L'interdiction du portable dans les lycées "va prendre du temps", selon la représentante du SNPDEN en Lorraine
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Questions et réponses
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La loi vient d'être promulguée, mais les proviseurs sont-ils prêts à mettre en place ce qui est une révolution dans les établissements scolaires ?
- 0:29OuverteRéponse directe
Vous n'êtes pas demandé si le gouvernement se moquait de vous de le faire aussi tard ?
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Il faut prendre son temps. Pourquoi ? Parce que malgré l'annonce de cette interdiction, vous avez plusieurs protocoles à respecter ?
- 2:52OuverteRéponse directe
Comment vont faire les lycées ? Il faut autant de casiers, des personnels pour récupérer les portables, comment ça peut s'organiser ?
- 4:19RelanceRéponse directe
On a l'impression que c'est une usine à gaz, en fait.
- 4:45RelanceRéponse partielle
On a l'impression que ce n'est pas préparé.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« Nous ne sommes pas encore tout à fait prêts à l'appliquer, cette loi. »
- 0:41Invité politiqueFait
« Nous sommes prêts à la mettre en place progressivement, mais évidemment, il y a un problème de timing entre les annonces officielles, la parution d'un texte le 21 juillet et une rentrée qui a lieu au 1er septembre, comme tous les ans. »
- 1:06Invité politiqueFait
« Si on veut rendre la mesure efficace, on va devoir déjà communiquer très largement envers les élèves, envers les représentants des parents d'élèves, et puis réunir les instances, réunir le conseil de vie lycéenne pour, in fine, pouvoir modifier nos règlements intérieurs, les adapter à la réalité de nos établissements. »
- 1:37Invité politiqueFait
« Le premier conseil d'administration dans un établissement scolaire, il se réunit au mois de novembre. »
- 3:11Invité politiqueFait
« Il y a très, très peu d'établissements qui ont fait le choix de ce qu'on appelle la pause numérique, c'est-à-dire le dépôt d'un téléphone dans une boîte ou un casier dédié, déjà parce que ça coûte très cher, et que ça nécessite des moyens humains pour surveiller que les élèves déposent leur téléphone. »
- 3:33Invité politiqueFait
« La solution qui sera retenue, c'est ce qui se fait dans la plupart des collèges, c'est le téléphone éteint et au fond du sac. »
- 4:34Invité politiqueFait
« Il est quand même difficile de s'opposer à cette mesure, parce qu'on est quand même tous très inquiets de la surexposition. »
- 5:09Invité politiqueFait
« On était très inquiets il y a dix ans environ, quand on a interdit les téléphones portables dans les collèges, et finalement, les choses se sont bien passées. »
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« La revalorisation des carrières des personnels de l'éducation nationale est un enjeu. La crise des vocations nous montre que ce métier attire de moins en moins. »
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Un petit peu moins de 8h moins le quart, le téléphone portable dans les lycées sera bien interdit à la rentrée. La loi vient d'être promulguée, mais les proviseurs sont-ils prêts à mettre en place ce qui est une révolution dans les établissements scolaires ? Pour en parler, Mathieu Barbier, nous recevons Isabelle Béjamansui, proviseure d'un lycée dans la métropole du Grand Nancy et secrétaire académique du syndicat national des personnels de direction de l'éducation nationale.
Isabelle Béjamansui, bonjour. Bonjour. Merci d'être en direct ce matin sur notre antenne. Emmanuel Macron a annoncé hier la promulgation de la loi. Vous n'êtes pas demandé si le gouvernement se moquait de vous de le faire aussi tard ?
Non, on n'a pas envie d'aller les choses de cette façon-là, mais nous ne sommes pas encore tout à fait prêts à l'appliquer, cette loi. Nous sommes prêts à la mettre en place progressivement, mais évidemment, il y a un problème de timing entre les annonces officielles, la parution d'un texte le 21 juillet et une rentrée qui a lieu au 1er septembre, comme tous les ans.
Il faut prendre son temps. Pourquoi ? Parce que malgré l'annonce de cette interdiction, vous avez plusieurs protocoles à respecter. C'est ça ? Il y a un règlement intérieur ? Il faut consulter plusieurs instances ?
Bien sûr, parce que si on veut rendre la mesure efficace, on va devoir déjà communiquer très largement envers les élèves, envers les représentants des parents d'élèves, et puis réunir les instances, réunir le conseil de vie lycéenne pour, in fine, pouvoir modifier nos règlements intérieurs, les adapter à la réalité de nos établissements. Donc, tout ceci va nous prendre de temps et la réunion de ces instances-là, elle n'aura pas lieu la semaine prochaine. Ce n'est pas l'urgence de la rentrée. En fait, le premier conseil d'administration dans un établissement scolaire, il se réunit au mois de novembre.
Donc, nous sommes prêts à réfléchir et à communiquer, à faire beaucoup de pédagogie, parce que je crois que ce sera la clé de la réussite de la mise en œuvre, mais pas encore à appliquer le texte dans l'immense majorité des établissements.
Ça veut dire, Isabelle Benjamin-Suis, si je vous écoute bien, que mardi prochain, à la rentrée, tous les lycées ne pourront pas dire aux élèves « Nous gardons pour la journée ton téléphone portable ».
Ah non, alors, tous les lycées pourront dire aux élèves « Nous ne voulons plus voir vos téléphones portables ».
Oui, mais entre « Nous ne voulons plus » et « Nous refusons », ce n'est plus pareil.
Exactement. De là à pouvoir effectivement confisquer, parce que ça fait partie d'une des punitions envisagées, il faut pouvoir s'appuyer sur notre règlement intérieur. Donc, dans un premier temps, et de toute façon, ce n'est pas une entrée par la sanction qui sera décidée par les établissements scolaires, c'est vraiment expliquer et répéter, parce que n'oublions pas que nos élèves de première et de terminale, les élèves de groupe, c'est un peu différent, ils viennent d'un collège dans lequel le téléphone portable était déjà interdit.
Mais nos élèves de première et de terminale, ça fait plusieurs années qu'ils sont avec leur téléphone dans les établissements sans avoir l'impression d'enfreindre le règlement intérieur.
Mais la question qu'on se pose, c'est sur le plan logistique, parce que depuis l'annonce de cette mesure, je ne cesse de me demander, mais comment vont faire les lycées ? Parce que quand vous avez 300, 400, 500, 600 élèves, il faut autant de casiers, donc il faut des pièces spécifiques, il faut des personnels pour récupérer tous ces portables. Est-ce qu'ils vont faire la queue, les élèves, tous les matins ? Je ne sais pas comment ça peut s'organiser.
Alors, il y a très, très peu d'établissements qui ont fait le choix de ce qu'on appelle la pause numérique, c'est-à-dire le dépôt d'un téléphone dans une boîte ou un casier dédié, déjà parce que ça coûte très cher, et que ça nécessite des moyens humains pour surveiller que les élèves déposent leur téléphone. La solution qui sera retenue, c'est ce qui se fait dans la plupart des collèges, c'est le téléphone éteint et au fond du sac.
Ah, d'accord. Donc, ils peuvent le garder sur eux ?
Ils peuvent le garder sur eux, d'autant que dans beaucoup d'établissements, ils auront besoin, et c'est là la difficulté de la mise en œuvre, ils auront besoin de leur téléphone portable, parfois pour badger à la cantine, parfois pour vérifier une salle sur leur emploi du temps que nous mettons en ligne. Donc, derrière cette interdiction, il faudra penser à ce qu'on appelle des zones d'exception, c'est-à-dire des endroits dans l'établissement dans lesquels les élèves pourront utiliser leur téléphone portable, s'ils le souhaitent. Évidemment, il n'y a aucune obligation à consulter son téléphone. Mais c'est sur ça que la réflexion devra s'appuyer.
Mais Isabelle, mais jamais en suit, quand on vous écoute, zone d'exception, portable éteint, on a l'impression que c'est une usine à gaz, en fait.
– C'est compliqué, c'est pour ça que ça prendra du temps.
– Vous pouvez le reprendre, vous pouvez le dire.
– C'est pour ça que ça prendra du temps. Alors, le dire, après, il est quand même difficile de s'opposer à cette mesure, parce qu'on est quand même tous très inquiets de la surexposition.
– Bien sûr, mais ce n'est pas la question, c'est de la mise en œuvre. On a l'impression que ce n'est pas préparé. Vous parlez de zone d'exception dans un collège, dans un lycée, ça paraît surprenant quand même, vous voyez, on ne va pas avoir à mettre des écriteaux en disant, là, vous avez le droit, là, vous n'avez pas le droit. Voilà, ça sent la préparation, mais ce n'est pas de votre faute.
– Ah non, non, ce n'est pas… Je ne considère pas que c'est de notre faute. Après, je reste optimiste, moi, par rapport à cette mise en œuvre. Si on nous laisse le temps de la mise en œuvre, je reste optimiste. On était très inquiets il y a dix ans environ, quand on a interdit les téléphones portables dans les collèges, et finalement, les choses se sont bien passées. Ce qui inquiète plus dans les lycées, c'est la multiplicité des publics accueillis. Parce que dans un lycée, vous avez des élèves mineurs, vous avez des élèves majeurs, vous avez des élèves étudiants, vous avez des internes, et ça, c'est compliqué.
On ne va pas pouvoir interdire à des élèves internes d'utiliser leur téléphone portable du lundi au vendredi ou au samedi matin. C'est pour ça que je parle de zone d'exception. C'est qu'il faudra quand même laisser des moments accordés à certains publics, et notamment pour des usages pédagogiques, l'utilisation du téléphone portable. L'idée, c'est de ne plus voir ce qu'on voit dans les lycées aujourd'hui. C'est des centaines de jeunes déambulés, si je peux dire, avec un téléphone portable à la main.
Et hormis cette interdiction des téléphones portables, c'est une année où il y a des nouveautés dans les lycées, notamment avec la réforme du bac qui continue à évoluer.
Justement, le ministre et le SNPDEN le saluent par une rentrée de consolidation. Il n'y a pas beaucoup de nouveautés à cette rentrée. Il y en a eu beaucoup ces dernières années. Et c'est appréciable de pouvoir se concentrer sur les fondamentaux, en français et en mathématiques notamment.
Dernier mot, Edouard Philippe, dans le Figaro, ce matin, candidat à présidentiel, annonce que parmi ses propositions, il souhaite augmenter de 20% sur le prochain quinquennat le salaire des enseignants.
Écoutez, je crois que personne ne peut être défavorable à cette mesure. C'est une annonce dans le cadre d'une campagne présidentielle sur laquelle il est assez difficile de m'exprimer. Mais la revalorisation des carrières des personnels de l'éducation nationale est un enjeu. La crise des vocations nous montre que ce métier attire de moins en moins. Donc, il faut penser à revaloriser la profession.
Merci beaucoup Isabelle. Benjamin, je suis proviseur d'un lycée dans la métropole du Grand-Nancy qui est secrétaire académique du Syndicat national des personnels de direction de l'éducation nationale de SPDEN. Bonne journée.
Et vous pouvez, si vous venez de nous rejoindre, réécouter l'interview d'Isabelle Bégin m'en suit avec l'application Ici.