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interviewPublic Sénat· 3 mai 2022 3 min

Législatives : Clémentine Autain "soutient l'investiture de Taha Bouhafs"

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Présentateur

des investitures. On ne va évidemment pas faire les 577, mais vous savez qu'il y a notamment... J'aurais du mal à vous répondre. Oui, il y a notamment une investiture qui fait débat, c'est celle de Taha Bouhafs dans le Rhône. C'est vous qui avez décidé qu'elle faisait débat. Pas que, elle fait aussi débat au sein des autres parties de gauche qui vous soutiennent, a priori avec lesquelles vous allez conclure un accord. Taha Bouhafs, je le rappelle, condamné pour injure publique à raison de l'origine. Non, il n'est pas condamné par un... Non. Si, il a été condamné pour avoir insulté une policière d'arrêt de sa vie. Non, non, mais non, il a fait appel, il n'est pas condamné.

Il a été condamné en première instance, effectivement. Est-ce que vous soutenez son investiture ?

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Clémentine Autain

Oui, bien sûr que je soutiens son investiture. Bien sûr que je soutiens son investiture.

0:35
Présentateur

Jean-Luc Mélenchon, juste quand Éric Zemmour s'est présenté à la présidentielle, il a dit qu'il était opposé à ce que des personnes condamnées pour incitation à la haine raciale puissent se présenter à la réduction. Ça veut dire que ce qu'il vaut pour Éric Zemmour, ça ne vaut pas pour vos candidats aux législatives ?

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Clémentine Autain

Mais non, mais arrêtez. D'abord, ça ne vaut pas pour Éric Zemmour du tout, puisque vous voyez, il vient sur les plateaux, il explique que Pédin a sauvé des juifs, et ça ne dérange pas grand monde quand même, au regard de la violence de ce qu'il raconte. Donc Tahabouaf est un militant des quartiers populaires, un journaliste indépendant qui, je vous rappelle, a permis de faire sortir l'affaire Benalla. Donc ce n'est pas n'importe qui, Tahabouaf. Mais pas que ? Oui, mais pas que. Mais qu'est-ce qu'on décide ? Mais pas que, mais quoi ? Et qu'il y a aussi des propos ? Mais non, dites ce qu'il a dit. Qu'est-ce qu'il a dit ?

Quand il dit une policière, quand il traite une policière d'arabe de service, pour vous, ce n'est pas un problème ? Mais bien sûr que ce ne sont pas des mots policés comme il faudrait les dire. Ce n'est pas bien. Voilà. D'accord. Mais avec tout ce qu'on entend aujourd'hui sur les plateaux télé, je vous assure que ce n'est pas ce qui me choque le plus. Quand on a un président de la République qui est capable de parler aux Français en disant qu'il y a ceux qui réussissent et ceux qui ne sont rien, ça, c'est d'une violence inouïe. Et vous voyez, il n'est pas condamné. Bon. Donc moi, je ne dis pas que tous les propos de Tahabouaf, je les partage. Ce n'est pas ça le sujet.

Le sujet, c'est que je dis que si on veut régénérer la politique, si on veut l'ouvrir, si on veut que ce ne soient pas toujours les mêmes profils qui soient en responsabilité et qui représentent le peuple, alors il faut qu'on ait la capacité à nous ouvrir à des personnalités comme Tahabouaf, qui encore une fois fait partie aussi de cette génération qui ne mâche pas ses mots, en effet, et qui est capable de mener des batailles politiques fortes contre le racisme. Parce que franchement, condamner Tahabouaf, qui est un militant antiraciste pour incitation à la haine raciste, ce n'est quand même pas la même chose que Zemmour. On ne pouvait pas mettre tout ça sur le même plan. Ça n'a pas de sens.

Ou alors vraiment, on a perdu la tête. Je vous redis ce qu'a dit Jean-Luc Mélenchon, qui ne voulait pas que personne ne condamnait. Comprenez, comprenez la folie du truc. C'est-à-dire qu'Éric Zemmour condamné pour haine raciste, on voit bien le sujet. C'est toute sa colonne vertébrale qui propose un projet xénophobe. Tahabouaf est un militant antiraciste qui vient des quartiers populaires.

Alors on peut dire, ces mots-là, ce n'étaient pas les bons mots qu'il fallait dire sur un plateau de télé, mais vous ne pouvez pas, à cause de ces trois mots, expliquer que, alors qu'il est très jeune, encore une fois, que c'est aussi un militant très jeune, qu'il ne mâche pas ses mots parce qu'il a de la colère. Voilà, c'est... Faites-moi attention à ce qu'on dit. Non, mais c'est pour ça que... Pardonnez-moi, je vous parle un peu vivement, mais parce que cette polémique, elle commence vraiment... On voit que ça vous agace. Oui, parce que je trouve qu'on mélange tout. Vous voyez ce que je veux dire ? On mélange tout, les choses perdent de leur sens profond, en fait.

Législatives : Clémentine Autain "soutient l'investiture de Taha Bouhafs" — Clémentine Autain · Pourquijevote