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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 21 juin 2025 16 min

Conflit Israël-Iran : "Les Européens sont au cœur des négociations avec l'Iran", affirme le député Pieyre-Alexandre Anglade

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

Bonjour, Pierre-Alexandre Anglade. Bonjour. Les Européens ne seront pas utiles pour résoudre la guerre entre l'Iran et Israël. C'est ce que dit Donald Trump cette nuit, après la rencontre de Genève, hier, entre les ministres des Affaires étrangères français, allemands, britanniques et iraniens. C'est quoi, un nouveau discrédit pour l'Europe de la part des Américains ?

0:21
Pieyre-Alexandre Anglade

Les Européens sont au cœur des négociations avec l'Iran depuis maintenant des années. Et je rappelle qu'un accord avait été trouvé en 2015 sur le programme nucléaire iranien. Un accord qui avait été scellé à l'initiative des pays européens. Les Américains étaient déjà là, évidemment, à l'époque, mais à l'initiative des Européens. Et si cet accord a déraillé, c'est précisément parce que les Américains, et en l'occurrence Donald Trump, a fait le choix d'en sortir.

Et j'ai entendu cette déclaration du président américain qui est trouvée quelque peu cocasse, alors qu'il l'a prononcée au moment même où les ministres des Affaires étrangères des pays européens, britanniques, allemands, français et Kayakalas, la haute représentante européenne, rencontraient le ministre des Affaires étrangères iranien, qui lui-même a marqué à la fin de cet entretien sa volonté de poursuivre la discussion avec les Européens. Et pourquoi ils nous écouteraient, nous ?

Parce que, d'abord, nous sommes une puissance de désescalade et de retenue dans un moment de tension où l'on voit bien une forme de fuite en avant dans ce conflit, les déclarations parfois martiales des responsables israéliens, l'ambiguïté qui est celle de l'Amérique de Donald Trump et la volonté des Européens de trouver un règlement durable à ce conflit sans passer par la force mais par la négociation. Parce que la conviction qui est celle de la France et des Européens, c'est qu'il n'y a pas de solution durable au programme nucléaire et balistique iranien et par ailleurs aux tentatives de déstabilisation que mène l'Iran dans la région par la force.

Et donc cette voie de médiation, de dialogue, de discussion, au moment où le conflit s'envenime, où l'on voit bien une forme de fuite en avant et où potentiellement il pourrait y avoir une perte de contrôle, et je crois la meilleure garantie de crédibilité et de discussion et les Iraniens, je crois, ils l'entendent aujourd'hui.

2:07
Présentateur

Mais l'espoir c'est quoi ? C'est de revenir aux accords de 2015 ? De les faire renoncer clairement au nucléaire militaire ?

2:14
Pieyre-Alexandre Anglade

La première étape c'est d'abord de stopper l'engrenage de la guerre parce qu'on voit bien que de part et d'autre...

2:18
Présentateur

C'est pas avec les Iraniens ?

2:19
Pieyre-Alexandre Anglade

C'est avec les Iraniens et les Israéliens parce que les Israéliens aujourd'hui bombardent l'Iran, des bombardements qui d'ailleurs dépassent le seul cadre du programme nucléaire iranien, ce qui n'est évidemment pas acceptable puisque j'entends des responsables israéliens venir dire que l'objectif serait un changement de régime. Certains, je crois que c'est le ministre de la Défense qui hier expliquait qu'ils avaient pour objectif d'éliminer le guide suprême iranien. Est-ce qu'on connaît suffisamment fort ça ? De l'autre côté nous voyons les Iraniens qui eux aussi ciblent des infrastructures civiles, des hôpitaux, des villes. Donc il y a un engrenage de la guerre qui est inacceptable.

Ça c'est la première étape. La deuxième étape c'est évidemment de remettre tout le monde autour de la table pour trouver une solution durable à ce programme nucléaire et balistique iranien qui est une menace existentielle pour Israël. Je rappelle que l'Iran, théocratie autoritaire, une des pires dictatures du monde qui assassine ses opposants, martyrisent les femmes, répète perpétuellement qu'il souhaite la disparition de l'État d'Israël mais menace aussi les pays européens dont la France. Je rappelle que nous avons deux ressortissants français qui sont des otages d'État de l'Iran. Que l'Iran déstabilise toute la région avec les Houthis, le Hamas et le Hezbollah.

3:29
Présentateur

Mais l'objectif néanmoins c'est le programme nucléaire, pas le régime.

3:33
Pieyre-Alexandre Anglade

Votre objectif ? Moi je n'ai pas d'objectif à titre personnel. Ce que je dis c'est que dans ce moment de tensions exacerbées où les conflits se multiplient sur la planète, il faut d'abord arrêter la guerre et ensuite faire en sorte que les Iraniens renoncent dans la durée au programme nucléaire iranien. Et ensuite ce sera au peuple iranien de décider par lui-même et pour lui-même le régime qu'il souhaite. Et les Iraniens se sont soulevés à de nombreuses reprises. Ces soulèvements ont été écrasés dans le sang mais nous croyons à l'autodétermination des peuples et à la capacité de choisir leur propre destin.

4:08
Présentateur

Pierre-Alexandre Anglade, dans tout cela, il ne faut pas oublier Gaza, dit Emmanuel Macron hier au Bourget. A quoi les Insoumis, à travers la voix de Manon Aubry, répond que le président français participe à cette opération de diversion justement israélienne qui est l'attaque contre l'Iran ? Vous répondez quoi à cela ?

4:24
Pieyre-Alexandre Anglade

Je réponds que les outrances des Insoumis, au fond nous y sommes habitués. Et donc les propos d'estrade de Manon Aubry m'intéressent assez peu. Ce que je sais c'est que le président de la République, le ministre des Affaires étrangères sont déterminés à faire en sorte que le drame, la honte absolue qui est ce qui se passe aujourd'hui à Gaza prenne fin. Et nous voyons maintenant depuis trop longtemps des femmes, des enfants, des civils innocents être les victimes des bombes de l'armée israélienne.

4:52
Présentateur

Comment on y arrive ? Est-ce qu'il faut que l'Europe fasse pression sur Israël, clairement ?

4:55
Pieyre-Alexandre Anglade

Mais il faut continuer à faire pression.

4:56
Présentateur

Parce que ça, ça n'a jamais été mis à la table.

4:58
Pieyre-Alexandre Anglade

Mais je crois que la France... Vous savez, on a un débat politique en France qui est un peu tronqué. parce qu'on le regarde sous la loupe déformante des insoumis qui sont dans l'outrance en permanence et qui nous expliquent que la France serait co-responsable de ce qui se passe à Gaza. Je rappelle une chose assez simple. Comment l'Europe et la France font pression sur Israël ? La France est à l'initiative depuis le début du conflit à Gaza pour permettre l'acheminement de l'aide humanitaire, pour faire pression sur le gouvernement israélien. Et il y a des leviers qui existent encore.

Il y a par exemple un accord d'association entre l'Union européenne et Israël qui lie nos deux entités qui peuvent être remis sur la table et rediscutés.

5:39
Présentateur

Vous voulez que ça dénoncer ?

5:40
Pieyre-Alexandre Anglade

Je ne dis pas qu'il doit être dénoncé. En tout cas, ça fait partie des éléments de la discussion. Et aujourd'hui, ce qui se passe à Gaza n'est pas acceptable. On ne peut pas tolérer de voir un peuple affamé sur l'hôtel de la guerre. Ce n'est pas acceptable, mais on laisse faire toujours. Non, on ne laisse pas faire. Il y a des pressions diplomatiques qui sont fortes. Il y a eu de nombreuses sanctions prises contre la Russie, par exemple, dans la guerre contre l'Ukraine.

5:57
Présentateur

17 paquets de sanctions contre la Russie, 0 contre Israël.

5:59
Pieyre-Alexandre Anglade

Oui, mais vous avez raison. Ne comparons pas ce qui n'est pas comparable. La Russie est un État autoritaire qui a fait le choix de s'emparer par la force de son voisin. Israël s'est défendu dans un premier temps contre le pire attentat terroriste et le pire pogrom depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale qu'est connu, le peuple juif. Donc, je ne veux pas mettre d'équivalence entre ce qui se passe en Ukraine et ce qui se passe aujourd'hui à Gaza, même si la situation à Gaza est insupportable et que tout doit être fait par la diplomatie pour y mettre un terme.

6:34
Présentateur

Emmanuel Macron veut un débat à l'Assemblée. Alors là, pour le coup, on revient à l'Israël-Iran, mais peut-être dès mercredi, vous souhaitez un vote.

6:43
Pieyre-Alexandre Anglade

Moi, je pense que c'est très important d'abord, le président de la République a raison de demander au gouvernement ce débat parce que moi, je considère que l'Assemblée nationale et le Sénat doivent être saisis compte tenu de la gravité des moments que nous vivons. Nous vivons certainement le moment le plus grave dans les relations internationales depuis la Seconde Guerre mondiale ou au moins depuis la chute du mur de Berlin. Et donc, oui, il doit y avoir un débat au Parlement et un vote, c'est une déclaration du gouvernement. Donc, il faudrait savoir sur quels termes le vote pourrait être engagé.

Je pense qu'en tout état de cause, un débat est une très bonne chose qui permettra aux uns et aux autres de dire quelles sont leurs positions et au gouvernement d'expliquer quelle est la stratégie de la France dans ce conflit. Et réunir les partis comme le souhaite Emmanuel Macron, ça va servir à quoi ? Eh bien, ça sert à... Vous savez, moi, j'ai participé quelques fois à ces réunions. J'ai remplacé mon président de groupe, Gabriel Attal, qui une fois n'a pas pu y participer.

Ça sert à mettre au niveau les responsables politiques qui sont souvent sur les plateaux de télévision, à la radio, à commenter, mais qui n'ont pas forcément toutes les informations et qui, donc, ne sont pas toujours pertinents sur le sujet. Et donc, ça permet de partager l'information et puis, ça permet aux responsables politiques de faire valoir leur point de vue sur la situation internationale.

7:52
Présentateur

Pierre-Alexandre Anglade, vous êtes justement avec nous ce matin pour évoquer la situation internationale. On va évoquer le cas de l'Ukraine dans quelques instants.

7:59
Pieyre-Alexandre Anglade

Et ce matin, Pierre-Alexandre Anglade,

8:06
Présentateur

député des Français de l'étranger, président de la Commission des aperçues européennes à l'Assemblée nationale. Pendant ce temps, également, les Russes bombardent toujours l'Ukraine. L'Ukraine qui accuse Poutine de mépris envers le processus de paix lorsque Poutine suggère que Moscou pourrait s'emparer de nouveaux territoires. La France et l'Europe ont complètement abandonné l'Ukraine.

8:30
Pieyre-Alexandre Anglade

Non. D'abord, la première des choses, c'est qu'on se rend compte, à travers ces déclarations de Vladimir Poutine, qui a aussi dit par ailleurs qu'il considérait que la Russie et l'Ukraine, c'était un seul et même peuple et qu'il pouvait s'emparer de toute l'Ukraine s'il le souhaitait. On se rend compte d'une chose à travers ces déclarations, c'est que Vladimir Poutine ne veut pas la paix. Et que, fort de ce constat, les Européens ont adopté de nouveaux paquets de sanctions qui commencent à avoir des effets puisque le ministre de l'Économie russe aurait déclaré hier que la Russie allait rentrer en récession.

9:00
Présentateur

Poutine lui-même s'en inquiète d'ailleurs.

9:02
Pieyre-Alexandre Anglade

Exactement. Donc cela a des effets. Mais il y a une volonté de la Russie de ne rien céder parce qu'ils ont un objectif impérialiste de reconstitution de l'Empire. Et donc les Européens doivent poursuivre les sanctions. Et les Américains, qui depuis le retour de Donald Trump ont fait le choix de se détourner de l'Europe et du soutien à l'Ukraine, doivent se réengager dans le conflit et à leur tour sanctionner. Il y a un paquet de sanctions qui a été préparé par un sénateur aux Etats-Unis qui pour le moment n'est pas mis en place. Ces sanctions doivent arriver le plus vite possible.

9:32
Présentateur

Mais vous voyez, on a le sentiment que ce qui fera c'est des Poutines, éventuellement, c'est ces difficultés économiques, pas les menaces européennes.

9:40
Pieyre-Alexandre Anglade

Ce qui fera c'est des Poutines, c'est l'unité et la fermeté du camp occidental. Les Européens, les Américains, les Canadiens, les Britanniques, les Australiens. Ce sont les sanctions économiques qui, n'en déplaise aux représentants parfois de l'extrême droite française, ont des conséquences très lourdes sur l'économie russe et qui commencent à porter leurs fruits. C'est le soutien militaire dans la durée à la résistance ukrainienne. Et c'est là, aux Européens, de combler le vide qui est en train d'être laissé par les Américains qui font le choix du désengagement de l'Ukraine et qui abandonnent l'Ukraine.

Et donc, nous avons une responsabilité historique de soutenir dans la durée la résistance ukrainienne parce que si nous ne le faisons pas, alors nous ne connaîtrons plus la paix, la liberté et la prospérité en France et en Europe telle que nous la connaissons. C'est là aussi un enjeu quasi existentiel.

10:28
Présentateur

Pierre-Alexandre Anglade, on en vient à l'actualité française avec l'Assemblée nationale qui a adopté jeudi soir un moratoire sur les énergies renouvelables, l'installation notamment des éoliennes grâce à une entente entre les Républicains et le Rassemblement national. Certains, chez vous, s'en désolent, mais où était le bloc central 20 votants seulement sur 93 députés Renaissance ?

10:48
Pieyre-Alexandre Anglade

Moi, ce que je note, c'est qu'il y a maintenant depuis plusieurs semaines un mouvement qui tend à défaire les avancées en matière environnementale et de lutte pour le climat qui ont été amorcées ces dernières années depuis 2017 et même avant 2017. Et vous y contribuez en ne vous mobilisant pas ? Il y a un détricotage méthodique, non, parce que vous auriez pu prendre les groupes socialistes, écologistes. Moi, j'étais à ce vote. Donc, je me suis opposé.

11:11
Présentateur

Vous, vous avez voté, mais la gauche, vous avez raison, et le bloc central ne sont pas là. Il manque trois voix. Donc, vous pouvez renvoyer la balle à la gauche, mais que faisait le bloc central ?

11:21
Pieyre-Alexandre Anglade

Que faisait Renaissance ? Je suis d'accord avec vous sur le fait que sur des votes aussi importants, la mobilisation devrait être beaucoup plus affirmée, mais cela dans l'ensemble des groupes politiques. Mais ce que je note aussi, c'est l'alliance sur ce vote, mais aussi sur la suppression des ZFE, sur la suppression du ZAN, le zéro artificiation nette, sur la loi Duplomb sur les pesticides, du parti Les Républicains avec le Rassemblement national.

Et donc, il y a une forme de socle commun qui est en train de se créer entre LR, l'ERN et l'UDR sur les questions climatiques qui est mortifère au moment où nous vivons, et nous allons le vivre aujourd'hui, les pires canicules pour cette période de l'année que nous ayons connue. Et donc, il y a un mouvement dans la vie politique française qui se détourne de l'urgence climatique et qui est absolument dramatique. Et donc, oui, vous avez raison de souligner une forme de démobilisation qui peut exister sur certains votes, des votes qui sont parfois compliqués parce que l'organisation de l'Assemblée est parfois un peu chaotique ces derniers temps.

Mais la vérité, c'est qu'il y a, au-delà de ça, au-delà de ces sujets de mobilisation, un mouvement de fond. Et ça, nos auditeurs doivent bien le comprendre, un mouvement de fond à l'Assemblée nationale. Non, mais ça passe par des votes et à chaque fois, si ça se joue à trois voix et que vous n'y êtes pas... Oui, mais par exemple, vous avez le projet de loi sur la simplification qui supprimait les aides-de-feu. Nous étions tous là, largement mobilisés. À la fin, il y a une majorité qui se construit avec le Rassemblement national, avec LR, qui vise à supprimer ça. Et c'est quand même extrêmement grave parce que c'est maintenant que l'on peut freiner le choc du dérèglement climatique.

12:54
Présentateur

Ce que vous dites, c'est que les LR n'ont plus rien à faire dans cette alliance, cette alliance du gouvernement, en tout cas. Plus rien à faire au gouvernement.

13:04
Pieyre-Alexandre Anglade

Moi, ce que je dis, c'est qu'il y a aujourd'hui une coalition qui gouverne le pays parce qu'il y a besoin de stabilité et qu'il y avait besoin de trouver une majorité dans le chaos qui a suivi la dissolution. Ce que je note, c'est que ce qui nous sépare, nous, ensemble pour la République, du parti Les Républicains est plus grand que ce qui nous rassemble. Il faut qu'ils sortent du gouvernement ? Non, pas du tout, parce que moi, je n'appelle pas à ça. Je note, parce que j'entends parfois certains appeler à faire campagne ensemble comme si 2027, c'était maintenant alors que c'est dans deux ans à construire quelque chose sur le long terme.

La question est peut-être légitime, mais je vous le dis, ce qui nous sépare est beaucoup plus important que ce qui nous rassemble sur les sujets environnementaux. Je viens de vous en donner quelques exemples sur les sujets européens. Quand j'entends Bruno Rotaillot autrefois vouloir détricoter le droit européen sur les sujets de société, en choisissant Bruno Rotaillot, ils font le choix d'une forme de conservatisme contre la PMA, contre la constitutionisation de l'IVG, contre la loi fin de vie qui a été votée. Donc il n'a pas vraiment sa place au gouvernement, si on comprend bien. Non, je ne dis pas qu'il n'a pas sa place au gouvernement. Ça fait beaucoup de raisons de parler.

Je dis que nous n'avons pas vocation à bâtir quelque chose de solide et de durable dans le temps.

14:12
Présentateur

Ça se vérifie aussi sur un autre sujet qui divise beaucoup le bloc central et LR, mais aussi en son sein le bloc central. C'est la justice des mineurs. Le texte de Gabriel Attal a été retoqué par le Conseil constitutionnel, notamment les deux principales mesures de rupture qui sont la comparution immédiate pour les mineurs et l'excuse de minorité. Et ce matin, Gérald Darmanin propose carrément de changer la constitution. Majorité pénale à 16 ans. Vous êtes d'accord ?

14:39
Pieyre-Alexandre Anglade

Moi, je me... D'abord, vous avez raison de souligner que nous avons essayé d'agir sur la justice des mineurs avec le texte de Gabriel Attal, qui est un texte important, qui a certes été censuré en partie. Et donc, il faudra... Il faudra évidemment se remettre au travail parce qu'il y a une véritable urgence et les émeutes nous l'ont démontré. En revanche, moi, je suis extrêmement sceptique quant aux propositions de celles et ceux qui viendraient à remettre en cause la constitution et à la modifier.

Nous sommes dans un moment où il y a une forme de volonté de remettre en cause perpétuellement le droit notre socle commun qui est notre constitution et dans un pays où les mouvements populistes sont extrêmement puissants, n'ouvrons pas la boîte de Pandore de la réforme de la constitution parce que ça nous emmènerait, à mon avis, sur un terrain extrêmement glissant. Il y a beaucoup de choses à faire, à droit constant, sans modifier la constitution. Le garde des Sceaux fait des propositions. Gabriel Attal en a fait également et nous aurons le débat dans les semaines à venir. Mais celle de Gérald Darmanin est une mauvaise idée, donc ?

Je ne vous dis pas que c'est une mauvaise idée, je dis juste que moi, je suis très réservé sur la volonté de réouvrir la constitution et les réformes constitutionnelles, on sait en général où ça commence, on sait difficilement là où ça se termine. Et donc dans ce moment où il n'y a pas de majorité à l'Assemblée, où le paysage politique est éclaté, où il y a 140 députés du Rassemblement national, 80 insoumis, évitons d'ouvrir la constitution.

16:02
Présentateur

Merci Pierre-Alexandre Anglade, député Ensemble pour la République, président de la Commission des Affaires européennes à l'Assemblée nationale, d'avoir été l'invité de ce 830. Merci Bérangère, à demain.