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InterviewC à vous (sur YouTube)· 12 septembre 2023 5 minContradictoireMixteDéfenseInstitutions & élections

Guerre en Ukraine : la position d’Alain Juppé - C à vous - 12/09/2023

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 70 %Attaque 10 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 67 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:00OuverteRéponse directe

    Est-ce que vous continuez de croire que la politique peut améliorer les conditions de vie ?

  • 0:57OuverteRéponse directe

    Quel est l'avenir de la modération en politique ?

  • 2:03RelanceRéponse partielle

    Si la modération est menacée, ça nous amène droit vers quoi Alain Juppé ?

  • 2:15OuverteRéponse directe

    A-t-on bien compris que l'invasion de l'Ukraine par la Russie n'était pas seulement une tentative de conquête territoriale ?

  • 4:20FerméeÉludée

    Est-ce que l'entrée de l'Ukraine dans l'OTAN favorise la paix ou pas ?

  • 4:44OuverteRéponse partielle

    Comment sortir aujourd'hui de ce conflit ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:38Invité politiqueFait
    « Vous écoutez Poutine, qui part en guerre contre la décadence de l'Occident »
  • 3:28Invité politiqueFait
    « il y a un vrai débat entre les démocraties et les dictatures »
  • 3:36Invité politiqueFait
    « L'espace des démocraties sur la planète se réduit de plus en plus »
  • 5:09Invité politiqueFait
    « lorsque Poutine cessera d'agresser ses voisins et de violer le droit international »

Temps de parole

  • Alain Juppé68 %
  • Présentateur13 %
  • Invité12 %
  • Invité 26 %

5,5 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small3.2:24b · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Est-ce que vous continuez de croire que la politique, les politiques, peuvent améliorer les conditions de vie de leurs concitoyens ? Parce que le procès, il y a un procès régulier d'impuissance qui est fait aux élus et aux responsables politiques.

0:11
Alain Juppé

Vous avez vu que dans la fin de mon livre, j'essaye de dire ce à quoi j'ai cru durant tout ce parcours. J'ai cru à la noblesse de l'engagement politique et j'ai cru à la capacité de faire. On ne peut pas changer la vie. Ceux qui prétendaient changer la vie, on sait ce que ça a donné au nom de certaines idéologies funestes. Mais on peut améliorer les choses. On peut faire des choses. Mon exemple, et c'est ça dont je suis fier aussi et dont je parle très abondamment dans mon livre, c'est ce que j'ai fait dans mes mandats municipaux, dans le 18e arrondissement de Paris, où je crois que j'ai changé un certain nombre de choses.

Et à Bordeaux, il y a une espèce de consensus qui s'est établi dans cette ville pour dire que, pas uniquement grâce à moi, grâce au travail d'une équipe, la ville a complètement été transformée en l'espace d'un quart de siècle. Donc voilà, on peut faire des choses. Et je crois que les hommes politiques ne sont pas, contrairement à ce qu'on dit, impuissants.

1:00
Invité

– Quel est l'avenir de la modération en politique ? Puisque vous faites le chantre de la modération. Vous concluez d'ailleurs par une citation de Jean Birnbaum et de son éloge de la nuance. Vous revendiquez de cette filiation, de cet état.

1:17
Alain Juppé

– L'avenir de la modération est très compromis. Nous sommes dans un monde d'exagération, d'hystérie, si je voulais faire chic, je dirais du bris, pour parler grec. Et je trouve que c'est tout à fait regrettable. Birnbaum dit « Rien de plus radical que la modération ». C'est très facile de s'emporter, de perdre son sang-froid, de gueuler sur les ondes ou ailleurs, ou à l'Assemblée nationale. Il n'y a rien de plus facile. Montesquieu le dit déjà dans l'esprit des lois, rien de plus facile que de monter aux extrêmes.

En revanche, garder son sang-froid, essayer de réfléchir, peser le pour et le contre, laisser passer la nuit qui porte conseil, savoir que la colère n'est pas bonne conseillère, les vieilles maximes sont utiles, ça c'est difficile. Ça demande une discipline personnelle et c'est pour ça que je pense que la modération est une vertu en politique qui se perd de vue.

2:03
Invité

Mais si la modération est menacée, ça nous amène droit vers quoi Alain Juppé ?

2:06
Alain Juppé

Dans l'excès. Mais bon, j'en perds. Dans les extrêmes ? J'en perds, je m'arrête en 2019.

2:12
Présentateur

Aurélie.

2:13
Invité

Alain Juppé, vous avez aussi été ministre des Affaires étrangères. Vous parlez de la guerre en Ukraine dans vos mémoires. A-t-on bien compris que l'invasion de l'Ukraine par la Russie de Poutine n'était pas seulement une tentative de conquête territoriale aux fins de reconstitution d'un empire perdu, mais très explicitement, un affrontement idéologique mondial entre démocratie et dictature. Si c'est une guerre idéologique, comme vous le sous-entendez, ça veut dire qu'elle ne s'arrête pas à l'Ukraine ?

2:35
Alain Juppé

Non, bien sûr, bien sûr. Vous écoutez Poutine, qui part en guerre contre la décadence de l'Occident, la perte des valeurs familiales, le mouvement LGBT qu'il stigmatise et qu'il poursuit d'ailleurs sur le territoire de la Russie, et ainsi de suite. C'est lui qui se place sur ce terrain-là. Sur l'Ukraine, je voudrais simplement dire deux choses, parce que je ne veux pas entrer dans le débat actuel. Premièrement, c'est que la petite musique qu'on entend en France, selon laquelle ce serait notre faute, si Poutine a attaqué l'Ukraine, parce que nous l'aurions encerclée. Cette petite musique ne tient pas.

Je vous conseille la lecture d'un ouvrage de 900 pages, qui sont les mémoires d'un grand ambassadeur de France, qui s'appelle Claude Martin, qui était ambassadeur à Berlin. Il montre à quel point Chirac et Schröder, par exemple, pendant les années 2000, ont tout fait pour ramener Poutine dans la communauté internationale et dans la communauté européenne. Donc je ne crois pas à cela. Et deuxièmement, vous avez raison de le pointer, je crois qu'au-delà des enjeux territoriaux et de voisinage, il y a un vrai débat entre les démocraties et les dictatures. Aujourd'hui, les démocraties sont en souffrance.

L'espace des démocraties sur la planète se réduit de plus en plus, au profit des régimes autoritaires. Ce sont les chefs qui ont la côte, pas les gens modérés, effectivement. On y revient tout à l'heure. Ce sont les dictateurs. Et je crois que les Français n'ont pas suffisamment conscience de la chance extraordinaire que nous avons de vivre dans un pays démocratique. C'est-à-dire, qu'est-ce que c'est que la démocratie ? J'ai une définition toute simple. C'est un pays dans lequel on peut dire que le chef de l'État est en vain de la gueule sans se retrouver en prison le soir même. Il n'y a plus beaucoup de pays où c'est comme ça.

4:06
Invité

– Si vous le voulez bien, on va écouter Nicolas Sarkozy qui était sur notre plateau mercredi dernier et qui justement s'exprime sur ce sujet.

4:13
Présentateur

– Il y a un agresseur à l'agressé, Poutine est l'agresseur, l'Ukraine est l'agressé et il faut aider l'Ukraine. Là, je pose des questions. Est-ce que l'entrée de l'Ukraine dans l'OTAN favorise la paix ou pas ? C'est une question noble, ce n'est pas une question stupide. – Et votre réponse, c'est non ? – Ma réponse, c'est non. Parce que quand vous agitez la muleta sous le museau du taureau, il ne faut pas s'étonner qu'il fonce. Donc je suis pour qu'on donne des garanties de sécurité à l'Ukraine, pays qui doit rester neutre, parce que l'Ukraine est un pont entre le monde slave, la Russie et nous.

4:44
Invité

– Comment sortir aujourd'hui de ce conflit ?

4:47
Alain Juppé

– Comme je vous l'ai dit, je ne suis plus dans l'arène politique. On parle de taureau là ou de muleta. Donc je ne m'engagerai pas dans ce débat. Simplement un constat, l'Ukraine n'est pas dans l'OTAN.

4:58
Invité

– Non.

4:59
Alain Juppé

– Aujourd'hui, donc voilà, revenons à des réalités plutôt que des fantasmes.

5:01
Invité

– Il dit que le vouloir, c'est ne pas favoriser la paix.

5:03
Alain Juppé

– Cela dit, j'ajoute que lorsque Poutine cessera d'agresser ses voisins et de violer le droit international, lorsque la Russie sera redevenue un pays qui respecte les règles du jeu, naturellement qu'il faut parler de la Russie. C'est un voisin, c'est un grand pays, c'est un grand peuple, mais aujourd'hui les conditions ne sont pas réunies, me semble-t-il.

5:21
Locuteur

– Sous-titrage Société Radio-Canada