Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
InterviewRMC (sur Podcast)· 31 janvier 2024 18 minContradictoireActualité / polémiqueTravail & emploiAgriculture & alimentationÉconomie & entreprisesSolidarités & famille

François Hommeril, président de la CFE-CGC – 31/01

Source d'origine 2 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 60 %Défensif 10 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 92 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:47OuverteRéponse directe

    Est-ce que pour vous, Bruxelles est responsable de tout ou pas ?

  • 2:06OuverteRéponse directe

    Est-ce que c'est la grande distribution ? Est-ce que ce sont les consommateurs ? C'est qui, selon vous ?

  • 3:10OuverteRéponse directe

    Est-ce que pour vous, il y a un risque de contagion sociale ?

  • 3:52OuverteRéponse directe

    Est-ce qu'on est sur un volcan ?

  • 4:28OuverteRéponse directe

    Est-ce que là, vous êtes inquiète de cette situation ou pas ?

  • 6:16OuverteÉludée

    Vous êtes d'accord avec lui ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:12PrésentateurChiffre
    « Il y avait 4 millions d'agriculteurs au début des années 50. Il y en a un peu moins de 400 000 aujourd'hui. »
  • 2:18PrésentateurFait
    « aujourd'hui, vous avez le groupe Casino qui fait faillite. »
  • 2:37PrésentateurFait
    « il y a probablement eu une époque où il y a eu une captation très importante de marge par la grande distribution, par la chaîne de valeur. »
  • 4:04PrésentateurFait
    « On vient de vivre une crise qui a duré plus de 6 mois sur la question des retraites. »
  • 7:41PrésentateurFait
    « Il dit, voilà ce que nous avons fait depuis sept ans, depuis dix ans, est merveilleux, extraordinaire, nous avons des résultats fabuleux, on a créé des millions d'emplois, il n'y a plus de chômage, et on recrée de l'industrie, tout va bien. »
  • 8:35PrésentateurFait
    « C'est cette politique de subventionnement des emplois non qualifiés, qui fait qu'on en a créé tellement qu'on n'arrive plus à aller pourvoir. »
  • 9:50PrésentateurChiffre
    « Le salaire minimum en Suisse, il est de plus de 3 000 francs suisses. »
  • 10:31PrésentateurChiffre
    « la France n'investissait que 2,2% de son PIB en recherche, là où l'Allemagne fait 3-2, et là où la Corée du Sud fait 4-5. »
  • 11:37PrésentateurChiffre
    « les professeurs des écoles, quel que soit le niveau, qui ont perdu en moyenne entre 20 et 40 % de pouvoir d'achat. »
  • 11:57PrésentateurFait
    « La France est le plus mauvais pays de l'OCDE. »
  • 13:35PrésentateurFait
    « Gabriel Attal, dans son discours, explique que ça a été moins pendant un moment, mais comme le SMIC a été relevé, les branches n'ont pas suivi. »

Temps de parole

  • Présentateur72 %
  • Invité politique28 %

1,7 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

BFM Business présente Edwige Chevrion, la grande interview.

0:09
Invité politique

Bonsoir à tous, bienvenue dans la grande interview avec la grande gueule, je vous le disais, du syndicalisme. Bonsoir François Omri.

0:15
Présentateur

Bonsoir, merci pour ce qualificatif.

0:17
Invité politique

Mais c'est assez vrai, vous vous dites en général, vous êtes assez cash, vous êtes président de la CFE-CGC. Beaucoup de questions à vous poser sur le discours de Petit Général hier de Gabriel Attal, où le travail était au cœur de ce discours, avec pas mal d'annonces assez fortes. Vous nous direz comment vous réagissez, surtout on essaiera aussi de se projeter sur la suite. Mais d'abord, par rapport aux agriculteurs, on sent que les taux se resserrent un peu autour de Paris, que Bruxelles, les agriculteurs le rendent responsable de beaucoup de choses. Visiblement Bruxelles qui lâche un petit peu de l'Est. Est-ce que pour vous, Bruxelles est responsable de tout ou pas ?

0:51
Présentateur

Non, sincèrement, je ne crois pas qu'il faille dire ça. Je ne crois pas d'ailleurs qu'il faille désigner de façon simpliste telle ou telle cible. Je crois qu'on a un vrai problème de modèle économique sur la question à proprement parler de la production agricole. Donc de la fourche à la fourchette, comme on dit. A l'évidence, on a un problème qui peut se résumer peut-être à cette phrase. Il y avait 4 millions d'agriculteurs au début des années 50. Il y en a un peu moins de 400 000 aujourd'hui. Une productivité au moins humaine multipliée par 10.

Et finalement, est-ce que les agriculteurs aujourd'hui, qui sont le début de la chaîne de production économique, est-ce qu'ils ont eu une petite partie du gain de cette productivité ? La réponse, elle est non. Ils ne gagnent pas plus, ils travaillent dans des conditions plus dégradées. Donc on a un problème de modèle économique. Et moi, ce que je souhaite, nous ce qu'on souhaite à la CFE-CGC, c'est qu'on examine la globalité du système pour regarder quelle est sa cohérence dans le sens où, dans un modèle économique, tout le monde doit trouver son compte et désigner tel ou tel comme étant le responsable, c'est simpliste.

1:52
Invité politique

Oui, mais enfin, en même temps, vous le désignez à demi-mot, François Mouril, parce que ce ne sont pas les agriculteurs qui vont récupérer la valeur ajoutée, la marge, si vous voulez, il y a bien quelqu'un qui la récupère. Est-ce que c'est la grande distribution ? Est-ce que ce sont les consommateurs ? C'est qui, selon vous ?

2:07
Présentateur

Alors, on a à l'évidence un problème de partage de la valeur. Pour le coup, c'est un sujet d'actualité. Je ne crois pas qu'on puisse dire aujourd'hui que c'est la grande distribution qui consomme toutes les marges. Ce n'est pas vrai. Je voudrais quand même rappeler qu'aujourd'hui, vous avez le groupe Casino qui fait faillite. Des gens qui sont sur le carreau, des milliers de personnes qui vont se retrouver sans emploi. C'est la grande distribution. Donc, visiblement, alors après, je ne veux pas juger la façon dont l'entreprise était dirigée, etc. Il y avait probablement beaucoup à dire.

Mais aujourd'hui, le taux de marge de la grande distribution, pour faire leur pub, mais il faut quand même regarder les chiffres, il y a probablement eu une époque où il y a eu une captation très importante de marge par la grande distribution, par la chaîne de valeur. Aujourd'hui, il faut se poser des questions. Je pense sincèrement que les questions ne sont pas les mêmes suivant la filière, que la question du lait n'est pas la même question que la question du vin.

Mais au final, nous, ce qu'on pense à la CFE-CGC, c'est que quand on précarise une filière, c'est-à-dire quand on considère que ce qui fait la compétitivité de la filière, c'est le coût du revenu qui vient aux personnes qui produisent, eh bien, on plonge dans un gouffre dont on ne ressort jamais.

3:10
Invité politique

Est-ce que pour vous, il y a un risque de contagion sociale ? Est-ce qu'on est assis sur un volcan ? On voit que les agriculteurs, en tous les cas, pour l'instant, ils n'ont pas envie de retourner dans leurs exploitations ou dans leurs fermes. Il y a un sondage BFM TV et Elab qui montre qu'il y a 85% des Français qui soutiennent les agriculteurs et 79% qui estiment que la mobilisation doit continuer. Est-ce que vous faites partie de ces 79% ?

3:36
Présentateur

Écoutez, très franchement, là, pour le coup, je pose un joker parce que moi, je veux revenir vers ma position d'équilibre qui est de dire mais regardons une bonne fois pour toutes dans un format qui est à définir quelle est la problématique qui est posée dans le modèle économique de la production agricole jusqu'à la consommation.

3:52
Invité politique

Est-ce qu'on est sur un volcan ? Oui, mais évidemment. Est-ce que vous voyez un risque de contagion ?

3:58
Présentateur

Mais le risque de contagion, il est évident. Il est évident à tout moment. Le feu peut repartir. On vient de vivre une crise qui a duré plus de 6 mois sur la question des retraites. Or, le sujet n'est pas purgé. Le sujet va revenir. Vous allez me dire, ça n'a pas grand-chose à voir. Ben si, parce qu'en fait, tout a à voir. Parce que ce qui se passe, c'est qu'on ne peut plus définitivement accepter le principe qu'on nous sert depuis 20 ans que le bonheur de tous, c'est la somme des petits malheurs de chacun. Or, on est bercé par ce discours. Et ça, plus personne n'en peut plus.

4:28
Invité politique

Oui, mais est-ce que là, vous êtes inquiète de cette situation ou pas ? Est-ce que vous pensez qu'on peut aller vers un mouvement, le retour des gilets jaunes, même si là, c'est des gilets verts plutôt ? Est-ce qu'il y a le feu, quoi ? Est-ce qu'il y a le feu ?

4:43
Présentateur

Moi, vous savez, je suis le président de la CFE-CGC. Je ressemble à mon organisation et à mes militants. Et donc, je considère qu'en toute matière, c'est la raison qui doit triompher. Et la raison, elle est issue d'un dialogue. D'un dialogue entre personnes qui se connaissent, qui se reconnaissent et qui se respectent. Le problème que nous avons avec, notamment, ce gouvernement, mais on va y venir, c'est qu'il ne nous respecte pas. Il ne considère pas que la vérité dont nous sommes porteurs...

5:09
Invité politique

Gabriel Attal n'a pas arrêté de recevoir tous les leaders syndicaux agricoles, il est vrai.

5:14
Présentateur

Oui, mais c'est très bien qu'il nous reçoive. Il m'a reçu, moi aussi. Mais il ne nous respecte pas au sens où, aujourd'hui, le pouvoir considère qu'il est le seul détenteur de la vérité absolue. Alors ça, ça n'est pas possible, en fait. Ça n'est pas possible parce que chacun, dans son périmètre, détient sa zone de vérité. Et il faut accepter le principe de la confronter, de l'analyser, de sortir vers un consensus. Et donc, toute la rigueur sociale qui existe aujourd'hui, cette tension sociale très forte qui, à tout moment, peut exploser, elle vient de cela.

Elle vient du fait que le pouvoir exerce ses prérogatives, ce qui est tout à fait normal, mais il exerce en méconnaissant les vérités dont nous, nous sommes porteurs et dont nous voulons discuter.

5:53
Invité politique

C'est exactement ce que disait Nicolas Chabanne que j'en recevais. Vous savez, c'est qui le patron lundi, j'en recevais. Il disait, mais voilà, il faudrait qu'on ait des tripartis, avec le dialogue avec les syndicats, avec le gouvernement, les consommateurs aussi. C'est ça qui manque la faculté.

6:07
Présentateur

Au passage, Nicolas Chabanne, que nous, on connaît bien, puisqu'on a travaillé avec lui sur la filière agricole, il a des choses à proposer. Il le fait, oui, oui. Il le fait, et lui, il agit.

6:16
Invité politique

Je ne sais pas si vous avez entendu ce matin le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, qui a dit, je me refuse d'envoyer des CRS sur les gens qui travaillent. Il est hors de question de considérer des gens qui travaillent de la même façon que des délinquants. J'entends la question des deux points de mesure. Vous êtes d'accord avec lui ?

6:36
Présentateur

Je n'ai pas de commentaire à faire. Son commentaire est politique, de toute façon.

6:39
Invité politique

C'est parce que beaucoup de Français se disent, c'est vrai, pourquoi on n'envoie pas plus la police ou l'armée ?

6:45
Présentateur

C'est toujours, moi, au bout du bout de tout ça, il y a des policiers qui font leur métier, qui font leur travail dans des conditions très difficiles et sur qui, de toute façon, on va taper en fonction des ordres qu'on leur a donnés. Moi, c'est ça qui est un peu ma préoccupation. Et j'aimerais au passage que M. Darmanin s'en préoccupe un peu plus.

7:02
Invité politique

Le discours de Petit Général, de Gabriel Attal, prononcé hier, il a beaucoup... Ce qu'on peut dire, c'est que le travail était au cœur de son discours, parce qu'il y a consacré de nombreuses pages. Est-ce que vous vous dites, au moins, c'est bien, il a pris conscience qu'il y avait de nombreux problèmes, parce qu'il a fait plein d'annonces sur lesquelles nous allons revenir, évidemment, sur la désmicardisation de la société française ?

7:26
Présentateur

Moi, je vais vous commenter tout ça. Votre question est fort appropriée, mais je vais vous dire, Gabriel Attal est magique. Et je vais vous expliquer pourquoi. Il est magique. Alors, c'est un petit magicien, c'est un apprenti pour le moment. Le maître magicien, il est à l'Elysée. Mais finalement, il nous fait le même numéro. Et son numéro, il est en trois scènes. La première scène, il dit, voilà ce que nous avons fait depuis sept ans, depuis dix ans, est merveilleux, extraordinaire, nous avons des résultats fabuleux, on a créé des millions d'emplois, il n'y a plus de chômage, et on recrée de l'industrie, tout va bien. C'est l'acte 1.

Acte 2, mais ça ne va pas du tout, les Français sont malheureux, ils se plaignent, on les a smicardisés, etc. C'est scandaleux et je ne peux pas l'accepter. Et acte 3, il dit, puisque c'est comme ça, on va continuer à faire la même politique, qui a ces conséquences-là, et on va le faire encore plus fort et encore un peu plus vite. Vous aurez compris que tout ça est totalement illogique. C'est un peu un syllogisme à l'envers. C'est A égale B, B est différent de C, donc C est égal à A. Ça n'a pas de sens. Et tout le monde l'a compris, en fait. C'est le discours que porte le président de la République depuis le début.

Celui sur lequel nous, nous sommes intéressés en disant, mais on a un vrai problème. C'est qu'aujourd'hui, vous constatez l'appauvrissement de la classe moyenne. Mais c'est votre politique qui a amené à ça. C'est cette politique de subventionnement des emplois non qualifiés, qui fait qu'on en a créé tellement qu'on n'arrive plus à aller pourvoir.

8:40
Invité politique

C'est plus la prime d'activité.

8:41
Présentateur

Et pendant ce temps-là, les gens qui sont plus qualifiés, il n'y a pas d'emploi sur eux. Et pour eux, on leur dit, vous savez quoi ? Vous êtes qualifiés. Vous avez le BTS, vous avez le DUT, vous êtes un cadre au chômage de 50 ans. Vous n'avez pas de boulot. Ce n'est pas grave. Vous allez prendre un emploi moins qualifié. Mais on ne fait pas du développement économique sur ces principes-là. Et on ne fait pas du développement économique en disant, puisque les gens ne veulent pas accepter un emploi qui n'est pas en regard de leur qualification, on va leur taper sur la tête, on va leur enlever les moyens de subsistance, et ils vont être obligés d'y aller.

9:11
Invité politique

Oui, mais alors, juste un point sur le SMIC, parce qu'on va quand même rappeler qu'il y a 17,3% de la population qui est au SMIC. C'est-à-dire, c'est beaucoup plus qu'il y a encore quelques années. Nous avons en France un paradoxe. Je cite le Premier ministre. Nous avons un salaire minimum nettement supérieur à celui de nos voisins, mais nous avons une part de nos travailleurs proches du SMIC beaucoup plus importante que chez eux. C'est aberrant, non ?

9:35
Présentateur

Moi, je n'en sais rien, c'est Gabriel Attal qui a dit ça.

9:39
Invité politique

Oui, il a dit ça hier dans son discours.

9:40
Présentateur

S'il veut préparer une thèse d'économie, qu'il le fasse, mais qu'il soumette ses conclusions à la confrontation et au débat. Ça n'a pas de sens. Moi, je vais vous dire, le salaire minimum en Suisse, il est de plus de 3 000 francs suisses. Que je sache, il y a plus de 25% d'emplois industriels en Suisse. Alors, comment ils font ? Ils sont loin de tous les ports, en eau profonde, et ils arrivent quand même à faire de l'industrie de façon compétitive, avec un salaire minimum à plus de 3 000 francs suisses. Moi, je ne crois pas à tout ça. C'est des considérations macroéconomiques de faible niveau.

Il faut, sur ces sujets-là, faire l'effort d'examiner les filières, les différentes situations, les métiers, et surtout, comment est-ce qu'on tire l'économie vers le haut ? Et on ne tire pas l'économie vers le haut en tirant les emplois vers le bas. Voilà, ce n'est pas compliqué. Je pense que tout le monde peut le comprendre. Dans un même temps, on subventionne la déqualification, et on oublie de subventionner la recherche. La France est le plus mauvais. Comparons-nous. On compare le niveau du SMIC. Eh bien, comparons-nous. Pourquoi est-ce qu'il n'en a pas parlé, Gabriel Attal, dans son discours ?

Pourquoi est-ce qu'il n'a pas dit « Voilà, je suis le Premier ministre, j'ai constaté que la France n'investissait que 2,2% de son PIB en recherche, là où l'Allemagne fait 3-2, et là où la Corée du Sud fait 4-5. » Eh bien, moi, j'ai décidé, il aurait pu le crier très fort pour couvrir le broie, et j'ai décidé de remonter à 3-2, qui est le niveau de l'Allemagne. Et avec ça, on va vraiment changer la donne. J'attends toujours qu'ils le disent. Ça fait des années que je m'époumonne en disant « Mais on ne va pas aller vers le développement économique si on n'aide pas à déployer les emplois de qualité. »

11:06
Invité politique

En même temps, on voit que du coup, avec cette semi-cardisation de la société, en fait, l'État décide, grosso modo, si on prend en plus la fonction publique, grosso modo, d'un quart des salaires en France, voire plus.

11:18
Présentateur

Alors, vous avez tout à fait raison de souligner la situation très catastrophique de la fonction publique. Là, pour être franc, on ne peut pas porter ça au bilan de ce gouvernement-là qui arrive et des gouvernements qui ont précédé. C'est une situation qui est à l'œuvre depuis plus de 20 ans, mais qui aujourd'hui nous amène dans une situation inextricable. C'est que, pour prendre que la situation, par exemple, de la profession la plus nombreuse qui sont les professeurs des écoles, quel que soit le niveau, qui ont perdu en moyenne entre 20 et 40 % de pouvoir d'achat.

11:46
Invité politique

Ils ont été augmentés. C'est pour la première fois depuis je ne sais pas combien de temps.

11:49
Présentateur

Mais ils ont été augmentés de combien ? De 40 %, on les a remis au niveau des autres compétiteurs de l'OCDE. Vous savez que la France est le plus mauvais pays de l'OCDE. C'est deux fois moins que l'Allemagne. Le règlement des heures par élève et par personne.

12:06
Invité politique

Je suis d'accord avec vous, c'est absolument incroyable. Est-ce que c'est la prime d'activité de si cher Emmanuel Macron qui a pollué les systèmes, justement, de cette smicardisation de la société ?

12:20
Présentateur

Évidemment, ça y contribue. Mais vous savez, tous les dispositifs, quand on les introduit, on les introduit toujours pour de bonnes raisons. Oui. Que moi, je suis prêt à soutenir au nom de mon organisation. Effectivement, au moment où on introduit la prime d'activité, disons que c'est un dispositif intelligent, comme toujours. Il permet, effectivement, d'instaurer un différentiel qui permet de rendre compétitive l'offre d'emploi par rapport à quelqu'un qui est indemnisé. Mais, comme tout dispositif, il a son effet pervers. Il crée ce qu'on appelle la trappe à bas salaire quand on l'associe avec le dispositif d'exonération, de cotisation sociale.

Et moi, nous, il nous semble, en tout cas, dans l'analyse qu'on en fait, qu'il faut imaginer des dispositifs d'intervention vis-à-vis des entreprises. Parce que moi, je veux dissiper un malentendu. Nous, à la CFE-CGC, on est pour qu'on intervienne vis-à-vis des entreprises sur le plan économique. Tout le monde le fait, dans tous les pays du monde et y compris en promenieux, probablement les Etats-Unis. Donc, il faut le faire aussi en France. Mais il faut le faire de façon intelligente. Ce qui n'est pas le cas aujourd'hui.

13:16
Invité politique

Est-ce que vous pouvez corroborer ce que disait ce matin Catherine Vautrin, la ménée du travail qui a été chez nos confrères de BFM TV qui a dit que le SMIC ne sera pas supprimé ? Très bien. Il y avait 102 branches qui sont encore en-dessous du SMIC. Ça paraît beaucoup 102 branches, non ?

13:33
Présentateur

En fait, ce que ça veut nous dire, alors, Gabriel Attal, dans son discours, explique que ça a été moins pendant un moment, mais comme le SMIC a été relevé, les branches n'ont pas suivi. Donc, ça interpelle sur un processus qui est un peu technique. Je suis beaucoup intervenu sur le sujet, y compris avec vous. Si vous n'accrochez pas la grille salariale à l'évolution du SMIC qui lui-même est accrochée à l'inflation, inévitablement, vous creusez la grille. Et donc, vous appauvrissez les rémunérations intermédiaires qui sont qui ?

Qui sont les rémunérations de techniciens, d'agents de maîtrise, de cadres débutants qui sont ces personnes qui, dans l'entreprise, prennent sur eux, à travers leur projet professionnel, un projet d'évolution de carrière qui fait évoluer l'entreprise. Si vous ne les motivez pas par une rémunération au niveau de leur investissement, ils vont se démotiver, ils vont faire autre chose. Et il n'y a plus de développement économique derrière. Vous savez, le progrès, c'est rien d'autre que l'addition des volontés individuelles de progresser.

Si vous ne récompensez pas cette volonté de progresser par un salaire, une évolution de carrière proportionnelle à l'investissement du temps, les gens se désinvestissent.

14:30
Invité politique

Comment se passent justement les NAO dans les entreprises ? Est-ce que vous attendez à ce que quand même 2024, ce ne soit pas 2023 ?

14:37
Présentateur

Je pense que c'est très variable. Vous-même, vous l'avez, je pense, très bien commenté. Il y avait en 2023, ou en tout cas dans la NAO constatée en 2023 qui résultait des négociations de la fin de l'année 2022, il y avait une conjoncture économique et puis une forte tension sur la production dans le contexte post-Covid qui, dans le rapport de force, parce qu'une négociation, c'est toujours un rapport de force, d'une certaine manière, a un peu soutenu les positions des salariés. C'est l'inverse aujourd'hui. C'est l'inverse parce que la conjoncture... C'est ce que vous voyez

15:04
Invité politique

parce qu'on va rappeler que vous, vous représentez cadre, agent de maîtrise, justement cette classe moyenne dont parlait Gabriel Attal hier.

15:11
Présentateur

Une catégorie qui s'est beaucoup appauvrie, effectivement. Et donc, il faut constater qu'aujourd'hui, ça a un impact sur la capacité de la nation tout entière à recréer du dynamisme de développement collectif, de développement économique, de développement des entreprises. Parce que les entreprises ne se développent pas si les gens à l'intérieur de l'entreprise ne s'investissent pas dans le projet de l'entreprise. Si vous ne les motivez pas pour cela, ils vont faire autre chose. Parce que c'est logique. Parce que c'est du souci. C'est du travail. C'est de l'investissement. Le fait de s'investir dans le développement de l'entreprise à savoir sa propre carrière.

Si vous n'êtes pas rémunéré pour ça, vous vous fatiguez moins. Je ne dis pas, en disant cela, attention, que les emplois entre guillemets moins qualifiés sont moins fatigants. Ce n'est pas ça la question. C'est que l'investissement, la charge mentale dans la prise de responsabilité est quelque chose qui, effectivement, est très prenant pour les personnes et qui doit être récompensé.

16:04
Invité politique

François Ambril, rapidement, il y a quand même eu dans le discours de Gabriel Attal un gros coup de pression, notamment sur les seniors, en disant qu'il faut absolument qu'on trouve une solution. Puis il a dit et puis, moi je suis prête à mettre l'assurance chômage sous surveillance et puis si la trajectoire financière elle n'est pas bonne, eh bien j'enverrai une autre lettre de cadrage. Vous lui répondez quoi ?

16:25
Présentateur

C'est insupportable ce raisonnement. pour deux raisons. Insupportable. Insupportable. Alors franchement, c'est insupportable. Ça part du principe que les gens qui sont au chômage et qui sont indemnisés, parce qu'ils sont indemnisés, ils ne recherchent pas activement de l'emploi. C'est faux. C'est faux.

16:36
Invité politique

Mais maintenant, il y a 7% de chômeurs et il y a des délisées. La moyenne,

16:40
Présentateur

ça ne veut rien dire en fait. Les gens ne sont pas mobiles aujourd'hui. Vous êtes au chômage à Lille. Vous êtes au chômage à Lille. Vous avez 50 ans. C'est pareil ou non, peu importe. vous avez des charges de famille. Il y a un emploi à Marseille. Dans l'immense majorité des cas, vous ne pouvez pas l'accepter. Donc moi, je parle de gens qui ont un parcours, une forme de qualification, etc. Ce n'est pas si fluide que ça. Ce n'est pas vrai. Tous ces gens-là raisonnent aux statistiques. Vous savez, nous sommes gouvernés par des gens qui pensent que parce que les chasse-neige cette saison ne servent que 6 mois par an, ils font supprimer la moitié. Voilà. Il faut réfléchir par rapport à ça.

C'est compliqué de discuter justement dans ce cadre-là. Et on a ce problème. Et donc, être faux que les gens, parce qu'ils sont indemnisés, mieux indemnisés, ont moins de motivation à retrouver un emploi. Mais ça, c'est en permanence dans le discours. Mais c'est insupportable parce que c'est démontré que c'est faux. Et donc, il faut trouver des solutions adaptées aux situations des gens en les aidant, en fait, à retrouver un emploi. Et une indemnisation correcte, c'est démontré, ça aide les personnes à retrouver un emploi correct.

17:40
Invité politique

Et il faut du dialogue social en tous les cas. Il n'a pas beaucoup prononcé le mot pendant son discours, le Premier ministre. Mais j'espère que quand même, il vous a reçu. Il nous a très bien reçu. Il vous a très bien reçu. C'est un bon point quand même. Merci beaucoup d'avoir été avec nous. Je remercie beaucoup. François Ombril et son chasse-neige, le président de la CFE-CGC.