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InterviewRCF — L'Invité de la Matinale (sur Site radio)· 4 janvier 2024 10 minComplaisantActualité / polémiqueEnvironnement & énergieSécuritéInstitutions & élections

« Il y a une vraie demande d’action de l’Etat dans les semaines qui viennent » insiste Paul Christophe

Audio original de l'émission.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 60 %Attaque 10 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 54 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:47OuverteRéponse directe

    Quel témoignage avez-vous des habitants touchés par ces crues ce matin dans votre circonscription et dans les circonscriptions voisines ?

  • 1:24OuverteRéponse partielle

    Une colère vis-à-vis de l'État, peut-être, qui n'a pas su anticiper ?

  • 2:09OuverteRéponse partielle

    Est-ce qu'on peut espérer que les assureurs jouent le jeu ?

  • 2:50OuverteRéponse partielle

    Et notamment le dispositif catastrophe naturelle ?

  • 3:35OuverteRéponse partielle

    Est-ce que ça devient tellement complexe qu'on ne sait plus très bien gérer le sujet ?

  • 4:45OuverteRéponse partielle

    Pour lui rendre certaines zones inhabitables n'est pas tabou.

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 3:07InvitéChiffre
    « Nous avons entre le Nord et le Pas-de-Calais 450 000 habitants qui vivent sous le niveau de la mer. »
  • 5:04InvitéFait
    « On a des endroits où il faut racheter les biens, utiliser le fonds barnier, utiliser les dispositifs qui existent pour faire en sorte qu'il n'y ait plus d'habitation. »
  • 8:37InvitéFait
    « Le ministre l'a dit hier, il va falloir tordre la réglementation pour que ça aille beaucoup plus vite. »

Temps de parole

  • Invité66 %
  • Paul Christophe27 %
  • Invité 25 %
  • Présentateur3 %

0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Invité

Ce programme est disponible grâce aux dons de nos auditeurs. Pour diffuser un message d'espérance, rendez-vous sur rcf.fr.

0:16
Présentateur

L'invité de la matinale, Pierre-Hugues Dubois. Votre invité ce matin, Pierre-Hugues, est député du Nord, apparenté au groupe Horizon. Il est aussi membre du groupe d'études sur les inondations et les risques naturels à l'Assemblée nationale. Avec lui, vous revenez sur les terribles inondations qui touchent les Hauts-de-France.

0:32
Paul Christophe

Bonjour Paul-Christophe. Bonjour. Et merci d'avoir accepté notre invitation sur rcf. Ça y est, le Pas-de-Calais n'est plus en vigilance rouge, mais en vigilance orange. Et ce qu'annonce ce matin, Météo France, tout comme trois autres départements. Quel témoignage avez-vous des habitants touchés par ces crues ce matin dans votre circonscription et dans les circonscriptions voisines ?

0:54
Invité

D'abord, c'est vrai que je voudrais exprimer une pensée de solidarité pour les familles concernées par ces inondations. Comme vous l'avez dit, ils ont terminé l'année 2023 les pieds dans l'eau et elles débutent malheureusement, celle de 2024, dans la même situation. Et donc, aujourd'hui, les témoignages portent évidemment vers un sentiment de désolation, une vraie amertume, parfois une colère, parce que, eh bien, deux situations majeures en si peu de temps, vous vous donnez bien que ça marque les esprits. Et puis, on a l'impression que c'est sans fin. Donc, il y a en tout cas une vraie demande d'action dans les mois et les semaines qui viennent.

1:24
Paul Christophe

Désolation, amertume, colère, dites-vous ce matin. Une colère vis-à-vis de l'État, peut-être, qui n'a pas su anticiper ?

1:30
Invité

Alors, c'est souvent l'État, parce que c'est un peu cette boucle émissaire facile. Je suis convaincu, parce que je préside également une commission locale de l'eau sur le sage de l'Isère, le schéma d'aménagement et de gestion de l'Isère, c'est le fleuve frontalier qui va du nord à la Belgique. Tout ça est multifactoriel. Et forcément, ça appelle plusieurs solutions. Je pense que chacun doit prendre sa part.

Je rappelle que, par la loi, sous le quinquennat Hollande, la compétence gestion des milieux aquatiques et protection contre l'inondation a aussi été transférée aux communes et aux intercommunalités, ce qui embarque finalement tous les pouvoirs décisionnels dans un schéma d'aménagement et de prise en compte des inondations bien plus larges que le simple niveau de l'État.

2:09
Paul Christophe

Et il y a une crainte aussi des habitants vis-à-vis des assureurs. Difficulté à être indemnisé, augmentation des primes d'assurance ou résiliation des contrats. Est-ce qu'on peut espérer que les assureurs jouent le jeu ?

2:21
Invité

Oui. Alors, je pense que pour les rassurer également, et c'est là où je voudrais assister, c'est qu'il faut qu'on ne se contente pas de dire indemnisé et on se revoit la fois prochaine. Il est primordial d'avoir un retour d'expérience sur ce qui vient de se passer parce que ça se reproduira et on risquerait de se retrouver cette fois devant une mauvaise volonté des assureurs de revenir sur l'indemnisation. Donc, il nous faut mettre en amont un ensemble de dispositifs qui va demain permettre d'éviter de vivre à nouveau ces séquences-là.

2:50
Paul Christophe

Et notamment le dispositif catastrophe naturelle ?

2:54
Invité

Le dispositif catastrophe naturelle, mais je pense qu'il y a aussi un ensemble de travaux qu'il nous faut conduire. Vous savez que la problématique, elle est liée à plusieurs facteurs. Un faible débit au niveau de l'eau, peu de zones d'expansion de crumes maîtrisées, une zone de pôle vert. Je rappelle que nous avons entre le Nord et le Pas-de-Calais 450 000 habitants qui vivent sous le niveau de la mer. Et une contrainte majeure d'évacuation de ce fameux zoo à la mer puisque nous sommes tributaires également des marées et nos capacités de pompage.

Donc, il y a un champ d'intervention multiple qui doit demain nous conduire à améliorer la situation des populations et donc être rassurant vis-à-vis des assurances.

3:28
Paul Christophe

C'est multifactoriel, disiez-vous. Il y a aussi toutes les couches possibles de l'État, l'État, les intercommunalités, les communes. Est-ce que ça devient tellement complexe qu'on ne sait plus très bien gérer le sujet ?

3:41
Invité

Je ne pense pas que ce soit une question de complexité territoriale. Je pense que déjà, il faut une vraie volonté. C'est peut-être là où l'État a un nouveau rôle à jouer. Je reviens sur cette amuse loi GEMAPI qui a transféré des choses du haut au bas. Je pense qu'aujourd'hui, on voit bien que lorsqu'on a un problème, on se tourne vers le haut finalement. Donc, je veux dire, des collectivités à l'État ou de l'État aux collectivités.

4:02
Paul Christophe

Je pense que cette loi GEMAPI peut-être, c'est une loi sur la gestion des milieux aquatiques et prévention des inondations.

4:08
Invité

C'est ça, tout à fait, et qui a donc transféré aux communes, qui d'ailleurs lève une taxe pour assumer cette charge financière qui est à Combet. Mais on revient qu'aujourd'hui, c'est inabouti parce que vous avez transféré une partie de la compétence. Et finalement, on a besoin de l'État. Et je salue la venue de Christophe Béchut hier qui est venue sur le territoire en rappelant qu'il a dit qu'il mettrait en œuvre des dispositifs, peut-être pour tordre même la réglementation actuelle. Je pense notamment aux règles européennes sur la gestion de l'eau également qui sont des contraintes pour nous, notamment pour ce qui concerne la gestion des cadeaux.

4:41
Paul Christophe

Le ministre de la Transition écologique, effectivement, qui était hier en déplacement dans le Pas-de-Calais, pour lui rendre certaines zones inhabitables n'est pas tabou. Je vous propose d'ailleurs de l'écouter, Christophe Béchut hier.

4:51
Invité

On ne pourra pas partout se dire que c'est en rehaussant les digues chaque année de quelques centimètres qu'on pourra faire face à des épisodes climatiques. Donc regarder la réalité en face, ça peut aller jusqu'à considérer qu'on a des endroits où il faut racheter les biens, utiliser le fonds barnier, utiliser les dispositifs qui existent pour faire en sorte qu'il n'y ait plus d'habitation. Est-ce qu'on doit aller vers des solutions de ce type ici ? Le sujet n'est pas tabou.

5:14
Paul Christophe

Christophe Béchut au micro, notre confrère de BFM TV. Christophe Béchut a-t-il raison de vouloir rendre certaines régions inhabitables ?

5:23
Invité

Peut-être pas certaines régions, mais certains territoires, peut-être. Je pense qu'on a une réflexion à porter sur les zones d'aménagement de crues, sur peut-être l'écurage de canaux avec renforcement des berges, sur nos capacités de pompage. Et peut-être qu'au bout du bout, on se rendrait compte que certains endroits, il serait plus raisonnable de se retirer, entre guillemets. C'est ce qui s'est passé à la faute sur mer. Je rappelle en Vendée également, où lors de la pompette de Xintia, on s'est rendu compte qu'il y avait des zones où on n'aurait pas dû autoriser les constructions.

Ou alors, la nature ayant fait son œuvre, il faut peut-être faire marche arrière sur l'organisation sur certains secteurs. Mais c'est un cas extrême. Je voyais des témoignages hier d'habitants qui disaient « rachetez ma maison, rasez-la, je ne peux plus habiter là », c'est évident.

6:05
Paul Christophe

Et rasez ma maison, c'est vrai que pour certains habitants, c'est le deuxième, troisième sinistre en quelques mois. Pour ces familles, quel accompagnement de l'État il peut y avoir ?

6:15
Invité

Sur ce qu'on évoquait sur le rachat de maisons, c'est ce qu'évoquait le ministre Béchut, le fonds Barnier, qui permet de racheter l'habitat et puis ensuite de prendre en charge sa démolition plus en moins et simplement. Je pense que là, ensuite, c'est une négociation entre les habitants concernés et les services de l'État sur l'évaluation de ce sens que les choses se passent au juste prix.

6:35
Paul Christophe

Paul Christophe, vous êtes député du Nord et dans la précédente mandature à l'Assemblée, vous avez été membre du groupe d'études sur les inondations, risques naturels et calamités agricoles. Concrètement, quelles mesures sont à la main des députés, à la main de la loi pour empêcher que ce type de catastrophe ne puisse faire tant de dégâts ?

6:54
Invité

Alors en soi, je ne pense pas qu'il y ait une mesure spécifique qui soit à notre main. Notre rôle de ce groupe d'études était de porter des réflexions, d'aller recueillir des témoignages et d'essayer de faire bouger les lignes. Il y avait entre autres, vous parlez de l'inondation, mais il y a aussi, vous savez, dans notre territoire, le risque de gonflement retrait argileux aussi, qui est très présent. D'ailleurs, on est très inquiet pour l'été prochain si on va vers une sécheresse, parce qu'aujourd'hui, vous doutez bien que les sols étant gorgés d'eau, l'argile, c'est sépant, et demain, elle risque de se rétracter.

Donc on risque d'avoir de désordre, cette fois structurel, sur un certain nombre d'habitations. Vous voyez que ce n'est pas neutre ce qui nous arrive, et quand je dis que c'est multipactoriel, ça met des répercussions au-delà de l'eau présente aujourd'hui, peut-être demain, lorsque les choses vont s'assécher. Et donc notre rôle à nous, c'est effectivement de porter ces témoignages, ces messages, d'étudier les situations sur le terrain, pour faire remonter auprès des instances décisionnelles les besoins en évolution.

7:50
Paul Christophe

Remonter auprès des instances décisionnelles, c'est-à-dire ?

7:53
Invité

Auprès du ministère, des ministères concernés, parce que parfois, c'est même plusieurs ministères, plusieurs ministères. Mais le ministre, le méchue, le méchue, le méchue, il faudra peut-être tordre un peu la réglementation, ou peut-être plutôt l'adapter, j'ai envie de dire, même si on sait que parfois les choses se font sur un temps assez long, pour faire en sorte que, je vais prendre un exemple très très simple, on nous demande souvent de curer les canaux pour mieux stocker plus d'eau. Le problème, c'est que vous devez maintenir une certaine hauteur d'eau dans les canaux pour contenir les berges.

Donc si demain vous creusez, vous baissez du niveau d'eau, vous risquez un défendrement de berges. Ça veut dire que la solution, c'est à la fois creuser le canal, mais aussi conforter les berges via des pales planches, quelque chose comme ça, cela relève aujourd'hui d'un dossier goie sur l'eau qui va vous prendre 18 à 24 mois. Le ministre l'a dit hier, il va falloir tordre la réglementation pour que ça aille beaucoup plus vite.

8:41
Paul Christophe

Il y a aussi un sujet de sous, d'argent, de financement, d'investissement. Dans quel domaine et à qui faut-il renforcer ces investissements ?

8:50
Invité

Très clairement, sur la maîtrise des canaux, puisqu'on voit bien qu'aujourd'hui, VNF manque de financement. Sur la maîtrise également de la question du pompage, on voit bien qu'on est sous-dimensionné finalement. Vous savez que lorsque le débit n'est pas assez suffisant, ou lorsque la différence d'entre la basse mer et la mer n'est pas suffisante, on pompe pour évacuer cette eau à la mer. Donc on voit bien aujourd'hui qu'on est obligé de faire appel à la solidarité internationale pour bénéficier de pompes de plus gros débits. Peut-être que demain, ce serait mieux si on les avait nous-mêmes à disposition. Voilà un ensemble de réflexions.

Et puis accompagner les collectivités dans la question des zones d'expansion de crues, qui pour moi sont indispensables en amont pour freiner l'arrivée de l'eau, tamponner. Aujourd'hui, on me dit qu'il faudrait évacuer plus vite à un endroit pour solutionner. Oui, mais si vous évacuez plus vite à un endroit, vous reportez le problème chez le voisin et vous n'aurez rien solutionné. Vous voyez que c'est vraiment une dimension d'ensemble qu'il faut avoir avec une vue un petit peu en prenant de la hauteur.

9:42
Paul Christophe

Paul Christophe, est-ce que ce à quoi on insiste, ce n'est pas aussi notre impuissance face à un changement climatique que nous ne maîtrisons pas ?

9:51
Invité

Oui et non. J'ai envie de dire que le changement climatique est effectivement de fait. Donc il s'agit pour nous de nous adapter à ce genre de choses. Mais bon, des crues, il y en a eu par le passé également. Donc on voit bien qu'on a su à l'époque s'adapter. Peut-être que sur certains territoires, on a aussi un peu trop urbanisé, ce qui favorise le ruissellement et empêche la pénétration de l'eau dans les sols. C'est pour ça que je vous disais que la vision, elle doit être absolument multifactorielle. On ne peut pas chercher une responsabilité particulière. C'est un ensemble, en fait.

10:23
Paul Christophe

C'est un ensemble. Merci beaucoup en tout cas Paul Christophe d'avoir ce matin été l'invité de la matinale sur RCF. Je rappelle que vous êtes député du Nord et j'en profite effectivement au nom de toutes les équipes de RCF d'apporter toute notre solidarité aux habitants durement touchés dans ces départements. C'est un ensemble.