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interviewFrançois Ruffin (sur YouTube)· 31 juillet 2025 2 minAutoproduit

3 enfants par classe victimes d'abus sexuels, et la société qui ne fait rien

Source d'origine 2 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Présentateur

Pourquoi, quand il y a eu l'humeur d'Eliana, tu t'es saisie du dossier comme ça et t'en as fait une obsession ?

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Invité

Pourquoi ? Parce que, un, j'en avais tellement marre qu'on frappe les enfants jusqu'à la mort.

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Présentateur

Jessie, on est dans ton association EPA à Saint-Denis-de-la-Réunion. C'est une association qui vient en secours, notamment aux enfants victimes de violences dans leur famille. Est-ce que tu peux nous raconter comment est née ton asso ?

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Invité

Oui. EPA est née d'un triste constat, malheureusement. C'est la non-coordination des acteurs de la protection de l'enfance. C'est née d'un fait divers. J'aime pas le terme fait divers, mais on l'emploie comme ça. Un drame, en tout cas. C'est un drame. Un drame d'un enfant qui a été tué, deux ans et demi, par le petit-père. Alors, le petit-père, c'est le beau-père, ici à La Réunion. Et cet enfant, elle devait être placée 15 jours avant. Qu'est-ce qui s'est passé ? L'ordonnance n'a pas été respectée. Bon, j'ai mis mon nez là-dedans, clairement, accompagnée d'avocats, accompagnée d'un pédopsychiatre aussi, également.

Et c'est comme ça qu'est née EPA, par le biais de ces constats-là qui ont été tristes à se dire, mais punaise, voilà, on aurait pu éviter un meurtre, en fait. Et pourquoi on ne l'a pas fait ? Parce qu'il y a eu des manquements à l'amour.

1:06
Présentateur

Donc, à la fois pour faire de l'accompagnement des victimes, mais aussi pour venir perturber les institutions. Et comment t'es reçue, alors ?

1:15
Invité

Genre, je n'étais pas légitime. Madame, qu'est-ce que vous venez faire sur nos plates-bandes, en gros ? C'était un peu ça. Moi, je disais, ben voilà, est-ce que vous voulez encore une autre affaire ? Il y en a sur le dos, clairement, quoi. Qu'est-ce que vous attendez ? J'avais aussi cette démarche-là, au début, avec un petit peu de colère, l'émotion pas trop gérée.

1:29
Présentateur

Maintenant, quand on t'appelle le procureur, t'es prise au sérieux ?

1:31
Invité

Ça dépend des procureurs. Ça dépend des procureurs.

1:34
Présentateur

Il faudrait en sorte une circulaire des gardes-sauts qui disent au procureur, c'est votre priorité, la projection de l'enfance. Quand il y a des cas comme ça, soyez-y très attentifs. Veillez à ce que les juges sanctionnent derrière. Faites pas se passer ça par-dessous de la pile. J'en suis persuadée. Pourquoi, quand il y a eu l'humeur d'Eliana, tu t'es saisie du dossier comme ça et t'en as fait une obsession ?

1:56
Invité

Pourquoi ? Parce que, un, j'en avais tellement marre qu'on frappe les enfants jusqu'à la mort. Bon, il y a eu des affaires avant Eliana. Parce que, deux, effectivement, j'avais des enfants, alors j'ai dû faire un transfert, comme le disait le psychologue à l'époque. Moi-même, j'ai eu des maltraitances, notamment psychologiques. T'arriveras jamais à rien faire, tu feras jamais rien de ta vie, enfin voilà. Et, bien sûr, des coups. J'ai eu des coups de marmite. Bon, tout ça, on passe un message d'espoir aussi, c'est qu'on s'en sort.