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interviewÉlysée (sur YouTube)· 4 juillet 2011

Investissements d'avenir : Interview de René Ricol

Transcription automatique. À recouper avec la source d'origine.

Le 22 juin 2009, devant le congrès réuni à Versailles, j'annonçais que la France allait lancer un grand emprunt pour financer les investissements d'avenir dont elle avait besoin pour garantir sa future croissance. Quand on traverse des crises financières comme celles que nous avons traversées, quand ensuite il faut se redéployer, il est normal de faire deux choses. On le ferait aussi dans une entreprise, de la même manière dans un très grand groupe multinational ou dans une PME ou dans une TPE, on ferait pareil.

Un, on réduit les dépenses inutiles et deuxièmement on investit sur l'avenir pour se redéployer en recherche, en développement. Quel est l'esprit d'investissement d'avenir ? C'est ça, plus ce fait de rapprocher très fortement les entreprises de la recherche, avec quelques secteurs en plus, qui sont des secteurs dans lesquels on fait porter des efforts particuliers.

C'est le cas par exemple de l'aéronautique, du spatial, c'est le cas du numérique. Le choix a été fait d'aller vers le très haut débit. L'idée c'est que 70% des foyers soient couverts à horizon 2020.

Et le public a souhaité qu'à 2025, l'ensemble des Français ait accès au très haut débit. C'est le cas du véhicule du futur, qui a de nombreux aspects, puisque ce véhicule du futur c'est à la fois l'avion, mais c'est aussi la voiture, c'est le tramway, c'est le train. Donc vous verrez qu'il y a beaucoup de projets magnifiques.

C'est évidemment le cas de la santé, des biotechnologies. Autrement dit, nous avons beaucoup de secteurs, beaucoup de filières dans lesquelles on essaye de pousser des projets innovants et des projets du futur. La France doit investir massivement.

Innovation, recherche, université, santé, numérique, industrie. Comme vous le savez, il y a d'abord 22 milliards sur tout ce qui est recherche, qui est absolument considérable, avec des centres d'excellence. Ce qu'a annoncé le Président aujourd'hui, c'est qu'il y aurait dans ce domaine deux éléments que nous allons reprendre.

Le premier, nous n'avons pas eu d'hospital universitaire sur le cancer. Le jury international n'en a désigné aucun. Donc nous allons reprendre cette question et un jury aura à nouveau prolon à se prononcer sur des projets que les porteurs de projets auront dû faire évoluer pour convaincre les jurés internationaux qu'ils sont vraiment dans le traitement du futur du cancer.

Ça, c'est le premier élément. Et deuxièmement, on va rappeler qu'il fallait faire quelque chose de plus pour les formations innovantes à l'université. Ensuite, il y a 13 milliards sur un ensemble de secteurs que tout le monde connaît, que j'ai indiqué tout à l'heure.

Et là, il y a un élément nouveau que nous souhaitions, c'est qu'on réfléchisse aux conséquences de ce qui s'est passé au Japon. Le choix politique de la France, vous le savez, est à la fois de se renforcer sur les énergies renouvelables, deuxièmement de réduire la consommation énergétique et troisièmement de matière de nucléaire. Pour autant, le souhait que nous avions exprimé, c'était, avec Nathalie Kostiusko-Morizet, avec Éric Besson, c'était qu'on consacre un peu plus d'argent pour travailler sérieusement la question de la sûreté nucléaire.

Mais l'esprit fondamental, ce qu'il y a de complètement novateur, c'est ce rapprochement qui n'a jamais existé dans ce pays, entre la recherche publique d'un côté et les entreprises de l'autre. J'ai voulu faire le point avec vous sur l'utilisation des 35 milliards d'investissements d'avenir. Le commissariat général à l'investissement, René Ricolle, que je remercie encore, a formidablement travaillé.

Et nous sommes en mesure de vous dire que d'ici à la fin de l'année, sur les 35 milliards d'euros, c'est une vingtaine de milliards d'euros qui auront été engagés pour financer des projets précis. Vous savez, nous, nous sommes un facilitateur et nous sommes un garant des règles du jeu. Nous sommes un facilitateur, ce qu'on essaie de pousser, d'aider les meilleurs projets à aboutir.

Mais à un moment, ce sont les jurys qui tranchent, ce sont eux qui décident. Et puis, nous sommes garants des règles du jeu, nous sommes garants qu'il n'y a pas de passe-droit et que chacun est jugé en fonction de ses qualités, de ses mérites. Voilà, c'est ça notre travail.

Et puis, enfin, dernier élément dans notre mission, il y a évidemment de surveiller que les engagements qu'ont pris, aussi bien les porteurs de projets venant du public que venant du privé, et bien qu'ils les respectent, de façon à ce qu'on s'assure que tout se déroule normalement et que ce qui a été promis soit délivré. Troisième remarque, avec l'effet de levier, nous espérons que les 35 milliards d'euros publics deviendront 60 à 65 milliards grâce au cofinancement demandé aux entreprises ou apporté par les collectivités locales. Le Parlement et le gouvernement nous avaient fixé comme objectif de dire qu'avec nos 35 milliards avec effet de levier, on est arrivé à 60 milliards.

On pense qu'on sera probablement avec effet de levier plus proche de 65-70 milliards. Peut-être encore un peu plus que, comme vous l'avez vu, nous avons pris la décision que chaque fois que possible, nous bannirions le terme de subvention pour vivre de celui de co-investissement, ce qui veut donc dire que si ça marche, il y aura des retours pour l'État. La modernité ne s'arrêtera pas à la fin du programme d'investissement d'avenir.