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InterviewFrance Inter (sur YouTube)· 29 octobre 2024 3 minContradictoireActualité / polémiqueInstitutions & électionsÉconomie & entreprises

Jordan Bardella crie à la censure de son livre - L'Edito Politique de Patrick Cohen

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Attaque 80 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 1:29OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce qui justifie l'interdiction d'affichage ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:34Invité politiqueChiffre
    « les 155 000 exemplaires de son premier livre, édité par Fayard, maison du groupe Lagardère, racheté par Vincent Bolloré, seront massivement diffusés par Hachette Livre, propriété de Bolloré »
  • 1:33Invité politiqueFait
    « L'article 8.1 des conditions générales de vente de la régie Média Transport, qui ne dépend pas de la SNCF mais du groupe Publicis, il est clair, tout message publicitaire présentant un caractère politique, syndical, confessionnel, est prohibé. »
  • 1:59Invité politiqueFait
    « Il y eut un refus d'affichage de livres politiques en mars 2022, une bande dessinée consacrée à Éric Zemmour, encore lui, mais pas pour le complimenter. »
  • 2:24Invité politiqueChiffre
    « la maison d'édition a donc voulu faire un coup, en réservant 581 panneaux de gare entre fin novembre et mi-décembre, pour un coût estimé à 80 000 euros net »
  • 2:30Invité politiqueFait
    « pour un livre sous X, c'est-à-dire sans dire qui en est l'auteur, quand le nom de Bardella a fini par sortir il y a deux semaines »
  • 3:12Invité politiqueFait
    « Si au lieu de dépendre de Publicis, la régie de la SNCF avait appartenu à Havas, est-ce que le Hachette de Bolloré aurait essuyé un même refus d'affichage de Havas, dont le PDG préside aussi le conseil de surveillance de Vivendi, et qui se nomme Yannick Bolloré ? »

Temps de parole

  • Jordan Bardella93 %
  • Présentateur7 %

0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

L'édito politique, Patrick Cohen, le livre de Jordan Bardella sera donc privé de campagne d'affichage dans les gares. Le président du Rassemblement National crie à la censure.

0:09
Jordan Bardella

Mes chers compatriotes, la liberté d'expression est en danger. Ainsi commence la vidéo à l'locution que Jordan Bardella a très sérieusement mise en ligne hier soir, dénonçant une atmosphère de terreur, une volonté de le faire taire et le réduire au silence tous les Français attachés à la liberté, à la diversité des opinions.

Il est vrai qu'on ne peut être que révolté face à la censure odieuse qui frappe un jeune auteur dont les 155 000 exemplaires de son premier livre, édité par Fayard, maison du groupe Lagardère, racheté par Vincent Bolloré, seront massivement diffusés par Hachette Livre, propriété de Bolloré, abondamment mis en place dans les 400 magasins relais des gares et aéroports, qui dépendent de Lagardère et donc de qui vous savez, avant une campagne médiatique de poids qui passera par la presse Bolloré, la radio Bolloré, les télés Bolloré, mais aussi par le service public, y compris dans des émissions de divertissement. Bref, le blackout sera total ! Vous vous moquez là Patrick ! Il y a de quoi, non ?

Si tout se déroule comme prévu, jamais Calimero de la liberté d'expression n'aura été si bruyant et objet de censure si exposée. Et surtout, jamais un politique en exercice n'aura bénéficié d'une telle puissance de promotion de la part d'un groupe privé. Éric Zemmour en avait bien profité, c'est vrai, mais il y a trois ans, pour sa campagne présidentielle, Hachette, Europe 1, le JDD n'était pas encore tombé dans l'escarcelle de Bolloré.

1:29
Présentateur

J'en reviens aux gares. Qu'est-ce qui justifie l'interdiction d'affichage ?

1:33
Jordan Bardella

L'article 8.1 des conditions générales de vente de la régie Média Transport, qui ne dépend pas de la SNCF mais du groupe Publicis, il est clair, tout message publicitaire présentant un caractère politique, syndical, confessionnel, est prohibé. Il y a eu, ces dernières années, quelques rares mémoires politiques ainsi exposées, ceux de Ségolène Royal et de Nicolas Sarkozy, mais ils étaient tous deux rangés des voitures, sans mandat ni présidence de parti. Il y eut un refus d'affichage de livres politiques en mars 2022, une bande dessinée consacrée à Éric Zemmour, encore lui, mais pas pour le complimenter.

La BD signée François Durper imaginait ses 100 premiers jours à l'Elysée, c'était Élisée avec un Z à la place du S. Rien d'autre, parce que les éditeurs de livres politiques, faillards comme les autres, ne proposent jamais de telle campagne. La maison d'édition a donc voulu faire un coup, en réservant 581 panneaux de gare entre fin novembre et mi-décembre, pour un coût estimé à 80 000 euros net, et pour un livre sous X, c'est-à-dire sans dire qui en est l'auteur, quand le nom de Bardella a fini par sortir il y a deux semaines. C'était le scandale assuré, le buzz garanti, ce dont Bardella s'est réjoui il y a huit jours au micro d'Europe 1.

Je remercie les syndicats de la SNCF, parce que ça va faire de la pub au bouquin, mais tout cela est presque anecdotique au regard de la machine de vente en place pour ses 324 pages, prix public, 22,90 euros. Encore un mot pour réfléchir à la concentration des moyens de diffusion. Si au lieu de dépendre de Publicis, la régie de la SNCF avait appartenu à Havas, est-ce que le Hachette de Bolloré aurait essuyé un même refus d'affichage de Havas, dont le PDG préside aussi le conseil de surveillance de Vivendi, et qui se nomme Yannick Bolloré ? C'est une question.