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interviewBLAST· 5 octobre 2025 22 min

🩏 SARKOZY CONDAMNÉ : LES MÉDIAS MAINSTREAM ATTAQUENT LA PRESSE LIBRE

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

[Applaudissements] [Musique] Bonjour, bienvenue dans Rinocéros. Sarkozy va aller en prison. La presse indépendante est attaquée de toutes parts.

Les juges sont sous pression. La bourgeoisie est déchaßnée. Mais est-ce qu'on aurait pas mieux fait de lui [ __ ] la paix à Sarco plutÎt que monter tout ce complot là ?

Mais regarde le complot a bien marché, il va aller en prison. Monsieur le président, vous voyez une injustice. Wouh !

Incroyable ! Évidemment, les mĂ©dias de la droite sont sous le choc et Ă  mon avis, c'est pas prĂȘt de s'arrĂȘter. Bah oui, parce qu'il y a eu la condamnation de Le Pen lĂ , donc c'est Sarco.

Ensuite, il y aura Dati, on a eu les dates de son procÚs aussi. Oui. Puis il y a Zemour qui est réguliÚrement condamné aussi.

Non, mais ils sont chiants ces juges. Mais oui. Pourquoi il y a des juges en fait ?

On peut plus faire de politique. Pourquoi avoir assorti une peine lourde 5 ans d'un mandat de dépÎt si ce n'est pour l'humilier, éprouvé, s'il le fallait encore, l'acharnement judiciaire subi depuis des années par Nicolas Sarkozy. Et voilà.

Et moi, je parle pour mes amis. En tout cas, voilà, ça me ça c'est c'est insupportable. Voilà, il y a aucune c'est c'est c'est insupportable.

Voilà. Implacable avec les dirigeant, laxiste avec les racailles. Méfiez-vous des juges.

C'est un séisme politique sur la vie politique française. D'abord le souffle historique de ce qui se passe, c'est le successeur du général de Gaulle. C'est le chef d'état d'une grande puissance mondiale.

On a déjà traité ce sujet dans Rinoceros. On vous renvoie à cet épisode sur SarkoZi et Le Pen. On vous racontait la complaisance des médias patronaux qui n'expliquaient jamais rien de l'affaire, mais se réveillaient à la fin du procÚs en trouvant que la peine était trop sévÚre.

Sauf que lĂ , ils sont passĂ©s Ă  la vitesse supĂ©rieure. Ça n'arrĂȘte pas, ils sont Ă  fond. Oui, Ă  la base l'affaire libienne, ils avaient plutĂŽt choisi de l'ignorer.

Il nous expliquaiit mĂȘme que ça intĂ©ressait pas les gens, que c'Ă©tait pas grand-chose. Moi, je pense qu'il y a beaucoup de français qui s'en foutent complĂštement. Sauf que lĂ , ils peuvent plus s'en [ __ ] En fait, c'Ă©tait sĂ©rieux cette affaire libienne.

Et Karine le Marchand, la pauvre, elle est complÚtement perdue sur son parking. Mais en tant que française que citoyenne, je ne comprends pas ce qui se passe avec Nicolas Sarkozy. Oui, juste avant de monter dans sa bagnole, elle s'est dit qu'elle allait faire une vidéo pour montrer qu'elle était solidaire de la famille Sarkozy.

Oui. Et jusque-l, bon, pourquoi pas ? Elle avait aussi envoyé de la force à Rachida Dati un peu avant.

Rachidati qui venait de la décorer. Karine le Marchand maintenant, elle est chevalier des arts et des lettres. Et oui, rien que ça.

Recevoir aujourd'hui le titre de Chevalier des Arts et lettrre de tes ma Rachida, est pour moi un symbole puissant car tu le sais, je te le dis, j'admire la femme que tu es. Et nos chemins se rejoignent sur bien des points. Oui, ça valait bien du coup une petite défense de la ministre hein.

Elle a eu une mĂ©daille quand mĂȘme. Maintenant, c'est la RĂ©publique Karine le Marchand. Et la RĂ©publique, la RĂ©publique, elle se dĂ©fend.

Elle dĂ©fend Nicolas Sarkozi aussi et et on le condamonne Ă  5 ans alors que on a des jeunes qui tabassent un policier qui sont relĂąchĂ©s euh que des des des mecs sous Qutf condamnĂ©s jusqu'Ă  11 fois qui agressent des femmes sont relĂąchĂ©es. C'est lĂ  qu'on voit que c'est un tout petit monde qui est sous le choc et qu'Ă  l'occasion de ce choc et ben les positions se sont radicalisĂ©es. Alors que les Français bah dans les enquĂȘtes d'opinion, ils ont pas l'air plus choquĂ© que ça.

Et en mĂȘme temps, ça fait 10 ans que Sarkozy il passe devant les tribunaux pour des affaires diverses et variĂ©es. Il a dĂ©jĂ  Ă©tĂ© condamnĂ© pour d'autres trucs ? Oui, je pense qu'il y a mĂȘme plein de français qui se disaient "Mais comment ça se fait qu'il est pas encore en prison ?

Comment il s'est démerdé pour paillett quoi ?" Bon voilà, c'est bon, c'est fait. Il a fauté et ben il doit payer.

Moi si je faute en tant qu'agent à sermenté, on me met le double et ben et ben c'est pareil. Il était président, il devait l'exemplarité, il avait qu'à pas fauter tout simplement. C'est le minimum pour ce genre d'affaires quoi.

Clairement quand on voit ce que certaines personnes prennent pour beaucoup moins, on va dire qu'on est trĂšs content. Ouais. Ouais.

Ouais. Mais moi, depuis que je suis gamine Sarco, je le vois venir Ă  la tĂ©lĂ© pour dire qu'il est innocent. Ça commence Ă  devenir suspect un peu non ?

Et dans la presse étrangÚre, c'est pareil. On a plutÎt tendance à trouver qu'il était temps que ça se conclut tout ça. Un article singlant de la Frankfurter Algomine Taung titré Le poison de la démocratie.

Et c'est Nicolas Sarkozi qui est qualifiĂ© ainsi par le quotidien conservateur allemand. Bah oui, les magouilles de Sarco c'Ă©tait des trucs graves. Ça a empoisonnĂ© notre vie politique pendant des annĂ©es.

Il y a eu de l'argent libien. des frais de campagne présidentielle qui ont explosé, des tractations cheloues avec un terroriste. Non, il nous a foutu la honte, Sarco.

Et là, ce jugement montre que oui, bah oui, il fallait pas faire ça, on le refera plus, on laissera pas refaire ça en tout cas dans notre pays. Et c'est ce que note le Tagusiger d'ailleurs. Mais finalement, ce coup de tonner judiciaire, comme l'appelle le journal suisse démontre selon lui le bon fonctionnement de l'état de droit.

Sauf qu'en France, on n'est pas soulagé. Il y a comme un microclimat. Ici, on est triste.

Et oui, Sarcos, c'Ă©tait peut-ĂȘtre une fripouille, mais c'Ă©tait notre fripouille. Ça vous rend triste de voir qu'un ancien prĂ©sident de la RĂ©publique va aller en prison ? DĂ©jĂ , il a l'air triste lĂ .

Ah oui, il est bien triste. Ouais, Ă©videmment, en soi, c'est blessant pour tout le monde. Un chef de l'État français qui est mis en prison, euh Trump va ricaner en disant "Ces Français sont dĂ©cidĂ©ment complĂštement fous." Euh, Poutine va ricaner en disant "Bien fait pour les Français." Oh, j'avais pas pensĂ© Ă  ça.

Lui, il pense que c'est un signe de faiblesse d'avoir condamné Sarco. Alors oui, en Russie cette situation, elle serait pas possible. Mais tu veux qu'on devienne la Russie à l'in duel ?

Au BrĂ©sil, Bolsonaro vient de se prendre une condamnation de 27 ans pour sa tentative de coup d'Ă©tat. Bah moi, je suis soulagĂ© pour le BrĂ©sil et pour les BrĂ©siliens. Ça envoie un message clair.

On ne fait pas de coup d'état. On doit respecter le résultat des élections. Alors oui, Trump ça peut le faire rigoler parce que lui aussi il a fait une tentative de coup d'état le 6 janvier 2021.

Sauf que la justice a pas rĂ©ussi Ă  le faire payer et maintenant il est prĂ©sident Ă  nouveau et il a graciĂ© tous les participants de l'attaque du Capitol. Non, c'est quand mĂȘme mieux quand ces gars-lĂ  on arrive Ă  les choper et les juger avant que ça parte en couille quand mĂȘme. C'est ça l'Ă©tat de droit, c'est que tout le monde est justiciable.

On fait appliquer le droit. S'il y a corruption, complot ou des trucs du genre, et ben que tu sois un ancien président ou non, tu dois rendre des comptes. Ou alors sinon, ça veut dire qu' faut rétablir des privilÚges, mais faut le dire clairement.

Donc si on a été un président ou je sais pas quoi, et ben on a l'immunité au nom de la stabilité politique du pays, de l'image de la France. C'est ça ce que veulent les gens qui attaquent l'état de droit aujourd'hui. Dans l'histoire de la 5e, il n'y a jamais eu autant d'attaques contre l'état de droit qu'aujourd'hui.

Pourra-t-on résister à ces assauts ? Pourra-t-on plier sans rompre ? Car là aussi, le vent souffle fort et ce sont ceux censés soutenir les fondements de la démocratie qui donnent les premiers coups.

Vous avez entendu ? Ce sont ceux censés soutenir. C'est joli.

Elle a elle s'est mĂȘme pas plantĂ© en plus. Ah bah c'est la premiĂšre matinale de France hein. C'est l'Ă©lite, c'est la crĂšme.

On n'y arrive pas par hasard. Qu'est-ce qui s'est passé pour Marie Saint-Filtre ? Dans sa revue de presse, la journaliste Nora Amadi a choisi son camp et c'est justement celui de la démocratie, celle avec une presse libre et des tribunaux indépendants.

Ce qu'elle note, c'est qu'on est peut-ĂȘtre Ă  un moment charniĂšre et que c'est de la faute politique. L'inconsĂ©quence des politiques rend une bascule possible. C'est dire la fragilitĂ© de cet Ă©tat de droit, pas mieux.

Et oui, c'est une question centrale ça. Est-ce que les politiques doivent tout contrĂŽler ? Est-ce que ça doit se passer ? comme en Hongrie ou comme ce qui est en train de se passer aux États-Unis avec une justice aux ordres, une presse aux ordres avec tout qui obĂ©it au grands chefs.

Et pour attaquer la justice et la presse, il suffit de les désigner non plus comme des contrepouvoirs mais comme des adversaires politiques. Voilà, tu dis que les juges sont trop politisés, que la presse est trop politisée et là tu peux les déglinguer. La haine n'a donc décidément aucune limite.

Donc là, on sait pas trop s'il parlent des juges ou de médiia part, mais apparemment, il y a des gens qui le détestent, qui sont pleins de haine et c'est le complot, quoi. Et s'ils veulent absolument que je dorme en prison, je dormirai en prison. Là, on dirait qu'il leur fait une fleur, qui les mananime.

Sauf que tu as pas le choix làin. Cette injustice est un scandale. Ce qu'ils ont humilié aujourd'hui, c'est la France.

C'est l'image de la France. Bon, cette déclaration, vous l'avez entendu, elle était en boucle sur toutes les chaßnes. Elle a donné le ton pour la suite.

Vous avez noté les éléments de langage. L'injustice, la haine, le scandale. La haine n'a pas de limite.

La haine n'a pas de limite. La haine de qui ? C'est c'est la question permanente.

Il y a une dĂ©cision de pour Nicolas. On va arrĂȘter avec cette obsession de mĂ©di Ă©vidment que ça vous pose problĂšme Ă©vid mais on est tous obsĂ©dĂ©s par SarkoZi mais c'est normal c'Ă©tait notre prĂ©sident il a Ă©nervĂ© plein de monde. On est un pays entier Ă  ĂȘtre obsĂ©dĂ© par Sarkozi.

Oui, à un moment on vivait dans le pays de SarkoZi. On était pris en otage. Il était à la télé tout le temps.

LĂ , les jeunes, ils ont connu que Macron mais je peux vous assurer qu'Ă  notre Ă©poque hein c'Ă©tait Sarkozi qui faisait pĂ©ter des cĂąbles Ă  tout le monde dans ce pays de NĂ©vrosĂ©. Et oui, et Ă  ce moment-lĂ , Media Part a enquĂȘtĂ© sur les abus du pouvoir. Est-ce qu'on peut enquĂȘter sur les abus du pouvoir encore ?

Hein, c'est ça la question. Bah oui, bah c'est ce qu'a toujours fait Media Part. Vous le voyez bien, à chaque nouveau premier ministre, Media Parter des trucs.

Bairou, tiens tiens, c'est bizarre cette histoire de Betaram. Le cornu tiens tiens, il aurait pas menti sur ses diplÎmes. Méapart n'est pas obsédé par Sarkozy en particulier.

Le journal en ligne essaie juste de jouer son rĂŽle de contrepouvoir. C'est ça l'enjeu, le vrai enjeu. Est-ce que la presse peut Ă©gratigner, gĂȘner, limiter le pouvoir ?

Il y en a qui trouvent ça scandaleux et c'est comme ça qu'il faut comprendre les attaques contre MĂ©diapart. MĂ©diapart joue un rĂŽle extrĂȘmement nocif, toxique aujourd'hui dans la presse française. Ouais.

Donc il y a eu quand mĂȘme de la part de MĂ©diapart une volontĂ© de ben de nuire, de tuer SarkoZie. Mais MĂ©dia Part, c'est encore une fois euh ce n'est pas un organe d'information, c'est une officine de propagande, une cruautĂ© et d'une violence inouie. Donc voilĂ , pour certains, rien ne devrait arrĂȘter le pouvoir des politiques, certainement pas les journalistes.

Heureusement, pour lutter contre la presse indĂ©pendante pleine de haine, il y a de bons journalistes, ceux de la presse bourgeoise. Et oui, et un bon journaliste, ça ne l'enquĂȘte pas. Ça rĂ©pĂšte les Ă©lĂ©ments de langage des puissants.

Le document sur lequel repose le dĂ©but du du commencement de cette pseudo enquĂȘte de mĂ©diia part est un faux et c'est la prĂ©sidente du tribunal qui le dit. C'Ă©tait Harfi qui euh euh qui euh qui conseillait Takedine. Euh elle lui avait dit de dire que il avait apportĂ© des valises au ministĂšre de l'intĂ©rieur, de l'argent et tout ça et c'Ă©tait un faux.

CĂ©tait donc lĂ  l'affaire a Ă©tĂ© jugĂ©e. On sait ce qui est faux, on sait ce qui est pas faux. Il y a des juges de maniĂšre collĂ©giale qui ont dit que oui, on pouvait prouver quand mĂȘme au moins un pactruption entre les Ă©quipes de SarkoZi et celles de Kaddafi.

Mais tout ça dans le monde de ces news, ça n'existe pas. Ce soir, on devrait pas on devrait pas commenter le fait que Nicolas Sarkozy soit condamné à 5 ans de prison. Tous les journaux télévisés devraient faire leur une, devrai faire leur titre, devraient faire l'ouverture du 20h pour dire que média part c'est une fraude, qu'il ne faut plus croire en médiia part parce que ce sont des militants.

Oui, c'est exactement ce qui se passerait dans une dictature. Oui, s'il y avait juste la presse des oligarques et puis la presse du pouvoir, oui, on ferait ça. Oui, puis mĂȘme on mettrait Fabrice Orf en prison aussi.

Sous prĂ©texte qu'il a produit un faux par exemple. Sauf que ça non plus, mĂȘme si c'est rĂ©pĂ©tĂ© sur tous les plateaux, ce n'est pas vrai. Par trois fois et jusque dĂ©finitivement, la justice française a dit que ce document n'Ă©tait pas un faux.

Ce document, c'est une note émise par le renseignement libyen qui établit le pacte de corruption et évoque la date d'une réunion qui malheureusement est fausse. La date est fausse. Voilà, c'est ça qui jette un peu le doute, mais le document lui n'est pas faux.

Ce document est celui qui a permis de rĂ©vĂ©ler une rencontre secrĂšte entre Brisortefeu, collaborateur de Nicolas Sarkozy au ministĂšre de l'intĂ©rieur et le terroriste d'État libien Abdallah Senusi Ă  Tripoli. Rencontre secrĂšte qui est au cƓur de la condamnation pour association de malfaiteur de Nicolas Sarkozi. Mais pour la dĂ©fense de Sarkozi, ce document, il a Ă©tĂ© trĂšs important.

Il a mĂȘme Ă©tĂ© utilisĂ© pour accuser Media partart d'avoir créé de toutes piĂšces info. Et cet argument, on l'entend encore sur tous les plateaux. Il est encore pris au sĂ©rieux.

Léa Salamé ne reprend pas l'avocat de SarkoZi quand il vient dire au 20h que le document est inf. Sur les chaßnes de Boloré et de Rodolphe Saad. Et c'est pareil, tous déclarent que Media Part a fourni un faux document.

Or c'est de la désinformation totale. Comment ça peut encore passer sur nos antennes ? Sarkozy n'est plus sauvable.

Il va aller en prison. DĂšs lors, la question qui se pose, c'est pourquoi il continue Ă  essayer de le sauver sur les plateaux ? Bah oui, lĂ  il pourrait le laisser tomber.

Il est finit tÎt. Alors pourquoi le défendre encore là ? Parce que là, apparemment, c'est pas fini la Sarcomania.

Au contraire, elle a repris du poil de la bĂȘte. Fallait lire le papier du JDD la semaine derniĂšre. C'Ă©tait fou.

La petite équipe des anciens de valeurs actuelles s'est rendu au chevé du condamné et écouté comme ils en parlent. Lorsqu'il nous reçoit ce vendredi aprÚs-midi, c'est un sarco, le buste vertical, les épaules hautes et le regard bleu acier qui vous hate littéralement lorsque vous le croisez. L'effet de souffle de sa force et de sa détermination se ressent physiquement lorsque l'on démarre l'interview.

Et ça sert plus à rien de faire ça, c'est trop tard. Pourquoi vous continuez ? En fait, c'est pas compliqué, il y a une explication.

Alexis LĂ©vrier, le spĂ©cialiste des mĂ©dias, il a lu l'article et voilĂ  ce qu'il en a retenu dans le JDD ce matin. Une question rhtorique Ă  SarkoZi prĂ©sente MĂ©diapart comme une menace pour l'Ă©tat de droit. Les chaĂźnes d'info en boucle se livrent Ă  la mĂȘme inversion du rĂ©el depuis 2 jours.

Le trumpisme est déjà là et avec lui le procÚs de la justice et de la presse indépendante. En fait, c'est ça. Parmi les gens qui défendent Sarkozy, il y en a qui s'en foutent un peu de Sarkozy mais qui préparent le coup d'aprÚs.

La défense de SarkoZi, c'est juste devenu un prétexte pour attaquer la justice et la presse. Voilà, c'est plus clair maintenant. Là, en fait, le JDD attaque surtout frontalement Mediapart.

Mediapart qui a rĂ©agi d'ailleurs et qui a produit un communiquĂ© qui revient sur les propos de Sarkozy dans cette fameuse interview. Il a rĂ©cidivĂ© dimanche dans le journal du dimanche qui a compllaisemment posĂ© trois questions. Oui, trois sur mĂ©diia part Ă  un ancien chef de l'État dont la condamnation est historique.

Tout y passe. Militantisme bien connu, pratique réguliÚres visant à utiliser le mensonge à des fins partisanes. En attendant, l'attitude de Nicolas Sarkozi, sa violence habituelle et ses attaques incessantes contre la liberté de la presse et l'état de droit ont des conséquences alarmantes.

Depuis jeudi, des magistrats sont menacĂ©s. Deux enquĂȘtes ont mĂȘme Ă©tĂ© ouvertes. Nos journalistes reçoivent des messages haineux.

Ce climat infect doit cesser. La presse doit pouvoir travailler librement en toute indépendance et en toute sécurité. On entend beaucoup que Médiap déteste Sarkozi, mais Sarkozy déteste Médiia Parts que pour lui c'est devenu personnel.

Quand je pense qu'il y a des journalistes qui osent donner du crédit au fils Kaddafi, au service secret de monsieur Kaddafi, c'est un montage quand vous pensez Oh ben d'abord Miapart et coutumier de mensonge. Part c'est quoi ? C'est une officine, vous savez trÚs bien au service de qui.

Le truc, c'est que Sarkozi, il connaßt du monde. Il est influent, il est puissant dans les sphÚres politiques, financiÚre, médiatique. Il s'est formé un grand réseau.

Donc il jouit d'une sorte d'immunité dans la presse bourgeoise. La presse qui est aux mains des milliardaires dont il est proche. Il leur a rendu plein de services lorsqu'il était au pouvoir et bien maintenant, il le lui rendent bien.

Oui. Vincent Boloré qui est un homme pour qui j'ai de l'amitié, de l'admiration. Vous vous souvenez, il a pu aller se défendre plusieurs fois au 20h de TF1.

La chaßne qui appartient à son copain Martin Brig, celui qui a aussi embauché son fils Louis Sarkozy alors qu'on avait rien demandé. Et oui, et c'est pour ça que tous ces gens sont vénÚres quelque part. Ils l'ont vraiment bien défendu, ils ont joué et ils ont perdu.

Une partie de ce petit monde mĂ©diatique est allĂ© trĂšs loin pour protĂ©ger Sarco. Certains ont mĂȘme pris des risques, notamment avec cette histoire de fausse rĂ©tractation TakĂ©din. Vous vous souvenez de ça ?

MĂȘme Carla Bruny a Ă©tĂ© mise en examen dans cette affaire et il y aura un procĂšs, un autre procĂšs. Oui. Oui.

Diad Takedin, décédé il y a peu avait été un acteur clé de l'affaire libyenne puisqu'il aurait joué le rÎle d'intermédiaire entre le clan Kaddafi et le clan SarkoZi. C'était le principal accusateur de Nicolas Sarkozi dans cette affaire. L'argent a été versé.

Oui. Par qui ? Par les autorités libennes, notamment Mohammad Kaddafi.

À qui ? Ă  Nicolas SarkoZ et Claude Ga. Ce tĂ©moignage trĂšs important, il le maintiendra pendant des annĂ©es.

Mais un jour en 2020 sur la mĂȘme chaĂźne BFM TV, une vidĂ©o tronquĂ©e de Takedin a Ă©tĂ© diffusĂ©e dans laquelle il changeait complĂštement de version. Takedin Ă©tait filmĂ© Ă  Beyrouth Ă  l'arrache total, le fil du micro qui pendouillait. On sentait qu'il rĂ©citait un texte oĂč il dĂ©douinait Sarkozy.

Tout était louche, ça ne tenait pas. Monsieur Sarkozi n'a pas eu un financement les bien pour la campagne présidentielle. Ni monsieur Kaddafi ne pouvait le faisait jamais.

Il y a pas eu de financement de campagne présidentielle de monsieur Sarkozi. Cette fausse rétractation de Zad Takedine a été diffusée sur BFM TV à l'époque dirigée par Marc Olivier Fogiel et a été publié dans Paris Match. Suite à ça, la machine médiatique s'est emballée pour blanchir Sarkozi.

Cette mise en scĂšne, elle avait Ă©tĂ© faite en Ă©change d'une grosse somme d'argent 4 millions d'euros pour Takedine dans le cadre d'une opĂ©ration sauver Sarko et c'est mĂȘme pas une blague, c'Ă©tait le nom du plan secret. Et Sarkozi, il l'appelait ZĂ©bulon. ZĂ©bulon quoi, mĂȘme pas un peu stylĂ© la mafia française.

Et cette grande manipulation dans laquelle on retrouve le nom de Mimi Marchand, la fameuse Mimi Marchand et bien elle a été révélée par Media Part. Des messages obtenus par des juges d'instruction montrent l'incroyable mobilisation de responsables et figures de la chaßne d'information en soutien de Nicolas Sarkozi au moment de la fausse rétractation de Zad Takedin. Et toute cette affaire et ben ça a abouti à des mises en examen comme on pouvait le lire dans le monde en 2024.

Dans cette affaire, Nicolas Sarkozi a Ă©tĂ© mis en examen en octobre 2023 et Carla Bruni Sarkozi le 9 janvier 2024 pour recell de subordnation de tĂ©moins et association de malfaiteurs en vue de la prĂ©paration d'escroquerie au jugement en bande organisĂ©. En plus de neuf autres personnes dont une figure de la presse people, Michel Marchand dit Mimi soupçonnĂ© d'avoir orchestrĂ© la rĂ©tractation. Donc grosse opĂ©ration quand mĂȘme avec beaucoup de monde qui s'est mouillĂ© lĂ -dedans et qui a entraĂźnĂ© BFM TV qui s'est retrouvĂ© mise au service du plan pour sauver Sarko parce qu'en plus un peu aprĂšs la diffusion de la rĂ©tractation Sarkozi il a Ă©tĂ© invitĂ© sur BFM TV, il a Ă©tĂ© interrogĂ© par Rutel Crief et il a pu Ă  nouveau clamer son innocence et puis mettre des petits coups de pression au passage.

Les plus gentils vont dire c'est une affaire de cours de rĂ©crĂ©ation puis les plus mĂ©chants vont dire c'est une affaire de voyou, c'est un des mĂ©thodes de voyou. C'est trĂšs Ă©trange quand mĂȘme. Madame faites trĂšs attention au vocabulaire que vous employez. parce que je ne suis pas quelqu'un qui plaisante.

Donc vous ne parlez pas de moi comme un voyou. Pardon de le dire parce que moi je pourrais dire aussi qu'inviter monsieur Takedin chez BFM comme vous l'avez fait, c'est une affaire de voyou. Donc mesurez votre vocabulaire et les choses iront beaucoup mieux.

Et lĂ  il engueule BFM TV d'avoir invitĂ© Zedding du temps oĂč c'Ă©tait pas rĂ©tractĂ© en plus hein. Miapart a rĂ©vĂ©lĂ© 4 ans plus tard que cette interview avait Ă©tĂ© elle aussi organisĂ©e pour rendre service Ă  l'ex-prĂ©sident. Ils l'ont su grĂące Ă  des SMS Ă©changer entre Routel Crief, Marc Olivier Fogiel et VĂ©ronique Vachet la chargĂ©e de communication de Nicolas Sarkozi.

Dans les SMS, il y a des trucs sympas. Par exemple, juste aprĂšs l'interview, Routel Crief a contactĂ© la chargĂ©e de com de SarkoZi. Ça va ?

Vous avez de bons échos ? Demande la journaliste. Excellent.

Merci ma chĂšre route, Ă©mission dĂ©cisive pour nous, rĂ©pond l'attachĂ© de presse. SincĂšrement, je l'espĂšre du fond du cƓur, ajoute la journaliste. Routel Crief espĂ©rait donc du fond du cƓur que cette sĂ©quence allait aider Nicolas SarkoZi.

Du fond du cƓur. Et elle est encore en poste. Elle alors elle est plus à BFM, maintenant elle est à LCI, mais on se demande pas si c'est une journaliste militante.

Alors que lui là hein, on le retient Harfi. Lui, c'est marqué sur le bandeau carrément qu'il a fait du travail de militant. Cette note et selon la justice française ni info matériel ni info intellectuel.

C'est si vrai qu'elle a révélé une rencontre secrÚte qui a existé et qui est au fondement de la condamnation. Mais il y a d'accord pour dire que la Cour de cassation n'a jamais dit il s'agit d'un vrai. La justice est saisie pour dire si c'est un faux.

Oui, elle a pas Ă©tĂ© intĂ©ressant si c'Ă©tait un vrai. Mais non, mais c'est en fait la justice est saisie pour dire mais non mais c'est le droit. Oui, lĂ  il Ă©tait invitĂ© il y a quelques jours sur BFM TV et c'Ă©tait clairement pour rĂ©pondre Ă  un interrogatoire sur le fameux faux produit par Mediapart et mĂȘme s'il arrive Ă  parler un peu d'autres choses, de toute façon, c'est ça qu'il y a sur les bandeaux, c'est le procĂšs de MĂ©ia Part.

MĂ©ia part, mĂ©diia militant, note mĂ©diapart pour la magistrate. Sarkozy, la note mĂ©diapart au cƓur des dĂ©bats. Mais c'est vous qui mettez cette note au cƓur du dĂ©bat.

Une note qui a Ă©tĂ© Ă©cartĂ©e pour l'instruction mais sans laquelle Sarkozy a quand mĂȘme Ă©tĂ© condamnĂ© finalement. Mais oui, elle Ă©tait pas si hein. Merci beaucoupf d'ĂȘtre venu dĂ©fendre ce point de vue euh ce soir sur ce plateau.

Vous avez rappé, j'en ai rappeler d'autres aussi. J'essaie aussi, je vous assure. J'essaie aussi.

Et alors quand il est sorti de l'interview, Fabrice Harfield Ă©tait un peu fĂąchĂ© et il l'a dit sur le rĂ©seau Blue Sky. J'Ă©tais sur le plateau de BFM oĂč je n'aurais jamais dĂ» aller pour parler de la condamnation de Nicolas Sarkozi. Je n'ai pas eu le temps de rappeler que la seule chose fausse publiĂ©e dans cette affaire, c'est la rĂ©tractation de Takedin sur les antennes de BFM.

Mais oui, on en parle plus de cette magouille là, la fausse rétractation et du fait que BFM l'a diffusé sans vérification. Et non, puisque là on fait le procÚs du journalisme. En fait, Miaapart est allé trop loin.

On ne fait pas tomber un ancien prĂ©sident, on ne fait pas ça en France. Alors que [ __ ] ce serait l'occasion d'ĂȘtre fier au contraire de d'avoir une justice qui s'est pas laissĂ© impressionnĂ©, qui s'est pas laissĂ© corrompre et on pourrait ĂȘtre fier d'avoir encore une presse libre qui elle ne s'est pas laissĂ© corrompre. Les États-Unis avaient ça Ă  un moment, ils en Ă©taient fiers.

Ils en faisaient mĂȘme des films. [Musique] VoilĂ , ce sera notre petit hommage Ă  Robert Redford. Ce film, c'est les hommes du prĂ©sident.

Ça parle d'une histoire vraie, celle du Watergate. L'affaire du Watergate, elle a fait tomber Nixon, un prĂ©sident en exercice. Alors, c'Ă©tait il y a longtemps, mais aux États-Unis, Ă  l'Ă©poque, on Ă©tait fier d'avoir ce genre de contrepouvoir contre les abus du pouvoir.

C'Ă©tait mĂȘme la marque du monde libre. Les deux journalistes qu'on suit dans le film travaillaient pour le cĂ©lĂšbre Washington Post, un journal qui est depuis passĂ© sous le contrĂŽle de Jeff Bezos. Ce titre historique de la presse Ă©tats-unienne s'est donc couchĂ© aprĂšs l'Ă©lection de Trump.

Il y a eu des dĂ©missions, des dĂ©sabonnements en pagaille et on peut se demander si aujourd'hui ce journal pourrait encore sortir quelque chose d'aussi Ă©norme que l'affaire du Watergate. Ce qu'on peut se dire, c'est qu'au moment oĂč aux États-Unis sont en train de commencer Ă  devoir faire le deuil de la presse libre et de la dĂ©mocratie, c'est quand mĂȘme dommage que chez nous, on commence Ă  faire son procĂšs, hein. Et la presse libre, ça se finance.

Alors n'hésitez pas à vous abonner à Blast et nous on se retrouve dans 2 semaines. [Musique] [Musique]