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DébatC dans l'air (sur YouTube)· 17 novembre 2024 64 minContradictoireMixteImmigration & asileSécuritéJusticeEurope & international

Immigration, sécurité : le pari risqué de Retailleau - C dans l'air - 17.10.24

Source d'origine 2 locuteurs

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Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 39 %Attaque 31 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 93 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 1:39OuverteRéponse directe

    Est-il la nouvelle star des sondages ?

  • 2:31OuverteRéponse directe

    On va beaucoup parler de Bruno Retailleau ce soir sur le fond, sur sa méthode, sur son style, mais aussi les idées qu'il pousse, les lois qu'il défend, qui ne sont pas toujours en accord avec ce qu'est Emmanuel Macron.

  • 28:10OuverteRéponse directe

    Est-ce qu'il n'irait même pas plus loin que ce que dit le Rassemblement national ?

  • 34:05OuverteRéponse directe

    Alors devant l'idée évoquée de nouvelles lois contre le narco-terrorisme, le maire de Marseille s'agace.

  • 37:28OuverteRéponse directe

    Vous avez parlé de Gérald Darmanin, juste pour le plaisir, parce que ça montre à quel point le dossier est un pari risqué.

  • 40:54FerméeRéponse directe

    Est-ce qu'il est soutenu par Gérald Darmanin ou est-ce qu'on remet tous les compteurs à zéro et qu'il repart à zéro?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:06PrésentateurChiffre
    « Il est à 15%. Ça paraît peu. Ce n'est pas si mal que ça. »
  • 10:06PrésentateurChiffre
    « Dans sa nouvelle loi, le ministre de l'Intérieur voudrait allonger la durée en centre de rétention de 90 à 210 jours. »
  • 21:43PrésentateurChiffre
    « 75% des Français voudraient un renforcement de la politique d'immigration. »
  • 31:51PrésentateurChiffre
    « Sur les 6 premiers mois de l'année, 42 personnes ont été tuées sur fond de trafic de drogue dans toute la France, c'est 32% de plus qu'à la même période il y a 3 ans. »
  • 35:46PrésentateurChiffre
    « 89% des français ont le sentiment de vivre dans une société violente et que la violence s'accroît. »
  • 37:50InvitéPromesse
    « Nous voulons frapper ensemble et envoyer un message clair aux trafiquants : la France ne sera pas leur terrain de jeu. »
  • 39:50InvitéChiffre
    « Il a obtenu un budget en hausse contrairement à beaucoup de ministères. »
  • 40:32InvitéPromesse
    « Il faut faire des saisies des avoirs de biens, des maisons, des bagnoles des trafiquants. »
  • 40:42InvitéPromesse
    « Il faut s'inspirer aussi de ce qui a été fait sur les repentis. »
  • 45:48PrésentateurPromesse
    « Si je dis clairement aujourd'hui par exemple que l'un des éléments de la stratégie migratoire sera la suspension territoriale temporaire du droit d'asile, je l'exigerai. »
  • 54:08PrésentateurPromesse
    « Il se donne comme objectif de faire baisser le RN, d'hypothéquer les chances du RN d'arriver au pouvoir. »
  • 58:21InvitéFait
    « C'est la principale mesure demandée par le RN aussi de Marine Le Pen. »
  • 1:02:11PrésentateurFait
    « la survie du gouvernement Barnier est en grande partie liée à la décision que prendra Marine Le Pen »
  • 1:02:46PrésentateurPromesse
    « on va peut-être faire un référendum sur l'immigration »

Temps de parole

  • Présentateur61 %
  • Invité19 %
  • Invité 212 %
  • Invité 34 %

0,8 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistralai/mistral-small-3.2-24b-instruct:floor · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:04
Présentateur

Bonsoir à toutes et à tous, bienvenue dans C'est dans l'air. Il est le seul poids lourd de ce gouvernement. Bruno Retailleau aligne les unes de la presse, occupe l'espace médiatique et voit sa cote progresser dans les sondages. L'ancien sénateur cultive au ministère de l'Intérieur une image austère, dure, pousse le curseur à droite au point de s'attirer les foudres d'une partie de la Macronie et même de certains de ses collègues du gouvernement. Lundi prochain, il s'entretiendra en tête à tête avec le président Macron. Une première pour l'élu de Vendée qu'Emmanuel Macron a déjà recadré. Les deux hommes ne s'apprécient guère et n'ont pas grand-chose en commun sur le fond et sur la forme.

Bruno Retailleau qui va être au cœur du débat politique avec une nouvelle loi sur l'immigration en 2025 et des premières pistes qui, selon la presse, ne seraient pas très éloignées de la méthode Mélonie en Italie. De quoi mettre l'Assemblée en surchauffe ? Immigration, sécurité, les paris risqués de Bruno Retailleau. C'est le titre de cette émission. Avec nous pour en parler ce soir, Guillaume Daré. Vous êtes chef adjoint du service politique de France Télévisions. Avec nous, Nathalie Chuc. Vous êtes grand reporter au journal Le Point. Vous avez suivi Bruno Retailleau au G7 en Italie il y a deux semaines.

Et c'est vous qui sortez cette information selon laquelle Emmanuel Macron et Bruno Retailleau vont s'expliquer dans un tête-à-tête à l'Élysée lundi prochain. On va en reparler. Marion Maug est avec nous. Vous êtes rédactrice en chef du service politique aux Parisiens aujourd'hui en France. Citons votre une de ce jour. Crimes organisés, la gangrène. On va en parler aussi ce soir. Brice Tinturier, vous êtes directeur général délégué de l'Institut de sondage Ipsos. Bonsoir tous les quatre. Bonsoir. Merci de participer à ce C'est dans l'air en direct. Je me tourne vers vous pour débuter cette émission. Brice Tinturier, il est l'homme fort du gouvernement. Est-il la nouvelle star des sondages ?

Il n'est pas la nouvelle star des sondages parce qu'il vient d'apparaître dans les enquêtes d'opinion et surtout il vient d'apparaître aux yeux des Français. Donc il est en train de monter. Il était peu connu. Il l'est de plus en plus et rapidement. Dans notre question, notre baromètre pour la tribune dimanche, on pose pour chacune des personnalités suivantes est-ce que vous soyez satisfait ou non s'il devenait président de la République en 2027. On l'a mis dans notre liste. Il est à 15%. Ça paraît peu. Ce n'est pas si mal que ça. Pour donner quelques repères, Mélenchon par exemple est à 14% et Wauquiez est derrière Brune Retailleau.

Donc il y a quelque chose incontestablement qui est en train de se fabriquer. Il est bien identifié chez les LR, bien identifié maintenant dans le bloc central, moins ailleurs. L'info, le tête-à-tête, le face-à-face. On va beaucoup parler de Brune Retailleau ce soir sur le fond, sur sa méthode, sur son style, mais aussi les idées qu'il pousse, les lois qu'il défend, qui ne sont pas toujours en accord avec ce qu'est Emmanuel Macron. Les deux hommes ne s'apprécient pas. C'est étonnant le fait que ce soit ce premier tête-à-tête

2:50
Invité

que vous révélez Nathalie Chuc avec le président de la République. Tout premier tête-à-tête. Ça a l'air d'une banalité confondante quand on est ministre de l'Intérieur de traverser la rue pour reprendre une expression macroniste, puisque le ministère de l'Intérieur est en face de l'Elysée. Gérald Darmanin le faisait très souvent. Mais dans le cas de Retailleau, c'est particulier. Des macronistes nous ont dit que le président observe. Il lui tourne autour. Il regarde cet animal un peu étrange.

Le premier conseil des ministres n'a pas été super agréable parce que pour le président de la République, se retrouver à sa gauche, ce qui est assez paradoxal, Bruno Retailleau assis à côté de lui, c'était quelque chose de pas super agréable. Dans la mesure où c'est quand même quelqu'un qui en dit beaucoup de mal depuis son élection de 2017. Donc il se retrouve embarqué dans le même bateau. C'est deux hommes qui se connaissent assez peu parce que jusqu'à maintenant, Retailleau avait eu deux ou trois entretiens au maximum en tête-à-tête dans le cadre de consultations quand il était chef des sénateurs LR. Mais il n'y a pas eu de tête-à-tête depuis qu'il est ministre de l'Intérieur.

Il a fait un conseil de défense dans le PC Jupiter. Il échange quelques SMS avec le président sur les questions de sécurité. Mais ils ne se sont jamais parlé. Or, le président l'a quand même recadré sur sa phrase « On y viendra sur l'immigration, on n'est pas une chance » en disant tout ce que la France devait être à la Polonaise Marie Curie ou à l'Arménien Charles Aznavour. Donc, moi, j'aimerais beaucoup être une petite souris pour assister à cet entretien dont je prends le pari qu'il pourrait paradoxalement assez bien se passer. Est-ce que je pense que le président va essayer de l'envoûter tel le serpent en cas ?

4:14
Présentateur

Ce sont deux hommes qui s'intriguent mutuellement. C'est ce que me disait l'entourage, effectivement, de Bruno Rotaillot, ce que disait Nathalie, ce qu'ils ne se connaissent pas, mais qui a une forme, au-delà des désaccords politiques, finalement, d'admiration politique du parcours d'Emmanuel Macron par Bruno Rotaillot, du questionnement même de la personnalité et des convictions profondes d'Emmanuel Macron. Rappelez-vous qu'Emmanuel Macron, avant d'être élu président de la République, il est quand même allé au Puy du Fou. Puy du Fou, c'est Philippe de Villiers. Philippe de Villiers, c'est, si j'ose dire, le premier parrain de Bruno Rotaillot.

C'est au Puy du Fou qu'Emmanuel Macron avait dit « je ne suis pas socialiste ». Ça avait fait écho, ça avait déjà beaucoup marqué les esprits. Donc, l'entourage de Bruno Rotaillot explique qu'il est quand même captivé par l'intelligence du président et il veut savoir vraiment à qui il a affaire. Et du côté de l'Élysée, on décrit Bruno Rotaillot comme un opposant politique sur le fond, mais une intelligence politique rare dans le théâtre politique qu'il y a aujourd'hui. Sur la question des valeurs, notamment, ils sont aux antipodes. Sur la question de l'immigration, ils ne sont pas du tout sur la même ligne. Je parle de votre contrôle, Marion Bourg. Pas grand-chose ne les rapproche.

5:23
Invité

Même le parcours. Bruno Rotaillot n'a jamais compris un peu cette créature qui n'avait pas eu de parcours d'élu, qui n'avait pas eu d'ancrage territorial. Et Bruno Rotaillot ne l'a jamais caché. Bruno Rotaillot a un côté assez franc. Donc, quand il pense quelque chose, il le dit. Et il a clairement dit dans le débat qu'il ne croyait pas à Emmanuel Macron, qu'il jugeait qu'il n'avait pas de colonne vertébrale idéologique, qu'il ne pensait pas du tout la même chose sur la société, sur l'islam. Donc, il y a un certain nombre de marqueurs comme ça que Bruno Rotaillot veut aussi présenter, puisqu'il en a conscience. Il le dit lui-même.

Il dit « Je sais qu'il y a des caricatures et que j'ai pu m'enfermer dans ces caricatures. » Et là, il s'embarque dans une série de déjeuners. Alors, il y a celui avec le chef de l'État que Nathalie Chuc a révélé. Mais, par exemple, aujourd'hui, il déjeunait avec Gabriel Attal, à sa demande. C'est-à-dire qu'il a dit à Gabriel Attal « Il faudrait qu'on se rencontre, il faudrait qu'on se parle. » Et il fait ça avec Édouard Philippe, avec François Bayrou, il doit voir Bernard Cazeneuve. Donc, il fait la tournée un peu des uns et des autres pour se présenter, ce qui est assez habile.

6:20
Présentateur

Pour se présenter et peut-être trouver des soutiens sur sa future loi d'immigration qui va poser des problèmes, sans doute. On va en parler. Vous vouliez dire un mot, Brice Saint-Hurier ? Oui, juste, ils sont très opposés sur beaucoup de choses, sur beaucoup de valeurs. Bruno Rotaillot, c'est vraiment l'archétype du conservateur libéral en économie. Il était proche aussi de François Fillon pendant la campagne présidentielle et qui n'a pas varié depuis une quinzaine d'années sur les questions d'immigration. On est très loin de l'Emmanuel Macron progressiste. Le progressiste, c'est tout ce qu'exècre Bruno Rotaillot. On est très loin du mariage pour tous.

Ce n'était pas non plus quelque chose qu'apprécie Bruno Rotaillot. Donc, ces deux hommes s'estiment, se regardent, se jaugent, se croient respectivement, et le sont intelligents et cultivés, ont tous les deux une haute opinion d'eux-mêmes. Mais c'est un duo qui commence à se mettre en place. Il a en revanche des proximités sur le fond avec Michel Barnier. Pour le coup, l'ensemble des propos tenus par Bruno Rotaillot est assez raccord avec le logiciel du Premier ministre ou pas ?

7:17
Invité

Oui, d'ailleurs, il le revendique. Il y avait un bureau politique des Républicains auquel Rotaillot assistait avant-hier. Et à plusieurs reprises, il a dit, j'ai le soutien du Premier ministre. Tout ce que je fais avec le soutien du Premier ministre, ils sont assez en phase. Je rappelle quand même que quand Michel Barnier était candidat à la candidature de LR pour la présidentielle, il était lui-même pour un moratoire de 3 à 5 ans sur toute entrée sur le territoire en matière d'immigration. Donc, ils sont relativement en phase. Avec le président, je rappelle quand même un petit point. C'est vrai que tous les opposent, notamment sur la question sociétale.

Rotaillot s'est opposé à l'inscription de l'IVG dans la Constitution. Il a manifesté contre le mariage gay, donc la loi Taubira. Il était contre la loi interdisant les thérapies de conversion. Mais je rappelle quand même quelque chose, une petite phrase qu'on a oubliée d'Emmanuel Macron, février 2017. Il a une phrase qui est passée complètement à l'asso. Aujourd'hui, il avait dit, en parlant de la manif pour tous, on a humilié cette France-là. Il y avait quand même eu ce propos. Donc, je pense qu'il peut y avoir des incointances intellectuelles entre les oeufs.

Et je suis persuadée que Rotaillot, étant quelqu'un qui lit beaucoup, qui aime bien les penseurs, le président va essayer de le dire. Ça, ça leur fait un point comment ?

8:20
Présentateur

Absolument. On peut peut-être parler de l'image qu'il y a dans la classe politique Bruno Rotaillot. Il est réputé être un très fin, un télo. Mais surtout, cette habileté politique d'appeler tous les responsables de la majorité, en tout cas de la coalition, pour les voir pour déjeuner, c'est quelque chose qui tranche avec la raideur qui a été affichée et perçue chez Michel Barnier. C'est-à-dire qu'il y a beaucoup de membres du gouvernement qui ne sont pas idéologiquement proches du Bruno Rotaillot, qui disent aujourd'hui, Bruno Rotaillot a su mettre les formes, il a su nous appeler, la politique c'est aussi ça, là où Michel Barnier n'a pas le su le faire. Et on va continuer sur ce portrait.

J'aimerais qu'on parle, après le premier reportage, du style Rotaillot. Il apparaît comme un homme dur. Et on va rentrer dans le détail de la façon dont il exerce sa responsabilité, place Beauvau. En tout cas, ce qui est sûr, c'est qu'il crispe une partie de la Macronie, la gauche, et même au sein du gouvernement. Mais Bruno Rotaillot trace sa route, l'ancien sénateur, est persuadé d'avoir les Français de son côté et joue l'opinion contre les appareils sur un sujet éruptif, on le sait depuis longtemps, l'immigration. Le ministre veut une loi en 2025. Il assume Magali Lacroze et Christophe Roquet. Bruno Rotaillot veut lui aussi sa loi, immigration.

Et tant pis si la dernière a été votée il y a quelques mois. Depuis son arrivée à Beauvau, il fait comme tous les ministres de l'Intérieur. Avant lui, il fait parler de lui. Un jour, à Bruxelles... La directive retour a été élaborée. Elle a été, à l'époque, adoptée en 2008. Mais elle a été élaborée plusieurs années avant dans un monde radicalement différent. Un autre, en Seine-et-Marne, dans un centre de rétention administrative. Ça ne va pas assez vite. Il y a des procédures qui sont lourdes. J'ai décidé de créer une task force. Dans sa nouvelle loi, le ministre de l'Intérieur voudrait allonger la durée en centre de rétention de 90 à 210 jours.

Ça concernerait les individus les plus dangereux. Qu'est-ce qui s'est passé avec Philippine ? C'était même avant les 90 jours, où elle a été malheureusement violée, assassinée par un individu. qui était frappée d'une obligation qui était le territoire français. Et moi, ce que je veux, c'est que, pour sauver des vies, on change les lois. Parmi les nouvelles mesures, certaines avaient été votées à l'Assemblée avec l'appui du RN lors de la précédente loi immigration. Mais le Conseil constitutionnel les avait censurées, comme le rétablissement du délit de séjour irrégulier, le durcissement du regroupement familial ou la transformation de l'aide médicale d'État en aide médicale d'urgence.

Les Français seraient appelés à faire des efforts et les étrangers clandestins, aucun. Donc, encore une fois, il ne s'agit pas de tout annuler. Il s'agit simplement de faire en sorte qu'un dispositif, qui est parmi les plus généraux d'Europe, puisse progressivement devenir une aide médicale d'urgence.

11:07
Invité

Mais voilà, au sein même du gouvernement, les idées de Bruno Retailleau-Crisp. Un peu. – Franchement, c'est un sujet de santé. – D'accord. – Je le redis, et ça sera dans la nouvelle loi de santé publique. Il n'est pas question aujourd'hui qu'il y ait un sujet AME dans la loi immigration. – Il faut voir aussi qu'un tiers de cette immigration économique, c'est des Bac plus 5. On a besoin de 20 000 ingénieurs dans notre pays. Donc, je pense qu'il y a aussi un besoin de nuances dans un débat qui, sinon, peut aller dans un peu trop de facilité.

11:43
Présentateur

Au sein de la famille politique du ministre, en revanche, on l'applaudit plus tôt. – Nos chemins sont différents, Bruno Retailleau et moi. Mais depuis 10 ans, nous travaillons ensemble. Vous savez, Bruno Retailleau, c'est un libéral conservateur ouvert, loyal et actif.

12:00
Invité

Et il ne trompera pas les Français. Je sais qu'il leur dira les choses. J'ai souvent été quelqu'un qui cherchait la voie de l'équilibre.

12:09
Présentateur

Mais sur les questions de sécurité, aujourd'hui, le temps est venu de parler clair. – Mais pour un ancien Premier ministre qui adore rappeler tout ce qu'il a fait, une nouvelle loi immigration ne sert à rien, surtout concernant l'allongement de la durée de rétention. – On l'a fait. C'était, je crois, 45 jours. On l'a passé, nous, à 90 jours. On a adopté une loi il y a moins d'un an sur l'immigration avec des mesures dont certaines ne sont pas encore en vigueur puisque les décrets ne sont pas encore sortis. – Le Rassemblement national, lui, jubile.

– Probablement que la présence de députés en nombre du Rassemblement national, de ce premier groupe à l'Assemblée, pousse sans doute les gens qui sont au pouvoir et qui n'ont pas gagné les élections à entendre le message des urnes. – Et à gauche, on accuse l'exécutif de frayer avec le RN. – C'est une loi pour Marine Le Pen. C'est une loi qui est faite pour donner des gages à l'extrême droite, permettre à l'extrême droite de voter le budget.

13:03
Invité

– Et pour ne pas quitter la scène,

13:05
Présentateur

dès demain, Bruno Retailleau ira avec son Premier ministre à Menton et à la frontière italienne pour parler immigration avec les ministres italiens et devant quelques caméras. – Et nous allons en reparler de cette visite à Menton et de ses premières propositions sur sa loi immigration avec des révélations de l'opinion ce matin. Mais juste pour boucler la boucle sur le portrait de Bruno Retailleau qu'on commence à découvrir. Nathalie Chuc, je disais tout à l'heure qu'il avait quelque chose de très droit, de très sobre. Dans sa manière de vivre à Beauvau, il a changé les choses.

13:41
Invité

– Presque janséniste, je dirais. – C'est quelqu'un qui fonctionne beaucoup sous le principe de l'assaise. Et quand il est arrivé à Beauvau, c'était au lendemain de sa nomination, donc le 22 septembre, c'est Gérald Darmanin qui lui fait faire tout le tour de la place Beauvau et qui lui présente notamment les appartements privés qui sont assez grands. Et Retailleau après tout de suite la décision de ne pas s'installer dans cet appartement et de choisir plutôt un petit appartement qui est à côté, ça le suffit. Quand il vivait à Paris avant, il avait un tout petit appartement, quasiment une garçonnière. Donc c'est pas quelqu'un qui est attiré par les ors du pouvoir du tout.

Et quand je l'ai suivi en Italie, je voyageais avec lui en avion, etc. Donc j'ai vraiment pu l'observer. Il ne jubile pas du fait d'être dans un Falcon 900. Il n'a pas changé de marque de costume. Il a toujours des costumes Fursac, c'est exactement les mêmes, bien coupés. Ce ne sont pas des costumes qui sont chers, évidemment, pour le commun des mortels. Mais par rapport à ce qu'on peut connaître, bon, c'est pas... Je vais faire sa mauvaise blague. Mais donc, il n'est pas dans cette... Il est dans quoi alors ? C'est quoi son moteur ?

14:39
Présentateur

Parce qu'il dit « Je me suis promis de ne rien changer

14:42
Invité

de ce que je suis ». Il est au service de ses idées. Voilà, c'est quelqu'un qui a des idées et une colonne vertébrale assez raide, assumée, que ce soit sur le plan sociétal, sur le plan sécuritaire, et il n'en déviera pas. Ce qui est intéressant, c'est qu'avec Nicolas Sarkozy, qui est passé au ministère de l'Intérieur, et dont on parle toujours, y compris en interne, Bruno Retailleau se met un peu dans ses pas, alors que les deux hommes n'étaient pas du tout amis et que, généralement, c'était assez tendu entre eux. Et là aussi, assez habilement, Bruno Retailleau l'a appelé tout de suite après sa nomination. Ils se sont vus.

Il a reçu Nicolas Sarkozy, qui l'a plutôt encouragé à continuer dans cette voie. Il lui a dit « Vas-y ». Donc, Bruno Retailleau, aujourd'hui, fait un peu du Nicolas Sarkozy sur le côté « Je parle franchement, je parle fort ». Il a bien compris que dans cette séquence politique un peu instable, ou avec un gouvernement où il y a des gens de gauche, il y a des gens de droite, il fallait prendre le leadership sur les idées. Il fallait imposer les idées des droites. Il a réussi, c'est à votre avis ? En un mois et demi, en presque un mois et demi, il a plutôt réussi. On ne parle que de lui.

Les autres ministres se positionnent par rapport à lui, y compris publiquement, ce qui fait un peu de cacophonie. Mais c'est lui qui fixe l'agenda. Et là, il donne l'impression qu'il va fixer l'agenda législatif avec l'idée d'une nouvelle loi. On verra si ça aboutit ou pas. Mais même au moment où il y a des coupes budgétaires, il est plutôt en train de s'installer avec un budget. Puisque s'il parle fort, c'est aussi pour négocier ça derrière. C'est-à-dire avoir un rapport de force avec le Premier ministre, avec le gouvernement et avec ceux qui tiennent les comptes de la bourse.

16:09
Présentateur

Dans son bureau, c'était déjà le cas au Sénat, il y a le portrait de deux personnalités, Georges Clemenceau et Jean Delattre de Tassini, qui sont tous les deux originaires du même village de Mouiron en Vendée et qui symbolisent la ligne et la fidélité à ces idées que veut porter Bruno Rotaillou. Il y avait ces portraits au Sénat. On les a vus dans les différentes interviews qu'il a pu donner déjà place Beauvau. Ça l'encadre. Et ce qu'il explique, c'est que pour lui, il n'y a rien de pire que la trahison de ces idées.

Certains disent d'ailleurs qu'il fait peut-être le pari de se dire que ce gouvernement ne va peut-être pas durer très longtemps mais qu'il aura posé des marqueurs idéologiques et qu'aux yeux des Français, il pourra dire « J'ai essayé de faire cela. J'en ai été empêché peut-être par le président, peut-être par d'autres, peut-être par l'Assemblée nationale, peut-être par la durée de ce gouvernement qui sera peut-être finalement brève. C'est ce que disent ses proches aussi, qu'il faut montrer aux Français que même si c'est à un centimètre qui est bougé, ils le bougent. Par exemple, sur l'AME qu'ils souhaitent transformer en aide médicale d'urgence, ses proches expliquent qu'ils en conviennent.

Ils disent que chez les migrants, c'est peut-être que 1 ou 2% des motivations pour venir en France. Mais leur argument, c'est de dire que c'est 1 ou 2%. Si on peut les faire bouger, il faut les faire bouger.

17:16
Invité

Et justement, il l'a ajouté à un autre portrait dans son bureau, c'est celui de Chili Pins, cette jeune femme qui a été tuée par quelqu'un qui était sous OQTF. Et c'est l'idée, ce que dit bien Guillaume Daré, que justement, il ne laissera pas un centimètre de plus. C'est-à-dire qu'il entend avec ce portrait se dire, j'œuvrerai pour le drame. Voilà, ne se reproduisent pas.

17:33
Présentateur

Pour répondre à votre question, c'est un idéologue. Dans l'idéologue, il y a idée. C'est quelqu'un qui aime les idées, qui croit aux idées. Sa dimension ascétique, quand on dit que c'est un libéral conservateur, elle est aussi due au fait que le matérialisme consumériste, ce n'est pas du tout sa tasse de thé. Donc, l'analogie avec Nicolas Sarkozy, elle a aussi ses limites. Il y avait une dimension de violence chez Nicolas Sarkozy, pas du tout chez Bruno Retailleau. C'est un moine soldat, quelque part. Ça correspond à l'époque ?

Ça correspond à ce qu'une partie du pays recherche, effectivement, après ce qui est perçu comme les excès de la modernité, le clinquant, la communication, tout ce qu'on excècre dans une partie de la population. Eh bien, il incarne rigoureusement l'inverse. Il n'est pas perçu comme un homme de com', comme un homme de coup. Non, il est même perçu comme l'anti-homme de com', c'est-à-dire un homme de conviction qui ne varie pas dans le temps et de fait, il ne varie pas sur un certain nombre de thèmes, à tort ou à raison. Et puis, c'est quelqu'un qui croit aussi à l'enracinement, toute cette dimension idéologique très propre à une partie de la droite, la terre, les racines, la tradition.

Tout ça, c'est important et ça explique son point. Est-ce qu'il est seul ? Est-ce qu'il va devoir, et on va en parler ce soir, défendre des textes, notamment un texte sur l'immigration, s'il fait ce qu'il veut faire, et on va en parler, on va en dire un mot dans un instant, ça risque de mettre en chauffe l'Assemblée nationale. Est-ce qu'il a des réseaux ?

18:53
Invité

Est-ce qu'il est soutenu ? Oui, il a déjà 131 sénateurs LR derrière lui. Le groupe, même s'il n'a plus la présidence, le groupe est soudé derrière lui. Donc, c'est pas rien d'avoir le Sénat. Il y a aussi le président du Sénat qui le soutient. Il s'entend très bien avec Hervé Marseille, les centristes. Donc, même si c'est pas exactement les mêmes positions, ils ont appris à travailler ensemble. Donc, à l'Assemblée, il peut aussi grappiller quelques soutiens, notamment via le groupe de Laurent Wauquiez, même si entre les deux hommes, c'est parfois compliqué.

19:22
Présentateur

Il y a une question vidéo pour vous ce soir d'Alain à Marseille.

19:24
Invité

Bruno Rotaillot a-t-il des ambitions pour 2027 ? Merci.

19:30
Présentateur

Ah ben, c'est vrai, on n'avait pas posé cette question. En général, dès qu'on parle de politique en ce moment, vous me dites les uns les autres, non, mais il pense à l'après. Est-ce qu'il pense à l'après, Bruno Rotaillot ?

19:39
Invité

Moi, je vais poser la question quand j'ai voyagé avec lui. Je me dis, certains dans votre camp commencent à vous envisager comme un possible candidat. Ça vous fait quoi ? Parce que par le passé, je lui ai déjà posé cette question et il m'avait fait cette réponse assez étonnante. Il m'avait dit, je n'ai pas le morphotype considérant. Je ne correspond pas. Au physique, qu'on attend d'un candidat. Je lui ai dit, mais est-ce que vous avez le morphotype d'un ministre de l'Intérieur ? La question ne se pose pas tellement. Et il m'a fait cette réponse. Il m'a dit, il faut être dévoré par cette ambition. Sous-entendu, ce n'est pas mon cas.

En revanche, dans son entourage, oui, évidemment que certains y pensent en se disant que là, il est en train d'installer quelque chose dans l'opinion, en disant qu'il a été quand même très proche de François Fillon en 2017. Et ce serait peut-être assez beau de voir la revanche de Fillon dix ans après.

20:20
Présentateur

Il faut pas oublier qu'il avait récupéré les réseaux, une partie de l'argent également de la campagne de François Fillon dans la primaire.

20:25
Invité

Il restait plus grand-chose.

20:26
Présentateur

Oui, mais l'UMP avait râlé quand même quand c'est lui qui avait ramassé une partie de cette somme-là. Et surtout, on voit qu'il s'est entouré vraiment de très très proches au sein de son cabinet. Jean-Baptiste Dois, qui fait sa communication, qui n'était pas du tout, qui habitait au fin fond de la Vendée, qui est revenu du Morbihan et qui est revenu travailler avec lui. Et puis, il y a un poste absolument stratégique dans son entourage, qui est celui de chef de cabinet, qui est celui de Franck Robin. Franck Robin, c'était le chef de cabinet de François Fillon à Matignon. Donc ça, effectivement, ça a du sens.

Donc son directeur de cabinet, Bruno Grotaillot, qui était le chef de cabinet de François Fillon. On en vient à sa loi immigration. Est-ce qu'elle est attendue par les Français ? On a voté il n'y a pas si longtemps sur l'immigration. Est-ce que, je le disais tout à l'heure, il joue l'opinion, il joue les Français sur ce sujet-là, plus qu'une partie de ceux qui sont censés les soutenir et qui ont déjà dit qu'on n'a pas besoin d'une nouvelle loi ? Je pense à Gabriel Attal, avec qui il a déjeuné aujourd'hui. C'est un peu toujours la même affaire sur les questions d'immigration. Ce n'est pas la préoccupation principale des Français.

Dans notre dernière enquête pour la tribune, on voit bien que c'est le pouvoir d'achat, que ce qui monte maintenant et qui talonne le pouvoir d'achat, c'est la protection sociale. Ensuite, on a en troisième position, pardonnez-moi, mais la délinquance et pas l'immigration. Et l'immigration qui maintenant est talonnée aussi par les déficits publics. Donc ce n'est pas le sujet numéro un. Une fois qu'on a dit ça, c'est malgré tout un sujet important pour une partie non négligeable de la population. C'est très clivé politiquement. Pour les LR, c'est un sujet majeur. Pour le RN, c'est un sujet majeur. Le bloc central et à gauche, les Bourgouins.

Pour le RN, vous parlez du RN, le RN avait dit notre ligne rouge à nous, c'est qu'on veut une nouvelle loi immigration. Sur le sujet de l'immigration, est-ce que Bruno Retailleau est aligné, comme on l'a entendu dans le reportage, sur les positions du RN ?

22:16
Invité

Lui, c'est parce qu'en fait, il explique qu'ils peuvent se retrouver, c'est-à-dire que sur le papier, on peut juger que ce sont les mêmes positions, mais lui a les siennes. Et ce n'est pas parce que le RN va défendre les mêmes propositions qu'il fait la politique du RN. Il dit, lui, il s'abrite derrière le jugement des Français. C'est en disant, je sais ce qu'ils veulent, je sais ce qu'ils pensent, et ils veulent plus de sécurité, donc je vais leur en proposer. Et il explique aussi que les phénomènes de délinquance ou d'hyperviolence ont toujours un coup d'avance. Et que donc la loi est obligée de toujours rattraper ces phénomènes-là.

22:46
Présentateur

Donc il fait le lien entre l'immigration et délinquance. Oui, il le fait clairement. Lui, il le fait.

22:49
Invité

Oui, mais il ne s'en cache pas.

22:51
Présentateur

Et d'ailleurs, c'est... Ce sont beaucoup de points. Les positions précises sur l'immigration de Bruno Rotaillot rejoignent celle du RN. Il considère qu'il y a trop d'étrangers. Il considère qu'il faut aller vers une forme de préférence nationale. Et c'est lui qui est largement à l'origine du durcissement de la loi qui avait été votée sur l'immigration. Il est vraiment... Enfin, je cherche les points où il y aurait sur la question de l'immigration... Une divergence. Des divergences profondes entre la ligne du RN et la ligne de Bruno Rotaillot. Je n'en vois pas beaucoup. Est-ce qu'il n'irait même pas plus loin que ce que dit le Rassemblement national ? Pourquoi je vous pose cette question ?

Puisque l'opinion révèle ce matin qu'il est en train de travailler sur des accords qui seraient déjà en cours, de négociations qui concernent notamment le Rwanda, le Burundi, le Kazakhstan, l'Irak ou l'Egypte dans le cadre du renvoi d'étrangers illégaux. C'est-à-dire qu'on ne les renvoie pas chez eux puisqu'on n'a pas laissé passer consulaire, mais on les mène dans des pays tiers. Ça, c'est ce que fait Georgia Meloni en Italie. Alors, ça séduit une partie du Rassemblement national parce que ça apparaît effectivement d'inspiration italienne ou britannique, ce qui avait tenté les Britanniques qui n'avaient pas fonctionné.

La petite nuance, c'est que Georgia Meloni, elle, ce qu'elle a fait par exemple avec l'Albanie, c'est des centres finalement de rétention dans l'attente d'examens du droit d'asile pour les migrants qui sont pris dans la mer au large de l'Italie avant d'être éventuellement admis ou reconduits. L'originalité, si j'ose dire, de la position de Bruno Rotaillot, c'est de dire qu'est-ce qu'on fait des personnes que l'on souhaite renvoyer parce qu'elles sont sous OQTF, mais qu'on ne peut pas renvoyer parce que soit il n'y a pas de laisser passer consulaire délivré par les pays, soit parce qu'on ne peut pas les renvoyer dans des pays par exemple comme l'Afghanistan.

Et donc, c'est cet argument-là qu'il pousse d'ailleurs au niveau européen. Ça a été discuté récemment lors d'un sommet des ministres de l'intérieur de l'Union européenne. Et donc, sur cette ligne-là, effectivement, une nouvelle fois en début de semaine, je voyais lors de la Vallée du Rassemblement National qui disait sur ce sujet-là aussi, Bruno Rotaillot est un excellent porte-parole du Rassemblement National. Et que veut-il mettre de plus dans sa loi si on met de côté cette proposition qu'on vient de débattre ? Il veut le match-retour de la loi immigration qui avait été modifiée au Sénat qu'il n'a pas pu faire passer

24:49
Invité

en raison de la censure du Conseil constitutionnel. Voilà. Donc, il veut reprendre tous les points qui ont été censurés sur la forme ou sur le fond. Sur la forme, parce que le Conseil constitutionnel avait jugé que ce n'était pas le lieu pour mettre certains points de la loi. Donc ça, il veut les reprendre à son compte. soit parce que ça avait été censuré aussi sur le fond. Et ça, il veut retravailler ses points pour que ça ne soit plus censuré avec notamment plus de résultats sur les renvois, les OQTF, etc. Il a une chance que ce ne soit pas censuré cette fois-ci ? Alors, il faut bien se rappeler quand même quand ces dispositions...

Il y avait 32 dispositions de la loi immigration qui ont été censurées parce qu'ils étaient considérés comme des cavaliers législatifs. Un cavalier législatif, c'est une disposition au regard du droit qui n'a rien à voir avec le texte de loi. Donc, vous pouvez tout à fait la mettre dans un autre texte à condition qu'initialement, vous annonciez que ça correspond.

Après, attention, parce que lui a effectivement cette ambition de mettre tout ce qui a été censuré et qui était considéré comme des cavaliers, notamment le rétablissement du délit de séjour irrégulier, l'instauration d'un délai de carence pour percevoir des aides sociales quand vous êtes un étranger et que vous arrivez en France, le durcissement des conditions du regroupement familial, etc. C'est plus compliqué avec Matignon. Parce que pour le coup, Matignon dit, nous, ce texte sur l'immigration, on est d'accord, on le ferait passer dans le premier trimestre, ça peut être entre janvier et mars 2025, mais à l'origine, pourquoi existe ce texte ?

C'est pour instaurer un délai de rétention maximale allant jusqu'à 210 jours pour les étrangers dangereux sous OQTF. C'est pour tirer les leçons de l'affaire Philippine. Et Matignon dit, attention, on ne va pas mettre tout et n'importe quoi dans ce texte, on n'est pas des dingues de la législation, parce qu'ils sont tout à fait conscients du fait que ça va beaucoup agiter la Macronie. Et donc, en fait, ça risque d'être une montagne qui accouche pas d'une souris. Mais déjà, ce qu'on comprend, c'est que ce n'est pas forcément un projet de loi, c'est-à-dire que ce n'est pas forcément initié par le gouvernement.

Ça peut être soutenu par Bruno Rotaillot, mais ça peut venir d'un parlementaire ou d'un groupe de parlementaires. Et c'est plutôt ce vers quoi on s'oriente, c'est que ce serait une proposition de loi. Et dans ces cas-là, Bruno Rotaillot peut facilement mettre des choses sans que Matignon puisse mettre son véto. Ce qui est assez compliqué,

26:46
Présentateur

c'est que 75% des Français voudraient un renforcement de la politique d'immigration. C'est un sondage CSA pour Europe 1. Il y a ça, il y a l'opinion. On ne sait pas ce qu'ils mettent exactement derrière cette phrase-là, renforcement de la politique d'immigration. Et de l'autre côté, au Parlement, il faut peut-être rappeler, Guillaume Darais, que lors de la dernière loi immigration, ça avait été un psychodrame.

27:14
Invité

Ça a été un psychodrame parce qu'au dernier moment où on n'attendait pas le Rassemblement national,

27:17
Présentateur

finalement, le Rassemblement national avait donné son onction, donnant le sentiment et ça avait plus que donné le sentiment, permettant l'adoption de cette loi. Et rappelez-vous, toute la soirée du rang, on apprenait qu'Emmanuel Macron avec François Bayrou débattait de la façon de faire aller comptabiliser les voix ou pas du RN pour montrer que ça avait été adopté ou rejeté si le RN avait été là ou pas là. Là, ce serait exactement le même cas. Et d'ailleurs, aujourd'hui, le débat se fait beaucoup sur le budget en commission des finances.

Quand vous échangez avec les députés du groupe Ensemble pour la République anciennement Renaissance, ils vous disent, bien sûr, il va y avoir des clashes sur le budget, mais ce n'est pas sur le budget que peut éclater cette coalition. Sur l'immigration, en revanche, c'est bien possible.

27:55
Invité

Gabriel Attal a mis en garde ses troupes lors d'une réunion de groupe en disant, Bruno Retailleau, il fait une déclaration tous les jours, il essaye de mettre un coin entre nous. Donc, ne rentrez pas dans le jeu. Il voit très bien le risque politique de fracturation du groupe et de sa majorité. Oui, allez-y.

28:10
Présentateur

Non, juste pour reprendre la phrase qu'il avait citée et qui a fait un peu de bruit, l'immigration, quand elle n'est pas méprisée, n'est une bonne chose pour personne. C'est une phrase très intéressante parce que si vous la prenez littéralement quand elle n'est pas méprisée et maîtrisée, évidemment que c'est une bonne chose pour personne. Donc, c'est une lapalissade. Mais la réalité, c'est que le message, il est subliminal. Le message, ce n'est pas quand elle n'est pas maîtrisée.

28:31
Invité

Ce n'est pas une chance.

28:32
Présentateur

L'immigration n'est pas une bonne chose. Et ça, c'est le message que décryptent parfaitement les électeurs du Rassemblement national, parfaitement une très grande partie d'une immense majorité des électeurs LR et aussi, mais en sens inverse, pour s'y opposer, les électeurs de gauche et une bonne partie de la Macronie. Donc, c'est véritablement une machine à fractionner et à diviser le bloc central et le gouvernement pour tenter de capter plutôt l'électorat.

28:57
Invité

Et essayer d'aspirer aussi l'électorat du RN essayant de faire ce dont Nicolas Sarkozy s'était vanté à tort ou à raison à l'époque après son mandat disant « Moi, j'ai tué le FN ». Vous vous souvenez, c'était la grande phrase de Nicolas Sarkozy. Vrai ou faux ? Voilà. On voit qu'il est son niveau aujourd'hui. Il essaye de faire en tout cas pour les gens qui nous regardent

29:15
Présentateur

et qui ont peut-être oublié de la façon dont les choses s'étaient passées. Elisabeth Borne qui est interrogée dans votre journal qui fait une grande interview avec un livre Révélation. Elle revient sur le jour où elle a été remerciée et elle a cette phrase. Elle dit « Je venais de rattraper un texte mal engagé sur l'immigration, sous-entendu j'avais bien fait le job ». On se rappelle qu'à l'époque

29:33
Invité

il y a un ministre qui avait démissionné en raison de ce texte. Tout à fait. Aurélien Rousseau qui était l'ancien ministre de la Santé qui aujourd'hui a rejoint le nouveau front populaire. On voit bien que ça ne va pas passer comme une lettre à la poste au sein de la Macronie. C'est pour ça que je vous dis que je pense que ce texte ne sera pas si urtiquant que ça parce qu'à Matignon on est bien conscients que ça peut provoquer une explosion et voire plus s'il y a affinité pourquoi pas une motion de censure. Ça peut passer par 49.3 un texte comme ça ? Aujourd'hui avec la réforme du 49.3 vous n'avez plus qu'un 49.3 par session ordinaire.

Le griller tout de suite ce ne serait pas forcément super habile.

30:07
Présentateur

Alors le procédé visait à choquer les esprits. Les narcotrafiquants du clan DZ Mafia ont enregistré une vidéo pour démentir toute implication dans les deux affaires récentes de narcomicide à Marseille. Cette mise en scène aux allures un peu de conférences de presse acte une forme d'institutionnalisation des gangs qui ont pris la main sur certains quartiers un chantier désormais prioritaire pour le nouveau ministre. C'est une vidéo inédite dans le banditisme français. Il y a quelques jours ce groupe revendiquant être la DZ Mafia marseillaise prenait la parole.

30:46
Invité

Cela fait plusieurs jours que des fois des informations circulant dans les médias et dans les réseaux la DZ Mafia n'a strictement rien à fournir de plus de moins dans tout ce qui s'est produit.

30:55
Présentateur

Un communiqué pour se désolidariser de deux assassinats au début du mois dont celui de ce chauffeur VTC sans histoire abattu par un tueur à gage de 14 ans. La DZ Mafia réseau puissant de la cité phocéenne semble employer des petites mains de plus en plus jeunes comme en témoigne l'arrestation de cet autre tueur présumé Matteo F à peine majeur.

31:19
Invité

Je vais enchaîner les contrats frigo je vais descendre.

31:23
Présentateur

Accusé d'avoir commis plusieurs assassinats il met en garde dans une vidéo postée après l'un d'entre eux tous ceux qui veulent s'attaquer à la DZ Mafia.

31:32
Invité

Là on a un ultra rajeunissement les jeunes garçons vont répondre à des annonces non pas pour aller faire les vendages ou même pour vendre de la résine de cannabis sur un point de deal mais pour aller ôter la vie d'autrui sans aucun remords.

31:48
Présentateur

Sur les 6 premiers mois de l'année 42 personnes ont été tuées sur fond de trafic de drogue dans toute la France c'est 32% de plus qu'à la même période il y a 3 ans. Alors comme son prédécesseur Gérald Darmanin et ses opérations placent net le nouveau ministre de l'intérieur affirme vouloir en faire une priorité et il a une nouvelle appellation toute trouvée. Le combat que nous avons mené pendant 10 ans contre le terrorisme il va falloir maintenant le mener contre le narco-terrorisme avec les mêmes armes la même détermination dans l'action.

Message répété quelques heures plus tard devant ces ballots de cannabis saisis par les agents de la police judiciaire visent cette fois-ci les consommateurs. Trop souvent on dit voilà on fume etc c'est du rétractif moi ce que je veux dire c'est que un joint il a le goût du sang il a le goût des larmes. Le nouveau garde des Sceaux lui embraye sur la réponse pénale à renforcer avec comme souhaité par Michel Barnier l'idée de lever pour les jeunes tueurs l'excuse de minorité.

32:55
Invité

Je suis prêt à y travailler le Premier ministre a fait des propositions dans ce sens je pense qu'en certaines situations notamment d'ultra-violence de crime il faut ajuster l'excuse de minorité tout en respectant l'état de droit et l'état

33:13
Présentateur

des conventions internationales qui lie la France. Mais les tribunaux ont parfois du mal à suivre rien qu'à Marseille selon le procureur 2000 personnes sont mises en examen pour des faits liés au trafic de drogue. Plusieurs figures du trafic ont récemment été relâchées comme ce cadragénaire qui a passé plus de 5 ans en détention provisoire dans l'attente de son procès. Un délai déraisonnable pour la cour de cassation.

33:38
Invité

Mes collègues de la PSG ont passé des mois voire des années à travailler sur lui à faire tenir un dossier parce que c'est long et le voir libérer de la sorte c'est inaudible auprès de tout un chacun et des policiers en particulier. Ça fait des années qu'on dit qu'on a des problèmes de moyens judiciaires et que là on voit bien le résultat aujourd'hui et on dit que c'est quand même dommage que ça soit par des décisions de cette nature-là que tout à coup on alerte le public peut-être le gouvernement sur les moyens dont on devrait disposer pour pouvoir exercer la justice.

34:05
Présentateur

Alors devant l'idée évoquée de nouvelles lois contre le narco-terrorisme le maire de Marseille s'agace. Il faudrait un peu

34:11
Invité

qu'on se pose quelques questions et qu'on s'arrête de dire voilà je suis un nouveau ministre de l'intérieur je vais faire une loi. on voit bien que ça ne fonctionne pas qu'est-ce que je vais avoir moi comme magistrat à Marseille pour lutter contre le narcotrafic qu'est-ce que je vais avoir moi à Marseille comme policier

34:26
Présentateur

pour lutter contre le narcotrafic ça c'est une réponse que j'attends c'est pas la loi que j'attends Autre problème parfois même la détention n'empêche pas les trafiquants de continuer à gérer leurs affaires plusieurs des récents narcomicides à Marseille auraient été commandités depuis des cellules de prison Un rapportage de Théo Manval

34:46
Invité

et Michel Bouilly ça c'est son sujet ce qu'on vient de voir Il veut en faire une cause nationale il se considère que ça a été un petit peu mis sous le boisseau jusqu'à maintenant qu'on faire ce qui s'était passé pendant les émeutes de l'été 2023 pour le coup nous on entendait quand même dans les cercles de pouvoir des élus qui disaient bon au fond les émeutes ce soir est au bout de 4 jours parce que les narcotrafiquants ont s'y fait la fin de la récré parce que le business tournait plus vous voyez donc quoi on va pas dire que ça arrangeait tout le monde mais il y a une espèce peut-être de passivité sur cette question lui a décidé d'arrêter ça il a des idées il a un support texte de loi j'entendais Benin Payan le maire de Marseille qui disait mais qu'est-ce que je vais avoir comme magistrat il y a notamment une proposition de loi sénatoriale qui existe qui est issue des travaux dont la création d'un parquet national anti-stupe la création d'une agence type fédérale contre le combat sur les stupéfiants et que lui voudrait voir reprise justement mais ça c'est le sujet

35:42
Présentateur

qui rassemble les français parce que l'insécurité pour le coup c'est au coeur des préoccupations 89% des français ont le sentiment de vivre dans une société violente et que la violence s'accroît et au coeur de cette violence perçue vous avez une narcotrafique qui est perçue non seulement comme problème d'ensemble mais qui est vécue comme telle dans des tas d'endroits du territoire et ce n'est pas un sujet qui divise ou qui clive comme l'immigration donc il aurait tout intérêt effectivement à démultiplier les efforts les effectifs les efforts et le résultat sur ce sujet qui gangrène la société et on imagine l'effet que peut avoir sur l'opinion cette vidéo qu'on a vue au début du reportage on se croirait aux grandes heures du FLN avec cette conférence de presse qui a goulé où on prend la parole et on interpelle les français et on n'hésite pas à s'appeler des aides mafia qui est quand même un terme connoté plutôt négativement là il est revendiqué il est assumé on s'adresse en direct à la population c'est-à-dire qu'on gère des enjeux de communication c'est pas nous qui sommes à l'origine de ce meurtre nous on était gentil

36:45
Invité

c'est un gros défi pour le ministre parce que Gérald Darmanin qui vient de finir 4 ans place Beauvau a essayé de lutter contre la drogue l'hyperviolence liée à la drogue il y avait ses plans de sécurité XXL notamment à Marseille pour essayer de nettoyer un peu les quartiers nord il l'avait surmédiatisé il a mis énormément de force de police c'est pas pour ça que ça s'est arrêté donc Bruno Rotaillot peut avoir envie d'agir mais encore faut-il réussir parce que maintenant la drogue gangrène aussi des petites villes c'est pas uniquement des grands centres on pourrait se dire c'est Paris-Lyon-Marseille c'est plus uniquement ça vous avez des villes moyennes où les trafics ont pris vraiment le pas et la gestion quotidienne donc c'est très compliqué aujourd'hui d'arriver à démanteler

37:28
Présentateur

Vous avez parlé de Gérald Darmanin juste pour le plaisir parce que ça montre à quel point le dossier est un pari risqué puisque c'est le titre de l'émission pour Bruno Rotaillet beaucoup s'y sont cassés les dents on regarde quelques déclarations d'anciens ministres dans l'intérieur

37:42
Invité

Cette lutte contre les stupéfiants elle est essentielle pour sauver le plus d'enfants de la république de cette merde qu'est la drogue Nous voulons frapper ensemble et envoyer un message clair aux trafiquants la France ne sera pas leur terrain de jeu J'ai donné les instructions au service pour que partout sur le territoire national les trafics de drogue soient combattus Une guerre moi j'emploie ce mot contre la drogue contre les trafics de drogue

38:07
Présentateur

Moi ce qui m'a marqué quand on échange avec Bruno Rotaillet et son cabinet c'est qu'ils sont ils connaissaient ce problème mais ils sont stupéfaits par l'ampleur de ce qui s'est développé autour c'est-à-dire qu'ils disent c'est pas juste le trafic c'est un système de corruption quasiment généralisé qui s'est mis en place y compris des agents dans les ports et des agents effectivement et l'un des membres de son cabinet m'expliquait par exemple qu'ils ont des remontées de la part des services de renseignement qui les inquiètent beaucoup parce qu'ils voient que ces mafias tels que c'est désigné elles-mêmes par exemple eh bien candidat massivement envoie massivement des candidats par exemple sur les concours de gardiens de prison pour infiltrer ensuite les centres pénitentiaires et avoir des personnes placées à l'intérieur des centres pénitentiaires des personnes qui seront rentrées par le concours tout à fait légalement parlant et donc c'est une information qui les inquiète beaucoup et qui évidemment ces concours sont regardés d'extrêmement près par les services de renseignement donc c'est un système à très grande échelle avec une institutionnalisation de la corruption et de ce nouveau système de mafia en termes de stratégie lui il dit Bruno Retailleau le combat qu'on a mené contre le terrorisme il va falloir le mener contre le narco-terrorisme oui mais je crois que là-dessus c'est incontestable et vous savez quand on dit que la mafia c'est une pieuvre c'est exactement ce que Guillaume Daré vient de décrire c'est à dire que le sujet c'est comment on évite de faire en sorte que la France demain soit ce qui s'est passé en Colombie ou dans ces états qui nous paraissent assez lointains avec une filmographie aussi qui a tendance à présenter les narcotrafiquants comme des gens assez sympathiques il y a eu beaucoup de séries on embellit les choses alors que la réalité c'est évidemment tout l'inverse donc c'est du même ordre que le terrorisme ça se combat pieds et poings il a une méthode il a un budget pour s'attaquer à cette

39:50
Invité

il a obtenu un budget en hausse contrairement à beaucoup de ministères son budget est en hausse non pas en nombre de postes alors là pour le coup ça ne va pas bouger mais il aura plus de moyens et lui son idée ce qu'il dit sur la question justement du narcotrafic il dit que ce n'est pas tellement une question de moyens c'est plutôt une question de réorganisation des structures qui existent aujourd'hui c'est à dire que vous avez des agences qui luttent contre le narcotrafic mais lui il voudrait les transformer en quasi agences fédérales je vous disais il voudrait potentiellement le texte la proposition de loi qui avait été émise suite à la commission d'enquête sur le narcotrafic parlait de parquet national anti-stup et disait aussi qu'il fallait s'inspirer de ce qui a été fait en Italie de la législation anti-mafia et notamment d'aller sur le système et faire évoluer exactement c'est à dire déjà faire tomber sur autre chose il faut faire des saisies des avoirs de biens des maisons des bagnoles des trafiquants il faut les repérer quand il y a un écart de niveau de vie avec les revenus déclarés et il faut s'inspirer aussi de ce qui a été fait sur les repentis c'est à dire qu'aujourd'hui on peut travailler avec des repentis mais ça ne fonctionne pas suffisamment vous regardez ce qui se passait en Italie et ça peut être une façon d'essayer de miner les trafics de l'intérieur

40:54
Présentateur

est-ce qu'il est soutenu par Gérald Darmanin ou est-ce qu'on remet tous les compteurs à zéro et qu'il repart à zéro

40:58
Invité

c'est pas encore une franche amitié entre les deux bon ça peut se construire dans le temps mais pour l'instant Gérald Darmanin est un animal politique qui construit la suite il en veut plutôt à Michel Barnier mais Bruno Rotailleau n'est pas encore un allié il avait été assez interrogatif

41:12
Présentateur

après le discours de passation de pouvoir mon programme c'est l'ordre l'ordre et l'ordre il avait dit l'ordre seulement ça ne suffit pas donc on sent que Gérald Darmanin au contraire veut presque profiter de cette fermeté extrême de Bruno Rotailleau pour lui finalement désormais se construire un portrait un petit peu différent de celui du premier flic qu'il était à Beauvau Bruno Rotailleau est-il populaire auprès des fonctionnaires de police ? je ne sais pas c'est un peu tôt c'est un peu tôt on verra la façon dont il procède normalement devrait lui assurer un début de popularité évidemment

41:43
Invité

c'est intéressant il dit mes hommes quand il parle il ne dit pas toujours ça ? en tout cas dans ces cas-là il s'est mis tout de suite dans le costume mais aujourd'hui ça veut dire qu'il est vraiment à défendre l'institution et les hommes et les femmes qu'il représente il insiste beaucoup là-dessus

41:54
Présentateur

et surtout lors de cette passation de pouvoir aussi il avait dit qu'il attaquerait en justice tout ce qui est y compris responsable politique mettrait en cause la probité des forces de l'ordre et ça avait commencé quasiment le soir même ou le lendemain par une plainte qu'il avait annoncé déposée contre Raphaël Arnaud député LFI Fiché S qu'on avait beaucoup vu durant la campagne législative je reprends la phrase que vous avez citée de lui donc qu'il n'a pas le morphotype pour être président de la république on pourrait dire qu'il n'a pas le morphotype pour être ministre de l'intérieur mais en réalité c'est une main de fer dans un gant de velours et je pense que les policiers les gendarmes vont tout de suite comprendre ça que c'est pas une question de morphotype c'est une question de clarté ou de dureté et là-dessus ils ont un ministre qui devrait leur convenir est-ce que c'est pas un problème dans cette équipe gouvernementale qu'il n'y en ait qu'un qui soit audible en termes de volume sonore à savoir Bruno Retailleau dont nous parlons ce soir est-ce que ça écrase pas

42:49
Invité

tout le reste après c'est une stratégie quand même qu'il a élaborée dès son arrivée c'est-à-dire qu'avec plusieurs de ses proches on a grosso modo deux mois pour exister deux mois pendant lesquels Marine Le Pen va être empêtrée dans son procès deux mois qui seront monopolisés par le débat budgétaire donc il faut y aller pied au plancher ça n'a pas été la stratégie de tous ses collègues de gouvernement lui il a dit tous les jours je dois exister parce que je veux montrer de quoi la droite au pouvoir est capable

43:15
Présentateur

et c'est une stratégie très risquée parce que quand vous êtes grandiseur et insuffisamment faiseur aux yeux des français vous êtes rattrapé par l'actualité vous êtes rattrapé par vos déclarations et pour le coup c'est ce qui peut lui revenir il a combien de temps pour avoir des résultats je pense qu'il n'aura pas assez de temps parce que des résultats sur l'immigration des résultats sur justement le narcotrafic vous avez montré des images qui sont tout à fait révélatrices on remonte jusqu'à Manuel Valls on pourrait remonter même avant donc même avec du temps et beaucoup de moyens on a énormément de mal à produire du résultat donc là démarrer tambour-tompette en faisant remonter l'enjeu de l'immigration comme il le fait remonter et en faisant aussi remonter ça ça l'oblige et je pense que ça sera très difficile de démontrer qu'il a réussi là où les autres auraient échoué effectivement on se souvient aussi de cette phrase de Gérald Darmanin qui avait expliqué qu'il voulait empêcher les trafiquants de dormir il était très volontariste sur ce sujet avec ses opérations place net XXL qui vont être maintenues par Bruno Retailleau

44:15
Invité

normalement je crois qu'il va les maintenir mais qu'il attend une première et puis comme pour l'instant

44:19
Présentateur

ça n'a pas donné beaucoup de résultats on attend de voir alors en tout cas Bruno Retailleau le sait bien les planètes sont en train de s'aligner au niveau européen moins de 6 mois après le vote du pacte asile-immigration les 27 veulent encore durcir les règles en matière d'immigration avec aujourd'hui un conseil européen sur le sujet l'Allemagne on en a parlé ici veut rétablir ses frontières la Pologne veut suspendre le droit d'asile et la méthode Mélanie fait des émules Anne Mackignon et Nicolas Baudry-Dasson

44:50
Invité

balai de chefs d'état et de gouvernement ce matin à Bruxelles un conseil de rentrée animé par une question l'Europe va-t-elle durcir sa politique migratoire dans une lettre adressée aux 27 pays en début de semaine la présidente de la commission européenne ouvre la porte à une nouvelle législation pour faciliter les expulsions la politique migratoire

45:16
Présentateur

de l'Union européenne ne peut être viable que si les personnes qui n'ont pas le droit de rester dans l'Union européenne sont effectivement renvoyées

45:23
Invité

pour répondre aux coups de pression de certains pays le plus récent vient de la Pologne le premier ministre Donald Tusk a un peu plus dévoilé samedi sa ligne très dure sur l'immigration

45:38
Présentateur

si je dis clairement aujourd'hui par exemple que l'un des éléments de la stratégie migratoire sera la suspension territoriale temporaire du droit d'asile je l'exigerai j'exigerai que cette décision soit reconnue en Europe

45:55
Invité

l'Italie elle est déjà passée aux travaux pratiques pour réduire l'immigration sur son sol le pays de Georgia Meloni a passé un accord avec l'Albanie depuis lundi les migrants arrêtés dans les eaux italiennes sont directement envoyés dans ce camp albanais pour remplir leur demande d'asile une externalisation de la procédure jamais vue jusqu'ici en Europe

46:18
Présentateur

les navires arrivent ici les migrants descendent sur le quai et on les accompagne au centre ici nous accueillerons 200 à 500 personnes au maximum et ils ne resteront pas plus de 24 heures on prendra leurs données biométriques et leurs empreintes digitales

46:34
Invité

ces candidats à l'Europe sont ensuite redirigés vers un autre centre toujours en Albanie à terme près de 900 places seront proposées une fierté pour Georgia Meloni qui a fait de la lutte contre l'immigration sa priorité c'est une voie nouvelle courageuse et sans précédent mais qui reflète parfaitement l'esprit européen et qui a tout pour devenir une bonne voie à suivre également avec d'autres pays non membres de l'Union Européenne à la surprise générale l'Allemagne aussi a décidé d'agir dans son coin un changement de pied depuis mi-settembre l'établissement des contrôles à la frontière et cependant au moins 6 mois

47:11
Présentateur

l'objectif des mesures prises ici à la frontière entre la France et l'Allemagne est bien sûr de limiter l'immigration irrégulière de lutter contre le trafic de migrants mais aussi d'appliquer le refoulement de manière cohérente

47:24
Invité

lutter contre l'immigration clandestine mais hors de question pour le chancelier allemand d'aller aussi loin que l'Italie 1 000 migrants de lutter contre le trafic de lutter contre le trafic de lutter contre le trafic nous veut faire baisser le chiffre de 300 000 chez nous nous avons réussi à obtenir une réduction considérable au cours des derniers mois l'Allemagne a enregistré

47:45
Présentateur

près de 50% de demandes d'asile en moins il y a un an et les expulsions se sont également poursuivies

47:51
Invité

l'Europe face à de multiples tentatives de s'exonérer du droit européen pour maintenir un semblant d'unité Ursula von der Leyen se dit prête à réviser la directive de retour qui fixe des normes en matière de reconduite à la frontière de quoi satisfaire le gouvernement français mais sur ce point Michel Barnier et son entreprenant ministre de l'intérieur seront-ils soutenus par le président ? Emmanuel Macron ne dévoile pas son jeu pour l'instant

48:19
Présentateur

c'est intéressant la chute de ce reportage Emmanuel Macron ne dévoile pas son jeu est-ce qu'il pourrait s'opposer à la stratégie française en matière d'immigration est-ce qu'il pourrait s'opposer à un Bruno de Retailleau trop allant

48:33
Invité

sur les questions d'immigration par exemple il a quand même faire cadrage quand le ministre a eu cette phrase l'immigration n'est pas une chance disant l'immigration n'est pas mauvaise en soi il faut continuer à accueillir au titre de l'asile etc après il ne pourra pas tellement s'y opposer parce qu'il commence à être un petit peu isolé lui-même en Europe c'est-à-dire qu'à la faveur des élections européennes du mois de juin il y a eu un petit peu une dérive qui s'est faite vers la droite au sein des instances européennes qui fait qu'aujourd'hui comme vous le disiez très bien en préambule il y a un alignement de planètes qui fait que même des sociodémocrates comme l'allemand Olaf Scholz sous la pression de son opinion vous disiez de l'augmenter de l'AFD de l'extrême droite qui monte en puissance mais on a aussi la même situation avec Kerstamer en Grande-Bretagne de la même façon qui regardent et qui disent donc des sociodémocrates ce que fait Mélanie c'est pas mal donc ça on se pince un petit peu pour le croire et du coup Rotaio de la même façon dit c'est bien ce qu'elle fait Mélanie mais je suis pas le seul à le dire la gauche européenne le dit aussi donc le président aura du mal quand même à entrer un point là-dedans c'est difficile ça a beaucoup marqué Bruno Rotaio quand il a eu son premier sommet des ministres de l'intérieur en Italie c'était son premier donc il découvrait un peu le fonctionnement et il s'est dit mais en fait on pense tous la même chose qu'on vienne de pays sociodémocrates ou de pays dits plus conservateurs donc d'où en effet cette idée d'alignement de planètes il se dit mais en fait l'Union Européenne est aujourd'hui alignée sur mes positions ce qui n'était pas le cas ces dernières années sur mes positions ou sur celle des patriotes

49:57
Présentateur

vous voyez cette photo aujourd'hui à Bruxelles de Marine Le Pen avec un groupe évidemment qui s'est étoffé de ses alliés désormais au niveau européen évidemment on reconnaît Victor Orban notamment son allié alors il n'y a pas de Georgia Mélanie parce qu'ils ne font pas partie du même groupe mais c'est aussi ça qui est en train d'infuser dans l'Union Européenne Oui c'est l'idée qu'il y a une stratégie européenne de l'extrême droite et que Marine Le Pen effectivement n'est plus toute seule isolée comme l'était Jordan Bardella il n'y a pas de Georgia Mélanie parce que Georgia Mélanie elle a le travail avec les députés européens français qui sont issus de la force politique notamment de Marion Maréchal et d'Éric Zemmour qui eux se veulent comme un pivot finalement entre le PPE qui est la droite conservatrice traditionnelle laquelle on peut rattacher Michel Barnier et les républicains français et donc Marion Maréchal se veut finalement celle qui va réussir à passer les idées entre le groupe de Marine Le Pen et celui du PPE mais c'est vrai que ce qui pousse aussi Bruno Rotaillot c'est de dire il l'a confié à plusieurs reprises c'est de dire si on ne fait rien au niveau français on voit bien que dans tous les pays européens cette extrême droite là pousse et elle progresse il ne croit pas du tout à la théorie du plafond de verre du Rassemblement National il dit si on ne fait pas le job la prochaine fois Marine Le Pen peut l'emporter donc c'est là où il est à la fois idéologue en disant on va essayer de prouver que si nous on fait le job c'est un peu le pari que Nicolas Sarkozy avait fait je vois que Brice Tinturier ait peut-être cette question sur sa stratégie mais lui c'est de dire si on ne fait pas le job la prochaine fois que ce soit au niveau français ou au niveau européen l'aurait à l'extrême droite qu'est-ce qui différencie du Rassemblement National

51:30
Invité

lui dit que on ressent un petit peu ce que quand on interrogeait Nicolas Sarkozy qui est de dire c'est un peu bateau de dire ça mais de dire s'il fait beau

51:42
Présentateur

et que le RN dit qu'il fait beau pourquoi je ne dirais pas qu'il fait beau ce jour-là il assume totalement comme le disait Brice tout à l'heure que sur l'immigration si le Rassemblement National dit il faut moins d'immigration en France il dira qu'il faut moins d'immigration en France donc c'est vrai c'est sur la partie économique où il a plus de divergences Ah oui, si on parle d'autre chose que de la partie purement immigration il est beaucoup plus libéral économiquement que l'est Marine Le Pen qui se veut effectivement dans une logique beaucoup plus tournée vers les classes populaires qui est ouverte à certaines taxes sur les plus grandes entreprises qui dit vouloir plus de justice sociale effectivement sur ce plan-là Bruno Retailleau est sur une ligne idéologique de droite beaucoup plus classique et libérale Mais sur le niveau européen le vrai modèle pour les dirigeants c'est Mélanie beaucoup plus que Marine Le Pen beaucoup plus encore d'ailleurs Corban donc c'est elle qui est en train de donner le sentiment qu'en ne s'attaquant pas frontalement à l'Europe en s'appuyant sur l'Europe et en ayant la politique migratoire qu'elle a mise en place c'est comme ça qu'on ferait avancer les choses sur le pari de Retailleau et sur l'immigration moi ce que je regarde juste c'est qu'on évoquait tout à l'heure Nicolas Sarkozy c'est vrai qu'il avait réduit Jean-Marie Le Pen à 10,5% en 2007 en 2012 quand il rend les clés qu'il a été au pouvoir à l'épreuve du pouvoir le RN est à 18% 10,5% 18% on sort d'élection européenne où l'enjeu sur l'immigration est devenu progressivement l'enjeu numéro 1 mais le plus crédible là-dessus c'est le RN et bien c'est le RN qui a empoché la mise qu'est-ce que je veux dire juste que si vous n'êtes pas crédible sur l'enjeu qui monte ça profite à ce moment-là au Rassemblement National donc soit vous avez des positions aussi fortes que le Rassemblement National plus grand chose ne vous différencie de lui sur ce sujet et on a un peu de mal à les trouver là s'agissant de Bruno Retailleau soit en réalité vous alimentez le mécanisme du RN qui lui se dit ensuite et bien vous y venez on vous le dit depuis 20 ans mais c'est toujours trop timide et il faudra changer la constitution Nicolas Sarkozy était un adversaire du Rassemblement National

53:37
Invité

c'est le cas de Bruno Retailleau lui quand on lui pose la question qu'est-ce qui vous distingue du RN il dit mais moi je suis un gaulliste je suis un républicain et je rappelle quand même à mettre à son crédit quand Eric Ciotti s'en va dans les bras de Jordan Bardella et plante toute sa famille politique il ne le rejoint pas il ne fait pas la même chose il reste au sein des républicains qui étaient pourtant donnés extrêmement bas et qui a d'ailleurs fait un score relativement modeste aux législatives qui ne l'empêchent pas aujourd'hui de gouverner même si c'est extrêmement paradoxal il n'a pas suivi Ciotti

54:05
Présentateur

mais il se donne comme objectif de faire baisser le RN d'hypothéquer les chances du RN d'arriver au pouvoir

54:12
Invité

c'est totalement l'objectif bien sûr et c'est d'ailleurs pour ça que certains de ses proches se disent mais tiens Bruno pourquoi pas jusqu'en 2027 on peut continuer l'aventure mais toute l'immense question et on n'a pas la réponse quand aujourd'hui vous siphonnez les thèses du RN est-ce que vous le faites monter en validant ces thèses ou est-ce que vous laissez chez ça on ne sait pas il répond je ne me positionne pas par rapport au RN lui il dit je défends mes idées je veux agir pour les français et parfois il ajoute c'est bien aussi quand on a des idées fermes d'être un peu plus modeste dans le style et dans la voix il y a une façon aussi un peu c'est pas du tout les mêmes idées mais à la case neuve c'est à dire que vous parlez avec une petite voix pour dire des choses très fortes et ça aussi c'est un peu le pari de Bruno Rotaillot dans cette époque de bruit médiatique de décès d'un ton

54:59
Présentateur

sur cette volonté ou pas d'adresser un message aux électeurs du RN rappelez-vous celui qui avait répondu à cela le premier finalement c'était Michel Barnier à qui la question avait été posée je crois que c'était au journal de 20h par Laurent Delalouse qui lui avait dit est-ce que la nomination de Bruno Rotaillot c'est un gage donné au RN sa réponse avait été c'est un gage donné au français donc effectivement c'était une façon de dire on joue l'opinion la question c'est pas le RN et pour ce qui est on disait des nuances on parlait des nuances économiques finalement c'est peut-être sur les domaines sociétaux qui a parfois le plus de nuances avec un Bruno Rotaillot qui apparaît peut-être plus conservateur qu'une partie du Rassemblement National qui aujourd'hui ne voulant pas faire peur aux français dans cette logique de conquête du pouvoir veut apparaître moins conservatrice finalement que quelqu'un comme Bruno Rotaillot oui tout à fait de toute façon l'électorat du RN n'est pas aussi conservateur sur les questions sociétales que peut l'être l'électorat qui colle le plus à la ligne Rotaillot que son objectif serait de réduire le RN je crois que personne n'en doute c'est vrai la question c'est le comment quand vous êtes au pouvoir comment vous y parvenez est-ce qu'il est devenu la principale cible des oppositions de gauche y a-t-il un contre-discours à ce que dit Bruno Rotaillot sur les questions de sécurité sur les questions d'immigration portées par la gauche portées par le nouveau front populaire portées par la gauche de la Macronie

56:14
Invité

ils ont été un peu pris de court ils n'ont pas vu venir Bruno Rotaillot ils n'ont pas vu que Bruno Rotaillot allait autant monopoliser l'agenda médiatique et puis qu'il avait des textes qui étaient prêts donc on les sent pris de court ça va sûrement s'organiser puisqu'aujourd'hui oui c'est l'une des premières cibles pour les oppositions

56:30
Présentateur

je dirais même plus que pris de court je dirais même qu'ils l'ont peut-être un peu sous-estimé ils ont vu effectivement ce sénateur arrivé du palais du Luxembourg comme je disais qu'il n'y a peut-être pas l'archétype ou le morphotype du futur président ou du futur ministre de l'intérieur ils ont le sentiment que bon finalement ils connaissaient ses convictions extrêmement fermes mais peut-être pas encore son habileté en matière de communication politique et je pense qu'aussi une partie des oppositions actuellement est totalement aspirée et occupée par la question budgétaire c'est là-dessus qu'ils sont allés et qu'elle n'est pas encore en capacité de proposer un contre-projet à Bruno Rotaillot sur ces questions d'immigration et de sécurité en sachant que c'est un sujet sur lequel la gauche a du mal à défendre vis-à-vis de l'opinion un autre discours alors qu'il peut se justifier sur les régularisations notamment dans les secteurs en tension sur la sécurité les quelques propositions ou réactions qu'on a eues d'Olivier Faure montrent qu'il est plutôt pas hostile à un certain nombre de mesures qui seraient avancées sur les questions d'immigration on a toujours du mal à comprendre ce que serait le contre-projet aussi bien de la gauche que même d'une partie de la Macronie heurtée par les propos de Bruno Rotaillot donc ils ont été pris de court mais c'est depuis longtemps c'est depuis longtemps effectivement qu'il n'y a pas l'arsenal de mesures et le discours qui va avec et nous revenons maintenant à vos questions alors on en a dit un petit mot au début de l'émission mais pour ceux qui nous ont rejoints en cours de route que pense Emmanuel Macron de Bruno Rotaillot déjà est-ce qu'il a dit publiquement quelque chose sur Bruno Rotaillot à ma connaissance non je ne crois pas ils ne connaissaient pas bien avant qu'ils n'arrivent du tout

57:58
Invité

je pense qu'il l'intrigue je pense qu'il le regarde l'a priori est plutôt négatif mais je pense qu'ils peuvent s'entendre vous savez ils ont un intérêt commun tous les deux Bruno Rotaillot veut un référendum sur les questions migratoires le président n'a jamais utilisé l'arme du référendum qui pourrait être un coup politique absolument magistral s'ils s'entendaient tous les deux ils pourraient faire quelque chose d'assez fou c'est la principale mesure demandée par le RN aussi de Marine Le Pen donc il y a peut-être quelque chose à construire entre ces deux

58:26
Présentateur

je peux retourner la question que pense Bruno Rotaillot d'Emmanuel Macri alors ça on sait du mal

58:31
Invité

ça a été relativement cinglant oui il considère que c'est quelqu'un totalement déraciné qui ne comprend pas le pays il l'a dit suffisamment de fois publiquement non non pour le coup il a ses piètres restés mais depuis qu'il est entré en fonction il dit qu'il a du respect pour la fonction voilà donc il l'appelle le chef de l'état d'ailleurs son discours a un peu changé c'est beaucoup plus officiel et plus poli

58:50
Présentateur

mais en même temps ça va à l'encontre de la philosophie d'un Bruno Rotaillot qui est extrêmement charpenté sur certains points qui sont des points mais très structurants qui n'ont pas varié d'ailleurs depuis 15 ou 20 ans donc il n'est pas du tout dans cette idée du en même temps de la modernité du progrès c'est pas quelqu'un qui est fasciné par la modernité au contraire il voit dans la modernité il y a une partie oui d'ancrage sur la tradition c'est un homme de droite et la droite se définit aussi par la tradition et un certain nombre de points où elle dit à force de vouloir tout changer de vouloir faire du progrès et surtout vous dénaturez c'est une question anthropologique vous dénaturez ce qu'est en réalité le peuple français vous dites que c'est un homme de droite sur une espèce de curseur comme ça il porte une droite plus radicale que Nicolas Sarkozy que Laurent Wauquiez je crois qu'il est déjà plus libéral il y a peu de libéraux il est plus libéral sur le plan économique et qu'il est plus conservateur oui y compris qu'un Nicolas Sarkozy qui sur certains aspects n'était pas du tout conservateur quelle est la cote de popularité de Bruno Retailleau qui plaît-il à part aux électeurs d'extrême droite Pauline dans le Var qui pose cette question la cote est pas encore très élevée j'ai regardé malgré tout les ventilations pour l'instant en tout cas au RN il n'y a pas un engouement qu'on peut mesurer autour de Bruno Retailleau Catherine en Côte d'Or Bruno Retailleau prend beaucoup de place dans ce gouvernement qu'en pense son Premier Ministre ?

pour l'instant il partage la lumière oui il y a eu un petit recadrage

1:00:21
Invité

quand Bruno Retailleau a utilisé la déclaration de l'état de droit même si Matignon avait quand même un peu relu la copie donc il y a une répartition des rôles et pour l'instant ça aide plutôt Michel Barnier puisque ça l'installe aussi ça installe le gouvernement il faut voir après il va aimer partager la lumière Michel Barnier ? c'est pas trop un homme de lumière pour l'instant il veut que ce soit fait c'est plutôt que

1:00:43
Présentateur

normalement si le déplacement est confirmé il doit être tous les deux en déplacement dans les Alpes-Maritimes un petit pas aussi en Italie demain sur cette question de l'immigration déplacement qui est un peu suspendu aux conditions météo mais juste avant qu'on entre dans cette émission le cabinet du ministre de l'Intérieur comme celui du Premier ministre me disait qu'en l'état c'était maintenu et qu'on les verrait tous les deux demain il risque d'être exposé sur les inondations puisque les images sont assez spectaculaires et il y aura énormément de dégâts c'est son portefeuille également il ne faut pas qu'il se fasse totalement aspirer effectivement par cette logique idéologique y compris au bon sens du terme de vouloir mettre en place ces valeurs et oublier que le ministère de l'Intérieur c'est aussi le ministère de la gestion du quotidien des inondations et de toutes les catastrophes naturelles qui peuvent survenir Didier Migaud n'était-il pas censé faire contrepoids c'est vrai on entend que Bruno Retailleau

1:01:27
Invité

c'est compliqué il a du mal à s'imposer Didier Migaud déjà il a eu du mal à défendre son budget alors là il a un peu menacé de partir et puis il est un peu isolé dans le gouvernement donc pour l'instant on ne l'entend pas et ce n'est pas sûr qu'on l'entende beaucoup il a un projet pour la justice oui bien sûr déjà obtenir obtenir des crédits non non il a des idées après ce qu'il arrivera à les mettre en oeuvre il n'existe pas médiatiquement mais ça ne l'empêche pas

1:01:50
Présentateur

en défendant Frédéric dans le Vaucluse en défendant des idées proches de celles du RN voire identiques Retailleau est-il un atout ou un fardeau pour le gouvernement Barnier ?

il a un atout déjà pour survivre dans un premier temps parce qu'il ne faut quand même pas oublier que la survie du gouvernement Barnier est en grande partie liée à la décision que prendra Marine Le Pen avec ses débutés de voter ou non une motion de censure qui serait déposée par le nouveau Front Populaire si le Rassemblement National décidait de voter cette motion de censure le gouvernement pourrait être tombé on voit les gestes que Michel Barnier a adressé ces dernières semaines à Marine Le Pen en lui téléphonant notamment pour justement se démarquer de la proposition qui avait été prise par son ministre de l'économie qui considérait que Marine Le Pen et le Rassemblement National n'étaient pas dans l'arc républicain donc de toute façon Michel Barnier lui-même sait qu'il a l'épée du Rassemblement National au-dessus de la tête tout ce que dit la gauche notamment François Hollande de dire tout ça c'est fait pour le Rassemblement National cette loi immigration le fait de dire on va peut-être faire un référendum sur l'immigration les déclarations sur la sécurité et le narcotrafic qu'on a commandé ce soir c'est fait pour arrondir les gens de l'église pour répondre à votre question c'est un atout puisque ça permet de limiter une offensive du Rassemblement National et puis je crois que c'est un atout aussi dans un premier temps parce qu'imaginez qu'il n'y ait pas Bruno Votaillot dans ce gouvernement on parlerait de quoi ?

de la dette et uniquement des mauvaises nouvelles liées à la situation économique et sociale là il y a un autre sujet qui est abordé en revanche vous m'avez compris je crois je pense que ça lui reviendra en boomerang vous n'y croyez pas à cette stratégie je pense qu'on est suffisamment documenté depuis maintenant justement 2007 à savoir que ça sert davantage de l'ARN exactement Jean-Marie dans le Val-de-Marne pourquoi se focaliser sur l'immigration alors que les trafics de drogue sont bien plus anxiogènes pour les français par facilité ?

1:03:35
Invité

pour le coup il parle des deux il vous posait la question sur ce qu'est le travail aussi quotidien l'ordre d'un ministre de l'Intérieur il a une formule Bruno Votaillot qu'il répète tout le temps il prend son téléphone comme ça il dit vous savez le ministre de l'Intérieur sur son téléphone arrivent tous les jours tous les drames du monde tous les drames de la France donc il est au courant de tout parce qu'il reçoit deux fois par jour des synthèses très précises de toutes les catastrophes effets divers qui se produisent en France il dit que c'était pire que ce que j'imaginais l'état de l'hyperviolence et de ce qu'il reçoit comme information

1:04:04
Présentateur

allez une dernière question Michel Barnier soutiendra-t-il Bruno Votaillot quoi qu'il dise ? donc ça restera un atout pour lui oui on disait sur les lignes idéologiques en réalité il n'est pas très loin merci