La persécution des femmes afghanes peut-elle être reconnue comme un crime contre l’humanité ?
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les matins de France Culture Quentin l'a fait 7h15 la question du jour liberté d'expression de mouvement droit à l'éducation depuis le retour des talibans au pouvoir en Afghanistan en août 2021 les libertés fondamentales des femmes sont restreintes d'une manière draconienne en décembre il aurait été désormais interdit de travailler pour les organisations non gouvernementales et vendredi dernier Amnesty International et la Commission internationale des juristes ont publié un rapport appelant la Cour pénale internationale à qualifier ses exactions de crimes contre l'humanité de persécution sexiste en quoi alors ces persécutions systématiques des femmes afghanes par les talibans peuvent-elles être peuvent-elles répondre à cette qualification du droit international quelle chance cette procédure a-t-elle d'aboutir pour en parler je reçois ce matin Nathalie Godard bonjour madame bonjour J'ai directrice de l'action à Amnesty internationale et pour commencer est-ce que vous pouvez nous dire nous expliciter quelle liberté fondamentale quel droit ont été restreints depuis août le 21 pour les femmes afghans alors depuis août 2021 et le retour au pouvoir des talibans ils ont mis en place une véritable campagne de persécution sexiste contre les femmes qui se concrétisent très dans la vie de tous les jours des femmes afghanes vous l'avez dit par une restriction liberté de mouvement liberté de travailler de s'éduquer etc pour donner quelques exemples très concrets les femmes afghannes ne peuvent pas sortir de chez elles sans un accompagnement masculin un homme comme un chaperon pour toute sortie qui va au-delà de 70 km de chez elle pour prendre l'avion ou pour traverser une frontière et en fait très concrètement cette interdiction elle s'étend de manière pratique dans tous les actes de la société depuis l'année dernière aussi il y a eu un décret qui leur recommande de rester chez elle sauf nécessité absolue et qui leur demande de sortir avec le visage couvert donc leur liberté de mouvement concrètement n'existe plus ensuite elles ont été totalement bannies de la vie publique par l'interdiction de de travailler dans les organisations non gouvernementales le travail au contact du public par le fait qu'elle ne peuvent plus aller à l'université depuis décembre cette interdiction de de d'accès à l'éducation s'étend aux universités et la liberté d'expression et le droit de manifester ont été réduits à zéro donc ce sont des femmes qui aujourd'hui sont bannis de la vie publique en Afghanistan et cette restriction extrêmement drastique elle elle impacte sur leur vie quotidienne et ça représente une violation de leurs droits fondamentaux très clairement alors ce que tant de montrer le rapport d'amnistie international c'est que les jeunes les agissements des talibans remplissent des critères relatifs aux crimes contre l'humanité quelles sont ses critères Nathalie Godard en fait quand on parle de persécution basée sur le genre il faut remplir sa zone de critères que nous avons vérifié dans ce rapport il faut que ce soit une persécution et donc ça ce sont des privations de droit fondamentaux comme ce que je viens de décrire qui sont très graves et qui doivent s'étendre ils doivent viser une population pour son la quantité ou en comme un groupe et donc là en l'occurrence ce sont les femmes donc basées sur le genre ça doit être accompagné et corrélé avec d'autres actes inhumains et ici nous nous avons démontré qu'il y avait un système répressif qui en utilisait notamment l'emprisonnement les disparitions forcées et la torture qui sont d'autres actes humains qui sont qui sont réprimés par la copine internationale il faut nécessairement que cette corrélation existe oui dans la définition telle que tel que définit enfin voilà tel établie par la couronne internationale dans le Statut de Rome il faut à la fois la privation de droits et que ce soit corrélée avec d'autres actes humains et il faut également que d'autres critères qui sont précisément sur le crime contre l'humanité soit retrouvé donc le fait que ce soit une politique dans le cadre d'une politique généralisée et systématique et là c'est le cas puisque cette sensation à l'ensemble du pays et que c'est ça touche toutes les femmes que ce soit dans le cadre d'une attaque dirigée contre une population civile par les autorités en l'occurrence les femmes que ce dans le cadre d'une politique organisée par les autorités et en connaissance de cause et donc les autorités doivent savoir que voilà ce qui ceux qui réalisent ces aides doit savoir que c'est que c'est une situation générale et donc tous ces critères nous avons vérifié avec la Commission internationale des juristes et nous ce qui nous amène à conclure que les critères de la persécution sur le genre comme crime contre l'humanité sont tout à fait remplies ici et c'est pour ça qu'on appelle la justice internationale de se saisir de cette situation est-ce que lorsque les talibans étaient déjà au pouvoir en Afghanistan entre 1996 et 2001 de tels procédure avait été engagées ou un tel rapport avait été établi un tel constat alors la différence qu'il y a aujourd'hui c'est que cette notion de persécution basée sur le genre elle existe dans le Statut de Rome les statue de Rome il a été il date de 98 il est rentré en vigueur en 2002 on rappelle que c'est le statut qui permet la création pénale internationale donc c'est celui qui va définir les crimes les crimes nationaux ce dont à connaître la Cour pénale internationale pendant que les taliban était au pouvoir cette persécution basée sur le genre elle n'était pas définie pas dans le droit donc la situation était absolument comparable en termes de violation des droits mais cette qualification n'était à ce moment-là pas possible si nous qualification récente en fait qui date du Statut de Rome et qui pour le moment a été défini continu à être défini par le droit mais il n'a pas encore été autant utilisé voilà elle commence à être utilisée dans les affaires devant la CPI c'est ce que je vais vous demander c'est récent mais est-ce qu'il y a des précédents en fait c'est récent il y a une la Cour pénale internationale vient juste de définir son document de politique générale sur le sujet il a été publiée dernière et ça commence à être utilisé dans des dans des affaires il y a une affaire qui est actuellement délibérée devant la copenham internationale qui concerne un malien qui a opéré avec qui auraient opéré en tout cas avec ans ne s'arrête Dean à ton bouquetou au Mali et parmi les crimes qui lui sont reprochés il y a la pers basée sur le genre donc ça commence à être utilisé par la CPI mais ce qui se passe en Afghanistan a été quand même aussi souligné par les Nations unies comme étant une situation exceptionnelle par l'ampleur la gravité et ce sont les experts de l'ONU l'année dernière disait que nulle part dans le monde les femmes ne connaissaient une telle ampleur de violation des droits de leurs droits amnesty International demande également à ce que les femmes et les filles fuyant les persécutions soient automatiquement considérées comme réfugiés ce n'est pas le cas du tout du tout aujourd'hui en Europe occidental alors ce que nos demandes effectivement c'est que ça soit une automatisme ce qu'on appelle la reconnaissance prime à facile aujourd'hui il y a trois pays en Europe occidentale qui ont décidé de de faire ce pas là qui sont la Suède le Danemark est récemment la Finlande et les le HCR a également changé récemment aussi pour les réfugiés merci qui a récemment aussi dans ces gala sur les demander que les femmes puissent avoir automatiquement cette cette reconnaissance mais ce n'est pas le cas en dehors de ces trois pays ce n'est pas le cas ni en Europe ni aux États-Unis ni nulle part dans le monde et il restait énormément à faire pour que justement les femmes afghans puissent avoir accès à une réelle protection et sortir de cette situation de violation des droits en quelques mots quels sont les chances la taille du Godard que les conclusions du rapport d'Amnesty International aboutissent effectivement aujourd'hui on voit que la CPI par exemple elle se saisit de cette question de persécution basée sur le genre qu'elle qu'elle communique dessus et en tout cas qu'elle envoie des signaux pour dire que ils veulent être être sérieux là-dessus donc nous on pense que la CPI elle peut s'en saisir et par ailleurs on ne demande pas seulement classé pays sensitive on demande aussi que les États comme la France ou n'importe quel état se puissent aussi traduire en justice si des responsables talibans passent sur leur sol traduire en justice ses responsables d'aliments par le biais de la compétence universelle c'est à dire de la possibilité pour n'importe quel pays de pouvoir juger des crimes les plus les crimes les plus graves même si ni l'auteur ni la victime ni le lieu de la de la Commission de l'acte ne sont en France en fait de son français et donc nous nous on demande vraiment que ça puisse se faire et en fait c'est on ne sait je ne sais pas si ça aura une un résultat rapide mais en tout cas il y a quand même une prise de conscience collective du fait que les femmes aujourd'hui en Afghanistan subissent des crimes qui sont qui voilà qui sont de ceux du niveau de crime contre l'humanité et donc on a des espoirs que au moins la CPI et certains pays puissent s'en saisir sérieusement merci beaucoup Nathalie Godard je rappelle que vous êtes directrice de l'action Amnesty internationale et on suivra évidemment la suite les suites de ce rapport France Culture il est 7h23
Océane Godard