Contrat d'engagement pour les jeunes et indépendance de la justice... Le "8h30 franceinfo" de Nicolas Bay
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France Info. Bonjour Nicolas Bé.
Bonjour.
Emmanuel Macron annonce ce matin sur Facebook le lancement en mars prochain d'un contrat engagement jeune. Ce sera proposé au moins de 25 ans, sans formation, sans emploi depuis plusieurs mois. Une allocation qui ira jusqu'à 500 euros par mois en échange de 15 à 20 heures par semaine de formation ou d'accompagnement. Est-ce que vous voyez ça d'un bon oeil ?
La question c'est, jamais autant Emmanuel Macron n'a distribué l'argent public. On voit qu'on est en campagne électorale, il le fait à la fin de son quinquennat, il ne l'a pas fait pendant son quinquennat. Il a serré la vis au maximum, les français ont souffert des décisions qui ont été prises pendant tout le quinquennat. Et là d'un seul coup, en quelques mois, alors que l'argent public se fait normalement très rare, qu'on a une dette publique explosée qui est passée à quasiment à 120% du PIB, on peut continuer à distribuer à distribuer. Mais voilà, on voit très bien que c'est du véritable clientélisme électoral de la part d'Emmanuel Macron.
Il essaye d'acheter méthodiquement les clientèles une par une. C'est extrêmement méprisant pour les français et en l'occurrence méprisant pour les jeunes. Il essaye comme ça de les acheter en disant on va vous distribuer un petit peu d'argent. Le rôle du président de la République, c'est de créer des conditions économiques qui permettent la création d'emplois, qui permettent aux jeunes de trouver des emplois et non pas de vivre d'expédients, de petites allocations comme ça qui seraient distribuées. Et puis à tout moment, les pouvoirs publics pourraient arrêter de les distribuer. C'est à la fois méprisant pour les jeunes et c'est évidemment un modèle économique qui n'a aucun avenir.
Parce que ça va gréver les finances publiques, ce sont des dettes qu'il faudra rembourser dans le futur et ça ne crée pas de l'emploi, ça ne crée pas de richesse.
C'est moins que ce qui était prévu d'ailleurs. Ça a été revu à la baisse, c'était un revenu d'engagement, c'est ce qu'avait promis le chef de l'État.
Oui mais comme toutes ses promesses de 2017 d'ailleurs, il a fait des engagements, la plupart il ne les a pas tenus et aujourd'hui il essaye de faire croire qu'il les tient un petit peu parce qu'on arrive à la fin du quinquennat et qu'il va falloir qu'il présente le bilan. Mais tout ça est assez pitoyable et ça révèle sa manière de faire de la politique, c'est-à-dire en réalité non pas une vision pour le pays à 10, 15, 20 ans pour créer des conditions du développement économique de la France et au service des Français mais simplement faire en sorte que les différentes clientèles électorales ne lui soient pas trop hostiles juste avant l'échéance d'avril prochain.
Nicolas Bé, les jeunes, qu'est-ce qu'il faut faire, ceux qui n'accèdent pas à l'emploi ?
Moi je crois d'abord qu'il faut encore une fois créer les conditions pour les entreprises pour créer de l'emploi. Qu'est-ce qu'il faut ? Il faut à la fois libérer et protéger. Libérer l'initiative économique, baisser les charges, les contraintes, les normes qui pèsent sur nos entreprises, baisser la fiscalité, c'est vrai sur vous. Pour améliorer les pouvoirs d'achat et non pas en distribuant simplement des chèques et par ailleurs également sur les entreprises. Parce qu'aujourd'hui nos entreprises souvent ne sont pas compétitives parce qu'on a 47% de prélèvements obligatoires en France. Donc ça c'est une incitation, il n'y a pas de mesure spécifique en direction des jeunes.
Je suis bien sûr que je suis, Marine Le Pen les a présentées il y a quelques semaines seulement. Nous voulons exonérer d'impôt sur le revenu les jeunes jusqu'à 30 ans. Nous voulons faire en sorte que les jeunes quand ils arrivent sur le marché du travail ne soient pas accablés d'impôts et qu'ils soient incités à l'initiative économique. Donc pas seulement dans le cadre du salariat mais également pour créer des entreprises. Et surtout il faut protéger. On ne peut pas multiplier les accords de libre-échange avec le monde entier, livrer notre industrie hier et ça a tué notre industrie, notre agriculture demain et l'ensemble de tous les pans économiques à une concurrence totalement sauvage.
avec cette logique du système économique mondialisé et puis ensuite pleurer sur le l'air inversé en constatant que nos emplois disparaissent et qu'on n'est plus en situation de fournir des emplois aux jeunes.
Nicolas Bé, justement l'autre gros sujet du jour c'est le Brexit. Emmanuel Macron, pardonnez-moi, a mis sur pause ce conflit sur les licences de pêche, ce conflit qui est né du Brexit, qui pourrit les relations entre Paris et Londres. Est-ce qu'il a eu raison d'attendre ? Est-ce qu'il faut négocier encore ? Est-ce que la France doit tenir tête au Royaume-Uni ?
Mais je crois surtout qu'il ne faut pas avoir peur d'être dans la compétition et éventuellement dans la guerre commerciale. On nous a expliqué pendant des mois que le Brexit est une très mauvaise affaire pour les Britanniques. On se rend compte aujourd'hui que c'est peut-être une très mauvaise affaire pour nous. Parce qu'en réalité la négociation qui a eu 4 ans entre la Commission européenne et le Royaume-Uni a abouti à ce que la question de la pêche soit traitée en catastrophe pendant les dernières semaines. Pourquoi ?
Parce que les Allemands et la Commission européenne se moquaient éperdument de la pêche française et accessoirement de la pêche des autres pays concernés, la Belgique ou les Pays-Bas. Mais donc il doit tenir tête ou pas ? Non mais le résultat c'est qu'on a notre pêche française, notamment Normande, je connais bien le sujet, qui est totalement sacrifiée. Mais on aura moins accès aux zones de pêche que par le passé aux zones de pêche britanniques. Et aujourd'hui on voit bien ce qui se passe, les Britanniques finalement ne mettent pas beaucoup de cœur à l'ouvrage pour délivrer les licences alors que c'est l'engagement qu'ils ont pris pourtant dans le cadre de l'accord du Brexit.
Donc il faut évidemment utiliser les moyens d'attention dont on dispose, mais à ce moment-là il faut sortir à l'encore du modèle du libre-échange. Les Britanniques font 90% de l'exportation de la pêche sur le marché européen. Et bien à ce moment-là on leur a donné la possibilité d'accéder au marché européen sans droit de douane ni quota. Ils ont finalement eu tous les avantages sans les inconvénients. Ils sont plus contraints par le droit européen, plus contraints par les décisions d'accord de justice.
Et bien il faut dire que si jamais, et bien si les Britanniques n'honorent pas leur engagement à l'égard des pêcheurs, que ce soit des pêcheurs Normand, Picard, et bien à ce moment-là, il faut restreindre la possibilité d'accéder au marché européen pour la pêche britannique.
Sauf que là il y a là des entreprises qui risquent ensuite d'attendre leur livraison, qui risquent aussi de couler, ça risque de faire perdant perdant.
Et bien c'est pour ça que si les Britanniques sont raisonnables, ils vont délivrer les licences de pêche comme ils s'y sont engagés. Mais on voit bien, on avait pourtant comme négociateur du Brexit, Michel Barnier, qui était ministre de l'agriculture et de la pêche, et qui connaît bien le sujet, mais qui a été finalement pied et poing lié dans le cadre de la Commission européenne. Et la Commission européenne, évidemment, si on compte sur Mme von der Leyen pour défendre les intérêts des pêcheurs normands ou des pêcheurs des Hauts-de-France, et bien on risque d'attendre encore longtemps.
Et finalement on paye au prix fort le fait d'avoir tout fait d'abord pour éviter que le Brexit ait lieu, et ensuite d'avoir tout fait, on ne voulait pas respecter le choix du peuple britannique, et ensuite on a fait un accord qui finalement est très avantageux pour le Royaume-Uni, puisqu'il lui donne tous les avantages du marché européen, sans aucun des contraintes et des inconvénients.
Et donc ce Brexit était une mauvaise chose finalement.
Pour les Britanniques c'est une très bonne chose. Oui, mais pour nous c'est une mauvaise chose. Et bien, parce qu'on n'a pas été capable de négocier une relation qui fait que les Britanniques auraient eu des inconvénients à sortir. Donc nous avons intérêt nous à rester au sein de l'Union Européenne, pas de Brexit. En réalité la question qui se pose avec le Brexit... Vous êtes d'accord avec ça ou pas ? Non, moi je pense qu'il faut tout changer dans l'Union Européenne, du sol au plafond. Le fonctionnement qui doit être plus démocratique, et les orientations politiques, parce qu'aujourd'hui ça aboutit à une sorte d'impuissance collective. Mais ne pas sortir ?
Non, pas nécessairement sortir, si on est capable de la réformer de fond en comble. Aujourd'hui, vous savez, il y a beaucoup de pays qui veulent un changement profond. Quand vous avez 12 pays européens par exemple, qui veulent que la Commission enfin finance les frontières extérieures, c'est-à-dire des murs qui protègent les frontières Schengen. Eh bien, on voit qu'il y a une volonté de beaucoup de pays de ne plus avoir une Union Européenne qui est ouverte à tous les vents de la mondialisation, et en l'occurrence à tous les vents de l'immigration. Bon, mais encore faut-il que ça se traduise concrètement par des décisions.
La Commission Européenne aujourd'hui, elle a tous les pouvoirs dans l'Union Européenne. Elle a l'initiative législative, elle a le contrôle à postériori, elle émet les directives, elle participe au processus législatif, mais c'est l'institution européenne qui est le moins légitime, puisque ce sont des commissaires européens que personne n'a élus et que personne ne connaît. C'est ça qu'il faut changer.
Nicolas, on continue à en discuter ensemble. Il est 8h40, c'est l'heure du Fil Info avec Louise Buyens.
C'était une promesse du gouvernement. Jusqu'à 500 euros seront versés chaque mois aux 16-25 ans s'ils suivent une formation. C'est le principe du contrat d'engagement présenté aujourd'hui par le Premier ministre, mais dans une version bien moins ambitieuse qu'annoncée cet été. Le nombre de bénéficiaires et de budgets accordés sont divisés par deux. Les violences sexuelles au cœur des débats pendant la conférence des évêques de France, qui démarre aujourd'hui à Lourdes. Et puis, c'est une information France Info. Un mois après la publication du rapport sauvé, la parole des victimes continue de se libérer. Plus de 200 nouveaux témoignages ont été transmis.
Avant une nouvelle réunion prévue jeudi, la France suspend sa menace de sanctions au sujet de la pêche post-Brexit. Elle devait entrer en vigueur aujourd'hui, mais Paris attend de nouvelles réponses britanniques. Preuve de la situation très critique dans les hôpitaux depuis la crise sanitaire, les urgences de Laval en Mayenne ont rouvert il y a quelques minutes après une soirée et une nuit de fermeture en raison du manque de personnel soignant.
France Info Le 8.30 France Info Jean-François Aquili, Marie Bernardo
Nicolas B, vous avez l'œil sur la COP26. Emmanuel Macron à Glasgow a appelé les plus gros émetteurs de gaz à effet de serre à rehausser leurs ambitions pour limiter la hausse de la température de la planète. J'espère que vous approuvez l'appel sur le principe.
Oui, mais il ne sera pas suivi des faits. Et puis en réalité, il faut être clair avec la politique qu'on mène. Oui, non mais d'abord, il ne faut peut-être pas avoir que la seule question du carbone, de l'émission de CO2, comme grille de lecture exclusive. D'ailleurs, je note quand même avec un certain amusement, et que finalement, ceux qui ont fait la guerre au nucléaire pendant 30 ans sont ceux-là même aujourd'hui qui ne nous parlent que du CO2. Or, le nucléaire, c'est une énergie qui est à la fois peu chère et qui est totalement décarbonée. Donc là-dessus, vous êtes en accord avec Emmanuel Macron. Oui, d'accord, mais sauf qu'Emmanuel Macron, qu'est-ce qu'il a fait ? Il a fermé Fessenheim.
Et en fermant Fessenheim, on se retrouve dépendant d'autres sources d'énergie, notamment au moment des pics de froid, puisqu'on n'est plus capable de produire l'électricité nucléaire. Et du coup, on fait appel à l'Allemagne qui produit avec des champs centrales à charbon. Est-ce que vous savez, Jean-François Aquili, quel est le premier site industriel européen qui émet le plus de CO2 ? Eh bien, c'est la mine d'Ambach, en Rhénanie du Nord, en Oestphalie. D'où l'intérêt d'appeler les pays à rehausser leurs ambitions. Les Allemands ont supprimé leurs centrales nucléaires.
Et du coup, aujourd'hui, ils font tourner à plein régime des centrales à charbon avec une mine d'extraction de lignites à ciel ouvert. Donc, c'est une aberration. Il faut évidemment sortir de ce schéma-là. D'abord, il faut peut-être arrêter d'être dans la logique de l'économie totalement mondialisée, parce qu'on a supprimé nos industries en Europe, qui étaient pourtant souvent les moins polluantes du monde. Elles ont été délocalisées à l'autre bout du monde, notamment en Asie, où là, comme les normes sanitaires et surtout environnementales ne sont pas les mêmes et sont moins exigeantes, eh bien, on pollue énormément.
Et on ajoute à cette pollution industrielle la pollution du transport et pas seulement l'émission de CO2, mais également la pollution au souffle, par exemple, avec les 50 000 super-tankers qui sillonnent la planète. Et que fait le Rassemblement National pour ça ? Eh bien, nous, ce que nous défendons, c'est la relocalisation des activités. C'est-à-dire sortir du schéma qui consiste à faire un paquet et ça dépend des activités. C'est ce que dit aussi Emmanuel Macron, la relocalisation. Il fait le contraire. Il fait le contraire. Même pendant le confinement, même pendant la pandémie, eh bien, on a continué à signer des accords de libre-échange avec le monde entier.
Et avec la bénédiction d'Emmanuel Macron, qui ne s'y est jamais opposée. Alors, il a temporairement mis un coup d'arrêt à l'accord de libre-échange avec le maire Caussure, mais c'est très bien que finalement, il le fera. Et ça tuera notre agriculture demain, comme on a tué notre industrie hier. Mais donc, la relocalisation des activités humaines est absolument indispensable pour diminuer, justement, la pollution mondiale. Mais qu'on arrête de culpabiliser nos compatriotes. Parce que finalement, on voit très bien le message qui est derrière tout ça. C'est de dire aux Français, vous polluez trop.
Mais en réalité, c'est le modèle qu'ils ont créé, et notamment ceux qui interviennent à Glasgow, c'est leur modèle économique qui pollue la planète et qui menace notre écosystème naturel.
Nicolas Baillien, en Europe, des parias. Victor Orban à la tête de la Hongrie. Marine Le Pen s'est rendue en Hongrie, reçue en grande pompe par Victor Orban. Pour quoi faire ?
Il n'y a pas des parias. Il y a des chefs d'État et de gouvernement qui ont la légitimité démocratique. Et Victor Orban est le chef de gouvernement qui dispose de la plus large légitimité démocratique de tous les pays européens. Puisque c'est lui qui obtient les meilleurs résultats. Et qui est en conflit avec une partie de l'Europe. Et évidemment, il est en conflit avec la Commission européenne. Parce que la Commission européenne, au lieu de s'occuper des domaines de compétences que les États ont délégués en vertu du traité de Lisbonne à la Commission européenne, elle se mêle de tout.
Donc elle veut s'occuper de la réforme de la justice, elle veut s'occuper des politiques familiales, elle veut s'occuper des politiques fiscales. Bref, elle cherche des poux à Victor Orban. Pourquoi ? Parce qu'en réalité, il est aujourd'hui un peu le porte-étendard d'une autre Europe. Une Europe des nations qui respectent les souverains internationales. D'où cette visite de Marine Le Pen.
Ce n'est pas un président autoritaire, Victor Orban ?
Mais non, mais c'est d'abord un Premier ministre. C'est un Premier ministre. Et ensuite, je ne vois pas... Est-ce que vous êtes déjà allé en Hongrie et vous avez analysé la situation politique en Hongrie ? Il y a plus de pluralisme médiatique, par exemple, en Hongrie qu'en France. Mais vous ne souhaitez pas... La justice hongroise est plus respectueuse de la séparation des pouvoirs qu'en France.
La candidate du Rassemblement national ne souhaite pas être reçue à Berlin, à Rome, à Madrid.
Je pense que le Fremont-Bolotier, vous savez, elle a eu l'occasion d'être reçue en quelques jours. Les autres pays, les petits pays européens. Elle a été reçue, par exemple, par le Premier ministre polonais, il y a quelques jours, par le Premier ministre slovéne, qui assure actuellement la présidence de l'Union européenne. Vous l'avez dit à Budapest, où je l'accompagnais en début de semaine dernière. Donc, bien sûr, qu'elle multiplie les relations...
Quel est le message d'être reçu par Victor Orban ? Pourquoi là, précisément ?
Eh bien, le message, c'est de dire que notre volonté de construire une Europe des nations, ce n'est pas simplement un slogan, ce n'est pas simplement un vœu pieux. Ça peut se traduire très concrètement demain, surtout si nous gagnons la présidentielle en avril, parce qu'aujourd'hui, il y a de plus en plus de pays qui sont d'accord avec cette vision-là. On voit bien qu'on a abouti... On a été toujours plus loin dans le fédéralisme européen. Aujourd'hui, on aboutit à un véritable État centralisé bruxellois, qui s'accapare les pouvoirs, qui confisque les pouvoirs au détriment des peuples.
Eh bien, aujourd'hui, il y a de plus en plus, y compris par les partis au pouvoir, et puis aussi des partis qui arriveront au pouvoir dans certains pays, qui veulent une autre Europe.
Puisque vous évoquez la présidentielle, évoquant celui qui vous aura précédé chez Victor Orban, à savoir Éric Zemmour, question inévitable, quelle est votre stratégie pour contrer cette vainque qui vous a rattrapé désormais ?
Écoutez, il y a une concurrence dans le camp des patriotes, pour dire les choses simplement, comme ça peut exister dans d'autres familles politiques. On verra si elle s'installe. Vous savez très bien, vous avez suffisamment d'expérience, Jean-François qui dit, vous savez qu'à six mois d'une échéance, à la fois les sondages et l'affiche annoncée des seconds tours, il faut la prendre avec beaucoup de prudence. Mais qu'est-ce que vous en dites de cette concurrence ? Vous vous souvenez que six mois avant, en 2017, c'était Alain Juppé qui était élu président de la République à coup sûr. Et trois mois avant, c'était François Fillon à coup sûr.
Personne ne dit que ce monsieur sera élu, il n'est pas encore candidat. Qu'est-ce que vous en dites de cette concurrence ? Est-ce que selon vous, c'est un phénomène médiatique qui va s'essouffler, ou est-ce qu'il y a une sorte de consolidation ?
Écoutez, moi je ne suis pas un analyste de la sociologie, des électorats. Non, je dis simplement une chose, c'est que ce qui est important, c'est que si on n'est pas en situation d'être rassemblés dès le premier tour, il faut au moins aujourd'hui créer les conditions du rassemblement au second tour pour faire battre Emmanuel Macron. Il faut que le camp des patriotes soit rassemblé au second tour. Ça veut dire quoi ? Tout ou tard, il faudra qu'on soit rassemblés.
Aujourd'hui, en réalité, depuis 4 ans, tous les sondages, à une ou deux rares exceptions, ont indiqué que Marine Le Pen était en situation non seulement d'être au second tour, mais peut-être de l'emporter, parce qu'on a des sondages à 47, 48, 49, on est dans la marge derrière. Si d'aventure, c'est l'inverse. Je ne sais pas, au hasard, en janvier, il est devant. Vous faites quoi ? Écoutez, moi je n'y crois pas du tout, mais encore une fois, ce qui est important, c'est d'éviter d'avoir 5 années de plus avec Emmanuel Macron à l'Elysée. Mais il faut que le camp des patriotes, des nationaux, gagne. Mais je ne crois pas du tout qu'on soit dans cette configuration-là. Je suis votre raisonnement.
En revanche, je pense qu'il est très important de ne pas multiplier les petites attaques inutiles et stériles et polémiques entre patriotes, parce qu'il faudra être capable de se rassembler au second tour et donc créer les conditions dès maintenant.
Vous êtes d'accord avec lui surtout ?
Non, pas forcément sur tout. Il a sa sensibilité, sa personnalité, mais à l'évidence, sur le constat, nous sommes d'accord sur beaucoup de choses.
De quoi ? Le déclin français est lié uniquement à l'immigration massive ?
Pas uniquement, mais en large partie. Donc vous êtes d'accord avec lui ? Aujourd'hui, l'invasion migratoire que subit la France et que subissent d'autres pays européens est sans doute l'un des sujets majeurs que le Rassemblement national a toujours dénoncé. Sur le maréchal Pétain, vous êtes d'accord avec Éric Zemmour aussi ?
Non, mais vous n'êtes pas forcément d'accord avec tout ce qu'il dit, mais sur la question de l'immigration, parce que c'était votre question, on est d'autant plus d'accord qu'on a une petite antériorité sur ce sujet, si vous me permettez, parce que ça fait en réalité 50 ans que notre mouvement politique dénonce ce phénomène migratoire, mais il ne faut pas simplement dénoncer, il ne faut pas simplement faire le constat, il faut aussi et surtout apporter des solutions. Sous Emmanuel Macron, on a 2 millions de personnes qui sont entrées légalement en France, sans parler des clandestins, et bien il faut que ce soit le contraire pendant le quinquennat suivant.
Nicolas, avec nous pour évoquer notamment la présidentielle. 9h10, Louise Buyens pour le Filinfo.
Les évêques de France, face à leur responsabilité depuis Lourdes, où ils se réunissent toute la semaine pour leur conférence annuelle, ils vont réfléchir notamment aux suites du rapport sauvé sur la pédocriminalité dans l'Église. Au menu des discussions, l'épineuse question des indemnisations des victimes. Près de 20 milliards de dollars débloqués pour stopper la déforestation et la destruction des sols d'ici 2030. L'accord en passe d'être signé aujourd'hui à la COP26 en Écosse par plus de 100 pays. Une promesse simplement décalée et qui aurait dû entrer en vigueur en 2020, dénonce l'association de protection des forêts Canopée.
Son témoignage est attendu pour mieux comprendre le contexte à l'Élysée quand les sondages étaient commandés sans appel d'offres. Nicolas Sarkozy est entendu comme témoin cet après-midi au tribunal correctionnel de Paris. Protégé par l'immunité présidentielle, l'ancien chef de l'État ne risque rien dans cette affaire. Au procès des attentats du 13 novembre, la parole est aux accusés. Cette semaine, ils sont questionnés sur leur parcours et personnalité. Quatrième journée de la Ligue des champions en foot et l'île se déplace sur la pelouse du FC Séville avec l'espoir de se qualifier pour les huitièmes de finale. Coup d'envoi du match à 21h.
France Info Le 8.30 France Info Jean-François Aquili, Marie Bernardo
Nicolas Bay, député européen du Rassemblement National, je rappelle que vous êtes le porte-parole de la campagne de Marine Le Pen. C'est l'opinion ce matin qui révèle qu'Éric Zemmour aurait dépassé la barre des 250 parrainages. L'opinion qui rappelle le décompte du Figaro qui vous situe à peu près à 285 parrainages. Je ne sais pas si vous confirmez ce chiffre. Non, je ne confirme pas. Pourquoi ?
Vous savez, le Rassemblement National dispose de plus de 300 élus. Donc en réalité, on ne peut pas être à moins que ce chiffre.
Vous êtes au-delà des 285 évoqués par le Figaro ?
Évidemment, puisque nous avons des conseils. Vous avez les 500 parrainages ? Non, à l'heure où nous ne parlons pas encore, mais il n'y aura pas de difficulté pour les obtenir. Mais nous avons environ 250 conseillers régionaux, une trentaine de parlementaires, une dizaine de maires. Donc en réalité, on est bien au-delà de ce chiffre.
Vous n'êtes pas inquiet. L'opinion évoque ce matin l'entourage du non-candidat Zemmour, il faut l'appeler comme ça, qui rappellerait tous les maires qui avaient parrainé Marine Le Pen et Nicolas Dupont-Aignan. But officieux, dit l'opinion, empêchait que l'un d'entre eux ou les deux puissent être sur la ligne de départ. Il y a une concurrence ?
Il peut y avoir une concurrence, mais encore une fois, ce n'est pas une difficulté pour nous. Vous le savez ou pas ? La question des parrainages, même s'il faut mobiliser, en effet, les maires... Ma question, est-ce que vous êtes au courant de cette tentative de détournement des parrainages ? Ce n'est pas une question de détournement. Chaque candidat est libre de solliciter tous les maires, ou certains maires en particulier. Ça fait partie de l'exercice.
Ce qu'il faut éviter, c'est que cette règle des parrainages, qui avait pour objectif initial, en tout cas, d'éviter les candidatures folkloriques, aboutisse aujourd'hui à empêcher des candidatures qui ont une certaine légitimité, à un certain point électoral. Et c'est évidemment une inquiétude, parce qu'on voit qu'en diverses occasions, lors des présidentielles précédentes, on a eu des candidats parfois un peu folkloriques qui finissaient par obtenir les parrainages.
Et le risque pour certains candidats, qui représentent un courant d'opinion très important, de ne pas être candidat, ou en tout cas d'être entravés considérablement dans leur campagne, parce qu'obligés de mobiliser des moyens considérables pour ça.
Mais qu'est-ce que vous dites qu'il faut l'enlever, cette règle des parrainages ?
Je pense qu'il faudrait au moins assurer l'anonymat des maires. Ce serait...
Mais quand on est élu, on peut avoir le courage, entre guillemets, de soutenir un...
On voit bien que cette règle, aujourd'hui, finalement, elle est une entrave aux libertés de candidature. Moi, je suis attaché à un vrai débat démocratique, et nous n'avons peur d'aucune compétition et d'aucune concurrence. Il faut que toutes les candidatures qui expriment un courant d'opinion un peu significatif puissent être présentes au premier tour de l'élection présidentielle. Et puis après, il y a un second tour, évidemment, pour le choix définitif. Mais il ne faut pas... On a une crise démocratique extrêmement profonde en France. Et Emmanuel Macron ne l'a pas exorbé, c'est le moins qu'on puisse dire. On n'a pas de vrai mécanisme de démocratie directe.
Il n'y a pas de mécanisme de référendum. Et on a une démocratie représentative qui est très malade. Pourquoi ? Parce que sur les 27 pays européens, on est le seul, le seul, à avoir un mode de scrutin majoritaire.
Qu'est-ce que vous soumettez à un référendum, par exemple, aujourd'hui ? Beaucoup de sujets.
D'abord, Marine Le Pen l'a proposé, un référendum sur l'immigration, sur la politique d'immigration, sur le code de la nationalité, pour le réformer totalement. Vous savez, à chaque fois que les Français ont été interrogés par référendum, la dernière fois, c'était en 2005, c'est-à-dire que ça va faire bientôt 20 ans, le vote a été totalement piétiné. Et sur les grands sujets, jamais les Français n'ont d'autres occasions de s'exprimer. On subit, par exemple, une politique d'immigration de masse depuis 40 ans, sans que jamais les Français aient la possibilité de s'exprimer. Et s'ils s'étaient exprimés...
Et s'ils s'étaient exprimés sur quoi ?
Quelle est la question du référendum ? On ne veut pas avoir 400 000 personnes qui entrent chaque année en France. Et qui aboutissent aujourd'hui à un véritable emplacement de population. Voilà, par exemple. Et si on avait demandé aux Français leur avis, vous le savez très bien, tout le monde le sait très bien, ils auraient dit maintenant on arrête. On arrête cette politique.
Nicolas, vous avez évoqué à l'instant des candidatures folkloriques. Est-ce que vous diriez que celle de M. Zemmour l'est ? Est-ce qu'elle est folklorique à vos yeux ? Et Anne Hidalgo, la maire de Paris, a-t-elle raison de le traiter de guignol ?
Elle, en tout cas, elle a l'air de plus en plus folklorique. En tout cas, elle a l'air de perdre totalement son calme et son sang-froid. Je ne sais pas si c'est des sondages qui créditent sa candidature de score modeste qui aboutissent à ça. Mais enfin, elle est insultante à l'égard de ses concurrents. Insultante d'ailleurs à l'égard des journalistes et de leurs questions. J'ai été quand même assez frappé de voir son comportement sur les plateaux ce week-end. Mais peu importe, ça me concerne... Donc vous voulez au secours de votre concurrent direct ? Non, je dis simplement que toutes les candidatures doivent pouvoir exister et que le débat démocratique doit avoir lieu.
Et ensuite, la campagne montrera les différences entre les uns et les autres. Et c'est normal. Et les Français ensuite décideront. Mais qu'on n'essaye pas de limiter les possibilités de candidature parce que c'est extrêmement malsain. Et on a, encore une fois, une démocratie qui est déjà très malade.
Une question hors contexte de l'élection présidentielle. Nicolas Sarkozy convoqué comme témoin à la barre au procès des sondages de l'Elysée. C'est pour vous un traitement normal ? Y a-t-il acharnement, comme le disent ses amis ? Ou y a-t-il encore un risque d'affaissement de la fonction présidentielle ? Quel est votre regard là-dessus ?
Écoutez, nos désaccords avec Nicolas Sarkozy sont suffisamment connus pour qu'on ne soit pas soupçonné d'une grande bienveillance à son égard. Mais ce qu'on voit, le concernant, mais pas seulement d'ailleurs, c'est qu'aujourd'hui, s'érige un véritable pouvoir des juges, très peu légitime, qui essaye de limiter le pouvoir de ceux qui ont malgré tout la légitimité démocratique, c'est-à-dire ceux qui ont été élus ou qui sont élus. Et ça, c'est évidemment très inquiétant. Et voir que l'immunité présidentielle est balayée d'un revers de main, par exemple, ça n'est pas rassurant.
Et on voit bien aujourd'hui qu'il y a que la justice s'érige en contre-pouvoir et avec une instrumentalisation politique. On a eu de très nombreux exemples ces dernières années.
Donc, changer la justice à vos yeux ?
Je pense qu'il faut mettre en œuvre des mécanismes qui permettent de garantir l'indépendance de la justice, parce qu'aujourd'hui, c'est une devise, c'est quelque chose qui est professé, qui est annoncé, mais il n'y a pas de vrai mécanisme pour garantir efficacement cette indépendance de la justice. On sait très bien qu'il y a des syndicats d'extrême-gauche, comme le syndicat de la magistrature, qui apaisent 20 ou 25% des magistrats aux élections professionnelles et qui sont dans une démarche politique. Ils ne s'en cachent pas. Ils se prononcent pour ou contre certains candidats aux élections et ils défendent une vision politique et politisée de la justice.
Et ce sera le mot de la fin. Nicolas, merci beaucoup d'avoir accepté l'invitation du 8.30 France Info, ce matin député européen du Rassemblement National, porte-parole de la campagne de Marine Le Pen.
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Nicolas Bay