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InterviewRenaissance (sur YouTube)· 30 novembre 2016 8 minAutoproduitActualité / polémiqueInstitutions & électionsÉconomie & entreprisesEurope & internationalSolidarités & famille

Interview d'Emmanuel Macron | BFM TV

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 60 %Attaque 30 %Défensif 10 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 88 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:00OuverteRéponse directe

    Comment réagissez-vous à la victoire de François Fillon ?

  • 3:00OuverteRéponse directe

    Quelle est votre vision pour la France face à une droite conservatrice ?

  • 5:00RelanceRéponse partielle

    Qu'est-ce que vous ne nous dites pas Emmanuel Macron ?

  • 7:00OuverteRéponse directe

    Est-ce que la primaire à gauche est encore la cohérence selon vous ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:00Emmanuel MacronChiffre
    « Plus de 4 millions de Français se sont à nouveau déplacés et près de 67% de ses électeurs l'ont désigné comme candidat de la droite et du centre. »
  • 3:00Emmanuel MacronFait
    « J'ai beaucoup de respect pour celle-ci mais ça n'est pas la mienne. Et donc la vision que je porte pour ma part est une vision progressiste. »
  • 4:00Emmanuel MacronFait
    « Il faut des protections individuelles. Et donc il faut être à la fois efficace et juste. »
  • 5:00Emmanuel MacronFait
    « Soit il exprimait un désaccord politique, d'ailleurs depuis un certain temps, soit, et donc il prenait ses responsabilités, soit il est le Premier ministre de François Hollande. »
  • 6:00Emmanuel MacronFait
    « Je suis en effet rentré au gouvernement il y a un peu plus de deux ans en disant dès le premier jour ce que je pensais. »
  • 7:00Emmanuel MacronFait
    « les divisions sont telles au sein du Parti Socialiste et au sein des Républicains que ces camps ne tiennent plus que par les intérêts communs et les postes à répartir. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Je voudrais saluer Emmanuel Macron qui est avec nous en direct ce soir sur BFM TV. Bonsoir. Comment régissez-vous ce soir à la large victoire Emmanuel Macron de François Fillon ?

Plus de 4 millions de Français se sont à nouveau déplacés et près de 67% de ses électeurs l'ont désigné comme candidat de la droite et du centre. D'abord je salue la victoire de François Fillon qui est en effet très nette et qui est marquée par cette mobilisation que vous venez d'évoquer, l'en féliciter. Et puis avoir aussi une pensée pour Alain Juppé parce qu'il a mené avec beaucoup de dignité le combat qui était le sien durant ces derniers mois et c'est un grand responsable politique français.

Maintenant l'offre qui a gagné ce soir elle est claire, elle est nette. C'est une offre de droite conservatrice qui est conservatrice sur le plan économique, social, sur la vision qu'elle porte de la société française, de la place de la France dans le monde. J'ai beaucoup de respect pour celle-ci mais ça n'est pas la mienne.

Et donc la vision que je porte pour ma part est une vision progressiste. Je crois qu'il faut en effet plus de liberté en matière économique et sociale mais il faut aussi des éléments de justice, moins de détermination sociale. Donc une école plus forte qui casse des parcours qui sont aujourd'hui trop prédéterminés.

Il faut des protections individuelles. Et donc il faut être à la fois efficace et juste. Le programme de François Fillon est un programme qui lui paraît efficace.

Je pense qu'il n'est pas juste et donc qu'il n'est pas soutenable. Et de l'autre côté on voit une gauche qui se divise, qui reste dans un terrain classique et qui porte des éléments de justice sans efficacité. Il y a un homme qui a tenu un peu les mêmes propos, qui a dit ce programme là est traditionnaliste, moi je suis plus progressiste, il était très largement battu.

C'est Alain Juppé. Eh bien je tends la main à toutes celles et ceux qui, ayant voté pour Alain Juppé ou pour d'autres candidats de la primaire et qui partagent la vision que nous portons de la société française, de son économie, de la place de la France dans l'Europe. J'ai trop peu entendu parler d'Europe ces dernières semaines.

Qui a aussi une vision d'efficacité économique et sociale mais qui se préoccupe des plus pauvres, des laissés pour compte. Ce que j'ai aussi peu entendu. Qui a une approche de la fonction publique qui n'est pas simplement disciplinaire.

Élément que parfois certains proches d'Alain Juppé ont su formuler. Eh bien j'appelle toutes celles et ceux qui sont progressistes de droite à en effet nous rejoindre ce soir. Parce que c'est au fond ce qu'il y a de vicié dans ces primaires.

Ce que la gauche d'ailleurs a connu il y a 5 ans. C'est que des femmes et des hommes qui sont profondément en désaccord sur des sujets essentiels pour notre pays aujourd'hui. La place de la France en Europe.

La vision que nous avons de la société française, l'économie, l'éducation vont faire mine ce soir de se rassembler. Non, il y en a un qui a gagné. Mais cette vision est radicalement différente de celle que portaient certains autres.

Donc moi j'appelle les progressistes de gauche, de droite, du centre et de la société civile à travailler avec nous. Il y a certains progressistes à gauche qui appellent Manuel Valls de leur vœu et qui souhaitent le voir se déclarer. D'ailleurs ça a un petit peu bougé ces dernières heures.

Il y a un entretien au JDD qui a fait quelques remous. Quel est votre sentiment Emmanuel Macron sur ce qu'il est en train de se passer sur la fin de ce quinquennat auquel vous avez activement participé durant 2 ans ? J'ai été pendant 2 ans ministre.

Quand j'ai eu des désaccords politiques, je les ai exprimés. Ils m'ont conduit à créer une formation politique, un mouvement politique qui est en marche et à prendre mes responsabilités, à quitter ce gouvernement. Je l'ai fait en conscience, en responsabilité.

Aujourd'hui, il y a un Premier ministre qui est en exercice, qui a porté cette politique du gouvernement depuis maintenant 3 ans et dont je n'ai pas compris qu'il avait des désaccords structurants avec le Président de la République. Voilà. Donc moi je suis attaché à la stabilité des institutions de mon pays et au rôle que chacun a y joué.

Qu'est-ce que vous ne nous dites pas Emmanuel Macron ? Dites-nous les choses plus clairement ce soir. En creux, Manuel Valls, soit il se tait, soit il part pour reprendre une formule célèbre ?

Oui, je vous l'ai dit très clairement. Soit il exprimait un désaccord politique, d'ailleurs depuis un certain temps, soit, et donc il prenait ses responsabilités, soit il est le Premier ministre de François Hollande. Et c'est le cas depuis 3 ans, vous l'aurez noté, avec des propos qui ont été tenus, y compris à l'égard de ma personne quand j'ai pris mes responsabilités qui étaient très dures, et je les accepte tout à fait.

Mais il me semble qu'il y a une forme d'incohérence à aujourd'hui suivre la ligne qui est la sienne. Donc je suis très simple. Celles et ceux qui, à gauche, sont pour une politique efficace et juste et un progressisme que nous portons, je les invite à rejoindre En Marche et à porter une offre claire.

On a l'impression d'une forme de course de vitesse ce soir pour récupérer, entre guillemets, les anti-Fillon. Au centre et à gauche, François Bayrou dit qu'il veut critiquer le projet de François Fillon. Vous intervenez pour dire « Je suis là, les déçus d'Alain Juppé ou les endeuillés d'Alain Juppé peuvent venir me rejoindre ».

Emmanuel Valls, on le sait, se prépare également. François Hollande n'a pas dit son dernier mot. Ce soir, vous avez l'impression que vous pouvez être celui qui va rassembler ces déçus de cette primaire de la droite.

Écoutez, je vous demande simplement de me reconnaître le bénéfice de la cohérence. Je suis en effet rentré au gouvernement il y a un peu plus de deux ans en disant dès le premier jour ce que je pensais. Ce que j'ai écrit dans mon livre sur la réforme du marché du travail, je le disais le jour où j'entrais au gouvernement.

François Fillon propose des réformes, il a été cinq ans Premier ministre, il ne l'a pas fait. Donc j'ai toujours été cohérent, les valeurs, les idées que je porte, je les ai toujours défendues. En étant au gouvernement, on me l'a parfois abondamment reproché.

Je les ai portées aussi longtemps que j'ai pu. J'ai ensuite exprimé des désaccords et j'ai ensuite présenté une offre politique claire. Manuel Valls lui a mené une autre politique.

Nous avons partagé des accords puis des désaccords et la politique qui est conduite est celle de François Hollande en solidarité. Donc il n'est pas cohérent aujourd'hui de chercher autre chose. Quant à François Bayrou, il a soutenu, il a décidé de soutenir Alain Juppé pendant plusieurs mois.

Je le respecte profondément, mais ce n'est pas comme ça qu'on mène une politique pour la France. J'invite d'ailleurs François Bayrou, s'il n'est pas à l'aise avec le projet de François Fillon, à nous rejoindre parce que je pense qu'il y a beaucoup de convergence. Mais accordez-moi le bénéfice de la cohérence, de la ténacité et de la constance.

Un dernier mot, Emmanuel Macron. Est-ce que la primaire à gauche est encore la cohérence selon vous ? On a la sensation qu'il y a de plus en plus de gens qui ont envie de se présenter à votre image, hors de cet exercice qui pourtant vient d'être un succès à droite par exemple.

Mais il a été un succès à droite, et encore une fois j'en ai félicité les protagonistes, comme il avait été un succès à gauche il y a 5 ans, parce qu'il permet de tenir les intérêts d'un camp. Mais ce que je vous dis de manière très sincère, et c'est ce que je dis depuis plusieurs mois, les divisions sont telles au sein du Parti Socialiste et au sein des Républicains que ces camps ne tiennent plus que par les intérêts communs et les postes à répartir. Quand on n'est plus d'accord sur la place de l'écologie, la manière de produire, sur la justice sociale, sur l'éducation, sur l'Europe, on n'est pas d'accord sur ce qu'il fait le pays aujourd'hui et demain.

Donc pardon de vous le dire, soit ce à quoi on croit n'a pas d'importance, soit il y a beaucoup de cynisme derrière tout cela. Donc en effet je pense que les primaires, quel que soit leur succès populaire, que je salue en particulier ce soir, ne règlent pas ces incohérences fondamentales qu'il y a dans nos deux grands partis politiques. Merci Emmanuel Macron d'avoir été avec nous ce soir en direct sur BFM TV.