Frappes en Iran: la France sur une ligne de crête - L’édito de Yaël Goosz
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Au 7e jour de la guerre au Moyen-Orient, le Liban se retrouve sous les bombes. Israël prépare une offensive terrestre contre le Hezbollah, cette milice chiite armée par l'Iran. La France essaie de stopper l'escalade. - Y.Goosz: Ce sont des images qu'on croyait appartenir au passé, celles d'un exode massif.
Des bouchons monstres pour quitter la capitale. 700 000 habitants sommés d'évacuer et de partir vers le nord, sous la pression de frappes régulières. Un bilan déjà lourd.
Depuis lundi, les frappes ont fait 217 morts et 798 blessés. D'après le Haut-Commissariat aux réfugiés, ce sont près de 100 000 Libanais qui ont trouvé refuge dans 400 000 abris collectifs. - M.Bouhafsi: Ces frappes interviennent en réplique des tirs du Hezbollah... - Y.Goosz: "Le Hezbollah suicide le Liban", comme le titrait le quotidien "L'Orient-Le Jour".
C'est tellement fragile politiquement que le gouvernement libanais demande à la France de lui venir en aide. - On remercie monsieur Macron qui a déjà livré des blindés. On fait appel aux autres donateurs à se dépêcher.
Les Libanais ont besoin de voir que l'Etat est fort. Il peut les protéger. - M.Bouhafsi: La France répond présent? - Y.Goosz: "Tout doit être fait pour éviter que ce pays soit entraîné dans la guerre", c'est ce qu'écrivait E.Macron sur le réseau X.
Il a dépêché sur place son chef d'état-major des armées. Il a engagé une aide humanitaire et logistique. - E.Macron: Je suis là pour vous apporter les médicaments.
La France dit aujourd'hui qu'elle est à ses côtés. Lorsque le Liban est frappé Au coeur comme il l'est aujourd'hui, c'est aussi le coeur de la France qui est frappé. - M.Bouhafsi: D'où viennent ces liens forts entre la France et le Liban? - Y.Goosz: Ca vient de la protection des chrétiens catholiques dans l'Empire ottoman.
Ca vient aussi de l'intervention militaire de Napoléon III en 1860. C'est dans l'entre-deux-guerres, jusqu'à l'indépendance du Liban en 1943, que tout se joue avec le protectorat français. La France, toujours présente militairement sous le mandat de l'ONU.
Elle y a perdu des hommes, 58 soldats tués en 1983. C'était l'attentat du Drakkar et l'explosion d'une voiture piégée. - M.Bouhafsi: Est-on capable de peser sur le cours de la guerre entre Israël et le Hezbollah? - Y.Goosz: E.Macron tente de donner de la force à ce gouvernement libanais pour qu'il aille au bout de ce qu'exigent les termes du cessez-le-feu signé à l'automne 2024.
Le Liban devait désarmer le Hezbollah mais il ne l'a fait que très partiellement. Il y avait une crainte de raviver la guerre civile. La France joue son rôle au Liban mais elle est seule.
Le monde regarde ailleurs, dans le Golfe. - Il y a une grande attente par rapport à la France, qui peut être surestimée dans ses possibilités. La France demeure contrainte par certaines réalités géopolitiques.
Il y a une réalité sur le terrain. Il y a une logique des événements et une dynamique militaire qui ne s'arrêtent pas comme ça. - Y.Goosz: Cette dynamique, c'est ce que peut faire la France contre B.Nétanyahou, décidé à éradiquer les mollahs et les proxis.
Emmanuel Macron