Laurent Jacobelli : "La candidate naturelle du RN est Marine Le Pen !" (Public Sénat)
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 15 %Attaque 65 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 66 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:13FerméeRéponse directe
Est-ce que c'est un échec de la mobilisation ?
- 0:31RelanceRéponse partielle
Mais vous n'avez pas rempli la place Vauban, vous n'attendiez pas à plus de personnes ?
- 0:57RelanceRéponse partielle
Honnetement, vous n'attendiez pas à plus ?
- 1:34RelanceRéponse directe
Ce n'est pas contradictoire tout ça ?
- 1:46RelanceRéponse directe
Ce n'est pas une décision judiciaire, c'est une décision politique.
- 2:50RelanceRéponse partielle
En quoi à l'heure qu'on se parle, elle est empêchée d'aller à l'élection présidentielle, Marine Le Pen ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:08PrésentateurChiffre
« le parti qui revendique 10 000 personnes, 7 000 selon les sources policières. »
- 0:14Invité politiqueFait
« Non, au contraire, c'est un beau succès. »
- 0:16Invité politiqueFait
« D'abord, ça s'est organisé en quelques jours. »
- 0:22Invité politiqueFait
« dire leur soutien à Marine Le Pen et leur amour de la démocratie, qui en ce moment était un peu malmené. »
- 2:02Invité politiqueFait
« Ce sont les mots de Marine Le Pen. »
- 2:08Invité politiqueFait
« Pourquoi Marine Le Pen est condamnée à de l'inégibilité immédiate, avant même qu'elle puisse faire appel ? »
- 2:19Invité politiqueFait
« C'est une notion que la juge a inventée pour condamner Marine Le Pen. »
- 2:29Invité politiqueFait
« depuis 2016, depuis le moment où on nous a signifié qu'il y avait un durcissement des conditions de recrutement et d'emploi des assistants parlementaires, il n'y a eu aucun reproche qui nous a été fait. »
- 2:47Invité politiqueFait
« que la juge, en tout cas les juges, voulaient empêcher une personne, Marine Le Pen, d'aller à une élection. »
- 3:29Invité politiqueFait
« L'ancien fondateur de la LICRA, qui est avocat, qui a dit que c'était un jugement qui ne tenait pas la route. »
- 3:36Invité politiqueFait
« Des hommes politiques, de gauche y compris, l'ont dit, l'ancien secrétaire général du Conseil constitutionnel l'a dit, lui aussi, il semblerait y avoir un consensus contre le bien fondé de ce jugement. »
- 4:10Invité politiqueFait
« Oui, c'est une entrave démocratique, et les juges qui ont pris cette décision ne pouvaient pas l'ignorer. »
- 5:17Invité politiqueFait
« Il y a un an, ce même syndicat de la magistrature écrivait, noir sur blanc, il faut, j'appelle tous les magistrats, à empêcher, coûte que coûte Marine Le Pen, d'arriver à la présidence de la République. »
- 6:16Invité politiqueFait
« tu voles, tu payes, d'accord, mais Marine Le Pen aujourd'hui est présumée innocente, donc il y a un principe fondamental, on n'accuse pas un innocent, on prend en compte la présomption d'innocence et ça il l'a transgressé largement. »
- 6:45Invité politiqueFait
« une proposition c'est contrôler nos frontières pour arrêter l'immigration, je n'ai pas entendu des propositions. »
Temps de parole
- Laurent Jacobelli78 %
- Présentateur22 %
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Bonjour Laurent Jacobelli, merci beaucoup d'avoir accepté notre invitation au député de la Moselle, porte-parole du Rassemblement National. On va évidemment revenir pour commencer sur votre rassemblement d'hier, le parti qui revendique 10 000 personnes, 7 000 selon les sources policières. Est-ce que c'est un échec de la mobilisation ?
Non, au contraire, c'est un beau succès. D'abord, ça s'est organisé en quelques jours. Et puis de la France entière, des gens sont venus au même endroit, à la même heure, dire leur soutien à Marine Le Pen et leur amour de la démocratie, qui en ce moment était un peu malmené. Je crois qu'au contraire, c'est un très beau message qui est passé.
Mais vous n'avez pas rempli la place Vauban, vous n'attendiez pas à plus de personnes ?
Ce n'était pas un concours. En revanche, tout ce qu'on nous avait décrit, la marche sur le Capitole, ça va être honteux, ça va être une atteinte aux principes fondamentaux. On a bien vu, et les images qu'on peut voir sur les chaînes de télévision le montrent, c'était des gens qui étaient là, avec des drapeaux français, avec de la motivation, avec de la détermination et beaucoup de respect. Je crois que c'est l'image que je retiendrai, et je retiendrai aussi.
– Mais vous le rappelez, vous avez plus de 10 millions d'électeurs. Hier, vous aviez entre 7 et 10 000 personnes. Honnêtement, vous n'attendiez pas à plus ?
– Alors, faire rentrer 10 millions de personnes sur la place, on n'y a jamais pensé. – Là, on est loin. – Ce qu'on voulait, c'était envoyer un message, et puis ce joli symbole aussi de voir tous les élus nationaux derrière Marine Le Pen et Jordan Bardella et tous les intervenants. Je crois que le message est passé. Oui, il y a un jugement qui n'est pas basé sur des règles de loi, mais plutôt sur un fondement politique. Et deuxièmement, oui, notre démocratie, il vaut le coup qu'on se batte pour elle, parce que l'indépendance de la justice, parce que le respect de l'État de droit, c'est ce que nous voulons voir appliquer.
– Alors justement, vous avez dit hier, vous, Jordan Bardella et Marine Le Pen, on dit hier ne pas remettre en cause l'indépendance de la justice, appeler à renouer avec la justice, la confiance avec la justice, mais vous avez de nouveau attaqué le RN, une décision politique. Ce n'est pas contradictoire tout ça ?
– Vous avez fait un lapsus magnifique. Nous avons condamné une décision politique, vous l'avez dit, et non pas judiciaire. Vous-même avez employé le mot…
– Non, c'est vous, vous dites que ce n'est pas une décision politique, ce n'est pas une décision judiciaire, c'est une décision politique.
Ce sont les mots de Marine Le Pen. – Pourquoi Marine Le Pen est condamnée à de l'inégibilité immédiate, avant même qu'elle puisse faire appel ? On nous dit, il y a un risque de trouble à l'ordre public, démocratique, mais ça n'existe pas en droit. C'est une notion que la juge a inventée pour condamner Marine Le Pen. On nous dit, possibilité de récidive, mais quelle récidive ? Marine Le Pen n'est plus députée européenne, Marine Le Pen n'est plus présidente du parti, et depuis 2016, depuis le moment où on nous a signifié qu'il y avait un durcissement des conditions de recrutement et d'emploi des assistants parlementaires, il n'y a eu aucun reproche qui nous a été fait. Quelle récidive !
Donc on voit bien, et c'est d'ailleurs marqué dans les attendus, que la juge, en tout cas les juges, voulaient empêcher une personne, Marine Le Pen, d'aller à une élection. L'élection présidentielle, c'est noté noir sur blanc.
– Mais ça c'est votre argument, pardon, mais en quoi à l'heure qu'on se parle, elle est empêchée d'aller à l'élection présidentielle, Marine Le Pen ? Il y a un appel qui aura lieu à l'été 2026, on sera un an avant la présidentielle. En quoi elle est empêchée ?
– Elle est empêchée dans la mesure où dans le premier jugement, c'était politique, et nous, vous savez, nous nous battons pour avoir une France juste.
– D'accord, mais sauf que depuis, vous avez appris que l'appel aura lieu à l'été 2026, pourquoi continuer à répéter qu'elle est empêchée d'aller à l'élection présidentielle ?
– Vous savez pourquoi il y a eu cet appel ? Parce que beaucoup de magistrats se sont sentis très mal à l'aise avec le premier jugement. Moi j'ai regardé, comme vous j'imagine, les témoignages de gens qui ne me sont pas proches, qui ne nous sont pas proches. L'ancien fondateur de la LICRA, qui est avocat, qui a dit que c'était un jugement qui ne tenait pas la route. Des hommes politiques, de gauche y compris, l'ont dit, l'ancien secrétaire général du Conseil constitutionnel l'a dit, lui aussi, il semblerait y avoir un consensus contre le bien fondé de ce jugement.
Écoutez, excusez-moi, j'ai le droit, et nous avons le droit au Rassemblement national, de le dire aussi, aussi, parce que c'est notre état de droit qui est concerné.
– Mais entre contester le jugement et dire que c'est une décision politique, vous reconnaissez qu'il y a une marge ?
– Oui, mais c'est une décision politique, et nous n'en démordrons pas quand trois personnes dans un bureau décident d'empêcher des dizaines de millions de Français de pouvoir voter Marine Le Pen à l'élection maire de toutes les élections en France, l'élection présidentielle. Oui, c'est une entrave démocratique, et les juges qui ont pris cette décision ne pouvaient pas l'ignorer. Or, comme le dit Michel Sapin, l'auteur de la loi, Sapin, à laquelle il fait injustement référence d'ailleurs dans cette affaire, il dit, ce sont ses termes, pudiquement, je dis que la juge aurait pu faire un autre choix.
– Mais ça veut dire que selon vous, il faut juger différemment des citoyens lambda et des candidats à l'élection présidentielle ?
– Et non, justement, il ne faut pas juger Marine Le Pen différemment des autres, pas plus durement, pas avec plus de politique que de justice. Je crois que Marine Le Pen n'est évidemment pas une citoyenne au-dessus des autres, et d'ailleurs, elle ne le souhaite pas. Je crois en revanche qu'elle n'est pas en dessous des autres.
– Est-ce que vous appelez à interdire le syndicat de la magistrature, comme l'a fait David Lissnard ?
– Non, nous nous appelons à interdire la politisation des syndicats de magistrats. Les magistrats ont le droit de se réunir et d'avoir des requêtes, des demandes sur le fonctionnement de la justice, sur les moyens qui leur sont alloués, tout ça est tout à fait légitime. En revanche, le syndicat de la magistrature est un groupuscule d'extrême-gauche au sein de la magistrature et qu'il agite des opinions politiques. Il y a un an, ce même syndicat de la magistrature écrivait, noir sur blanc, il faut, j'appelle tous les magistrats, à empêcher, coûte que coûte Marine Le Pen, d'arriver à la présidence de la République. Bah, excusez-moi, mais là on met de la politique dans la justice.
– Effectivement de ne pas son interdiction.
– Et pour la séparation des pouvoirs, pour que justement il n'y ait pas doute, je pense que c'est mauvais, ça dépendra de ce syndicat. Demain, s'il accepte de ne plus être politique et de défendre simplement des demandes légitimes des magistrats, on verra, s'il continue à faire de l'agitation, à appeler à la manifestation et à condamner d'avance des candidats, oui, il sortira de son rôle et il faudra voir.
– Gabriel Attal vous a accusé hier d'attaquer nos juges et nos institutions et vous a lancé « tu voles, tu payes », surtout lorsqu'on est un responsable politique. Il n'a pas raison ?
– Je crois que Gabriel Attal maîtrise mal la manière dont notre République fonctionne, ça on l'a vu d'ailleurs, pendant les quelques semaines où il a été ministre de l'éducation et les quelques jours où il a été Premier ministre, tu voles, tu payes, d'accord, mais Marine Le Pen aujourd'hui est présumée innocente, donc il y a un principe fondamental, on n'accuse pas un innocent, on prend en compte la présomption d'innocence et ça il l'a transgressé largement, je crois qu'il y a, Gabriel Attal a fait un discours où il y avait zéro proposition, 100% de haine, il a passé son temps…
– Il y avait des propositions, vous ne pouvez pas être d'accord mais il y avait des propositions.
– Non mais des propositions macronistes, donc des phrases très longues avec des mots très longs mais qui n'ont pas de sens, ce n'est pas ce que j'appelle une proposition, une proposition c'est contrôler nos frontières pour arrêter l'immigration, je n'ai pas entendu des propositions, c'est réarmer la police pour qu'il y ait plus de sécurité, je n'ai pas entendu, son seul mantra c'est arrêter le rassemblement national, il est dans la logique du perdant, celui qui comprend qu'il ne pourra pas gagner, sauf s'il change les règles du jeu, il fait partie des mauvais joueurs, je pense que tout le monde l'aura vu.
– Il a dit qu'il fallait mettre fin à une situation où nos lois et nos frontières ne sont pas suffisamment respectées.
– Oui voilà, ça veut dire…
– Donc il a fait des propositions sur l'immigration,
– Oui, si vous voulez, vous êtes bien l'accès que vous aussi.
– Non mais je précise qu'il en a parlé, juste est-ce que ce qu'on a entendu hier, à savoir vous continuez à nier en bloc, ça va être la stratégie de Marine Le Pen y compris pendant l'appel ?
– Ça c'est Marine Le Pen qui le verra avec ses avocats, mais enfin vous savez quand on est innocent, il ne faut jamais cesser de le clamer. Or je le répète, nous avons un différent administratif d'il y a plus de 10 ans avec le Parlement européen, un commissaire, un président du Parlement socialiste, a saisi Mme Taubira, socialiste, pour qu'il y ait une enquête sur nous. Et qu'est-ce qu'on nous dit ? On nous dit, oui d'accord, vous avez employé des gens que vous avez payés, l'argent n'a pas servi à acheter des voitures ou des villas. Oui d'accord, ils travaillaient vraiment, ce n'était pas des emplois fictifs. Mais sur le contenu de leur travail, nous on n'est pas d'accord, enfin excusez-moi.
– Ils ne travaillaient pas pour le Parlement européen, ils travaillaient pour le parti.
– Non, alors je vais vous expliquer quelque chose. Qui recevez-vous aujourd'hui ? Le député de la 8e circonscription de la Moselle ou le porte-parole du Rassemblement national ? Ça va être compliqué de différencier les deux. Tout homme politique au Rassemblement national, il fait un peu tout. Il a des fonctions dans le parti, il a son mandat, il fait du travail de terrain, voilà c'est comme ça. Et l'assistant parlementaire le suit dans son travail. Donc je crois que c'est un problème de définition, c'est ce que nous allons continuer à clamer.
Nous ne pensons pas que quand on fait de la politique, même en tant qu'assistant d'élu, on est un fonctionnaire qui commence à 8h, qui finit à 17h, payé par l'administration. Non, il est lié à la personne. Et donc quand cette personne a des engagements dans le parti, voilà ce qui s'est passé. Mais je rappelle quand même que depuis 2016, nous avons compris que le Parlement européen avait enfin édicté des règles, parce qu'avant c'était souvent des règles non écrites, eh bien nous avons changé notre faction de fonctionner, ce qui est un très bon indice d'innocence.
Oui, on verra le jugement en appel. En quoi vos électeurs, parce que vous l'avez redit hier, que vos 13 millions d'électeurs étaient privés de leur voix, en quoi ils sont privés de leur voix, sachant que dans les sondages, Marine Le Pen et Jordan Bardella font à peu près jeu égal ?
Les gens qui vous regardent ce matin, regardent effectivement Public Sénat, mais ils regardent, je crois aussi, pour votre façon d'animer. C'est un rendez-vous que vous, vous avez avec vos téléspectateurs. Ça n'enlève rien à la qualité de la chaîne. Et ça ajoute à votre touche personnelle. Une élection présidentielle, c'est exactement la même chose. C'est la rencontre entre un candidat ou une candidate, et le peuple français. C'est le général de Gaulle qui disait ça. Eh bien, il y a un lien très particulier qui a été tissé entre Marine Le Pen et les Français depuis 30 ans. Elle est sur le terrain, elle est en empathie, elle comprend les problèmes.
Moi, je me souviens de la dernière présidentielle, où tout le monde disait, mais pourquoi elle parle de pouvoir d'achat ? Parce qu'elle avait compris un an avant tout le monde que c'était ce qui agitait la société et qu'on voulait régler. Donc, ce lien-là, ce n'est pas à trois juges de le casser. Et puis, Marine Le Pen est quelqu'un de résistant, de combattant. C'est une femme motivée, une femme très courageuse, très courageuse. Et ce n'est pas parce qu'on lui dit, eh bien, maintenant, il faut arrêter qu'elle arrêtera.
Donc, je crois que tout ça mis ensemble fait que la candidate naturelle du Rassemblement national, c'est Marine Le Pen, et qu'on va se battre pour que ce soit effectivement elle qui vienne face aux Français en 2027.
Est-ce que ça veut dire que si elle est condamnée en appel sans exécution provisoire, elle sera quand même candidate ?
Bien sûr. Mais elle l'a dit, elle est candidate en 2027. Et d'ailleurs, on aura un duo...
Même si l'appel confirme l'illigibilité et confirme la condamnation ?
Nous irons jusqu'au bout avec un duo. Voilà, on a la chance, nous, d'avoir plusieurs personnalités qui font partie des...
Jusqu'à la cassation, elle restera candidate.
On n'est pas là pour imaginer des scénarios catastrophes parce qu'on a l'habitude de ces embûches, on a l'habitude de ces coups fourrés qui jalonnent notre parcours. Si à chaque fois, on disait, bon, alors, est-ce qu'on arrête tout ? Est-ce qu'on change de candidat ? Est-ce qu'on change de stratégie ? Eh bien, d'abord, ça voudrait dire qu'on cède. Et deuxièmement, on n'arriverait à rien. Et c'est parce qu'on n'a jamais cédé qu'on en est là aujourd'hui. On n'a jamais cédé sur les thèmes. Même comme on nous disait, c'est interdit de parler d'immigration, c'est pas bien. On en parlait parce qu'on savait que c'était un problème. On n'a jamais cédé sur rien.
On ne cèdera pas sur le plus important qui représentera le Rassemblement national à l'élection présidentielle.
Sauf que 61% des Français, selon un sondage, jugent la condamnation justifiée. Est-ce que vous échouez à convaincre l'opinion contre les juges ?
Non, mais on va continuer à l'expliquer comme je le fais ce matin. Moi, je le répète, il n'y a pas eu de corruption. Il n'y a pas eu d'enrichissement personnel. Il n'y a pas eu d'emploi fictif. Et ceux qui nous donnent des leçons aujourd'hui feraient bien de regarder ce qui se passe dans leur propre parti. Nous sommes très clairs là-dessus, donc on va continuer à l'expliquer. Je vois un autre sondage, moi. Deux autres sondages. Un Français sur deux dit Marine Le Pen doit pouvoir être candidate à l'élection présidentielle. C'est-à-dire l'attachement à la démocratie.
Et d'autres sondages qui donnent à Marine, ou à Jordan, d'ailleurs, à peu près un tiers des voix au premier tour, ce qui est assez inédit dans les élections présidentielles. Donc, ce sont des éléments encourageants et qui, en tout cas, nous donnent, nous, beaucoup de motivation à continuer à défendre l'innocence de Marine Le Pen.
Selon des propos rapportés par Le Monde, vous auriez dit hier à des militants que la France intègre une longue liste de régimes autoritaires. Vous confirmez ces propos ?
Alors, je confirme que j'ai mis le conditionnel. Je ne souhaite pas que la France entre dans une longue liste de régimes autoritaires. Mais c'est le cas ?
Avec cette condamnation au premier instant ?
Les régimes qui ont interdit aux leaders de l'opposition de se présenter dans les dernières années, vous avez la Biélorussie, la Russie, le Venezuela, la Turquie, et sous pression de l'Union Européenne, les pauvres, et ils font, comme nous, ils en sont victimes, les Roumains. Moi, je pense que ce n'est pas dans cette liste-là que la France doit s'inscrire. Elle doit s'inscrire dans la liste des pays qui défendent la démocratie, qui veulent que les droits de l'homme soient respectés et que les droits de l'opposition soient respectés. Voilà exactement ce que j'ai dit.
Et pour vous, on est en train de basculer dans ce type de régime ?
En tout cas, notre démocratie est clairement malmenée. Oui, quand le pouvoir est confisqué par quelques experts, quelques sachants, qui pensent qu'ils peuvent faire mieux que le peuple et qui savent mieux que le peuple ce qui est bon pour lui. Quand je vois les sages de l'ARCOM décider que la chaîne de télévision de la TNT préférée des Français, C8, doit être supprimée, ils le décident à la place de millions de téléspectateurs. C'est assez choquant quand je vois que trois juges décident que Marine Le Pen ne pourrait pas être candidate à l'élection présidentielle alors que des millions de Français le veulent. Oui, je trouve ça choquant. Chacun à sa place.
L'indépendance, l'indépendance de la justice, normalement, les experts, les fonctionnaires, les technocrates, là où ils doivent être. Mais le peuple, le peuple doit aussi être à sa place. C'est-à-dire au cœur de la démocratie française, c'est lui qui décide, c'est lui le patron.
Bon, mais dans les régimes autoritaires, on a la justice qui n'est pas indépendante, on a des opposants qui sont en prison. Vous reconnaissez qu'on n'en est pas là quand même ?
Bah, en tout cas, des juges veulent que Marine aille en prison, en tout cas.
Donc, on bascule
vers ce type de régime ? Bah, donc, je dis vigilance. Et c'était aussi le but de le rassemblement d'hier, dire la démocratie, on y tient. Et c'est pas quelque chose d'éternel, la démocratie. Il faut en prendre soin comme quelque chose de très précieux. Et donc, en prendre soin, ça veut dire ne pas accepter de dérive.
Voilà. Juste une petite précision sur EC8, parce que je sais que ça fait évidemment partie de vos arguments, mais c'est pas une chaîne qui a été fermée. C'est une chaîne à qui on a retiré son canal de la TNT.
Oui, bah, excusez-moi. Non, mais... Oui, oui, non, mais c'est sûr. Une voiture à laquelle on enlève les pneus, c'est pas une voiture qu'on interdit, mais enfin, grosso modo, on l'empêche de rouler, donc ça veut dire qu'elle ne sert plus.
François Hollande, il dit que le Rassemblement National est retombé dans les ornières du passé. Est-ce que vous êtes en train de décailler le vernis de la dédiabolisation ?
En défendant la démocratie et l'État de droit, je crois pas. Je crois que François Hollande, lui, n'a pas eu besoin de juge pour ne pas pouvoir aller à l'élection présidentielle. Il a juste eu un bilan qui a fait que les Français lui ont dit « vous, jamais ». Je pense que quand on est ce président-là, on rase les murs.
Est-ce que vous pensez que l'Assemblée nationale votera la proposition de loi d'Éric Ciotti qui demande à ce qu'il n'y ait plus d'exécution provisoire pour les élus ?
Je l'espère. Je l'espère parce que cette loi, elle est probablement mal fagotée, elle est mal faite en fait. L'intention, elle est bonne. On voit bien l'intention. C'est qu'un élu qui tape dans la caisse et qui conserve son mandat et qui donc peut continuer à taper dans la caisse, il soit empêché de le faire. Je pense que cette idée-là, elle séduit tout le monde et elle correspond à tout. Sauf que quelqu'un qui est présumé innocent comme Marine Le Pen et qui malgré tout ne peut pas se présenter aux élections, là on sent bien qu'il y a une friction, il y a quelque chose qui ne va pas. Donc je pense qu'il faut le corriger.
Est-ce que les groupes qui ne sont pas proches du Rassemblement national verront l'intérêt général plutôt que l'intérêt particulier ?
Gabriel Attal a dit hier qu'il ne la voterait pas.
Oui, il a l'archétype du carriériste qui ne considère l'intérêt général que quand ça lui rapporte des votes. Mais à part lui qui est en dégringolade totale, vous savez c'est une étoile filante M. Attal. Pendant trois semaines tout le monde l'a trouvé génial, maintenant tout le monde le trouve gros texte. Bon, je pense qu'il faut qu'il fasse autre chose. Mais ceci mis à part, je pense qu'on parle là de quelque chose d'important, c'est le cœur de notre démocratie. C'est au peuple de décider qui est son élu ou qui ne l'est pas. Pas à des juges et ni à personne d'autre. Donc revoir, toi l'étais la loi, la supprimer, la fameuse loi Sapin, pourquoi pas ?
Mais une fois encore, la juge ne se réfère pas à la loi Sapin pour condamner Marine Le Pen à l'inéligibilité immédiate. C'est là que c'est pervers. Elle dit qu'il y a un risque de trouble à l'ordre public, personne ne l'a vu, il y a un risque de récidive, il est totalement impossible.
– Mais est-ce qu'avec cette proposition de l'assautéité, on n'est pas typiquement dans la loi de pulsion, dans la loi d'opportunisme politique ?
– Je pense à l'inverse qu'on l'était pour la loi Sapin 2. C'était au moment de l'affaire Cahuzac, il fallait montrer qu'on ne voulait pas tolérer ce type de pratique et c'est très bien d'avoir envoyé un signal. Je crois que sur l'intention, tout le monde est d'accord, mais je crois que le projet de loi écrit trop vite, fait trop vite pour faire aussi de la com', aboutit à un non-sens. Quelqu'un d'innocent ne peut pas se présenter. On voit bien tout ce qu'il y a de mauvais dans cette loi aujourd'hui.
– Le Rassemblement national qui affirme avoir eu un nombre d'adhésions supplémentaires depuis le 31 mars, combien d'adhésions en plus depuis lundi dernier ?
– J'ai arrêté le comptage en deux jours et demi, 20 000. – 20 000 ? – Mais c'était il y a trois jours.
– Donc 20 000 entre le lundi 31 mars
et le milieu de semaine prochaine ? – En plus, oui, oui, tout à fait. De même qu'on a eu en quelques jours 500 000 signatures pour la pétition, beaucoup de gens qui viennent à la permanence, comment on peut aider Marine Le Pen, etc. C'est aussi pour ça qu'on a organisé le Rassemblement de dimanche parce qu'il y avait une vraie demande. Une vraie demande d'abord de se retrouver ensemble, un peu comme une famille qui traverse une période difficile et de dire « on est combattants, on est unis » et puis aussi parce que les gens disaient « mais qu'est-ce qu'on fait ? » Comment on peut montrer sa solidarité avec Marine et avec la démocratie ? C'était aussi être présent dimanche.
– Il y a une personne qui a été très acclamée hier lors de votre rassemblement, c'est Marion Maréchal. Est-ce qu'elle a vocation à revenir au Rassemblement National ?
– Marion gère aujourd'hui, enfin préside aujourd'hui son propre mouvement politique. Elle est un allié à l'Assemblée Nationale où vous savez que nous sommes le groupe RN et apparenté. Il y a donc des élus proches de Marion Maréchal qui sont dans notre groupe. Elle a été applaudie comme Éric Ciotti, comme Philippe Devilliers aussi dont on apprenaissait le nom, comme Nicolas Dupont-Aignan, tous ces gens qui ont…
– Elle a été plus applaudie que les autres. Est-ce que vous l'appelez à revenir au Rassemblement National ?
– Elle était présente, elle est populaire, donc c'était naturel et puis elle est venue soutenir notre cause.
– Mais est-ce que vous l'appelez à revenir au Rassemblement National ?
– Je trouve qu'elle dirige aujourd'hui un mouvement et elle est partenaire du Rassemblement National. Les choses fonctionnent très bien comme ça. Après, c'est à elle de choisir aussi.
– Est-ce qu'elle peut faire partie de votre ticket pour la présidentielle, par exemple ?
– Non, mais le ticket pour la présidentielle, c'est Jordan Bardella et Marine Le Pen.
– Sauf que s'il n'y a plus Marine Le Pen, est-ce que ça peut être Jordan Bardella et Marion Maréchal ?
– Écoutez, on ne va pas… Alors les scénarios de politique fiction, honnêtement, je vais vous dire quelque chose.
– Non, mais il va jusqu'où le Rassemblement pour vous ?
– Avec tous les recours possibles, avec tous les rebondissements possibles, dire aujourd'hui, « Si machin ne peut pas venir, alors on va prendre de l'autre parce que lui, il habite là-bas, alors lui, il est peut-être condamné. » Ok, notre candidate naturelle, Marine Le Pen, le ticket Marine Le Pen, Jordan Bardella, on avisera ensuite. Notre rassemblement, pour répondre à votre question, c'est tous les Français qui aiment la France. Donc oui, évidemment, les électeurs et Marion Maréchal, elles-mêmes, doivent pouvoir faire campagne avec nous. De même que beaucoup de LR ou d'anciens LR rassemblés autour d'Éric Ciotti et ailleurs, pour gagner la présidentielle, il faut 50% plus une voix.
Ça veut dire rassemblés et c'est pas pour rien que Marine Le Pen a voulu que notre mouvement s'appelle « Rassemblement national ». Tous ceux qui aiment la France se rassemblent.
Y compris Nicolas Dupoignan qui est déjà candidat à la présidentielle ?
Écoutez, là aussi, c'est son choix. Il est le président de son parti politique.
C'est un choix que vous regrettez ? Il s'est lancé trop tôt ?
Pas regretté ou pas regretté. Je pense qu'on ferait mieux d'être unis par rapport aux obstacles qui jonchent le chemin de la France aujourd'hui, par rapport aux risques. On le voit, qu'ils viennent de l'Est ou de l'Ouest, du Nord ou du Sud, parmi les risques internes même de fractures de notre société, plus on est unis, plus on aura de chances de porter cette voix. Mais une fois encore, ce sont des choix personnels qui doivent être respectés.
Dans son discours, Marine Le Pen, elle a parlé, je cite, de « chasse aux forcières ». C'est exactement les mêmes mots qu'a employé Donald Trump dans son tweet. Est-ce que Gabriel Attal n'a pas raison de dire que vous êtes le prestataire de service du trumpisme, la groupie du trumpisme ? C'est ce qu'il a dit hier dans son discours.
Je ne sais pas ce que ça veut dire. ça ne veut rien dire d'ailleurs parce que nous n'avons jamais appelé à voter pour ou contre Donald Trump. On ne se mêle pas des affaires qui concernent les Américains, pas d'ingérence.
« Chasse aux forcières », on imagine que l'expression a été choisie à dessein par Marine Le Pen.
Comment vous appelez ça ? Je pense que quand une personne est traitée différemment des autres parce qu'elle porte un nom ou parce qu'elle porte un combat, c'est une chasse aux forcières. Donc les mots ont un sens et c'est pour ça que nous les employons. Gabriel Attal, il voit des complots partout. Bon, c'est triste pour lui. Il est jeune pour être possédé par le délire mais c'est comme ça. C'est sa seule raison d'exister. Vous savez, quand vous avez un bilan catastrophique, quand vous avez un programme évanescent, le seul moyen d'avoir une voix qu'il porte, c'est de se créer des ennemis. Gabriel Attal s'en crée beaucoup en ce moment.
Le tweet de Donald Trump qui appelait à libérer Marine Le Pen, pour vous, ce n'était pas une ingérence dans la vie politique et judiciaire française ?
Mais on fait ça tout le temps. La France donne des leçons de politique, de morale et de démocratie à la terre entière. Et d'ailleurs, elle est assez légitime à le faire puisque c'est le pays des droits de l'homme. Mais il faut s'attendre au retour de bâton. Quand on ne respecte pas les règles dont on accuse les autres de ce fiche, les autres ripostent. Les dirigeants français ont passé leur temps à taper sur un certain nombre de dirigeants en disant « Ah, vous voyez, ce ne sont pas des vrais démocrates ». Et le jour où, évidemment, ils empêchent le leader de l'opposition de se présenter, ils se reçoivent en retour les coups qu'ils ont portés. Il ne faut pas qu'ils s'étonnent.
Donald Trump qui a annoncé des droits de douane pour l'Union européenne plus 20%. Est-ce qu'il faut que les industriels français retiennent leurs investissements aux États-Unis comme le demandent Emmanuel Macron et François Bayrou ?
Moi, je pense que face à un cheval qui s'embarde comme les États-Unis, il ne faut pas adopter la même technique. Je pense qu'il faut d'abord avoir comme seul boussole la préservation des intérêts des entreprises, des agriculteurs et des services français. Voilà, premier point. Deuxième point...
Là, les droits de douane, ça ne préserve pas trop les intérêts des agriculteurs et des entreprises. C'est bien pour ça que je vous dis qu'il faut une stratégie
et il en faut une vie.
Donc vous regrettez cette décision de Donald Trump ?
Alors, elle a été prise conformément à son programme. Elle est probablement faite pour défendre les Américains mais pour nous, Français et pour nous, Européens, elle est terrible, cette décision. Maintenant, je vous parle de la riposte. Si c'est pour faire la même chose dans l'autre sens, j'ai peur qu'il y ait une escalade et qu'avec Donald Trump, ça ne marche pas. Essayons la négociation, essayons de préserver nos intérêts qui ne sont pas exactement les mêmes que ceux de l'Allemagne ou que ceux de la Roumanie. Ce qui fait que si on doit se mettre d'accord à 27, ça va être long. Mais pourquoi pas ?
Mais évidemment, maintenant, quelqu'un qui veut défendre son industrie, son agriculture et préserver les frontières de produits qui arrivent en étant des concurrents déloyaux, ça se réfléchit.
Un dernier mot, François Bayrou va organiser un débat au Parlement sur la politique énergétique du pays. Ça faisait partie des raisons pour lesquelles vous menaciez de censure. Est-ce que le fait qu'il organise ce débat, ça écarte la menace de censure de votre part ?
Non. On va débattre ses biens et après, qui décide au final ? Est-ce que c'est quand même un décret ? Auquel cas, vous savez, c'est la bonne méthode macroniste. Venez, venez, on débat, on débat, on débat, puis à la fin, on fait ce que je veux. Si c'est ça, ça ne nous intéresse pas. On a des choses à faire. On n'est pas là pour se réunir autour d'une tasse de thé et d'une langue de chat. On est là pour trouver des solutions concrètes. Si en revanche, c'est voté par l'Assemblée, que c'est donc le peuple qui, à travers ses représentants, s'exprime, c'est autre chose. Juste, ce plan pluriannuel de l'énergie, c'est quoi ?
C'est massivement de l'éolien, dont on connaît tous les désavantages, 300 milliards sur quelques années. C'est ensuite, finalement, inscrire dans le marbre que l'électricité en France sera chère. C'est mauvais pour nos entreprises, c'est mauvais pour le pouvoir d'achat. Ça sent la ligne rouge à plein nez.
Donc, vous maintenez la menace de censure s'il n'y a pas de vote ? Nous, maintenant. Sous-titrage ST' 501
Laurent Jacobelli