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interviewCNEWS· 10 juin 2026 19 min

La grande interview : Nicolas Dupont-Aignan

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Et notre invité ce matin dans la grande interview sur CNews et sur Europe 1, c'est Nicolas Dupont-Aignan. Bonjour à vous. Bonjour Laurence Ferrari. La mort de Liana, vous le savez, provoque la colère des Français. Ils ont manifesté en nombre lundi soir contre un système judiciaire dont ils estiment, à juste titre, qu'il est débordé et qu'il ne rend plus la justice correctement. Qu'est-ce que vous vous proposez concrètement pour que les choses se passent moins mal, on ne peut pas dire pour qu'elles se passent mieux ?

0:27
Nicolas Dupont-Aignan

D'abord, comme papa et comme tous les Français, on est indigné parce que ce n'est pas la première fois. Et si vous voulez, s'il y a cette protestation populaire, c'est à juste raison parce que ce n'est pas un dysfonctionnement. Moi j'ai été très choqué, j'ai été très choqué par ces mots des ministres, dysfonctionnement. Je ne sais pas si vous imaginez comment ça peut résonner pour tous les parents, les grands-parents. C'est une faillite, c'est beaucoup plus grave. Et c'est une faillite qui est liée au désintérêt permanent depuis 20 ans de la plupart des dirigeants politiques qui ont gouverné le pays pour la justice, qui n'ont pas mis une priorité sur la justice.

Et donc, il n'y a pas un facteur, et c'est pourquoi je propose, mais ce n'est pas nouveau. Je me souviens, en 2012, devant l'Institut pour la justice, avoir proposé des mesures. En 2017, avoir proposé par exemple 40 000 places de prison, on m'a traité de fou. En Angleterre aujourd'hui, il y a ces 40 000 places. Donc ce que je veux dire, c'est qu'il y a plusieurs phénomènes, il y en a quatre. Si je vais très vite.

1:35
Présentateur

Bien sûr.

1:35
Nicolas Dupont-Aignan

Il y a les priorités.

1:36
Présentateur

Quand vous dites faillite, c'est tout le système judiciaire que vous mettez à la poubelle ?

1:39
Nicolas Dupont-Aignan

Tout le système judiciaire. Tous les magistrats ne font pas leur métier correctement ? Non, bien évidemment que non. Il y a d'abord le sens des priorités. Quand vous pensez que la gendarmerie du Gers et le procureur de la République, sans doute, qu'on donnait des ordres, se sont davantage occupés des agriculteurs qui manifestaient que du détraqué sexuel qui érodaient. Donc il y a un problème de priorité. Il y a un problème de responsabilité des magistrats. Le conseil supérieur de la magistrature ne joue pas son rôle. C'est insupportable. Il y a un problème de moyens et c'est un problème central. Et je réclame depuis des années de mettre l'argent qu'il faut.

Et ce sont des sommes dérisoires qui permettraient de régler le problème par rapport au gaspillage du pays. Et puis il y a un problème d'échelle des peines. Et je le dis aujourd'hui, Laurence Ferrari, je pense qu'il faut rouvrir le débat par un référendum sur la peine de mort dans notre pays.

2:32
Présentateur

Vous êtes favorable au rétablissement de la peine de mort dans notre pays ?

2:34
Nicolas Dupont-Aignan

Je le dis solennellement. Pour les crimes qui touchent les enfants, la perpétuité réelle que nous propose le Premier ministre est à l'heure. Elle n'arrivera jamais. Elle n'est jamais mise en place. Et que la seule solution, c'est qu'il y a un débat, et que les Français tranchent par référendum sur le rétablissement de la peine de mort. Mais bien évidemment, cette mesure très forte, tout à fait symbolique...

2:58
Présentateur

Symboliquement, vous en connaissez la conséquence.

3:01
Nicolas Dupont-Aignan

On ne touche pas à un enfant. Le poids symbolique. Mais c'est exprès que je le propose. Et par référendum. Ne suffit pas, bien sûr. Je ne vais pas vous dire, le rétablissement de la peine de mort est la seule solution. Ça serait idiot. Inscrit dans la Constitution. Mais je pense qu'il faut ce débat. Et puis, il faut ensuite mettre les moyens. J'insiste, Laurence Ferrari, sur cette question des moyens. Ce n'est pas pour disculper les magistrats parce qu'il y a eu des fautes. Mais s'attaquer comme le fait de Gérald Darmanin au magistrat pour se défausser de ses responsabilités comme ministre Emmanuel Macron depuis 10 ans est assez pitoyable.

3:35
Présentateur

Alors là, vous faites de la politique. Gérald Darmanin a présenté ses excuses à plusieurs reprises. Il a reconnu ce qui ne fonctionnait pas. Il va proposer des mesures. Et vous dites, non, en fait...

3:45
Nicolas Dupont-Aignan

Il aurait dû présenter sa démission.

3:47
Présentateur

Et qu'est-ce que ça aurait changé ?

3:48
Nicolas Dupont-Aignan

Mais dans tous les pays du monde, on est responsable. À quoi sert d'être ministre si on n'est jamais responsable de rien ? Quel est ce pays qu'est la France où personne n'est jamais responsable de rien ? C'eût été injuste peut-être. Parce qu'il aurait payé pour ses prédécesseurs, pour Emmanuel Macron et les autres. Mais mettez-vous à la place des Français. Si vous êtes caissière dans un supermarché et que vous n'avez pas votre fond de caisse à la fin de la journée, vous êtes viré. Si vous êtes cheminot et que vous ne conduisez pas correctement un train, vous êtes viré. Il n'y a qu'en politique, il n'y a qu'en politique dans notre pays, on n'est jamais responsable de rien.

J'entends sur le dire responsabilité.

4:25
Présentateur

Mais est-ce que c'est de la faute de Gérald Darmanin si le dossier a mis neuf mois à transiter entre Toulouse et Hauche ? Si la gendarmerie n'a pas convoqué le principal suspect, Jérôme Barrella ? Est-ce que c'est de la faute de Gérald Darmanin ? Personnel ?

4:38
Nicolas Dupont-Aignan

Mais il est ministre. Il est responsable de son administration. Cette déresponsabilisation de tous les ministres depuis des années est insupportable pour moi.

4:47
Présentateur

Donc il faut de coup tout ce qu'ils démissionnent ? Quand on regarde le déficit de la France, l'état de la police ?

4:53
Nicolas Dupont-Aignan

Mais ils sont responsables de la situation. Pourquoi les Français sont dans la rue ? Pourquoi si on continue comme ça, les parents vont se faire justice eux-mêmes ? Parce que nous sommes dans un système politique d'impuissance publique, de légèreté, de cynisme et de naïveté. Et ce que je demande juste, c'est qu'on reprenne les choses. J'ai proposé 18 mesures depuis des années, toujours les mêmes. Je veux revenir sur les moyens parce que quand Emmanuel Macron ose dire que ce n'est pas un problème de moyens, On ne sait pas que c'est un problème de bon sens ?

5:24
Présentateur

C'est un problème de bon sens peut-être.

5:25
Nicolas Dupont-Aignan

Dans cette affaire-là.

5:26
Présentateur

Aussi, et de morale, et de morale. On ne parle pas de morale.

5:30
Nicolas Dupont-Aignan

Vous avez raison, Laurence Ferrer. C'est le problème de faute. En fait, il n'y a pas une raison. Chacun se renvoie à la balle. C'est un problème global. Je l'ai dit, priorité, faute, donc responsabilité des magistrats, échelle des peines, situation de l'enfance dans notre pays. Il y a énormément de causes. Mais je veux quand même dire, pour que les Français le sachent, vous avez, la France dépense pour sa justice, le fonctionnement de sa justice, deux fois moins par habitant que l'Allemagne et trois fois moins que la Suisse. Il y a quatre fois moins de procureurs en France que la moyenne européenne. Il y a deux fois moins de juges. Il manque 40 000 places de prison.

Donc il y a un moment, c'est tellement facile pour un pouvoir politique qui n'a rien fait, ou très peu, depuis tant d'années. Et il n'y a pas que la présidence Macron. Vous remontez à 20 ans, peut-être ? 20 ans, oui. Parce qu'en fait, est-ce qu'on réalise les sommes en jeu ? 5 milliards, il manque. 5 milliards. On a donné 17 milliards à l'Ukraine. On donne 15 milliards par an à l'Union européenne, net. À chaque fois qu'Emmanuel Macron se balade dans le monde, il déverse des milliards. Il y a 10 milliards de fausses cartes vitales. Et il n'y a pas 5 milliards pour faire fonctionner la justice qui assure la protection des Français et de nos enfants.

Il y a un moment, moi vous savez, je me bats en politique pour ça, c'est qu'il y a un moment, il y a un sens des priorités. Gouverner, c'est choisir, disait Mendes France. Voilà. Donc il faut choisir les Français et la justice française. Il faut, on ne peut pas fonctionner avec un système où les plaintes, l'affaire des 70 000 plaintes... Qu'il faudrait étudier le 14 juillet. Vous savez...

7:04
Présentateur

Donc vous dites qu'il est courageux.

7:05
Nicolas Dupont-Aignan

Mais il est courageux de dire les choses. Mais la logique de la responsabilité politique, c'est qu'un ministre est responsable de son administration. Il n'y aurait plus personne au gouvernement, M. Le Bonagnon. Non, vous le savez, il n'y aurait plus personne de ce gouvernement. Mais il y aurait peut-être une autre façon de gouverner. Parce que si vous réfléchissez, pourquoi les Français ne supportent plus la politique ? C'est parce que c'est une caste à part qui a le privilège de rester au pouvoir, quels que soient ses résultats. Ça, c'est fini. C'est plus possible.

7:34
Présentateur

Mais il y a la démocratie quand même, il y a des élections. On est libre de voter.

7:37
Nicolas Dupont-Aignan

Ça veut dire que si le ministre avait peur d'être viré, s'il ne faisait pas son travail, peut-être qu'il vérifierait si ses instructions sont suivies. Peut-être que lui-même et son cabinet auraient une action un peu plus dynamique. Mais on a les élites qu'on mérite. Et peut-être... Oui, bien sûr, on va en parler. Mais peut-être aussi que M. Darmanin se serait opposé à la mesure de gel budgétaire de 414 millions d'euros, qui a été décidé par M. Le Cornu. Parce que M. Macron a été capable, encore une fois, de déverser des milliards partout. Mais qui va faire la... Il gèle 400 millions et les plaintes ne sont pas traitées dans notre pays.

Je peux vous le dire en Essonne, je sais de quoi je parle, je suis maire d'une ville. Les plaintes ne sont pas traitées. La justice n'arrive pas à traiter. Mais parce qu'il n'y a pas les greffiers, il n'y a pas le système informatique. Elles sont classées sans suite ? Classées sans suite. Poubelle. Poubelle ? Poubelle. Des dizaines de milliers de plaintes, poubelle.

8:28
Présentateur

Qu'est-ce que vous faites alors concrètement pour aider la justice ?

8:30
Nicolas Dupont-Aignan

Je propose, et c'est pour ça que je me bats politiquement. Et c'est pour ça que j'ai proposé, et de manière constante. Parce que s'il y en a un qui a été constant sur cette question depuis 2012, c'est moi.

8:39
Locuteur

D'accord.

8:39
Nicolas Dupont-Aignan

Donc je n'accepte pas. Et j'ai écrit, j'ai un programme, Debout la France, vous pouvez le consulter, 18 mesures, toujours les mêmes.

8:44
Présentateur

Combien de magistrats il faut en plus ? Là, il va y en avoir 1500 de plus d'ici 2027, il faut le temps de les former. Combien ?

8:51
Nicolas Dupont-Aignan

Il faut deux. Fois deux, fois trois, fois quatre ? Il faut les multiplier par deux, mais ça prendra du temps. Et surtout, il faut changer le mode de recrutement. Parce que le problème est aussi idéologique. Le problème, c'est la manière dont ça fonctionne. Et dans tous les pays du monde, il y a plusieurs voies d'accès à la magistrature. Il faut reconstruire l'État. Reconstruire l'État, c'est un travail immense, mais c'est la priorité absolue. Et puis, il y a un problème plutôt général de mentalité. Depuis 30 ans, les droits des assassins et des criminels sont plus importants que les droits des victimes. Voilà le problème. Donc, il y a une idéologie derrière ça.

Donc, vous le voyez, il y a tout à reconstruire.

9:32
Présentateur

Les sanctions, il faut les revoir contre les magistrats. Il y a un Conseil supérieur de la magistrature qui, comme le disait Gérald Darmanin hier sur notre antenne, donne une vingtaine de blâmes ou de révocations chaque année.

9:46
Nicolas Dupont-Aignan

Il y en a eu quatre en 2024. Mais il faut que ce ne soit pas les magistrats qui jugent les magistrats.

9:51
Présentateur

Il ne faut pas que ce soit les médecins qui jugent les médecins dans l'ordre des médecins.

9:54
Nicolas Dupont-Aignan

C'est bien le problème. Vous avez vu l'État de l'ordre des médecins, qui a d'ailleurs été fermé en Ile-de-France. Il n'y a personne au-dessus des lois. Il faut un cadre différent. On sait ce qu'il faut faire. Qu'on ne me dise pas qu'on ne sait pas ce qu'il faut faire. On sait très bien ce qu'il faut faire. On ne le fait pas depuis 30 ans. Il va falloir 10 ans pour reconstruire tout ça. Mais il y a du boulot.

10:14
Présentateur

Alors, est-ce qu'il faut passer par référendum ?

10:16
Nicolas Dupont-Aignan

Oui. Référendum sur le code de procédure pénale. Il faut le simplifier. Référendum sur la primauté du droit français sur le droit européen. Référendum sur le rôle du Conseil constitutionnel. Référendum sur les moyens et référendum sur la peine de mort. Je propose un référendum complet sur cette question, puisqu'on est dans la paralysie depuis 20 ans. Voilà, c'est tout.

10:37
Présentateur

Vous êtes le seul pour l'instant à proposer des référendums, y compris sur la peine de mort. Vous comprenez que ça peut se choquer, heurter dans votre pays ?

10:43
Nicolas Dupont-Aignan

Je le comprends et je le savais, c'est un cas de conscience pour moi. Mais c'est curieux, les meurtres de petites filles après des viols qui se succèdent, qui se développent, ça, ça ne choque pas, ça ne choque personne. Et puis c'est curieux, ils sont en train de voter l'euthanasie, mais en revanche les criminels, là, c'est horrible. Mais ce qui est horrible, c'est ce qui se passe. C'est qu'aujourd'hui, tous les parents de France ont peur pour leurs enfants. Voilà la faillite. Donc il y a maintenant, il faut changer. Est-ce qu'on ose changer ou est-ce qu'on continue à baratiner ? Moi, je n'en peux plus de ces baratins.

11:17
Présentateur

Donc toutes les lois qui vont être proposées, il y a des mesures qui seront ajoutées, un projet de loi qui sera présenté en urgence, cet été au Parlement, pour durcir les sanctions contre ces criminels.

11:27
Nicolas Dupont-Aignan

Donc la question majeure, c'est de remettre le fonctionnement de la justice sur la table. On peut voter des lois, il y aura peut-être des trucs positifs. Et moi, je ne vais pas critiquer pour critiquer, mais ce n'est pas l'enjeu. L'enjeu, c'est de remettre en marche la justice française, au nom du peuple français. Et c'est pourquoi, d'ailleurs, il n'y a que le référendum qui peut permettre de la remettre en marche. Il faut un électrochoc.

11:49
Présentateur

On parlait de cette question et la question morale. Est-ce qu'il n'y a pas un problème avec la pédocriminalité dans notre pays ?

11:54
Nicolas Dupont-Aignan

Bien sûr.

11:54
Présentateur

Est-ce que nous sommes, je dirais, conciliants avec ces criminels et ces crimes abominables contre l'humanité ?

12:02
Nicolas Dupont-Aignan

Abominables, et je vais vous dire, c'est le tabou de notre société. Je voyais, j'ai lu, j'ai écouté, alors il faut vérifier, que la France était le cinquième pays hébergeur de sites pédopornographiques. Et puis Emmanuel Macron passe sa vie à vouloir interdire les réseaux sociaux, etc. Mais moi, ça fait des années que je dis tout ça. Vous voulez réguler. Mais on a les adresses IP, on peut agir. Pourquoi on ne le fait pas ? Pourquoi il n'y a pas de commission d'enquête sur Epstein ? Pourquoi Epstein, son cœur était à Paris ? Pourquoi Mme Braun-Pivet, qui fait des moulinets avec ses bras toute la journée, refuse la commission d'enquête parlementaire sur le réseau Epstein en France ?

Expliquez-moi.

12:39
Présentateur

Vous avez des preuves qu'elle est refusée ? J'ai aucune preuve. Mais elle l'a dit. Qu'elle est refusée cette commission d'enquête ?

12:43
Nicolas Dupont-Aignan

Il n'y a pas de commission d'enquête. Elle l'a dit. Il n'y a pas besoin de commission d'enquête.

12:45
Présentateur

On lui posera la question.

12:46
Nicolas Dupont-Aignan

Pourquoi Emmanuel Macron a dit que c'était aux Etats-Unis et pas en France, alors qu'on sait aujourd'hui que tout est à Paris ? C'est une vision complotique ? Non. C'est une vision réaliste de ce qui se passe. Vous le disiez vous-même. Pourquoi c'est un angle mort ? L'aide sociale à l'enfance dans nos départements, l'aide sociale à l'enfance, vous savez, l'abomination qu'il y a. Donc, la protection de l'enfance n'a jamais été une priorité de nos pouvoirs publics. Et la société n'en peut plus. Mais là aussi, ce n'est pas des discours, c'est des moyens derrière.

13:13
Présentateur

Nicolas Dupont-Aignan, vous parlez de propositions. D'autres candidats de la droite en fond, je pense à Bruno Rotaillot, David Lysna, Marine Le Pen, Éric Zemmour. Est-ce qu'il ne faut pas réunifier à un moment cette droite-là pour qu'elle porte un seul projet au nom du bien des Français ?

13:30
Nicolas Dupont-Aignan

Le bien commun, bien évidemment. Maintenant, il y a des nuances. Ce qui est important, c'est déjà qu'il y ait un front commun sur ces questions-là, mais qui dépasse la droite d'ailleurs. Oui, vous avez raison. Bloc central, gauche républicaine. Tous les Français, il devrait y avoir immédiatement une commission d'enquête parlementaire et qu'on avance. Avec les filles aussi qui disent la même chose ? Aujourd'hui, ce n'est pas une question de clan politique, c'est l'enfant. Mais vous savez, quand l'enfant dans une société est abandonné, c'est le signe d'une société qui se meurt. Et c'est très profond et c'est beaucoup plus profond encore que tout ce dont on vient de parler.

14:06
Présentateur

Donc il faut une union quand même de ces candidats de la droite pour s'opposer à une extrême gauche extrêmement puissante, avec un Jean-Luc Mélenchon qui monte en puissance.

14:15
Nicolas Dupont-Aignan

Vous parlez bien évidemment, mais il y a deux tours de scrutin. Au premier tour, chaque candidat doit exprimer sa différence.

14:22
Présentateur

Donc vous irez jusqu'au bout, vous serez candidat jusqu'au premier tour.

14:23
Nicolas Dupont-Aignan

Moi je suis candidat pour une raison très simple. C'est que si j'avais le même programme que les autres, je ne ferais pas perdre le mieux placé. Les Français ont le droit d'avoir le choix. Je suis le seul à proposer de sortir de l'Union Européenne pour pouvoir résoudre nos problèmes. Je suis d'accord avec beaucoup de ce que disent Jordan Bardella, Laurent Wauquiez, Bruno Retailleau, Éric Zemmour, parce que honnêtement, vous avez raison, ils disent souvent la même chose.

Le problème c'est qu'aucun d'entre eux ne veut aborder la question centrale de la liberté de la France, parce que le président de la République aujourd'hui, il est dans la voiture, mais il n'est pas derrière le volant, il est sur le siège passager. Qui est derrière le volant ? Madame Van der Leyen, des technocrates de Bruxelles qui ne sont pas élus. Et j'explique dans mon dernier livre pourquoi...

15:08
Présentateur

2027, la liberté ou la mort, Chevalier.

15:10
Nicolas Dupont-Aignan

Voilà, j'explique pourquoi on n'a pas réussi à résoudre nos problèmes. Et je pense que les Français qui avaient voté non en 2005, qui étaient majoritaires, les millions de Français qui ont compris l'arnaque de l'Union Européenne et qui veulent reconstruire une Europe qui marche, ont besoin d'un candidat. Et c'est comme ça qu'on arrivera à faire changer les choses. Parce qu'entre nous, on peut avoir une nouvelle alternance, comme Sarkozy, comme Chirac, comme les autres, et puis que ça ne mène à rien parce que c'est Bruxelles qui a le pouvoir. Ça je ne l'accepte pas.

15:36
Présentateur

C'est candidat maastrichtien.

15:38
Nicolas Dupont-Aignan

Mais les Français ont le droit d'avoir le choix au premier tour. Et puis je pense qu'il peut y avoir une surprise. Ah bah pas si on a fait tous les candidats et s'il n'y en a que deux. Alors il ne faut pas qu'il y en ait trop, mais il faut aussi qu'il y en ait quelques-uns qui disent des choses différentes.

15:49
Présentateur

Nicolas Dupont-Aignan, vous faites la lune du JD News en compagnie d'Henri Guénaud, de Philippe de Villiers. Vous dénoncez la procédure d'adhésion accélérée en faveur de l'Ukraine. Pourquoi ne pas leur accorder une adhésion symbolique ?

15:59
Nicolas Dupont-Aignan

Mais vous voulez quoi ? Vous voulez la guerre ?

16:02
Présentateur

Moi je ne veux rien, non.

16:03
Nicolas Dupont-Aignan

Non mais vous me dites pourquoi ne leur pas accéder. Je veux la paire en Ukraine, oui. Si l'Ukraine adhère, la France entre en guerre contre la Russie. C'est une folie. Si l'Ukraine adhère, c'est la ruine de nos agriculteurs. Et c'est une folie. Si l'Ukraine adhère, on va encore dépenser des milliards. On donne 15 milliards net, c'est-à-dire qu'on donne 30, on reçoit 15 pour l'Union européenne. Et on va faire entrer un pays où le président n'est pas élu, où il n'y a plus d'élection depuis deux ans, et où on honore dans des funérailles nationales des anciens collaborateurs nazis. Moi je ne veux pas de ça. Et je sais qu'on peut faire la paix. On peut faire la paix.

Trump veut la paix avec Poutine. Et c'est la France... Mais Poutine la veut-il ? Mais bien évidemment qu'il a besoin de la paix comme les autres. Parce que c'est une impasse ce conflit. Et ce conflit, il est en train de pousser la Russie dans les bras de la Chine. Et je le dis depuis le premier jour. Et la paix est possible. Et si on veut que la France s'en sorte, il faut la paix en Ukraine, parce qu'on paiera notre énergie moins chère, on évitera de gaspiller l'argent public. Et entre nous, je préfère qu'on mette l'argent aujourd'hui pour notre justice, pour baisser les charges de nos PME, pour la France. On n'en peut plus de ce système.

17:10
Présentateur

Que dites-vous aux Ukrainiens dont les enfants meurent chaque jour sur le front ?

17:14
Nicolas Dupont-Aignan

Qui ont payé un tribut terrible à cette guerre d'agression. Mais les Ukrainiens, c'est tellement facile de faire la guerre avec de la chair à canon ukrainienne, et des armes américaines et de l'argent français. Et vous savez, les jeunes Ukrainiens qui se font enlever dans la rue par la police politique de M. Zelensky, corrompu jusqu'à la moelle, ils attendent la paix. Donc je sers autant les Ukrainiens que ceux qui les précipitent dans la guerre et qui les font tuer, pour uniquement d'ailleurs, d'une manière générale, créer un État fédéral européen et pousser à la disparition de la France.

17:44
Présentateur

Donc il faut sortir de l'UE, de l'Union Européenne ou pas Nicolas ? Ou une autre forme d'Union Européenne ? Soyons précis. Avec moins d'États ? Vous avez raison.

17:51
Nicolas Dupont-Aignan

Je veux sortir de l'Union Européenne pour un électrochoc et je veux appeler les autres pays à reconstruire l'Europe qui a marché, celle du général de Gaulle. Chacun avait ses frontières, ses lois, son budget. Et on travaillait ensemble. Donc arrêtons de caricaturer la position. Mais en revanche, rester aujourd'hui dans l'Union Européenne, c'est la fin de la France. Donc il faut choisir et c'est maintenant qu'il faut choisir.

18:12
Présentateur

Dernière question Nicolas Dupont-Aignan, c'est l'actualité. L'information vient de nous parvenir. Patrick Boel sera mis en examen, présenté à un juge pour viol. Il y a une demande d'incarcération de la part du parquet. Quelle est votre réaction ?

18:26
Nicolas Dupont-Aignan

La justice fait son travail. On verra le résultat.

18:29
Présentateur

Merci beaucoup d'être venu ce matin sur CNUS et sur Europe 1 2027. La liberté ou la mort, c'est votre livre d'édition Fayard.