Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewPublic Sénat (sur YouTube)· 4 mars 2026 27 min

Christian Cambon : « Macron a eu raison de donner cet ordre, car nous avons des accords de défense »

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

On va évidemment longuement y revire pendant cette demi-heure avec vous Christian Cambon, sénateur LR du Val-de Marne, vous êtes, je le disais, l'envoyé spécial du président du Sénat pour les relations internationales. Est-ce qu'Emmanuel Macron a eu raison de prendre la parole hier soir à 20h ? Il fallait qu'il s'adresse aux Français sur ce conflit.

Je pense que son intervention était nécessaire. D'abord, elle corrigeait la première intervention qu'il avait tenue samedi. La France n'est ni informée ni impliquée.

Bon, je pense que la réalité a vite pris le dessus. Et comme il y a une certaine inquiétude dans le pays, manifestement...

Juste, il a menti samedi ou diplomatiquement il ne pouvait pas tout dire ? Je pense que c'était une réaction peut-être un peu trop rapide. Trop trop rapide, trop spontané.

Mais bon, l'important, c'était effectivement hier soir et de manière assez solennelle de refixer à la fois la position de la France, quelle participation va être la nôtre. Et puis aussi de rassurer les Français de l'intérieur, c'est-à-dire notre sécurité, car on voit bien que parmi les difficultés qui peuvent naître assez rapidement, le risque d'attentat n'est pas négligeable et donc il était important que le chef de l'État s'exprime aussi sur ce sujet. Il l'a fait aussi vis-à-vis de nos alliés.

Je rappelle que nous avons des accords de défense. Vous savez, dans cette région, la boussole du monde qui était plutôt stabilisée depuis quelques temps est totalement perdue. Et donc, si vous voulez, il était important qu'on montre que nous avons des obligations, des obligations militaires.

Je pense aussi à Chypre. Il a rappelé l'importance que nous avons et cette frégate Languedoc qui est arrivée cette nuit au large des côtes chypriotes est importante. C'est un allié qui nous a beaucoup aidés.

Donc, c'est un petit peu toute la région qui est déstabilisée. Et donc, il fallait que le président de la République dise où nous en sommes, ce que nous comptons faire. Et il l'a fait de manière assez claire.

Et on va revenir dans le détail sur cette intervention. Il a commencé en pointant du doigt la responsabilité de l Iran dans ce conflit. Mais quand même, il a dit des opérations conduites en dehors du droit international, ce que nous ne pouvons approuver.

Est-ce que vous dites la même chose ou est-ce que vous dites plutôt comme Bruno Retailleau ? On ne peut pas se cacher derrière le droit international pour justifier sa passivité. Je pense qu'il était dans le rôle du président de la République de rappeler que ces opérations n'ont pas pris leur place dans le respect du droit international.

Mais comment fonctionne le droit international depuis quelques semaines, depuis quelques mois. Les Nations unies sont en arrêt cardiaque. On n'entend plus vraiment parler d'eux.

Et le chef de l'État avait raison de dire cela. Mais Mais il fallait y aller en faisant fi du droit international ? Bien sûr qu'il fallait y aller car l'histoire va être plus précise dans les semaines et les mois qui viennent.

Mais le président Trump a dit qu'il ne restait que quelques mois avant que la situation soit irréversible, et notamment la situation vis-à-vis de l'armement nucléaire de l'Iran. Donc je pense qu'il était effectivement nécessaire...

Écoutez, ça fait 47 ans que ça que c'est affaire dure. Il y a eu toutes sortes de négociations, de conférences internationales, de négociations ouvertes, publiques, privées, etc. Rien ne débouche et on voit bien du reste par la violence de la réaction de l'Iran vis-à-vis de ses voisins, combien ce pays était surarmé et consacrait effectivement à sa défense et à ses capacités d'agression une masse très importante qu'il fallait faire taire.

Et je pense que c'est ce qui est en cours, bien évidemment, le droit international. Des pays comme la France, comme l'Europe ont raison de rappeler ce principe. Mais malheureusement, nous sommes arrivés au temps des puissances et de la violence internationales.

Eh bien, il faut en prendre acte. Et le président de la République, je crois, a eu raison de dire que ces gens-là ne vont pas être pleurés longtemps. Non, mais ils demandent un arrêt des frappes, la reprise des négociations diplomatiques.

Est-ce que ça vous paraît crédible ? Ça vous paraît possible ? Sincèrement, je pense que le temps des négociations diplomatiques n'est pas encore arrivé.

Je ne vois pas du reste avec qui, puisque pour l'instant, les interlocuteurs iraniens sont neutralisés les uns à la suite des autres. Donc, il faudrait véritablement que dans des cercles assez différents, il puisse y avoir un début de négociation. Pour l'instant, c'est le temps de la force.

Disons les choses telles qu'elles Il peut durer combien de temps ce temps ? Combien de temps l'Iran a les moyens de riposter à Israël et aux Etats-Unis ? C'est la question que tout le monde se pose.

J'entendais ce matin, cette nuit, les premières nouvelles sur lesquelles déjà les frappes aériennes commencent à diminuer, que ce soit à la fois celle des missiles, missiles moyenne et longue portée, ou que ce soit celle des drones. Bon, je pense que le temps nécessaire est celui où l'Iran ne sera plus en capacité de frapper. Qu'est-ce que ça veut dire ?

Ça veut dire que non seulement on aura détruit les usines de fabrication des missiles et aussi des drones, que l'on aura frappé les équipements de le lancement de ces missiles. Et à ce moment-là...

Vous pensez que les États-Unis et Israël vont réussir à anéantir le programme nucléaire iranien ? Alors ça, c'est une autre affaire. C'est un autre chapitre.

Ils semblent d après les premières nouvelles que le centre de Natanz a été de nouveau bombardé. En tous les cas, que les entrées de ce centre, les entrées souterraines, puisqu'on imagine que tout ça se situe à peut-être des centaines de mètres sous terre, qu'elles ne sont plus accessibles. Parce qu'on pourrait imaginer que dans un délire fou, l'Iran se serve d'une manière ou d'une autre de ses moyens nucléaires.

Donc je pense que c'est une chose importante. Mais de ce que nous comprenons, encore une fois avec toutes les réserves et la modestie nécessaires, je pense que le traitement des installations nucléaires va intervenir dans un second temps. Soit parce qu'il y aura un nouveau régime iranien qui aura renoncé à cet armement, soit parce qu'effectivement, les États Unis et Israël veulent en finir.

Et je pense sincèrement, notamment du côté d'Israël qui a la volonté d'en finir une bonne fois. – Est-ce que… on va parler du régime iranien dans quelques instants, mais juste sur la question du nucléaire, est-ce que vous pensez que le régime pourra renoncer au nucléaire pour se sauver ? Ou est-ce que coûte que coûte, ils continueront les frappes quitte à s'aborder ? – Je pense que pour l'instant, c'est déjà bien tard, puisque encore une fois, les prises de opposition.

Le président américain a dit qu'ils ont eu le temps de la négociation, on a essayé d'avancer avec eux, il y en a été possible et c'est pour ça qu'on a déclenché cet offensier. Donc je pense pour ma part que l'avenir du nucléaire soit sera limité au nucléaire civil avec un autre gouvernement plus pacifique pour la région, soit sera purement et simplement détruit si une nouvelle fois on voit finalement un nouveau régime qui ressemble au précédent mais les analystes nous disent aujourd'hui que ceux qui risquent d'arriver sont peut-être encore plus dangereux que le précédent alors donc je pense que malheureusement nous n'en avons pas terminé Et vous savez, Israël et toute la région ne peuvent pas vivre en permanence sous la menace. Souvenons-nous, on a évidemment la mémoire un peu courte, souvenons-nous de toutes ces années où la rhétorique iranienne, c'était Israël doit être détruit.

Vous imaginez si nous étions les voisins d'un pays qui ne souhaite que la destruction de la France ? Donc il faut aussi comprendre qu'il y a un moment où les choses doivent s'arrêter. Israël est constamment sous le feu des missiles, le nord d'Israël, etc.

Donc je pense qu'il y a un moment où ils veulent en finir, non seulement avec l'Iran, mais avec ses proxys et singulièrement le Hezbollah qui est en train de subir de lourdes attaques en ce moment même. Et justement le Hezbollah qui a attaqué Israël, qui riposte avec plusieurs frappes, vous le dites, sur le Liban. Emmanuel Macron qui hier a fustigé la volonté d'Israël de lancer une opération terrestre sur le Liban.

Une faute majeure, dit le président de la République. Est-ce qu'il a eu raison de tenir ses propos ? Je pense qu'il a rappelé ce principe pour essayer de tenir le langage équilibré qui convient.

Mais ça marche-le en même temps dans cette situation ? Ecoutez, ça fait partie d'un discours officier mais les informations que nous avons sont un tout petit peu différentes parce que les Israéliens procèdent actuellement sur Beyrouth. Personne ne peut encourager d'une manière générale toute cette violence.

Mais ce qu'ils font, regardons les choses telles qu'elles sont, ils procèdent à des frappes chirurgicales, c'est-à-dire que les énormes panaches de fumée que que l'on voit actuellement sur Bahabda, etc., ils tapent sur un étage parce qu'ils ont eu un renseignement selon lequel il devait y avoir vraisemblablement un membre de Hezbollah. Et je pense qu'ils veulent en finir non seulement avec la branche militaire, mais aussi avec la branche politique du Hezbollah puisqu'on s'aperçoit que tout ça est en fait un habillage et que le danger de déstabilisation du Hezbollah demeure.

Et je pense que là aussi, ils veulent en terminer. Alors, je ne vois pas, je n'imagine Je n'imagine pas, je ne suis pas non plus devin, je n'imagine pas que, brusquement, Israël occupe d'une manière générale le sud-Liban. Alors ils prennent des positions jusqu'au Litanie, le fameux fleuve, mais vous savez, moi j'ai été dans cette partie du Liban, la présence du Hezbollah, elle était vraiment partout.

Et donc je pense qu'il y a beaucoup de travail à faire s'ils veulent s'en séparer. L'annonce de la soirée elle est ce matin en une du Dauphiné libéré on va la regarder, Macron envoie la flotte française, le chef de l'Etat qui a annoncé que le porte-avions Charles de Gaulle ses moyens aériens, son escorte de frégate font route vers la méditerranée il a eu raison de donner cet ordre oui il a eu raison parce que d'abord encore une fois nous avons des accords de défense notamment avec les émirats je parlais de chypre il ya un instant nous sommes nous avons aussi des bases qui sont présentes là-bas, et les accords de défense avec les Émirats ne servent pas uniquement à leur vendre des rafales, même si c'est une très bonne chose. Il faut aussi que nous respections nos propres obligations.

Et donc le fait d d'envoyer le Charles de Gaulle et son escade, qui est très importante, les frégates qui l'entourent, le sous-marin nucléaire qui le précède. D'abord c'est un moyen de sécurité si jamais il y avait des mesures de de rapatriement de nos Français. On rappelle quand même qu'il y a 400 000 Français dans cette région.

Et donc, comme on ne sait pas exactement comment les choses tournent, j'allais dire que toutes les heures des événements nouveaux illustrent tout cela. On a vu ce matin que malgré la neutralisation des armes iraniennes, ils frappent encore et viennent même de frapper un radar américain, ce qui montre quand même une capacité de résistance. Donc il est important que la France soit présente et qu et qu'elle respecte les accords de défense.

Et si les Émirats sont attaqués, la France prendra les mesures nécessaires pour les accompagner. Elle a du reste non seulement envoyé ça mais aussi des moyens de défense aérienne. Mais c'est ce que j'allais vous dire.

Là on envoie le Charles de Gaulle, Emmanuel Macron a dit il y a des rafales pour défendre l'espace aérien de nos alliés. Est-ce que de facto on est quand même entré dans le conflit ? Si vous voulez à partir du moment où les Émirats seraient durement attaqués, je pense qu'un accord de défense veut bien dire ce qu'il veut dire.

C'est-à-dire qu'on doit être à côté, ça ne veut pas dire que c'est nous qui prenons l'initiative des opérations mais si les Émirats nous le demandent, c'est toujours la règle et je pense qu'elle est importante. Si un État nous demande notre concours et qu'on a un accord de défense, il est normal qu'on s'implique avec les moyens qui sont les nôtres. Et pour faire face au blocage du détroit d'Hormuz par où transit 20 % du pétrole mondial, Emmanuel Macron a annoncé une initiative.

Aujourd'hui, le détroit d'Hormuz est de fait fermé. Et c'est par ce détroit que transit environ 20 % du pétrole et du gaz naturel liquéfiés dans le monde. Le canal de Suez, la mer rouge sont aussi sous tension et menacées.

Nous sommes à l'initiative pour bâtir une coalition afin de réunir les moyens, y compris militaires, pour reprendre et sécuriser le trafic dans ses voies maritimes essentielles à l'économie mondiale. Une coalition avec qui, Christian Cambon ? Et est-ce qu'il va être suivi, le chef de l'État ?

Alors je pense effectivement qu'il y a un certain nombre de pays, notamment des pays européens. Je pense à la Grande-Bretagne, je pense à l'Allemagne, je pense à d'autres pays européens qui se sentent interpellés par ce problème du détroit d Hormuz. Et les Américains aussi, si nos renseignements sont bons, ont dit hier qu'ils allaient mettre en route un certain nombre de moyens pour débloquer ce détroit d'Hormuz.

Je rappelle que c'est 30 kilomètres. La géographie est absolument terrible. On voit bien qu'on dit que 600 bateaux sont actuellement bloqués.

La France, ça a été dit par le ministre de l'Économie, n'est pas vraiment directement concernée puisque c'est seulement 10 à 12 % de de nos approvisionnements énergétiques. Mais ceux qui sont les plus gênés, normalement, c'est la Chine, par exemple, qui, elle, tire son approvisionnement énergétique de toute cette partie du monde. Et d'une manière générale, la France, ça fait partie des grands principes que nous mettons systématiquement en oeuvre la france est attachée à la liberté de navigation dans les détroits on le fait en asie et dans l'océan indien dans l'océan pacifique il est absolument normal que du fait de ce conflit le le détroit d'Hormuz, qui est une artère fémorale, j'allais dire, pour la circulation du gaz et du pétrole, puisse être libérée.

Or, les Iraniens, quelles que soient les informations que nous avons selon laquelle la flotte iranienne a été détruite, mais ils peuvent utiliser beaucoup de moyens, ces espèces de goffas, ces vedettes rapides, des mines flottantes qui sont effectivement excessivement dangereuses pour les pétroliers, donc il faut que cette coalition internationale puisse fonctionner. Nous avons des moyens, on a des chasseurs de mines, on a des frégates, la frégate Languedoc et puis aussi le Forbin qui doit être sur place déjà depuis quelques temps ont des moyens effectivement de détection. Emmanuel Macron qui s'est également adressé à nos compatriotes présents dans la région parce que cette guerre a entraîné la fermeture de l'espace aérien dans plusieurs pays de cette région, ça fait peser des risques Yohann pour la sécurité des français bloqués sur place, combien ils ne sont actuellement ?

Eh bien le Quai d'Orsay estime qu'il y a environ 400 000 français présents en ce moment. Dans la douzaine de pays touchés par le conflit, une grosse moitié d'entre eux résident sur place, ce sont souvent des binationaux, comme par exemple en Israël. Plus de 100 000 ressortissants français y sont installés.

Et pour ce qui est de l'autre moitié des Français au Moyen-Orient, eh bien ce sont des personnes de passage pour les vacances ou le travail. L'objectif donc, ce n'est pas de rapatrier tous les Français mais de préparer le retour de ceux qui le demandent. Et jusqu'ici combien de Français ont demandé à être rapatriés ?

Eh bien le chef de la diplomatie française Jean-Noël Barraud disait hier que 25 000 Français de passage c'était déjà manifesté auprès du ministère des Affaires étrangères. Le ministre qui encourageait tous les Français dans la même situation à se faire recenser pour pouvoir les localiser. On peut donc penser qu'avec cet appel le nombre de demandes, de rapatriements, de rapatriements, rapatriements, pardon, a augmenté en 24 heures.

Le Quai d'Orsay qui doit décider ensuite de qui sera rapatrié en priorité. Jean-Noël Barraud a cité en premier lieu les personnes les plus vulnérables sans préciser les critères. On imagine en priorité les Français qui se trouvent dans les zones les plus dangereuses.

On pense aussi aux personnes malades ou âgées, aux femmes enceintes et aux familles avec des enfants. Et les personnes les plus vulnérables qui ont commencé à être rapatriées cette nuit Exactement, un premier vol rapatriant une centaine de Français est arrivé vers 3h du matin la nuit dernière à l'aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle. Un avion d'Air France en provenance de Mascate, la capitane du sultanat d Emmanuel Macron l'avait annoncé dans son allocution télévisée hier soir, un deuxième avion devait arriver dans la nuit.

L'État qui fait de son mieux pour rapatrier les Français. science qui existe. Mais je veux ici vous dire que les équipes sont pleinement mobilisées dans les pays concernés, comme à Paris, pour organiser les retours dans les meilleures conditions. et vous continuerez d'être informé en temps réel.

Et pour mener à bien ces évacuations par les airs, la France a trois options passées par des vols commerciaux sur lesquels elle négociera un certain nombre de sièges pour ses ressortissants. Elle envisage aussi d'affrêter elle-même des vols civils. Enfin, l'État pourrait envoyer des avions de la République française.

Et l'État qui prend aussi des mesures pour évacuer les Français par voie terrestre. Exactement. Le quai d'Orsay met en place des équipes consulaires aux frontières entre l Égypte, Israël et la Jordanie.

Leur rôle est de faciliter le passage des Français qui souhaitent sortir par voie terrestre pour prendre ensuite un vol depuis l'Égypte ou la Jordanie. Deux pays où l'espace aérien est toujours ouvert. Même le dispositif aux Émirats Arabes Unis, les Français pourront passer la frontière direction Oman ou l'Arabie Saoudite.

Là aussi dans ces deux pays, les avions volent toujours. Enfin pour répondre aux appels des ressortissants français, le Quai d'Orsay va renforcer ses équipes d diplomatiques au Moyen-Orient et à Paris. Une question pour vous, Christian Combon. 25 000 Français au minimum à rapatrier, sans doute beaucoup plus.

Ça va prendre quand même du temps ce défi logistique, non ? – Ça va prendre un certain temps mais bien évidemment ça correspond à une nécessité absolue. Évidemment la période était la période des vacances et il y a beaucoup de gens, moi j'en connais, qui sont partis là-bas pour attraper un peu de soleil, et bon, il eut mieux valu être un petit peu plus attentif à la dégradation de l'assistance internationale.

Ceci étant maintenant, il est nécessaire effectivement de tout faire pour rapatrier ses familles ou ses individus parce que le danger est quand même là, je veux dire. Alors ça nécessite une très grosse logistique, mais moi je fais assez confiance à la fois à la cellule de crise du quai d'Orsay, à notre compagnie nationale, puis il y a quand même beaucoup de de compagnie. Ce que je sais par des informations personnelles, c'est que les Français avaient beaucoup de difficultés à se rendre à Oman et Mascate parce que la frontière était fermée.

Et puis bien évidemment, il y a toutes les difficultés que relate la presse disant que ces gens sont confrontés à des tarifs de taxi qui sont absolument invraisemblables. On demande jusqu'à 5000 euros pour aller de l'autre côté de la frontière. Ça va être long mais on ose imaginer que ceci va être bien géré la France est quand même bien équipée et a bien l'habitude de ce genre d'opérations des rapatriements, on en a malheureusement réalisé à chaque fois qu'il y a eu des crises dans toutes ces régions du monde.

Pour terminer, Christian Cambon, on va écouter un témoignage. Bonjour Firouze Banissadre, merci infiniment d'être avec nous ce matin. Vous êtes militante politique pour un Iran libre et indépendant.

Vous êtes la fille du premier président de la République islamique d'Iran. Vous vivez aujourd'hui en France. D'abord, Firouzeh Banissat, qu'est-ce que vous avez appris samedi soir quand vous avez...

Qu'est-ce que vous avez ressenti partout samedi soir quand vous avez appris la mort de Raménei — Bonjour. Écoutez, Khamenei était un dictateur sanguinaire, donc je n'ai ressenti aucune tristesse. Mais pour Pour autant, je crois que j'aurais été profondément heureuse si ce renversement de Khamenei avait été opéré par le peuple Là, la joie aurait été extrêmement profonde.

Elle a été faite par des puissances étrangères. Donc j'aurais préféré que cette personne soit renversée par le peuple iranien, qu'elle puisse être jugée pour que ce jugement fasse œuvre pédagogiques pour les générations futures et qui puissent rendre compte de ces crimes. Est-ce que vous pensez, puisque vous parlez du peuple – Le peuple iranien, le combat n'est pas terminé.

Est-ce que vous pensez que le peuple iranien va réussir à faire tomber le régime ? – Je pense que l'agression étrangère rend extrêmement difficile ce combat, parce Parce qu'elle place le peuple iranien entre un régime sanguinaire qui ne veut pas et une agression étrangère qui n'est pas faite pour l les intérêts du peuple iranien mais pour ses propres intérêts là pour l'instant le peuple iranien cherche à survivre il vit au jour le jour il vit dans le chaos et donc le choix et le combat est devenu beaucoup plus difficile pour un Iran libre et indépendant Christian Cambon vous aviez une question pour Firouz et Banissade oui bonjour madame mais merci de de votre témoignage émouvant. Je reviens un instant sur ce que vous dites.

Bien évidemment, nous souhaiterions tous que le peuple iranien puisse se libérer de lui-même et je crois que c'est une des constances que nous nous défendons, à savoir que la liberté ne peut se reconquérir que par le peuple. Ceci posé, ce qui s'est passé il y a quelques semaines et qui a montré la férocité de la répression organisée par les passe-d par les gardiens de la Révolution fait que, j'imagine que la population doit être quand même en crainte, car ils sont à main nue. Et finalement, cette intervention étrangère, elle a au moins pour objectif d'essayer d d'affaiblir ses moyens, notamment tout ce qui est fait contre les gardiens de la Révolution, tous les témoignages qui commencent à sortir ont été d'une très grande violence.

Comment pensez-vous que la population puisse surmonter cette crainte ? Est-ce qu'elle va attendre que les moyens de ces passes d'Aran soient littéralement neutralisés pour pouvoir enfin envahir la rue ? L'Iran est un très grand pays et il est sûr que s'il y a 3, 4, 5 ou 6 millions de gens qui descendent dans la rue je pense qu'à ce moment-là les choses peuvent basculer je pense que les sanctions opérées contre le régime ont finalement impacté énormément la population et que ces menaces de guerre et la guerre actuellement on fragilise et fragilise le combat du peuple iranien pour un iran libre et démocratique et on renforcer au final le régime et là donc le peuple est dans l'incapacité de pouvoir se mobiliser contre contre le régime, parce que tout simplement, il est menacé par les bombes tous les jours.

Et finalement, faire tomber le régime, pour quelle alternative ? Est-ce que c'est pour une alternative à la solde des puissances étrangères ou pour réellement aboutir à un combat que mène le peuple iranien depuis plus de 150 ans pour un Iran libre et indépendant ? Nous avons quand même subi la dynastie des Pahlavi qui était à la botte de la puissance américaine.

Nous n'avions ni indépendance, ni liberté. Donc c'est pour ce combat-là qui est mené par le peuple iranien, c'est pour véritablement aboutir à un État de droit, un État qui puisse attirer la liberté de la population et qu'il soit indépendant des puissances étrangères. – Mais comment voyez-vous… – Je veux comprendre ce message, c'est ce que vous savez, le peuple français a eu avec le général de Gaulle après la La Seconde Guerre mondiale, le général de Gaulle a tout fait pour assurer l'indépendance nationale du peuple français.

Nous voulons également cette indépendance nationale. — Prendre la suite, selon vous, Firouzé Banissadre, est-ce que le fils du chat, c'est une solution ? C'est la solution ? — Le fils du chat est à la botte du régime israélien.

Donc non, il a comme seul héritage d'être un fils et un petit-fils de dictateur. Et donc proposer cette alternative au peuple iranien, se débarrasser d'un régime sanguinaire pour tomber dans une autre dictature. Ce n'est pas un avenir réjouissant pour la population iranienne.

Mais alors, madame, est-ce que vous pensez qu'au sein même de la population iranienne présente en Iran, il y a les ferments d'une opposition constituée parce que l'opposition, elle a quand même fait l'objet de tellement de violences. Beaucoup ont disparu, ont été tués, d'autres sont enfermés. Or qui peut ?

Il faut qu'il y ait une incarnation à un moment ou un autre qu'un homme ou une femme ou quelques-uns. Est-ce que vous pensez des renseignements que vous pouvez avoir, que cette hypothèse se prépare et qu'il puisse y avoir une opposition constituée qui fédère toutes ces forces qui ne veulent de ces violences ? Bien évidemment nous adhérons tout à fait à ce que vous dites à savoir que l'Iran doit être un peuple libre, démocratique mais tout ça on sait que c'est un très long chemin et déjà il faut que des femmes et des hommes aient le courage de se porter devant le combat pour entraîner cette masse.

Alors il existe des militants de longue date en Iran, beaucoup sont en prison et également à l'étranger et samedi qui vient. Il y a donc un front républicain, vous constituez de différentes tendances, trois principes, l'indépendance, la liberté et une république, l'instauration d'une république en Iran qui va annoncer son existence. Donc, samedi qui vient et donc avec des personnes à la fois en Iran et à l'extérieur de l'Iran.

Merci beaucoup, merci infiniment Firouzé Banissadre d'avoir été avec nous ce matin et d'avoir témoigné dans cette émission. Merci Christian Cambon d'avoir été notre invité pendant cette première demi-heure.

Christian Cambon : « Macron a eu raison de donner cet ordre, car nous avons des accords de défense » — Christian Cambon · Pourquijevote