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InterviewFrance Inter — L'invité de 8h20 (sur Site radio)· 27 octobre 2026 25 minComplaisantFond programmatiqueSantéNumériqueÉconomie & entreprises

Présidentielle : le professeur d'immunologie Éric Vivier appelle les candidats à soutenir la recherche fondamentale

Source d'origine 3 locuteurs

Audio original de l'émission.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 95 %Attaque 3 %Défensif 2 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 94 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 3:22OuverteRéponse directe

    Est-ce qu'on peut faire un parallèle avec ce qui s'est passé pour le sida, Florence Sabatier, et cette expression « apprendre à vivre avec » ?

  • 5:36OuverteRéponse directe

    Ça veut dire qu'on ne partirait pas, évidemment, sur une campagne de vaccination, comme ça peut être le cas. On est ici dans un soin, un traitement particulier pour un patient. Ça veut dire qu'on va lui fabriquer un vaccin qui colle à sa tumeur. Ça va prendre combien de temps ?

  • 6:25OuverteRéponse directe

    Alors, on imagine que des vaccins sur mesure, ça doit être un coût énorme. Est-ce qu'on peut imaginer que ce vaccin soit accessible à tous les malades demain, compte tenu du coût qu'il implique ?

  • 7:23OuverteRéponse directe

    Est-ce que tous les cancers que l'on connaît connaissent la même progression, les mêmes avancées spectaculaires ?

  • 8:05OuverteRéponse directe

    Est-ce que vous pouvez nous expliquer ce que c'est une tumeur chaude ?

  • 8:42OuverteRéponse directe

    J'ai découvert cette expression. Expliquez-moi ce que c'est qu'un auto-anticorps.

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:40InvitéPromesse
    « On aimerait bien guérir. Nous, on travaille pour un monde sans cancer. »
  • 3:06InvitéFait
    « Avec une hétérogénéité, il y a des cancers dans lesquels ça marche très bien, comme la maladie de Hodgkin. Il y a des cancers dans lesquels ça marche moins bien, comme certains cancers colorecto, comme le cancer du pancréas. »
  • 3:37InvitéChiffre
    « Les patients qui sont traités de manière appropriée, avec les trithérapies et thérapies les plus appropriées aujourd'hui, ont une espérance de vie qui est comparable à celle d'un individu qui n'est pas infecté. »
  • 4:32InvitéFait
    « On arrive maintenant, à travers une recherche fondamentale au départ sur l'ARN, à manipuler cet ARN de telle manière à pouvoir avoir un vaccin qui soit personnalisé. »
  • 6:42InvitéPromesse
    « C'est ce qu'on aimerait, bien évidemment. On travaille dans des technologies qui progressent de manière incroyable au jour le jour. »
  • 9:12InvitéFait
    « Et quelquefois, ces auto-anticorps peuvent être à l'origine de pathologies. Et en particulier, il a été montré par l'équipe de Jean-Laurent Casanova, à la fois à New York et à la fois à l'Institut Imagine, ici à Paris, que lors de certaines infections virales, en particulier dans le Covid, ces auto-anticorps pouvaient malheureusement se traduire par une plus grande sensibilité à l'infection virale. »
  • 10:07InvitéFait
    « La recherche fondamentale a appris à manipuler le vivant et à utiliser comme arme thérapeutique des éléments du vivant, des cellules, des molécules. »
  • 12:24InvitéFait
    « On observe, par exemple, aujourd'hui, et malheureusement, une explosion des cancers des jeunes adultes dans les pays occidentaux et en particulier des cancers qui intéressent le tube digestif. »
  • 12:53InvitéFait
    « Les pistes qu'on a pour ces cancers du tube digestif sont l'alimentation avec des produits ultra-transformés et les micro-plastiques. Reste à le démontrer. »
  • 13:42InvitéFait
    « Des outils sont développés de manière extrêmement dynamique pour aider les médecins. Alors, pour aider les chercheurs aussi, c'est plus ça qu'on connaît nous. »
  • 14:26InvitéFait
    « Un jumeau numérique, c'est une copie virtuelle d'un patient qui est construit à partir de milliards de données qu'on injecte et qui viennent à la fois de cohortes de patients, de littérature, etc., et puis de données issues du propre patient. »
  • 16:00InvitéFait
    « La recherche est fondamentale. Donc, de dire qu'il y a de la recherche fondamentale est pratiquement un pléonasme. »
  • 21:35InvitéFait
    « Moi si je n'avais pas eu le privilège d'avoir des financements européens, on n'aurait jamais pu faire dans le laboratoire ce qu'on a fait. »

Temps de parole

  • Invité44 %
  • Invité 228 %
  • Présentateur17 %
  • Invité 38 %

≈ 7,8 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:07
Présentateur

La révolution médicale, elle est en cours pendant que l'on se parle. Progrès considérable qui concerne les diabétiques, le traitement de l'obésité, mais aussi la lutte contre le cancer. Les meilleurs spécialistes sont réunis à Madrid où l'arrivée d'un vaccin a notamment fait sensation lors du congrès de cancérologie qui s'achève ce mardi. Avancées qui interviennent au moment où l'émergence de l'intelligence artificielle ouvre de nouvelles perspectives dans les laboratoires, des labos

0:34
Locuteur

où

0:35
Présentateur

cette vague d'espoir est parfois douchée par les questions de budget à la baisse pour la recherche. Des enjeux que nos invités connaissent sur le bout des doigts. Deux experts pour nous éclairer ce matin sur France Inter. Laissez-moi vous les présenter. Bonjour Florence Sabatier. Bonjour. Professeur d'hématologie et de biothérapie, l'université ex-Marseille. Vous êtes une spécialiste des cellules souches et des thérapies cellulaires. À vos côtés, Éric Vivier. Bonjour et bienvenue. Bonjour. Immunologiste et professeur également à l'université ex-Marseille, à l'école polytechnique, spécialiste des cellules NK tueuses naturelles du système immunitaire.

Vous venez par ailleurs de recevoir à New York le prix Collet qui est un peu le Nobel de l'immunologie du cancer. Ces nouvelles découvertes qui nous guérissent. C'est le titre du livre que vous publiez ensemble chez Odile Jacob et je suis sûr que nos auditeurs auront plein de questions à vous poser.

1:30
Locuteur

On

1:30
Présentateur

les attend. 01 45 24 7000 et l'appli Radio France. Ça reste un mot qui fait peur. Le cancer, un mot qu'on évite même parfois de prononcer pour tout ce qu'il charrie d'angoisse, de douleur. Et pourtant, Éric Vivier, le cancer se soigne mieux et même beaucoup mieux qu'avant.

1:49
Invité

Complètement, en fait, c'est ce qu'on raconte dans ce livre, c'est que le cancer, c'est évidemment pas une bonne nouvelle à l'annonce. Et pourtant, grâce à la recherche et à la recherche fondamentale, on peut aujourd'hui avoir des bonnes nouvelles pour le contrôle des maladies tumorales, pour le contrôle des cancers. Vous faites allusion à ce qui se passe à Madrid en ce moment. Effectivement, grâce à la technologie qui a été initiée lors de la pandémie Covid, donc on va pas rentrer dans le jargon de la technologie, mais des vaccins qui sont basés sur des lipo-nanoparticules. On peut mettre de l'ARN, c'est ça qu'il faut retenir.

Et grâce à ça, on peut faire des vaccins personnalisés qui marchent bien.

2:27
Locuteur

On

2:27
Invité

va venir justement à la question du vaccin contre le cancer, mais justement, quand on dit soigner le cancer, qu'est-ce que ça veut dire ? Est-ce que ça veut dire guérir du cancer ou est-ce que ça veut dire le contenir, le contrôler ?

2:39
Locuteur

Alors,

2:40
Invité

on aimerait bien guérir. Nous, on travaille pour un monde sans cancer. En réalité, on n'y est pas encore. Et déjà, contrôler l'ensemble des cancers est un objectif.

2:48
Locuteur

Et

2:49
Invité

il se trouve que dans certains cancers, l'immunothérapie, c'est-à-dire la capacité que l'on peut avoir grâce à des médicaments,

2:57
Locuteur

de

2:58
Invité

booster, de stimuler son propre système immunitaire pour que lui, de manière indirecte, contrôle le cancer, ça, ça marche pour

3:05
Locuteur

globalement

3:06
Invité

35% des patients. Alors, avec une hétérogénéité, il

3:09
Locuteur

y a

3:09
Invité

des cancers dans lesquels ça marche très bien, comme la maladie de Hodgkin. Il y

3:13
Locuteur

a

3:13
Invité

des cancers dans lesquels ça marche moins bien, comme certains cancers colorecto, comme le cancer du pancréas. Mais c'est l'ensemble de la collectivité de recherche qui travaille pour que ça marche mieux.

3:22
Présentateur

Est-ce qu'on peut faire un parallèle avec ce qui s'est passé pour le sida, Florence Sabatier, et cette expression « apprendre à vivre avec ».

3:27
Invité

Absolument, absolument. Je pense qu'effectivement, aujourd'hui, on sait bien qu'on contrôle parfaitement l'infection par le VIH et que les patients qui sont traités de manière appropriée, avec les trithérapies et thérapies les plus appropriées aujourd'hui, ont une espérance de vie qui est comparable à celle d'un individu qui n'est pas infecté. Par conséquent, le contrôle de la maladie, c'est quelque chose qui permet une vie tout à fait normale. Et c'est probablement, effectivement, ça qui est le premier objectif aussi dans l'innovation contre le cancer.

3:59
Présentateur

Vivre avec pendant longtemps, en bonne santé

4:01
Locuteur

?

4:02
Invité

Absolument, c'est l'objectif.

4:04
Locuteur

Alors

4:04
Invité

justement, Éric Lévy, vous commenciez à parler du vaccin contre le cancer.

4:08
Locuteur

C

4:08
Invité

'est la principale annonce qui est attendue au Congrès européen de cancérologie et qui s'achève en Espagne aujourd'hui. Il faut expliquer comment ça marche. Vous avez commencé à le faire tout à l'heure. Ce n

4:17
Locuteur

'est

4:17
Invité

pas un vaccin préventif, c'est un vaccin curatif, ce vaccin contre le cancer.

4:21
Locuteur

C

4:22
Invité

'est ce qu'on raconte aussi dans ce livre, parce qu'on raconte des histoires. On raconte l'histoire des découvertes qui est, de notre point de vue, aussi intéressante que les découvertes par elles-mêmes. Et donc, ce qu'on raconte, c'est qu'effectivement, on arrive maintenant, à travers une recherche fondamentale au départ sur l'ARN, à manipuler cet ARN de telle manière à pouvoir avoir un vaccin qui soit personnalisé. Alors, pour entrer un petit peu plus dans la technique, on isole à partir des patients qui présentent ces cancers une partie de ces lésions cancéreuses.

Grâce à une étude qui fait appel à de la bioinformatique, on arrive à séquencer ces cancers et à repérer les différences avec une cellule normale. Et grâce à ça, on va synthétiser des ARN qui vont pouvoir servir de vaccin et éduquer le système immunitaire. Et on ne parle pas de prévention, on parle de traitement. C 'est des vaccins sur mesure, Florence Abatier ? Oui,

5:17
Locuteur

c

5:17
Invité

'est des vaccins sur mesure parce que les cibles contre lesquelles elles vont être dirigées sont des molécules qui sont propres à la tumeur d'un individu. Et c'est ça qui en fait, justement, l'efficacité. Parce que des cibles qu'on essaierait d'utiliser pour tout le monde ne marcheraient pas chez tout le monde.

5:36
Présentateur

Ça veut dire qu'on ne partirait pas, évidemment, sur une campagne de vaccination, comme ça peut être le cas. On est ici dans un soin,

5:43
Locuteur

un

5:43
Présentateur

traitement particulier pour un patient. Ça veut dire qu'on va lui fabriquer un vaccin qui colle à sa tumeur. Ça va prendre combien de temps

5:50
Locuteur

?

5:51
Invité

Absolument. Alors, le temps de fabrication est relativement important, peut-être des semaines. Mais c'est suffisant pour être efficace. Mais l'idée, c'est effectivement des traitements personnalisés. La personnalisation des traitements est d'ailleurs une des tendances...

6:09
Présentateur

C'est une révolution, ça.

6:10
Invité

Voilà, disons que ça fait partie des faits marquants aussi qu'on décrit, c'est-à-dire des grandes évolutions sur la prise en charge des maladies et considérer le patient en unicité le plus possible. Alors, on imagine que des vaccins sur mesure, ça doit être un coût énorme. Est-ce qu'on peut imaginer que ce vaccin soit accessible à tous les malades demain, compte tenu du coût qu'il implique

6:38
Locuteur

? Éric

6:40
Invité

Vivier ? C'est ce qu'on aimerait, bien évidemment. On travaille dans des technologies qui progressent de manière incroyable au jour le jour. Donc, en particulier, on a parlé de séquençage. Le séquençage, c'était long, c'était très coûteux. Maintenant, c'est très rapide et c'est beaucoup moins coûteux. Donc,

6:55
Locuteur

ce

6:55
Invité

qu'on espère, effectivement, c'est d'améliorer les processus, d'améliorer les technologies pour les mettre à disposition de tout le monde.

7:00
Présentateur

En l'occurrence, est-ce que certains malades en profitent déjà, en bénéficient déjà ?

7:04
Invité

Alors, pour les vaccins contre le cancer dont on parle là et pour d'autres, c'est en essai clinique, c'est dans le cadre d'un essai clinique. Donc, les patients peuvent être inclus ou pas en fonction de leur maladie.

7:14
Présentateur

On a des progrès pour les mélanomes, les cancers de la peau. On a des progrès pour les cancers du poumon.

7:18
Locuteur

On

7:18
Présentateur

a des progrès aussi, on en parlait ce matin sur Inter, pour le cancer de la prostate. Est-ce que tous les cancers que l'on connaît connaissent la même progression, les mêmes avancées spectaculaires ?

7:29
Locuteur

Alors,

7:29
Invité

pas tous les cancers. Encore une fois, je vous l'ai dit, il y a des cancers qui sont plus résistants au traitement que d'autres, au traitement actuel. Certains cancers colorecto, le cancer du pancréas aussi. Mais, encore une fois, on est là et c'est ce qu'on raconte dans ce livre. C'est que la recherche fondamentale permet de faire des avancées absolument prodigieuses et on est là pour dire, il y a des bonnes nouvelles. Ce livre est aussi un porteur d'espoir. Je pense qu'on en a globalement besoin en ce moment.

Alors, justement, dans les autres innovations que vous évoquez, il y a une autre piste, c'est de transformer les tumeurs froides, invisibles pour le système immunitaire, en tumeurs chaudes. Est-ce que vous pouvez nous l'expliquer, Florence Abatier

8:07
Locuteur

?

8:08
Invité

Oui, le principe,

8:09
Locuteur

c

8:09
Invité

'est effectivement, une tumeur parfois se développe parce qu'elle a envoyé des signaux négatifs, des signaux inhibiteurs au système immunitaire qui est là pour lutter contre elle. Et rendre une tumeur chaude, c'est justement lever ses freins et faire en sorte qu'elle n'envoie plus de signaux négatifs sur le système immunitaire qui est là pour l'éliminer. Différentes stratégies, notamment des immunothérapies, sont justement en pour objectif de transformer des tumeurs froides en tumeurs chaudes.

8:40
Présentateur

On en est aussi au rayon des auto-anticorps. J'ai découvert cette expression. Expliquez-moi ce que c'est. Eh bien, en

8:46
Invité

fait, les anticorps, c'est des molécules absolument incroyables.

8:48
Locuteur

On

8:49
Invité

a des milliards d'anticorps dans notre organisme. C'est ce qu'on

8:52
Présentateur

utilise pour se battre,

8:53
Invité

en général. Exactement. Mais il se trouve que, des fois, on peut considérer ça comme étant des déviances, pour faire simple. Et on produit des molécules contre

9:02
Locuteur

des

9:03
Invité

molécules du soi, c

9:04
Locuteur

'est

9:04
Invité

-à

9:04
Locuteur

-dire

9:04
Invité

de nous-mêmes. C'est à l'origine de l'auto-immunité, en particulier. Et quelquefois, ces auto-anticorps peuvent être à l'origine de pathologies. Et en particulier, il a été montré par l'équipe de Jean-Laurent Casanova, à la fois à New York et à la fois à l'Institut Imagine, ici à Paris, que lors de certaines infections virales, en particulier dans le Covid, ces auto-anticorps pouvaient malheureusement se traduire par une plus grande sensibilité à l'infection virale. Alors, il y a une autre révolution en cours. Nicolas en parlait dans son introduction tout à l'heure.

9:36
Locuteur

C

9:36
Invité

'est l'arrivée de l'intelligence artificielle dans la médecine. Et notamment dans la prévention du cancer. Florence Sabatier, vous, vous écrivez que ça révolutionne votre façon de travailler l'arrivée de l'IA dans la prévention du cancer du sein. Pardon, excusez-moi. Alors, moi, je ne suis pas une spécialiste du cancer. Simplement, ce qu'on voit et ce qu'on a voulu décrire aussi, c'est que parmi les nouvelles solutions thérapeutiques qui arrivent pour de très nombreuses maladies, elles sont issues, en fait, de deux grandes tendances qui sont récentes.

Il y a d'abord le fait que la recherche fondamentale a appris à manipuler le vivant et à utiliser comme arme thérapeutique des éléments du vivant, des cellules, des molécules. Et puis, d'autre part, cette conjonction de la bio-ingénierie, en fait, de l'ingénierie du vivant s'est associée avec les outils numériques. Et ces outils numériques, aujourd'hui, nous aident à aller plus vite. Elles nous aident à aller plus vite dans bien des choses. D'abord, dans l'accès à l'information qui est à la base de toute la recherche, finalement, rassembler et avoir à disposition toutes les informations possibles, toutes les données publiées, etc., c'est déjà le premier temps de la recherche.

Ensuite, l'intelligence artificielle permet d'agréger entre elles, d'intégrer des données extrêmement nombreuses pour faire le lien, par exemple, entre, par exemple, des facteurs environnementaux et les risques. Et elles permettent aussi d'analyser des données tellement importantes qu'on peut imaginer que demain, elles nous aideront à avoir des trajectoires de santé et donc, possiblement, permettre aux médecins, grâce à ces trajectoires, d'adapter les stratégies de prévention et de prise en charge. Oui, Éric Vivier. Et l'intelligence artificielle, elle aussi, est l'imagerie médicale. Vous parliez du cancer du sang. C'est très important de voir les choses, de voir les cancers.

Et donc, l'imagerie médicale est très importante, que ce soit de la radiologie,

11:31
Locuteur

que

11:31
Invité

ce soit des échographies, que ce soit de la résonance magnétique nucléaire. Et donc, l'IA sert à mieux observer ce qui se passe. Elle voit ce qu

11:40
Locuteur

'on

11:40
Invité

ne voit pas

11:40
Locuteur

? Alors,

11:41
Invité

elle voit ce qu'on ne

11:42
Locuteur

voit

11:42
Invité

pas, oui, on va dire oui. Ce n

11:43
Locuteur

'est

11:43
Invité

pas pour autant qu'elle remplace les médecins qui font de

11:48
Locuteur

l

11:48
Invité

'imagerie médicale. C'est une coopération entre l'intelligence naturelle et l'intelligence artificielle.

11:52
Présentateur

On parle prévention. Une question pour vous au Standard Inter.

11:55
Locuteur

C

11:55
Présentateur

'est Tristan qui est en ligne.

11:57
Locuteur

Oui,

11:57
Auditeur

bonjour. Merci de prendre ma question. Je me disais qu'en fait, effectivement, on a de très très grands spécialistes qui travaillent sur ces cancers, qui arrivent à d'autres résultats. Mais est-ce que tous ces résultats sur ces cancers, en fait, peuvent nous aider aussi à avoir des informations sur les causes de ces cancers et travailler à un moment aussi sur les causes de ces cancers ? Parce

12:16
Locuteur

que,

12:17
Auditeur

en fait, c

12:17
Locuteur

'est

12:17
Auditeur

ça qui nous intéresse, c

12:18
Locuteur

'est

12:18
Auditeur

de ne pas tomber malade.

12:20
Locuteur

Donc,

12:20
Auditeur

voilà.

12:21
Présentateur

Et ne pas avoir à soigner. Éric Vivier, pour vous répondre.

12:23
Invité

Oui, complètement. Vous avez totalement raison. En fait, on observe, par exemple, aujourd'hui, et malheureusement, une explosion des cancers des jeunes adultes dans les pays occidentaux et en particulier des cancers qui intéressent le tube digestif, le tube lui-même ou les annexes du tube digestif comme le pancréas. On pense là aussi que la collecte des données, l'analyse des données grâce à l'intelligence artificielle va permettre de conduire des études épidémiologiques qui vont nous permettre d'avoir des pistes quant aux causes. Aujourd'hui, les pistes qu'on a pour ces cancers du tube digestif sont l'alimentation avec des produits ultra-transformés et les micro-plastiques.

Reste à le démontrer. Mais, effectivement, on aimerait bien connaître toutes les causes du cancer à l'heure actuelle pour mieux s'en prévenir.

13:09
Présentateur

Le travail sur les facteurs exogènes, ça intéresse nos auditeurs. On a d'autres messages, notamment celui de Thomas. Ça coûterait moins cher, évidemment. Ce n

13:17
Locuteur

'est

13:17
Présentateur

pas le même travail que celui que vous faites

13:19
Locuteur

? Non,

13:20
Invité

ce n

13:20
Locuteur

'est

13:20
Invité

pas du tout le même travail. Et nous, on essaye de soigner une maladie qui est déjà présente. Mais, comme je viens de le dire, il

13:26
Locuteur

y

13:26
Invité

a des études épidémiologiques qui sont super importantes pour essayer de comprendre quelles sont les causes du cancer et les prévenir.

13:31
Présentateur

On parlait de l'IA. Est-ce qu'elle est déjà dans vos labos ? Oui. Est-ce qu'elle est à l'hôpital ? Est-ce qu'elle va rentrer dans le quotidien des patients, des Français

13:39
Locuteur

?

13:42
Invité

Alors, des outils sont développés de manière extrêmement dynamique pour aider les médecins. Alors, pour aider les chercheurs aussi, c'est plus ça qu'on connaît nous. Mais on peut anticiper. Effectivement, il y a déjà des dispositifs d'intelligence artificielle qui sont dans des centres, des centres pilotes, des centres spécialisés, dans lesquels ils sont d'abord validés et puis dans lesquels ils sont explorés quant à leur capacité à soutenir la décision médicale. Il y a une autre piste de l'IA que vous décrivez, Florence Sabatier, c'est celle des jumeaux numériques. Est-ce que vous pouvez nous expliquer ce que c'est un jumeau numérique ?

Alors, un jumeau numérique, c'est une copie virtuelle d'un patient qui est construit à partir de milliards de données qu'on injecte et qui viennent à la fois de cohortes de patients, de littérature, etc. et puis de données issues du propre patient, c'est-à-dire ses caractéristiques. Et la particularité de ce jumeau, c'est qu'il est une interface en permanence entre la copie virtuelle et le patient de manière à être adapté en permanence. Et donc, l'intérêt, le potentiel de ces jumeaux, c'est qu'il pourra servir à, par exemple, simuler une intervention thérapeutique et son résultat, simuler une stratégie de prévention et son résultat, avant même de l'appliquer chez le patient. On

15:19
Présentateur

va tester un traitement sur un avatar qui n

15:21
Locuteur

'existe

15:21
Présentateur

pas pour voir si ça marche.

15:23
Invité

Ça, c'est absolument passionnant et on explique bien à quoi...

15:26
Locuteur

Et ce n'est pas de la science-fiction

15:27
Présentateur

?

15:27
Invité

Ce n

15:28
Locuteur

'est

15:28
Invité

pas de la science-fiction en termes de potentialité. Après, il faut que ça rentre dans la pratique, bien sûr, et on n

15:34
Locuteur

'en

15:34
Invité

est pas encore là. Mais en tout cas, les systèmes sont en place pour donner à ces jumeaux numériques qu'aujourd'hui, toute leur puissance au service de la santé. Alors, justement, pour faire des découvertes médicales, il n'y a pas de secret. Il faut faire de la recherche et de la recherche fondamentale. Vous l'écrivez dans votre livre. C'est quoi, d'abord, la différence entre la recherche fondamentale et la recherche tout court

15:54
Locuteur

? Éric

15:55
Invité

Vivier ? On va essayer de le faire court. En fait, la recherche est fondamentale. Donc, de dire qu'il y a de la recherche fondamentale est pratiquement un pléonasme. Nous, ce qu'on essaye dans nos laboratoires, alors, c'est vraiment pas modeste, c'est vraiment très ambitieux, mais c'est découvrir quelque chose que personne n'a découvert depuis le début de l'humanité. Donc, on n'essaye pas d'inventer le pneu, on essaie d'inventer la roue. Alors, des fois, souvent, malheureusement, souvent, on n'y arrive pas. Mais en tout cas, c'est ce qu'on essaye de faire.

Et force est de constater que c'est l'ensemble de l'histoire des sciences qui nous apprend que ces recherches sont à l'origine de découvertes

16:31
Locuteur

d

16:32
Invité

'applications thérapeutiques en particulier, puisqu'on parle de médecine, dont on ne peut même pas supposer l'existence alors même qu'on n'a pas encore fait la découverte. Et c'est ça qu'on essaye d'expliquer à celles et ceux qui nous gouvernent. Parce que si on n'alimente pas, si on ne donne pas des fonds nécessaires, suffisants pour un développement de la créativité des chercheuses et des chercheurs qui passent leur vie à essayer de faire des découvertes, eh bien, en fait, on va couper l'amont et donc, il n

16:58
Locuteur

'y

16:58
Invité

aura plus d'aval, c'est-à-dire qu'il n

16:59
Locuteur

'y aura

16:59
Invité

plus d'applications thérapeutiques. Aujourd'hui, on parle de ces applications. Dans le livre, on les décrit. Mais ces applications n'existeraient pas s'il

17:07
Locuteur

n

17:07
Invité

'y avait pas une recherche fondamentale. Et c'est justement ce qu'on explique. C'est pour ça qu

17:10
Locuteur

'on

17:11
Invité

raconte l'histoire de ces découvertes, puisqu'elles apparaissent quelquefois surgir de nulle part. Mais en fait, elles surgissent de la curiosité. Et c'est ça qui est très important. C'est ça qu'il faut entretenir.

17:22
Présentateur

Et ça fait quoi, à la réflexion de Jean-Louis ? Est-ce qu'on peut convaincre un décideur public, un décideur privé, d'investir pour la curiosité et pas pour un résultat concret ?

17:30
Invité

Eh bien, c'est ce qu'on essaye de faire. Et moi, j'essaye de faire ça depuis plusieurs décennies maintenant. Force est de constater que ça ne marche pas forcément. D'ailleurs, juste une petite anecdote. Il y a quelques années, avec des camarades, à l'occasion d'une autre élection présidentielle, on avait cherché dans les programmes politiques le mot recherche. Nous, on cherche, donc on avait recherché ça. On l'avait trouvé une fois. Une

17:52
Locuteur

occurrence.

17:53
Invité

Une occurrence. Et en plus, c'était pour recherche d'emploi. Parce qu'à l'époque, il y avait du chômage en France. Enfin, je pense qu

17:58
Locuteur

'il

17:58
Invité

y

17:58
Locuteur

en

17:58
Invité

a toujours, mais on en parle moins. Alors, donc, c'est juste consternant. Moi, je reviens de Chine et des Etats-Unis. Je peux vous dire qu'un effort conséquent dans une recherche tout azimut, pas du tout orientée vers ses applications, mais qui permet à celles et ceux qui y consacrent leur vie de faire ce qu'ils veulent, d'exprimer leur créativité, eh bien, ça donne des résultats. Et c'est ça qu'on aimerait bien voir dans les programmes politiques, puisqu'on parle peut-être d'exprimer présidentiel en France bientôt, je ne sais pas. Vous dites justement qu'en France, les chercheurs passent plus de la moitié de leur temps à chercher des financements.

Ce qui est clair, c'est qu'un chercheur cherche avant tout de l'argent. Plus de la moitié de son temps, effectivement. Ce qui est quand même un problème, me semble-t-il.

18:42
Locuteur

Un

18:43
Présentateur

exemple qui est dans le livre sur ce lien pas toujours évident entre ce que l'on cherche, ce que l'on trouve, et des résultats pratiques. L'Ozampie, qu'on parle là de traitement contre l'obésité, on a trouvé grâce à de la salive de lézard.

18:56
Invité

Oui, effectivement. Encore un exemple, effectivement, que c'est surtout la curiosité de comprendre qui amène à des médicaments sans le vouloir ou sans le chercher. On a l'histoire de ce qu'on appelle les agonistes du GLP1, pour utiliser le terme exact, en fait, ont été identifiés grâce simplement à des chercheurs qui voulaient comprendre pourquoi certains lézards, et en particulier ce qu'on appelle le monstre de Gila, étaient venimeux alors qu'ils vivaient dans les déserts d'Arizona.

Et c'était unique, c'était donc la curiosité de ce reptile qui finalement a permis d'identifier dans le venin une substance qui a donné ensuite avec des innovations à la fois de biotechnologie et de chimie cumulées. Aujourd'hui, ces médicaments qui changent radicalement le pronostic du diabète, de ses complications et de l'obésité.

19:59
Présentateur

Donc plaider la curiosité, accepter l'échec aussi, parce qu'il est quasi permanent.

20:04
Locuteur

Bien

20:05
Invité

sûr, ça c'est une question d'état d'esprit. Encore une fois, je ne

20:09
Locuteur

vais

20:09
Invité

pas faire l'apologie des Etats-Unis de manière globale, mais c'est vrai qu'en France en particulier, l'échec est un problème. Or, comme vous venez de le dire, l'échec fait partie du quotidien. En fait, on apprend beaucoup de choses à partir d'expériences qui ne marchent pas. Et il faut justement toujours construire d'autres démarches expérimentales qui vont permettre d'arriver à une solution. et donc pour ça, il faut avoir les capacités de développer les laboratoires. Vous parliez tout à l'heure de l'élection présidentielle. Qu'est-ce que vous demandez ce matin aux candidats à la présidentielle qui nous écoutent, je ne sais pas,

20:45
Locuteur

mais

20:45
Invité

en tout cas, quel appel vous leur lancez ? De quoi vous avez besoin ? Nous, on aimerait bien savoir le positionnement de tout un chacun quant à l'accompagnement de la recherche fondamentale en France, puisque la France avait il y a encore quelques années cette particularité d'avoir des instituts de recherche comme l'INSERM, comme le CNRS, qui avaient des dotations conséquentes et qui permettaient en dehors de tout projet d'avoir un espèce de fonds de roulement en plus de positions de chercheurs fonctionnaires qui permettaient de prendre des risques.

On a voulu changer le système en ayant des financements compétitifs sur appel d'offres et c'est bien d'avoir un peu les deux mais force est de constater qu'aujourd'hui, l'accompagnement de ces structures de recherche ne fait que baisser, ce qui met la situation de la recherche française dans une position compliquée. Juste pour finir sur ce point, moi si je n'avais pas eu le privilège d'avoir des financements européens, on n'aurait jamais pu faire dans le laboratoire ce qu'on a fait. Donc oui, j'appelle les candidates et les candidats à l'élection présidentielle à se prononcer sur la recherche fondamentale. Qu'est

21:48
Locuteur

-ce

21:48
Invité

que c'est que la recherche fondamentale pour eux et en quoi ils vont l'aider ?

21:51
Locuteur

En

21:52
Présentateur

l'occurrence, on parle aussi beaucoup de questions éducatives ces dernières semaines. Vous appelez un changement d'état d'esprit dans la façon de faire des sciences à l'école tout au long de la scolarité

22:00
Locuteur

? Oui,

22:02
Invité

effectivement, donner l'envie aux plus jeunes de la curiosité de la science et l'envie de s'engager dans la recherche, c'est majeur. On a besoin de futurs talents qui auront justement cette curiosité désintéressée.

22:18
Locuteur

Et comment on les fabrique ces talents

22:19
Présentateur

?

22:20
Invité

Il faut d'abord encourager la curiosité, ouvrir l'esprit vers les sciences, donner accès. Vous

22:31
Présentateur

êtes en train de me dire qu'on peut avoir un curieux qui a des mauvaises notes en maths et qui peut trouver des choses parmi les élèves.

22:37
Invité

Juste un

22:38
Locuteur

exemple,

22:38
Invité

si je peux me permettre, c'est la main à la patte. La main à la patte, c'est une manière d'enseigner les sciences qui a été promue il y a déjà plein d'années. Pierre-Gilles De Gênes, Georges Charpak étaient vraiment des avocats de ça. Et je pense que c'est très intéressant. On est enseignants tous les deux. Je pense qu'il est évident, mais je vous le confirme, que pour faire passer son message, il est beaucoup plus efficace de démontrer que d'asséner.

23:06
Locuteur

Moi,

23:06
Invité

j

23:06
Locuteur

'ai

23:06
Invité

la chance d'avoir quatre enfants. Je peux vous dire que quand je regarde la manière dont on enseigne, en particulier les sciences, je pense qu'on ne promeut pas cette curiosité quand on assène des résultats sans les démontrer. Et donc, moi, je pense qu'effectivement, pour avoir une nation qui est basée sur l'innovation, certains même, je ne

23:24
Locuteur

sais

23:24
Invité

pas si vous vous rappelez, on parlait de Startup Nation, eh bien, il faut aller dans cet état d'esprit de curiosité, d'avoir envie de faire des découvertes. Et ça, ça s'apprend dès l'école maternelle.

23:35
Présentateur

J'ai une question de Nicolas. Tiens, à quel horizon peut-on espérer un accès à tous de ces vaccins ARN personnalisés à ce sur-mesure

23:42
Locuteur

?

23:43
Présentateur

On a une idée ?

23:43
Locuteur

Je pense

23:44
Invité

assez rapidement. Bien sûr, moi,

23:46
Locuteur

je

23:46
Invité

suis optimiste et d'ailleurs, cet optimisme, il est dans notre livre parce qu'on veut encore une fois donner des bonnes nouvelles car elles existent. Quand vous voyez le développement des vaccins Covid, on s'aperçoit que les vaccins Covid, finalement, on arrive à les sortir à pas si cher que ça. Donc, j'espère que l'industrie pharmaceutique sera effectivement mettre à la disposition de tous les patients et de toutes les patientes ces médicaments issus de la technologie nouvelle.

24:09
Locuteur

Et

24:10
Présentateur

ce livre, il s'appelle « Ces nouvelles découvertes qui nous guérissent ». Vous en avez donné quelques exemples au cours de ce grand entretien. Merci infiniment, Florence Sabatier, Éric Vivier d'être venu en studio ce matin à France Inter. La revue de presse de Marc Wanchet arrive dans quelques instants.

24:28
Locuteur

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