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Podcast / conversationRTL — Le Grand Jury (sur Podcast)· 24 juin 2025 22 minComplaisantActualité / polémiqueSantéNumériqueSolidarités & familleÉducation & recherche

TOUT SAVOIR SUR - La santé mentale grande cause nationale, mais que proposent les politiques ?

Au micro : Marie-Pierre HaddadSource d'origine 3 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 10 %Défensif 60 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 1:30OuverteRéponse directe

    Que disent les études sur la dégradation de la santé mentale chez les jeunes ?

  • 2:40OuverteRéponse directe

    Est-ce que ça se ressent au niveau du monde de l'hôpital ?

  • 4:22OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce qui a été annoncé par le gouvernement ces derniers jours ?

  • 5:45OuverteRéponse directe

    Qu'en pensent les professionnels ? Comment ces mesures ont été accueillies ?

  • 7:16OuverteRéponse directe

    Elisabeth Borne évoque un protocole de détection de la souffrance psychologique. Qu'est-ce que ça veut dire concrètement ?

  • 9:00OuverteRéponse directe

    Pourquoi les réseaux sociaux sont-ils pointés du doigt quand on parle de santé mentale chez les jeunes ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:57InvitéChiffre
    « Chez les 10-14 ans, ça a augmenté de 22% en seulement un an, entre l'année 2023 et l'année 2024. »
  • 2:31InvitéChiffre
    « Il y avait 41% des collégiens et 49% des lycéens qui manifestaient un mal-être mental. »
  • 5:12InvitéChiffre
    « Il y a un tiers des postes de psychiatres qui sont vacants dans les hôpitaux. »
  • 6:51Locuteur non identifiéPromesse
    « On doit agir aussi sur la santé mentale. Et j'ai demandé, suite aux assises de la santé scolaire, que dans chaque établissement, il y ait un protocole de repérage et de prise en charge pour les jeunes qui peuvent avoir des problèmes psychologiques ou psychiatriques. »
  • 15:54InvitéFait
    « En 40 ans, il y a 60% des lits qui ont été fermés dans les services de psychiatrie, que les locaux sont totalement vétustes, que c'est l'enfer, etc. »
  • 17:12PrésentateurChiffre
    « Les problèmes de santé mentale touchent un Français sur cinq. »
  • 17:26PrésentateurFait
    « Les maladies psychiques sont le premier poste des dépenses de l'assurance maladie. »

Temps de parole

  • Invité66 %
  • Présentateur17 %
  • Présentateur 25 %
  • Invité 24 %
  • Locuteur non identifié3 %
  • Locuteur non identifié 22 %
  • Présentateur 32 %

1,4 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Tout savoir sûr Bonjour à tous, c'est Marie-Pierre Haddad. Je suis ravie de vous retrouver pour un nouvel épisode de Tout savoir sûr, le podcast de la rédaction de RTL. Aujourd'hui, on va évoquer ensemble le sujet de la santé mentale. Après le meurtre de Mélanie, cette surveillante tuée en Haute-Marne par un collégien, le gouvernement a promis des mesures. Si l'extrême droite dénonce l'ultra-violence, le socle commun et la gauche s'interrogent, eux, sur la santé mentale des jeunes. On parle de l'école parce que ce drame a eu lieu hier, mais vous voyez bien qu'il y a eu des meurtres aussi islamophobes récemment en France.

C'est en train de craquer de partout, c'est en train de glisser en fait très vite. On est dans un monde qui se tend, c'est pas vrai qu'en France d'ailleurs, mais je pense que ce qui se passe à l'étranger a aussi une résonance chez nous par les réseaux sociaux interposés. Tout se brutalise et je pense qu'il est urgent et que les politiques qui participent a baissé un peu le ton de la violence verbale, des attaques, de tout. Marine Tondelier, la patronne des écologistes, c'était sur France Info. Le service statistique des ministères sociaux a publié des chiffres.

Les hospitalisations d'adolescentes et de femmes jeunes pour tentatives de suicide ou automutilisation ont augmenté massivement l'année dernière en France, notamment chez les 10-14 ans. Alors, que propose la classe politique en matière de santé mentale ? Pourquoi le faire maintenant ? Et les propositions peuvent-elles fonctionner ? Pour répondre à toutes ces questions, j'accueille aujourd'hui dans le studio de RTL Agathe Landais. Bonjour. Bonjour Marie-Pierre. Bonjour à tous. Tu es journaliste et spécialisée dans les questions de santé ici à RTL. J'évoquais des chiffres sur la santé mentale. Que disent les études ? Est-ce qu'il y a une vraie dégradation de la santé mentale chez les jeunes ?

1:37
Invité

C'est très net. En fait, on dit que la santé mentale des jeunes a commencé un peu à se dégrader à partir des années 2010 et que ça s'est vraiment beaucoup accéléré au moment de la pandémie de Covid et des confinements. Je suis évoquée tout à l'heure ce chiffre des nombres d'adolescentes qui sont hospitalisées pour tentatives de suicide ou pour automutilisation. Effectivement, chez les 10-14 ans, ça a augmenté de 22% en seulement un an, entre l'année 2023 et l'année 2024. Donc, ça se voit vraiment à l'hôpital. Aussi, chez les femmes qui sont un petit peu plus jeunes, chez les 15-19 ans, là, c'est plus 14% d'augmentation d'hospitalisation.

Et puis, je voulais te citer aussi une autre étude que j'avais trouvée assez dingue, qui est une enquête qui avait été réalisée auprès des collégiens et des lycéens. C'est une enquête de Santé publique France qui date d'avril 2024, donc c'est quand même assez récent. Et donc, dans cette étude qui s'était intéressée au bien-être mental de près de 9000 élèves de collèges et donc de lycées, il y avait 41% des collégiens et 49% des lycéens qui manifestaient un mal-être mental. Donc, c'est vraiment un problème de fond. Est-ce que tu trouves que ça se ressent au niveau du monde de l'hôpital ? Il y a plus de demandes, plus de détresse de la part des jeunes et puis également des adultes.

Et puis, par ailleurs, mais on aura peut-être l'occasion d'en reparler à un autre moment dans ce podcast, l'état de l'hôpital public et puis même privé en ce qui concerne la psychiatrie est dramatique. C'est-à-dire qu'il n'y a plus assez de soignants, il n'y a plus assez de lits pour accueillir les patients. Les soignants disent souvent qu'ils travaillent dans des conditions de travail très compliquées, qu'ils n'ont plus envie de venir, qu'ils ne peuvent pas correctement s'occuper des patients. Beaucoup parlent de maltraitance, c'est-à-dire qu'ils ne peuvent pas se permettre de prendre tout le monde en charge.

Donc, ils font souvent un peu du tri à l'accueil entre celui qu'il est impératif d'hospitaliser tout de suite, parce que là, on est sûr qu'il va sûrement faire une tentative de suicide ou quelque chose de grave, et celui où on espère que ça va à peu près tenir et qu'on peut renvoyer chez lui sans trop de risque. Donc, voilà, c'est sûr que ça se sent à l'hôpital, à la fois sur l'état de l'hôpital et sur les demandes qui ont vraiment augmenté.

3:35
Présentateur

Le ministre de la Santé, Yannick Noder, a déclaré sur France Inter que la psychiatrie ne doit plus être le parent pauvre de l'hôpital.

3:41
Locuteur non identifié

Je crois qu'il y a urgence à renforcer toute la prise en charge de la santé mentale de la population et particulièrement des plus jeunes. Et je crois que ne rien faire, rester dans la contemplation serait extrêmement préjudiciable.

3:57
Invité

Mais vos prédécesseurs sont restées dans la contemplation ?

3:59
Locuteur non identifié

Moi, je ne suis pas là pour commenter. Moi, j'ai été le quatrième ministre en 2024, donc je le dis sur toutes les actions. La santé mentale, vous aussi. Quand vous restez trois mois à la tête d'un ministère, celui de la santé, quand on voit la totalité de l'ampleur, c'est au quotidien la vie des Français. Le ministère de la Santé, je crois qu'on ne peut pas mettre de plan. Donc moi, je ne jette la pierre à personne.

4:22
Présentateur

Est-ce que tu peux nous expliquer, Aguette, ce qui a été annoncé par le gouvernement ces derniers jours ? Parce qu'on a entendu beaucoup d'annonces. Et si tu peux nous aider à faire le tri ?

4:29
Invité

C'est ça. En fait, ces derniers jours, le gouvernement a présenté son plan psychiatrie. Donc effectivement, c'était un plan qui était très attendu. Ça fait des années que les psychiatres l'attendaient. Il y a eu beaucoup de consultations là-dessus. Et puis, c'est aussi la grande cause nationale, la santé mentale. Donc, on attendait des choses assez concrètes. Il a fallu attendre le mois de juin, donc six mois après le début de 2025, pour avoir des choses. Mais ça y est, ça a été communiqué.

Donc, en fait, ce qu'on peut retenir, c'est qu'il y a eu quelques annonces sur la formation des internes en psychiatrie pour faire en sorte qu'il y ait plus de médecins dans nos hôpitaux psy, tout simplement. Le chiffre à retenir, c'est plus 20% d'internes en psychiatrie. Ça fera à peu près 100 internes de plus formés chaque année. Donc ça, dans l'idée, dans 10 ans, puisqu'il faut 10 ans pour former un médecin, ça devrait permettre de donner un peu un appel d'air dans les hôpitaux. On rappelle aujourd'hui qu'il y a quand même un urgence, parce qu'il y a un tiers des postes de psychiatres qui sont vacants dans les hôpitaux.

Comme il va falloir attendre, on le comprend bien, parce qu'on ne peut pas former tout de suite un psychiatre, on va miser sur les médecins généralistes. On va leur demander de se former pour qu'eux soient capables de dépister le plus tôt possible les troubles psy chez tous leurs patients. Et puis, l'autre mesure qui concerne l'hôpital, c'est qu'on veut un infirmier référent sur les troubles psy dans chaque service d'urgence. Ça veut dire un infirmier qui sera formé spécifiquement sur la psychiatrie et qui sera capable de gérer une personne qui a une crise, par exemple.

5:45
Présentateur

Qu'en pensent les professionnels ? Comment ces mesures ont été accueillies ?

5:47
Invité

Il n'y a aucun professionnel qui va vous dire que ce sont de mauvaises mesures, puisque là, on parle de plus d'internes, donc à terme, plus de médecins, de l'appui des médecins généralistes. Donc, personne ne va vous dire formellement que ce n'est pas correct. Le problème, c'est que ça semble, un, pas suffisant. C'est-à-dire que ça fait plus de 15 ans que la psychiatrie est exsangue et qu'a priori, 100 internes de plus par an d'ici 10 ans, ça ne paraît quand même pas vraiment suffisant. Et puis, par ailleurs, il y a un énorme flou dans ce plan du gouvernement. C'est les moyens financiers qui sont dédiés à ça.

En fait, il n'y a aucune enveloppe franche dédiée qui a été quantifiée par le ministère de la Santé. Ils sont restés assez flous sur le financement. Donc, ça, c'est quelque chose qui inquiète beaucoup les professionnels de santé parce qu'ils se disent « bon, très bien, c'est des annonces, ça paraît pas mal. » Mais concrètement, comment on paye tout ça ?

6:35
Présentateur

La ministre de l'Éducation, pour revenir à la santé mentale des jeunes, Elisabeth Borne, a réagi au meurtre de Mélanie. On en parlait au début de cet épisode. Et elle évoque aussi le besoin de mettre en place un plan dédié à la santé mentale.

6:46
Locuteur non identifié

On doit agir aussi sur la santé mentale. Et j'ai demandé, suite aux assises de la santé scolaire, que dans chaque établissement, il y ait un protocole de repérage et de prise en charge pour les jeunes qui peuvent avoir des problèmes psychologiques ou psychiatriques. Et avec le ministre de la Santé, on s'est assuré que les jeunes signalés par l'Éducation nationale bénéficiaient d'une priorité pour la prise en charge dans les centres médicaux psychologiques.

7:16
Présentateur

Elisabeth Borne parle d'un protocole de détection de la souffrance psychologique. Est-ce que tu as pu en savoir plus ? Et concrètement, qu'est-ce que ça veut dire ? Comment ça va marcher ?

7:24
Invité

En fait, il y a deux volets là-dessus. Il y a ce que disait la ministre sur prendre en charge des personnes qu'on a détectées. Donc là, on l'entendait, elle parle des centres médicaux psychologiques. Ce sont les CMP. C'est des structures qui sont dans tous les départements qui sont censées prendre en charge en urgence des jeunes patients qui sont en détresse. Ça, aujourd'hui, vraiment, les CMP, ça fait partie du gros point noir de la psychiatrie. Il n'y a vraiment plus assez de monde. Ça fait, pour le coup, au moins 30-40 ans que c'est assez dramatique dans ce secteur-là.

Et le ministère de la Santé, le ministère de l'Éducation nationale se sont engagés à dire qu'il y aura une enveloppe dédiée. Encore une fois, elle n'a pas été quantifiée, mais il y aura une enveloppe dédiée à ces services, ces CMP, qui accepteront de prendre des rendez-vous non programmés de jeunes en détresse. Voilà, donc c'est quand même une annonce, même si elle paraît encore assez floue sur le principe. Et puis, l'autre volet qu'a évoqué Elisabeth Borne, c'est le repérage précoce. Et donc, pour ça, elle veut s'appuyer sur l'école. Il y a pas mal de mesures qui concernent l'école.

L'une des mesures, c'est former deux personnes par collège et deux personnes par lycée d'ici 2026 qui seront capables de repérer ces troubles psy. À la base, c'est quand même une mission qui est faite par les infirmières scolaires. Sauf que ça, bon, les infirmières scolaires, c'est pas nouveau. On en manque. Généralement, elles sont là une journée ou deux par semaine dans chaque établissement parce qu'elles courent entre plusieurs collèges, plusieurs lycées parce qu'elles ne sont pas assez nombreuses. Donc, comme le gouvernement est très conscient qu'on manque d'infirmières scolaires, ils veulent s'appuyer sur tous les autres professionnels du collège ou du lycée.

Donc, ils vont former des CPE, des profs, des surveillants pour repérer ces troubles psy.

9:00
Présentateur

L'autre sujet qui a aussi été beaucoup évoqué, ces derniers jours, c'est les réseaux sociaux. Ils sont souvent pointés du doigt quand on parle de santé mentale chez les jeunes. Pourquoi ?

9:08
Invité

Il y a plusieurs explications sur les réseaux sociaux. D'abord, il y a un effet vitrine qu'on connaît depuis de nombreuses années. En fait, on se compare, on regarde des gens qui ont des vies en apparence parfaite, entre guillemets, idéales, avec des corps parfaits, peut-être plus de moyens financiers, etc. Donc, il y a un côté frustrant qui peut développer de la jalousie, un sentiment d'infériorité. Donc, ça, c'est quelque chose qu'on connaît déjà depuis plusieurs années. Ce qu'il y a aussi sur les réseaux sociaux et que, je pense, on n'a pas assez quantifié au début, c'est le côté isolement. Parce que c'est vraiment le paradoxe du truc.

C'est-à-dire que les réseaux sociaux, c'est censé nous ouvrir sur le monde, nous donner accès à plein de gens avec qui parler. Et en fait, on se rend compte, avec l'uncule... On est quand même tout seul derrière son téléphone. Voilà, que c'est l'inverse. En fait, on risque de tomber accro. Donc, on est là, on scrolle pendant des heures sur son écran, on s'isole socialement, pour la santé mentale. Ensuite, on sait que les réseaux sociaux, puis globalement les écrans, mais ça a quand même un impact important sur le sommeil, la qualité du sommeil.

C'est-à-dire que si on scrolle pendant des heures avant de dormir, le fait d'être exposé à la lumière bleue, le corps ne comprend pas, en fait, que c'est l'heure de dormir. Donc, du coup, on dort moins bien. Et puis, voilà, dernier volet aussi qu'on a pas mal évoqué sur les réseaux sociaux, c'est l'exposition à des images violentes, parfois, et le fait d'être un peu dans une bulle. C'est-à-dire que si on est tenté de regarder des vidéos drôles, par exemple, sur TikTok, on va avoir que des vidéos drôles qui défilent sur notre fil d'actualité.

En revanche, si on est un peu en détresse psychologique, qu'on ne se sent pas très bien, qu'on a tapé dans le moteur de recherche, par exemple, santé mentale, tristesse, rupture, dépression, des choses comme ça, on va avoir tendance à ne voir plus que des vidéos qui parlent de ces sujets-là. Et en fait, il y a un peu un côté enfermement dans cette bulle-là qu'on s'est auto-crée sur les réseaux sociaux et qui peut poser problème aussi.

10:55
Présentateur

Certains dans la classe politique ont évoqué l'idée d'interdire les réseaux sociaux pour les jeunes avant 15 ans. Est-ce que ça serait efficace ?

11:02
Invité

C'est en tout cas le projet du gouvernement. Ils veulent imposer, effectivement, un contrôle de l'âge sur plusieurs applis de réseaux sociaux. Donc, on pense à TikTok où il y a beaucoup de mineurs, mais aussi Instagram et toutes les autres plateformes de réseaux sociaux. Alors, est-ce que ce serait efficace ? C'est un peu la grande question. Sur le papier, on peut se dire que si les jeunes sont moins exposés à ces réseaux sociaux, tous ces effets néfastes qu'on a évoqués juste avant seront minimisées, peut-être mieux encadrées. Et en même temps, le problème, c'est qu'aujourd'hui, en fait, on le sait peu, mais il y a déjà une limite d'âge sur les réseaux sociaux.

Elle est fixée à 13 ans et ce n'est déjà pas appliqué puisque c'est très compliqué à mettre en place. il faudrait que chaque réseau social accepte de faire une vérification d'âge au moment de l'inscription sur le réseau social. Là, déjà, ça dépend de la méthode qui est utilisée. Il y en a plein. Il y a soit via l'appareil photo, c'est-à-dire que l'appareil photo repère du côté de la forme de ton visage. Tu as des traits enfantins ou est-ce qu'à l'inverse, ça se voit que tu es adulte. Il y a aussi la possibilité de rentrer ta carte d'identité, par exemple. Mais bon, ça pose plein de questions du côté des données personnelles. Donc, c'est vraiment un vaste sujet.

Franchement, le fait d'interdire les réseaux sociaux à tel ou tel âge, c'est un peu une proposition qui revient très souvent dans le discours politique. Ça n'avance pas vraiment concrètement puisqu'on ne voit pas comment on peut le faire appliquer.

12:19
Présentateur

En avril 2024, le professeur Amin Benyamina a remis un rapport sur l'exposition des enfants et des jeunes aux écrans. Il l'a remis à Emmanuel Macron. Et 14 mois plus tard, rien ne semble avoir bougé ou du moins avoir été fait. Et sur RTL, il évoquait le rôle de ces écrans.

12:35
Invité

On ne sait pas quel est l'interlocuteur qui a été désigné pour mettre en place ces 29 propositions qui sont toutes dépendantes les unes des autres et qui constituent une forme de prise de conscience de la problématique des écrans chez les jeunes de manière importante et de manière concrète.

12:51
Présentateur

En fait, il n'y a personne qui s'en occupe, c'est ça ?

12:52
Invité

On a rencontré du monde par un coup. On ne sait pas ce qui va en sortir. On ne sait pas qui est le porteur. Il y a évidemment des éléments de réflexion mais clairement, honnêtement, on ne sait pas. On se moque de vous ? C'est un peu le sentiment que vous avez ? Je n'irai pas jusque-là. Nous, on a remis un rapport mais la partie mise en place, la partie mise en route, on ne la voit pas. Qui va le porter ? Quel ministère ? De toutes les façons, c'est un rapport qui doit impacter la société et pas que les personnes qui doivent le mettre en musique. Pour l'instant, non, on ne voit rien arriver.

13:26
Présentateur

Agathe, les écrans, ça joue beaucoup aussi sur la santé mentale. Tu l'évoquais un petit peu

13:29
Invité

quand tu parlais des réseaux sociaux. Oui, en fait, c'est vraiment lié aux réseaux sociaux mais en fait, si on parle purement des écrans, là où on voit le plus de ravages, c'est vraiment chez les jeunes enfants pour le coup. Chez les enfants qui ont moins de 6 ans, il y a quand même beaucoup d'études maintenant dans la littérature scientifique qui montrent qu'il y a vraiment un lien entre l'exposition précoce aux écrans et des retards d'apprentissage, des retards de développement du langage, des enfants qui sont plus agités, qui sont plus frustrés aussi.

Moi, j'avais fait un reportage qui m'avait beaucoup marquée il y a à peu près deux ans, je crois, dans un hôpital en Ile-de-France où il y avait une consultation dédiée pour les enfants de moins de 3 ans dont on soupçonnait qu'il y avait une addiction aux écrans. Et en fait, c'était assez marquant parce qu'on se rendait compte que des petits gamins qui avaient 3, presque 4 ans, il y en a certains qui n'étaient même pas capables de dire maman. C'est-à-dire que... Ah oui ? Oui, c'était franchement assez impressionnant.

C'est-à-dire que c'est des enfants qui, vraiment, avaient un retard de langage considérable qui va pouvoir se rattraper parce qu'il y a quand même des conseils médicaux en accompagnement. Parce qu'ils sont pris en charge. C'est ça. Mais en fait, c'est des parents qui, souvent, avaient vraiment minimisé l'impact des écrans, qui les ont mis devant une télé, un téléphone portable aussi, parfois, parce que ça les occupe, que les enfants aiment bien, qu'on a un peu minimisé ces impacts négatifs. Et en fait, on se rend compte que ça a des vraies conséquences là-dessus.

14:49
Présentateur

Alors, les députés socialistes vont lancer une commission d'enquête sur les défaillances de prise en charge de la santé mentale et aussi, d'ailleurs, du handicap. Est-ce que tu penses que ça peut déboucher sur quelque chose ? Parce qu'on se dit, il était quand même temps que la politique se saisisse de ce sujet.

15:03
Invité

Alors, sur les commissions d'enquête, ce qu'il faut savoir, c'est que le but d'une commission d'enquête, c'est d'auditionner tout le monde, de faire parler tout le monde, de faire un peu un espèce de bilan et, à la fin, d'émettre toute une liste de recommandations. Donc, le point de vue positif, c'est que ça permet quand même de parler du sujet, de la santé mentale, de l'état de la psychiatrie, d'éventuellement mettre en avant les défaillances du système.

Après, sincèrement, si tu me demandes mon avis sur l'utilité d'une commission d'enquête parlementaire, j'ai tendance à me dire que ce n'est pas très utile parce qu'en fait, ça fait des décennies, voire plus, que tout le monde est d'accord pour dire qu'il y a un problème majeur dans les services de psychiatrie et le constat est partagé pour le coup unanimement par tout le monde. Ce constat que les jeunes vont mal, qu'il y a un vrai problème de santé mentale et qu'il faut faire quelque chose.

Il y a même eu un rapport, il y a très peu de temps, c'était en janvier 2025, donc là, c'est très récent, qui était un rapport du comité d'éthique, le CCNE, qui disait qu'en 40 ans, il y a 60% des lits qui ont été fermés dans les services de psychiatrie, que les locaux sont totalement vétustes, que c'est l'enfer, etc., que les conditions de travail pour les soignants sont catastrophiques, ce qu'on se disait tout à l'heure. Et en fait, c'est un peu le serpent qui se mord la queue, c'est-à-dire que le système est complètement embolisé aujourd'hui.

Résultat, les étudiants en médecine, ils ne veulent plus aller en psychiatrie parce qu'ils savent qu'ils vont travailler dans des conditions de travail vraiment compliquées. Résultat, il y a encore moins de soignants, donc c'est encore plus compliqué dans les services. Donc en fait, ce constat, on l'a, on le connaît, tout le monde le partage. Donc, si ça peut permettre d'avoir des recommandations qui engagent le gouvernement à mettre en place notamment des financements dédiés à la psychiatrie et quand même assez massifs vu l'état de la situation, pourquoi pas ? Sincèrement, je ne suis pas sûre qu'une commission d'enquête parlementaire soit le meilleur moyen.

16:45
Présentateur

Oui, et tout dépendra du rapport et éventuellement des propositions de loi qui seront émises à la suite. Depuis le Covid, tu l'as dit, des experts alertent sur l'état de la santé mentale chez les jeunes et récemment, Michel Barnier, quand il était Premier ministre, déclarait ceci. Les crises successives, notamment celles du Covid, pas si lointaines, ont eu un effet important et aggravant sur la santé mentale de beaucoup de Français et de Françaises. Les problèmes de santé mentale touchent un Français sur cinq. Un Français sur cinq. Et particulièrement des jeunes. L'impact sur les familles et sur les proches est immense.

Les maladies psychiques sont le premier poste des dépenses de l'assurance maladie. Ces maladies se soignent et la prévention est essentielle. Les progrès sont réalisés dans la recherche et dans les traitements. Mais il y a encore tellement à faire dans les modes d'accompagnement des malades et des aidants. Et je n'oublie pas d'ailleurs le trouble du neurodéveloppement et du comportement cognitif. Et la priorité de l'accès aux soins, à l'éducation, à l'emploi des personnes concernées restera aussi une partie de ces enjeux. Ça, c'est un enjeu qui me tient à cœur, je le redis.

Et voilà pourquoi je pense que la santé mentale qui touche tant de gens et l'affaire de tous, Etat, collectivité, entreprises, associations, nous ferons, si vous voulez bien, de la santé mentale la grande cause nationale de l'année 2025. La santé mentale, grande cause nationale. Alors, on voit sur les réseaux sociaux de plus en plus d'internautes, des jeunes qui sollicitent l'intelligence artificielle, Tchat GPT, pour répondre à leurs questions sur la vie quand ils ont besoin de se confier. Alors, dit comme ça, ça peut paraître anecdotique, mais on voit que c'est une tendance. Est-ce que, toi, t'as pu observer ça ?

18:38
Invité

On a encore du mal à le quantifier. J'ai vu des études, des sondages qui disent qu'il y aurait 30% des jeunes qui auraient confié des informations personnelles, des questionnements sur leur vie intime, des choses comme ça, à une IA, notamment Tchat GPT parce que c'est quand même la plus utilisée. Spontanément, je ne trouve pas que ce soit une mauvaise chose. C'est-à-dire que ça peut être une porte d'entrée dans l'ouverture de la parole, dans le fait de verbaliser son mal-être. Ça peut être déjà un premier pas pour un jeune pour peut-être réaliser qu'il a un problème, qu'il ne va pas bien, que quelque chose le travaille.

On peut aussi comprendre l'attrait de Tchat GPT parce que, bon, déjà, c'est gratuit. On sait qu'une consultation chez le psy, c'est entre 50 et 70 euros. On peut aussi avoir l'idée qu'au moins, c'est rapide. On a un rendez-vous. Du coup, ce n'est pas un rendez-vous, mais voilà. Contrairement à un psy où il faut peut-être attendre un petit peu, là, Tchat GPT, c'est tout de suite quand on le veut. On ne peut pas être jugé puisque c'est une machine, ce n'est pas un humain. Et puis, il y a quand même un tabou qui est encore très fort, qui se lève petit à petit, mais qui est encore très fort sur les soins psy.

Il y a quand même encore l'idée reçue qui est beaucoup véhiculée, selon laquelle consulter un psy, c'est être fou ou être pas capable de se soigner tout seul. Donc, spontanément, aller parler à Tchat GPT quand on est jeune de ces problèmes-ci, ça ne paraît pas être non plus quelque chose d'abannir totalement. De toute façon, on peut faire ce qu'on veut, on ne pourra pas aller contre.

Mais ce que disent les médecins, c'est qu'il faut que ce soit juste une voie d'entrée et qu'en fait, si ça déclenche une vraie envie de parler plus, de se confier, qu'on prend conscience qu'on a un problème, qu'il faut aller voir un professionnel de santé parce qu'évidemment, une IA ne remplacera jamais un humain. Oui, et tout dépend aussi

20:16
Présentateur

des informations

20:17
Invité

qu'elle va fournir. Normalement, l'IA Tchat GPT est censée renvoyer vers un professionnel de santé. Je n'ai pas fait le test, honnêtement, mais il me semble que c'est le cas. C'est-à-dire que quand on parle d'un sujet de santé sur Tchat GPT, généralement, c'est quasiment tout le temps dans la réponse consulter tel professionnel de santé. C'est un conseil en tout cas.

20:33
Présentateur

Et j'ai une dernière question. Si on a un proche ou que nous-mêmes, on a besoin d'aide, est-ce que tu peux nous dire qu'est-ce qu'on peut faire, vers qui on peut se tourner, est-ce qu'il y a des numéros, des sites ?

20:42
Invité

Oui, parce qu'on s'y perd un petit peu, mais il y a quand même des choses. Sur Internet, il y a un site qui s'appelle Fil Santé Jeunes. C'est un site Internet qui est dédié aux 12-25 ans. Il y a plein d'informations là-dessus, plein d'infos utiles. Il y a un tchat pour parler avec un professionnel. Il y a des forums pour parler avec d'autres gens qui ne se sentent pas bien comme nous. En ligne d'écoute, il y a une ligne qui est gratuite pour les jeunes qui est ouverte tous les jours de 9h à 23h. Je vais vous donner le numéro. C'est le 0800 235 236.

Et puis, pour des proches qui auraient des idées suicidaires ou même des auditeurs qui nous écouteraient sur ce podcast et qui ont déjà eu des idées suicidaires, il y a un numéro pour le suicide qui est le 3114. Évidemment, gratuit, anonyme et accessible 24-24.

21:28
Présentateur

Et je précise que toutes ces informations, vous pourrez aussi les retrouver sur le site rtl.fr. Merci beaucoup, Agathe Landé. Je t'en prie. À la réalisation de cet épisode, Jean Derieux, vous pouvez écouter tous les épisodes du podcast Tout savoir sûr, les noter, nous laisser des commentaires sur l'application RTL, sur le site rtl.fr et sur toutes les plateformes de téléchargement.

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