Audition de Savencia
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Monsieur Jérôme Wolf, directeur général de la banque fromage France de Svancia. Merci à madame Sophie Godet, directrice générale de Savancia ressources laitières en charge de la Montlitier et monsieur Olivier Leuse, directeur commercial donc du groupe Savania. Merci à vous de votre présence.
Euh je vous rappelle la règle de nos commissions d'enquête qui consiste à prêter serment avant d'être entendu. Donc je vais vous demander euh chacun d'ouvrir votre micro. Donc la le petit de lever la main droite et de dire je le jure.
Je le jure. Merci madame. Je le jure.
Je le jure. Merci madame messieurs. Par ailleurs euh si vous avez d'éventuelles déclarations sur des missions, des intérêts apportés à la connaissance des membres de la commission.
Rien de particulier. Rien de particulier non plus. Rien de particulier.
Rien. Merci beaucoup. Donc nous sommes ravis.
Je vous rappelle pas le but de notre commission d'enquête he sur les marges des industriels et des distributeurs. Je pense que vous vous avez bien cerné les périmètres de nos de notre réflexion. Euh donc nous sommes ravis de de vous entendre à ce stade de nos auditions.
Nous sommes je dirais dans la partie maintenant finale et nous avons déjà rencontré un bon nombre d'acteurs industriels des différents secteurs, notamment de l'agroalimentaire mais pas que. Vous êtes Savancia ou plutôt Savancia est un acteur important, incontournable de l'industrie laitière française et internationale. Le 4e acteur laitier français euh présent sur des segments à forte valeur ajoutée, notamment les fromages et les spécialités laitières.
La notoriété de vos marques euh vous donne donc cette position importante et structurante dans la transformation du lait de nos de nos agriculteurs, mais aussi dans les relations commerciales avec la grande distribution. Vous êtes donc un interlocuteur privilégié de l'amont laitier des producteurs. Et en ce sens la question toutes les questions relatives à la sanctuarisation de la matière première agricole, à la manière dont vous rémunérez euh vos votre amont et comment vous redistribuez la valeur ajoutée sera particulièrement intéressante pour nous et nous sommes vraiment à l'écoute de toutes vos vos remarques.
Comment vous construisez donc ce prix payé au producteur et notamment dans un cadre de fluctuation des marchés ? Comment vous assurer une certaine un certain lissage en fait de ces prix ? Et puis question qui nous occupe beaucoup aussi c'est les relations bien évidemment avec les centrales d'achat qu'elles soient nationales mais également européennes et quand je dis centrale d'achat je dis bien évidemment aujourd'hui également centrale de service.
Donc si vous en êtes d'accord je pense que c'est monsieur Wouf qui interviendrait. peut-être pour une première intervention d'une dizaine de minutes maximum. Ensuite, madame la rapporteur, enfin la parole sera donnée à à nos collègues euh pour compléter voilà les demandes.
Donc, vous avez la parole, monsieur Wolf. Madame la présidente, madame la rapporteur, mesdames messieurs les sénateurs, je vous remercie de donner à Svencia l'opportunité de contribuer aux travaux de cette commission d'enquête. Je suis donc Jérôme Vol, directeur général France des activités fromagères de Saventia et j'interviens donc au titre des activités laitières du groupe pour la France.
Je suis accompagné comme nous venons de le voir par Sophie God Maurisso en charge des ressources la tières du groupe et par Olivier Lecuse qui est directeur commercial du groupe. Le sujet ou devant voilà qu'on qu'on vous entende bien et pour l'enregistre. Le sujet que vous examinez aujourd'hui est essentiel.
Il touche à plusieurs enjeux majeurs. Le pouvoir d'achat des consommateurs, la rémunération des producteurs, mais aussi l'avenir de l'industrie agroalimentaire française, sa capacité à préserver des filières alimentaires fortes et compétitives et donc à assurer notre souveraineté alimentaire. Permettez-moi en introduction de rappeler brièvement qui nous sommes et de vous partager nos engagements et et nos convictions.
Saventia est un groupe agroalimentaire familial français né il y a 80 ans en haute marne dans le village d'ilou et depuis l'origine notre vocation est d'entreprendre pour bien nourrir l'homme. Cette vocation exprime une conviction forte qu'il est possible d'entreprendre dans l'alimentation avec exigence, qualité responsabilité, tout en restant profondément ancré dans les terroirs. Aujourd'hui, Svencia commercialise ses produits dans plus de 120 pays et emploie plus de 27000 collaborateurs.
Notre activité repose sur deux grandes filières agricoles, le cacao et celle qui va nous intéresser plus particulièrement aujourd'hui, la transformation laitière. Salvencia, c'est aujourd'hui trois activités. D'une part, la production de produits de grande consommation, notamment des fromages, du beurre, de la crème avec des marques reconnues par les consommateurs tels que Caprice des Dieu, Saint-Moret ou Cœur de Lyon.
Nous développons également des ingrédients nutritionnels pour répondre à des besoins spécifiques dans les domaines de la santé ou de l'alimentation infantile. Nous sommes enfin un acteur important de la restauration et de la gastronomie à travers nos marques Valrona ou Elvir dont les produits sont utilisés par les chefs cuisiniers et pâtissiers du monde entier. Le chiffre annuel de Savensia est de plus de 7,7 milliards d'euros.
La France représente 32 % de ce chiffre d'affaires, 36 % étant réalisé dans les autres pays d'Europe et 32 % dans les autres régions du monde. Saventia est avant tout un groupe familial, français, indépendant, orienté long terme dont toutes les activités reposent sur la transformation de matières premières agricoles. Chaque année, nous collectons dans 45 départements de l'ordre de 3,6 milliards de litres de lait auprès de 6200 producteurs regroupés soit en coopérative, soit en organisation de producteur.
Pour transformer ce lait, nous disposons de 34 lais en France et nous employons en France près de 13000 collaborateurs. 56 % des produits que nous fabriquons dans ces 34ies sont commercialisés en France. Le solde soit 44 % est exporté en Europe et au grand export.
Ainsi, ce sont près de 45 % de l'ensemble des produits laitiers commercialisés par le groupe dans le monde qui sont fabriqués en France. Cet ancrage territorial se traduit par des emplois industriels dans les bassins de vie ruxaux, par des relations étroites avec de nombreux sous-traitants locaux. Nous estimons que notre activité génère de l'ordre de 39000 emplois indirects et par des investissements que nous maintenons chaque année pour moderniser nos outils de production et opérer notre transition écologique.
Ainsi, nous investissons de l'ordre de 100 millions d'euros par an dans nos outils industriels. Ce sont des investissements concrets dans des lignes de production, des capacités de transformation qui permettent à nos usines d'être compétitive et à nos collaborateurs de travailler dans les standards les plus exigeants en matière de sécurité et de qualité de vie au travail. Cet ancrage territorial n'est pas seulement historique, il structure notre développement dans les territoires où nous sommes implantés.
Souvent depuis des décennies, nous travaillons avec les collectivités locales, les chambres d'agriculture et d'autres acteurs publics pour préserver les ressources naturelles dont dépendent directement les activités agricoles et industrielles. Ainsi, par exemple sur notre site d'Azé, dans les prochaines années, nous le raccorderons au réseau de chaleur urbain biomasse de la ville de Château Gontier. Le projet réalisé en partenariat avec la ville permettra de réduire d'environ 30 % les émissions du site.
Notre postulat est donc simple. Une entreprise ne peut prospérer durablement sur un territoire qui s'affaiblit. La vitalité des territoires agricoles, la qualité des ressources naturelles et l'attractivité des bassins de vie sont directement liés à la pérenité de nos activités dont un/ers trouve leur débouché en France.
C'est pourquoi nous portons une attention toute particulière à notre performance dite extrafinancière en matière de décarbonation. Le SBTI qui est un organisme indépendant qui veille à ce que les objectifs définis par les entreprises soient conforme à ce qu'on peut appeler la science du climat. Cet organisme donc a validé en 2025 deux nouvelles trajectoires pour Savencia 1°gr 5 à Horizon 2035 et tendre vers l'ordinate zéro à Horizon 2050.
Cette validation elle atteste de quoi ? Elle tête de la réalité de nos actions sur le terrain. Depuis 2019, l'ensemble de nos sites de production ont réduit leurs émissions de gaz à effet de serre de 24 % sur les scopes 1 et 2 et leur consommation d'eau de 9 %.
Par ailleurs, 84 % du lait que nous collectons provient d'exploitation engagée dans la charte des bonnes pratiques d'élevage. Donc deuxème conviction, sans industrie de transformation forte, il n'y a pas de débouché durable pour la production agricole. Savia entretient une relation de partenariat forte avec le monde agricole depuis sa création.
Comme je vous l'indiquais précédemment, nous travaillons avec 6200 producteurs partenaires en France réunis dans 18 organisations de producteurs ou coopératives. Leur avenir conditionne directement le nôtre. En matière de prix payés, les chiffres témoignent de notre engagement.
En 2025, pour la 6e année consécutive, le prix du lait versé par Savciaia a progressé. Il a atteint un niveau record de 59 € pour 1000 L. C'est 509 509 soit une hausse de 40 % par rapport à 2020.
Savent se situe ainsi parmi les industriels qui rémunèrent le mieux le lait en France. En 2025, nous l'avons rémunéré 2,8 % de plus que le prix de référence qui est le prix de référence agrimaire. Au-delà du prix, nous accompagnons également les producteurs dans la durée avec plus de 3 millions d'euros investis chaque année pour soutenir l'installation de nouveaux éleveurs et la transition environnementale des exploitations.
La durabilité des filières agricoles et alimentaires est une condition de leur compétitivité. Dans ce contexte, l'équilibre des relations commerciales entre producteurs, industriel et distributeur est déterminant. De ce point de vue, les lois égalimes ont constitué une avancée historique.
Elles ont posé un principe fondamental que nous soutenons pleinement. La valeur de la matière première agricole doit être protégée dans les négociations commerciales. Ce principe est juste, il est nécessaire, il a été très protecteur pour les filières pendant un temps et Sentière a été parmi les industriels pionniers dans son application.
Mais aujourd'hui, ce modèle est fragilisé sous l'effet de la concentration du secteur de la grande distribution et de la création de centrales d'achat européenne. Cette restructuration du marché de la grande distribution a pour conséquence de durcir les négociations, de fragiliser les filières agricoles françaises indispensables au maintien de notre souveraineté alimentaire et de menacer l'esprit d'égaliment. Ainsi, dans ce contexte, il semble essentiel de préserver les principes originels des galimes.
La protection de la valeur agricole dans les négociations commerciales doit rester une règle effective. 70 % du lait collecté par le groupe Savania lait en France où nous réalisons près d'un tiers de notre chi d'affaires et produisons près de la moitié des produits que nous commercialisons dans le monde. Deuxièmement, nous considérons qu'il faut revenir à des négociations commerciales plus équilibrées.
Comme vous l'avez vu, nous sommes un acteur français implanté dans les territoires avec nos 34ies. Nous développons un portefeuille de marque locale, forte, des savoir-faires uniques avec des filiales à taille humaine. C'est ce même modèle de développement qui est implanté dans un dans les autres pays où nous opérons.
Par ailleurs, avec un taux de rentabilité de 1,1 % en 2025, en baisse de de 0,4 points par rapport à 2024, nous sommes très très loin des standards de grande multinationale ou autres groupes industriels internationaux décrits lors de précédentes auditions. aussi nous devons pouvoir retrouver et avoir accès à un cadre de négociation approprié à des acteurs industriels reliés directement à l'amont agricole afin de préserver les filières. Le véritable enjeu aujourd'hui n'est pas seulement la formation des prix et la répartition de la marge.
C'est la capacité à préserver collectivement la filière laitière et alimentaire française de façon durable. Conditions indispensable de la compétitivité et de notre souveraineté alimentaire. En conclusion, madame la présidente, madame la rapporteur, mesdames et messieurs les sénateurs, Savcia a été parmi les premiers industriels à appliquer égalime en 2018.
Ce n'était pas une contrainte, c'était un choix, un choix qui s'est révélé juste. Égim a été un bouclier pour les producteurs laitiers sans lesquels notre activité n'existe pas car pour faire de bons produits, nous avons besoin de les collecter à proximité de nos fromageries. La preuve sur les 5 dernières années, la loi conjuguée à l'augmentation des cotations du marché ont permis d'augmenter le prix du lait de plus de 40 %.
Ce résultat tient à un cadre législatif solide. Ce que nous demandons, c'est de sanctuariser ce qui fonctionne. La MPA, la matière première agricole, socle non négociable de tout le reste.
L'option 3, la plus transparente tout en étant la plus protectrice du secret des affaires entre grandes marques et marque de distributeur. Le SRP + 10, seul rempart efficace contre la guerre des prix, la date butoire des négociations parce que sans calendrier, il n'y a pas de règle, il n'y a que des rapports de force. Ce que nous demandons ensuite, c'est de combler les angles morts.
Égim ne peut pas être une loi à géométrie variable. Tout produit issu de la transformation de matière premières agricoles collecté, produit, distribué et consommé en France doit être négocié en France et relevé du cadre d'égalime. Quelle que soit la nature des acteurs, aujourd'hui la restauration h foyer et les grossistes y échappent.
C'est une distorsion de concurrence qui fragilise l'ensemble du système. De la même façon, pour mettre fin aux inégalités dans la fixation des prix, les coopératives doivent entrer dans le périmètre des lois égalimes dans leur ensemble comme le recommande d'ailleurs la Cour des comptes dans son rapport de février 2024 sur la contractualisation dans les filières bovines et laitière. Enfin, nous souhaitons que les négociations commerciales qui concernent le marché français se tiennent en France.
Il n'est plus acceptable que des décisions structurantes pour la filière laitière française soient prise dans des centrales d'achat européennes. Les entreprises de transformation de matières premières agricoles comme Savania doivent retrouver des négociations directes équilibrées avec les distributeurs sans détour. sans contournement.
C'est une question de compétitivité, d'avenir et de souveraineté alimentaire. Je vous remercie pour votre attention. Merci monsieur.
Alors directement la parole à madame la rapporteur en précisant que vous avez fait une demande de H clos donc on se garde euh 14h15 on arrêtera pour passer au 8 clan. Merci. Très bien.
Je vous remercie. Donc votre propos introductif nous a déjà donné beaucoup d'informations et pas mal de chiffres. Je rentre directement dans les questions concernant la marge, mais je vais être amené après à vous demander de repréciser certains chiffres.
Alors, tout d'abord, est-ce que vous pouvez nous détailler l'évolution de vos marges depuis 2020 ? Alors, malheureusement, c'est une évolution qui ne va pas dans la direction que nous avions souhaité. C'est un c'est un affaiblissement hein, puisque si on regarde le ratio du résultat courant sur le chi d'affaire, ce ratio, il a diminué d'environ un point, de 4 points à 3 points.
Et si on regarde le résultat net, euh le ratio, il est passé de 1.5 à 1 point. Donc, on a perdu à peu près 0,5 points.
D'accord. Euh, on parle donc de masse financière extrêmement importante, hein, donc euh d'une perte de pouvoir d'action très significative. D'accord.
Donc 05 points de perte sur la margeette entre 2020 et 2025. C'est ça he et et et avec une accélération entre guillemets de de de de cette déprise entre guillemets à très court terme. À quoi alors souvent les distributeurs parce que maintenant nous avons un peu d'expérience hein dans les auditions et on a entendu beaucoup de distributeurs et beaucoup d'industriels.
Les distributeurs nous disent que vous avez reconstitué vos marges après la période inflationniste. Ça n'est pas ce que semble dire votre propos à l'instant. Est-ce que vous avez Est-ce qu'en 202324 vous avez reconstitué vos marges après la période inflationniste ?
Alors euh on on peut être très très concret hein en 2019 pardon oui 22 23 pardon je sais pas pourquoi j'ai dit 23 24 je très très concret hein 2019 le ratio donc encore une fois du résultat net sur le chiffre d'affaires a était de 1,5 points. Il est tombé en 2022 à un point. Donc on voit bien l'effet de la crise qu'on a traversé à ce moment-là et la difficulté qu'on a eu à passer dans nos tarifs les hausses de coûts très importantes auxquelles on était confronté.
Et en 2025, comme je viens de vous le dire, on était remonté à 1,1 points, c'est quasiment au même niveau que 2022. Donc j'aurais adoré effectivement reconstituer mes marges, mais je continue à les chercher. D'accord.
Ça n'a pas été le cas. Très bien. Bon ben c'est quand même plus clair lorsqu'on dit ça.
J'aimerais que vous nous situiez cette marche en France par rapport à vos activités à l'international. Est-ce qu'il y a une différence ? Alors, il y a une légère différence, hein, mais globalement euh bon, alors d'abord, c'est assez compiré assez compliqué hein de comparer nos marges parce que nos activités entre la France et l'internationale sont pas équivalentes, hein.
Comme je je l'ai expliqué dans le mot proposiminaires, nous avons trois métiers hein pour simplifier hein, le produit grande de consommation, euh la restauration hors foyer, hein, dans ce qu'on appelle le food service premium et puis toute la partie ingrédient. Et il se trouve que euh le mix de ces trois métiers dans les différentes géographies est très différent. Donc euh d'accord comparaison et pas forcément raison, mais une fois que euh on a dit ça euh la rentabilité est légèrement supérieure à l'international par rapport à la France et on voit une dégradation progressive de la rentabilité de la France par rapport aux autres géographies.
D'accord. Très bien. Je vous remercie.
Alors, j'aurais voulu qu'on revienne un peu sur des éléments chiffrés vous concernant concernant votre activité. Vous pouvez me redire combien vous avez de producteurs qui euh qui livrent directement à sa vente. Alors 6200 producteurs 6200 producteurs.
Et ces 6200 producteurs livrent pas uniquement pour l'activité française mais pour toute l'activité. Alors en fait vous importez une partie de cette produ de cette de la production fait avec le lait français et vous exportez on rien du tout. Non non vous exportez mais ça va venir.
Est-ce que vous importez aussi ? Non, mais ça viendra après. Donc j'en profite.
Allez-y, allez-y. Donc vous exportez. Allez, en fait, on naporte quasiment aucune matière première agricole, hein.
Je dis quasiment aucune parce que c'est peut-être 1 ou 2 %. C'est très marginal. Et en fait, pourquoi ?
Parce que soit on apporte quelques produits finis, on vend en France quelques produits, donc là c'est des fromages hein, hollandais, anglais, euh italien, grec. Et donc là effectivement, on a des partenariats avec un certain nombre d'entreprises dans des pays étrangers. On importe ces produits là pour les vendre en France parce que c'est des produits de caractère de ces pays-là mais c'est moins de 2 % de chif d'affaires.
Et pour le reste en 100 % euh du des produits laitiers qu'on commercialisé en France sont fabriqués avec du lait 100 % français. Hm hm. Et et comme je vous le disais, un autre chi d'affaires, c'est 1/ers réalisé en France, mais en revanche à 32 %, j'arrondi, mais 45 % du total de ce qu'on commercialise dans le monde est fabriqué en France.
Oui. Et donc c'estàd que à peu près un produit sur deux qui sort de l'étrie en gros exporté se retrouve à l'export. Exactement.
Très bien. Mais ça reste du lait français qui se retrouve à l'export. Tout à fait.
OK. Très bien. Bon ben c'est plus clair comme ça.
Je vous remercie. Alors, je donc une fois qu'on comprend ça, donc vous nous dites que vous avez essentiellement de la matière première agricole française, que vous produisiez essentiellement en France et que vous négociez et qu'on vous demande de négocier à l'étranger. Nous avons été invités effectivement à négocier à l'étranger.
Alors, qu'avez-vous répondu ? Alors, qu'avez-vous fait ? Alors, je vous demande ça parce que on a eu beaucoup de cas de figure de ces demandes et beaucoup de réponses différentes de la part des des acteurs de l'industrie.
Donc ça nous intéresse de savoir ce que vous avez fait. Alors, je vais me permettre de prendre un tout petit peu de recul. Euh aujourd'hui, on est sur des catégories de produits euh qui sont grosso modo dans 100 % des foyers français.
Euh on est dans un dans une industrie de flux poussé hein ti on contractualise hein Sophie reviendra euh auprès donc de l'ensemble de nos OP et coopératives un certain volume de lait derrière le lait hein il est produit 7 jours sur 7 et donc cela il arrive dans nos dans nos dans nos laisies et donc il doit être transformé immédiatement puisque le lait c'est un produit périssable al effectivement un peu stockable sous certaines formes poud de lait et et et beur comme vous le savez. Mais bon, c'est un produit qu'on doit transformer dans les 48 heures suivant sa collecte pour pour simplifier. Et donc de toute façon, on est contraint d'aller dans une marche en avant de nos usines, enfin ou même du pit de la vache vers le frigo du consommateur.
Il se trouve que l'entonoir, il s'est énormément réduit le point d'accès, hein. Le directeur général d'erta l'a très bien dit il y a quelques jours, hein. 400000 euh producteurs grosso modo en France hein, derrière 23000 entreprises de transformation et trois clients.
Oui, c'est ça. pour simplifier. H donc nous euh on est condamné et pas de manière négative hein.
Euh on on doit travailler intelligemment avec l'Aval et euh il y a pas d'autres solution de toute façon pour nous que de trouver un terrain d'entente avec l'Aval y compris quand il ne reste plus que trois points de négociation. Bon et quand on est invité cordialement effectivement à rejoindre des centrales européennes, vous comprenez bien qu'à un moment de toute façon il est possible effectivement de tenter de discuter mais qu'à un moment il est impossible de s'opposer à un/ers de son chi d'affair et c'est monsieur Daan qui a fait un exposé remarquable je souscris en tout point à tout ce qu'il a dit et notamment au fait qu'on est en dépendance économique. Tout à fait le seuil de dépendance économique, je crois qu'il est à 20 %.
Bah en fait avec nos trois clients, on est en dépendance économique et de toute façon quand bien même on ne voudrait pas traiter par exemple hors de France mais parce que on est en dépendance économique parce qu'on est poussé par ce flux de lait, on n' pas beaucoup d'autres options qu'à un moment de transition. Très bien. Donc pour être clair, cette année, vous avez négocié avec les centrales européennes.
Alors, on a négocié avec deux centrales européennes qui représentent 60 % de notre chif d'affaires et avec une centrale européenne qui vient de se constituer, pour le moment, en tout cas, les négociations se sont faites avec les enseignes en France. Très bien. Alors, peut-être avant qu'on passe à l'attention des négociations commerciales et la manière dont ça se passe, on peut peut-être revenir sur votre on peut peut-être revenir sur l'amont et sur la manière dont vous contractualisez.
Vous nous avez déjà dit beaucoup de choses. Vous nous avez dit les 509 € des 1000 L. Vous nous avez dit les 2,8 % de plus que le prix Agrimèire et cetera.
Donc on a on a compris que vous attachiez de l'importance à la manière dont vous contractualisez avec les producteurs. Est-ce que vous pouvez nous en dire un peu plus ? C'est-à-dire quel type de contrat vous avez, donc des contrats pluriannuels, de quelle durée pour l'ensemble de vos producteurs, pour une partie vous avez enfin vous traitez est-ce que vous traitez tous vos producteurs de la même manière ?
Est-ce que vous avez je sais pas est-ce que ça fonctionne par association d'organisation ? Comment vous tenez compte de l'évolution des coûts de production de vos de vos producteurs ? Bref, et quel indicateur vous intégrez pour arriver à ce 509 € dont on comprend hein que c'est supérieur aux indicateurs.
Mais vous ne faites pas que du lait, vous ne transformez pas que du lait hein, si je me trompe pas. Vous avez des produits de la mer, vous avez des chocolats, vous avez même une offre de charcuterie si je me trompe. Donc c'est juste vous trompez pas. après majoritaire du groupe activité mais effectivement on a quelques activités mais vous avez quelques autres vous avez Bordeaux Chanel si j'ai bien vu enfin quelques autres euh activités donc là c'est pareil comment vous traitez l'amont et comment vous vous contractualisez avec les producteurs alors on va se concentrer si vous voulez bien sur la filière latière qui est la filière très majoritaire chez rappelant également que sur la partie chocolat c'est une activité qui est essentiellement soit une activité de boutique avec des enseignes comme Deuville ou Maison du chocolat ou alors une activité à destination des professionnels des métiers de bouche comme je le disais tout à l'heure.
Oui. Et surtout à l'international et donc très très peu concerné he par le sujet qui nous occupe aujourd'hui. Je vais peut-être laisser Sophie répondre à toutes vos questions sur la Montlétier.
Sophie très bien. Je ne les répète pas, vous les avez en tête. Non, parce qu'elles étaient nombreuses, mais je crois que vous voyez où on veut aller.
Ce que je vous propose, c'est que je démarre et n'hésitez pas à m'interrompre avec toutes vos questions. Donc, comme Jérôme vous l'a dit, euh nous collectons 3,6 milliards de litres de lait en France auprès de environ 6200 producteurs que nous visitons au quotidien. Donc, nous attachons de l'importance également à la proximité avec ces producteurs de lait.
Ces producteurs de lait sont organisés soit en coopérative, soit en organisation de producteur. Nous sommes très attachés à cette approche collective pour justement équilibrer les rapports de force dans la négociation. Ensuite, nous sommes également très attachés à la contractualisation.
Nous avons partie des pionniers aussi bien dans la mise en place des galim mais encore avant égalim à la mise en place de la contractualisation aux alentours de 20112 pour en effet à nouveau construire des relations et dans la durée et également le plus constructive possible parce que comme également Jérôme vous l'a dit nous sommes très conscients de notre interdépendance entre producteur de lait et les donc nous appliquons évidemment la la loi à la lettre donc nos contrats sont au minimum de 5 ans comme le l'indique la loi. Dans les faits, très souvent nous travaillons avec une majorité de producteurs sur plusieurs générations puisqu'il y a une certaine fidélité en fait de des producteurs vis-à-vis de Svencia entre pour les les services qu'on leur apporte notamment sur la rémunération qui est légèrement supérieure à celle du marché. Ensuite, dans cette contractualisation qui est bien négociée également, ça c'est un point qui est important pour nous qui se veut volontairement sur le temps long he par rapport à notre modèle d'entreprise qui est familial et indépendant et également équilibré.
Évidemment compétitif puisque c'est crucial d'être compétitif pour défendre nos positions commerciales et indirectement défendre la une filière laitière forte. En fait, nous avons un cadre contractuel qui est assez large, qui englobe plusieurs sujets comme par exemple la gestion des volumes, comme par exemple la transition agricole et évidemment la partie prix avec une formule de prix. Ces négociations, elles ont lieu structure par structure.
Donc en effet, dans les 18 structures, néanmoins, il y a des grands principes communs. Ce que je vous propose c'est de vous les détailler et ça va répondre, je pense à une partie de vos questions. Donc comment est structuré notre notre formule de prix qui à nouveau se veut volontairement équilibrée et compétitive ?
Elle s'organise en fonction des trois destinations du de nos produits finis. Donc la première c'est la France et ça représente à peu près 40 % de l'util du lait que nous collectons en France. La deuxième partie c'est ce qu'on appelle l'export qui représente 29 % du lait que nous utilisons pour nos produits finis.
Et ensuite, nous avons une troisème partie qui s'appelle les ingrédients et qui représente 31 % du volume que nous collectons. Et donc, redonnez-moi les pourcentages. Donc 40 40 30 29 et 31 pour être précise.
Et donc sur chacune de ces destinations, nous utiliserons des indicateurs pour en effet définir cette formule de prix. Sur la première destination qui est la France, nous utilisons le PGC France. et nous incluons, comme c'est recommandé par Égalim, un navigateur public qui est l'IPMA.
Sur la deuxème partie qui est l'export, en fait nous utilisons le prix du lait allemand qui selon nous et dans le cas de nos négociations représente le mieux les marchés en dehors de la France. Et enfin pour la troisème partie, nous utilisons nous utilisons pardon des cotations marché qui sont celles du beurre et celle de la poudre de lait qui également refaite le mieux en fait les nos marchés destinataires. Donc ça c'est notre formule de prix et elle est encadrée par ce qu'on appelle une clause de négociation qui peut être activée par les deux parties aussi bien les producteurs que la letterie.
Donc nous en l'occurrence si en effet le prix payé s'écarte trop en fait du prix marché et comme prix marché on prend le prix Françain Guimèire qui à nouveau un indicateur public qui représente le prix moyen de l'ensemble des des létr en France qui est publique. Sur la contractualisation, vous ne m'avez pas répondu dans le détail ici sur la durée de la contractualisation. Alors en fait on donc en fait toujours 5 ans pour tout le monde c'est 5 c'est un minimum de 5 ans.
D'accord. dans les faits, on on travaille de façon beaucoup plus longue avec les producteurs quand on regarde sur plusieurs générations et il se trouve que par exemple avec certaines coopératives, on peut avoir également des contrats plus longs. D'accord.
Mais minimum chez vous, c'est 5 ans. Oui. D'accord.
OK. Très bien. Alors, maintenant, je vous propose qu'on rentre peut-être dans le cœur du sujet des négociations commerciales et puis on va commencer par y rentrer avec la matière première agricole.
Est-ce que la matière première agricole euh est préservée et sanctuarisée comme le veut la loi dans vos négociations commerciales ? Est-ce que lorsque vous allez négocier, j'imagine que vous commencez par dire quel est le montant que vous avez payé au producteur, quelle est l'évolution et que donc cette évolution doit être préservée. Est-ce que vous êtes entendu dans cette préservation ?
Alors oui et non. Oui, parce que je pense que l'ensemble des acteurs, y compris nos clients ont bien compris effectivement le cadre réglementaire et donc chacun fait bien attention à afficher une position de principe qui est la sanctualisation de la matière première agricole. Mais la réalité de la négociation, c'est une négociation sur un prix net.
Et donc vous pouvez très bien déclarer respecter la MPA tout en ayant des demandes de déflation très significatives qui de facto battent en brèche Oui. le respect déclaré de la MPA. Donc ce que vous ce que vous me dites là, c'est qu'en fait les euh j'allais dire la négociation qui s'effectue sur la MPI euh va venir impacter la MPA.
C'est ça que vous me dites. On fait semblant de pas négocier la MPA, mais en réalité ce qu'on vous demande ne peut pas tenir uniquement sur la matière première industrielle. C'est-à-dire si je prends les dernières négociations quand on arrive chiffres.
Alors, les chiffres si vous voulez bien, madame la présidente, nousons peut-être attendre le h clos pour les les préciser. Mais on va basculer en h clos alors parce que on n pas non plus énormément de temps puisqueà 15h on est en question gouvernement. Donc je proposé qu'on bascule en h clos maintenant.
Anne-catherine Loisier