Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
Podcast / conversationLe Média (sur Podcast)· 23 mai 2023 21 minContradictoireActualité / polémiqueÉconomie & entreprisesTravail & emploiSolidarités & familleRetraites

Instant Porcher | Salaires, investissements étrangers, aides : la vérité sur les "beaux chiffres" de Macron

Source d'origine 2 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Attaque 80 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 2:04OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce que tu penses de cette stratégie qui consiste à tout miser sur l'investissement étranger ?

  • 4:17OuverteRéponse directe

    Pour lui, c'est ça, attirer les investisseurs, c'est affaiblir notre système social ?

  • 5:25OuverteRéponse directe

    Est-ce que ça explique cette 18e place et comment contrer ça ? Est-ce que déjà Emmanuel Macron a envie de contrer ça ?

  • 8:16OuverteRéponse directe

    Que penses-tu de cet extrait et de cette annonce ?

  • 11:08OuverteRéponse directe

    Comment tu analyses ce passage-là sur TF1 sur les salaires ?

  • 16:33OuverteRéponse directe

    Est-ce que c'est une bonne solution selon toi ? Est-ce que ça va marcher ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:09InvitéFait
    « Les entreprises ont été aidées pendant la crise du Covid, notamment le 4,40, qui représente quand même 20% des salariés. »
  • 0:12InvitéChiffre
    « Il est prêt à donner 2 milliards à 10 millions de personnes. »
  • 0:15InvitéChiffre
    « Il a donné quasiment 4 milliards à 500 000 ménages. »
  • 1:57PrésentateurChiffre
    « L'exécutif annonce un chiffre record de 13 milliards d'investissements étrangers et la création de plus de 8000 emplois grâce à cela. »
  • 2:46InvitéFait
    « Il y a eu la perte, la baisse de l'impôt sur l'IS. »
  • 2:48InvitéFait
    « Il y a eu la flat tax, il y a eu les impôts de production, deux fois. »
  • 2:56InvitéChiffre
    « On doit être quasiment à 25 milliards de baisse d'impôt rien que sur le précédent quinquennat. »
  • 3:36InvitéFait
    « Vous savez aujourd'hui qu'il y a un tiers de l'emploi industriel, dont les patrons de ces emplois industriels sont des étrangers. »
  • 3:54InvitéFait
    « Si vous faites venir Elon Musk, vous faites venir Tesla. Si vous faites venir Tesla, vous frappez Renault Peugeot dont l'État est actionnaire et qui ont encore, même s'ils sont énormément délocalisés, des emplois en France. »
  • 7:16InvitéFait
    « Les baisses d'impôts qu'on a faites sur les ménages se sont concentrées sur ces classes moyennes. »
  • 7:30InvitéFait
    « Quand en début de ce quinquennat, on a supprimé la redevance audiovisuelle, c'est pour les classes moyennes. »
  • 7:50InvitéChiffre
    « Il y a 2 milliards de baisses d'impôts pour les ménages. »
  • 8:47InvitéChiffre
    « Si vous leur donnez 2 milliards, ça fait 200 euros par an. »
  • 14:40InvitéChiffre
    « Il est prêt à donner 2 milliards à 10 millions de personnes. Il a donné quasiment 4 milliards à 500 000 ménages les plus riches. »
  • 15:42InvitéFait
    « L'ISF ne s'est pas transformé en investissement. »
  • 18:32InvitéFait
    « Ce n'est pas le temps de travail qui crée de la richesse. »

Temps de parole

  • Invité64 %
  • Présentateur26 %
  • Invité 210 %

0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Invité

Comme les entreprises ne veulent pas augmenter les salaires, qu'est-ce qu'on fait ? On fait toujours cet espace de mic-mac entre le brut et le net. C'est pas normal ça, normalement. Les entreprises ont été aidées pendant la crise du Covid, notamment le 4,40, qui représente quand même 20% des salariés. Il est prêt à donner 2 milliards à 10 millions de personnes. Il a donné quasiment 4 milliards à 500 000 ménages. Donc là, ça veut tout dire.

0:21
Présentateur

Bonjour tout le monde et bienvenue pour ce nouvel Instant Porchet. Je suis ravie de vous retrouver. L'Instant Porchet, c'est un petit moment qu'on se prend entre nous avec Thomas Porchet. Chaque semaine, pour décrypter l'actualité, avec la multitude des discours qu'on entend autour de nous, se poser, connaître et comprendre est une véritable arme démocratique. Et si l'Instant Porchet débarquait à la télévision ? Vous le savez, ce programme s'inscrit dans notre grande ambition, débarquer à la télé aux côtés des chaînes des milliardaires pour s'imposer et proposer un autre traitement de l'information. Le projet avance, mais certains opérateurs restent encore réticents.

Notre modèle économique, qui n'est fondé ni sur de riches actionnaires, ni sur de puisants annonceurs, serait fragile. Nous avons répondu que nous avons plus qu'une poignée d'investisseurs ou qu'un ensemble de marques partenaires. Nous leur avons dit qu'il y a dans ce pays des dizaines, voire des centaines de milliers de citoyens qui pensent que le paysage audiovisuel français a besoin d'une chaîne d'infos et de combats comme Le Média. Pour le leur prouver, signez la pétition sur unetélépourvous.lemédiatv.fr. Au programme de l'Instant Porchet, aujourd'hui, on décrypte l'interview d'Emmanuel Macron sur TF1 et ce sommet Choose France. C'est parti.

Emmanuel Macron tourne la page des retraites et compte bien relancer la France. Le chef de l'État a donné une interview à TF1 lundi dernier, le même jour où il recevait de grands patrons internationaux au sommet Choose France à Versailles, rien que ça. Dans son plan pour la réindustrialisation, que nous avons décortiqué la semaine dernière, puis au sommet Choose France et dans cette interview TF1, le président affirme que ce sont les investissements étrangers qui vont aider à notre réindustrialisation et donc au plein emploi. L'exécutif annonce un chiffre record de 13 milliards d'investissements étrangers et la création de plus de 8000 emplois grâce à cela. 13 milliards, 8000 emplois.

Bon, OK. Et il compte bien aller plus loin. Thomas, qu'est-ce que tu penses de cette stratégie qui consiste à tout miser sur l'investissement étranger ?

2:10
Invité

Alors, il faut faire attention dans ce qu'on met dans l'investissement direct étranger. Emmanuel Macron, il nous sort toujours des chiffres, toujours en milliards. Là, tu l'as dit, 13 milliards de promesses d'investissement étrangers. Donc, les gens sont impressionnés. Très bien. Notre président est un bon VRP, ce qui est par ailleurs vrai. Mais il faut voir ce qu'on a mis pour attirer ces investissements. Ça, c'est la première chose. Il faut voir ce que ces investissements vont rapporter en termes de création d'emplois. Et la troisième chose, c'est qu'il faut voir si ces investissements ne sont pas dangereux pour notre industrie française.

La première des choses, c'est que pour attirer ces 13 milliards, nous avons fait des baisses de fiscalité qui sont assez énormes. C'est-à-dire que combien ont coûté ces 13 milliards ? Eh bien, il y a eu la perte, la baisse de l'impôt sur l'IS. Il y a eu la flat tax, il y a eu les impôts de production, deux fois. Donc, il y a eu un tas de choses qui ont été données et qui sont bien supérieures aux 13 milliards. On doit être quasiment à 25 milliards de baisse d'impôt rien que sur le précédent quinquennat. Donc là, on voit que pour attirer ces investisseurs, il a fallu vraiment faire des courbettes et faire en sorte que le cadre fiscal aille vers le moins dix ans.

Alors que la France, traditionnellement, attirait les investissements étrangers pour son niveau d'éducation et ses infrastructures. Là, on a voulu préférer baisser les impôts, ce qui va fragiliser à terme, peut-être l'éducation et les infrastructures. Ça, c'est la première des choses. La deuxième des choses, c'est qu'est-ce que financent ces investissements étrangers ? S'ils ouvrent des usines, c'est très bien, on est content. Encore qu'il faut voir quel type d'usine on ouvre. Mais après, si c'est ces investissements qui rachètent des entreprises françaises, là, il y a un vrai problème.

Vous savez aujourd'hui qu'il y a un tiers de l'emploi industriel, dont les patrons de ces emplois industriels sont des étrangers. Donc ça, il faut voir ce que l'on appelle investissement étranger. Et la dernière des choses, c'est de voir en quoi ces investissements étrangers portent atteinte à des géants français dont l'État est actionnaire et donc à des emplois français. Si vous faites venir Elon Musk, vous faites venir Tesla. Si vous faites venir Tesla, vous frappez Renault Peugeot dont l'État est actionnaire et qui ont encore, même s'ils sont énormément délocalisés, des emplois en France.

Donc il faudrait voir l'impact qu'a ces investissements étrangers sur l'écosystème qui est parfois français.

4:08
Présentateur

– Stratégie qui pousse Emmanuel Macron à être très compétitif. Il l'assume, d'où les réformes, chômage, retraite, la baisse des impôts pour les entreprises, tu l'as dit, la flexibilité du code du travail avec les ordonnances qu'on a connues. Pour lui, c'est ça, attirer les investisseurs, c'est affaiblir notre système social ?

4:25
Invité

– Il y a toujours des perdants. La baisse d'impôts, ce n'est pas quelque chose comme ça qui s'évapore. Et l'argent qui finance les services publics, ce n'est pas de l'argent qui tombe dans un trou noir. Donc oui, quand vous baissez les impôts pour attirer les investisseurs étrangers, tout comme quand vous baissez les impôts pour redonner du pouvoir d'achat, par exemple, aux classes moyennes, certes, vous donnez un meilleur cadre aux investisseurs, mais de l'autre, vous affaiblissez des investissements pour la protection et les services publics.

Et comme je l'ai rappelé, comme à la base sont les infrastructures et l'éducation qui font que notre pays est attractif, il y a des possibilités en baissant les impôts, que finalement, en face de nos deux piliers principaux qui attiraient les investisseurs, à long terme, des piliers plutôt faibles.

5:04
Présentateur

Emmanuel Macron met tout le temps en avant qu'on ait le pays le plus attractif d'Europe. Mais Gilles Boulot lui rappelle bien que l'on est 18e en ce qui concerne la création d'emplois liés à ces investissements. Et moi, je l'ai constaté, on veut attirer, on casse le système social, les investisseurs viennent, prennent le savoir-faire, les carnets de commandes, les aides publiques, puis délocalisent et ou repartent. Est-ce que ça explique cette 18e place et comment contrer ça ? Est-ce que déjà Emmanuel Macron a envie de contrer ça ?

5:30
Invité

Maintenant, parce qu'Emmanuel Macron, on l'a dit beaucoup de fois ici, ce qu'il veut, c'est avoir des beaux chiffres. Quand il partira, il pourra vous dire j'ai 5% de chômage, alors que nous l'avons déjà dit, il aura radié comme il ne l'a jamais radié, il aura fait en sorte que c'est de plus en plus difficile d'avoir le statut de chômeur, comme ça il aura une très belle statistique avec autour de cette statistique une armée de pauvres. Et là, c'est pareil pour les IDE, les investissements étrangers, IDE, investissements directs étrangers, auront augmenté. Mais quel est le but de ça ?

Je veux dire, il y a beaucoup de pays pour se développer qui ont refusé d'ouvrir leur espace à des investissements étrangers. parce que c'est aussi ça qui fait que, je ne sais pas moi, vous arrivez à développer des industries d'avenir. C'est que vous les protégez au début, vous empêchez les investisseurs étrangers de tuer la concurrence et d'être ensuite les seuls. Donc lui, là, cette vision-là, il ne l'a pas. Alors certes, il parle de réindustrialisation depuis le Covid, mais c'est très très récent. Avant, c'était juste, il faut attirer les gens. On attire les gens en baissant la fiscalité, en leur offrant le cadre qu'ils veulent sans aucune condition.

C'est ce qui se passe, c'est ça le problème. En fait, de toutes les aides aux entreprises qui ont été données de toutes les baisses de charges comme le CICE, c'est qu'il n'y a jamais de condition. Donc elles viennent, elles font ce qu'elles veulent. Donc elles arrivent, comme vous le dis, elles rachètent des entreprises françaises. On le voit bien avec l'entreprise Val d'une, qui est une entreprise finalement détenue par des Chinois. L'actionnaire rachète, puis quand ça ne lui convient plus, il licencie et puis il s'en va. Alors que Val d'une a une production nécessaire pour développer le rail et que le rail le dit eux-mêmes.

Alors ils se dédouanent parfois facilement sur la politique, mais ils le disent. Nous n'avons pas de vision de politique industrielle. Quand on n'a pas de vision, comme voulez-vous qu'on puisse faire des investissements sur 10 ans ? C'est ça en fait qu'il manque à Emmanuel Macron. C'est-à-dire, il baisse la fiscalité, il espère que tout le monde va venir, c'est le cas, puis après il laisse faire ce qu'ils veulent. Et ça n'a pas un impact sur le long terme très très bon pour l'industrie française.

7:07
Présentateur

Alors comme on le disait les semaines passées, Emmanuel Macron se veut dorénavant, enfin tente, d'être le président des classes moyennes avec cette annonce en regard.

7:15
Invité

Les baisses d'impôts qu'on a faites sur les ménages se sont concentrées sur ces classes moyennes. Quand on a baissé la cotisation salariale sur le chômage au premier quinquennat, c'est pour essentiellement ces classes moyennes. Quand on a supprimé la taxe d'habitation, c'est pour les classes moyennes. Quand on a baissé de 4 milliards d'euros l'impôt sur le revenu, ça a été sur les classes moyennes. Quand en début de ce quinquennat, on a supprimé la redevance audiovisuelle, c'est pour les classes moyennes.

Et donc nous avons dans notre trajectoire budgétaire, c'est-à-dire, vous savez, on a prévu jusqu'en 2027 des dépenses, des recettes, pour tenir aussi notre déficit et commencer à rembourser notre dette. Il y a 2 milliards de baisses d'impôts pour les ménages. Ces 2 milliards, j'ai demandé au gouvernement de me faire des propositions pour qu'ils se concentrent sur ces classes moyennes. Vous l'avez très bien dit. C'est-à-dire, les Françaises et les Français qui travaillent dur, qui veulent bien élever leurs enfants et qui aujourd'hui, parce que le coût de la vie a monté, parce que la dynamique des salaires n'est pas toujours là, ont du mal à boucler la fin du mois.

8:11
Présentateur

Alors, on ne sait pas quelle forme ça va prendre. Lui non plus, impôts sur le revenu, baisse des cotisations, on ne sait pas trop. Que penses-tu de cet extrait et de cette annonce ? On dirait qu'il prend un peu le problème à l'envers.

8:22
Invité

Il y a une déclaration très politique parce qu'il dit 2 milliards. Ça semblait énorme pour les gens. La classe moyenne, on ne sait pas trop comment il a défini. Je crois qu'il dit 1500, 2500 euros. Donc, il dit ça. Il y a une volonté politique de montrer qu'on fait des choses pour les classes moyennes et qu'elles n'ont pas à être fâchées pour la réforme des retraites. Donc, il faut toujours remettre les choses dans leur contexte. Après, quand on regarde les 2 milliards, c'est quoi les 2 milliards ? Il y a combien de personnes qui gagnent en France entre 1500 et 2500 ? Il y a 10 millions de personnes, 10 millions de salariés. Si vous leur donnez 2 milliards, ça fait 200 euros par an.

Si c'est par an, parce qu'on ne sait pas si c'est par an. Si c'est d'ici la fin du quinquennat, vous divisez ça par trois. Donc, ça fait 60 euros par an, 70 euros par an qui vont être donnés. Donc, c'est rien du tout. C'est clair que... Eux, ils vont dire c'est quand même 2 milliards. C'est un petit peu d'huile pour faire en sorte que tout le reste puisse passer. Mais c'est rien du tout. C'est absolument rien du tout. Et les gens, face à l'inflation, face au reste, ne verront pas grand-chose de pouvoir d'achat en plus. Et puis, c'est un aveu d'échec. Pourquoi c'est un aveu d'échec ? Parce que vous avez Bruno Le Maire qui a appelé je ne sais plus combien de fois à augmenter les salaires.

Et comme les entreprises ne veulent pas augmenter les salaires, qu'est-ce qu'on fait ? On fait toujours cet espace de mic-mac entre le brut et le net, c'est-à-dire qu'on retire des lignes de cotisation où on baisse les impôts sur le revenu de 200 euros sur l'année, ce qui sera imperceptible maintenant qu'il y a le prélèvement à la source quasiment imperceptible pour les gens. Et donc, on accepte d'affaiblir finalement des services publics, l'assurance chômage ou l'assurance maladie ou les retraites pour donner un petit peu de pouvoir d'achat en plus aujourd'hui. C'est-à-dire que ce qu'on donne d'une main à un salarié, on lui reprend directement de l'autre main.

Parce que les entreprises ne veulent pas, au moins celles qui peuvent, ne veulent pas augmenter les salaires. Et je veux dire, c'est ce qui s'est passé déjà à l'époque des Gilets jaunes. À l'époque des Gilets jaunes, ce qu'il a fait Macron, c'est que comme il n'a pas voulu augmenter les salaires, enfin, il n'a pas demandé aux entreprises de le faire par décret ou etc., il a augmenté la prime d'activité. Donc, les entreprises ont pu augmenter les salaires grâce à l'aide de la perfusion de l'État. Donc, grâce à nous tous. Ce n'est pas normal, ça, normalement. Les entreprises ont été aidées pendant la crise du Covid, notamment le 4-40, qui représente quand même 20% des salariés.

Les entreprises moyennes représentent jusqu'à 50% des salariés avec le 4-40. Parfois, elles ont les moyens d'augmenter, elles ne veulent pas le faire. Et c'est pour ça, d'ailleurs, que le cas emblématique, c'est ces raffineurs qui ont manifesté chez Total alors que c'est l'entreprise qui a le plus profité de la crise ukrainienne. Donc, c'est important de voir comment, en fait, on affaiblit finalement le service public pour augmenter les salaires et donc qu'on retire finalement ce qu'on a donné aux salariés d'une autre main.

10:45
Présentateur

Justement, sur la question des salaires, ça lui a été posé. Emmanuel Macron répond que ce n'est pas lui qui décide, mais c'est le fruit du dialogue social. Je cite, le chef de l'État répond au problème de répartition des richesses par les primes. Activité, tu l'as dit, exceptionnelle. Participation, intéressement. Mais on voit qu'il évite la question du salaire en lui-même, sauf pour dire qu'on a un des salaires minimums les plus hauts d'Europe. Comment tu analyses ce passage-là sur TF1 sur les salaires ?

11:12
Invité

Ce qui est problématique, c'est ce qu'on a dit, c'est-à-dire que les hausses de salaires sont financées aujourd'hui par le contribuable. C'est-à-dire qu'il y a des entreprises qui font des milliards et vraiment, qui pourraient augmenter les salaires, qui font des milliards et c'est le contribuable via des primes, diverses primes, qui fait que la situation actuelle avec l'inflation est moins difficile. Si on avait indexé les salaires sur les prix, ce serait les entreprises qui seraient obligées d'augmenter, de payer les hausses de salaire, qu'elles répercuteraient un petit peu sur les prix et ainsi de suite.

Mais on peut parfois faire un peu de contrôle aussi sur les prix, sur certains prix, pour voir si elles ne peuvent pas un peu aller prendre et on le sait de plus en plus. Là, on refuse de faire ça. Donc, on fait payer par le contribuable. Après, Emmanuel Macron, quand il dit que le SMIC est assez élevé, il n'a pas tout à fait tort. Mais le problème en France, c'est quoi ? C'est que toutes les aides se situent sur les bas salaires, les baisses de cotisations, etc. Et donc, ça incite plutôt les entreprises, ça les oblige pas, ça les incite à se concentrer et à proposer des faibles salaires.

C'est pour ça qu'en fait, quand on regarde après les salaires moyens, etc., on n'est pas au-dessus du lot. Ça, c'est complètement faux. Donc, on a des bas salaires un peu plus élevés, c'est vrai, et puis on a des incitations qui concentrent les entreprises sur les bas salaires et qui ne permettent pas une évolution vers des salaires plus élevés parce qu'à un moment où vous augmentez vos salaires, vous ne bénéficiez plus des aides.

12:25
Présentateur

Gilles Boulot lui a dit que les Français pouvaient le trouver méprisant. On regarde sa réponse.

12:30
Invité

Moi, je n'ai jamais vu quelqu'un qui me dit vous êtes méprisant. Parfois, ils me disent vous êtes trop dur, vous êtes trop décidé, trop pénéristique. Parfois, d'autres vous expliquent qu'on ne va pas assez loin. Mais l'adjectif, méprisant. Je le récuse parce qu'on ne va pas au contact comme je vais depuis que je suis engagé dans la vie politique quand on a du mépris pour les gens. Et je vais vous dire quand on a du mépris, on s'en fiche. Le vrai mépris, c'est de mentir aux gens. Le vrai mépris, c'est ça.

Dans la position où je suis, si je méprisais vraiment les Françaises et les Français ou notre pays, je n'essaierais pas de parler à l'intelligence collective et de faire ce qui est bon pour le pays. Je penserais à ma pomme. Vous pensez que c'est bon pour ma pomme de faire ce qu'on fait sur les retraites, de porter des textes difficiles, de subir et d'accepter l'impopularité qui va avec ? J'ai toujours dit aux Françaises et aux Français la vérité, ce que je croyais et avec sincérité porter ses engagements. Je suis toujours allé au contact en discutant longuement. Et donc, je suis parfois dur au mal. Oui, méprisant, je le récuse.

Mais après, vous savez, les réseaux sociaux, les oppositions, elles forgent vite des images. Les méprisants sont les gens qui ne veulent pas parler avec les autres. C'est les gens qui leur mentent et ceux-là sont en train de paver le chemin des extrêmes. Parce que, sur le mensonge, les extrêmes sont bien meilleurs que les partis de gouvernement.

13:47
Présentateur

Dans ce court passage, il y a quand même beaucoup de choses à dire. Qu'est-ce que tu en dirais, toi ?

13:52
Invité

La réponse est très méprisante aussi. Parce qu'il y a cette question de dire, bon, écoutez-moi, je sais quoi. Je fais, je sais. La politique, on l'a qualifié de président des riches, mais ce n'est pas pour rien. La première réforme qu'il a mis en place, c'est l'ISF. Toutes les réformes, elles visent toujours la majorité de la population et jamais les autres. Tout ce qui est fait tout de suite, c'est-à-dire en économie, en austérité budgétaire, ça concerne toujours l'ensemble de la population. Assurance chômage, retraite, casus, droit du travail, quelles lois de travail, 1, 2, là, il en prépare peut-être une autre.

Et puis tout ce qui concerne, on va dire, les plus riches, ça reste de l'incantation. Alors si vous faites de l'évasion fiscale, attention, on va être méchant. Il faut augmenter les salaires. Il faut investir parce qu'on vous a baissé l'ISF. Et puis, il va dire, c'est assez représentatif cette baisse d'impôt sur les classes moyennes. Il est prêt à donner 2 milliards à 10 millions de personnes. Il a donné quasiment 4 milliards à 500 000 ménages les plus riches. Donc, à la classe moyenne, on donne moins que ce qu'on a donné au 1% de la population qui est la plus riche, qui détient, rappelons-le, il ne faut jamais oublier, le répéter, 25% du patrimoine français. Donc là, ça veut tout dire.

Ça veut dire que, voilà, pour les riches, on baisse les impôts très fortement et puis pour les autres, on fait dans des situations très difficiles parce qu'on sort quand même d'une grève et qu'on fait un petit peu des cadeaux à droite, à gauche, on s'oppoudre. Donc non, non, c'est un, le présent des riches et ça, c'est parfaitement justifié. Et deux, Macron a toujours eu, quand il avait dit qu'il y avait des problèmes d'illettrisme chez des ouvrières et puis après, quand il avait dit à un jeune ouvrier, tu n'as qu'à travailler pour te payer un costume, quand il dit ou quand il dit si j'étais chômeur, je n'attendrai pas tout de l'autre.

Si ça, ce n'est pas du mépris, je ne sais pas ce que c'est.

15:33
Présentateur

Il dit que lui, il ne ment pas et il fustige tous ceux qui ne sont pas d'accord avec lui de mentir, notamment les oppositions politiques.

15:39
Invité

Non, parce que, par exemple, quand il a dit une fois que l'ISF s'était transformé en investissement, c'est un mensonge. L'ISF ne s'est pas transformé en investissement. Alors, on peut dire qu'effectivement, il y a eu moins de riches qui ont quitté la France depuis la réforme de l'ISF. Ça, on peut le dire, mais on ne peut pas dire que ça s'est transformé en investissement. Tous les rapports jusqu'à aujourd'hui disent que ce n'est pas le cas. Et lui-même avait dit que si ça ne marchait pas, il serait prêt à revenir dessus. Visiblement, il prend un détail qui est un élément important qui est que les gens quittent moins le pays.

Alors, il n'y en avait pas énormément qui quittaient, il y en avait 500 qui partaient par an, mais il y avait de plus en plus de gens qui payaient l'ISF. Mais il part de ça. Mais après, sur la transformation, la promesse initiale de la transformation en investissement pour financer l'activité, ça ne s'est pas vu.

16:22
Présentateur

Ils ont également évoqué l'inflation. Emmanuel Macron va demander au grand groupe agroalimentaire de venir autour de la table, je cite, pour baisser plus vite les prix. Et le chef de l'État espère un retour à la normale d'ici automne. Est-ce que c'est une bonne solution selon toi ? Est-ce que ça va marcher ?

16:35
Invité

Moi, je trouve ça très bien qu'Emmanuel Macron se mêle de ça. Parce que là, on s'est rendu compte qu'il y a une forte inflation. Tout le monde est d'accord là-dessus. Que cette inflation a été moins forte en moyenne que d'autres pays parce qu'il y a eu les primes, nous sommes d'accord. Puis on se rend compte aussi parfois que les prix hors taxes, par exemple des carburants, sans prendre en compte les taxes, étaient encore plus élevés chez nous que chez d'autres pays voisins. Donc il faut s'interroger. Il y a des gens qui font des marges.

Ou il y a un système qui a été mis en place, par exemple de négociation des prix sur un an, qui fait qu'on ne peut pas bénéficier des baisses des prix, qui est peut-être à revoir en période d'inflation. Il est vrai qu'aujourd'hui, il y a une très forte volatilité des matières premières sur les marchés financiers. Il est très vrai que cette volatilité porte atteinte à tous les producteurs parce qu'ils ne peuvent pas se projeter dans l'avenir. Mais en même temps, il est vrai aussi que les marges de ces producteurs ou ces distributeurs ont parfois fortement augmenté.

Donc il faudrait comprendre quelle est la marge de ces gens et comment ils profitent finalement d'un élément que nous condamnons tous qui est la guerre. Et ça, c'est important à savoir. Mais ça va être très difficile. Moi, je me souviens qu'en 2012, il y avait une commission qui avait été lancée par M. Moscovici pour connaître les marges faites par les distributeurs d'essence. La fin de la commission arrive au fait qu'on ne sait pas grand-chose mais on ne sait pas vraiment. Donc là, ils vous disent, Leclerc a dit oui, je fais un centime de marge sur l'essence. Peut-être lui, c'est vrai mais peut-être total non. Et peut-être que lui, ce n'est pas un centime mais trois centimes.

Ce qui change tout. Parce que quand vous faites des volumes, c'est plusieurs millions d'euros par jour en plus. Donc ça, il faut savoir à un moment quelles sont les marges et comment elles ont augmenté pendant cette période-là. parce que ce n'est pas naturel cette inflation. Elle est due à quelque chose que nous condamnons qui est la guerre en Ukraine.

18:12
Présentateur

L'interview se termine sur la défense du 49-3. Emmanuel Macron cite plein d'exemples. La privatisation de TF1, la CSG passée en 49-3. Il défend encore la réforme avec les arguments habituels qu'on a beaucoup déconstruits ici. Mais il dit aussi qu'il faut créer plus de richesses et que si les gens travaillent plus longtemps, on crée plus de richesses. Est-ce que ces arguments tiennent selon toi ?

18:32
Invité

Ce n'est pas le temps de travail qui crée de la richesse. Il faut rappeler ça à Emmanuel Macron. Alors je sais qu'Emmanuel Macron veut être à contre-courant de l'histoire. C'est-à-dire que dans tous les pays, nous travaillons de moins en moins. C'est grâce à la productivité, c'est grâce au développement et c'est une bonne chose normalement. Je dis en Bangladesh, on travaille 70 heures par semaine. En Égypte, 55 heures par semaine. Chez nous, on va travailler 39-40 heures par semaine. Parce qu'il aime bien rappeler Emmanuel Macron que nous sommes le pays qui travaillons le moins au monde. Oui, si on prend les chômeurs, le chômage des seniors, etc.

Mais un salarié est largement dans la moyenne, voire même un peu au-dessus. Donc quand quelqu'un travaille, contre-chômage, en éliminant les chômeurs, c'est-à-dire en créant des emplois. Mais là, en fait, en réalité, ce n'est pas la question du travailler plus longtemps, c'est la question du travailler mieux. Là, il y a des expérimentations qui se font dans des entreprises pour travailler que 4 jours. Certaines même travaillent à 32 heures.

Ce serait intéressant de se pencher sur ces entreprises-là et de voir les résultats parce qu'il y a certains résultats qui sont assez intéressants, notamment les absences pour maladies diminuent, les gens sont plus motivés, l'ambiance est meilleure et donc ils sont plus productifs. Donc le but, ce n'est pas de travailler plus longtemps. Si vous travaillez de 23 heures à minuit et que vous êtes plus productif, ça ne sert à rien. Si vous travaillez de 64 à 67 ans, comme c'est peut-être un des rêves d'Emmanuel Macron, vous êtes peut-être moins productif. Donc l'important, c'est plutôt d'être productif dans son travail et d'être heureux de le faire.

Donc ça passe par la qualité du travail et puis parfois par un nombre d'heures un peu moindre.

19:58
Présentateur

Vous le savez, ce programme s'inscrit dans notre grande ambition débarquer à la télé aux côtés des chaînes des milliardaires pour s'imposer et proposer un autre traitement de l'information pour montrer qu'une chaîne de télé indépendante financée seulement par la force citoyenne est possible. Le projet avance, mais certains opérateurs restent encore réticents. Notre modèle économique, qui n'est fondé ni sur de riches actionnaires ni sur de puissants annonceurs, serait fragile. Nous avons répondu que nous n'avons plus qu'une poignée d'investisseurs ou qu'un ensemble de marques partenaires.

Nous leur avons dit qu'il y a dans ce pays des dizaines, voire des centaines de milliers de citoyens qui pensent que le paysage audiovisuel français a besoin d'une chaîne d'infos et de combats comme Le Média. Pour le leur prouver, signez la pétition sur unetelepourvous.lemediatv.fr. Ils ont des milliards, mais nous sommes des millions. Alors abonnez-vous au Média à partir de 5 euros par mois. Vous êtes notre seule force pour garantir une information véritablement libre et indépendante. Chaque geste compte. Alors vos j'aime, partages et pubs autour de vous, c'est également indispensable. Nous sommes ravis de décrypter l'actualité avec Thomas et vous chaque semaine.

Merci de toujours nous suivre pour tous vos pouces en l'air et commentaires sous la vidéo. Spectateurs, abonnés, donatrices et sociaux, je vous dis à la semaine prochaine.