de rupture sur la forme et le fond. Et cette question qui accompagne déjà ses premiers pas de premier ministre. Combien de jours tiendra-t-il avant de subir lui aussi la censure ?

Vous pouvez réagir sur ces deux thèmes d'actu en flashant notre QR code par exemple sur celles et ceux qui veulent tout bloquer. Êtes-vous solidaire ou exaspéré ? En attendant de lire vos réactions, le récit de cette journée avec Jérôme Rabier.

Alors comme vous vous en rendez compte, ça arrive heureusement rarement dans le sens public mais voilà. Une petite tuile technique, pas de son dans le sujet de Jérôme Rabier. J'espère qu'on va le récupérer dans quelques instants.

J'en profite pour vous présenter mes invités Michel Viviorka. Bonsoir, bienvenue. Vous êtes sociologue, professeur à l'école des hautes études en sciences sociales à Paris.

Euh et vous avez publié, enfin vous publiez l'idée de gauche peut-elle encore faire sens aux éditions de l'aube et il y a un autre livre aux éditions poche que je citerai tout à l'heure. Sylvain Boulou, historien spécialiste du syndicalisme et de la gauche radicale, auteur de meurtre à la Grangobelle quand les communistes flinguaient les anarchistes. C'est nos éditions du CER.

Marval, bonsoir et bienvenue. Vous êtes grand reporteur à Marianne et Jean-Sébastien Ferjou, directeur du site Atlantico éditoralist pour sens public. Bienvenue à tous.

Est-ce qu'on a le sujet ? Oui, non, on me parle dans l'oreillette, je crois qu'on ne l'a pas. Michel Burorka, c'est Où va la France qui vient de sortir en poche aux éditions de l'aube.

Voilà le livre que je voulais citer. Je commence avec vous une question très générale de en forme de bilan. Est-ce que c'est un flop cette journée ?

Il y a pas eu si on prend en nombre de manifestants par rapport à des grandes journées de mobilisation intersyndicale, c'est pas beaucoup. Écoutez, c'est le premier jour, c'est pas du tout queles seront les suite. Euh c'est pas massif, ça c'est clair, d'après tout ce qu'on a pu entendre.

C'est pas spectaculaire, c'est pas la même chose que les gilets jaunes. Et mais dire que c'est un flop, je ne le dirai pas. Je serais prudent.

Euh des gens sont descendus, des gens ont fait passer des messages. Euh mais c'est quand même pas le grand soir. Ouais.

Un mot, le sujet est revenu, on va pouvoir l'entendre avec du son, c'est quand même bien meilleur. Sylvin Boulot, peut-être un mot de de ce mot d'ordre là, bloquons tout. dans quelle registre il s'inscrit bloquou.

Alors, il faudrait faire une toute petite généalogie, hein, puisque la rumeur est partie plutôt de l'ultradroite un peu euh anti enfin non parlementaire pour après être complètement récupéré par euh d'abord par Jean-Luc Mélenchon puis euh par euh l'ensemble des formations euh de gauche, d'extrême gauche, d'ultragauche, enfin toutes les variétés de la gauche possibles. Et euh du coup, ça fait référence à plusieurs choses. le contou, ça fait référence à l'imaginaire syndicaliste l'idée de grève générale et ça fait aussi référence à d'une manière plus globale à une volonté d'arrêter le système économique et productif tel qu'il peut exister aujourd'hui.

Euh après pour ce qui est des résultats, pour l'instant quand on regarde un peu la sociologie rapidement de ce qui a pu se passer, on est plus dans l'esprit nuit debout que dans l'esprit gilets jaune. Ça, on y reviendra en détail évidemment. On a trois qu4 d'heure, vous le savez, dans notre débat, pour essayer de creuser, de comprendre, même quand c'est de l'actualité aussi chaude que que celle-ci.

Ça tombe bien comme promis. Le sujet de Jérôme Rabier nous revient avec du Les premiers blocages ont commencé avant même que le jour se lève tôt ce matin comme sur ce site Amazon dans le nord de la France avec des manifestants déterminés. Le message, il est clair, c'est de bloquer l'économie et de dire que il faut aller chercher l'argent là là où il est.

Des opérations de blocage menées un peu partout en France avec 430 actions comptabilisées dès la fin de matinée, mais un nombre de manifestants plutôt faible. Face à eux, la consigne pour les forces de l'ordre était claire ne pas laisser les blocages stratégiques perdurer comme sur le périphérique parisien ou les dépôts de bus. À chaque fois qu'il y a une tentative soit de blocage ou de fait de violence, de fait déluel, alors nos forces de sécurité intérieure ont une consigne, c'est d'intervenir, c'est d'être rapide, d'être agile aux actions de blocage.

On succédé des rassemblements comme à Toulouse, Nantes, Marseille ou Paris. D'abord festif, certains points ont dégénéré avec des affrontements entre forces de l'ordre et manifestant. Un restaurant a notamment été incendié à Paris à proximité de la place du Châtelé en plein cœur de la capitale.

Le feu a rapidement été maîtrisé par les pompiers. Dans les cortèges et points de blocage, Emmanuel Macron et le nouveau premier ministre Sébastien Lecnu ont été les cibles privilégier des pancartes réclamant justice fiscale et sociale. Un mot d'ordre auquel s'était mêlé des syndicats ou des politiques issues de la gauche et des écologistes venus témoigner leur soutien à ce mouvement sans leader identifié.

Un mouvement qui n'a pas mis le pays à l'arrêt mais certains manifestants promettent déjà de poursuivre cette mobilisation. Effectivement la la question de la durée de vie de ce de ce mouvement sera au cœur de notre débat. Aurore Marval pour le l'domadaire Marianne, vous êtes parti à la rencontre de ces français qui se en colère, qui s'apprêtait éventuellement à participer aux manifestations sous une forme ou sous une autre d'ailleurs.

C'était pas forcément dans la rue. Oui. Alors en fait, moi j'étais parti du de la question.

Euh je trouvais que ce ce mouvement en tout cas pendant longtemps, il a existé essentiellement, je dirais par l'imaginaire que projeté dessus les acteurs politiques et syndicaux et même d'ailleurs les journalistes. L'idée c'était de voir un peu bah qu'est-ce qu'en pensaient les Français, comment ça s'organisait parce qu'effectivement on a beaucoup parlé de ces boucles télégrames nouveaux réseaux et donc bon j'ai fait un petit tour le long de de l'autoroute entre Paris et Oser. Je suis arrivé dans plusieurs villes pour discuter un petit peu avec les gens et c'est vrai que il y avait des modes d'action nouveaux qui séduisaient plus.

C'était par exemple le fait de ne pas se servir de sa carte bancaire euh parce que j'avais des témoignages voilà de gens qui disaient "Bon, c'est compliqué aujourd'hui d'aller manifester surtout quand on a des enfants." Le dispositif policier et on en a parlé tout à l'heure inquiète aussi les gens aujourd'hui d'aller dans une manifestation. on a peur de se retrouver nassé, pris justement un peu en en tenaille entre des black et des policiers, les gaz lacrymogènes et cetera.

Donc ces modes d'action, je dirais un petit peu parallèle euh en séduisait certains. Euh bon, il se trouve que visiblement ça n'a pas vraiment été le cas. Le réseau des des réseau des banques aucun aucun signe véritablement à ce niveau-là.

Ce qui était intéressant aussi, c'est que j'ai rencontré des gens qui n'en avaient pas entendu parler du tout. C'est-à-dire que si on ne regarde pas les les journaux, qu'on ne regarde pas la télé, qu'on ne lit pas, et bien finalement ce mouvement n'existait pas vraiment euh en tout cas autant que celui des gilets jaunes par exemple sur Facebook. C'était davantage Telegram qui est quand même un réseau aussi plus confidentiel, plus de nos gens qui s'organisent.

Et enfin euh certains par contre disaient oui euh le boycott, la résistance passive, ça ne marche pas. Il faut descendre dans la rue et il faut jouer justement le le rapport de force. Alors, deséducations qui sont assez euh hétéroclites ou disparates.

On peut on va prendre un premier exemple. Cette étudiante mobilisée à Paris aujourd'hui près de la gare du Nord, elle s'appelle Alice. Le message du septembre pour moi, c'est pour euh contre l'inflation, contre la fin en France, pour les services publics.

Mes parents travaillent dans les services publics, notamment dans la fonction publique hospitalière. Euh c'est très difficile. Du coup voilà euh c'est pour les services publics, pour la France, pour la Palestine.

Alors en quelques secondes Michel Vorka, voyez, on a déjà beaucoup de thèmes différents. C'est Je suis je trouve très intéressant ce que ce que dit cette jeune femme parce que c'est tout le contraire d'un mouvement étudiant. Un mouvement étudiant qui s'intéresse à l'université ou à l'endroit où il étudie parle de production de connaissance, d'appropriation de connaissance, de diffusion de connaissances, de fonctionnement là pas du tout.

C'est que des thèmes extérieurs à l'université. Et c'est ce qui fait le pour moi l'intérêt et à la fois la faiblesse de ce de ce mouvement, c'est que euh on narrive pas à voir très bien quelle est la capacité de de comment dirais-je de donner un sens fort à une action euh si le sens il est toujours défini en dehors du lieu d'où on parle. C'est c'est ça qui me qui me frappe et je pense qu'on parlera un peu aussi de la question syndicale.

Je suis à côté d'un d'un expert mais enfin c'est quand même fascinant de voir des gens qui renouent avec le mythe de la de la grève générale. He c'est quand même bien ça. C'est un mythe.

Le grand théoricien de la grève générale c'était George Sorel. Il a dit "Écoutez, peut-être qu'on la fera jamais mais c'est bien parce que ça ça mobilise, c'est un c'est un myth." Et puis ce mythe a été porté par des forces syndicales naissantes à la fin du 19e siècle, au début du 20e siècle. et est arrivé Clémenceau en 1908 qui a fracassé euh les acteurs syndicalistes qui portaient ce mythe, puis est arrivé la Première Guerre mondiale et c'était à peu près fini.

Et donc on voit renaître un un discours mythique euh dans une période où là aussi les gens ne parlent pas tellement de ce qui se passe dans les entreprises, dans la production dans et cetera. Donc voilà, je pense qu'il y a une sorte de désarticulation, je vais essayer de le dire clairement, une sorte de désarticulation entre le lieu d'où parlent les gens et le contenu de ce qui de ce qu'ils disent. C'est voilà, c'est voulait intervenir oui pour prolonger puisque en fait ce mythe de la grève générale à travers l'expression bloquant toutou en fait il a été obité pendant 70 ans voir même un peu plus par le fait que les bolcheviques a pris le pouvoir et qu'il y a eu la révolution d'octobre.

Donc on revient à une espèce d'utopie originelle. Et quand on regarde ce qui se passe dans les milieux d'ultra gauche, d'extrême gauche, on voit beaucoup d'intérêt pour les utopies du du 19e siècle. Donc il y a un espèce de il y a eu une parenthèse de 70 ans qui s'est appelé le communisme qui quand même canalisait énormément les mouvements sociaux et qui euh depuis une vingtaine d'années euh laisse le champ libre à autre chose à des formes.

Ça veut pas dire que le communisme est complètement disparu hein. Mais euh dans les mouvements sociaux, il y a de nouvelles formes qui réémergent qui sont la résurgence ou la reprise avec des éléments nouveaux de ce qui pouvait exister fin 19e siècle jusqu'en 1914. Alors, je vous propose une autre réaction de de manifestant en l'occurrence de manifestante, une réalisatrice qui mobilisait elle à Marseille.

On l'écoute tout de suite. Elle s'appelle Baya. Ça vient, ça bloque la Ça bloque aussi la télé.

Ça vient les citoyens, les citoyennes, ils ont envie de participer, ils ont envie qu'on leur demande leur avis et ils ont envie que leur avis soit écouté. Et pour ça, faut changer les règles du jeu. Les règles du jeu, c'est la constitution.

Et donc la constitution, on doit la réécrire tous ensemble et tous ensemble. Alors, est-ce qu'il y a un point commun quand même ? On va on va parler de la représentation politique parce que je pense que c'est un thème intéressant, mais est-ce qu'il y a un un point commun autour quand même du d'un personnage et et non des moindres Emmanuel Macron ?

Or Malval, votre avis ? B, on on a l'impression en tout cas ce que ça pouvait jouer le rôle de catalyseur en fait aussi et de de mots d'ordre un petit peu de de autour de cette mobilisation. Euh je pense qu'il y a euh aujourd'hui de toute façon quand il y a une manifestation Emmanuel Macron est forcément dans le sujet parce qu'il y a une façon un petit peu peut-être en tout cas différente ou qui s'est accentué euh dans sa dans la façon que le pouvoir a d'écouter ou plutôt de ne pas écouter la rue et aussi d'envoyer justement des des forces de l'ordre avec un dispositif de sécurité extrêmement massif pour empêcher justement aussi je dirais la la manifestation un petit peu à à la à la française comme ça se faisait par exemple Sushirac qui écoutait la rue.

C'était aussi lié à son histoire personnelle bien sûr puisqu'il était justement négociateur aussi des des accords de Grenelle mais ça a été le dernier président finalement Jacques Cher qui a cédé à la pression de la rue d'ailleurs en 2006 pour la dernière fois par rapport au CPE où le mot d'ordre était déjà à l'époque bloquou. Aujourd'hui euh Emmanuel Macron, il y a eu les gilets jaunes, il y a eu aussi des petits sous-bruaux lorsqu'il est arrivé au pouvoir en 2017, mais surtout les gilets jaunes. Et puis dernière grande mobilisation sur la réforme des retraites qui n'a rien donné.

Euh et ça, je pense que ça joue aussi dans la façon dont les gens ont aujourd'hui de s'organiser, de manifester, c'est qu'il s'est dit il faut trouver d'autres moyens de d'instaurer un rapport de force et ce rapport de force, il est avec le pouvoir, il est avec Emmanuel Macron. Alors, on sera en duplexe de de la place de République dans un court instant. Jean-Sébastien, vous vouliez intervenir ?

Oui, parce qu'en en en écoutant Rorge, la rue a changé par rapport à Jacques Firac précisément et c'est ce que vous évoquez euh Sylvain Boulou, c'est que aujourd'hui l'ultra gauche, alors ce ne sont pas tous les manifestants pendant le conflit des retraites, c'était on a bien vu très très large. Le corps social entier quasiment était euh dans la rue. Mais cette ultra gauche qui assume la violence comme stratégie, pas comme finalement effet anecdotique, mais comme stratégie avec au-delà du myth de la grve générale, je pense une vraie intention de révolution mais ça change tout.

Ja Chira qui ne faisait pas face à des gens qui voulaient faire la révolution aujourd'hui. Il y a des gens alors soit au nom du climat, soit au nom de considération sociale ou contre le capitalisme, ils veulent faire la révolution et ça se conjugue avec une crise de représentation parce que la réalité c'est que les Français très largement se sentent orphelin de la politique. Alors c'est justement la question que j'allais vous poser Michel Vivorka que ce que dit cette manifestante les citoyens ils ont envie de participer, d'être écoutés.

Il faut changer les règles du jeu. Il y a il y a un déficit de représentation politique ressenti par une grande partie de celles de ceux qui manifestent là. Je crois que c'est une grande banalité que de dire qu'il y a une crise énorme notre système politique, nos institutions et que dans cette crise énorme, on voit deux logiques se mettre en place à l'occasion de ce de cette de cette journée.

La première logique c'est la logique, je vais l'appeler gauche de la gauche, ultra gauche, extrême gauche et cetera. C'est on va dans la rue et on crée, moi je suis assez d'accord avec ce que vous dites, et on crée une situation révolutionnaire. J'ajoute au passage que euh Mélenchon devrait relire un peu Lénine parce que Lénine ne dit pas que c'est l'acteur qui crée la révolution, il dit que c'est la situation qui est révolutionnaire.

Mais bon, c'est autre chose. On n'est pas dans une situation révolutionnaire. Mais en tout cas, il n'y a pas de débouché politique pour un certain nombre de personnes.

Il faut dire ce qu'on a à dire. Il y a effectivement dans ce pays de la rage, de la colère, du désespoir, des conditions de vie difficiles et cetera et cetera. Et comme il y a pas de de comment dirais-je d'espace politique ouvert pour que ça débouche sur quelque chose et bien on va dans la rue.

Et puis vous avez l'extrême droite et là faut distinguer l'extrême droite institutionnalisée je pense et celle qui ne se reconnaît pas dans l'institutionnalisation. Excusez le jargon. Qu'est-ce que je veux dire par l'extrême droite institutionnalisée ? celle qui aujourd'hui est très contente de siéger au parlement, de se préparer à devenir avoir un rôle d'accéder au pouvoir et qui joue une carte parlementaire.

Elle peut être radicale cette extrême droite mais radicale dans la vie institutionnelle. Elle peut être très raide avec le pouvoir mais mais elle n'est pas dans la rue ou très peu. Et puis il y avait vous avez ceux qui ne se reconnaissent pas dans cette évolution du Rassemblement national et que eux vont peut-être rejoindre d'une certaine façon euh les espoirs révolutionnaires de la gauche de la gauche.

Même si même si le l'entrée en jeu de Jean-Luc Mélenchon a a plutôt fonctionné comme un épouvantail pour cette partie des des français qui étaient prêts au départ peut-être à rejoindre le mouvement. Et j'insiste vraiment sur une chose. Ceux qui se disent que tout ceci va se terminer par l'élection de monsieur Bardella ou de madame Le Pen ou en tout cas une nomination de premier ministre ou ce genre.

Tout cela ne se reconnaissent pas nécessairement ou faiblement en tout cas dans ce qui se passe dans la rue. Cela attendent le jeu politique plus classique. D'accord.

Je vous redonne la parole dans un instant, mais comme promis, on rejoint Quentin Calmet qui est qui est place de la République pour illustrer et commenter l'une des images qui qu'on a vu en boucle. On va regarder cette image tout de suite pardon en régie, j'essaie de pas vous surprendre mais voilà cet incendie près de la place du Châtely à Paris parti d'un d'un restaurant, c'était évidemment impressionnant. On a vu ça en boucle sur les chaînes d'info.

C'est naturel et dès que les pompiers sont arrivés, ça a pu être maîtrisé. ça commençait à à lécher la façade d'un d'un immeuble. Quentin, vous êtes maintenant en place de la République sous une pluie parisienne qui commence.

Euh qu'est-ce que cet incendie ? Déjà, on peut donner des infos un peu précises peut-être ? Oui, c'est c'était difficile à courir cette mobilisation aujourd'hui Thomas parce que vous aviez des mouvements, vous aviez des mouvements un peu partout.

S'il vous plaît, s'il vous plaît, s'il vous plaît, on est en direct s'il vous plaît. Vous ne On est en direct. Voilà, vous aviez des mouvements, vous vous êtes on est en direct parce que on est en direct.

C'est une c'est c'est une émission où c'est compliqué. Après tout, une journée bloquons tout. C'est un peu normal que des manifestants essayent de bloquer aussi les médias.

Il faut qu'on qu'on accepte ce jeulà, même si on on aimerait bien pouvoir entendre le récit de de Quentin Calmet et notamment le fait que selon une communication officielle, ce serait peut-être cet incendie venue des forces de l'ordre. peut-être un tir de de de gaz lacrymogène non non maîtrisé. Tout cela va nécessiter évidemment pas mal de de de précision et de et de contre-enquête.

Je voudrais qu'on ouvre un un chapitre peut-être un peu plus sécuritaire. Je suis sûr que les uns et les autres vous allez vouloir réagir parce que dans sa conférence de presse ce matin, Bruno Rotaillot a insisté alors on reprend ses termes hein sur le fait qu'il ne s'agissait pas d'un mouvement citoyen mais d'un mouvement noyauté par l'extrême gauche appuyé par les insoumites tout en martelant que le gouvernement ne tolérerait pas des troubles à l'ordre public. Jean-Sébastien, je me tourne vers vous.

Ce ce discours, qu'est-ce qu'il révèle selon vous ? Il peut y avoir différentes choses. Alors bien sûr, on peut y avoir une forme de calcul politique euh chez le ministre de l'intérieur qui peut-être essaie de rassembler le parti de l'ordre comme on dit, provoquer un réflexe légitimiste, peut-être aussi de distiller de la peur chez des gens qui auraient pu envisager de descendre dans la rue et qui ne voudraient pas se retrouver euh dans des échauffés.

Mais bref, on voit bien qu'il se passe quand même quelque chose. On ne peut pas l'évacuer d'un revers de la main. On l'a déjà évoqué.

Il y a une situation qui n'est plus celle que nous connaissions ces dernières années. C'est quoi ce qui est en train justement de se passer ? C'est précisément une envie révolutionnaire et sa stratégie elle a un nom.

C'est la stratégie des miles en taille. Moi ce matin, j'entendais Cassib, je sais pas si vous voyez qui il est, qui est un militant Sudraille qui est par ailleurs chez Révolution permanente, militant du parti anticapitaliste, donc a dit à Jean-Luc Mélenchon qui ce matin se félicitait dans disant de la convergence des radicalités et qui allait jusqu'à suggérer qu'il fallait prendre le parlement comme ce qui vient de se passer au Népal. l'ironie du sort et tant que le premier ministre Népalet qui vient d'être chassé était communiste, ça a certainement dû euh lui échapper.

Mais cette stratégie stratégie des 1000 en taille, c'est des 1000 en tailles, c'est la stratégie qui a été théorisée par les mouvements djihadistes, notamment par quelqu'un qui s'appelle Mohamed Alsouri qui était d'abord l'un des bras droits de Sama Ben Laden, qui est ensuite devenu un des théoriciens de l'État islamique. Et justement lui, il a dit à un moment Al-Qaïa, on a plus les moyens de le faire, il faut assumer avec des moyens beaucoup plus limités. les miles en taille, c'est le fait de harceler en quelque sorte l'État ou votre ennemi en permanence jusqu'à l'essouffler et installer la peur euh dans la population.

Et c'est cette stratégie là peut-être qui est en train de se de se mettre à l'œuvre pour mettre un système à bas et en quelque sorte justement faire en sorte que une situation révolutionnaire s'installe. Ouais. Alors je je vous écoute, je me dis est-ce qu'on peut vraiment comparer l'ultra gauche avec un mouvement terroriste meurtrier ?

Ça doit faire dresser quelques quelques cheveux sur les têtes. Mais évidemment que les motivations sont parfaitement différentes. Quoi qu'on a entendu des convergences ici ou là les uns et les autres pensant d'ailleurs qu'ils seraient les idiots leurs idiots utiles réciproques.

Évidemment, il y a une différence majeure aussi, c'est que l'ultra gauche ne pratique pas la violence indiscriminée, ne souhaite pas tuer les civils. Mais il y a des gens qui commencent à en parler. chez LR notamment, on l' entendu alors peut-être certainement creux chez le ministre de l'intérieur Geoffre Boulard le maire et du 17e arrondissement on a dit Olivier Vial le directoire de l'observatoire des radicalités qui a longtemps été patron de l'uni dont le frère si au Sénat en parle lui aussi pourquoi ils le disent c'est pas totalement une volonté de pointer du doigt l'ultra gauche pour la pour la disqualifier c'est parce que si on regarde il y a eu des tas d'incidents quand même ces dernières années souvenez-vous l'ouverture des J l'année dernière d'ailleurs d'un incident jamais éclairé et sabotage des lignes de TGV le matin de la cérémonie d'ouverture, sabotage de fibre optique, sabotage d'antenne relais.

Ces élémentsl ils existent. Il y a une une question parlementaire européenne en 2025 avait abordé la question. Ce sont plus de 200 actes similaires depuis 2024 qualifiés de terroristes et probablement imputable à cette ultra gauche qui ont été recensés.

La DGSI inclut l'ultra gauche dans les menaces terroristes au côté de l'ultradroite et du djihadis. Et vous avez raison de de le rappeler, il y a des tas d'analyses académiques qui à l'inverse disent que non, ça n'est absolument pas le cas. Moi, j'ai envie de mettre un peu de de d'huile sur le feu peut-être ou de verser du selli parce qu'il y a des parallèles parce que vous souvenez l'année dernière à Cann quand il y a eu des coupures d'électricité et bien ce qu'il y avait écrit sur les poteaux c'était les 1000 coupures 1000 coupures 1000 en tailles et donc on peut quand même entendre une forme de revendication en cru et là où l'histoire est drôle aussi c'est que le Mohamed Al souris dont je vous parlais vous savez où il a fait ses études à Paris dans les années 60 et 70 et donc qui est l'œuf et qui est la poule en quelque sorte parce que lui aussi avait été très impressionné par la pensée de la gauche radicale de la gauche radicale.

Attendez, attendez, on va laisser terminer. On va laisser terminer. De la gauche radicale de l'époque et donc on voit bien que sans évidemment que il y ait une filiation et ni même des combats communs, il y a quelque chose de cet ordre là et une stratégie.

On peut avoir une stratégie sans partager un objectif qui semble être la même. Et regardons comment l'ultra gauche a réussi à imposer enfin l'antisémitisme notamment sur les campus. Ne sous-estimons pas quand même son habileté manœuvrière.

Alors, je savais que votre éditorial allait faire réagir cette stratégie des des mil en tout le monde veut prendre la parole. Je commence peut-être avec Michel Liviorka et ensuite ce sera Sylvin Bou. Bon, écoutez, je suis en complet désaccord sur tout ça.

Premièrement, euh à en dehors de l'incendie dont on vient de voir euh quelques images et dont tu n'est même pas certain qu'il était été causé par les manifestants, euh un bus renversé euh je crois à Rennes, enfin des choses comme ça qui faut pas minimiser. Bon, on peut quand même pas dire qu'on a affaire à une grande opération. Tu par pas de la journée d'aujourd'hui, parle 200 actes recensés depuis 2024 et la DGS l'inclut dans ses menaces.

On comm aujourd'hui une actualité précise. On ne commande pas l'état général de la France ou du monde. Donc ça c'est la première chose que je voudrais dire.

Deuxièmement, puisqu'on commande ce qui se passe aujourd'hui, il y a du sens. Il y a quand même des gens qui disent des choses. On peut ne pas être d'accord avec le sens qui est qui est exposé mais enfin quand même des gens qui vous parlent de conditions d'existence de revenus de qui sont pas du tout des terroristes.

Troisièmement personne n'a dit ça. On parle pas des manifestants, on parle de ceux qui essayent d'instrumentaliser l'événement. Mais écoutez euh pour l'instant il y a quand même pas grandchose je trouve pour l'instant bon et puis enfin si en l'échec n'exclu pas l'intention on va laisser monsieur parler comme il vous laissé parler sientaille il y a moi je pense il faut d'abord les imputer au chef de l'état on est on est un pays dans lequel on a un rassemblement national qui n'a cessé de croître depuis 5 ou de 6 ans. avant aussi vous me direz mais enfin quand même qu'il y a des perspectives inouies une situation politique bloquée un un chef d'état qui a théorisé j'avais été à la à la rencontre avec les intellectuels, je lui avais posé la question pourquoi est-ce que vous refusez les les corps intermédiaires pourquoi vous vouliez pas discuter avec les syndicats et qui a théorisé comment dirais-je le rejet des corps intermédiaires et des médiation qui a fabriqué tout ça ?

Oui, il y a de la colère, il y a de la rage, il y a peut-être, je vous suivrai peut-être des gens qui essayent de d'en profiter en quelque sorte politiquement. Enfin, l'essentiel c'est cette colère, cette rage populaire que ensuite certains instrumentalisent et ça c'est autre chose. Sylvain Boulot, qu'est-ce que la la violence elle est inévitable quand l'extrême gauche se mobilise ?

Alors il a en fait il y a plusieurs choses l'ultra gauche même parce que oui mais l'ultra gauche donc dans ce caslà révolution permanente c'est pas l'ultra gauche chez l'extrême gauche puisquil se présente aux élections l'ultra gauche ne se présente pas aux élections ça c'est un point de détail important chose sur révolution permanent révolution permanente est issue du NPA mais n'est plus au NPA et plutôt que parler de milentaille dans ce cas-là je ferai référence puisque c'est leur modèle historique qui a créé 1 2 3 1000 Vietnam à l'image de Ch puisque leur référence historique c'est la guerri latino-américaine. Après troisème point là où je suis vraiment très sceptique, c'est que les enquêtes qui semblaient exister autour de ce qui a pu se passer autour des JO, c'était quand même alors on nen sait rien absolument mais il y avait quand même de fortes présemptions qui se tournaient plutôt vers l'est et plutôt vers la Russie que vers l'ultra gauche. La Russie est en spécialiste pour instrumentaliser des colères existantes aussi.

C'est tout l'art de la guerre hybride justement. C'est après euh pour l'instant c'était plutôt les différents incendies y compris ce qui s'est passé hier. On a des suspicions aussi sur les têtes de port qui ont été mis déposées dans les dans les dans les mosquées.

On a on a une on a quand même des doutes sur un certain nombre d'agents d'étranger. On a retrouvé un certain nombre de Bulgares qui travaillaient pour le FSB qui ont tendance à montrer qu'il y a volonté tout à fait claire de la part de la Russie de tenter de faire exploser le le lien social. Mais ce ne sont pas mais mais je reviens à à cette à cette journée.

Est-ce que la violence est inévitable ? Je repose ma question même si effectivement il y a eu des journées de mobilisation et si on se souvient des gilets jaunes avec beaucoup plus d'actes de violence que que celui-là. Est-ce qu'elle est liée à l'ultra gauche pour pour être précis dans ma il y a des militants de l'ultra gauche qui sont adeptes de la violence et qui sont partisans de la violence parce que pour eux c'est le but le moyen d'aboutir à la révolution.

Donc je parle de l'ultra gauche plutôt même pas antiparlementaire. Oui, ce qui est pas la même chose que l'ultra gauche qui se présente ou l'extrême gauche qui se présente aux élections. Il y a deuxè chose une colère populaire qui existe que ce que vient d'expliquer Michel par effectivement l'absence de corps intermédiaire.

Alors, c'est pas propre à Macron, c'est ça revient depuis Rafarin et le c'est pas la rue qui gouverne où effectivement à chaque fois que il y a un conflit social, les organisations syndicales représentatives sont mises de côté et le pouvoir a tendance à imposer sans tenir compte des corps inter à imposer ses volontés sans tenir compte des corps intermédiaires. Et donc à partir de ce moment-là, vous êtes manifestant, on vous dit bah de toute manière vous pouvez manifester, on a rien à faire. Euh il y a un moment où on se retrouve enfin ces manifestants se retrouvent dire bah quels sont nos moyens d'action puisque même quand il y a plusieurs millions de personnes dans la rue ou plusieurs centaines de milliers de personnes dans la donc ça veut dire qu'ils sont pas responsables des actes qui comètent.

J'ai pas dit ça. Je dis la colère. Après vous pouvez générer de la colère et il y a de la colère qui peut exister et qui peut parce que il y a pas d'autres échappatoires se dire bon bah finalement la violence c'est un moyen de d'exprimer cette colère.

Ça veut pas c'est pas un jugement de valeur, c'est un constat. D'accord. Une question euh d'une de nos téléspectatrices Colines de Pitivier.

Euh Bruno Rotaillot affirme que Bloontou est commandité par l'extrême gauche. Peut-on considérer ce mouvement comme citoyen ou est-il davantage partisan ? Je viens vous entendre là-dessus.

A Hurore Marval, est-ce que c'est un mouvement finalement partisan sous-entendu noyauté par les insoumis de Jean-Luc Mélenchon ? Alors, je pense qu'il y a une communication politique de Bruno Rotaillot qui vise de toute façon à saper en tout cas le le l'ancrage citoyen de ce mouvement si enfin on on verra dans quelle mesure il existe vraiment mais en tout cas euh le ministère de l'intérieur martelle que c'est l'ultra gauche, que c'est l'extrême gauche, que ce sont les sbires de Mélenchon. C'est à la fois d'ailleurs pour faire fuir peut-être certains que justement le caractère politique du mouvement d'issuadré de s'y joindre et aussi pour dire bah voilà nous enfin le ministère de l'intérieur reste ferme face à ces provocations de l'ultra gauche.

Ce ne sont pas des citoyens qui manifestent, ce sont encore une fois des agents du chaos et cetera. Toute cette rhtorique c'est un petit peu pour Bruno Retaillot pile je gagne face tupè. C'estàd que s'il y a des débordements, ce sera la faute de la gauche, enfin de la gauche radicale qui l'appelle à dessin extrême gauche ou ultra gauche.

Et si il n'y en a pas, et bien ce sera le signe en fait que ce mouvement a été récupéré et qu'il a fait un flop et qu'il n'est pas citoyen. Quand on voit véritablement ce qui se passe dans les les boucles télégram où les gens parlaient et s'organisaient, c'est vrai qu'il y a des militants politiques qui s'en sont rapprochés beaucoup plus rapidement que ce n avait été le cas lors des gilets jaunes. Et ça veut pas dire non plus, et je pense que les témoignages qu'on a entendu tout à l'heure en sont des bons exemples, qu'il n'y a que des militants politiques dans dans ce rassemblement.

Il y a aussi des citoyens, enfin le caractère citoyen de ces mobilisations. Des citoyens qui ont très majoritairement voté soit pour Bruno soit pour quel lapsus, soit pour Jean-Luc Mélenchon, soit encore plus à gauche. Tout à fait parce que c'est c'est aussi comme ça que que est composé, je dirais la rue en France.

Il y a pas une grande tradition euh à l'extrême droite ou en tout cas pour les électeurs du Rassemblement national de de descendre. Les gilets jaunes avaient été peut-être cette forme de mobilisation spontanée qui était la plus Alors on on reste sur cette thématique, je vais vous donner la parole. On écoute Bruno Rotaillot, c'était ce matin, conférence de de presse, évidemment, ça représentait un défi pour le ministre de l'intérieur censé expédier les affaires courantes.

Donc, on a en fait des grosuscules qui sont aguéris, qui sont mobiles, qui sont souvent masqués, cagoulés, qui sont vêtus de noir où on peut reconnaître en réalité la marque, l'ADN des mouvances de l'extrême droite et pardon de l'extrême gauche et de l'ultra gauche. Ce que je voulais dire aussi, c'est que en France, on a le droit de protester, on a le droit de manifester, on a le droit de se mobiliser à la condition de respecter la loi. Vous voulez intervenir Jean-Sébastien ?

Oui, parce que si on essaie de dézoomer, bien sûr, je suis absolument d'accord avec ce que vous disiez Emmanuel Macron, c'est illustré, je pense l'avoir déjà dit sur vos plateau, par son refus de tout corps intermédiaire et finalement, enfin que ce soit les partis, les syndicats et cetera. Mais le grand paradoxe de cette Starut Nation, vous savez ce jeune président qui était censé baler neuf baller mieux bah nous livrer un monde nouveau, c'est qu'il a fait totalement abstraction de ce qui se passait dans le monde parce que la crise de représentation n'existe pas qu'en France. Elle est la même partout ailleurs.

Emmanuel Macron, il est pas président au Royaume-Uni, en Allemagne, aux États-Unis. Il est président de la France. Qu'est-ce qui se passe ?

Il y a aussi les réseaux sociaux, il y a cette horizontalité. Moi, je suis pas certain qu'on puisse dire que les Français soient moins écoutés aujourd'hui qu'il l'était à l'époque du général de Gaulle. Il y a personne Thomas qui vous appelle, il y a pas un ministère de l'information qui vous appelle non plus pour vous donner un ordre du sommaire de l'émission comme à l'Imperfield pouvez le faire à l'époque du JT.

Et donc je pense que nous vivons aussi dans un environnement où il y a beaucoup plus de liberté, beaucoup plus de moyens de s'exprimer. Le problème c'est que les institutions sont restées assez figées sur le 20e siècle et n'ont pas su intégrer cette nouvelle donne qui est aussi bien technologique que sociologique. Et ce défi là, il est entier.

Et comme je vous le disais, le grand paradoxe de ce président moderne, c'est que ça lui a totalement enfin moderne croit-il, ça lui a totalement échappé. Michelka, ça vous sera on sera d'accord. La question qui reste, c'est est-ce qu'on a affaire à quelque chose qui fait sens ou est-ce qu'on a affaire uniquement à un terrain de jeu pour les black block, l'ultra gauche et cetera ?

Et aujourd'hui, c'est trop tôt, enfin à ce moment précis, je crois c'est trop tôt pour le dire. Mais mais je crois mais je crois qu'il faut il faut se poser la question si ça n'est que un terrain de jeu, j'exagère un peu pour l'ultra gauche et les black alors ça se terminera vite parce que ils ont besoin le paradoxe un paradoxe supplémentaire le paradoxe c'est que ça ne peut marcher pour l'ultra gauche ou les black que s'il y a un mouvement citoyen. S'il n'y a s'il n'y a que ils ne peuvent pas faire ce qu'ils font.

Et donc le paradoxe, c'est qu'il faut un mouvement citoyen pour que existe euh concrètement euh ces formes de violence. Donc on est dans une drôle de situation mais je pense je je pense profondément qu'on est dans une période où il y a d'un côté ce qui se passe dans la rue, d'un autre côté ce qui va se passer au Parlement et dans la relation des partis avec le le pouvoir et que tout ça est est assez désarticulé euh pour l'instant et que moi j'ai le sentiment que l'espoir pour la rue est plus faible que l'espoir pour ceux qui à l'extrême droite institutionnelle se disent "On a un boulevard, attendons, ne n'allons pas trop dans la rue, c'est pas bon. Restons respectable, restons cravatés euh à l'Assemblée nationale.

Continuons et tôt et tôt ou tard, on ramassera la mise parce que il faut quand même bien voir, il y a d'un côté de la colère, de la rage et cetera. Mais il y a aussi, moi je l'entends, je vis en province, je l'entends quotidiennement, beaucoup de gens qui disent "Moi, jusqu'ici je ne votais pas pour le Rassemblement national mais euh on a tout essayé sauf ça et c'est les seuls peut-être qui peuvent changer les choses." Et donc si c'est ça, c'est pas la peine d'aller aux manifestations dans la rue.

Il vaut mieux attendre. Donc je je crois qu'il y a une un conflit entre la logique institutionnelle et la logique de la rue. Alors il nous reste moins de 10 minutes.

Ça affiler vite he le le temps dans ce débat. C'est plutôt bon signe. En général, on va se poser la question d'une jonction éventuelle avec cette journée de mobilisation intersyndicale du 18 septembre.

Je propose à Steve Jourdin de nous rejoindre pour faire un peu le bilan de la participation politique à cette journée. Bonsoir Steve, bienvenue à à vous. Ça vous voyez quand quand vous me remplacez, il y a des pépins techniques, ça m'arrive aussi hein.

Je vous vois avec un petit sourire en coin. J'ai bien compris pourquoi. Bon, il y a un certain nombre de de responsables politiques qui étit présent là dans les manifestations.

Oui, la journée avait même débuté un peu avant aujourd'hui sur les réseaux sociaux. Écoutez, la députée insoumise Hercilia Soud, c'était juste après la chute de François Bairou lundi. Capitaine Bairou, votre bateau a coulé.

Glou glou glou glou glou glou glou. Et le prochain, c'est Emmanuel Macron. Alors tout se disent, on n'oublie pas, on bloque tout.

Voilà, c'est une députée adepte de ce genre de vidéo, disons décalé sur les réseaux sociaux. On peut dire ça comme ça, décalé en en première ligne de cette mobilisation évidemment sans surprise la gauche. Oui, 7h ce matin, porte de Montreuil à Paris.

La députée Danielle Simonet ex LFI poste une vidéo sur ses réseaux sociaux. La Brave poursuit les gens jusque dans les cafés, écrit-elle. La brave, c'est la brigade de répression de l'action violente.

Et voici la vidéo publiée par la députée député de la République. J'ai le droit de prendre un café. Enfin, j'ai droit de prendre un café ici.

Je prends un café. Je prends un café. Non non pas identifier.

Vous sortez tout le monde. Vous sortez d'accord. On va vous contrôler.

Prenons un Voilà. On n'a pas tout le contexte de de la vidéo mais ça montre bien que la journée a débuté par des tensions. Autre responsable politique levé aux aurore, Thomas Olivier Besancno, mais militant du NPA, il était sur un piquet de grève RATP dans le 18e arrondissement de Paris où la police a procédé à une intervention.

Également très mobilisé aujourd'hui le député LFI Raphaël Arnaud qui s'est réveillé tôt pour encourager les lycéens du lycée Mistral à Avignon à bloquer leur établissement. Chez LFI toujours Manuel Bompard féliciter en fin de matinée les manifestants à Marseille et puis autour de l'hôpital Tenons dans le 20e arrondissement de Paris, on a pu apercevoir deux sénatrices de gauche, les écologistes Anne Swiris et Antoinette Gull. Bon, ça c'est pour la première phase de cette journée.

Oui. En fin de matinée, les blocages ont progressivement euh laissé euh place à des rassemblements déclarés au préalable en préfecture. Des élus insoumis se sont par exemple réunis à Maison Alfort en banlieu parisienne.

Mathilde Panot, Clémence Gueté ou encore Aurélie Trouvé ont participé à un rassemblement devant le site Sanofi. Quelques heures plus tard, Jean-Luc Mélenchon faisait son apparition place du Châtelet à Paris où il y avait beaucoup beaucoup de jeunes lycéens. Un peu plus tard, on a demandé au communiste Yann Brossa si cette journée était finalement en une mobilisation de gauche de toute la gauche.

Écoutez sa réponse. C'est un mouvement qui est soutenu par beaucoup de Français. Beaucoup de Français qui ont voté aux dernières élections législatives, qui ont souhaité que ça change et qui constatent que le président de la République maintient coûte que coûte la même politique.

Et donc bien sûr que notre place, notre place de parlementaire de gauche, c'est c'est d'être au côté de ces Français qui se mobilisent aujourd'hui. Voilà Tom, on a vu des communistes, on a vu des écologistes, on a vu des insoumis dans la rue. En revanche, pas de trace du Parti socialiste dans les cortèges qui a dit qu'il l'accompagnait selon ses mots, le mouvement du 10 septembre. prochain rendez-vous important jeudi prochain, la semaine prochaine cette fois-ci à l'appel de toutes les organisations syndicales.

Merci beaucoup Steve. Sylvain Boulou, est-ce queil y a cet objectif aussi de faire la jonction avec le 18 septembre même si on a bien compris, ce sont deux mouvements d'origine et peut-être de de nature différente. Peut y avoir des gens qui feront la jonction ou qui ont envie de faire la jonction.

Après, on est dans deux effectivement mouvements de complètement différents. Le je rappelle que le premier objectif une organisation syndicale, c'est la défense des intérêts matériels et moraux des salariés. Donc à partir de ce moment-là, quand vous avez une unité d'action syndicale entre toutes les grandes confédérations syndicales, c'est pour la défense d'un certain nombre de soit d'acquis sociaux, soit de soit pour obtenir des augmentations de salaires et qui n'a pas forcément à voir avec la qui n'a pas forcément à voir avec le bloc tout.

Après concrètement, si euh l'appel à la grève ou l'appel à manifestation qui est lancé par les huit organisations syndicales représentative euh fonctionne réellement et le pays peut effectivement être bloqué de manière beaucoup plus importante que celle-là a été aujourd'hui. Mais on n'est pas dans la même nature de mouvement. C'est-à-dire que là, on a un mouvement syndical donc qui va défendre les revendications des salariés.

On n'est pas dans un mouvement plus protéiforme plus où plusieurs slogans sont mélangés. On est réellement dans la défense enfin dans ce l'objectif du mouvement des mouvements enfin des organisations syndicales ou du mouvement syndical qui est de défendre les catégories syndic. Est-ce que les syndicats sont quand même mal à l'aise avec ce type de mouvement spontané ?

Michel New York. Bah écoutez, il y en a qui sont pas du tout mal à l'aise, qui sont loin de ça. C'est la CFDT qui l'a fait savoir clairement, qui a communiqué pour dire qu'elle n'a rien à voir avec ce mouvement, même si il y a une certaine légitimité à contester bien sûr.

Et puis vous avez le le cas plus intéressant de ces organisations syndicales qui sont divisées. La CGT est peut-être un peu force ouvrière, je ne sais pas, mais la CGT, c'est très clair qu'ils sont divisés entre des tendances, je vais simplifier, radical qui sont de ce côté-là et des tendances réformistes négociatrices qui sont de l'autre côté et ils sont sous tension. Mais euh je pense que la position de la CBT est plus euh confortable politiquement et intellectuellement parce qu'elle est cohérente et qu'elle disent "Nous, on veut obtenir des progrès, négocier et cetera" alors que la CGT est sous tension entre les les deux logies.

Il faut quand même bien voir que la CFDT est devenue le premier syndicat de France il y a très peu de temps, 2 3 ans je crois et que la CGT depuis longtemps est sous cette tension et c'est pour moi un signe de faiblesse et non pas un signe de force. C'est ce que je disais tout à l'heure, c'est le on peut le lire autrement, mais moi je pense que c'est le la régression à l'anarcosyndicalisme euh de la fin du 19e siècle ou du 20e siècle, c'est-à-dire la la au moment où décline le syndicat, on retrouve des formes d'action et et de de pensée qui correspondent au moment où il était en train d'apparaître et où ensuite les choses ont changé. Or malval, c'est évidemment très difficile.

On a on a tous été prudent sur ce plateau de d'anticiper sur ce qui va se passer. Est-ce qu'il y aura un jour 2, un jour 3 et cetera de cette de ce mouvement ? Bloquant tout.

Mais euh on va faire le lien avec le le thème de notre second débat, le l'arrivée de de Sébastien Lecnu à à Matignon. Est-ce qu' est-ce qu'il y a pas là un carburant quand même pour des manifestants qui disent "Bah de toute façon, c'est pas une surprise mais le chef de l'État ne nous écoute décidément pas." Bien sûr, c'est vrai qu'il y avait on a pu se dire que le mouvement aurait moins d'ampleur parce que le gouvernement de François Baou allait tomber lundi et c'est évidemment ce qui s'est passé euh que Emmanuel Macron nomme effectivement un premier ministre qui fait partie de ses fidèles qui semble-t-il alors lui fait des déclarations contraires, parle de rupture justement pour essayer de de calmer le jeu et puis surtout essayer d'y arriver parce que il va devoir effectivement négocier avec les oppositions mais ça peut donner l'impression qu'u Manuel Macron n'entend personne, qu'il entend poursuivre la politique, qu'il a mené sans acter sa défaite aux élections législatives de 2024.

C'est très difficile en fait de voir à quel point ça va peser ou non pour les mobilisations parce qu'en fait les gens, ces fameux citoyens là qu'on fantasme un petit peu aussi tous et bien il y a un ralbol qui s'est installé mais depuis longtemps. Il était effectivement avant Macron. On n'est pas dans une explosion là de fièvre avec des gens qui descendent dans la rue.

On n'est pas dans une situation, vous le disiez révolutionnaire. Donc euh c'est souvent la la question des deux jours fériers a été euh centrale, je pense, dans l'organisation déjà au début de de ce mouvement parce que déclencheur exactement, il il faut quelque chose. Ça ça a été le cas pour les gilets jaunes.

Il y avait le prix du carburant. Euh et là effectivement de dire juste bon Emmanuel Macron continue à ne pas nous entendre, continue à vouloir mener sa même politique et bien je sais pas si ça suffit pour avoir des actions perlées jusqu'au 18 ou même continuer ensuite très vite. Jean-Sébastien, eu la question des de jours férier et peut-être aussi la rhtorique du fait que la France serait sous dépendance de contraintes extérieures, celle de Bruxelles, celle du FMI parce que si vous regardez l'origine du mouvement bleu contou, il faisait référence tout à l'heure qui a commencé à droite ou très à droite comme on veut, c'est un militant du Frexite et donc quelqu'un qui justement voudrait que la France soit souveraine et libre de ses choix et cette dimension là, elle existe aussi.

Oui, merci beaucoup. Merci à tous d'avoir participé à ce débat. Je vais rappeler les titres de de vos livres.

Michelka ouva la France qui vient donc de sortir en poche aux éditions de l'aube sylvain Boulou meurtre à la Grandobelle quand les communistes flinguit les anarchistes c'est aux éditions du C et Aurore Malval on vous lit dans Marianne évidemment à très bientôt sur sur Public Sénat [Musique]