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interviewFrance Inter — L'invité de 8h20· 13 avril 2026 23 min

"Contre le système", Jean-Philippe Tanguy assure que le RN rencontre des grands patrons pour "exposer" son programme

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

France Inter, Benjamin Duhamel, Florence Paracuelos, la grande matinale. Et nous recevons donc dans le grand entretien ce matin le député Rassemblement National de la Somme. Vos questions et réactions, chers auditeurs, au 01 45 24 7000 et sur l'application Radio France. Et bonjour Jean-Philippe Tanguy. Bonjour, merci pour votre invitation. Merci d'être avec nous ce matin sur Inter. On va parler des annonces du gouvernement face à la crise énergétique, des débats autour du travail le 1er mai, mais c'est la Hongrie qui s'impose ce matin où le Premier ministre Victor Orban a été largement battu par Peter Magyar.

Je rappelle que votre parti souhaitait la victoire de Victor Orban, que Marine Le Pen est allée le soutenir à Budapest. Jean-Philippe Tanguy, sa défaite est-elle aussi un peu la vôtre ce matin, celle des valeurs que vous portez ?

0:50
Invité

Non, sincèrement, je ne crois pas. Je crois qu'après 16 ans de pouvoir, ce qui est très long pour un régime démocratique, M. Orban est victime de l'usure du pouvoir et tout simplement de la volonté d'alternance d'un peuple qui est souverain. Et ce qui est frappant, c'est que beaucoup avaient été dit que ce régime ne pouvait pas changer, qu'il était verrouillé, que les électeurs n'étaient pas libres. On voit que non seulement ils sont libres, mais ils sont libres de faire un choix effectivement massif. Et nous, en tant que souverainistes et patriotes, on prend toujours acte du vote des électeurs, qu'il aille dans un sens ou dans l'autre.

Je constate que les autres, c'est toujours quand ça va dans un seul sens.

1:23
Présentateur

Des électeurs qui sont libres de faire reculer les idées populistes en Europe.

1:27
Invité

Oui, mais vous, est-ce que c'est l'idée populiste qui est reculée ? Est-ce que c'est une crise du régime, comme a expliqué M. Aski sur un certain nombre de thèmes qui ne sont liés à l'usure du pouvoir plus que sur des politiques publiques ? On verra. Moi, je prends l'exemple polonais. L'exemple polonais, on nous avait annoncé à peu près la chute d'idées qui n'allaient pas se maintenir. Et puis finalement, le régime polonais a maintenu sur l'immigration, sur les questions de société, des 99% du régime précédent. On verra. Mais on verra. Moi, je n'ai pas d'avis.

1:54
Jean-Philippe Tanguy

Ce qui est étonnant avec vous, c'est que quand des gouvernements populistes qui portent vos valeurs gagnent, vous interprétez ça comme une sorte de vague qu'on ne peut pas contrer. Mais par contre, quand Viktor Orban est défait en Hongrie, là, vous dites non, non, mais c'est sans doute l'usure du pouvoir, un désir d'alternance. Est-ce qu'au fond, ce n'est pas une mauvaise nouvelle pour le Rassemblement national que de voir un parti, un dirigeant qui porte les mêmes valeurs que vous, avec lequel vous êtes allié, et bien se voir défait ? Et en plus, défait avec 13 points d'écart, c'est le résultat de cette élection ? Mais ça s'abande, non, je pense que...

2:24
Invité

Vous n'en tirez aucune conclusion pour vous et pour votre parti ? Non, mais je crois que vous surinterprétez le fait qu'on se félicite de victoire ou de défaite dans d'autres pays. La position, non, la position constante du Rassemblement national et surtout, avant tout, de prendre acte du choix des peuples et de travailler avec les gouvernements qui sont désignés par les peuples, quels qu'ils soient. Il y a beaucoup de surinterprétations. C'était bien votre allié, Viktor Orban. Oui, mais bien sûr, mais Marine Le Pen est allé le soutenir. On a salué, et je salue, ce que Viktor Orban a pu faire pour la Hongrie pendant 16 ans.

S'il a été réélu quatre fois, c'est qu'il avait un soutien, évidemment, du peuple hongrois. Mais on prend avec de l'alternance. Combien de fois aussi, j'ai débattu, ici ou ailleurs, en expliquant que non, la Hongrie n'était pas de dictature et que si les hongrois faisaient un autre choix, ce choix serait respecté. Sur l'interprétation, j'ai fini, j'ai fini. Combien de fois on a dit, ils n'accepteront pas, M. Orban n'acceptera pas la défaite et il se maintiendra au pouvoir ? Il a reconnu sa défaite. Dans la soirée, il est parti immédiatement.

3:18
Jean-Philippe Tanguy

Vous parlez du bilan des 16 ans de Viktor Orban. Et effectivement, on vous a souvent interrogé, et d'autres membres du Rassemblement national dans ce studio, sur ce qu'était le bilan de ces 16 ans. les atteintes à l'État de droit, à la liberté de la presse. On vous avait aussi interrogé ici même sur les interdictions, par exemple, des marges des fiertés, de la Gay Pride. Est-ce que quand on prend ce bilan, est-ce que vous ne regrettez pas le soutien que vous avez accordé pendant autant de temps et encore récemment à Viktor Orban ?

3:43
Invité

Non, parce qu'on pense que tout ça était souvent de mauvaise foi. Et on voit bien qu'avec la victoire d'une alternance, il n'y avait pas de verrouillage de l'État hongrois et que ça correspondait, vous verrez, à la volonté du peuple hongrois. Et sur les questions de société, beaucoup de la campagne a été faite en présentant M. Magyar comme un représentant du macronisme sur, par exemple, la Gay Pride. M. Magyar n'avait pas... Je ne sais pas bien qui a présenté M. Magyar comme représentant du macronisme. Parce que toute la campagne, dans l'essentiel de la presse, jusqu'à une période récente, c'est-à-dire jusqu'à un moment où il n'y a plus...

4:10
Jean-Philippe Tanguy

Je crois que tout le monde est ici, y compris là, dépeint comme un conservateur, qui d'ailleurs, sur tout un tas de sujets, était assez aligné avec les positions de Viktor Orban. Je ne crois pas quand vous voyez les réactions...

4:16
Invité

Je n'ai pas spécialement parlé de France Inter, d'ailleurs, mais quand vous voyez les réactions hier de Mme Verdeleyen, des macronistes, sur Twitter, enfin sur X, c'est assez ironique. C'est-à-dire qu'en fait, ils n'ont pas lu le programme de M. Magyar qui a 90% les programmes de M. Orban, sauf sur la question de l'usure du pouvoir. Il a sans doute senti que le régime M. Orban souffrait de l'usure du pouvoir. Mais une fois plus, moi, je prends acte. Moi, ce qui me frappe, c'est que combien de fois on a dit oui, et d'ailleurs, c'est un argument qui a été utilisé contre la Rassemblement Nationale disant que si un jour on gagnait le pouvoir, on ne repartirait jamais.

4:46
Jean-Philippe Tanguy

C'est quand même étonnant de se féliciter du fait que Victor Orban accepte la défaite. C'est la base des règles dans un État démocratique. Si on en vient, vous en avez à trouver ça exceptionnel

4:56
Invité

qu'il accepte... Non, non, là, excusez-moi, vous réécrivez tout à l'heure ce que j'ai dit. J'ai dit que nos adversaires avaient dit qu'il ne lâchera jamais le pouvoir. Il l'a lâché immédiatement.

5:02
Présentateur

Quand Jordan Bardella rend hommage hier soir à un grand patriote qui a relancé l'économie hongroise, qui a protégé la natalité, qui a défendu les frontières de son pays et de l'Europe face aux flux migratoires,

5:16
Invité

que ça a été un bon dirigeant pour la Hongrie, oui.

5:19
Présentateur

Donc, c'est un modèle ? Nous, on n'a pas de modèle à l'étranger. Nous, on est français en France. Et est-ce que vous ne dites pas qu'il y a une petite alerte en vue de 2027 quand on est soutenu par Donald Trump et Vladimir Poutine comme l'était Victor Orban ? Sinon, ce n'est pas très bon. Manifestement, ça ne marche pas très bien. Ce n'est jamais bon

5:36
Invité

d'être soutenu par un régime étranger. Il ne faut jamais... Ça, c'est sûr. Il faut toujours être patriote, souverainiste, faire de la politique pour son pays. Il ne doit y avoir aucune ingérence d'aucune sorte. Parmi les leçons de la défaite,

5:47
Jean-Philippe Tanguy

vous considérez notamment

5:48
Invité

que le déplacement du... Avec la nuance, évidemment, au sein de l'Union Européenne, il y a des alliés et qu'on est dans des alliances au Parlement européen.

5:56
Jean-Philippe Tanguy

Non, mais c'est intéressant ce que vous considérez notamment que le soutien de Donald Trump, le déplacement du vice-président américain J.D. Vance à Budapest en soutien à Victor Orban, ça a pu desservir Victor Orban ?

6:06
Invité

Non, mais ça desserre tout le temps. Nous sommes contre toutes les ingérences de toutes origines et de toutes manières. Donc, on ne verra pas

6:13
Jean-Philippe Tanguy

J.D. Vance venir faire campagne pour l'ERN en 2027.

6:16
Invité

Non, quand Barack Obama a soutenu Emmanuel Macron, c'était une ingérence. Voilà, bon, je vous regrette qu'à l'époque, à part l'Assemblée nationale, personne n'ait condamné cette ingérence parce que c'était Obama et qu'il avait une bonne image en France. C'est une ingérence et ce n'est pas correct. Quand M.Poutine, en 2027, a fait une liste avec son ministre des Affaires étrangères mettant ses candidats dans cet ordre de préférence, à savoir M.Fillon, M.Macron et Marine Le Pen n'est pas dans cet ordre de préférence contrairement à ce qui a été dit, c'était une ingérence.

Donc vous n'aimez pas les ingérences, mais par contre Marine Le Pen qui vient soutenir Victor Orban en Hongrie, ce n'est pas une ingérence ? Si vous n'avez pas écouté ce que j'ai dit là, monsieur, j'ai dit qu'il y a la nuance qui est qu'on est dans des alliances européennes au sein du Parlement européen. Il y a quand même des traités, il y a des traités, M.Duhamel, qui créent, comment dire, ces alliances par le Parlement européen.

Ce n'est pas de la même nature que le régime américain, que le régime russe, que le régime chinois ou tout autre régime, le régime turc, le régime turc qui fait beaucoup d'influence et d'ingérence en Europe et d'ailleurs, je pense que tout le monde le condamne et c'est très bien comme ça, ça n'a rien à voir.

7:12
Présentateur

Donc on comprend que vous direz non merci à un éventuel soutien appuyé du régime américain en vue de 2027. Ah mais on l'a toujours dit, il n'y a aucun changement

7:21
Invité

de doctrine là-dessus.

7:23
Présentateur

Très concrètement, Jean-Philippe Tanguy, on rappelle que Victor Orban a bloqué à Bruxelles un prêt de 90 milliards d'euros à l'Ukraine, que son successeur Peter Maguire ne devrait pas mettre son veto. Le président de votre parti, Jordan Bardella, lui, il a voté contre ce prêt au Parlement européen. Est-ce que vous continuez à vous y opposer ?

7:43
Invité

C'est Jordan Bardella et Marine Le Pen qui est décident, mais je pense, oui, qu'on n'a plus les moyens aujourd'hui de payer pour ce prêt dans les conditions dans lesquelles ils sont faits.

7:50
Présentateur

Même si ça doit permettre à l'Ukraine de tenir face à la Russie ?

7:53
Invité

Il faut observer les conditions et notamment l'utilisation de cet argent en faveur de l'industrie, de l'agriculture européenne. Mais on ne peut plus continuer à financer l'industrie américaine.

8:02
Jean-Philippe Tanguy

Et rappelons que c'est un prêt qui est par ailleurs gagé sur le remboursement de la Russie malgré ses conditions, malgré le fait que ce soit un prêt qui est gagé par les États membres. Il ne faut pas le faire,

8:14
Invité

il ne faut pas aider l'Ukraine. C'est une des raisons du fait que nous sommes comptes. C'est qu'en fait, la Russie ne paiera jamais. Nous pensons qu'elle ne paiera jamais et qu'en plus, paradoxalement, ça pourrait devenir un blocage de la paix. Parce qu'à partir du moment où le remboursement des créances occidentales se fait par le paiement d'indemnités russes, si la Russie ne veut pas ses indemnités, ça pourrait gêner la paix. Donc en fait, c'est aussi un système qui bloque... Donc vous y restez opposé. Oui, enfin, c'est Marine Le Pen et Jordan Bardella qui décideront, mais jusqu'au moment où je suis rentré dans ce studio, nous y étions opposés. L'Europe ne doit plus aider l'Ukraine ?

Si, mais sur d'autres manières, avec d'autres méthodes et d'autres moyens et des prêts qui sont organisés différemment avec des modes de remboursement différents. C'est-à-dire, par exemple, parce que si... Je ne peux pas être plus clair. Je vous ai dit, le fait que ce soit gagé sur le remboursement des indemnités de guerre que paierait la Russie, non seulement... Mais il doit être gagé sur quoi ?

8:59
Jean-Philippe Tanguy

Alors, si on décide de prêter de l'argent à l'Ukraine qui en a besoin pour financer son effort de guerre, comment on fait pour le financer ?

9:05
Invité

L'Ukraine a d'autres moyens par la paix dans le temps, le temps long, évidemment, de rembourser. L'Ukraine est potentiellement un pays très riche.

9:12
Jean-Philippe Tanguy

Bah, non, puisque visiblement, vous le dites, Merzianski, la demande dans le cas d'espèce et considère que ce prêt est essentiel pour tenir...

9:17
Invité

Vous n'écoutez pas mes réponses, monsieur Demel. J'essaie simplement de comprendre ce que vous dites. Je vous ai dit, l'Ukraine a sur le long terme, par la paix, les moyens de rembourser des prêts parce que l'Ukraine est potentiellement un pays riche. D'accord, mais là, pour l'effort de guerre à court terme... Le prêt, vous ne le remboursez pas immédiatement. Quand la France a emprunté entre 1914 et 1918 aux Etats-Unis ou en 1939 jusqu'en 1939-1940, on n'a pas à rembourser immédiatement, on a remboursé après la guerre.

9:41
Présentateur

Jean-Philippe Tanguy, il faut qu'on parle de la situation géopolitique plus globale, c'est-à-dire de la situation en Iran qui a des conséquences directes sur les Français. Ce matin, le prix du pétrole est repassé au-dessus des 100 dollars le baril. Le gouvernement a annoncé en fin de semaine dernière plusieurs mesures pour réduire nos dépendances aux hydrocarbures, pour doper la voiture électrique. Par exemple, 50 000 ménages modestes supplémentaires vont pouvoir en profiter pour 100 euros par mois. Il y aura jusqu'à 9 500 euros d'aide pour racheter une voiture électrique. Est-ce que ce sont de bonnes mesures, selon vous ?

10:14
Invité

Non, pas du tout. Ce sont des mesures complètement déconnectées de la vie des gens, de la réalité de ce que pèse aujourd'hui la facture économique. Je lisais une étude de l'INSEE sur le poids de la fiscalité énergétique. C'est trois fois plus de poids sur les ménages modestes et ruraux que sur les ménages des grands centres urbains. Donc, je pense qu'ils ne se rendent pas compte ou ils ne veulent pas se rendre compte à quel point la fiscalité énergétique et en particulier le prix du carburant mais aussi du fioul, du gaz, pèse sur les ménages ruraux aujourd'hui immédiatement. Il faut alléger cette charge immense

10:46
Jean-Philippe Tanguy

et injuste. Il y a la question de la fiscalité sur les carburants et on rappelle qu'au RN, vous défendez notamment la baisse de la TVR mais là, c'est un autre sujet. L'idée du gouvernement de dire pour réduire les dépendances aux hydrocarbures, il faut électrifier massivement et pour cela, il faut faire en sorte d'accélérer le passage à la voiture électrique. Pourquoi ces mesures

11:03
Invité

seraient déconnectées ? Elles sont déconnectées de l'urgence du moment mais par ailleurs, c'est des mesures et je m'étonne un peu que ce n'ait pas été dit parce que moi, j'ai débunké ça dès vendredi. Les voitures électriques, 1 million de voitures électriques pour 2030, l'objectif du gouvernement jusqu'aux annonces de M. Lecornus était 2 millions pour 2030. Les 1 million de pompes à chaleur annoncées pour 2030, elles avaient été annoncées auparavant pour 2027 et les 100 000 voitures électriques en leasing, elles avaient été annoncées pour 2022. Donc en fait, par ces annonces, le gouvernement ne fait que reconnaître qu'ils n'ont pas exécuté leurs annonces précédentes.

C'est vraiment un plan de com' avec des éléments de langage entendus 200 000 fois et en fait, le gouvernement a juste indiqué qu'ils avaient échoué sur l'électrification promis précédemment et je ne comprends pas que tout le monde reprenne ça alors que c'est très facile à vérifier. Est-ce que l'objectif

11:50
Jean-Philippe Tanguy

qui est de tenter d'accélérer le passage à la voiture électrique pour un parti qui, encore une fois, a vocation et souhaite gagner l'élection présidentielle l'année prochaine, est-ce que c'est un objectif que vous allez poursuivre ?

11:59
Invité

Mais tout le monde, c'est de l'enfonçage de portes ouvertes. Est-ce qu'on préfère que les ménages aient accès à des véhicules électriques français fabriqués en France avec des batteries françaises qui permettent de faire le plein moins cher et ne pas être dépendants des monarchies pétrolières ? Tout le monde est d'accord. C'est un objectif français depuis les années 70. La réalité, c'est pourquoi ça n'a pas été fait avant. C'est qu'ils se sont trompés sur la neutralité technologique des véhicules électriques. C'est-à-dire qu'ils ont fait de mauvais choix technologiques. Ils ont cru que la bureaucratie et les normes pouvaient remplacer une stratégie industrielle.

Il n'y a toujours pas ces stratégies industrielles. Un exemple, sur les pompes à chaleur. Le champion français de la fabrication de pompes à chaleur a été vendu pour Noël dernier, décembre 2024, à un consortium étranger. Il n'y a que le Rassemblement National et une partie de la gauche qui a voulu que ce champion français reste français. Donc comment on peut avoir une politique industrielle sur les pompes à chaleur, sur les véhicules électriques alors qu'ils continuent à vendre notre industrie, les pompes à chaleur en l'occurrence à des japonais et l'industrie automobile européenne est au bord de l'effondrement faute de stratégies industrielles.

Donc ils se sont totalement trompés dans leur stratégie et ils continuent. Il n'y a pas de changement de politique industrielle, de protectionnisme, de dénormalisation pour favoriser cette transition énergétique et cette transition industrielle. Et c'est très inquiétant parce que nous sommes en train de vivre une nouvelle phase de désindustrialisation en Europe à cause de ce manque de vision.

13:26
Présentateur

Alors on va rester sur les questions économiques Jean-Philippe Tanguy pour parler de cette proposition de loi défendue par le parti Renaissance qui vise à autoriser certains salariés notamment ceux qui travaillent dans les commerces de bouche ou chez les fleuristes à travailler le 1er mai. L'intégralité de la gauche et des syndicats s'y opposent. Vous y êtes favorable avec le bloc central et la droite. Vous êtes devenu libéral Jean-Philippe Tanguy ?

13:50
Invité

Mais non mais pas du tout mais écoutez en fait ça se faisait avant il y a eu un changement de doctrine de l'inspection du travail qui a commencé à mettre des amendes aux boulangers et aux fleuristes mais surtout aux boulangers alors que ça se faisait depuis toujours. Très rares amendes pour dire la vérité. Oui mais avant il y en avait zéro. Donc ça a posé un problème écoutez moi quand j'étais serveur tout le monde se battait pour travailler le 1er mai et d'être payé double et il y a 75% des salariés qui sont pour. Donc ce blocage de mon point de vue est incompréhensible.

Les syndicats feraient mieux de s'occuper de tous les jours fériés dans certaines conventions et branches qui ne sont pas payées. Par exemple dans la restauration dans l'hôtellerie où il y a beaucoup de jours fériés qui ne sont pas payés. C'est marrant on n'entend jamais les syndicats là-dessus.

14:28
Jean-Philippe Tanguy

Il y a un débat Jean-Philippe Tanguy sur le fait de savoir s'il faut que cette mesure soit applicable dès le 1er mai prochain avec Sébastien Lecornu qui dit il ne faut pas qu'il y ait de passage en force et qui appelle à une concertation qui aura d'ailleurs lieu ce soir. Est-ce que vous vous souhaitez que cette mesure soit applicable tout de suite

14:41
Invité

dès le 1er mai prochain ? Mais quand vous avez 75% des salariés qui sont pour on le fait et on arrête il n'y a pas de blocage. Que les syndicats s'occupent du taux record d'accident du travail et de mortalité du travail en France. Une anomalie française absolument épouvantable on ne les entend jamais là-dessus. Excusez-moi pourquoi les syndicats ne demandent pas le doublement du paiement des jours fériés pour toutes les branches ?

15:03
Jean-Philippe Tanguy

On leur posera la question Jean-Philippe Tanguy parce qu'ils veulent pouvoir manifester tranquille avec leur copain le 1er mai. Vous répondiez à cette question si vous étiez devenu libéral. Est-ce que vous êtes toujours comme vous le disiez en mars 2025 dans les colonnes du point en guerre totale contre le système ? Totalement.

Est-ce qu'on peut être en guerre totale contre le système quand Marine Le Pen c'est nos confrères du Nouvel Obs qui le révélaient dîne avec plusieurs patrons d'entreprise du CAC 40 Patrick Pouyanné le patron de Total et surtout pour la première fois Bernard Arnault première fortune de France Lise Roseveil nous révélait également que Jordan Bardella le patron du parti allait déjeuner lundi prochain avec le bureau exécutif du Modem est-ce qu'on peut être en guerre contre le système comme vous le dites et vous le répétez encore ce matin ?

Du MEDEF parce que le Modem Oui tout à fait vous avez raison du MEDEF est-ce qu'on peut être en guerre contre le système comme vous le dites et rencontrer, dîner, déjeuner avec l'élite économique ? Absolument

15:54
Invité

pour exposer notre programme leur expliquer et voir comment on peut éventuellement l'améliorer si on se trompe mais les patrons ne sont pas par essence le système le système c'est le détournement de l'intérêt général par l'intérêt privé vous voyez par exemple en ce moment les révélations que j'ai faites sur le détournement des stocks pétroliers français pas pour l'intérêt général mais pour l'intérêt privé des pétroliers donc vous voyez on peut voir M.

Pouyanné moi je rencontre régulièrement un certain nombre de dirigeants de Total et pourtant être le parti qui a révélé le scandale de la gestion des stocks pétroliers et le seul qui le fait lutter contre la corruption contre le capitalisme de connivence contre le détournement des marchés publics

16:29
Jean-Philippe Tanguy

Jean-Philippe Tanguy c'est quoi l'objectif de ces dîners est-ce que c'est un objectif pour convaincre les grands patrons de la pertinence de votre programme économique est-ce que c'est au contraire eux qui vous influencent et vous font par exemple évoluer sur la question de la fiscalité sur la question de la réforme des retraites non mais pas du tout

16:45
Invité

c'est de définir avec déjà d'expliquer notre programme qui doit qui est très mal présenté aux acteurs économiques améliorer éventuellement des choses qu'on n'aurait pas compris ou mal compris parce qu'on n'est pas pique de la mirandole et on ne sait pas tout mais nous on est très disponible aussi pour voir les syndicats moi je le redis madame Binet madame Marisol Léon excusez-moi Marie-Élise Léon excusez-moi j'ai confondu avec leur 7 ministre du travail nous on est totalement disponible pour les voir comme on voit leur base parce que moi je peux venir dans la Somme et dans les Hauts-de-France on envoie des militants de la CGT de la CFDT de Force Ouvrière nous on est totalement disponible pour négocier avec les syndicats c'est eux qui ne veulent pas et ils ne veulent même pas débattre d'ailleurs je relance une proposition de débat à madame Léon ou à madame Binet pour qu'elle nous explique en quoi on est contre les travailleurs je pense qu'elles n'ont pas envie de débattre parce que c'est elles qui sont contre les travailleurs

17:30
Présentateur

tout à l'heure au micro de Benjamin le patron de la Maïf Pascal Demurgé a expliqué que votre programme économique serait une ruine pour la France et on a justement une question à ce sujet au standard de France Inter question posée par Renaud bonjour bienvenue Renaud oui bonjour ma question c'est simplement que répondez-vous aux objections émises par le patron de la Maïf lors de l'entretien avec Benjamin Duhamel il y a une demi-heure

17:56
Invité

écoutez je n'ai pas écouté l'entretien monsieur donc je n'ai pas réponse pour dire les choses

18:00
Jean-Philippe Tanguy

non seulement il plaide pour un cordon sanitaire avec le Rassemblement national il considère que votre programme serait une ruine pour la France

18:08
Invité

d'accord donc c'est très nuancé écoutez je ne connais pas ses arguments donc moi je serais ravi de débattre avec le monsieur de la Maïf pour voir pourquoi on devrait ruiner le pays je ne pense pas je pense qu'en fait ils ont très peur et qu'ils paniquent et qu'ils ont des arguments exagérés parce qu'ils savent qu'on redresserait les finances et l'économie c'est à dire qu'on ferait le contraire de ce qu'ils ont fait depuis 50 ans à la France et si on interroge les actifs les travailleurs et en particulier les ouvriers et les employés ils attendent le Rassemblement national parce qu'ils en ont assez de cette politique économique qui a tout ruiné c'est à dire qu'avec des records de prélèvements obligatoires on a quand même une désindustrialisation on a une déprise de notre agriculture franchement il n'y a rien qui fonctionne en économie à part pour les copains du pouvoir qui se partagent des petits billets et un état de corruption quand même de l'état de français c'est quoi ça les copains du pouvoir qui se partagent des petits billets oh bah détournement des marchés publics un certain nombre d'entreprises publiques qui est-ce que vous visez ?

le scandale des autoroutes la privatisation la vente d'Alstom le saccage de DF même la privatisation à l'époque de Total le fonctionnement des marchés publics je veux dire la liste est longue malheureusement

19:07
Présentateur

mais vous parlez d'enrichissement personnel là ?

19:10
Invité

oh bah oui il y a eu de l'enrichissement personnel aussi sur les autoroutes il y a eu beaucoup d'argent qui a été fait sur la vente d'Alstom je vous rappelle qu'il y a 600 millions d'euros qui ont été mis sur le tout Paris pour présenter ça comme une opération c'est un rapport

19:22
Jean-Philippe Tanguy

de M. Marlach qui a son âme tout le monde peut le consulter Jean-Philippe Tanguy il faut aussi qu'on parle d'une couverture de magazine qui a beaucoup fait parler la une de Paris Match on y voit le président de votre parti Jordan Bardella en photo avec sa compagne en Corse la princesse Marie-Caroline de Bourbon des Deux Siciles le sous-titre de Paris Match l'idylle que personne n'attendait même question que pour les dîners avec les grands patrons est-ce qu'on peut encore se revendiquer anti-système quand son président de parti fait la une de Paris Match avec une princesse héritière fortunée

19:44
Invité

écoutez les histoires d'amour n'ont rien à voir avec le détournement de l'intérêt public par les intérêts privés je ne vois pas le rapport avec le système vous ne comprenez pas la question là si mais je pense que vous êtes le mésoir

19:53
Jean-Philippe Tanguy

on vous dit bien un parti anti-système quand le président de parti fait la une de Paris Match avec une héritière princesse vous ne voyez pas une contradiction entre le discours qui est le vôtre et cette couverture de magazine

20:04
Invité

pas du tout parce que vous pensez qu'être contre le système c'est contre les institutions contre la bourgeoisie contre l'aristocratie je ne sais pas le système c'est le détournement des intérêts publics pour l'intérêt privé donc le fait qu'il soit amoureux et heureux n'a rien à voir avec le système donc qu'est-ce que vous en dites de cette une moi j'ai déjà été amoureux dans ma vie de gens qui pour vous peut-être étaient le système que dénonce le Rassemblement National j'ai déjà été en couple avec un haut fonctionnaire j'ai pas l'impression de trahir de trahir mes convictions par contre on s'est engueulé on s'est engueulé à table plusieurs fois parce qu'on n'était pas d'accord effectivement sur la défense de l'intérêt public qu'est-ce que vous avez pensé de cette une de Paris Match ?

absolument rien je me suis dit je suis très heureux pour Jordan Bardella c'est-à-dire qu'en interne on ne parle pas de notre vie privée donc c'était un sujet de vie privée là c'est pas de la vie privée

20:53
Jean-Philippe Tanguy

il y a un choix délibéré puisque c'est d'ailleurs les articles de presse nombreux articles de presse l'ont constaté que c'est ce qu'on appelle une fausse paparazzade c'est-à-dire ce sont des photos qui sont mises en scène

21:02
Présentateur

j'ai pas d'informations là-dessus

21:02
Jean-Philippe Tanguy

si si même Caroline Parmentier députée Rassemblement National l'a admis est-ce que ce sont des quoi ? en fait au fond vous devenez un parti comme un autre puisque vous faites ce que Emmanuel Macron a pu faire en son temps avec Brigitte Macron en une de Paris Match ce que Nicolas Sarkozy a pu faire avec Carla Bruni en fait maintenant vous êtes un parti comme un autre voilà

21:19
Invité

non mais je vois pas pourquoi vous faites que la normalisation serait liée à ça c'est-à-dire qu'en fait les médias et c'est leur droit et bien légitime considère que c'est un acte de normalisation de dédiabolisation je prends pas ça comme ça moi je pense que juste que Jordan Bardella avait envie d'officialiser cette relation sentimentale et tant mieux pour eux je vois pas pourquoi vous êtes pas bavard sur cette une de Paris Match mais déjà je suis plus bavard malheureusement sur ça que sur ce que je vous ai dit sur la corruption ou l'étournement des marchés publics mais j'ai pas d'informations particulières à donner en fait je sais pas pourquoi on pourrait pas juste dire écoutez ils sont amoureux tant mieux félicitations et bonne continuation je vois pas pourquoi tout est politique tout est voilà moi j'aimerais bien vous rencontrez un prince vous en connaissez pas un non ?

Non mais juste ça ferait une bonne première dame ou pas ? Mais sans doute je connais pas

22:08
Présentateur

vous l'avez rencontrée ?

22:09
Invité

Je connais pas cette jeune femme cette femme d'ailleurs tout court

22:11
Jean-Philippe Tanguy

Donc ça ferait une bonne première dame ?

22:13
Invité

Je la connais pas j'imagine que si Jordan Bardella est amoureux c'est qu'elle sera une excellente première dame mais ça imposerait que ce ne soit pas Marine Le Pen qui soit candidate or c'est Marine Le Pen notre candidate à la présidence et pour le moment ça ferait si elle le souhaite d'ailleurs parce qu'elle n'est absolument pas nécessaire qu'elle vienne à Matignon si Jordan Bardella était et elle est libre cette jeune femme elle n'est pas obligée non plus de suivre la carrière politique c'est marrant cette question parce que tout le monde présente ça par exemple avec l'émancipation des femmes une femme une compagne une amoureuse n'est pas vouée à suivre la carrière politique de son mari ou de sa compagne je veux dire soit elle peut venir soit elle peut pas venir elle fait sa vie c'est marrant aussi que la presse progressiste réduise cette jeune femme à un faire-valoir d'un homme c'est quand même très particulier je ne sais pas qui est la presse progressiste et je ne sais pas qui réduit je propose qu'on s'arrête là c'est quand même pas une insulte de dire presse progressiste si vous n'êtes même pas content d'être progressiste

23:01
Présentateur

merci Jean-Philippe Tanguy merci d'être venu au micro d'Inter ce matin la revue de presse à suivre c'est là

"Contre le système", Jean-Philippe Tanguy assure que le RN rencontre des grands patrons pour "exposer" son programme — Jean-Philippe Tanguy · Pourquijevote