Bonjour chez vous ! du 7 octobre 2026
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Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 35 %Attaque 45 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 95 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 8:50OuverteRéponse directe
Comment conciliez-vous vie publique, vie professionnelle et vie d'agriculteur ?
- 9:31OuverteRéponse directe
Comment vivez-vous au quotidien les aléas climatiques dans votre exploitation ?
- 10:48OuverteRéponse partielle
Les ministres de l'Agriculture successifs connaissent-ils ces métiers ?
- 13:02OuverteRéponse directe
Les agriculteurs doivent-ils rejoindre les mouvements de contestation ?
- 13:48OuverteRéponse directe
Est-ce que les agriculteurs doivent rejoindre les mouvements de revendication ?
- 17:32OuverteRéponse directe
Comment ressentez-vous la morosité qui s'abat sur le monde agricole ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 9:57Invité politiqueChiffre
« Entre 1988 et 2018, sur 30 ans, aujourd'hui, on a 40% de pousses d'herbe de moins que sur ces 30 années-là. »
- 10:10Invité politiqueFait
« On voit une décapitalisation du cheptel, on voit une production de maïs, de céréales qui est en très, très forte baisse. »
- 10:20Invité politiqueFait
« Et donc c'est la souveraineté alimentaire qui est mise en cause. »
- 12:24Invité politiqueFait
« C'est quand même incompréhensible que dans ce pays on ne puisse pas comprendre qu'on ne puisse pas stocker de l'eau quand il y en a trop l'hiver. »
- 21:07Invité politiqueChiffre
« 20% des agriculteurs vivent avec un revenu négatif et que plus de la moitié ne sont pas au SMIC. »
- 21:50Invité politiqueFait
« On a l'agriculture la plus durable au monde. »
- 27:34Invité politiqueChiffre
« On va avoir 50% de dépendance de plus dans les 10 ans qui viennent. »
- 31:36PrésentateurChiffre
« À l'issue du Covid, un jeune sur dix a pensé faire une tentative de suicide. »
- 32:42PrésentateurChiffre
« En 10 ans, il y a eu 8 ministres de l'éducation. »
- 33:29InvitéFait
« Le gouvernement s'était engagé est-ce qu'il y a un professeur devant chaque classe ? »
- 34:09PrésentateurFait
« ce gouvernement ne réfléchit à rien. »
- 34:51PrésentateurFait
« quand le ministre Blanquer a supprimé les mathématiques, c'est comme une absurdité. »
- 35:00PrésentateurFait
« Il a supprimé les mathématiques et les sciences de la vie et de la Terre au moment où il y a la question de la crise climatique et de l'avenir de la planète. »
- 35:18PrésentateurFait
« on a un manque criant de professeurs de mathématiques et de scientifiques. »
- 35:22PrésentateurFait
« Il y a eu un effondrement aussi des entrées d'élèves dans les grandes écoles et dans les classes préparatoires et notamment chez les filles. »
- 35:35PrésentateurFait
« les chefs d'entreprise ont tiré la sonnette d'alarme et ont dit qu'on a besoin de scientifiques et d'ingénieurs dans nos entreprises. »
- 40:10PrésentateurFait
« je pense qu'il doit démissionner ce ministre parce qu'il a même il doit démissionner. »
- 40:59PrésentateurFait
« ce qui se passe en France n'est rien de moins qu'une immigration de masse incontrôlée, il ne s'agit pas d'école, il s'agit de l'islam qui veut s'emparer d'un pays autrefois grand. »
- 43:26Invité politiqueFait
« il n'y aurait pas eu les gilets jaunes avec moi. »
- 45:22PrésentateurFait
« Ségolène Royal on apprend que Sébastien le corps du premier ministre va s'exprimer ce soir sur la colère lycéenne. »
- 46:48PrésentateurFait
« ce ministère de l'intérieur qui n'est plus juste dernier mot. »
- 47:00PrésentateurFait
« on aimerait bien voir ça aussi, donc qu'est-ce que c'est que ce ministère de l'intérieur. »
- 1:01:06PrésentateurChiffre
« entre 266 000 et 450 000 personnes dans les rues du pays et 528 établissements où les cours sont suspendus. »
- 1:02:41PrésentateurFait
« on avait 40 degrés cet été et puis on ne va pas avoir de chauffage cet hiver »
- 1:07:49InvitéChiffre
« il y a 1650 postes d'enseignants supprimés dans le budget qui est présenté une baisse de 650 millions d'euros du budget dans l'éducation nationale »
- 1:10:40InvitéFait
« nos élèves français à l'école primaire ils ont 60 heures de cours de moins que les élèves allemands italiens ou espagnols »
- 1:12:58PrésentateurPromesse
« nous ce qu'on propose c'est 250 euros par mois jusqu'à 500 euros en milieu de carrière »
- 1:14:20PrésentateurChiffre
« c'est une perte d'achat pour les fonctionnaires de 15 à 20% »
- 1:15:10PrésentateurFait
« il y a une injustice mais terrible en Seine-Saint-Denis »
- 1:17:36InvitéFait
« le ministre de l'éducation nationale a décidé de libérer du temps dès demain matin dès jeudi dès vendredi banalisation complète des emplois du temps »
- 1:25:40InvitéFait
« il y a eu un jeune homme de 15 ans qui a eu une main arrachée »
- 1:26:54PrésentateurChiffre
« on en est par exemple à 5000 interpellations et garde à vue envers nos enfants »
Temps de parole
- Présentateur52 %
- Pascal Coste15 %
- Invité11 %
- Invité 210 %
- ?5 %
- Invité 32 %
≈ 20,2 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Vous écoutez Bonjour Chez Vous, un podcast de Public Sénat.
Public
Sénat, en partenariat avec la presse régionale, vous propose Bonjour Chez Vous. Bonjour à tous, je suis très heureuse de vous retrouver. Comme tous les jours, on fait le tour des sujets qui concernent votre quotidien et l'actualité dans nos régions. On regarde le programme de ce mercredi 7 octobre. Entre 266 000 et 450 000 manifestants dans tout le pays. Hier, les lycéens ont fait entendre leur voix et Sébastien Lecornu qui demande une suspension des cours dans les lycées ces prochains jours pour permettre le dialogue. Va-t-il calmer la colère ?
C'est le débat politique dans une heure entre Violette Spilbout pour Renaissance, Max Brisson pour les LR et Aurélie Trouvé pour la France Insoumise. Et puis dans une demi-heure, nous recevrons Ségolène Royal, candidate à la primaire de la gauche. Quelles mesures prendrait-elle si elle était à l'Elysée ? La France Insoumise répond-elle mieux aux préoccupations de la jeunesse que le Parti Socialiste ? On lui posera ses questions.
Les
agriculteurs vont-ils rejoindre le mouvement sécheresse, aléas climatiques, difficultés de pouvoir d'achat ? Vont-ils ressortir les tracteurs ? Le sénateur, nouveau sénateur LR de Corrèze, Pascal Coste, est avec nous. Bonjour. Merci d'être là tout de suite. Et puis on ira également en Auvergne, où se tient actuellement le plus grand salon de l'élevage. Notre reportage en région.
Nous
vous emmènerons dans la baie du Mont-Saint-Michel, au cœur d'une expérience grandeur nature. Faire cohabiter des huîtres et des algues dans un même bassin. Reportage à suivre. Voilà pour le programme. On est ensemble pendant une heure et demie. Bonjour chez vous.
Et
on commence par le journal. Bonjour Contra Calmet.
Bonjour Auriane. Bonjour à tous.
À la une de ce mercredi 7 octobre, la forte mobilisation des lycéens.
Voilà. La CGT appelle à se mobiliser à nouveau dès demain. Les manifestations d'hier ont été qualifiées de raz-de-marée par le syndicat solidaire. Sébastien Lecornu, le Premier ministre, a pris la parole devant les députés, a invité les élèves à regagner leurs établissements à partir d'aujourd'hui pour avoir des temps de démocratie interne au sein du lycée. Les présidents de région sont reçus cet après-midi. Toutes les images avec Jérôme Rabier.
La
grande journée de mobilisation lycéenne a réuni entre 266 000 selon le ministère de l'Intérieur et 450 000 manifestants selon les organisateurs. Dans les cortèges lycéens encadrés par des enseignants, des parents d'élèves, des syndicats, l'ambiance était plutôt bonne enfant. Quelques rares débordements ont été recensés, mais rien à voir avec les éruptions de violence des journées précédentes. Tout se passe, tout se déroule dans un calme, je ne
vais
pas dire le plus complet, mais presque. Évidemment, la fin du cortège
est toujours beaucoup plus compliquée, puisque celles et ceux qui sont venus manifester paisiblement sont rentrés chez eux et restent le plus souvent celles et ceux qui veulent en découdre.
Si dans la rue, les revendications ont été exprimées dans le calme, l'ambiance était tout autre à l'Assemblée, où la gauche a attaqué la doctrine de maintien de l'ordre du gouvernement, Sébastien Lecornu a défendu la proportionnalité de la réponse policière, malgré des accidents, selon les mots du Premier ministre.
Un accident ? Un enfant de 15 ans qui perd la main et l'avant-bras parce qu'on a envoyé sur lui une arme de guerre ? Des accidents ? Un LBD qui fracasse la mâchoire d'un jeune de 14 ans ? Monsieur le Premier ministre ? Mais enfin, vous avez perdu la raison, vous êtes devenu fou ! Un jeune a eu la tête enfoncée dans l'eau, une
lycéenne a été étranglée, une autre agressée sexuellement, vous faites honte à la France.
Vous êtes ambigu avec la violence, car la violence fait partie de votre projet politique de bordélisation du pays entre maintenant et l'élection présidentielle. Et je vais vous dire une chose, Madame la Présidente, mentir sur les intentions du gouvernement ne vous sauvera pas électoralement.
Le
gouvernement espère désormais une reprise des cours dans les lycées, mais avec un temps d'échange dans tous les établissements du pays. C'est pour ça que le ministre de l'Éducation nationale a décidé de libérer du temps, dès demain matin, dès
jeudi, dès vendredi, banalisation complète des emplois du temps pour permettre à chaque équipe de direction,
dans chaque proviseur, d'avoir un temps de démocratie interne au sein du lycée. On ne peut pas reprocher, on ne peut pas condamner la violence devant le lycée si on n'a pas un temps politique, au sens noble du terme, au sein de chaque lycée. L'Union syndicale lycéenne et l'Union étudiante appellent de leur côté à poursuivre les actions dans les lycées et à de nouveaux cortèges jeudi.
Et
selon Donald Trump, c'est l'islam et une immigration de masse hors de contrôle, je cite, qui sont à l'origine du mouvement lycéen en France. Il ne s'agit pas des écoles, il s'agit de l'islam qui veut s'emparer d'un pays autrefois grand, a écrit Donald Trump hier, s'autorisant à cette ingérence dans la vie politique française.
Le Rassemblement national a présenté hier son contre-budget.
C
'est même une feuille de route jusqu'en 2032 en REN qui a été présentée hier par Marine Le Pen, Jordan Bardella et Jean-Philippe Tanguy, le monsieur économie du REN. 140 milliards nets d'économies ont été présentés hier. Le parti qui veut convaincre de son sérieux budgétaire. Écoutez Marine Le Pen hier.
Le
27 août, j'avais assumé seul devant le MEDEF qu'il fallait opérer un ajustement minimal de 125 milliards d'euros.
Une
réalité comptable, arithmétique, correspondant tout simplement à l'effort indispensable pour reprendre le contrôle.
Compte
tenu de la hausse des taux et du budget indigent que proposent Sébastien Lecornu et Emmanuel Macron,
je
vous annonce dès maintenant que nous portons l'ajustement nécessaire à 140 milliards d'euros nets d'économie en 2032 par rapport à 2026.
J
'espère ne pas être obligé d'augmenter encore ce seuil si une nouvelle dégradation de la situation devait survenir avant le 2 mai.
Pas
de quoi convaincre le ministre de l'économie, Roland Lescure, qui a accusé hier Marine Le Pen de proposer des mesures parfaitement incantatoires, totalement inapplicables, notamment en matière de budget européen et d'immigration. Écoutez.
J
'ai bien compris que ce matin Marine Le Pen avait présenté son contre-budget.
Et
j'ai bien compris aussi qu'avec un budget Le Pen, on rêverait en couleur
et
on raserait gratis.
J
'ai bien compris qu'on rêverait en couleur parce que j'ai entendu un certain nombre de vos collègues nous dire « Regardez, Mme Le Pen fait baisser les taux d'intérêt.
»
Vous le dira, Mme Méloni, les taux d'intérêt italiens, ils ont baissé autant que les taux d'intérêt français. C'est un mouvement global qui concerne la France, l'Italie et tant d'autres.
Vous
rêvez en couleur parce que j'ai vu que dans vos prévisions de croissance, vous avez 1,8% de croissance pour les 5 ans qui viennent. C'est évidemment bien au-dessus de ce que tous les économistes sérieux français et internationaux planifient.
Emmanuel Macron a assisté à un tir d'exercice d'un missile nucléaire.
Voilà, le chef de l'État qui a effectivement assisté au tout premier tir d'un nouveau missile lancé depuis un sous-marin nucléaire.
C
'était au large du Finistère. Très peu de nations disposent d'un tel savoir-faire, a estimé Emmanuel Macron dans un message sur la plateforme X. « Notre dissuasion nucléaire nous protège et continuera de nous protéger », a dit le chef de l'État.
Pour
la première fois depuis 1945, un Parlement allemand bascule à l'extrême droite.
Voilà, dès le premier tour, 48 députés sur 82 ont voté pour Tobias Roche, le candidat investi par l'AFD, l'extrême droite allemande, qui a décroché ainsi la présidence du Parlement régional en Sachsen-Anhalt. Depuis un mois, le triomphe de l'AFD dans cette région provoque un véritable séisme. En Allemagne, fragilise le chancelier conservateur Friedrich Smertz.
Une
minute de silence observée il y a quelques minutes en Israël, trois ans après les attaques du Hamas.
Les salémonies qui sont prévues tout au long de la journée pour rendre hommage aux victimes de cette attaque qui a fait 1221 morts. Ce jour-là, 251 personnes avaient été enlevées, emmenées de force à Gaza. 44 étaient mortes en détention. Emmanuel Macron qui a écrit un message ce matin. Combattre l'antisémitisme et le terrorisme partout et toujours. Oeuvrer pour la paix et la sécurité de tous, c'est l'engagement de la France.
Merci Quentin. On se retrouve dans quelques instants. On nous parlerait de Sébastien Lecornu qui souffle chaud et le froid avec les départements. Vous nous raconterez ça et on va en parler tout de suite avec vous, Pascal
Coste.
Pascal Coste, vous êtes tout nouveau sénateur LR de Corrèze. Vous en êtes encore d'ailleurs pour quelques jours le président du département et vous êtes également agriculteur. Sécheresse, aléas climatiques, crise des revenus, empilement des normes, les motifs de colère des agriculteurs sont nombreux. Vont-ils ressortir les tracteurs et venir grossir les rangs des mobilisations ?
On
va en parler avec vous pendant cette demi-heure. D'abord un petit mot personnel, Pascal Coste, sur votre récit, votre expérience que vous vivez. Vous êtes agriculteur. Comment on concilie les deux
?
C'est un équilibre entre sa famille, entre la vie publique, dans laquelle je suis engagé dès les jeunes agriculteurs, il y a presque 40 ans maintenant, et puis la vie publique et puis la vie professionnelle. Je pense que
j
'ai fait le choix de garder une vie professionnelle pour permettre justement de rester les pieds ancrés sur terre et de connaître toujours les réalités parce que je pense qu'on a besoin plus que jamais de gens de terrain et de bon sens. On voit l'actualité tous les jours.
Comment, juste dans votre exploitation, vous, vous vivez au quotidien ces aléas ? Est-ce que vous êtes touché déjà, vous, par les aléas climatiques ?
Bien sûr, l'agriculture est une des premières victimes du réchauffement climatique. Et quand on oppose agriculture et environnement, on fait une erreur parce que c'est justement celles et ceux qui connaissent peut-être le mieux l'impact du réchauffement climatique. Et donc on voit, par exemple, qu'entre 1988 et 2018, sur 30 ans, aujourd'hui, on a 40% de pousses d'herbe de moins que sur ces 30 années-là. Donc on voit une décapitalisation du cheptel, on voit une production de maïs, de céréales qui est en très, très forte baisse. Et donc c'est la souveraineté alimentaire qui est mise en cause. Et donc c'est nourrir chacun de nos Français.
Et donc est-ce que la solution, c'est importer ou est-ce que c'est de s'adapter localement pour permettre, justement, de continuer à produire, d'arrêter d'assommer les agriculteurs, d'arrêter d'avoir autant de procureurs que de gens qui parlent de l'agriculture ? Je pense qu'il faut connaître ce métier pour en comprendre ses ressorts.
– Mais vous avez
l'impression que les ministres de l'Agriculture successifs, ils ne connaissent pas ces métiers ? – Je
pense
que ce n
'est
pas qu'un problème de ministre de l'Agriculture.
– Parce qu'Annie
Gennevard, elle est issue de vos rangs.
–
Oui, mais…
– Elle
ne connaît pas, elle ne comprend pas les agriculteurs
?
–
Non, ce
n
'est
pas un problème de ne pas comprendre des agriculteurs, c
'est
que je pense qu
'il
y a autant de procureurs que de gens qui parlent et qui mangent au quotidien. Et donc il n
'y a
pas un autre métier qui est à la vindique populaire de cette manière-là. Et je pense que l'agriculture, comme beaucoup d'autres secteurs de l'économie, a besoin qu'on leur foute la paix, Pompidou le disait, mais c'est vrai aussi… – Il
faut arrêter
d'emmerder les
agriculteurs.
–
Il
faut arrêter d'emmerder les agriculteurs et surtout, il faut arrêter d'emmerder les entrepreneurs. Je pense qu'on veut laver plus blanc que blanc en France. On est dans un schéma où tout le monde nous explique aujourd'hui qu'on veut baisser les budgets à l'Union Européenne. Dans le même temps, ces budgets profitent massivement aux pays de l'Union Européenne qui émergent et qui sont en train de reprendre de la compétitivité. – Mais vous
visez qu'ils parlent à la
fois le RN et les écologistes, c'est ça ?
– Oui, mais c'est-à-dire qu'à la fois on finance la modernisation des exploitations agricoles et des entreprises dans des pays qui en ont besoin pour faire une Europe solidaire et une Europe forte, mais dans le même temps en France, on se met des barrières et on importe, y compris des produits européens qu'on n
'a
pas le droit de produire chez nous. Donc à un moment c'est valable pour les unes ou pour les autres et donc on ne peut pas être dans une ambivalence de ce type-là. Et après, si on laisse faire le bon sens paysan qui n'est pas qu'une légende, eh bien on va vite trouver un certain nombre de solutions et notamment le stockage de l'eau est un vrai sujet. C'est quand même incompréhensible que dans ce pays on ne puisse pas comprendre qu'on ne
puisse
pas stocker de l'eau quand il y en a trop l'hiver et avec les inondations que ça peut faire, c'est parce qu'il règlera toutes les inondations. Mais il y a de l'eau en quantité suffisante et les experts du GIEC nous disent que ça continuera au moins pour les 30 à 50 prochaines années. Par contre, il y aura des assèques beaucoup plus longs. Et donc gardons de l'eau dans du multi-usage, à la fois pour l'eau potable, à la fois pour les milieux, parce qu
'il
y
a
beaucoup de rivières ou de ruisseaux qui restent en assèque, et à la fois pour les usages anthropiques dans l'agriculture et le tourisme.
Les agriculteurs vont-ils rejoindre les mouvements de contestation, les mouvements lycéens ? On va écouter le porte-parole de la Confédération paysanne, Stéphane Gallet, c'était hier au Salon de l'élevage.
Nous, on a appelé à rejoindre les mouvements parce qu'on pense que c'est important. Déjà, ça nous fait chaud au cœur de voir qu'il y
a
une jeunesse qui souffle et qui comprend les enjeux qu'ils vivent et qui ont envie d'avoir une rupture réelle, qui ne se soumet pas mais qui a envie d'avoir une rupture réelle. Donc nous, en tant que syndicalistes, on comprend la façon dont ils abordent leurs problèmes. Mais c'est aussi les mêmes problématiques. C'est l'abandon de l'État sur l'intérêt général. Que ça soit sur l'éducation, que ça soit sur l'agriculture, que ça soit sur tous les sujets de société, ce qu'on remarque, c
'est
un abandon de l'État au profit d'intérêts privés.
Vous
êtes d'accord avec lui, Pascal Coss ? Est-ce que les agriculteurs doivent rejoindre les mouvements de revendication ?
Je crois qu'il faut faire attention à ne
pas
borderliser le pays dans un moment où on est très très fragile et qu'il y aura aussi une élection présidentielle pour que chacun nous explique ce qu'il veut faire. Et je pense qu'on devrait plutôt prendre du temps, l'ensemble des corps intermédiaires et des syndicats, à échanger avec l'ensemble des candidats à la présidence de la République pour voir justement quelles sont leurs solutions, comment concrètement elles peuvent le faire, qu'ils apportent leur contribution et surtout qu'ils dénoncent toute la démagogie qu'il peut y avoir sur certaines propositions en fait pour qu'on ait un vrai débat démocratique, pour qu'on ait un vrai choix à cette élection présidentielle.
– Mais donc ça
veut dire qu'il ne faut pas manifester, il ne
faut
pas contester
avant la présidence, il
faut attendre la présidentielle,
c'est ça ? – Je ne dis
pas qu'il ne faut pas manifester, je dis qu'on passe des gilets jaunes qui n'ont rien réglé aux gilets jaunes et que derrière, même s'il y a véritablement besoin de refonder le sujet de l'éducation, même la place de la famille là-dedans, moi je ne laisserai pas mon gamin aller rattraper des grenades et puis les rebalancer à des policiers, on a besoin de l'ordre dans ce pays, on a besoin aussi de remettre l'éducation à sa place, de remettre la souveraineté alimentaire pour revenir sur le sujet et la question de la souveraineté, elle est un peu à tous les niveaux et donc bordéliser le pays ne sera pas la solution, ça ne
veut
pas dire que les organisations professionnelles ne doivent pas revendiquer, ne doivent pas avoir des actions, mais de là à massifier
un
ensemble de revendications des agriculteurs, des taxis, des transporteurs, parce que le gasoil est un vrai sujet, du travail public, j'en passe et des meilleurs, c'est parce qu'il va régler le problème, parce qu'au final on n'a pas de corpus commun et on voit bien qu'avec cette révolte des jeunes, on n'est pas sur la suppression d'une réforme posée par un gouvernement, on est sur aussi quelque chose de plus profond, mais aussi une instrumentalisation politicienne, notamment de l'extrême gauche, des jeunes, et je dis aux jeunes, attention, l'ordre fait partie aussi de vos valeurs, des fondements de notre République, manifester est un droit et très nécessaire, et je pense que l'exemple d'hier est un bon exemple, on peut manifester et rester dans le calme, et je pense que c'est comme ça qu'on arrivera à trouver des solutions.
– On parlera de la colonne saine, mais pour rester sur les agriculteurs, cette semaine se tient le grand salon de l'élevage à Cournon d'Auvergne dans le Puy-de-Dôme, où on va aller retrouver Gilles Lalos. Bonjour Gilles, merci beaucoup d'être avec nous, et Gilles Lalos de la rédaction du journal La Montagne. Gilles, ce salon de l'élevage,
c
'est le plus gros de l'Europe, c'est le plus gros d'Europe, quels sont les enjeux cette année
? –
Les enjeux sont notamment sur le
pastoralisme, qui est la grande thématique de l'année, et c'est un gros sommet de l'élevage, un grand salon, pour vous donner un ordre d'idée, c'est 1 800 exposants venus de 35 pays,
c
'est un nouveau record qui est battu en termes d'exposants, alors que plus de 120 000 visiteurs sont attendus d'ici vendredi soir, à Cournon d'Auvergne, et même si la ministre de l'Agriculture a dû reporter, à jeudi sa venue sur le site, le sommet a connu hier une très belle première journée, avec plus de 20% de hausse de fréquentation.
Pourtant, avec une séchage catastrophique, une absence de repos de l'herbe cet automne, la remise en cause de la fiabilité de l'indice satélitaire qui doit permettre d'évaluer les taux de perte sur les prairies, sans oublier les arbitrages attendus sur la nouvelle PAC 2028-2034, les sujets de préoccupation ne manquent pas pour les agriculteurs dans les allées de ce sommet. Monsieur Coste, une question, vous connaissez bien ce rendez-vous pour y être venu en voisin, pour y promouvoir la châtaille de Corrèze, mais pas seulement, comment ressentez-vous cette morosité qui s'abat aujourd'hui sur ce monde agricole ?
D
'abord, dire que c'est une chance exceptionnelle d'avoir eu des responsables agricoles qui ont su créer un rendez-vous aussi fort autour de l'élevage. On a l'espace à Rennes sur les productions spécialisées, on a ce sommet mondial de l'élevage, et je le disais avec le pastoralisme qui est posé, je pense qu'on a à défendre une spécificité de l'élevage français. On a besoin de recréer des élevages, y compris des élevages hors sol, qui permettraient, dans des zones céréalières, de les nourrir facilement, et puis de redonner aussi des entrants. C
'est
-à
-dire,
au
lieu
de mettre de l'engrais, de mettre de la matière organique dans les sols, et donc de recréer de la vie des sols. Donc, je pense qu'on a besoin de réexpliquer que l'élevage, il est très important, que dans le massif central, l'élevage, c'est une politique d'aménagement du territoire. Si on n'a pas de prairie, eh bien, on n'a pas de stockage de carbone. Donc, c'est bon pour les gaz à effet de serre. Et donc, il faut qu
'on
soit en capacité pour redonner de l'espoir, comme on me le demande, à la fois de faire en sorte qu'on soit rémunéré par le prix et non pas par les aides. Les agriculteurs ne demandent pas d'échec, comme on l'a là sur le plan quasi ou sur les autres. Ils veulent vivre du juste prix de leurs produits. Ça veut dire qu'il faut qu
'on
soit capable d'identifier cette viande qui est produite bas carbone et donc qui est différenciée de celle qui vient de tous les pays importés avec les hormones, avec tout un tas de produits qui ne sont pas autorisés chez nous. Et heureusement. Et donc, c'est aussi ça. Il nous faut retrouver du revenu, redonner de la lisibilité, arrêter les normes. Et sur un bassin d'élevage comme le massif central et partout, et je pense à Normandie et à un certain nombre de pays d'élevage, c'est aussi maintenir les zones humides. Si on ne maintient pas une pression de pâturage dans les zones humides, c'est aussi ça le pastoralisme, eh bien, on ne maintiendra pas le château d'eau de la France.
Et donc, je le dis aux Français, manger de la viande salaire, de
la
viande limousine, des belles races du massif central et bien d'autres, des races à viande, notamment, c'est aussi avoir de l'eau au robinet.
Pascal
Coste, Gilles Laloz a une seconde question pour vous.
Tout
à fait. Vous parlez des citoyens pour qu
'ils
choisissent les bons produits. La question est aussi fortement politique. Et lors des trois prochaines journées, il va y avoir de nombreux candidats à la présidentielle qui vont passer ici, au sommet
de l'élevage, à la rencontre des agriculteurs. On aura Marine Le Pen, Edouard Philippe, Éric Zemmour, Nicolas Dupont-Aignan
qui
vont venir dans le Puy-de-Dôme. Ce public agricole, majoritairement à droite, est-il devenu très sensible aux arguments de l'extrême droite
? Je
pense que si on est sensible aux arguments de l'extrême droite, c'est parce qu'à un moment, nos grandes familles politiques plus républicaines n'ont pas eu le travail et l'expression nécessaire. Je pense qu'aujourd'hui, personne n'a envie de faire de l'eau tiède. Et à un moment, il faut appeler un chat, un chat. Ce qui a été fait…
Qu
'est
-ce que vous aviez, vous, des collègues agriculteurs qui votaient à droite et qui aujourd'hui disent « Nous, maintenant, on va voter RN ?
» –
Alors, entre le dire et le faire, il y a une nuance. – Et vous
l'entendez ?
– On l'entend, bien entendu. Mais on voit aussi la pression monter. Je rappelle que quand même, 20% des agriculteurs vivent avec un revenu négatif et que plus de la moitié ne sont pas au SMIC. Donc forcément, c'est une classe ouvrière qui se lève tôt et qui a de grandes difficultés. Et donc, il peut être tenté par l'extrême. Mais l'extrême dit « On va réduire le budget à l'Europe et dans le même temps, on va donner les aides aux agriculteurs. » Donc, à un moment, les agriculteurs sont des gens de bon sens. Il faut revenir à des sujets de bon sens. Je pense qu'il faut être en capacité d'enlever d'abord l'ensemble des surtranspositions européennes. Et ça, c'est…
qui permettrait justement aux agriculteurs de foutre la paix aussi aux agriculteurs pour qu'ils puissent produire. On a l'agriculture la plus durable au monde. Il faut leur faire confiance et faire en sorte de retravailler parce qu'on a une industrie agroalimentaire exceptionnelle aussi avec des marques exceptionnelles pour avoir une chaîne de répartition de la valeur ajoutée qui permette une juste rémunération du producteur.
Un mot rapidement, Pascal Coss, parce que le temps filtre,
vous
soutenez, vous, Xavier Bertrand. Il se prépare à être candidat, lui
? Lui,
il pourrait être un rempart ORN pour vous ?
Xavier Bertrand fait partie des rares personnalités qui a battu deux fois le Rassemblement national. Et je pense
qu'il a… On a l'agriculture de
Haute-France.
Mais il se prépare, là
? Des gens qui sont en capacité d'avoir des solutions pour être en rempart ORN. Mais est-ce
qu'il ne soit candidat à la présidentielle ? Bien sûr,
il est celui qui a une expérience en la matière et qui se prépare au sujet. On verra dans les semaines et dans les mois qui viennent comment aussi on peut avoir une voix singulière. Il n'a jamais été macroniste, il n'a jamais été comptable du bilan catastrophique de ces dix années au pays. À côté de ça, c'est quelqu'un qui est capable de discuter aussi avec tout le monde et surtout qui ne fait pas d'eau tiède. Xavier Bertrand, c'est tout sauf de l'eau tiède. C'est une force tranquille qui permet et une sérénité qui peut permettre de rassembler le pays au moment venu.
Mais est-ce qu'il a déclaré
sa candidature
?
Ça, c'est à lui… Ça lui appartient. Il ne vous en a pas parlé. Et on verra tous ensemble cela. Mais Xavier Bertrand est prêt pour assumer les responsabilités si le pays en a besoin.
Merci Gilles Laloz. Merci beaucoup d'avoir été avec nous depuis ce sommet de l'élevage à Cournon d'Auvergne, la une de la montagne. Clermont, c'est l'année des agricultrices. Merci à vous Gilles. Et à très vite. Pascal Cos, pourquoi vous avez choisi de quitter le département de la Corrèze que vous présidiez pour devenir sénateur ?
Mais quand on est sénateur, on a la même circonscription que le président de département. C'est le seul, d'ailleurs. Le sénateur couvre toute la Corrèze. Donc, je resterai auprès des Corréziens en tant que sénateur. C'est une équipe qui a choisi Laurent D'Artois à l'unanimité pour pouvoir demain être notre candidat et me remplacer. C'est quelqu'un avec qui je travaille depuis les 12 années de présidence au département, tel que j'ai confiance. Et nous avons souhaité, en 2020, avoir un couple département-région. Je suis aujourd'hui aussi conseiller régional, président de la commission des finances avec toutes les difficultés du moment.
Et donc, il faut continuer cette complémentarité entre le département de la Corrèze qui représente 4% de la population et de
l
'économie de la Nouvelle-Aquitaine et cette grande région Nouvelle-Aquitaine.
Et justement, on va parler des finances, des finances des collectivités, des départements plus particulièrement puisque, Quentin, le Premier ministre a écrit au département avant la présentation du budget pour les assurer que leur budget allait augmenter.
Oui,
le courrier a été envoyé le 28 septembre. Sébastien Lecornu semble rassurant dans sa lettre au président des départements. Tout est dans le semble. Le Premier ministre annonce qu'ils bénéficieront d'une exception. Vos recettes progresseront ainsi au-delà de l'inflation. L'ensemble des départements disposera de 1,5 milliard d'euros supplémentaires, écrit alors Sébastien Lecornu au président du département. Il faut dire que les départements assurent les missions sociales, inversement du RSA, la prise en charge de l'autonomie, du handicap, de l'aide sociale à l'enfance, autant de dépenses sociales, Auriane, qui continuent d'augmenter avec des ressources, elles, qui sont contraintes.
Toutes ces missions d'action sociale, justement, qui pèsent de plus en plus sur les départements alors que leur recette stagne.
Oui, c'est l'autre annonce du courrier du Premier ministre. Une part de la CSG, cet impôt payé par les salariés, doit être fléché à hauteur de 300 millions d'euros à la contribution sociale générale, de la contribution générale sociale générisée pour financer l'aide personnalisée d'autonomie. La CSG financerait ainsi l'autonomie, c'est ce qu'annonce Sébastien Lecornu dans son courrier.
C
'est une douche froide quelques jours plus tard pour les départements.
Voilà, mercredi dernier, le gouvernement présente alors sa copie budgétaire, notamment sur le volet collectivité locale. Voyez ce communiqué de l'Association des départements de France à la sortie du comité des finances locales. Ils se disent en état de choc, les mots sont forts, le gouvernement va puiser finalement dans leurs recettes pour boucler le budget. Au total, les départements seront donc ponctionnés de 1,2 milliard d'euros. On est bien loin de l'opération de communication du Premier ministre annonçant en début de semaine à l'ensemble des présidents de région que les départements disposeront de 1,5 milliard supplémentaire. C'est ce qu'écrit l'Association des départements de France.
Seul point qui trouve grâce aux yeux des départements la part de la CSG, je le disais, fléchée vers l'autonomie, financement que les départements appellent de leur vœu depuis plusieurs années. Alors Pascal Coste, ça a été un peu un ascenseur émotionnel la semaine dernière pour les présidents des départements. Ils ont pensé être épargnés en début de semaine par la copie budgétaire. Finalement, on
ne
sait pas ce qui va se passer.
Ils
vont devoir contribuer nationales. Comment est
-ce
que vous avez vécu vous toute cette période
?
Nous, on l'a vécu avec une certaine constance parce que ça fait longtemps qu'on matraque les départements. La relation est tendue avec l'exécutif depuis plusieurs années. Oui, et puis je pense que tout le monde est de sa commune et de son département. Et donc le département,
c
'est quelque chose de très très important. C
'est
la qualité des solidarités. Dans un moment où le pays ne va pas bien, la solidarité, on en a de plus en plus besoin. Et la solidarité pour un département, c'est aussi le maintien à domicile. C'est toutes les personnes âgées notamment. Et les
personnes en
situation de handicap. Et aujourd'hui, on est sur des réductions budgétaires de la part de l'État alors qu'on est dans un défi démographique qui est impressionnant.
On va
avoir 50% de dépendance de plus dans les 10 ans qui viennent. On va doubler le nombre de dépendants et donc le coût nécessaire à ça. Dans le même temps, on aura moins de main-d'oeuvre donc ça sera très compliqué. Et donc aujourd'hui, le sujet, c'est comment on peut avoir une ressource pérenne pour les départements. Parce que les départements comme les régions sont deux strates de collectivité territoriale très importantes pour le pays qui n'ont aucun levier fiscal et aucune recette propre.
Donc comment expliquer dans ce contexte ce que veut faire le Premier ministre ? On a l
'impression
qu'il vous donne des recettes d'un côté avec cette part de CSG et de l'autre côté qu'il puise dans vos recettes existantes. Il allume un écran de fumée comme ça ? Comment
expliquer ce jeu de passe
-passe ? C'est de l'affichage parce que si on devait avoir un pourcentage de CSG, il devrait nous donner de la CSG. En fait, l'idée, c'est que la CSG va alimenter la Caisse nationale de solidarité à l'autonomie et la Caisse de solidarité à l'autonomie va nous réfléchir 300
millions.
Sauf qu'aujourd'hui, il nous en faut plus du double pour que l'engagement de l'État qui était de faire au moins 50%
de
compensation de l'État sur des dépenses liées à l'autonomie, eh bien, il faudrait le double. Et donc, aujourd'hui, on a besoin d'avoir une vraie fiscalité. C'est vrai aussi pour les centres départementales d'incendie de secours où on est dans une situation qui est inextricable de plus en plus de carences parce qu'on n'a plus les ambulanciers dans le pays pour faire le travail parce que la Sécurité sociale et l'État les a massacrés et de l'autre côté, les pompiers qui viennent faire ce qu'ils ne devraient pas faire, qu'ils devraient se cantonner à l'urgence.
Merci, Pascal Coste. Et je précise qu'on sera présent la semaine prochaine à Reims au Congrès des départements et missions spéciales, bien sûr, à suivre sur notre antenne toute la matinée du vendredi 16 octobre, jour de clôture de ce congrès. Merci, Pascal Coste d'avoir été avec nous. Quentin, nous, on se retrouve dans 20 minutes pour la revue de presse régionale avec un gros thème à la une.
Voilà, bien entendu, on va revenir sur les mobilisations des lycéens, c'est quasiment à la une de tous les titres de la presse régionale ce matin. Quelques exceptions à la règle, on verra tout à l'heure.
Voilà, on va en parler et on va revenir sur cette colère lycéenne avec notre invitée Ségolène Royal, nous rejoint.
Et
ce week-end, les électeurs de la gauche sociale-démocrate qui sont appelés à choisir leur candidat à la présidentielle et nous recevons l'une des cinq candidats. Bonjour Ségolène Royal.
Merci
beaucoup d'être avec nous ce matin. On va parler de votre programme, de ce que vous ferez si vous arrivez à l'Élysée pour répondre notamment à cette colère sociale qui s'exprime dans la rue mais aussi aux difficultés budgétaires que connaît le pays. Interview en partenariat avec la presse régionale représentée ce matin par Christelle Bertrand du groupe La Dépêche. Bonjour Christelle. Bonjour Aurélène, bonjour Ségolène Royal. Ségolène Royal, on commence par cette mobilisation lycéenne. Vous avez vu ces centaines de milliers de jeunes hier dans la rue. Vous, présidente, comment vous la calmez cette colère lycéenne
? D
'abord, je l'aurais anticipé déjà.
C
'est-à-dire que les lycéens et les jeunes se manifestent depuis longtemps, expriment depuis longtemps leur anxiété dès la fin du Covid
parce
que jamais une génération n'a été comme ça au bord d'un tel basculement.
C
'est quelque chose de plus profond que l'état physique des lycées.
Vous
voyez, c'est une angoisse sur le futur. Et moi, c'est ce que j'appelle la dette générationnelle. Donc, on n'a pas le droit de laisser une dette générationnelle. Et comment on répond à ça
? Comment
on
répond
à
ça ? D'abord, il
fallait anticiper.
Mais de quelle manière
? Parce qu'il y a eu aussi beaucoup de protestations contre les systèmes de parcours sup. Donc, il y a une invisibilisation de l'avenir des jeunes aujourd'hui. Ils sont sortis anxieux du Covid. Ils n'ont pas été soignés après Covid malgré les promesses. Vous savez, à l'issue du Covid, un jeune sur dix a pensé faire une tentative de suicide. C'est considérable. Plus ce qui se passe sur les réseaux sociaux, plus l'angoisse sur le futur, plus la crise du pouvoir d'achat que vivent leurs parents. Ça se répercute aussi sur les jeunes.
Et les guerres à nos portes. Mais qu'est-ce que vous auriez pris comme mesure ?
La crise climatique. Vous voyez, on leur laisse une crise et c'est ce que j'appelle moi le pacte générationnel. Et si j'étais présidente, je ferais un pacte générationnel. C'est-à
-dire,
je mettrais en mouvement l'ensemble des secteurs de la société pour dire mais finalement, qu'est-ce que c'est que les fondamentaux de la politique
?
C'est de se demander pour chaque décision est-ce que c'est bon ou pas pour les nouvelles générations. Mais notre objectif, c
'est
les nouvelles générations. Je parle un peu comme une mère de famille mais je pense qu'il faut remettre dans la politique parce qu
'il
n'y
en
a jamais vraiment eu. Il faut les aimer les
jeunes. Mais comme mesure concrètement. Il faut les aimer. Moi, je suis allé à la sortie
d'un lycée. Ils sont formidables les jeunes d'aujourd'hui.
Le budget de l'éducation
nationale a augmenté ces dernières années. Qu'est-ce que vous auriez pris comme mesure concrète ? On entend bien la question du pacte générationnel d'aimer les jeunes. Mais comment vous auriez répondu concrètement ?
C
'est quoi ? C'est plus de professeurs
? C'est abrogé par Corfu ? Regardez,
en 10 ans, il y a eu 8 ministres de l'éducation. Ce n
'est
pas scandaleux, ça ? Avec chaque ministre, avec ses marottes, ses obsessions. Un qui supprime les maths, un autre qui supprime les filières au bac. Et donc, le corps enseignant aussi a été profondément secoué, déstabilisé, au lieu de consacrer l'essentiel de son temps aux jeunes. Vous savez, j'étais ministre à l'éducation nationale, j'étais ensuite présidente de région, donc chargée du matériel des travaux des lycées. Donc, j'ai vu l'intelligence des jeunes. Dans ma région,
j
'avais fait, par exemple, le budget participatif. Ça pourrait être fait dans tous les lycées.
C
'est-à-dire, 10% des investissements étaient débattus dans les lycées pour savoir ce
qui était
important pour eux, par exemple. Ça, c'est du respect. Eux prend du doigt, par exemple, un problème
essentiel qui est le manque de professeurs devant les élèves. Bien sûr. Le gouvernement s'était engagé est-ce qu'il y
a
un professeur devant chaque classe ? Ça n'est pas le cas. Comment on fait pour résoudre ce problème très concret ? Est-ce qu'il faut augmenter les professeurs ? Mais on a un budget très contraint, on va le voir dans les semaines qui arrivent. Comment on fait pour
résoudre ce problème d'effectifs
? D
'abord, il y
a
une dégradation du nom, une dégradation de la position sociale des enseignants dans la société parce qu'effectivement les salaires n'ont pas suivi, parce que l'éducation est en grande mutation
et
parce que les jeunes et les enseignants se rendent compte que la transmission des savoirs maintenant est concurrencée par les réseaux sociaux, bientôt par l'intelligence artificielle et ce gouvernement ne réfléchit à rien. L'intelligence artificielle arrive. Donc, qu'est-ce qu'on en prend comme le meilleur dans le cadre de l'éducation nationale et qu'est-ce qu'on évite comme étant le pire ? Donc, vous voyez, c'est
tout...
Je vous pose une question très concrète, vous, présidente, est-ce que vous augmentez les professeurs
? Bien
sûr, j'augmente les professeurs. Mais surtout, je leur donne aussi des opportunités de formation professionnelle pour aborder les nouveaux temps qui viennent. Ça, c'est très important et j'arrête de secouer l'éducation nationale. Quant à un ministre de
l'éducation... Donc, ça veut dire que vous engagez à avoir un seul
ministre de l'éducation sur le quinquennat ? Oui, il faut en prendre un bon, le stabiliser et surtout ne pas détruire les bonnes choses qui ont été faites ou inventer des choses nouvelles. Vous savez, quand le ministre Blanquer a supprimé les mathématiques, c'est comme une absurdité. Le monde entier a gardé ça alors que dans tous les pays, on renforce au contraire les enseignements scientifiques. Il a supprimé les mathématiques et les sciences de la vie et de la Terre au moment où il y a la question de la crise climatique et de l'avenir de la planète. C'est aberrant.
Du jour au lendemain, les professeurs de mathématiques, ils se sont sentis complètement déconsidérés et ils sont allés ailleurs.
Ils
sont sortis de l'éducation nationale et maintenant, on a un manque criant de professeurs de mathématiques et de scientifiques.
Il y a
eu un effondrement aussi des entrées d'élèves dans les grandes écoles et dans les classes préparatoires et notamment chez les filles.
Il
y a eu un effondrement des filles s'engageant dans les filières scientifiques alors que les chefs d'entreprise ont tiré la sonnette d'alarme et ont dit qu'on a besoin de scientifiques et d'ingénieurs dans nos entreprises. Donc,
vous
voyez l'aberration
de
ce qui a été fait sur l'éducation
nationale
pendant 10 ans
?
Sébastien Lecornu propose de banaliser la fin de la semaine pour permettre des temps d'échange avec les élèves. Est-ce que, de votre point
de vue, ça va dans le bon sens ? Mais ce n
'est
pas suffisant. La crise est très profonde et elle couvait depuis 3-4 ans. Donc là, il fallait faire des états
généraux. Il faut quoi, par exemple ? Il
faut faire des états généraux des lycées. Il faut faire des cahiers de doléances. Il faut voir où sont les angoisses par rapport au futur. Quelles sont les bonnes conditions de travail ? Vous savez, une jeunesse qui se mobilise pour demander de bonnes conditions de travail mais c'est positif
au
lieu de leur envoyer des
policiers armés comme s'il y avait une guerre. Mais avec quels moyens ? C'est insupportable. Juste,
de combien vous
augmentez le salaire des
professeurs ?
Vous
avez dit
moi j'augmente le salaire
des professeurs. Moi je ne règle pas les sujets comme ça en claquant des doigts en disant je vais les augmenter
de temps. Mais ce n'est pas
en claquant des
doigts
par exemple Édouard Philippe et Gabriel Attal
donnent des chiffres.
Ce n
'est
pas comme ça qu'on gère un pays.
Ce
n
'est
pas en annonçant comme ça.
Il ne faut pas un
programme précis pour être candidat ?
Non,
ce
n
'est pas comme ça qu'on annonce un pays. On annonce un objectif politique. Ensuite, on travaille avec les personnes intéressées.
On
fait de l'intelligence collective et on regarde ce que l'on fait. Je ne crois à aucune des promesses qui sont faites en termes de chiffres absolus comme ça.
On
va augmenter si on va augmenter ça. D'abord la France c'est au bord du gouffre financier. Donc toutes les promesses financières de dépenses supplémentaires il faut les financer. Alors les candidats
qui ont un nombre de dépenses supplémentaires sans dire comment ils les financent. C'est
une dépense comment vous la financez ? Vous, vous promettez d'augmenter les
professeurs. Oui, mais c'est
pour ça que je vous dis qu'il y
a
un objectif politique qui est de revaloriser le rôle des enseignants, la formation des enseignants mais ce n
'est
pas suffisant. Ce que veut la jeunesse aussi c'est une visibilité sur son avenir. Vous voyez, paradoxalement quand un gouvernement tape sur les retraités ça impacte les jeunes parce qu'ils se disent mais nous on n'aura plus de services publics donc ça les déstabilise donc il faut aussi sécuriser la jeunesse sur le maintien du modèle français de la sécurité sociale car pour aborder les transitions qui viennent notamment dans le domaine de l'intelligence artificielle il faut sécuriser
tout
le monde il faut sécuriser les jeunes il faut leur dire vous avez quand même un avenir et voilà dans quelle perspective. Par
exemple... Edouard Schiffré, pardon l'actuel ministre de l'éducation dit le problème démographique la baisse de la démographie va naturellement régler le problème de l'éducation
nationale.
Vous partagez ce point de vue ?
Mais
c'est très faible de dire ça
vous
voyez c'est vraiment très très faible c'est pas comprendre que derrière la révolte des lycéens je le répète il y a une angoisse sur leur futur quels seront leurs métiers quelles seront leurs formations quelle sera leur place dans la société comment est-ce qu'on leur transmet un monde en paix comment est-ce qu'on répond à leur angoisse climatique comment est-ce qu'on va répondre à la crise financière c'est la globalité du monde qu'on va leur laisser là on leur laisse un monde de chaos un monde de dette un monde de déstructuration on n
'a
pas le droit on n'a pas le
droit on n'a pas le droit de
transmettre une dette générationnelle
Un mot
puisque vous nous avez parlé de parcours sup vous le réformez vous l'abrogez
? Je
pense qu'il faut l'abroger et le remettre à plat ça c'est...
Et revenir à
l'ancien système ? Il y a une angoisse pardon ? Revenir à l'ancien système ? Vous savez, le monde évolue donc il faut bien sûr remettre à plat parcours sup c'est vécu comme une grande injustice comme quelque chose qui n'est pas transparent qui n
'est
pas clair les inégalités se creusent manifestement il y a aussi ce sentiment-là chez les jeunes du creusement insupportable des injustices et des inégalités Interrogation
aussi
et on l'a vu notamment hier aux questions d'actualité à l'Assemblée sur la doctrine du maintien de l'ordre sur la manière dont ont été gérées ces mobilisations qu'est-ce que vous en avez pensé ? Comment vous les qualifiez ? Est-ce que vous comprenez les consignes de Laurent Nunez le ministre de l'Intérieur ? C'est insupportable ce qui s'est passé quand
vous
regardez la presse internationale ils se demandent qu'est-ce qui se passe
vous
croyez que les jeunes vont revendiquer de bonnes conditions pour travailler
on
leur envoie une police armée comme s'il y avait une guerre
et
il y en a qui sont mutilés
il y a aussi des blessés dans le corps enseignant il y a aussi des blessés dans les forces de l'ordre ça
ne se voit dans aucun autre pays européen c
'est
insupportable c'est une provocation
le
ministre répond que les lycéens étaient très violents et qu
'il
n'y avait pas d'autre choix que d'envoyer la police
je pense qu'il doit
démissionner ce ministre parce qu'il a même il
doit
démissionner ça a été demandé à l'Assemblée nationale mais vous vous le demandez c'est insupportable ce qui se passe c'est gravissime d'autant plus que vous savez le chaos social aggrave les conditions aggrave la crise financière
quand
les créanciers de la France voient non seulement la crise financière c'est
-à-dire
la mauvaise gestion financière mais en plus qu
'il
n'y a même pas de stabilité politique et qu'il y a le chaos dans les rues ça fait monter les taux d'intérêt auxquels la France emprunte pour couvrir sa dette donc c'est irresponsable de la part d'un gouvernement de laisser cela et surtout de faire des provocations Donald Trump le président américain s'est exprimé hier vous l'avez vu sur les mobilisations je vais lire ce qu'il a écrit ce qui se passe en France n'est rien de moins qu'une immigration de masse incontrôlée il ne s'agit pas d'école il s'agit de l'islam qui veut s'emparer d'un pays autrefois grand pas de réaction pour le moment d'Emmanuel Macron est-ce que vous présidente vous lui aurez répondu
c
'est toujours difficile parce que si vous répondez à des propos absurdes vous les valorisez
vous
les faites reprendre donc je pense que ce qu'il faut c'est répondre à la crise sociale mais
qu'est-ce que vous pensez ce
que ça veut dire c'est que comme je le disais à l'instant n'oublions jamais que la France est regardée dans le monde entier il y a eu d'autres réactions il y
a
même l'Iran qui nous a donné des leçons de démocratie vous vous rendez compte donc les gens sont effarés de ce qui se passe en France et donc il
y a
une irresponsabilité dans ces provocations
mais est-ce que pour vous il est en train de s'ingérer dans la
présidentielle française Donald Trump pardon il est en train de s'ingérer dans la présidentielle française
avec
ce genre de déclaration sans doute de toute façon il s'ingère partout donc j'imagine qu'il cherche aussi à influencer effectivement au
profit mais il l'a déjà dit d'ailleurs la campagne au profit
de
qui il
l'a dit au profit de l'extrême droite donc le mieux c'est de ne pas relayer ce qu'il dit parce que
comme
je le disais à l'instant ça donne un écho ce qu'il faut c'est régler correctement les choses et comme je l'ai dit souvent
si
j'étais aux responsabilités il n'y aurait pas de mouvement social est-ce que vous diriez regardez
ce mouvement vous
retirez la taxe carbone comment se fait-il qu'au bout de 10 ans Emmanuel Macron soit aussi aveugle sur les coûts apportés au
peuple français est-ce que vous diriez aujourd
'hui que ce mouvement et la réponse qui lui est donnée nourrit le vote d'extrême droite le chaos nourrit toujours le vote d'extrême droite
parce
que dans le simplisme des interprétations il y a toujours l'idée on va aller vers l'ordre non ce qui est important c'est ce que j'appelle l'ordre juste
et
c'est ça aussi que demandent les jeunes c'est de l'ordre juste mais pardon vous le dites vous nous l'avez répété vous l'avez dit d'ailleurs dans tous les débats moi si j'étais à l'Elysée il n
'y
aurait pas de mouvement social il n
'y aurait
pas de mouvement social tous les présidents pardon ont connu des mouvements sociaux vous pouvez assurer que vous durant tout un quinquennat vous ne connaîtrez je le pense pourquoi ? parce que j'ai une autre conception de la politique j'ai toujours défendu la démocratie participative j'ai toujours pensé que lorsque les gens expriment un malaise un mal-être une difficulté il faut regarder cette difficulté et la traiter avec efficacité et avec rapidité c'est ce que j'appelle la morale de l'action je vais vous donner un exemple les gilets jaunes il n'y aurait pas eu les gilets jaunes avec moi il n'y
aurait
pas eu de taxe carbone ou si elle avait été faite par un des ministres irresponsables en 48 heures j'aurais dit vous retirez ça ça suffit j
'avais supprimé les cotaxes c'est renoncer à mettre
en place des réformes qui fassent pas du tout
pas
du tout mais je pense que des réformes
c'est
reculer devant la moindre contestation pas du tout mais là il n
'y
aura pas de vous savez c'est dur les contestations on croit que c'est facile que ça fait comme ça mais non il faut descendre dans la rue il faut poser des congés il faut se déplacer il faut prendre des risques maintenant avec les agressions de certains policiers c'est très difficile le mouvement social donc le mépris pour le mouvement social c'est le mépris d'un pouvoir faible qui ne comprend pas le peuple et qui pense qu'il a raison tout seul et l'un des enjeux de la prochaine élection présidentielle c'est de changer en profondeur le mode d'exercice du pouvoir arrêter avec le pouvoir solitaire arrêter avec un président de la république qui pense qu'il a raison à lui tout seul alors qu'il était minoritaire je le rappelle dans le vote du second quinquennat
et
donc par rapport à ça c'est de faire confiance au territoire d'abord vous savez même la question des lycées vous ne la gérez pas de la même façon dans un milieu urbain dans un milieu rural donc il faut aussi être attentif à l'intelligence des territoires et répondre aux problèmes avant et quand vous prenez
tous
les mouvements sociaux
mais
ils étaient tous si le pouvoir avait été attentif on pouvait tous les résoudre avant que ça n'explose et pourquoi c'est important c'est parce que la paix sociale c'est aussi un élément d'efficacité économique il
y a déjà tellement de
problèmes entre la guerre à nos frontières entre la guerre climatique la seule guerre légitime c'est la guerre contre le réchauffement climatique il y a déjà entre la mutation l'arrivée de l'intelligence artificielle il y a déjà tellement de défis à relever que la moindre des choses pour un pays c'est de régler et d'entendre les attentes sociales avant qu'elles n'explosent Ségolène Royal on apprend que Sébastien le corps du premier ministre va s'exprimer ce soir sur la colère lycéenne sur les carburants sur la dette sur la crise agricole qu'est-ce que vous attendez de son intervention
?
D'abord qu'il prenne conscience de la gravité de la situation d'une part ensuite qu'il respecte les générations des jeunes lycéens
qui
ont des choses à dire qui sont notre avenir la jeunesse n'a pas toujours raison mais ceux qui la frappent ou qui la méconnaissent ont toujours tort c
'est une
grande phrase de François Mitterrand vous voyez que je reprends à mon compte
et
par conséquent et qu'il applique la doctrine républicaine du maintien de l'ordre qu'il envoie des policiers qui ne sont pas armés comme ils sont et qu'ils arrêtent la provocation parce que vous savez les jeunes il
faut
les connaître ils sont très solidaires les uns des autres donc aux premières images d'un gamin de 14 ans menotté dans le dos d'une fille attrapée par le cou d'abord les contacts physiques je suis désolée mais les contacts physiques avec les femmes normalement ce sont des policières femmes de quel droit est-ce que des hommes touchent les femmes avec des mains baladeuses parfois c'est insupportable c'est intolérable c'est insupportable donc moi j'exige que ce ne soit que des policières femmes qui éventuellement puissent aller au contact des femmes et puis arrêter de menotter les gens ou des jeunes ou les mettre en garde à vue alors cette police là ce ministre de l'intérieur ce ministre de la justice ils sont plus sévères avec les enfants des lycées qu'avec les pédocriminels vous avez vu un pédocriminel avec les menottes dans le dos quand des parents viennent au commissariat de police pour dire que leur enfant était victime d'un pédocriminel vous avez vu la police aller chez le pédocriminel et lui mettre les menottes dans le dos on aimerait bien voir ça aussi donc qu'est-ce que c'est que ce ministère de l'intérieur
qui
n'est plus juste dernier mot
parce qu'après il faut qu'on parle de la primaire mais comment on gère les casseurs qui demandent des moyens qui a été pédocriminel il n'y a pas que des
lycéens dans ces mobilisations il y a des casseurs qui viennent se mêler c
'est pour ça qu'il ne faut
pas laisser les mouvements sociaux dégénérer ni laisser les provocations policières parce que quand on voit des provocations de certains policiers il faut des sanctions extrêmement rapides et on se dit mais alors ceux qui sont filmés heureusement ça protège les jeunes
mais
tout ce qui s'est passé qui n'a pas été filmé alors que sont devenus les jeunes
vous
vous rendez compte des centaines de jeunes mis en garde à vue c
'est
insupportable
on
termine en parlant de la primaire de la gauche à laquelle vous êtes candidate
le
vote aura lieu vendredi et samedi si à l'issue du second tour vous êtes élu désigné candidate du parti socialiste et de place publique vous allez devoir organiser une forme de rassemblement en vue du premier tour de l'élection présidentielle comment vous vous y prenez en 2022 vous étiez aux Amphi donc les universités d'été de LFI et vous disiez vous appeliez une dynamique d'union pour les européennes est-ce qu'il faut une dynamique d'union pour le premier tour avec la France insoumise notamment
alors
c'est l'éternelle question qui revient elle est essentielle elle
est
essentielle les choses sont très très simples les choses sont très très simples on se met pas derrière la France insoumise qui d'ailleurs ne le demande pas donc on fait l'alliance déjà avec ses partenaires le PC il est vert d'abord on réunit le PS on fait l'alliance et ensuite on fait campagne
on
fait la campagne électorale ensuite et on réattire vers soi les électeurs donc
vous
n'essayez pas de réunir autour d'un seul et même candidat la gauche avant le premier tour non mais non c'est pas possible
et
vous espérez être au premier enfin pouvoir accéder au second tour sans réunir comme ça autour de vous je pense la gauche au second tour Ségolène Royal est-ce que le PS a encore un avenir pour vous
bien
sûr
c
'est pour ça qu'il faut que ce soit une socialiste qui sorte des primaires vous
avez accusé si Raphaël Glucksmann il n
'a pas d'avenir le PS si Raphaël Glucksmann gagne le PS il disparaît
ça
a été dit puisqu'il y
a
une refondation puisqu'il n
'y a
pas d'accord avec la gauche donc il voudra bien faire des accords avec les macronistes etc puisque le seul objectif affiché politique c'est de faire barrage à LFI c'est-à-dire c'est-à-dire diaboliser LFI pour ensuite justifier un accord avec les macronistes c'est ça il ne s'en cache pas elle prévoit l'union à gauche elle ne prévoit pas l'union avec les macronistes donc
s'ils
s'alliaient avec certains macronistes vous ne soutiendriez c
'est compliqué quand même
je
pense que les
français ne veulent plus les macronistes donc ça c'est compliqué à ce moment-là c'est pas possible d'être aux secondes
mais dans ces cas-là
qu'est-ce
qu
'il
se
passe parce qu'il y
en
a
un
qui se prépare qui a des locaux de campagne qui
fait un tour de France il s
'appelle François
Hollande est-ce que vous pourriez le soutenir
? attendez
on
respecte la primaire dans un premier temps
et
je dis que si ce n
'est
pas un socialiste ou une socialiste qui sort de la primaire le PS disparaît et moi donc le PS c'est l'appareil du PS les gens ne sont pas attachés à l'appareil du PS mais l'appareil du PS il est au service d'une grande histoire
et
cette grande histoire elle n'est pas à vendre elle ne nous appartient pas
elle
remonte au 19ème et début du 20ème siècle quand les hommes et les femmes ont risqué leur vie
et
ont parfois donné leur vie dans les luttes sociales pour plus de justice sociale pour l'émancipation pour l'école donc voter pour
un candidat socialiste et sauver le parti
socialiste et par conséquent avec juste un mot c'est qu'avec le renforcement de la puissance de l'économie de la bulle financière de l'économie financière jamais la lutte pour plus de justice n'a été aussi forte qu'aujourd'hui et c'est ça que les jeunes ont compris aussi ils ne comprennent pas pourquoi ils entendent qu'il
y
a 60 milliards distribués aux actionnaires et que d'un autre côté ils n'ont pas de professeur en phase 2 dans les classes ils ne comprennent pas donc ce combat-là pour une justice une transparence de la répartition des gains et des richesses elle n
'a
jamais autant été d'actualité que depuis le début du siècle et c'est ça qu'il faut continuer merci Ségolène
Royal
merci d'avoir été notre invité le vote pour la primaire de la gauche c'est vendredi et samedi pour le premier tour et le week-end suivant pour le second tour merci beaucoup d'avoir été avec nous Christelle la une de la dépêche ce sont les lycées la colère remonte à l'Elysée et on va le voir ça fait la une de tous nos journaux régionaux ce matin
et
Quentin la mobilisation des lycéens elle
a
une de très nombreux titres de la presse régionale quasiment tous les titres même ce matin
oui
c'est vrai tout à fait on va voir le Béry républicain qui parle de lycéens qui ne lâchent pas dans les manifestations à Bourges et à Vierzon en France comme dans le Cher le mouvement se poursuit dit le journal le bien public à Dijon qui parle de colère qui change d'ampleur la mobilisation a été massive et s'est globalement déroulée dans le calme selon le journal la Provence à Marseille qui titre dans les pas des lycéens le journal qui a suivi des jeunes qui défilaient pour la première fois hier en les pages intérieures du journal on lit ce slogan on n'est pas une crise d'ado c'est une crise sociale sur les pancartes on demande de Joule président on s'autoproclame gilets jeunes on appelle à la révolution des boss ladies on regrette on veut le bac et ils envoient la bac on estime que les vrais casseurs sont en costard cravate en costard cravate à lire également dans la Provence le témoignage du professeur Asperger Dessence vendredi par un manifestant devant son lycée il dit aujourd'hui qu'il n'y a ni peur ni colère il revient avec un calme olympien sur les faits minimise ce qui lui est arrivé il y a suffisamment de vrais malheurs pour ne pas en imaginer d'autres je pense notamment à ce jeune qui à Lens a perdu une main là c'est un drame explique l'enseignant dans la Provence
d
'autres titres racontent les mobilisations partout en France
voilà on continue je vous le disais beaucoup de titres aujourd'hui qui parlent de ces mobilisations partout en France les dernières nouvelles d'Alsace jeunes et adultes font bloc ils étaient 10 000 à Strasbourg selon les manifestants presse Océan à Nantes qui parle d'une vague de jeunesse ils étaient 15 000 en Loire-Atlantique elles se branchent où ?
la prise de conscience lit-on sur une pancarte à la une de la Voie du Nord dans les pages intérieures des DNA on revient sur la question du maintien de l'ordre un syndicat d'avocats qui est interrogé dans le journal on traite les enfants comme des adultes on utilise les mêmes méthodes mais face à des mineurs c'est extrêmement problématique dites un avocat dans l'article
on
va voir comment se passe la mobilisation dans nos régions vous nous l'avez beaucoup raconté Quentin mais on va aller dans les Alpes de Haute-Provence bonjour Camille Galtier merci beaucoup d'être avec nous vous êtes maire de Manos quelle est la situation dans votre ville
?
Bonjour à vous la situation est quand même bien meilleure aujourd'hui et hier surtout lors des manifestations qui ont été plutôt bien encadrées on n'a pas eu de dégâts apparents par contre c'est sûr que la situation que l'on a
rencontrée la semaine dernière notamment jeudi sur ma commune c'était l'apocalypse puisqu'on a eu des dégâts de partout on a eu
des
dizaines et des dizaines de jeunes qui ont fait des actes totalement incompréhensibles
de
dégradation de destruction massive des espaces publics d'attaques auprès des forces de l'ordre et aussi auprès de journalistes puisqu'une de vos consorts a
dû être exfiltrée pour être mise en sécurité par les forces de l'ordre
comment
en tant que maire vous pouvez gérer cette situation Camille Galtier
on
la gère pas on la subie parce que
tout au long de la journée de jeudi c'était
pôle
de sécurité centre de sécurité au sein du
centre de supervision urbain de la ville pour essayer de minimiser à la fois les déplacements parce qu'on sait que dès lors qu'il y
a
des déplacements il peut y avoir des dégradations supplémentaires notamment auprès des commerçants parce que l'espace public est une chose et on peut se dire que la collectivité
on
mettra la main à la poche mais après ce que l'on souhaite absolument pas c'est avoir des dégradations sur des véhicules malheureusement ça a pu être le cas ou surtout
auprès des vitrines de commerçants celles et ceux qui se lèvent tôt le matin et qui n'ont pas envie de voir le fruit de leur
travail
dégradé
Vous redoutez que ça aille plus loin que la situation s'aggrave qu'il
y ait
une agrégation des colères
? Je
suis plutôt de naturel optimisme donc de ce qui s'est passé hier c'est plutôt positif et va dans le bon sens parce que ça a montré qu'on pouvait avoir des revendications on pouvait montrer qu'une manifestation peut bien être tenue à la fois par les organisateurs à la fois par la mobilisation lycéenne aujourd'hui je recevrai une délégation de lycée pour écouter à la fois leurs revendications mais dans le calme et pas à travers des attaques comme ils ont pu le faire jeudi en venant totalement attaquer la mairie qui pour le coup était totalement en dehors de leurs revendications
Merci Camille Galtier merci beaucoup d'avoir été avec nous maire de Manos que dans les Alpes de Haute-Provence Quentin on poursuit avec nos unes régionales il y a quelques unes qui ne parlent pas des lycées autre sujet à la une ce sont les oeufs pollués au pifas
Voilà
effectivement un couple de maraîchers est contraint de se débarrasser d'une grande quantité d'oeufs contrôlés positifs aux polluants éternels le précédent propriétaire de leur ferme en fait utilisait des bouts contaminés par une papeterie située à 30 km de là d'ailleurs je vous le signale mais la cellule d'investigation de Radio France a fait tester 91 oeufs prélevés partout en France résultat de leur étude parue hier 52 contiennent des polluants éternels 23 dépassent la norme de qualité
Boilem
Sansal est en Corse
Voilà Boilem Sansal une légende à Bastia c'était la une ce matin de Corse Matin il raconte son année de détention en Algérie dans les pages du journal il parle de ses blessures physiques et psychologiques les enseignements politiques et philosophiques de ce qu'il a traversé
Allez
on termine avec la montagne suite de l'épisode d'hier Quentin
Oui on vous en parlait dans cette revue de presse effectivement le livre le plus lourd le plus cher du monde a été volé à Issoir ce week-end dans la nuit de dimanche à lundi pour être précis la couverture du livre de l'apocalypse c'était le nom de cet ouvrage bon maintenant il ne
reste
plus que l'emplacement vide où il se trouvait donc je ne
peux
pas vous le montrer mais voilà on parle de vraiment un livre extraordinaire dont la couverture a été sculptée par Salvador Dali à la fin des années 50 volé malgré ses 150 kilos depuis deux jours ça nous sidère visiblement le vol
a été commis demandent comment c'est
possible visiblement le vol a été commis par des pieds nickelés puisqu'ils ont fait tomber l'objet dans les escaliers on a retrouvé des perles broyées à même le sol dans l'établissement où il a été volé alors on lit la détresse des personnes dans le journal ce matin
merci Quentin peut-être la suite demain
sur
la nouvelle révélation suite
de
l'épisode merci Quentin on se retrouve demain des huîtres et des algues dans le même bassin c'est l'expérience menée dans la baie du Mont-Saint-Michel un ancien bassin austréicole laissé à l'abandon depuis une vingtaine d'années reprend vie deux producteurs d'algues l'ont réhabilité pour tester cette cohabitation et voir si ces deux cultures peuvent se développer ensemble l'expérience grandeur nature au coeur de la baie reportage signé Claudia Caratori pour nos partenaires de TVR
ce
bassin à l'abandon dans la baie du Mont-Saint-Michel abritait il y a une vingtaine d'années une production austréicole Muriel et Alexis deux producteurs d'algues dans la baie de Saint-Malo ont décidé de lui redonner vie et ça commence par son désenvasement
c'est l'aboutissement de quelques mois de travail parce qu'on a commencé à planifier tout ça en début d'année et du coup une grande satisfaction aussi de voir ce bassin qui se nettoie on voit que le bassin est en très bon état ce qui est une autre satisfaction puisque c'est une bonne surprise pour nous et pour la suite
là où il y
a
une grosse difficulté c'est qu'il n'y a pas que de la vase il y
a
aussi toutes les anciennes structures austréicoles donc métalliques il y avait des cages et puis des tables à huîtres il y
a
aussi toutes les anciennes poches à huîtres qui ont été laissées sur place
ce
bassin submersible de 2500 mètres carrés à Porcon sur la commune de Saint-Méloir-des-Ondes servira ensuite de colocation expérimentale où algues et huîtres seront cultivées ensemble cette co-culture serait bénéfique à plusieurs titres la présence d'algues pourrait améliorer la qualité de l'eau et ainsi aider au développement des huîtres la conchiliculture à l'heure actuelle vit des temps assez difficiles pour plein de raisons il y a les températures qui augmentent les maladies la préfération de prédateurs etc et en fait là ça permettrait de faire des tests en grandeur nature calqués sur les supports si vous voulez qu'on va retrouver dans la baie du Mont-Saint-Michel et qui du coup seront reproductibles dans la baie du Mont-Saint-Michel donc l'idée c'est de voir comment on peut développer la filière aquacole de demain en
fait des
chercheurs sont prêts à participer à cette expérimentation et la campagne Ulule a permis d'obtenir 12 000 euros pour soutenir ce projet porté par les deux investisseurs sur leurs fonds propres Muriel et Alexis prévoient aussi des sorties pédagogiques sur le site le bassin sera prêt au printemps 2027
et
voilà pour ce reportage comme tous les mercredis place au débat politique va-t-on calmer la colère des lycéens entre 266 000 et 450 000 personnes dans les rues du pays et 528 établissements où les cours sont suspendus ce matin la colère lycéenne qui dure Sébastien Lecornu qui ouvre 5 chantiers demande une suspension des cours afin d'instaurer un temps de concertation dans les lycées et on l
'a
appris il y a quelques minutes le Premier ministre qui s'exprimera ce soir depuis Matignon comment calmer cette colère pour en parler et pour en débattre nous sommes avec trois parlementaires bonjour Max Brisson merci d'être là sénateur LR des Pyrénées-Atlantiques Aurélie Trouvé bonjour merci également d'être avec nous député la France Insoumise et la Seine-Saint-Denis et Violette Spilbout merci également d'être là député ensemble pour la République Renaissance du Nord d'abord un mot sur cette information puisqu'on vient de l'apprendre le Premier ministre qui va donc s'exprimer ce soir sur la crise hyacienne évidemment mais plus largement aussi sur la dette sur les carburants qu'est-ce que vous attendez du Premier ministre Aurélie Trouvé ?
Ce serait déjà bien qu'il cesse des propos que je trouve brutaux envers ce mouvement de jeunesse qui est extraordinaire qui est massif hier il y avait 90% des facs d'ailleurs qui étaient mobilisés 1000 lycées et puis la maturité la conscientisation de ces jeunes moi dans ma circonscription j'ai parlé avec eux enfin je suis avec eux maintenant depuis cinq ou une semaine même tous les matins auprès des lycéens et le problème c'est qu'on a un gouvernement qui est absolument sourd complètement sourd à leurs attentes et moi je veux dire quand même ce que me disent ces jeunes tous les matins c'est Madame la députée en réalité on n
'a
pas d'infirmière scolaire depuis je ne sais combien d'années dans notre lycée Madame la députée en réalité eh bien on avait 40 degrés cet été et puis on ne
va
pas avoir de chauffage cet hiver c'est ça qu
'ils
me disent on a des mois de non remplacement par exemple des élèves qui étaient en première l'année dernière qui me disent on n
'a
pas eu de prof de français pendant plusieurs mois alors qu'on avait le bac de français bon et je vous passe tout le reste donc on a une situation qui fait que les jeunes simplement veulent apprendre dans des conditions potables et vraiment moi je remercie cette jeunesse de se le soulever pour nous tous en fait la jeunesse s'est levée pour nous tous pour dire on a besoin d'un avenir meilleur et en fait ces jeunes enfin vous savez nous on est déjà enfin voilà je suis issue d'une génération où on nous disait pour réussir dans la vie il faut réussir à l'école et on y croyait mais franchement c'est dur d'y croire aujourd'hui je vous assure
Max
Risson qu'est-ce que vous attendez je
dirais
qu'il y a deux images à ce mouvement il y a aussi deux images à LFI parce qu'on a à la fois le discours de Madame Trouvé qui est un discours tout à fait sur lequel nous pouvons débattre et qui me semble tout à fait en phase avec le débat que nous aurons ce matin et puis il y
a
aussi quand même les filles qui la semaine dernière a mis de l'huile sur le feu à déclencher à exciter à manipuler à instrumentaliser
et
à utiliser même ces jeunes un peu comme une sorte de chair à canon dans
la
recherche du chaos donc deux visages et puis il
y a
deux visages dans ce mouvement il y a un mouvement lycéen vous savez moi j'étais prof
pendant 30 ans j'en ai vu
et
d'ailleurs autrefois la gauche cherchait à lui donner un visage elle cherchait à le canaliser vers des solutions politiques là on a eu plutôt une recherche d'incendiaire mais n'y revenons pas ce mouvement il a bien sûr de vrais sujets de débat je pense au bac que nous avons mis en place qui a été mis en place par Jean-Michel Blanquer qui est un baccalauréat complexe avec beaucoup d'options avec des spécialités avec des emplois du temps à trou quand les lycéens disent qu'on a trop d'heures de cours je pense qu'ils ont trop d'heures de lycées
avec
des emplois du temps qui sont des usines à gaz on a aussi l'angoisse de Parcoursup avec un système qui est devenu opaque et sur lequel les mâcheliers et leurs parents les futurs mâcheliers et leurs parents s'interrogent beaucoup sur les éléments qui entrent dans la détermination de l'orientation donc tout ça mérite d'être discuté malheureusement il y a eu des violences et moi qui ai connu beaucoup de mouvements
lycéens
excusez-moi de dire jamais je n'ai vu de violence sur les proviseurs ou les professeurs moi j'étais connu pour mes idées politiques dans mon lycée j'étais déjà élu local je n'ai jamais eu peur là j'ai vu des professeurs qui avaient la trouille
On va en parler je vais évidemment vous laisser répondre Aurélie Trouvé sur ce que vient dire Max Brisson mais Violette Spilbou pour vous donner la parole Sébastien Lecornu qui prend la parole ce soir c'est pas trop tard est-ce que le gouvernement a trop tardé à prendre conscience de ce qui se passait dans nos lycées ?
Alors
le Premier ministre Sébastien Lecornu a pris la parole déjà hier aux questions au gouvernement je rappelle que pendant une heure et demie toutes les questions de tous les groupes politiques se sont centralisées sur ce sujet des lycées ce qui montre à quel point aussi la représentation nationale se sent mobilisée à la veille d'un débat budgétaire qui va être pour moi déterminant dans la réponse que les parlementaires et le gouvernement peuvent faire à ce mouvement lycéen et universitaire parce que je dirais qu'aujourd'hui le vrai sujet en France c'est l'éducation qui est la mère des batailles enfin moi je défends un candidat Gabriel Attal qui a mis l'éducation au cœur de son projet mais aussi les universités l'enseignement supérieur parce que on est dans un pays qui va avoir besoin que chaque jeune trouve sa place dans un monde qui leur fait très peur moi ce que j'attends de Sébastien Lecornu c'est une ouverture très claire sur des modifications du budget telles qu'il a été présenté aujourd'hui parce que dans le budget de l'éducation nationale moi je fais partie de cette commission éducation et culture il y a chaque année une proposition de suppression de postes d'enseignants et chaque année avec mon groupe Ensemble pour la République nous nous y opposons oui il y a une baisse du nombre d'élèves dans les classes mais nous nous voulons que les moyens en enseignant restent les mêmes parce que nous avons besoin de plus petits groupes pour les différents niveaux nous avons besoin de continuer à dédoubler des classes et c'est encore
prévu cette année pardon Violette
Fibou il y a 1600 postes
d'enseignants qui sont supprimés dans le budget
dans la copie initiale
du budget donc ça vous allez vous y opposer
moi j'ai lu les 10 revendications les 10 mesures pour aller faire du mouvement des lucéens et la première c'est des moyens pour remplacer des professeurs absents et des moyens pour l'état des bâtiments qui dépend là des conseils régionaux ça va être un combat commun pour le
coup oui
alors s
'opposer à la suppression
je vais bien réagir déjà sur parce
qu'en plus je ne suis pas
sûre que Max Brisson soit d'accord sur la suppression des postes d'enseignants
mais on va y revenir je vais y aller vous
inquiétez pas non d'abord je vais revenir sur vraiment les accusations absolument grotesques de la part du gouvernement sur la France insoumise c'est une tentative de diversion par ailleurs qui est pour moi une véritable insulte vis-à-vis des jeunes c'est les prendre pour des idiots que croyez-vous qu'on a ce pouvoir de faire soulever 1000 lycées 90% des facs en réalité les jeunes et bien vous voyez ils ont un profond profond mal-être ils n'ont pas besoin de nous pour se lever et tant mieux d'ailleurs et nous avons toujours appelé vous le savez à un mouvement sans violence parce que c'est la meilleure façon d'être entendu et je voudrais revenir justement sur le budget parce que pour moi c'est une véritable provocation de la part du gouvernement il y a 1650 postes d'enseignants supprimés dans le budget qui est présenté une baisse de 650 millions d'euros du budget dans
l'éducation
nationale il se trouve que
c'est
un gouvernement vous faites partie du bloc présidentiel moi
je fais
partie du groupe Ensemble pour la République
et chaque année je m
'oppose
et d'ailleurs avec les rangs de la gauche à chaque fois nous arrivons à faire passer ces amendements je finis là-dessus chers
collègues donc évidemment nous nous opposons très franchement à ce budget présenté par le gouvernement de M. Macron je rappelle aussi que les anciens premiers ministres de M. Macron c'était M. Philippe et M. Attal et attention c'est pas fini dans ce budget il y a une baisse des APL des millions de familles et de jeunes vous savez qu'il y
a
deux jeunes sur trois qui déclarent quand même devoir sauter des repas parce qu'ils n
'ont
pas assez d'argent baisse de l'allocation de rentrée scolaire baisse des allocations familiales c'est les enfants qui sont particulièrement victimes du budget On va rester un petit moment sur cette baisse du nombre d'enseignants vous vous êtes exprimé Violette Spilbault et les trouver parce que ça fait partie des revendications on veut avoir des profs ça faisait aussi partie des promesses d'Emmanuel Macron un prof devant chaque classe Max Brisson vous pour le coup vous risquez d'être en désaccord parce qu'au Sénat vous les soutenez ces baisses d'enseignants compte tenu de la démographie scolaire Avant je ne
vous
dirais rien que les faits ne sont pas de la stigmatisation les faits
sont dans une fiche des renseignements territoriaux qui pointent nettement du doigt à l'FI et un certain nombre d'associations d'extrême gauche qui n'ont pas déclenché et qui ont moins instrumentalisé et dans un sens de la violence ce qui est nouveau à gauche les mouvements lycéens étaient encadrés plutôt qu'excités à la violence mais ne revenons pas là-dessus on ne sera pas d'accord sur les
postes sur
les postes s'il n
'y a
pas d'attractique du métier on va rejouer
le
même scénario qu'il a fait 3 ou 4 ans c'était le scénario des 4000 postes que nous avions voté dont nous avions voté la suppression au Sénat et c'est le gouvernement qui l'a demandé pour faire face à la décrue démographique ça avait été rétabli à l'Assemblée
mais
les 4000 postes n'ont pas été pourvus parce qu'il n
'y
avait pas de candidats au concours il y a eu 4000 postes non pourvus 4000 postes votés dans la réalité c'est qu
'on
pourra les proclamer ces postes c'est comme les infirmières s'il n'y
a
pas d'attractivité du métier ils ne seront pas pourvus donc moi je me refuse à faire des déclarations à l'emporte-plièce qui sont des effets d'affinance aujourd'hui on peut mettre des postes au concours
si
vous êtes en capacité d'avoir l'agrégation de maths vous faites autre chose aujourd'hui que le métier de professeur parce que l'entrée dans le métier est extrêmement compliquée parce que les niveaux des rémunérations sont faibles parce qu'on a fait un choix dans ce pays on a fait un choix dans ce pays
en
particulier dans le premier degré
de
réduire le temps de travail des instituteurs qu'on appelait ainsi encore il
y
a quelques années des professeurs des écoles
pour
leur donner du temps libre
au
prix de salaire plus bas que dans le reste de l'Europe nos élèves
français
à l'école primaire ils ont 60 heures de cours de moins que les élèves allemands italiens ou espagnols parce que c'était un arbitrage de la société française moins de salaire et plus de temps libre il faut revenir sur cet arbitrage il faut remettre tout notre système éducatif avec à son cœur le travail l'effort le mérite
et
ce n'est certainement
pas en entendant les discours et en
donnant raison systématiquement au mouvement lycéen le mouvement lycéen dit des choses de juste je l'ai dit tout à l'heure sur Parcoursup ou sur les emplois du temps et le bac bancaire mais faire croire aussi aujourd'hui aux lycéens que ce n'est pas en travaillant davantage avec plus d'efforts qu'on va sortir le pays de la certification où il est c'est un discours qui est celui de la gauche ce n'est pas le mien
donc plus de temps scolaire
et pour les profs et pour les élèves
un temps scolaire beaucoup mieux aménagé aujourd'hui le bac bancaire a créé un bac émité avec des spécialités des options résultat les lycéens sont au lycée de 8h à 18h ce n
'est
pas raisonnable par contre moi je sais aussi qu'il
y a
des temps privilégiés pour les apprentissages et à ce moment-là dans ces temps privilégiés pour les apprentissages les élèves sont en étude donc on a une usine à gaz qui s'appelle le bac bancaire je suis surpris d'ailleurs que le ancien ministre passe un peu à travers les mailles du filet et on a un système anxiogène qui est parcoursu avec des algorithmes particulièrement opaques c'est ces deux éléments sur lesquels on peut d'ailleurs se retrouver parce qu'ils doivent avancer et c'est comme ça qu'on va répondre au lycéen
Pour finir sur la question des professeurs Vjalette Spilbout est-ce que c'est possible d'avoir autant de profs ou plus de profs mieux payés compte tenu de nos contraintes budgétaires ? C'est un vrai choix effectivement et un choix d'avenir ça sera au cœur du débat de la présidentielle 2027 parce que comme vous l'avez dit une fois qu'on a sanctuarisé des postes ce que nous souhaitons et bien il faut pouvoir attirer des jeunes des personnes qui ont la passion de ce métier et qu'ils n
'aient
pas peur de rentrer dans cette filière professionnelle ça se fait en priorité avec une revalorisation de la rémunération alors il ne faut pas oublier qu'il y a déjà eu une revalorisation ces dernières années notamment quand Gabriel Attal était ministre de l'éducation il y a eu la première augmentation de 11% de salaire qu'il n'y avait pas eu depuis les années 90 il y a eu plus de postes aussi mais il va falloir poursuivre ça avec une augmentation de la rémunération qui soit significative nous ce qu'on propose c'est 250 euros par mois jusqu'à 500 euros en milieu de carrière donc c'est quelque chose qui change quand même la vie des professeurs et puis il faut aussi soutenir les professeurs au niveau de l'autorité à l'école parce qu'il y a une vraie question aujourd'hui de la place de l'enseignant par rapport aux parents par rapport au ministère la liberté de pouvoir avoir une communauté éducative qui s'adapte aussi aux besoins de ses enseignants quand il y a une entorse aux règles de la république et bien que l'enseignant qui a le courage de dénoncer soit une violence soit un dérapage et bien il soit soutenu par son administration et on a vu trop ces dernières années moi qui ai fait une commission d'enquête sur le sujet de la violence à l'école d'enseignants qui étaient courageux qui étaient lanceurs d'alerte et qui n'étaient pas entendus par leur administration Aurélie y trouvait pour finir là Oui je vais revenir sur le nombre d'élèves par classe vous savez qu'au collège la moyenne dans les pays européens c'est 21 élèves on est à 25 élèves au collège d'accord
on
a un salaire enseignant vous l'avez dit vous-même qui est bien inférieur aux autres pays moi qui étais enseignante pendant 20 ans je peux vous dire que le salaire je peux vous dire que le salaire des professeurs a dégringolé en 20 ans sous François Hollande d'ailleurs et sous M.
Macron il a dégringolé il y a eu ce qu'on appelle un gel de l'indice en fait c'est une baisse de salaire des fonctionnaires quasiment sans discontinuer pendant 15 ou 20 ans c'est une perte d'achat pour les fonctionnaires de 15 à 20% c'est terrible et évidemment du coup quand vous pouvez à peine en Ile-de-France vous loger et avoir une famille quand vous êtes prof bah oui ça fait de moins en moins envie d'être prof malheureusement et c'est ça qui est en train de se passer pire encore dans certains départements comme le mien en Seine-Saint-Denis où là on bat tous les tristes records parce que vous avez une surreprésentation des contractuels de jeunes inexpérimentés face à des élèves qui au contraire ont besoin de moyens scolaires supplémentaires c'est pas pour rien d'ailleurs que c'est dans ces départements-là dans la région parisienne où le mouvement quelque part est né parce que c'est là qu'on trouve et notamment dans les lycées professionnels c'est là qu'on trouve des élèves qui sont le plus en difficulté scolaire avec le moins moyen qui est mis à leur disposition il y
a
une injustice mais terrible en Seine-Saint-Denis je le dis c'est terrible les jeunes se disent mais moi je n'ai en Seine-Saint-Denis et je n'ai déjà avec un handicap parce que je suis née en Seine-Saint-Denis donc ça va pas et ensuite je voudrais réagir sur sur le temps scolaire moi quand j'entends Edouard Philippe avec du mépris dire ah non mais ces jeunes ils ne sont plus d'accord pour bosser de 8h à 18h enfin je crois qu'on est plusieurs à avoir des enfants moi au collège et au lycée public je vais vous dire
moi
j'ai des enfants qui rentrent crevés c'est le cas de tous les jeunes ils rentrent crevés le soir ils ne
font
plus d'activité périscolaire rien parce que en réalité avec la réforme qui a eu lieu la fameuse réforme Blanquer en fait on a des emplois du temps c'est du grand n'importe quoi mais surtout il y
a
des élèves qui font une heure deux heures de trajet c'est le cas en banlieue parisienne parce qu'il n
'y a
plus de transport public qui fonctionne ils rentrent chez eux ils ont des familles qui galèrent de plus en plus parce qu'il
y
a des salaires qui ont dégringolé en 6 ans voilà la situation de la France il
faut revenir sur cette réforme
Blanquer en tout cas sur le sujet des rythmes scolaires et notamment des horaires le matin des journées discontinues moi j'ai entendu beaucoup de lycéens à la fois dans ma circonscription dans les débats il y en a tous les jours en ce moment et il y a un vrai problème d'organisation de l'emploi du temps qui fait que il y a un sentiment qu'ils ne sont pas écoutés parce que ça fait vraiment un moment plusieurs années que ce sujet des horaires remonte on va dire dans les conseils de vie lycéenne etc et puis qu'en fait ça ne remonte pas au-dessus donc là pour moi il faut regarder vers l'avenir il y a eu des expérimentations de commencer pas avant 9h de regrouper pour avoir moins d'horaires en fin d'après-midi et permettre les activités extra-solaire on pousse le sport à l'école la prévention santé tout ça il faut que ça puisse être faisable quand on finit à 18-19h qu'on a une heure et demie de transport c'est pas possible et donc moi je suis très on va dire positive sur les propositions qui vont être faites par les lycéens et pour les lycéens dans les mois à venir parce que le temps qui est ouvert de concertation et de dialogue à Marc-en-Barrel dans un lycée public où je vais demain rencontrer les élèves et les parents il y a déjà aujourd'hui des temps d'échange en fait tout est sur la table sauf que ça va être pris en compte différemment ce mouvement il a servi à ça à ce qu'il soit plus écouté et je suis sûre que même en cours d'année scolaire ça va changer la vie
quotidienne
on va écouter le premier ministre là-dessus puisqu'il s'est exprimé hier devant l'Assemblée nationale pour annoncer une suspension des cours dans les prochains jours pour permettre un temps de concertation
c
'est pour ça que le ministre de l'éducation nationale a décidé de libérer du
temps dès demain matin dès jeudi dès vendredi banalisation complète des emplois du temps pour permettre à chaque équipe de
direction
dans chaque proviseur d'avoir un temps de démocratie interne au sein du lycée on ne peut pas reprocher on ne peut pas condamner la violence devant le lycée si on n'a pas un temps politique au sens noble du terme au sein de chaque lycée mandat est donné après aux différents recteurs et dazen d'organiser les remontées d'informations pour y trouver évidemment des réponses
Est-ce que ce temps calme comme on l'a titré ce temps suspendu ce temps de concertation c'est la bonne mesure c'est la bonne méthode Max Brisson ?
La voisine sera peut-être pas contente mais si tu sauf qui peut gouvernemental
après tout
il
y a des instances de discussion de dialogue et de concertation dans les établissements et les conseils de la vie lycéenne c'est là que de se développer ça
n'a pas fonctionné je vous ai
écouté
ça n'a pas fonctionné je pense avoir
un peu de temps de retard moi je voudrais je voudrais revenir alors bon on a des images du Premier ministre qui essaye de réduire la crise je n'irai pas plus loin moi dans la
crise
du gouvernement un mouvement lycéen c'est toujours très compliqué à gérer donc je ne donnerai aucune leçon tant en plus qu'on a du mal à avoir immergé des cadres pour assurer de ce mouvement pour assurer le dialogue avec le gouvernement donc je n'irai pas plus loin dans la critique et moi ce qui m'importe par rapport à notre débat c'est par rapport à ce que dit Mme Trouvé
si
j'enlève le côté un peu dramaturgie et le discours un peu assemblée nationale de Mme Trouvé qui décrit une situation qui certes est complexe mais avec quelques trémoulots dans la voix alors que le fond mériterait un peu plus d'intérêt et de discussion moi ce que je dis sur les professeurs qui sont la clé de la refondation de l'école c'est que oui il faut des salaires
mais
il faut aussi en finir avec une gestion des ressources humaines exclusivement au barème
qui
fait que l'ancienneté et ça c'est ce que la gauche a voulu que l
'ancienneté
est le seul facteur de promotion de discernement du travail de discernement du mérite il faut une nouvelle gestion des ressources humaines qui
soit contre une rémunération au
mérite pour les
professeurs une
rémunération de tous ceux qui s'engagent être dans une vision du contrat il y
a
des moments où les professeurs ont plus envie il y
a
des moments où les professeurs veulent en faire plus parce que d'abord ils ont des besoins personnels vis-à-vis de leur propre vie familiale et puis c'est des moments de leur carrière où ils veulent s'engager on a une gestion des ressources humaines totalement linéaire vous n'allez pas faire entrer des jeunes dans cette carrière si vous leur dites mon coco dans 25 ou 30 ans tu auras à peu près un salaire correct et tu seras à peu près dans le lycée où tu veux avec ce type de gestion des ressources humaines on fait fuir les meilleurs on fait fuir les bonnes volontés on a un système archaïque que la gauche a largement renforcé avec madame Vallaud-Belkacem le barème l
'ancienne je vais terminer
vous n'êtes pas à l'Assemblée nationale
vous allez essayer de terminer
on
débat Max Brisson donc rémunération
au mérite
des professeurs
j'ai écouté m'en trouvé donc là j'ai un point d'opposition avec elle pour les élèves et pour le bac
je
crois qu'il faut revenir peut-être qu'on nous sera d'accord une seconde fois avec madame Trouvé il faut revenir
à
un bac qui est un socle commun des savoirs fondamentaux beaucoup plus fort on a trop réduit le socle des savoirs fondamentaux le bac à spécialité c'était peut-être dans l'absolu une magnifique idée ça ne correspond pas à la réalité de notre lycée ça existe dans les pays anglo-saxons on a cette manie de vouloir toujours copier les pays anglo-saxons mais dans les pays anglo-saxons on fait des choix très tôt les anglo-saxons les jeunes anglo-saxons ont peu de discipline peu de matière ils font donc des choix très précoces c'est pas la tradition française la tradition française c'est plutôt un enseignement général il y
a
bien sûr la voie professionnelle qui mérite la rénovation que l'on sait mais il y a une voie générale qui retarde les choix définitifs c'est la tradition française on a voulu imiter la tradition anglo-saxonne du choix du bac à la carte ce bac à la carte Blanquer c'est une catastrophe parce que pour les chefs d'établissement c'est un emploi du temps infaisable pour les profs c'est un emploi du temps insurmontable avec plein de trous et pour les élèves c'est un gruyère dans lequel ils ne se retrouvent pas comme je disais tout à l'heure avec des études au moment des temps d'apprentissage les plus forts et puis des options à 18h le soir donc il n
'y a
qu'en France qu'on
a du cours à 18h le soir
Moi je voudrais juste réagir en se recentrant sur les revendications des lycéens et des étudiants
Mais juste pardon je vous ai
vu réagir
quand
Max Vrisson parle de rémunération au mérite Oui ou non ?
En fait
le sujet de la rémunération des professeurs c'est d'abord le salaire à l'embauche là aujourd'hui on est à 2000 euros net pour les nouveaux professeurs qui rentrent dans cette carrière et c'est l'augmentation des salaires pour tous les enseignants mais il n
'y a
pas que ça soutenir les enseignants c'est aussi le sujet de la médecine scolaire des personnels de soutien les assistantes sociales etc.
dans les établissements On a eu ce débat à chaque budget Moi j'ai porté des amendements justement avec mon collègue de la France Insoumise suite à la commission d'enquête sur les violences à l'école parce que ce manque criant dans les établissements publics et privés de psychologues scolaires de médecins scolaires et bien aujourd'hui pèse sur la santé mentale des jeunes et sur l'accompagnement aussi des professeurs et des équipes éducatives donc ça pour moi c'est un sujet qui est au cœur du projet d'avenir on doit motiver des gens à rentrer dans ces études-là et aussi faire en sorte que les postes soient ouverts et budgétés et puis le deuxième point qui est une revendication des étudiants et des lycéens c'est le sujet de l'état du bâti scolaire là il y a la responsabilité bien sûr de l'état mais aussi des présidents de régions qui certes ont mis en place des plans de rénovation des lycées il y en a encore 10% qui sont dans un état déplorable je pense en particulier chez moi dans le bassin minier ou dans l'Aveignois on a des remontées des lycéens sur des états terribles et ça ça veut dire que dans les budgets des régions maintenant il faut faire des nouveaux choix budgétaires plus pour les étudiants et les lycées et peut-être moins pour des dépenses qui sont moins essentielles un mot il est trouvé parce que je voudrais qu'on garde un peu de temps il nous reste moins de 5 minutes pour parler du maintien de
l
'ordre parce que Laurent Nunez a fait des annonces il
y
a quelques minutes
non
mais écoutez moi je rejoins pour le coup ce que vient de dire madame Stuboud d'ailleurs je suis désolée il faut qu'on arrête ce type de remarques entre nous et je crois que pour le respect du débat
ne
pas se permettre de parler des trémolos dans la voix de ses collègues femmes je pense que voilà ce sera
mieux pour
tout le monde
vous
voyez
si vous m'interrompez non mais j'aurais eu la
même réponse si vous aviez été
non on
passe ce registre
là je pense qu'il faut faire attention
c'est déplacé c'est inutile
on va
terminer ce débat comme il a commencé de manière respectueuse
ce type de remarques est déplacé et je vous demande de la retirer
en face de bois j'ai débuté les
filles que
vous ayez une femme me
diffère complètement je
vous demande c'est totalement déplacé je vois que vous vous n'hésitez pas c'est une pratique le
débat se débat on va terminer dans le calme c'est trop facile je vais
vous laisser parler
mais en disant que je n'accepte pas votre remarque
donc j'appelle à nous apaiser dans ce débat donc non je voudrais revenir sur le fond bien évidemment et on va arriver au maintien de l'ordre parce que vous parlez de monsieur Lecornu du premier ministre pour moi il a une réponse qui est vraiment incendiaire je pèse mes mots parce que quand sa réponse a été d'abord complètement sourde ensuite ça a été une lettre où il dit ben en fait je ne change rien enfin c'est vos amis qui ont appelé à étendre le mouvement
je continue décidément
je ne pourrais pas continuer
non
mais je ne
peux
pas vous laisser dire que
c'est lui qui est
incendiaire la France insoumise les premiers jours a été incendiaire
non mais regardez
ce qu'on va faire c'est qu'on
va
on va écouter Laurent Nunez non mais oui mais
je vous laisse répondre Aurélie Trouvé
mais puisque vous lancez la question du maintien
de l'ordre
on va écouter Laurent Nunez parce qu'il a fait une annonce ce matin justement sur la gestion du maintien de
l'ordre j
'ai demandé d'ailleurs dès hier que cette grenade ne soit plus utilisée dans le cadre du mouvement lycéen
vous dites ce
matin ces
grenades là vous les interdisez oui ce sont les instructions que j'ai passées hier d'accord moi j'ai besoin de comprendre exactement ce qui s'est passé sur ce type d'arme intermédiaire voilà il y a eu un jeune homme de 15 ans qui a eu une main arrachée on a besoin de comprendre ce qui s'est exactement passé en attendant je ne sais pas s'il l'a ramassée ou si elle a explosé mais donc vous interdisez ces armes ce matin je suspends leur usage pour le mouvement des lycéens tant que la lumière n
'a
pas été faite sur ce qui s'est passé dans cette affaire
voilà Aurélie Trouvé donc Laurent Nunez qui annonce qu'il suspend l'usage de ces grenades assourdissantes dans ce mouvement lycéen est-ce que vous saluez cette annonce ou pas
?
alors
d
'abord vous le savez nous nous appelons à l'interdiction des armes mutilantes particulièrement d'ailleurs contre les enfants il
y
a une pétition d'ailleurs de l'association attaque une pétition parlementaire que j'appelle à signer moi ce que je lis ce qu'a dit le ministre de l'Intérieur qui pour moi est grave il
y
a quelques jours il a dit qu'il appelait à ce qu'il n
'y
ait aucune retenue dans la répression aucune limite dans ce genre d'armes en parlant des enfants parce que ce sont des enfants qui
ont
14 oui d'accord mais il a commencé par ça le mouvement d'accord et ça c'est très grave parce que vous savez que en fait quand le ministre de l'Intérieur dit ça ça donne des consignes en fait à l'ensemble de nos forces policières et d'ailleurs il y a beaucoup aujourd'hui d'experts de sociologues qui disent
qu
'en fait il
y a
une nouvelle et dramatique étape passée dans la répression policière particulièrement dans ce mouvement on en est par exemple à 5000 interpellations et garde à vue envers nos enfants moi j'ai vu des enfants de 14 ans en garde à vue j'ai un droit de visite donc je suis allée les voir qui n'avaient pas eu d'avocat 24 heures après leur mise en garde à vue ils n'avaient vu personne pas un seul avocat d'ailleurs je vais saisir je l'annonce ici je vais saisir le défenseur des droits de l'homme
et
je ne parle pas des mutilations je ne parle même pas des mains arrachées de l'œil crevé etc donc il s'agit d'enfants nous avons une responsabilité en tant qu'adultes de protection de nos enfants il nous reste peu
de
temps Violette juste
une chose
bien sûr moi je l
'ai
dit j'ai été horrifiée par les mutilations de certains enfants c'est terrible ce qui s'est passé dans le début de cette manifestation j'espère qu'on ne le verra plus dans les jours à venir et je salue la décision du ministre de l'Intérieur simplement quand j'entends la présidente de groupe de Madame Trouvé Madame Panot qui qualifie de pitrerie la convocation d'un préfet d'un procureur pour des parents qui sont responsables aussi de ce que leurs enfants ont cassé dans les lycées et bien je trouve qu'on n'a pas du tout la même concept des
valeurs
républicaines
Le gouvernement a commis sûrement des erreurs dans le maniement de l'ordre dans ce mouvement à l'origine en revanche un mouvement lycée c'est toujours très difficile en matière de maintien de l'ordre et solidarité totale avec les forces de l'ordre qui font quand même un
travail exceptionnel avant tout aussi pour protéger les jeunes
Merci à tous les trois merci à tous les trois pour ce débat politique on ne se retrouve pas à midi 30 parce que vous suivrez à midi en direct l'audition de Roland Lescure et David Amiel sur le budget en direct du Sénat on se retrouve donc demain très bonne journée
Public
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Pascal Coste