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interviewFrançois Ruffin· 1 avril 2018 33 min

GRÈVE ET POISSON D'AVRIL : RUFFIN CHEZ BFM

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

paru fin grève extrêmement forte à partir de demain soir sur un mode un peu nouveau de jours de grève tous les 3 jours vous l'entendz tout à l'heure dans le journal La ministre des Transports qui disait mais personne ne peut comprendre que les Français se retrouvent paralysés par une grève longue vous vous comprenez oui moi je pense qu'on il y a il y a en tout cas pas mal de Français qui comprennent déjà et qui vont comprendre de mieux en mieux je veux dire personne ne peut comprendre la politique du gouvernement d'abord personne ne peut comprendre qu'on supprime des emplois aidés qu'on prenne de la CSG au retraité qu'on fasse la loi travail pour les uns et qu'on supprime l'impôt sur la fortune pour les actionnaires qu'on instaore la flat taxe qu'on vote la semaine dernière le secret des affaires donc ce plus que ce deux poids de mesure cette faveur permanente au puissants contre les faibles ben je pense que c'est la première chose qu'on ne comprend pas et là en l'occurrence qu'est-ce que la SNCF que sont les chemineaux de la SNCF ils sont la possibilité d'être une digue pour les autres d'être un un un coup d'arrêt de dire stop parce qu'on sait très bien que dans le privé avec la loi travail les gens ils ont des difficultés à se mobiliser ils sont peu syndqués ils ont peur de ce qui peut leur arriver dans leur entreprise les contrats aidés bah c'est très compliqué quand on est ultra précaire de se mobiliser les retraités bon ils l'ont fait mais voilà on peut espérer que les cheminau soient une digue pour le reste de la société au-delà de leur sort c'est ça que vous voulez dire évidemment au-delà de leur sort si jamais il y a un coup d'arrêt qui est marqué dans sur la réforme de la SNCF c'est un stop pour les réformes qui vont encore suivre derrière c'est bien ça qui joue il ne se joue là pas que le sort de la SNCF il se joue le sort de du du du vous demandez à cette digue là de tenir ben je je lui demande de tenir mais je il s'agit pas qu'elle tienne tout seul il va falloir trouver les chemins pour que toutes les les petites colères là aujourd'hui les petits ruisseaux de colère qu'il y a dans les épades qu'il y a chez les étudiants qui peut y avoir chez Carrefour et bien il se rassemble en un grand fleuve qui soit aussi un fleuve d'espérance parce que la colère fait les émeut seul l'espérance fait les révolutions donc il faut qu' on arrive à transformer ça en quelque chose de positif et je pense à autre chose autre chose c'està-dire queutre chutre chose à côté de ces îlos on a des îos là de mobilisation mais c'est un archipel insuffisant je pense que côté de ça on a comme un océan on a un océan et c'est ce qu' y a de plus explosif on a un océan de gens qui ont envie d'autrees chose on sait pas quoi on Nimagine pas quoi on sait pas exactement quoi mais on veut autre chose c'està-dire autre chose que ce on est comme il y a comme un couvercle aujourd'hui de poser sur la société comme un un ciel bas et lourd qui pèse sur nous le ciel bas et lourd de la finance de l'économisme de du fonctionnement il faut être fonctionnaliste il faut voilà et comment François Ruffin vous nous parlez de ce ciel bas et lourd de ses envies d'autre chose c'est quoi parlons un peu concret c'est quoi cette envie d'autre chose vous la percevez comment et je vais vous le dire pour ce qui concerne la SNCF par exemple vous regardez le le le projet de loi de la SNCF on a le bonheur qu'on peut attention là vous me répondez SNCF mais vous m'avez parlé de tous les autres on est bien d'accord de ceux qui devrai s'agréger à ce combat là je vais vous parler SNCF et je vais vous parler d'autre chose vous lisez le projet de loi on a les bonheurs qu'on peut le weekend hein donc vous vous lisez le projet dans ce projet de loi c'est votre job à la fin vous avez 86 fois le mot concurrence vous avez zéro fois le mot réchauffement vous avez zéro fois le mot climat vous avez z0ro fois le mot gaz à vous avez zéro fois le mot biodiversité et là on est sur le terrain des transports on et sur le terrain des transports où on sait que c'est là-dessus qu'il a la plus forte augmentation des gaz à effet de serre on prévoit une augmentation massive du transport dans les prochaines années et ça n'est pas du tout intégré à ce projet là et bien je pense que par exemple cette autre chose c'est placer l'inquiétude environnementale au cœur de la politique donc il se trompe de combat françoisin juste une chose je reprends votre mot la digue vous demandez au cheminau d'être une digue ça veut dire qu'en gros vous leur dites ils sont vous dites au français ils sont en train de faire grève par procuration pour tous ceux qui sont mécontents de la politique du gouvernement or c'est exactement ce qui s'est passé en 1995 parce qu'à l'époque il y avait un projet de loi qui concernait bien au-delà des cheminau des millions de Français à cause du système de retraite là la réforme de la SNCF elle concerne d'abord les salariés de de la SNCF en quoi les cheminau feraient greffe par procuration pour tous les autres d'abord je leur demande pas de faire greffe par procuration expliqu je vous dis j'espère en gros vous dites aux Français il font ils font gre vous pouz pas FA j'explique aux Français j'explique aux téléspectateurs là que le sens de la grève à l' nccf dépasse la SNCF il y a un enjeu qui est autre il y a un enjeu qui est plus général qui est en effet ensuite est-ce que c'est un point d'arrêt est-ce que Macron on le bat une fois et à ce moment-là ça va être plus facile pour la suite il y aura il y aura une moindre arrogance en face une moindre certitude qu'on peut avancer tranquillement en faisant pardon j'in vous disiez déjà la même chose vous utilisiez quasiment les même mot au mois de septembre lorsqu'il s'est agi des ordonnances sur la loi de travail déjà vous disiez attention derrière les lois de travail ça concerne tout le monde il faut agréger les contate d'abord je vous je vais vous dire quelle était ma position à l'époque parce que vous vous vous vous vous me mettez dans la bouche des mots qui n'ont pas été les miens j'étais sceptique sur la possibilité de mobilisation à l'époque pourquoi parce que c trs trop tôt après la présidentielle il y avait une légitimité du président qui était élu donc sur le fond vous opposé mais bien sûr que sur le fond je étais opposé pardon oui elle s'est affaibli elle s'affaiblit tous les jours mais comme comme la la falaise qui s'érode quoi mais mais il n'empêche et je dis moi personnellement avec mes amis je ferai tout ce que je peux pour que la SNCF ne soit pas isolé et pour qu'on trouve autre chose à côté François Ruffin vous avez décrit vos votre re lecture du du du projet de loi sur le pacte ferroviaire présenté par le gouvernement euh cette ce projet de loi c'est aussi un constat qui a été fait par le le Premier ministre d'un service public qui fonctionne de moins en moins bien alors qu'il coûte de plus en plus cher est-ce que vous considérez qu'il fonctionne bien ou pas bien ce service public vous savez j'ai interrogé les ingénieurs de la SNCF j'ai fait une enquête regardez les statistiques de frit la dette et tout ça mais finalement ce que j'ai trouvé le plus parlant c'est un contrôleur que j'ai croisé dans le train et qui m'a dit tu connais cette blague de Coluche si on donnait le désert à des technocrates et bien pas longtemps après faudrait importer du sable et ben c'est ce qu'ils ont fait ils ont bousillé notre entreprise et c'est vous regardez Elizabeth borne elle était à l'origine par exemple qui dit maintenant je comprends pas la ministre de transport travaillé 10 ans SNC et même auparavant elle était dans les cabinets ministériels où elle a fait le choix de la directive de 9 1 où elle l'a imposé que s'est--il passé de avec la directive de 97 c'était le démembrement de la SNCF c'était l'explosion de la dette et c'était la division par deux du fret ferroviaire c'est une catastrophe écologique ça comment comment aujourd'hui et je prolonge la question de de Bruno en gros effectivement Elisabeth borne elle dit elle le disait tout à l'heure on l'entendait dans le sujet éche d'abord change mais elle disait le monde change la SNCF doit changer est-ce que vous dites il faut quand même changer des choses à SNCF sans doute évidemment pas du tout comme le fait le gouvernement mais qu'est-ce que vous vous proposeriez si vous étiez pas dans l'opposition mais au pouvoir mais bien sûr je veux dire évidemment qu'il faut changer des choses à SNCF vous savez moi j'ai eu 41000 km de train je dois être l'un des recordman donc la SNCF je l'ai vu moi je ce que je ferai d'abord il faut que le rail ne soit plus payé par la SNCF c'est une aberration c'est oui c'est une abération aujourd'hui ce ne sont pas les camions qui payent les routes et les autoroutes c'est pas vrai ce ne sont pas eux qui payent pourquoi il y a une explosion ben c'est à l'état de payer ce sont des infrastructures on souhaite mettre en place de nouvelles infrastructures ce pas n'est pas au train qui circule dessus payer dans mon coin on va faire le canal sa Nord peut-être mais si jamais un jour ça se fait c'est pas les péniches qui vont payer pour le faire ce canal et là on est dans cette aberration où en matière de rail on fait payer le transport le rail par ce qui circule dessus et la la deuxième chose que je fer c'est c'est c'est ce que j'appelle une politique de classe en matière de transport je suis arrivé ici là dans votre dans vos locau de BFM et vous avez un espèce de bandeau qui à l'entrée diffuse les informations ça nous annoncait quoi ça nous a annoncit le remboursement des billets de TGV sera assuré sans problème pour vous mais pourquoi on nous parle spécifiquement du TGV c'est une vraie politique de classe aujourd'hui ce qui se passe vouz dire c'est que le TGV c'est devenue la première classe et que le reste des trains c'est devenu la 2è VO même TR politique de prestige sur TG v avec des lignes qui fonctionnent et enfin je veux dire qui sont rentables et ainsi de suite et d'autres qui auraient été construites pour des raisons de prestige parce que les élus voulaient leur leur Yard TGV et ainsi de suite qui d'abord créent un coout et ensuite qui font que ben on a une première classe qui est assurée là-dessus et ensuite les Intercités on les a laissé tomber il y a des tas d'endroits où on a remplacé les trains par des quarts et j'ai le confort d'un quart c'est quand même pas celui d'un train vous pouvez travailler confortablement et tout ça donc le les deux choses que je ferais pour commencer c'est faire financer les infrastructure non plus par les premières class c'estàdire par les TGV au fond pardon et et de faire et de faire porter le coup sur ce que vous appelez désormais les premières class il s'agit pas de faire porter le coup il s'agit de dire que on réoriente la politique de transport on cesse d'en faire plus pour le TGV et on a à l'œil ce qui se passe sur les inter com dans Lejet c'est pas en tout cas il y a pas de projet de développement on arrête de faire des infrastructures sur ouis mais pour l'instant y a rien a dans mon coin c'est concrètement l'abandon de la ligne à ville Le Tréport voilà concrètement je peux vous raconter des histoires de M de famille qui devant aller entre abville et Aeden le weekend pour récupérer leurs gamins ne parviennent plus à faire ça parce que les trains sont remplacés par des cars qui sont beaucoup plus longs donc elles peuvent plus faire l'allerretour dans la journée c'est concrètement ça comment on rend service aux gens ça devit être au cœur au cœur du problème plutôt que d'avoir 86 fois le mot concurrence la question qui devrait être posée c'est comment on rend service aux gens comment on détruit le moins possible l'environnement euh vous parliez tout à l'heure de toutes ces petites colères qui devrai faire euh une grande rivière euh et vous évquz de vous-même la question de Carrefour euh Carrefour qui était en face à une grande grève des salariés des hypermarchés Carrefour hier qui protestent contre les montants de la participation qui à leurs yeux sont trop petit et puis sur l'inquiétude face aux suppressions de poste là encore on est confronté à une question qui est celle du changement tout à l'heure je parlais d'éisabeth borne qui dit que toute la réforme est justifiée par un changement de monde aujourd'hui les patrons de superru de Carrefour disent qu'il y a un changement dans le mode de consommation ils prédisent même la fin des grande surface est-ce qu'il y a un moment où il ne faut pas accompagner ces transformations plutôt que les refuser écoutez la première chose à faire c'est quand même voir le niveau d'injustice dans lequel on se trouve Carrefour vous avez cité le patron de Carrefour auparavant dans dans le film merci patron puisque c'est Bernard Arnaud qui est l'actionnaire principal de de Carrefour Bernard Arnaud qui est devenu après force l'homme le plus riche du monde enfin le 4e pardon le 4e le plus riche du monde qui a vu sa fortune augmenter de 30 % en un an de 30 milliards pardon en un an quand dans le d'un autre côté on a des caissières osmiques je m'amusais au temp de où j'allais voir les les ouvrières de CCE à dérouler une frise pour voir si ont rapportait le salaire de leur PDG à leur salaire à eux jusqu' où on com combien de temps il faudrait pour voilà combien de temps il faudrait donc j'ai fait le calcul là rapidement pour Bernard Arnaud il faudrait 1, 1,5 million d'années c'est-à-dire c'est l'apparition de l'homoerectus vous voyez faut imaginer donc les caissières travaillant pour obir avec leur participation et tout ça pour obtenir une année de travaillant depuis d'âag caverern jusqu'à aujourd'hui pour obtenir une année de salaire de Bernard Arnaud et c'est à elle la double injustice c'est que non seulement elle gagne ça par rapport à lui mais c'est à elle qu'on vient dire qu'elle gagne trop et que elle il faut les licencier que elle elles doivent se se reformer être plus compétitif sur marché enfin voyez à un moment avec alors que elles acceptent déjà des temps partiels contraints pardonnez-moi c'est très important vous mettez le doigt sur quelque chose me semble-til de très important il y a des dizaines des centaines de métiers qui dans les 10 15 20 ans vont disparaître et donc la formation changer de vie changer de formation professionnelle changer de carrière ça va être indispensable indispensable et j'imagine que vous en êtes conscient ça entre autres les gens de la grande distribution comment on fait si on refuse tout non pas le licenciement ça c'est une chose mais le licenciement accompagné avec autre chose une formation un changement de vie professionnelle transation ou oui mais il faut faut savoir à qui on fait payer ces transformations là ça c'est la première chose et la deuxième chose moi on me parle des emplois de service pre du contraire c'est l'état en l'occurrence qui formation ça me va pas je veux dire en l'occurrence quand on voit chez Carrefour avec les données que j'ai j'ai dites c'est pas à nous de payer pour ça alors qu elles ont je le dis vécu pendant parce que vous dites l'État c'est nous donc ça devrait être pour le coup les patrons qui payent d'abord et ensuite il faut garantir une véritable sécurité une assurance un filet que on n pas l'inquiétude de se retrouver sans rien à l'avenir donc je vais jusqu'au bout dans la loi travail dans les ordonnances auxquelles vous étiez opposé il y a un compte personnel de formation désormais non plus en heure mais en argent et en plus qui est accompagné d'une portabilité vous changez d'entreprise ce compte vous suit dans la suite de votre carrière ça pour le coup c'est un non je pense que par exemple là pour moi l'une des réponses pour les les salariés de Carrefour ça va être les emplois de service pour moi il y a un enjeu majeur aujourd'hui qui est la structuration des emplois de service c'est-à-dire de tout ce qui est aide à domicile auxiliaire de vie sociale assistante maternelle et qui aujourd'hui est une véritable jungle salariale et et si jamais on dit que il doit y avoir un basculement vers des emplois de service et bien il faut structurer ses métiers il faut cesser d'en faire une jungle avec moi je le dans la somme des gens qui dont le statut est bouleversé dont on on ne paye plus les frais de déplacement don il y a voilà c'est une véritable dégradation parce qu'on sent la possibilité de mettre en concurrence des salariés précair c'est l'un des chantiers pour vous c'est l'un des chantiers qui devrait être prioritaire moi si j'étais au gouvernement j' à la fois en terme de création d'emploi et en terme de sécurité de cet emploi oui tout à fait j'en ferai un chantier prioritaire c'est-à-dire que la question c'est la même question que je posais sur les femmes de ménage à l'Assemblée qu vous avez parlé de ces invisibles voilà c'est comment on fait euh pour assurer un statut à ses salariés et non pas comment on fait pour dégrader le le statut de ceux qui en ont un mais comment on fait pour faire gagner un statut aux auxiliaires de vie social aux assistantes maternelles aux femmes de ménage et ainsi de suite et je pense que là si jamais il y avait une vraie structuration de ça on pourrait parler vraiment de Silver économie et on pourrait avoir des des glissements par exemple vers des métiers qui en plus sont des métiers intéressants sont des métiers de travail subtil qui sont des métiers de tendresse qui sont des métiers de soins qui apportent des choses euh au aux gens voyez par exemple il y a il y a les épades mardi soir j'interviens à l'Assemblée nationale sur cette question puisquil y a un rapport d'information d'une mission d'information qui a été rendue par ma collègue Caroline Fiat et par Monique ibora qui a été rendue au gouvernement et page 8 on lit très clairement qu'est-ce où est-ce que c'est on lit très clairement c'est marqué noir sur blanc le sous-ffectif engendre de la maltraitance c'est écrit noir sur blanc dans les maisons de retrait vous dites là là il y a du boulot ben oui là il y a du boulot maintenant la proposition d'ailleurs qui est faite par ce rapport c'est de d'augmenter le taux d'encadrement d'augmenter le ratio de passer de 60 soignants pour 100 personnes ça veut pas dire qu'il y a 60 soignants en permanence comp tenu du fait qu'on travaille 35 he que il faut être là 24 he sur 24 pour les personnes âges la moyenne en Europe c'est un soignant par personne dans certains pays mais disons que là la proposition c'est d'aller vers 06 donc vous voyez c'est en dessous que répond la ministre la ministre agè Buzin répond la France n'a pas les moyens budgétaires de garantir ce taux on est dans la 5e ou 6e économie mondiale et on vient nous dire que la France n'a pas les moyens d'assurer le taux qui va FAD qu'il aura moins de maltraitance dans les maisons de retraite et bien si jamais on n'est pas capable de l'assurer pour les épades comment on va l'assurer pour les pour les aucilières de vie sociale mais de la même manière dans les écoles pour les personnes qui s'occupent des handicapés comment ça se fait que les C ces autres AVS dans les écoles et bien ce soit sur des statuts extrêmement précaires voilà des champs pour vous d'emploi et alors même que vous disiez à l'instant que vous espériez que les différentes mobilisations s'agrègent et bien on apprend à l'instant qu' France annonce deux nouvelles grandes journées de grève le 10 et 11 avril prochain donc il semble effectivement que l'archipel dont vous parlez s'élargi François Ruffin on se retrouve dans un instant on verra que vous dénoncez beaucoup mais il y a une question qui me tarote c'est est-ce que vous agissez est-ce que vous êtes pas un peu et en même temps journaliste comme vous l'avez été et en même temps dénonciateur comme dans le documentaire et en même temps député je voudrais juste qu'on voit ce que c'est que le style Ruffin à l'Assemblée dans l'hémicycle depuis le début de ce quinquena pardon s'il vous plaît dans les usages ok bon vous êtes la ministre des sports mais vous ne nous avez parlé que de compétitivité de part de marché d'attractivité avec un raisonnement de trader je voudrais vous en parler autrement humainement dé laisser un instant les belles paroles ne me répondez même pas pas un mot pas une phras je n'en serai pas outré faites simplement un geste sortez le carnet de Ch merci François Ruffin vous savez dénoncer vous savez exprimer vos colères est-ce que vous avez le sentiment aujourd'hui que vous réussissez à agir il y a un découragement qui est évident quand sur le moindre avendement on se retrouve face à un mur quand on se lève le matin pour aller de défaite en défaite sur même pour changer un un y compris en ou quand on se retrouve enfermé dans cette Assemblée nationale et qu'on a l'impression d'étouffer euh quand on est là face à une chambre d'enregistrement des désirs du président il y a il y a quelque chose qui est euh qui qui provoque de l'abattement c'est indéniable quoi il y a des moments où vous vous demandez un peu ce que vous faites là bah écoutez moi très sincèrement j'ai décidé de de démissionner quoi de démissionner ouais j'ai décidé d'arrêter démissionner oui euh je voilà au mois de juin je passe à autre chose quoi vous arrêtez on sent même une certaine émotion hein quand vous êtes en train de de de me le dire je vois votre regard que les téléspectateurs voient pas forcément mais euh vousz parlé vous jetez leséponges vous arrêtez son avril ah d'accord mais vous savez bien joué alors attention moi je m'arrête là un instant parce que justementouis non mais ça prouve pardon que vous savez très bien jouer la comédie Fran est-ce que tout cela globalement c'est pas une comédie tout cela non vous savez il y a des bagarres qui sont faites avec conviction et je peux vous dire que je suis bien convaincu que pendant encore 4 ans je serai là à l'Assemblée et devant l'Élysée et avec les gens à la tribune de de l'Assemblée comme vous m'y avez vu mais en commission pour défendre le moin d'amendement et dans la rue avec chchemot et dans la rue avec et dans la rue avec les car mais il y a une chose qui est pas un poisson d'avril c'est la question très sérieuse sur votre efficacité euh vous dénoncez euh beaucoup beaucoup euh de colère vous l'avez souvent exprimé mais vous avez longtemps été observateur vous avez pointé du doigt tout ce qui ne va pas est-ce que aujourd'hui vous avez le sentiment d'être passé du côté des acteurs bah euh mais j'ai j'ai toujours le sentiment d'être acteur aussi vous savez déjà quand j'étais journaliste je faisais du journaliste que je considérais comme étant du journaliste d'informaction c'est-à-dire que j'étais dans un petit jour fair vous l'avez cité où on peut pas avoir le sentiment que quand on on dénonce quelque chose derrière les choses se transformment il faut mettre les mains dans le cambouille soi-même il faut aller chercher les gens il faut faire que tout pour que un accident du travail et ben il y ait un procès suite à ça il faut voilà c'est déjà été de l'action quotidienne nuit debout c'était aussi une forme d'action de dire on peut pas se laisser aller là à la résignation donc de toute façon je moi je vois plutôt une continuité entre mon rôle pendant 19 ans enfin et ce que je fais aujourd'hui je voudrais qu'on écoute justement un pour qui c'était pas un poisson d'avril qui a démissionné cette semaine c'est Stéphane gatigon qui était maire de ce V écoutz moi je je me suis exprimé assez longuement j'étais certainement un peu caricatural et c'est là que le chien fameux chien de mzard a aboyé quand j'intervenais donc ça ça donné une situation incroyable le vrai problème c'est l'absence du politique le ministre n'a rien dit dans cette réunion il a laissé faire la la la technostructure pour moi la BU ocracie quand je dis dans le monde un peu violemment mais pour imager c'est la stagnation BR ne viienne tout ça dire qu'il se passe plus rien c'est l'immobilisme Stéphane gutigon qui était mon invité à midi qui a été 17 ans MRE de Sevran et qui aujourd'hui jette l'éponges en disant j'en peux plus ça marche pas constate d'échec est-ce qu'il est pas un peu plus sincère que vous moi je ve vous dire tout dépend le point de comparaison qu'on a moi j'ai jamais cru que à la à l'Assemblée disaé vous y voyez déjà un peand mais c'est pas ça mais c'est plutôt que comme vous parlez de de lieu d'action en fait on est c'est comme si aujourd'hui on était dans une monarchie parlementaire soi-disant mais le Parlement il est tellement une chambre d'enregistrement qu'on au fond on est dans une monarchie absolue bon mais donc le lieu d'action c'est l'Élysée je sais très bien ce qui est le Parlement et je le savais quand je candidatais et je l'ai dit à mes électeurs je vais rien vraiment pouvoir changer pour vous si je peux faire super assistance sociale de secteur je peux résoudre des problèmes par exemple je sais que il y a des gens qui avaient une problème avec avec leur leur facture SFR il y a une copine qui est une bonne sœur rouge qui a dit attention on va prévenir François rffin et hop les problèmes avec SFR ont été résolus donc épouvantail multinational bon pourquoi pas mais au-delà de ça je savais déjà pendant ma campagne que c'était pas par le le l'action ça changerait c'est le verbe ce que j'ai c'est le verbe c'est que j'ai une tribune c'est qu'est-ce que je peux faire je peux me tenir droit pour les gens je peux ne pas trouver les chines ça veut dire que c'est la même chose au fond faire un film créer un journal ou être député c'est une fonction de tribune j'ai j'ai conquis une tribune pendant 5 ans et vous savez c'est pas rien moi quand j'étais ado ou même un peu plus tard j'avais le sentiment qu'il y avait personne pour me représenter qu' y avait personne qui portait ma parole dans l'espace public et je me sentais asphyiier et les quelques fois où je me souviens de Serge Alimi passant la télé ou de Xavier Mathieu par exemple quand il il s'est mis à dire plus jadas mais la violence de quel côté me faisait du bien parce qu'il y avait quelqu'un qui portait ma parole et j'ai le sentiment que c'est mon rôle aujourd'hui et les gens me le disent d'ailleurs vous nous apportez de l'air c'est une bouffée d'air ça nous fait du bien voilà c'est ce sentiment d'asphyxie et paf on vient on parle pour eux on soulève le couvercle en soit pour aujourd'hui ça ne change rien mais ça prépare moi j'espère être une contagion d'une forme de liberté je m'exprime librement la tribune de l'assemblé national et quand ils sont pas contents et ben c'est pareil s'ils sont pas contents que je montre un maillot de foot et que tout ce qu'il trouvent à faire c'est me F une AM 2004 on vousénalis c'est comme ça c'est pas grave bon et j'espère être une contagion de cette euh euh liberté quoi fr vous avez toujours été votre propre patron sans mauvais jeu de mot avec votre votre documentaire vous êtes le Patron de faakir vous avez toujours agi de façon indépendante sauf que à la différence de tout ce qui vous est arrivé avant maintenant vous êtes dans un groupe parlementaire vous avez une discipline partisane vous êtes obligé de suivre ce que dit Jean-Luc Mélenchon de suivre ce qui se dit dans le cadre du collectif à l'intérieur de la France insoumise est-ce que ça très franchement ça vous pèse pas un peu est-ce que ça vous empêche pas d'être le François Ruffin qu'on connaissait avant non mais alors je sais pas est-ce quez pas me dire que vous êtes d'accord avec toutes les prises de position de laance insoumise depuis quelques mois on peut jouer au jeu des States différences avec Jean-Luc Mélenchon et sa culture n'est évidemment pas la mienne 30 ans de Parti socialiste et ainsi de suite bon moi j'ai jamais été membre d'un parti donc évidemment c'est pas pareil c'est le cas non je suis toujours pas membre qu'importe mais d'accord mais simpleement moi ce que je vois dans Jean-Luc Mélenchon c'est que c'est l'homme qui a remis notre gauche debout il serait pas là notre gauche elle serait atomisée entre les restes débris du Parti socialiste et euh l'atomisation de l'extrême gauche là on a une gauche debout et debout sur deux jambes donc la discipline partisane ça vous va très bien je vous je vous réponds après et debout sur deux jambes qui sont les miennes le rouge et le vert le le social et l'écologie donc ça nous fait quand même une base de travail commune qui moi me pose pas de problème pour être un compagnon de route et maintenant je vais vous dire à ma grande surprise parce que je suis rentré là-dedans avec beaucoup de méfiance comme j'étais rentré à labas si j'y suis de Daniel Mermet avec beaucoup de méfiance contenant contenu des tempéraments explosifs qui nous étaient décrits chez l'un comme chez l'autre je je je n'ai que d'heureuses surprises dans la gestion du groupe ce qui veut dire que la marche de liberté dont je dispose elle est énorme et franchement c'est pas du tout là qui est ma frustration et je pense ma frustration B elle est quand même je veux dire que quand vous défendez des amendements en série parce que dire qu'on propose pas je crois que le groupe en est à 2495 amendements proposé moi j'ai fait trois propositions de loi je me suis Bagaré sur le burnout sur le financement de la psychiatrie je je la semaine dernière pour les journalistes j'ai porté je sais pas trop des dizaines d'amendements pour question des fake news et du secret des sur le secret des affaires pour pouvoir par exemple que les journalistes il a une obligation des PDG de répondre aux journalistes quand on les voit fuir régulièrement leurs responsabilité pour que les journalistes puissent accéder aux entreprises pour que les rapports d'inspection du travail ou de l'adréal soit rendu public en un certain nombre d'amendements comme ça quand vous bagarrez comme ça en série et puis que c'est non non non non non quand ça c'est la loi du scrutin législ vous êtes un groupe minorire vous nêtes pas dans dans la majorité en tout caser ça vous savez il y a quelque chose quand même qui est un moment la fonction je savais que c'était pesant la fonction ce que je veux dire c'est vous avez des gens à la buvette ils sont sympas ils discutent avec vous c'est cool comme ça on a point d'accord des points de désaccord et bom vous rentrez dans l'hémicycle et Machin se fige quoi et ça moi je j'y arrive pas comme ça bonsoir rffin vous aviez dans votre tribune comme vous dites parce que il y a une part aussi de de de de symbole vous avez dit moi je vais ne prendre que le SMIC je serai un député smicard d'abord est-ce que aujourd'hui c'est le cas oui c'est le cas mais je m'en donc la différence vous faites quoi vous vous la rersz aux associations je fais TR chèques de 1000 € tous les mois des associations donc ça me laisse de quoi avoir le SMIC plus qui va mêre prélever en impôt sur le revenu parce que je vais quand même etttre impô vous vous vous vivez du SMIC ou vous touchez le SMIC parce que vous avez quand même d'autres reven non bah oui j'ai j'ai d'autres revenus surtout pas j'ai pas non fair je suis pas payé je l'ai pas été je suis bénévole à depuis des années en revanche j'ai touché de l'argent sur le film et je peux pas nier que ça soit une trésorerie dans laquelle je puise régulièrement parce que moi je suis parce que le SMIC ça suffit pas mais oui parce que le SMIC ça suffit pas vous savez moi j'ai dit je me mets au SMIC mais tout de suite je demande à que ce il soit relevé à 1500 € donc je sais bien que la difficulté qui a à vivre avec des petits revenus comme ça et ça vaut pour moi comme pour d'autres alors que je suis propriétaire de ma maison ce qui est pas le cas de plein de gens ou donc vous avez pas à payer pour V vousvez pas payer pour vos transport vouses non mais moi j'ai pas de souci si vous voulez vraiment j'ai aucun souci le problème n'est pas là le problème c'est qu'est-ce que j'apporte aux gens c'est vous savez toute façon même pour plein de gens c'est pas le burnout par exemple c'est pas seulement le surmenage c'est un moment qui a l'essence de son mon travail euh moi je m'interroge sur le sens de mon travail de parlementaire mais je pense que par exemple les cheminau s'il se mobilisent c'est pas seulement sur les questions de statut c'est sur quel est le sens de leur travail quand une bonne partie de leur travail c'est d'annoncer que les trains sont en retard régulièrement qu'il y a pas de locomotif que les matériel est pas bon les gens dans les éepades ils sont pas bien mais c'est pas seulement pour des questions de revenus c'est pas seulement pour des questions de cours de surmage c'est parce que le sens de leur métier qui est d'humain qui est de soigner et ben pour eux il disparaî et et vous dites François fin je m'interroge sur mon travail alors bien sûr c'était un poisson d'avril mais est-ce que en vrai de vrai ça vous a pas quand même parfois traversé l'esprit si ça m'a traversé l'esprit bien sûr de toute façon vous savez moi je suis fait de plein d'état d'âme donc c'est c'est des montagnes russes ça c'est clair donc bien sûr que ça m'a ça m'a traversé l'esprit maintenant je sens quand même ce que j'apporte aux gens et vous savez c'est le point de comparaison bon Stéphane gaâtignon il est maire il se dit j'ai pardon j'ai pas P dit j'ai pas un rond qu'est-ce que je vais faire et puis l'OTRE qui fait ses beaux discours en disant que les banlieux c'est vachement essentiel et tout ça moi je pars pas de là moi mon point de départ c'est quoi c'est un petit journal où quand je m'exprime tout le monde s'en fout et maintenant je fais une vidéo où je parle des femmes de ménage parce que j'ai toujours je dire je depuis des années et ça dépasse les 12 millions de vues sur facebook bon ben voilà alors les gens ils regardent pas pendant pendant mais de ce point de VL ça veut dire que la tribune en tout cas c'est une Tribe qui fonctionne et je pense que c'est une tribune qui g par notre invité de de ce dimanche soir c'est l'heure de regarder dans le rétro Isabelle pincé pour ce c'est pour aujourd'hui ou pour demain c'est intéressé à ce qui se passe dans la cour des Invalides tristement devenu récurrente dans notre actualité mémorielle dans la cour des Invalides la police parisienne célèbre le souvenir de ces 212 morts tombés héroïquement pendant l'insurrectionur [Musique] nous vous faisons officier de la Légion d'Honneur [Musique] les Demer les Oubliés d'une histoire en fouille nul désormais ne racontera plus à ses petits enfants ou à ses arrièr petits enfants la vie terrible des tranchers nul n'entendra plus le vieux poilu dire à ses petits enfants ou à ses arrièr petits enfants ne faites plus jamais la guerre Nick Alexander 35 ans Jean-Jacques Amot 68 ans Armel antisévic pumir 46 ans 130 vies arraché 130 destins faucher 130 rir que l'on nentendra plus 130 voix qui a jamais se son tu [Musique] et il avait juré de faire corps avec un idéal plus grand et plus haut et cet idéal c'était le service de la [Musique] France l'hommage à ARN beltr vous y étiez non j étais pas parce que vous vouliez pas ou parce que vous pouvz pas c'est juste il y a des moments je disais que j'avais fait le poisson avec mes enfants et il y a les moments où je réserve à à ma famille voilà c'est tout donc donc mais mais disons que si vous aviez pu y all il y avait pas de sujet pour vous euh puisqu'on est au moment de paque je pense que c'est c'est ce genre de ce genre de geste ce sont des gestes qui nous interrogent tous et avec C cette évidence de l'héroïsme mais moi ce que je lis là dedans c'est que il y a des hommes évidemment lui mais je pense que il y a une part d' noobel trame en plein d'hommes c'est c'est-à-dire de dépasser ses intérêts personnels pour se mettre au service d'une transcendance alors là ça peut être la patrie ça peut être l'honneur ça peut être tout ça mais il y a plein de gens qui aujourd'hui ont une part de ça en eu et c'est ce qu'il faut cultiver quoi

GRÈVE ET POISSON D'AVRIL : RUFFIN CHEZ BFM — François Ruffin · Pourquijevote