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ChroniqueFrance Inter (sur YouTube)· 8 mars 2024 3 minDivertissementSanté

Une personne sur deux... - Le Billet de François Morel

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    « Une personne sur deux souffre de mauvaise haleine. »
  • 0:51PrésentateurChiffre
    « une personne sur deux dans le monde a moins de 30 ans »
  • 0:54PrésentateurChiffre
    « une personne sur deux en France est en surpoids »
  • 1:01PrésentateurChiffre
    « une personne sur deux dans sa vie a déjà eu une relation amoureuse au travail »

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Présentateur

Bonjour François Morel. Bonjour. Une publicité pharmaceutique a attiré mon attention cette semaine. Elle est affichée sur la pharmacie située dans la gare d'Ermont-aux-Bones. Je l'ai encore vue ce matin. Je vous la cite. Une personne sur deux souffre de mauvaise haleine. Ça fait peur. Imaginons, nous sommes confinés dans un studio sans fenêtres extérieures. Nous sommes cinq autour d'une table. Ça veut dire que deux personnes et demie y souffrent de mauvaise haleine. C'est énorme. Et l'auditeur solitaire, extrêmement vigilant concernant son hygiène buccale, se félicite que les progrès technologiques ne lui permettent pas encore de recevoir sa radio en odorama.

Une personne sur deux, ça commence à faire. C'est un pourcentage très important. Par exemple, en approfondissant la question des statistiques, on apprend non seulement qu'une personne sur deux souffre de mauvaise haleine, mais encore qu'une personne sur deux dans le monde a moins de 30 ans, que d'autre part, une personne sur deux en France est en surpoids, et encore, et c'est peut-être la statistique la plus intéressante, une personne sur deux dans sa vie a déjà eu une relation amoureuse au travail.

Ce qui serait formidable, ce serait de mettre la main sur cette moitié de l'humanité qui apparaît quand même comme un oiseau rare, puisque malgré son surpoids et son haleine de chacal, ça ne l'empêche pas de pécho sur son lieu de travail. Ce qui est sûr, c'est que cette personne ne peut en aucun cas être présente dans ce studio confiné et sans fenêtres, puisque je crains qu'autour de cette table, aucune personne n'ait moins de 30 ans. Revenons à la publicité pharmaceutique. Une personne sur deux souffre de mauvaise haleine.

Ce qui est contestable dans cette présentation, et qui personnellement me révolte, c'est que lorsqu'on dit une personne sur deux souffre de mauvaise haleine, on sous-entend que la personne ayant mauvaise haleine, celle dont on dit généralement « elle pue du bec, elle repousse du goulot » ou même, comme on dit dans le grand monde, « elle refoule du claque-merde » est présentée comme une victime, celle qui souffre de mauvaise haleine. Non, non, excusez-moi, celle qui souffre de mauvaise haleine. C'est elle la tortionnaire, l'agresseuse, celle qui empoisonne la vie de ses proches dès qu'elle ouvre la bouche.

D'autant que s'il y a une personne qui ne souffre pas du tout de sa mauvaise haleine, c'est bien cette personne bienheureuse qui généralement n'a aucune conscience de sentir mauvais de la bouche. Donc la véritable personne qui souffre de mauvaise haleine est celle qui n'est pas porteuse de bactéries qui, en dégradant des protéines, provoque des odeurs désagréables. Il fallait que ce soit dit, même sur France Inter, nous refusons de victimiser l'agresseur. Si une personne sur deux parmi les auditeurs a écouté ma chronique jusqu'au bout, je me dis que je ne m'en sors pas si mal, entre nous, elle aurait sûrement eu avantage à trouver l'amour sur son lieu de travail.

Merci François Morel, à suivre le journal.