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Elections 2022 - Entretien avec Mme Valérie PECRESSE, candidate au congrès Les Républicains

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

19:05
Présentateur

Bonjour à tous. Madame la présidente du conseil régional d'Ile-de-France, la direction de la vie de campus et de l'engagement, mesdames, messieurs, chers étudiants de Sciences Po et les externes qui ont le courage de se lever ce matin et ceux qui nous suivront du coup à distance, nous vous souhaitons la bienvenue aujourd'hui au sein de cet amphithéâtre historique Émile Boutmy, au cœur de Sciences Po, qui a accueilli les conférences les plus marquantes et que nous sommes heureux ce matin de faire découvrir aux quelques invités externes.

Nous sommes absolument ravis de vous retrouver aussi nombreux pour cet événement exceptionnel, en présence de Madame Valérie Pécresse, présidente du conseil régional d'Ile-de-France et candidate au congrès Les Républicains, qui s'inscrit dans le cadre du projet présidentiel du Parlement des étudiants de Sciences Po, regroupant la conférence Olivin, Sciences Po TV, Radio Germaine et la Péniche. En cette année électorale, ce projet présidentiel est chargé de véhiculer au mieux les différentes sensibilités politiques à l'œuvre dans le débat actuel.

Le tout afin de permettre à tous de découvrir des candidats, d'échanger avec eux et de faire vivre le pluralisme dans le respect de l'opinion de chacun. Nous avons donc proposé à tous les candidats déclarés à l'élection présidentielle, de tous bords politiques confondus, de venir échanger avec vous tout au long de l'année à Sciences Po. Et Madame Valérie Pécresse a répondu positivement à notre demande. Ce matin, Madame la Présidente, vous êtes notre onzième candidate invitée pour l'élection présidentielle. Et cher public, nous vous réservons encore de très belles surprises. La rencontre se déroulera du coup comme suit et durera deux heures.

D'abord, la conférence Olivin va tenter de dresser au mieux votre portrait pour le peu d'étudiants qui ne vous connaissent pas dans la salle. Ensuite, les associations étudiantes vont se succéder tour à tour une vingtaine de minutes chacune, en commençant par le Parlement des étudiants, puis la conférence Olivin et puis Sciences Po TV, pour échanger avec vous sur votre programme présidentiel, mais aussi sur les étudiants, l'enseignement supérieur, la recherche, la jeunesse, le Congrès des Républicains, la médiatisation, l'économie et vos points de différence entre les autres candidats LR et votre programme.

Enfin, nous consacrerons les 30 dernières minutes aux questions du public avant de clôturer avec le mot de fin. Je vous laisse, je laisse donc la parole à la conférence Olivin. Madame Pécresse, merci d'être venue ce matin. Merci.

22:06
Invité

Bonjour à tous, chers étudiants, Madame Valérie Pécresse. Permettez-moi de réchauffer l'atmosphère en cette matinée d'hiver avec une anecdote tout à fait anodine et tout aussi pitoyable que mes neutres du dernier semestre. Ce matin, en venant à Sciences Po, je me suis rendu chez mon primeur, comme tous les matins, et il avait ce matin reçu deux caisses de date. Comme Madame Pécresse, fin gourmand et gourmet que je suis, je n'ai pas pu résister de tester la marchandise. La date de la variété Medioul, une qui sortait d'Israël, Palestine occupée, et une qui sortait d'Algérie. Je me suis étonné du prix et de la différence. Je demande donc au primeur, mais pourquoi cette différence ?

Et il me dit d'un air narquois, pardonnez cette mondialisation, « Same, same, but different ». Je lui rétorque, mais ça a le même goût, la même couleur, le même calibre. Pourquoi cette différence ? Et c'est là que ça m'a frappé. Non, pas le primeur. Le concept que peut-être, peut-être deux choses totalement différentes sont en fait les deux faces d'une même pièce. Peut-être, le cancre que je suis ressemble à la studieuse Madame Pécresse. Je vais vous expliquer. Blondie, la Versaillaise, qu'on l'appelle, elle est l'incarnation de Léonie Gratin. Moi, du cobut 2.0. Elle a eu son bac à 16 ans, moi à 19 ans. Elle a fait HEC, et moi EDHEC, EDEC.

Elle a fait l'ENA, et moi j'ai potentiellement un stage à l'INA. Du côté de l'international, je peux me vanter d'avoir fait LV1 allemand et LV2 anglais. Et Madame Pécresse se dit deux tiers Angelina Markle et un tiers Margaret Thatcher. Le domaine dans lequel je pourrais me vanter, c'est le digital, Internet. J'apprends Internet à l'école. Madame Pécresse apprend Internet à Chirac. D'accord, le seul domaine où je pourrais vraiment, vraiment me narguer, c'est dans le gaming. Je suis ce qu'on appelle un geek. Je collectionne les hauts-faits. Forfaitaire de Warfare, stratège de Starcraft, Adamantium de Fortnite. Je collectionne les hauts-faits dans le virtuel.

Madame Pécresse collectionne les hauts-faits dans la réalité. Conseil d'État en 1992, conseillère de Jacques Chirac en 1998, députée des Yvelines en 2002, porte-parole nationale en 2004, ministre de l'enseignement supérieur en 2007, ministre du budget en 2011, présidente du conseil régional en 2015, réélu. Qui a déménagé à Saint-Ouen, en plus de ce qui est écrit au tableau. Même là, je dois avoir ma défouette. Mais Madame Pécresse n'est pas que cette sublime élève studieuse. Elle est aussi une femme forte. Elle est aussi une femme. Et aujourd'hui, ça compte. Madame, vous voulez être la femme de la droite, la femme de la place politique.

Et sur ces mots de « je suis prêt à être la première femme présidente », je salue votre bravo. Bonjour Madame la Présidente. Bonjour. Je vais vous proposer de commencer par un thème purement institutionnel, comme c'est souvent le cas au Parlement des étudiants, avec notamment la question de l'abstentionnisme. On a vu que le premier parti de France aux élections 2022 pourrait être l'abstentionnisme. Et du coup, je voulais vous poser une question, notamment sur la représentativité au Parlement. Est-ce que vous pensez qu'aujourd'hui, notre Parlement, et notamment la Chambre basse, souffre d'un manque de représentativité ?

Est-ce que, par exemple, l'introduction d'une proportionnelle, comme c'est proposé par plusieurs candidats, pas forcément devant le bord, pourrait être une solution ? Alors, moi, je suis très attachée au scrutin nominal à deux tours. Pourquoi ? Parce que je pense que ça permet d'élire des personnalités qui sont des personnalités que vous screenz, que vous rencontrez, que vous touchez. Le problème de la proportion intégrale, si elle devait être mise en place, c'est d'abord, un, que ça ne permet pas des majorités claires. Or, un président de la République pour gouverner a besoin de majorités claires. Il a besoin de majorités claires pour faire des réformes.

Aujourd'hui, notre pays a besoin de réformes puissantes, de transformations puissantes pour mieux fonctionner. La France, pour moi, est terriblement affaiblie. Elle est affaiblie à l'intérieur par un effondrement de l'autorité. Et à l'extérieur, l'autorité légitime et à l'extérieur, enfin, et sur le plan financier, par une montée colossale d'une dette incontrôlée et incontrôlable à 2 800 milliards qui va peser sur les générations futures et qui est autant de nuages sur votre avenir, vous, les étudiants. Donc, je pense qu'il faudra des réformes très puissantes. Je pense que pour les faire, le président ou la présidente de la République aura besoin d'une majorité claire.

Donc, la proportionnelle intégrale, pour moi, c'est non, parce que je ne veux pas retourner à la 4e République. Je veux rester dans l'esprit de la 5e. Après, la question se pose d'une dose de proportionnelle pour mieux représenter au sein de l'Assemblée nationale toutes les tendances. Je n'y suis pas hostile. Je n'en fais pas non plus un principe de gouvernement. Je n'y suis pas hostile. Ça peut faire l'objet d'une négociation. Vous savez, pour présider, il faut rassembler. Et donc, il faut avoir avec soi non seulement la droite, mais aussi une partie du centre, la plus large possible.

Et donc, si c'était une revendication qui venait de la part des alliés de la droite, je pense à nos amis centristes, ça pourrait s'envisager. Mais il faut bien savoir qu'au Conseil régional que je préside, la majorité est faite... Enfin, le Conseil régional est proposé à la proportionnelle. C'est-à-dire que moi, je dirige aujourd'hui une assemblée de 209 conseillers régionaux qui sont élus à la proportionnelle, mais avec une prime majoritaire. Et dans ce cadre-là, c'est intéressant parce que j'ai pris l'habitude, effectivement, de diriger une collectivité dans laquelle tout le monde s'exprime, de la France insoumise jusqu'au Rassemblement national. C'est assez intéressant.

C'est assez intéressant parce que ça permet, quand on prend une décision, de connaître tous les ventailles des positions des uns et des autres et de toutes les sensibilités politiques. Donc c'est assez intéressant, je le reconnais. C'est pour ça qu'une dose de proportionnelle, pour moi, est intéressante et possible. Mais une dose seulement parce qu'il faut une majorité claire. Alors, seconde question sur les maires. Ça ne nous a pas échappé le 17 novembre, il y a l'élection du président à la tête de l'AMF, de l'Association des maires de France. Je suppose que vous soutenez David Lissénard pour ce scrutin.

Est-ce que vous pensez qu'aujourd'hui, il y a un problème au niveau des prérogatives des maires, notamment ce qui concerne les polices municipales ? Alors, oui, effectivement, je soutiens la candidature de David Lissénard, qui a fait une liste de très larges rassemblements, qui inclut, qui va de la droite à la gauche.

Alors, et puis parce qu'en face de lui, on sent bien qu'il y a la volonté du président de la République de reprendre en main des maires trop indisciplinées, qui ont l'audace de parfois revendiquer des libertés locales face à la présidence verticale et jupitérienne, qui, elle, préfèrerait ne voir tout le monde qu'en randonnion et, comme dirait un ancien président de la République, des petits pois dans une boîte. Donc, moi, je considère que les maires ne sont pas des petits pois dans une boîte. Je considère que les maires sont le premier pilier de la démocratie.

Vous avez parlé de l'abstention, vous avez parlé, justement, du fait qu'on se désintéressait de la politique ou qu'il y avait une défiance vis-à-vis de la politique. Et je crois que le maire reste aujourd'hui le tiers de confiance local, même s'il y a eu des abstentions, une abstention forte municipale. Ça ne veut rien dire. En réalité, c'était à cause de la crise Covid, on le sait bien. Et c'était aussi parce que la plupart des électeurs voulaient renouveler leur maire. Donc, crise Covid plus absence d'opposition, ça peut emmener aussi de l'abstention.

Mais le maire est quand même une personnalité très appréciée parce qu'il mouille la chemise, parce qu'il est sur le terrain, parce qu'il est à porter l'engueulade, parce qu'il incarne la démocratie de proximité. Alors, il ne faut pas bafouer les maires. Ce gouvernement a tenu, comme d'habitude sur tous les sujets, un double discours. Enfin, plus exactement, il y a eu un fossé entre le discours du gouvernement, je m'appuie sur les maires, j'aime les maires, le couple maire-préfet, etc. Ça, c'était des mots. Et puis, les actes, le gouvernement a complètement amputé les libertés locales. Et notamment, il a privé les maires de leur autonomie fiscale.

C'est très grave parce que l'autonomie fiscale, c'est quoi ? C'est la possibilité de décider et de payer avec de l'argent qui n'est pas dépendant du bon vouloir de l'État. Et ce qu'a fait l'État, c'est en réalité de dire, bon, je supprime la taxe d'habitation, très bien, donc vous n'avez plus de recettes propres. Vous avez des dotations de l'État. Mais pour les avoir, attention, il faut filer doux, il faut marcher droit, il faut accepter de faire ce que l'État a envie que vous fassiez. Donc on a, petit à petit, restreint les libertés locales. Et les maires se retrouvent aujourd'hui dans une situation où ils ont l'impression, finalement, d'être des supplétifs de l'État.

Alors, sur la question qui est la vôtre, des polices municipales, oui, bien sûr. Moi, ce que je crois, c'est un sujet en soi, c'est que nous sommes aujourd'hui en crise d'autorité dans le pays. Nous sommes en crise d'autorité et tous les maillons de la chaîne d'autorité doivent être renforcés. Le premier maillon, c'est l'école, l'école avec la famille. Le deuxième maillon, c'est la police de proximité. On va y venir, la police municipale. Troisième maillon, les forces de l'ordre, police, gendarmerie. Quatrième maillon, la justice. Tous ces maillons doivent être renforcés. Le maillon le plus faible étant, évidemment, la justice. Et on y reviendra si vous le souhaitez.

Mais moi, je souhaite un plan hors sec pour notre justice. Il ne peut pas y avoir de politique de sécurité sans sanctions, sans sanctions rapides, sans sanctions certaines et sans sanctions efficaces. Mais pour parler de l'échelon municipal que vous avez soulevé à très juste titre, on a beaucoup reproché à la droite d'avoir supprimé la police de proximité, entre guillemets. C'était quoi la police de proximité ? C'était de demander à de la police nationale d'aller faire de l'illotage dans la rue. Ce n'est pas son rôle, ce n'est pas son métier. La police nationale et la gendarmerie sont là pour élucider les délits, sont là pour faire peur aux délinquants, sont là pour maintenir l'ordre.

C'est les polices municipales qui sont là pour faire la police de proximité. La police de proximité, c'est une police qui est là pour rassurer les honnêtes gens. C'est une police qui est là pour éviter les incivilités, pour éviter le harcèlement. Pour éviter les trafics, pour tenir la rue en réalité. Et donc oui, il faut dans mon projet une troisième force, mais vraiment avec une doctrine d'emploi, avec des vraies écoles de formation, une troisième force qui soit une police municipale armée et formée avec une déontologie. Et à sa tête, j'y arrive, et à sa tête, il faut des officiers de police judiciaire.

Sans doute le patron de la police municipale qui devrait être fait OPJ et le maire qui, en théorie, vous l'avez appris dans vos cours de droit, en théorie est OPJ, officier de police judiciaire, mais qui en réalité n'a pas ses pouvoirs, les pouvoirs complets d'un OPJ, notamment pas les pouvoirs d'enquête. Très concrètement, ça veut dire quoi ? Je vous donne un exemple très concret. Une police municipale aujourd'hui n'a pas le droit de contrôler les identités. Elle voit des dealers, elle voit un harfleur de rue, elle voit de la contrebande, de la vente à la sauvette, elle n'a pas le droit de contrôler les identités. C'est absurde.

Elle n'a pas le droit de fouiller les sacs non plus, elle n'a pas le droit d'ouvrir les coffres de voitures des dealers. Donc forcément, elle n'a pas le droit de consulter les fichiers police si les personnes sont recherchées. Vous voyez des prérogatives très faibles. Alors ça vient d'où ? Ça vient historiquement d'une forme de rivalité entre police municipale et police nationale où la police nationale et la gendarmerie voulaient garder leurs prérogatives de police judiciaire, ils ne voulaient pas les partager. Aujourd'hui, ce temps-là est révolu.

Aujourd'hui, il y a un vrai consensus qui se fait, y compris chez les syndicats de policiers et syndicats de gendarmes, sur la complémentarité entre les trois forces. Et la police municipale doit pouvoir jouer son rôle. Je vous dis concrètement, aujourd'hui, une police municipale qui aurait une brigade canine, par exemple, parce qu'on sait que les voyous n'aiment pas les chiens, une brigade canine, ces chiens ne peuvent pas renifler un sac et trouver de la drogue. Parce que ça, c'est de l'enquête. C'est absurde. Donc qu'est-ce qu'ils font ? Ils reniflent le sac, ils sentent la drogue, et donc la police municipale est obligée d'appeler la police nationale pour qu'ils viennent.

Alors ça marche, mais c'est très très complexe. Donc vous voyez, aujourd'hui, il y a besoin de trois forces, et effectivement, de renforcer les maires, qui, dans la loi, aujourd'hui, sont chargés de la tranquillité et de la sécurité sur le territoire de leur commune. Donc ils ont la responsabilité de la tranquillité publique, ils doivent l'assumer.

Si je peux me permettre une petite incise, à Paris, s'il y avait une vraie police municipale et une police municipale armée et formée, aujourd'hui, il y aurait beaucoup moins de harcèlement de rue, et ce serait totalement complémentaire avec la police des transports que j'ai mise en place pour assurer la sécurité de tous, y compris des jeunes, puisque les jeunes sont évidemment les premières victimes de l'insécurité au quotidien, parce que ce sont eux qui se font le plus raquettés, et ce sont eux qui se font le plus harcelés. Alors, une dernière question sur les rapports institutionnels, s'il vous plaît, Madame Pécresse.

Vous avez parlé d'une présidence jupitérienne, du président Emmanuel Macron. Quelle présidente serez-vous, et notamment quel rapport osez-vous aux corps intermédiaires ? Rapidement, s'il vous plaît, avant qu'on aborde les sujets de... Bon, ben, écoutez, moi, j'aurais une présidence radicalement inverse de celle que nous avons eue, c'est-à-dire ni hyper-verticale, ni bavarde, ni autoritaire, parce que je pense que l'autorité... Alors, c'est peut-être aussi ma conception du leadership, mais je pense que l'autorité, elle est légitime. Elle est légitime si elle est sereine, si elle est calme, si elle associe tout le monde. Je vous donne un exemple, la campagne vaccinale.

Moi, je suis persuadée que si on avait associé les collectivités locales, les régions, les départements, les mairies, beaucoup plus en amont de la campagne vaccinale, au lieu de décréter d'en haut ce qui était bon ou pas bon pour la population, on aurait eu beaucoup moins de mouvements anti-vax violents. Parce que le mouvement anti-vax violent, il vient de l'esprit français, qui est de dire on ne peut pas nous imposer des choses, nous devons être libres.

Et donc, si on avait fait cette campagne vaccinale en partant du bas au lieu de partir d'en haut, et en disant au maire, allez convaincre les populations qu'il faut se faire vacciner, avec les médecins de ville, avec toutes les personnes de bonne volonté d'une ville, tous les leaders d'opinion, tous les influenceurs, comme on dit maintenant sur le web. Si on avait cherché les bons outils d'influence pour convaincre, plutôt que d'imposer, je pense qu'il y aurait eu moins de confrontations.

Donc la présidence, elle doit être, certes, elle doit avoir de l'autorité, j'ai de l'autorité, elle doit être ferme, elle doit tenir, mais elle doit d'abord concerter, elle doit associer, elle doit s'appuyer sur des corps intermédiaires qui ont une légitimité. Moi, je ne supporte pas quand on dit que l'élection d'un corps intermédiaire n'a pas de valeur. Si vous élisez un syndicat, si vous élisez un bureau des élèves, ça a de la valeur, vous avez voté, vous avez désigné vos représentants, ils vous représentent, ils ont de la valeur. On ne peut pas détruire la représentativité et l'élection sans qu'à la fin, il y ait des dommages.

Et je sais bien que la grande mode aujourd'hui, c'est de remplacer l'élection, le suffrage universel, par du tirage au sort. Mais est-ce que vous êtes déjà intéressé, en disant, c'est mieux que les citoyens tirent au sort, parce que les citoyens tirent au sort, c'est beaucoup plus légitime, ils représentent, ils sont, c'est un échantillon représentatif de la population. D'abord, le tirage au sort n'est quasiment jamais représentatif, à part pour les jurys d'assises et encore. Le tirage au sort n'est jamais représentatif parce que si on prend par exemple la conférence citoyenne sur le climat, les personnes qui ont fait partie de cette conférence étaient volontaires pour être tirées au sort.

Le simple fait d'être volontaire pour être tiré au sort est un biais. Ça veut dire que vous vous intéressez déjà au sujet, ça veut dire qu'il y a déjà un biais. Et ça veut dire que vous avez du temps, ce qui est un autre biais. Donc ça veut dire que les plus actifs n'ont pas candidaté, et ça veut dire que des personnes qui n'étaient pas concernées par l'environnement n'ont pas candidaté. Donc en réalité, vous n'aviez pas, dans ce panel, une vraie représentativité de la population. Donc le seul tirage au sort vraiment représentatif, c'est celui des jurys d'assises, dans lesquels on tire vraiment au hasard la population et on met les gens devant des accusés.

Alors après, il y a les avocats qui peuvent récuser certains, etc. Mais le tirage au sort de citoyens qui sont volontaires pour être tirés au sort n'est pas un tirage au sort, n'est pas représentatif. En revanche, l'élection. L'élection, moi je revendique l'élection comme étant un bon moyen de rendre représentatif, parce que quand on se fait élire, on est déshabillé par ses électeurs. Une personne qui va se faire élire, elle doit répondre de tout son comportement, de toutes ses bêtises, de tout ce qu'elle est. Et donc, pour moi, une personne élue a une valeur et il faut la respecter en tant que telle. Donc je travaillerai avec les corps intermédiaires. Alors si vous le voulez, on va...

Mais, pardon, et puis je déciderai. Parce qu'il y a un autre problème avec la présidence macronienne, c'est que c'est une présidence de la godille. Et moi, je crois que c'est très insécurisant pour un pays d'être géré par un leader qui godille, qui dit à la personne qu'il a en face de lui ou d'elle ce qu'il veut entendre. On ne peut pas dire aux policiers, vous êtes merveilleux, et aller ensuite sur Brut, dire oui à des violences policières. Parce que le terme de violences policières est un terme qui met en cause toute l'institution policière.

On peut dire qu'il y a des fautes individuelles, on peut dire qu'il y a des policiers fautifs, on peut dire qu'il y a eu un policier violent, mais on ne peut pas utiliser ce terme violence policière qui renvoie à une violence de l'institution. Or, vous le savez, un président de la République est le garant de l'usage de la violence légitime. Donc il doit être, d'une manière indéfectible, au soutien des forces de l'ordre, en tant qu'institution, et pas à titre évidemment individuel, s'il y a des fautes individuelles commises.

Alors, votre programme sécuritaire, Madame Pécresse, j'ai regardé les deux premiers débats au Congrès des Républicains, on a entendu de nombreuses propositions de vos adversaires, par exemple, 1000 euros... Les concurrents, nous n'avons pas d'adversaires dans les familles politiques. Oui, vos concurrents, vos concurrents, excusez-moi. Notamment des propositions fortes de M. Éric Chauty, il parlait de 1000 euros d'amende pour tout consommateur de drogue. Safrascache aussi, tu t'attaques à l'uniforme, tu dors en prison. On a entendu Michel Barnier parler d'une création de 20 000 places de prison.

Et vous, je vous ai notamment entendu sur la justice avec la création de 50 000 postes de magistrats, si j'ai bien compris. Non, non, on n'en a quand même pas, 5 000. 5 000, pardon. Et avec des postes de crévier également. Voilà, je créerai 50 000 postes de fonctionnaires sur mon mandat, j'en supprimerai 200 000. Donc le bilan net, ce sera 150 000. Et les 50 000 que je créerai, ce sera dans les 3 missions essentielles de l'État sur lesquelles je veux recentrer l'État, protéger, éduquer, soigner. Protéger, éduquer, soigner et arrêter la multiplication des procédures administratives. Donc j'allais tout simplement vous poser la question, quel est votre programme sécuritaire ?

Qu'est-ce qui vous différencie, non pas de vos adversaires, mais de vos amis au Congrès, les Républicains ? Ce qui me différencie, je crois, c'est mon expérience. Je préside une des régions la plus minée par la violence. Des phénomènes qui sont aujourd'hui extrêmement préoccupants, extrêmement inquiétants. Parce que c'est une violence qui touche de plus en plus de personnes, de plus en plus jeunes. Et donc, si on ne met pas un stop à cette montée de la violence, alors le pays rentrera dans une spirale qui sera extrêmement délétère. Et cette violence, elle nourrit les extrêmes. Elle nourrit la colère. Elle nourrit l'anxiété. La première des libertés, c'est d'abord la sécurité.

Et moi, je suis très frappée de voir, notamment dans la jeunesse, la jeunesse en général est peu préoccupée, toute proportion gardée par les questions sécuritaires. Or, je vois aujourd'hui de plus en plus de jeunes préoccupés par ces questions de sécurité. Typiquement, le harcèlement des femmes, mais pas que. On voit aussi beaucoup de jeunes hommes qui en ont assez de se faire dépouiller, de se faire provoquer. Et on a eu malheureusement des morts pour des mauvais regards, pour des histoires absolument sans queue ni tête. Donc, cette question de la violence de plus en plus jeune, je la prends à bras le corps depuis six ans à la tête de la région Île-de-France.

Vous savez que les régions n'ont aucune compétence sécuritaire. J'ai pris la compétence sécurité. J'ai signé. Il faut dire que j'ai été élue au lendemain du Bataclan. J'ai été élue trois semaines après les attentats du Bataclan. Donc, vous imaginez quand vous arrivez l'état de traumatisme de la région Île-de-France quand j'ai été élue. C'était inimaginable. Tout le monde avait peur. On sortait d'une salve d'attentats. Donc, j'ai été voir à l'époque le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, qui était ministre socialiste, et je lui ai demandé de pouvoir signer une convention pour que la région puisse devenir coproductrice de sécurité. Donc, c'est des sujets sur lesquels je suis en avance.

J'ai fait. J'ai créé des brigades régionales de sécurité dans les lycées pour sécuriser les abords des lycées contre les bandes violentes. Là aussi, le ministère de l'Intérieur est dans un déni total de la réalité sur les bandes de jeunes. Violent. Hyper violente. J'ai saisi Gérald Darmanin là-dessus. Je lui ai dit que j'ai créé des brigades régionales de sécurité. Alors, quand je les ai créées, c'était assez drôle parce que mes opposants de gauche ont dit c'est des vigiles de supermarché de Valérie Pécresse. C'est un scandale de mettre des vigiles de supermarché à la sortie des lycées.

Ce n'était pas très agréable pour mes brigades qui étaient des professionnels de la sécurité, souvent des anciens policiers municipaux, des anciens policiers nationaux et qui avaient été formés spécialement à la médiation en milieu scolaire par le rectorat. Donc, ce n'était pas très agréable pour eux. Mais surtout, ce qui était drôle, c'est que... Alors, ça, c'était la réaction de la gauche. Ensuite, la réaction de l'extrême droite, c'était ce n'est pas la mission de la région, la sécurité, c'est à l'État de faire, on vote contre parce que de toute façon, ce n'est pas à nous de faire.

Bon, moyennant quoi, élection régionale de 2020, vous avez vu, la gauche demande de doubler les effectifs des brigades de sécurité et le Rassemblement national fait comme slogan le choix de la sécurité. Donc, ça m'a fait sourire quand à un moment donné, vous êtes rejoints et par la gauche et par l'extrême droite. C'est peut-être que vous aviez raison avant tout le monde. Et ces brigades régionales de sécurité, elles ont fait mille interventions dans les lycées, si vous dire si elles étaient importantes. J'ai saisi Gérald Darmanin de ce sujet, mais je vais vous faire sursauter.

Je l'ai saisi de ce sujet des bandes de jeunes ultra-violentes et il m'a répondu vous avez raison, vous avez raison, il y a aujourd'hui en France des bandes de jeunes ultra-violentes, nous les connaissons, nous les avons recensées, il y en a 74 en France, dont 70 en Ile-de-France. Le problème, c'est quand je vais à Marseille, à Toulouse, à Lyon, à Nantes, à Bordeaux, à Montpellier, à Grenoble, à Dijon, voire même à Cavaillon ou à Alençon, on me dit les quatre autres, elles sont chez nous. Et oui, c'est vous dire à quel point il y a un déni des réalités aujourd'hui sur ces phénomènes de violence.

Alors, outre mon expérience, puisque maintenant, moi je finance tout, je finance des polices municipales, 350 polices municipales, j'ai financé 30 000 caméras de vidéoprotection dans mon mandat, 1000 agents pour la sécurité des transports, pour lutter contre le harcèlement dans les transports, notamment le harcèlement des femmes et les réseaux de pickpockets multirécidivistes. J'ai financé des commissariats, des casernes. Si vous voyez des voitures de police se promener dans Paris avec un logo Région Ile-de-France, c'est la région qui les a financées. Donc vous voyez qu'on a fait de la coproduction de sécurité.

Maintenant, je m'attaque, toujours au niveau de la région, à la justice, si je puis dire. je veux aider la justice, je finance maintenant la sécurisation des prisons et je finance une agence du travail d'intérêt général régional. Parce que l'une des meilleures sanctions pour les primo-délinquants et notamment pour les jeunes, c'est le travail d'intérêt général. Tu casses, tu répares. Le problème, c'est qu'aujourd'hui, 445 jours entre le moment où un jeune est condamné, c'est-à-dire un an après qu'il ait commis un acte, il est condamné à un travail d'intérêt général, il se passe en moyenne 445 jours avant qu'il le fasse. Je vous le fais court. Il vole un oeuf à 16 ans.

A 17 ans, il est condamné à un travail d'intérêt général. A 18 ans et demi, on va venir le chercher pour qu'il vienne réparer. A 16 ans, il a volé un oeuf. A 18 ans et demi, il a déjà volé un troupeau de bœufs ou fait autre chose. Je vais terminer rapidement parce qu'on va passer à pause. Pardon, alors excusez-moi, je vous essaye de vous raconter un peu des anecdotes parce que je pense que c'est quand même plus rigolo que si simplement je vous fais mon programme. Alors maintenant, je vais vous le faire mon programme. Impunité, zéro, faut que la peur change de camp, plan hors sec pour la justice, des sanctions rapides, exécutées. Ça veut dire quoi effectivement ?

Ça veut dire recruter des magistrats, des greffiers, des assistants de justice, un plan hors sec pour la justice et comparution immédiate en cas de flagrant délit comme quand le président de la République est giflé. Un flagrant délit, on connaît l'auteur, comparution immédiate, sanctions dans les trois mois, quelles sanctions ? Des sanctions efficaces, effectivement des amendes, des amendes plus fortes. C'est vrai que pour la consommation de drogue, avoir la même amende que quand on roule à 42 km heure dans Paris, peut-être pas tout à fait la bonne échelle des peines.

De la même façon, moi je pense que sur le harcèlement de rue, les peines doivent être bien augmentées parce que c'est bien de créer un délit, mais à un moment donné, il faut que les comportements changent. Donc la peine peut faire changer les comportements. Et donc des peines qui sont recouvrées, recouvrées, des amendes qui sont recouvrées avec des saisies sur salaire, avec des saisies sur allocation. Et puis des peines d'emprisonnement, alors pas dans les prisons actuelles qui sont indignes, qui sont surpeuplées, mais dans des centres fermés pour majeurs qu'on pourrait ouvrir en mettant les détenus sous bracelet électronique.

Ça évite d'avoir à construire des miradors qu'on ne pourra pas construire avant deux ou trois ans. Mais il faut effectivement 20 000 places de prison supplémentaires. Et le président de la République en avait promis 15 000, je crois. Il va en sortir 2 000. C'est à l'image de son quinquennat. Un quinquennat pour presque rien. Je vous remercie. Et je laisse mes camarades continuer les interviews. Merci. Je tiens à préciser que j'ai été la seule dans les débats des Républicains sur BFM à parler du défi climatique à relever. Donc si jamais certains d'entre vous ont de l'anxiété climatique, vous pouvez me poser quand même quelques questions sur l'écologie. Je serais heureuse d'y répondre.

Parce que ce n'est pas parce qu'on est de droite qu'on n'a pas de pensée sur l'écologie.

51:40
Valérie Pécresse

Merci beaucoup, Mme Pécresse. Est-ce qu'on m'entend ? Merci beaucoup, Mme Pécresse, de nous faire le plaisir de prendre le temps de discuter avec nous, d'échanger avec nous sur votre programme pour la présidentielle. Mon collègue et moi, Azère, allons vous poser quelques questions sur l'économie. Ce grand thème et vaste thème si cher à la droite. Commençons par la dette, la dépense publique. Alors, avec une dette publique, c'est sans volant, pardon, 115 000, 115 000, oula, pas encore, 115 % du PIB en 2020, avec le quoi qu'il en coûte, finalement, vous avez l'ambition de ramener cette dette à 100 % du PIB sur 10 ans, de quinquennat, finalement.

pour y arriver, vous comptez supprimer 200 000 postes dans l'administration administrante d'États et des collectivités théâtoriales, et dans le même temps, vous comptez créer 50 000 postes dans les trois secteurs que vous avez déjà cités, qui sont la protection, l'enseignement et les soins. Ma question, Madame Pécresse, c'est la suivante. Concrètement, dans quel secteur allez-vous supprimer ces 200 000 postes ? À quoi renvoie l'expression administration administrante ? C'est très important pour moi de savoir ça. Et pour ces nouveaux postes créés, c'est-à-dire dans les emplois de protection, d'enseignement et des soins, prévoyez-vous une revalorisation de ces métiers ?

53:18
Invité

Alors, sur... En fait, ce que je propose, 200 000 suppressions de postes, ça représente à peu près une économie de 11 milliards d'euros par an. Et c'est important parce que ces 11 milliards, évidemment, je vais pouvoir les redéployer sur mes priorités. C'est comme ça que j'ai géré ma région. Dans ma région, vous savez, il y avait des transports totalement vétustes, encore des efforts à faire. Il y avait des lycées totalement vétustes, encore des efforts à faire. Il y avait la transformation numérique à faire, la transformation écologique à faire et je n'avais pas de recettes supplémentaires pour les faire. Donc, comment vous faites dans ces cas-là ?

Comme on doit faire pour l'État, c'est-à-dire, vous supprimez tout ce qui est gaspillage, tout ce qui est mauvaise dépense et puis vous récupérez cet argent pour le mettre sur vos priorités. C'est comme ça qu'on gère une entreprise, c'est comme ça qu'on gère un ménage, un ménage qui a besoin de faire des travaux chez lui, il supprime d'autres dépenses pour les répartir. Aujourd'hui, on a un gouvernement qui ne gère pas le pays comme ça. On a un gouvernement qui gère le pays à coût de chèques et à coût de dettes. Des chèques sans provision, des baisses d'impôts qui sont provisionnées sur du déficit, c'est-à-dire des fausses baisses d'impôts.

Donc, on a un gouvernement qui est totalement cynique, qui crame la caisse pour être élu. Voilà, c'est ça, la situation du pays. Et le problème pour vous, les jeunes, c'est que c'est vous qui allez devoir la rembourser, cette dette, un jour. Et une dette, c'est des impôts différés. Donc, le sujet, c'est qu'aujourd'hui, on risque, avec la politique et menée financière par ce gouvernement, de se retrouver demain avec des boulets supplémentaires au pied des ménages, des entreprises, donc moins de pouvoir d'achat, moins d'emplois. Alors, qu'est-ce que je propose ? Eh bien, je propose de chercher le gaspille partout où il est. Mais il est partout, chers amis, partout.

C'est pour ça que c'est difficile pour moi de vous expliquer ce que c'est que l'administration administrante. Je vais vous prendre quelques exemples. Cet automne, le gouvernement a pris une bonne décision. Alors, je vous fais un tableau macro. Il y a aujourd'hui, il y a aujourd'hui, 384 comités paraétatiques. Il y a aujourd'hui, 700 agences paraétatiques. Il y a aujourd'hui, 500 opérateurs de l'État. Et puis, il y a les ministères. Et puis, il y a des strates administratives. L'État, les régions, les départements, les métropoles, les intercommunalités, les pays, les territoires ruraux, les communes. Donc, vous voyez, de l'administration à chaque étage.

Et malheureusement, des compétences qui ne sont pas claires. Tout le monde fait tout et le reste. Donc, il y a évidemment du gaspillage partout. Quand je suis arrivée dans ma région, j'avais 15 structures para-régionales que j'ai supprimées. J'ai récupéré l'argent. Pourquoi ? Parce que quand vous avez une structure para-étatique, 50% quasiment de l'argent qui est dépensé par cette structure va aux frais de structure, aux loyers, aux chauffeurs, aux secrétaires, à l'administration, à la communication, à la comptabilité. Donc, aujourd'hui, ce qu'il faut, c'est supprimer cette strata administrative qui est partout, dans toutes ces structures para-étatiques. Un exemple concret.

Le gouvernement a décidé cet automne de fusionner Adopi et le CSA. Si vous connaissez les deux, le CSA contrôle l'audiovisuel, Adopi contrôle l'Internet. Finalement, on se dit que l'audiovisuel et l'Internet, c'est en train quand même de vraiment converger. Donc, il faut faire fusionner les deux agences. Bonne décision, a priori. On fusionne CSA et Adopi. Eh bien, vous savez par quoi ça va se traduire ? 10 créations de postes supplémentaires au budget 2022. On est le seul pays qui, quand il fusionne deux structures, ça fait des emplois en plus.

Alors, un jour, peut-être certains d'entre vous ont travaillé dans une entreprise, un jour, peut-être dans une collectivité bien gérée comme la région Île-de-France. Eh bien, moi, quand je fusionne, on fait des économies de postes. Parce que quand on fusionne, a priori, à la fin, on n'a qu'un seul comptable. A priori, à la fin, on n'a qu'un seul directeur de la communication, qu'un seul directeur des ressources humaines. Bref, en général, on fait des économies. L'État est incapable de faire des économies. Nous avons un nombre de comités. J'ai Haute-Mann Nassro qui est mon vice-président à la région et qui est le responsable de ma campagne jeune.

Il a fait un extraordinaire travail, je vous invite à le lire, dans Capital. Il a recensé tous les comités théodules dont l'utilité paraît faible. Alors, personne n'est jamais inutile. Et c'est ça, le drame de la réforme de l'État. C'est que personne n'est jamais inutile. Quand j'ai supprimé les 15 structures parrain régionales, elles avaient toutes une petite utilité. Donc, on m'a accusé de ne pas aimer la culture, de ne pas aimer l'environnement, de ne pas aimer l'économie, etc. Mais, en réalité, le problème, c'était tous ces frais de structure. Prenons l'hôpital. Aujourd'hui, on va vous dire, l'hôpital a des énormes besoins pour les soins. C'est vrai. Et la crise Covid l'a montré.

Besoin d'investissement, besoin de personnel soignant, besoin de revalorisation des carrières. Sauf que, l'hôpital aujourd'hui en France, nous dépensons plus pour l'hôpital au plan macro que les Allemands. Nous dépensons plus. Alors, comment ça se passe ? Pourquoi ? Pourquoi y a-t-il des besoins criants et pourquoi alors qu'on dépense plus ? Parce qu'il y a 35% de couches d'administration dans un hôpital en France. Il y a 22% de couches d'administration dans un hôpital en Allemagne. C'est ces 10% d'administration administrante qui font la différence.

58:50
Valérie Pécresse

Mais concernant la revalorisation, enfin...

58:52
Invité

Alors, non, mais attendez, mais j'y viens. Vous ne pouvez pas revaloriser les enseignants, les policiers, les juges, les médecins si la super structure administrative prend une bonne part de leur salaire. Prenons l'école, prenons l'école. En Allemagne, le budget de l'éducation nationale, 70%, plus de 70% de mémoire. je vais avoir des fact-checkers qui vont vérifier tous mes chiffres, donc je me méfie de mémoire. Mais globalement, en Allemagne, 70% du budget de l'éducation nationale, c'est les salaires des profs. En France, si vous allez regarder, je crois qu'on est bien en dessous. On doit être aux alentours de 55% ou moins de 60%. Donc, il y a 10% de différence au moins.

Donc, on paye moins bien les personnels de terrain, ceux qui font la mission de service public, parce qu'on a cette couche d'administration administrante. Et j'ajoute, alors là, je suis catégorique, qu'à un moment donné, il faut qu'il y ait un vrai, des vrais blocs de compétences délégués aux collectivités locales. On ne peut pas donner des compétences aux collectivités locales et que l'État continue à faire aussi. Un exemple, là encore, les régions ont la compétence aujourd'hui du développement économique. Donc, nous avons travaillé pendant six mois à faire, dans chaque région, des stratégies économiques.

Mon préfet est arrivé quand je lui ai présenté ma stratégie, qui avait été concertée avec tout le monde, les départements, les syndicats. Mon préfet est arrivé, il avait le même document que moi, 600 pages, comme moi. Il l'avait fait faire par l'administration d'État. Il m'a dit, votre copie n'est pas bonne, c'est celle-là la bonne. Je lui ai dit, pardon, monsieur le préfet, mais vous n'êtes pas gouverneur non élu de la région Île-de-France. Ce n'est pas à vous de faire ma stratégie. Si vous n'êtes pas d'accord avec ma stratégie, vous la corrigez.

Mais combien de fonctionnaires est-ce qu'il avait fait travailler pour faire la contre-stratégie régionale que j'ai jetée à la poubelle immédiatement en lui disant que ce n'était pas sa compétence ? Donc vous voyez, ce n'est pas possible d'avoir des gens, tout le monde qui fait tout. Tout le monde qui fait tout. Un autre exemple. Nous avons des millions de chômeurs. C'est un des gros problèmes de l'État. Aujourd'hui, le gouvernement fait une politique de traitement statistique du chômage assez habile. Un million de ces chômeurs aujourd'hui sont en formation. Ils sont en formation dans des formations régionales.

C'est une bonne chose parce que la crise Covid est en train de transformer les emplois disponibles et donc il faut que nos demandeurs d'emploi aillent se reconvertir aux métiers qu'ils recrutent. Maintenant, il y a un bel outil qui s'appelle Pôle emploi. Pôle emploi dépend de l'État. Les formations des chômeurs dépendent des régions. Eh bien, j'avais ouvert 100 000 formations pour les chômeurs. j'ai demandé à Pôle emploi de m'envoyer les demandeurs d'emploi. Il y a 11 000 agents à Pôle emploi en Ile-de-France. J'avais ouvert 100 000 formations. Combien est-ce que les agents de Pôle emploi m'ont envoyé de demandeurs d'emploi en septembre l'année dernière ? En 9 mois.

En 9 mois, ils sont 11 000. J'avais ouvert 100 000 formations. J'ai 750 000 chômeurs. Combien de chômeurs ont été envoyés pour mes 100 000 formations au bout de 9 mois de l'année ? Ce n'est pas un piège. Vous pouvez dire ce que vous voulez. Non, non, quand même. Un peu plus. Un peu plus. Je vois que vous avez compris qu'ils m'en avaient envoyé très peu. Ils m'en ont envoyé 11 000. Ils sont 11 000. Ils m'en ont envoyé 11 000 pour 100 000 formations alors qu'il y a 750 000 chômeurs. Alors, j'ai appelé le patron de Pôle emploi. J'ai hurlé. J'ai dit, écoutez, qu'est-ce qui se passe à Pôle emploi ? Vous leur avez donné une consigne. C'est de faire leur formation région dans l'année.

Et puis, quand ils l'ont faite, ils partent en vacances. Et en fait, le problème... Alors, ce qu'il m'a répondu, mais je comprends, il m'a dit, mais l'État nous donne plein d'injonctions contradictoires. Et il y a la garantie jeune. Et il y a ceci. Et il y a cela. Donc, en fait, on a un Pôle emploi qui est déconnecté de la région. Mais sauf que c'est la région qui ouvre les formations aux métiers qui recrutent. Et ces formations, je les ai négociées avec les entreprises. Donc, ces formations, il y a de l'emploi derrière. Donc, ces 100 000 formations, elles sont payées. Il faut que je les remplisse. Donc, vous voyez le gaspillage. Il faut que je les remplisse. Alors, qu'est-ce que j'ai fait ?

J'ai appelé Leboncoin. Vous connaissez Leboncoin. J'ai appelé Staffmy. J'ai appelé des sites Internet qui travaillent sur le placement des demandeurs d'emploi. Et je leur ai dit, est-ce que ça vous intéresse d'avoir le catalogue région des formations ? Ils m'ont dit, oui, ça nous intéresse. Ça m'a coûté 0 euro. 0 euro. J'ai mis tout le catalogue de formation des demandeurs d'emploi sur Leboncoin. Et j'ai eu plus de demandeurs d'emploi qui sont inscrits par Leboncoin que par Pôle emploi. Ça m'a coûté 0 euro. C'est pour ça qu'il y a plein d'économies à faire. Et c'est votre argent, les amis. C'est votre dette.

1:03:43
Valérie Pécresse

Mais pour continuer, je suis relongé de la dette, du coup, à zéro. Justement, justement, sur la question...

1:03:46
Invité

Donc l'administration, l'administration, il y a plein de choses à supprimer. Plein, plein, plein, plein, plein. Merci beaucoup. Et je vous invite à lire le très bon article d'Otman Nassro. Et il faut transférer des blocs de compétences au territoire. Justement, sur la question des dépenses publiques, en particulier de la fiscalité, vous appelez... Vous avez compris que je demande la régionalisation de Pôle emploi. J'espère que c'est clair. Ah oui, oui. Vous souhaitez mettre fin à ce que vous appelez l'ivresse de la dépense. Comme l'a rappelé William tout à l'heure, on est à plus de 117% de PIB en termes de dette.

Et vous proposez notamment un choc de transmission du patrimoine en proposant un régime de donation défiscalisée jusqu'à 100 000 euros de la part de la famille tous les 6 ans au lieu de tous les 15 ans comme actuellement. Mais à travers ce type de proposition... Et en l'élargissant aux grands-parents, aux oncles et tantes... Oui, à la famille d'une manière générale. Mais du coup, à travers ce type de proposition, vous mettez plutôt en avant une mesure qui est avantageuse pour les populations dotées d'un patrimoine. Enfin, d'un patrimoine assez conséquent au détriment de populations plus modestes.

N'est-ce pas une mesure quelque part de ruissellement, de premier de cordée comme on en a parlé pendant ce quinquennat et dont on a vu l'efficacité pour améliorer la qualité de vie des populations les plus modestes ? Alors, pardon, mais quand on regarde un programme, il faut le regarder en entier. Moi, ce que je propose et ma mesure phare, c'est une banque des jeunes, une banque nationale des jeunes. Et c'est quoi cette banque nationale des jeunes ? C'est une banque dont le motif, enfin, l'objet social, dont l'objet social serait de financer les études pour les étudiants modestes qui ne le peuvent pas et de ne se rembourser que si ces étudiants gagnent un minimum de salaire.

C'est le principe des Anglo-Saxons et c'est un principe qui est un principe très puissant d'égalité des chances. Parce qu'aujourd'hui, les jeunes n'osent pas emprunter pour faire leurs études parce qu'ils ont peur derrière de ne pas trouver d'emploi et de ne pas pouvoir rembourser. Ils ne veulent pas commencer avec une dette qu'ils ne pourront pas rembourser. Donc, cette banque nationale des jeunes permettra aux jeunes de se financer leur formation et d'oser les études supérieures, de briser l'autocensure. Donc, c'est une mesure extrêmement puissante.

La deuxième mesure que je propose pour les jeunes, c'est quelque chose que j'ai lancé dans ma région, qui a été repris par l'État, mais qui est née en Ile-de-France. C'est les campus connectés dans les lycées. Pourquoi les campus connectés dans les lycées ? Parce que je me suis rendu compte que les jeunes, notamment ruraux, mais aussi dans des quartiers populaires un peu excentrés, n'osaient pas les études supérieures. Le taux de bacheliers qui poursuivent dans les études supérieures dans les villes universitaires, c'est 75%. Le taux de bacheliers qui poursuit ses études dans les départements ruraux ou dans les quartiers populaires un peu excentrés des villes non universitaires, c'est 50%.

Et donc, comment on fait pour lutter contre cette barrière ? Et pourquoi cette barrière ? Cette barrière, c'est simple. C'est le coût de la vie dans les villes universitaires. On dit que les études sont gratuites, c'est une illusion. Parce que les études, pour certaines sont gratuites, pour d'autres sont très chères. Conférence en Spos. Pour certaines sont gratuites, pour d'autres sont très chères. Et puis par ailleurs, le coût de la vie dans les villes universitaires est extrêmement cher. Et puis pour des familles modestes, parfois c'est aussi un autre univers la vie d'universitaire. C'est l'univers d'en haut, vous en parliez.

Et donc du coup, les campus connectés, c'est pouvoir faire sa première année universitaire dans son lycée. Comme la première année, c'est l'année de tous les dangers, de tous les échecs, de toutes les mauvaises orientations. Donc vous voyez des mesures très puissantes pour les jeunes en difficulté. Et pareil, moi je suis complètement contre le contrat d'engagement, le RSA jeunes, créé comme par hasard le 31 mars. Qu'est-ce qui se passe le 10 avril, on se demande ? C'est le moment de nous donner un chèque de 500 euros à des centaines de milliers de jeunes, parce qu'il y a une élection dix jours plus tard. Ce RSA jeunes est totalement bricolé.

Moi je suis pour un revenu jeune actif pour les jeunes en formation dans les métiers qu'ils recrutent. Je vous assure, il y a un million aujourd'hui d'offres disponibles à Pôle emploi. tous les chefs d'entreprise cherchent à recruter à tous les niveaux de qualification, c'est ça qui est important. Pas seulement au niveau de basse qualification, mais aussi on cherche des techniciens, on cherche des employés, on cherche des cadres, on cherche à tous les niveaux de qualification et dans tous les territoires. Donc moi je suis pour rémunérer les jeunes sans emploi et sans formation pour aller se former au métier qui recrute.

Mais on les met vraiment en formation, on ne les met pas dans des contrats d'accompagnement en mission locale. Pardon, mais c'est la femme de terrain qui vous parle, ça, ça s'appelle un RSA jeune et moi je ne ferai pas de RSA jeune. Alors ça c'est pour les jeunes qui sont les plus en difficulté. Mais il y a aussi un autre phénomène, c'est qu'il y a aujourd'hui une épargne très importante liée à la crise Covid. 200 milliards d'épargne. 200 milliards d'épargne, notamment chez nos aînés. Pourquoi ? Ils ont été confinés, ils n'ont pas pu dépenser, ils n'ont pas pu partir en voyage. Alors c'est vrai que ça concerne plutôt la classe moyenne, classe moyenne et classe moyenne supérieure.

Mais si ces aînés qui ont fait de l'épargne se disent les jeunes de la famille, j'aimerais les aider, j'aimerais leur donner aujourd'hui un coup de pouce. Alors vous avez dit c'est jusqu'à 100 000 euros. Oui bien sûr, mais ça peut être 15 000, ça peut être 20 000 euros. C'est un coup de pouce bienvenu. Moi ce que je veux c'est un choc de transmission. Je veux que les jeunes, je veux que le patrimoine cesse d'être conservé par nos aînés, je veux qu'ils puissent être, qu'ils puissent circuler le plus rapidement possible. Alors certains de mes camarades LR proposent la suppression totale des impôts sur les successions.

Moi je n'y suis pas favorable parce que je pense qu'il y a une redistribution qui doit se faire au moment de la succession. En revanche, et puis par ailleurs, la succession c'est dans longtemps. Moi ce que je veux c'est un choc de transmission de patrimoine maintenant pour aider les jeunes. Et c'est particulièrement important pourquoi ? Parce que moi je veux une France de propriétaire. Alors j'assume, je sais que pour Emmanuel Macron la propriété c'est une rente, l'immobilier c'est une rente, il faut qu'on soit tous mobiles, mondialisés et qu'on investisse tous en actions.

Mais je pense que dans la plupart des pays qui nous entourent, l'immobilier c'est une sécurité face aux accidents de la vie, c'est un bien à transmettre, c'est quelque chose qui fait partie du patrimoine. Et nous sommes en France un pays dans lequel on a moins de propriétaires que partout ailleurs en Europe. Donc moi je souhaite une France de propriétaire, je souhaite que les jeunes puissent devenir propriétaires. pour ça, il faut qu'on les aide et qu'on les aide avec des prêts à taux zéro. Aujourd'hui dans le monde post-Covid, les jeunes fuient les métropoles, les familles fuient les métropoles, ils ont envie d'une nouvelle qualité de vie.

C'est une chance extraordinaire pour les villes moyennes, c'est une chance extraordinaire pour les territoires ruraux. Ça peut revitaliser des villages entiers, mais ça suppose que les prêts à taux zéro puissent être donnés aux familles et puissent être donnés sur tout le territoire français, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui et pas seulement dans les zones en tension de l'ère d'avant le Covid. Parce qu'aujourd'hui, on n'est plus du tout dans le même marché immobilier.

1:10:32
Valérie Pécresse

Merci Madame Pécresse pour cette question. Pour terminer sur le volet économique, vous parlez d'une hausse des salaires pour les Français. Et pour ça, vous comptez mobiliser tous les leviers disponibles pour financer cette hausse, notamment poursuivre la réforme de l'assurance chômage, mais surtout renforcer la lutte contre la fraude fiscale et sociale. Or, dans un rapport de 2019, la Cour des comptes constatait une véritable faiblesse de pilotage dans le pilotage et l'organisation de ce contrôle fiscal. Ainsi, Madame Pécresse, ma question est qu'est-ce que vous prévoyez pour concrètement renforcer cette lutte contre la fraude fiscale et donc augmenter les salaires ?

1:11:22
Invité

Alors, vous avez compris que je voulais augmenter de 10% les salaires jusqu'à 2,2 SMIC, c'est-à-dire pas seulement les bas salaires, mais les salaires de la grande majorité des Français. Parce que je veux que le travail paye plus que l'assistance. Je veux que quand on se lève le matin, on y gagne, tout simplement. Et ça fait des années que la droite le dit, ça fait des années qu'on dit que mettre toutes les charges sociales et tout le financement de la sécurité sociale sur le travail, d'abord ça tue l'emploi parce que du coup les salaires sont plus faibles chez nous et donc on a plus tendance... Vous savez, on est un État frontalier.

Donc quand les salaires sont plus élevés de l'autre côté de la frontière, on part de l'autre côté de la frontière. Donc on a une hémorragie de cadres, notamment vers le Luxembourg, l'Allemagne, la Suisse, mais même vers le nord de l'Italie ou même vers le Pays basque espagnol parce que nos salaires ne sont pas aussi élevés qu'ils peuvent l'être compte tenu du coût de la vie aussi parce que le coût de la vie est plus élevé chez nous qu'en Espagne. Donc le sujet, c'est de revaloriser les salaires. Sur la fraude fiscale et sociale, ça fait partie des postes que je veux créer dans la fonction publique. Il nous faut une cyberpolice et il nous faut une cyberjustice.

Aujourd'hui, l'essentiel de la délinquance se fait grâce au Dark Web et se fait sur le net et nos policiers et nos gendarmes mais aussi nos juges sont totalement sous-dotés en matière d'enquête. Vous connaissez les grandes affaires de fraude à la TVA qui ont eu lieu, la fraude aux droits carbone, etc. On a énormément de fraudes qui se font par le biais de créations de fausses entreprises, par le biais de fausses identités. Tout ça, c'est créé par le numérique. Et nous, nous n'avons pas évolué suffisamment vite sur ces sujets-là. Il y a des milliards d'euros. Et tous les rapports le disent, des milliards d'euros à récupérer sur toutes ces fraudes.

Et qu'on ne me dise pas que la fraude sociale, c'est la fraude des pauvres. Non, il peut y avoir des fraudes sociales massives avec des vrais réseaux qui organisent la collecte des fonds de faux RSA, de faux Zaloc, etc. Donc, c'est des réseaux mafieux. C'est pas... Voilà. Donc, lutter contre la fraude sociale, lutter contre la fraude fiscale, ça doit devenir une priorité. Et il faut s'armer pour. Aujourd'hui, quand j'étais ministre du budget, ça remonte loin, c'était il y a 10 ans. On avait commencé à s'y attaquer.

Mais typiquement, à l'époque, il valait mieux pas se tromper de case dans sa déclaration d'impôt parce que là, on était sûr d'être contrôlé que de construire une société offshore à Panama. Parce que là, la société offshore à Panama, pour aller la contrôler, c'était... Donc, les gros fraudeurs étaient très difficilement poursuivables alors que les petits fraudeurs, la personne qui se trompe de case, lui, alors lui, il risquait vraiment de se prendre une amende. Donc, c'est totalement injuste. Donc, il nous faut une vraie police fiscale comme les Etats-Unis avec des pouvoirs internationaux parce que le monde entier est le paradis fiscal aujourd'hui. Et donc, il faut qu'on mette en place cela.

Et j'ajoute, sur les quartiers de non-droit, les quartiers d'hyper-délinquance qu'on appelle pudiquement les zones de reconquête républicaine. Alors, zone de reconquête républicaine, en bon français dans le texte, c'est Carrefour du Dîle et de la Fourgue. Voilà. Dans ces quartiers-là, il faut mettre en place des brigades coup de poing. Des brigades coup de poing. On avait commencé sous Nicolas Sarkozy, mais c'est parti un petit peu en quenouille. Des brigades coup de poing qui associent les municipalités, les polices municipales, la police nationale et les gendarmeries, mais aussi le fisc. Le fisc et des cyberjuges.

Parce que, si on veut démanteler les réseaux de drogue internationaux, si on veut démanteler les réseaux de proxénétisme internationaux, si on veut démanteler tous ces réseaux d'esclavage humain, y compris d'esclavage d'enfants, eh bien, c'est avec le web et avec le fisc et avec le blanchiment d'argent qu'on les choppera. Parce qu'à un moment, l'argent, il circule. Que ce soit en bitcoin ou que ce soit... Les crypto-monnaies, qui s'attaque aujourd'hui au trafic de crypto-monnaies ?

1:15:23
Valérie Pécresse

Merci beaucoup pour votre intervention, d'avoir pris le temps de discuter avec nous. Nous laissons maintenant la place. Merci beaucoup. Merci beaucoup. Merci beaucoup. Merci beaucoup. Merci beaucoup. Merci beaucoup. Merci beaucoup. Merci beaucoup.

1:15:30
Invité

Merci beaucoup. Bonjour, madame Pécresse. Donc, aujourd'hui, je prends la parole au nom de Sciences Po TV et j'aimerais aborder avec vous quelques questions relatives à la campagne et au Congrès des Républicains. Lors de ce mois de novembre, nous avons assisté à deux débats télévisés avec les cinq candidats. Bien que cela permette de faire vivre le débat, d'exposer et légitimer les idées de la droite devant une plus large audience, bien que ce soit vos concurrents et non vos adversaires, ne craignez-vous pas que ces confrontations clivent d'autant plus le parti comme en 2016 ?

Alors d'abord, moi, j'étais favorable à une primaire ouverte et ouverte à tous les sympathisants parce que j'étais persuadée que nos débats allaient intéresser. Et j'avais raison. J'avais raison. Il y a plus de 5 millions de personnes qui ont regardé au moins 10 minutes du dernier débat. Il y en avait 3,8 qui ont regardé au moins 10 minutes du débat d'avant. Donc, ça veut dire que notre débat, il intéresse. Alors, peut-être pas tout l'amphi, mais en tout cas, il intéresse les Français. Et moi, j'étais favorable à une primaire très ouverte parce que ça donne beaucoup d'élan.

Je sais que, malheureusement, un certain nombre des responsables des Républicains ne nous ont pas fait suffisamment confiance. Ils se sont dit s'il n'y a pas assez de participants à cette primaire, eh bien alors, ça va nous décrédibiliser. Il vaut mieux faire une primaire interne. C'est pas... Enfin, on dit congrès, mais c'est une primaire interne. Je vous rappelle que vous pouvez encore adhérer jusqu'à... jusqu'à minuit aujourd'hui.

Jusqu'à minuit aujourd'hui, je le dis pour tous ceux qui nous écoutent, on peut encore adhérer, si on partage les valeurs de la droite et qu'on veut choisir le candidat de la droite et du centre aux prochaines élections présidentielles, on peut encore adhérer jusqu'à minuit. Donc, c'est une primaire qui est semi-ouverte, en réalité. Et ces débats, eh bien, ce qui est intéressant, moi, je trouve, c'est qu'ils montrent un vrai contre-projet, un vrai contre-projet de société. Alors, je suis comme vous, sans doute, j'aimerais bien que dans les prochains débats télévisés, on aille parler un petit peu plus d'autres sujets qu'uniquement l'immigration et la sécurité.

Bon, c'est l'autre point fort, c'est peut-être aussi le point noir du quinquennat actuel, mais ce n'est pas le seul. Je pense que sur l'économie, on a énormément de choses à dire sur la débureaucratisation, la décentralisation, la réforme de l'État, les réformes sociales, on a énormément de choses à dire. Je pense aussi que sur le climat, sur l'écologie, on a énormément de choses à dire parce que la vérité, c'est qu'aujourd'hui, on a un président qui est complètement dans la godine politique sur le climat et qu'on n'a pas respecté la trajectoire 2050, zéro carbone. On est en retard sur cette trajectoire.

Alors, on se rassure quand on se compare, c'est comme Talleyrand, quand on se regarde, on s'inquiète, quand on se compare, on se rassure. Oui, mais il ne faut pas se rassurer en regardant les autres. Nous devons être exemplaires en matière climatique. C'est l'exemplarité de la France qui lui donnera son pouvoir d'influence dans le monde et donc, il faut aller beaucoup plus vite. On n'a pas parlé d'école, on a très peu parlé de santé. Moi, je veux un sursaut national pour l'école.

Je pense que l'école française va très mal et je pense qu'en Allemagne, quand on a les résultats que nous avons aujourd'hui, quand ils ont eu les résultats que nous avons aujourd'hui, ils se sont levés et ils ont dit on réforme tout et nous, on regarde ça comme les vaches regardent passer les trains. Donc, ce n'est pas possible. Il faut un sursaut national pour l'école. Il faut un sursaut national pour l'intégration. Il faut que le décrochage scolaire soit la grande cause du prochain quinquennat avec la désertification médicale. Ces deux sujets désertification médicale, décrochage scolaire, on n'en a pour l'instant pas parlé dans les débats de la droite.

J'espère que je vais obtenir enfin qu'il y ait des débats qui soient plus riches. Mais ce qui est important, c'est que ça montre quoi ? Ça montre qu'il y a un contre-projet de société. Et ça montre qu'à côté des extrêmes qui perd or mais qui ne proposent rien et de Macron qui gouverne et qui nous emmène dans le mur et dans l'impasse, il y a un contre-projet de société. Et alors, c'est vrai, pour certains, certains disent « Ah oui, mais il n'y a pas beaucoup de différence entre vous. » Ah ben, encore heureux ! S'il y avait beaucoup de différence entre nous, ça pourrait cliver le parti, ça pourrait cliver la droite, etc. Ben non, en réalité, on se retrouve sur l'essentiel.

Mais il y a quand même des sacrées nuances. Moi, je crois que mon programme est le plus réformateur de tous. Et je l'assume. Je l'assume parce que je pense que quand on a 2 800 milliards de dettes, ben on ne peut pas mégoter sur les réformes. Je pense que mon programme est le plus près de tous sur l'immigration. J'ai mis sur la table une loi constitutionnelle. On l'aime, on ne l'aime pas, mais moi, c'est écrit. C'est écrit et c'est prêt à voter en mars. Ce n'est pas renvoyé à dans 3 ans, dans 4 ans, quand on aura fait le bilan des traités internationaux. Vous voyez ? C'est justement, du coup, à la suite de ces débats et en raison de votre positionnement et de votre programme.

Certains vous placent dans la lignée de François Fillon en 2016. Est-ce que vous êtes d'accord avec cette comparaison ? Alors, j'ai tiré les enseignements de la campagne de François Fillon. C'est vrai que je rêve de faire toutes les réformes que la droite n'a pas faites. Mais j'ai tiré les enseignements. Il y avait certaines réformes qui étaient trop violentes et qui n'étaient pas adaptées. Et je pense notamment aux réformes du système de santé qui ne sont pas du tout adaptées, notamment aujourd'hui en pleine crise Covid. Et par ailleurs, ce que je veux, c'est rendre la réforme désirable.

Parce que le problème du programme de François Fillon, c'est qu'il donnait le sentiment de ne proposer aux Français que du sang et des larmes. Moi, je leur propose quoi ? 10% de salaire en plus. La revalorisation du travail. Je leur propose de la dignité en plus. Une allocation adulte handicapé individualisée. Je leur propose un avenir pour leur famille avec une nouvelle politique familiale universelle. Je leur propose de relever le défi climatique avec l'argent que j'économiserai par ailleurs. Et une écologie qui ne punira pas les Français, mais qui au contraire les incitera à devenir écologistes et à transformer leur comportement. Donc je leur propose un avenir meilleur.

Et c'est en ça que mon programme qui est très réformateur, très très ferme sur l'autorité et qui s'inspire vraiment effectivement d'un certain nombre des réformes de François Fillon, il est néanmoins faisable, crédible et désirable parce qu'il propose un avenir meilleur à tous les enfants de France. Et c'est pour ça que j'y ai mis beaucoup d'affects et notamment sur l'école et sur la santé. Les questions relatives à... Et sur l'aménagement du territoire, pardon, parce que ça aussi c'est un sujet qui est monté beaucoup depuis 10 ans.

La métropolisation depuis François Hollande du territoire et le clivage entre la France gilet jaune et la France mondialisée, c'est un clivage qui a déchiré la nation française. Aujourd'hui, je veux recoudre la nation française. Je veux que nous ayons tous envie d'un destin commun, que nous habitions dans un village, que nous habitions dans une grande ville, que nous soyons français depuis 5 générations ou simplement français de choix, français de naissance. Donc, je veux recoudre la nation et que nous ayons tous envie d'un destin commun. Les questions relatives à la jeunesse vous semblent chères.

Guillaume Carillon qualifie le mouvement des jeunes républicains de boussole intellectuelle, boussole qui maintient les candidats vers le cap à tenir. Quelle place accordez-vous aux jeunes républicains dans cette campagne et plus largement, pourquoi est-ce que vous, Madame Pécresse, vous avez accepté notre invitation ? Pourquoi venir dans les universités ? Pourquoi venir nous parler ce matin ? Alors, vous avez un privilège parce que je suis invitée à peu près partout dans les écoles et pour l'instant, je n'ai fait que l'école d'ingénieurs d'Angers et vous, voilà.

Parce que par manque de temps, en réalité, le problème de cette campagne présidentielle, c'est qu'elle va être malheureusement très ramassée dans le temps à cause de la crise Covid et par la volonté d'Emmanuel Macron. Les élections régionales ont été repoussées en juin et donc ça veut dire qu'on n'a pas pu passer à l'étape campagne présidentielle avant l'été et donc la campagne va être très courte. Et moi, ça m'ennuie parce que le dialogue que j'ai eu avec les étudiants de l'école d'ingénieurs d'Angers ont été absolument passionnants. Ils ont été passionnants parce que le monde est en train de changer. Le travail est en train de changer. Les aspirations des jeunes sont en train de changer.

Les réseaux sociaux, le net est en train de changer complètement la société française. Quand on imagine que Facebook veut maintenant nous faire vivre dans le métavers, ça veut dire non mais ça veut dire qu'on ne peut pas construire un projet présidentiel sans le construire avec les jeunes. On ne peut pas parler de famille et de parentalité sans que les jeunes nous racontent quel est leur univers et pourquoi leurs parents ne peuvent pas le comprendre. Il y a un immense clivage aujourd'hui générationnel en France. Et ce clivage générationnel, j'en prends ma part, j'appartiens à la génération de vos parents, ce clivage générationnel, il faut le combler.

C'est pour ça que les jeunes républicains auront un rôle majeur dans ma campagne. C'est pour ça que la jeunesse doit avoir un rôle majeur dans ma campagne parce que ce clivage générationnel, on ne peut pas laisser s'instaurer. La société française, elle est clivée entre les habitants des villes et des campagnes, elle est clivée entre les Français issus de l'immigration et les autres, elle est clivée entre les riches et les pauvres, elle est clivée aussi entre les jeunes et les adultes ou les vieux. Moi, je n'aime pas qu'on dise les vieux, donc on dit les jeunes et les plus jeunes. Non, c'est pour rire. Non, mais elle est clivée générationnellement.

Donc on ne peut pas opposer les générations les unes aux autres. Ce qu'a fait Christian Jacob de bien aux Républicains, c'est vraiment de recréer un vrai mouvement de jeunes. 11 500 ou 12 000 jeunes dans un parti politique, nous sommes le seul parti politique en France à avoir 12 000 jeunes. Et ça, c'est une force. Et c'est vrai que les jeunes Républicains nous obligent, ils sont exigeants. Et comme tous les jeunes, ils sont plus radicaux que les adultes dans leur choix. Et ils nous interpellent. Et ça, c'est une bonne chose. Vous parlez des adhésions à quelques jours. Du coup, aujourd'hui même, la clôture des adhésions pour le Congrès, vous aviez lancé l'opération 72 heures pour adhérer.

De quel oeil voyez-vous la hausse des adhésions LR ? Pensez-vous que cela puisse vous être favorable ? Ce que je crois, c'est que c'est favorable à la victoire. Moi, je vous l'ai dit, j'étais favorable à une primaire ouverte. D'autant plus que je trouve qu'il faut qu'on garde les centristes. Pour gagner cette élection, il faut que la droite aille chercher le centre. Il faut s'élargir pour gagner. Donc, j'étais favorable à une primaire ouverte. Le choix a été inverse.

À partir du moment où le choix a été inverse, à partir du moment où les Républicains deviennent aujourd'hui le lieu où va se choisir le candidat de la droite, ça veut dire qu'il faut que nous fassions collectivement des Républicains le parti de la reconquête. C'est les Républicains qui vont être le pilier. À partir de ce moment-là, il faut que tout le monde adhère aux Républicains. Et moi-même, j'ai fait ce choix.

J'ai fait ce choix de réadhérer aux Républicains parce qu'à partir du moment où, d'abord, les Républicains me tendaient la main en disant que je pouvais être leur candidate à la présidentielle, toutes les bisbis du passé étaient oubliées pour moi à partir du moment où ils me faisaient cette confiance. Et puis, par ailleurs, je pense qu'à partir du moment où c'est les militants des Républicains, les adhérents des Républicains qui choisissent, ça veut dire qu'il faut qu'on réadhère tous. Et ça veut dire que plus il y aura d'adhésion ce soir, plus le parti sera fort. Et d'ores et déjà, ce que je pense, c'est que nous aurons ce soir le premier parti de France.

Et ça, c'est important pour gagner 2022 parce qu'on le sait, quand on commence par adhérer, on s'engage. Et quand on s'engage, on est là jusqu'au bout. Donc, adhérez, faites adhérer d'ici ce soir. Justement, à l'échelle du parti, est-ce que vous ne voyez pas votre retour tardif comme un retard vis-à-vis des autres ? Écoutez, la question, c'est est-ce que les militants veulent gagner cette présidentielle ou pas ? S'ils veulent gagner cette présidentielle, ils choisiront le meilleur candidat ou la meilleure candidate. Moi, j'ai toujours été de droite.

J'ai effectivement quitté le parti parce que j'avais le sentiment qu'il était verrouillé, cadenassé et qu'il ne voulait pas m'écouter et entendre ma parole. Mais aujourd'hui, c'est l'inverse. Aujourd'hui, le parti me tend la main. Donc, aujourd'hui, c'est le grand rassemblement, c'est le moment du grand rassemblement et la seule chose que les militants doivent faire, c'est choisir celui qui peut les emmener à la victoire. Et moi, je l'ai la conviction que cette victoire, elle se gagnera sur un projet de rupture radicale, un projet de droite assumée, de droite républicaine avec des solutions et avec, pour l'incarner, quelqu'un qui tient.

Moi, j'ai tenu neuf mois face à la rue pour réussir l'autonomie des universités. Je souris parce qu'à Sciences Po aussi, j'avais été huée pendant cette période. Les manifestants ont essayé de me faire reculer. La France Insoumise, à l'époque, avait dit ce que nous avons perdu dans les urnes, nous le regagnerons dans la rue. J'ai tenu face à la rue et la rue a reculé. J'ai géré les finances du pays en pleine tempête financière pendant la crise et d'être souveraine et cette année-là, c'est la seule année dans les 30 années presque qui ont précédé où l'État a moins dépensé que les années précédentes.

Donc, on avait réussi à réduire les dépenses de l'État, pas à supprimer tous les déficits sociaux mais à réduire les dépenses de l'État. Donc, je sais faire, je sais faire. Je préside une très grande région qui est la première région d'Europe. Je suis en première ligne face à la montée des violences, face à la montée de l'islamisme dans nos banlieues. j'ai un plan pour faire disparaître les ghettos urbains en 10 ans, pour rétablir la laïcité sur notre sol et pour défendre aussi l'égalité femmes-hommes. Alors, je pense que je suis la meilleure candidate en toute modestie. Mais en même temps, quand on veut être président de la République, il faut mettre la modestie à la rivière.

On a vu le 9 novembre dernier un ballet de candidats à Colombay-les-de-Églises, une occasion d'honorer le général de Gaulle pour mieux se réclamer de son héritage. Il y a quatre jours, vous affirmiez pour le point que votre vocation politique est née en partie de la lecture du chêne qu'on abat de Malraux et de la figure réformatrice de Charles de Gaulle. Que pensez-vous de cette revendication portée par presque tous les candidats pour ne citer que Emmanuel Macron, Anne Hidalgo ou encore Jean-Luc Mélenchon ? Est-ce possible en 2021 de se réclamer du général de Gaulle en vue du changement quasi complet du paradigme politique ? Bon, alors, la captation d'héritage, ça me fait sourire.

Alors, ce que je veux dire d'ailleurs sur le 9 novembre, c'est que moi, j'ai pris une décision quand je suis devenue présidente de région qui m'a été inspirée par Jacques Chirac. Vous savez, j'ai commencé ma carrière politique au lendemain de la dissolution ratée de Jacques Chirac. Quand Jacques Chirac s'est retrouvé complètement seul à l'époque, je me suis dit qu'il faut le rejoindre. C'était au moment où Lionel Jospin arrivait avec les 35 heures, les emplois jeunes, etc. Et je me suis dit qu'il faut relever la droite.

Si j'ai eu la carrière politique que j'ai eue, c'est parce que j'ai rejoint Jacques Chirac à un moment où il était tout seul, à un moment où il était abandonné de tous, et parce que j'ai sauté dans le vide et que j'ai fait ce qu'on appelle un suicide professionnel, dixit les gens qui me conseillaient à l'époque, celui de rejoindre un homme à terre qui venait de tout perdre. Et je l'ai fait par conviction. Moi, j'ai toujours servi mes convictions, jamais mes ambitions. Et à tous ceux qui expliquent que je suis Macron-compatible, si j'étais Macron-compatible, ça se serait vu depuis 5 ans et il n'aurait pas envoyé 5 ministres contre moi pour me faire battre.

Je suis l'une des premières opposantes au président de la République depuis 5 ans. Il le sait et c'est pour ça qu'il me combat avec énormément d'énergie. Mais pour en venir au général de Gaulle, Jacques Chirac était mon premier mentor, vous le savez. Ensuite, mon deuxième mentor, ça a été Nicolas Sarkozy. Et Jacques Chirac, quand il était maire de Paris, il avait fait quelque chose de très bien. Il avait envoyé tous les collégiens parisiens à Colombay parce que Paris est ville compagnon de la libération. Et quand je suis arrivée à la région, moi j'ai la conviction qu'il faut que les jeunes aient des héros. J'ai la conviction qu'il faut que notre jeunesse ait des modèles.

J'ai la conviction que la déconstruction de l'histoire de France, la repentance, ça détruit une nation. Voilà. Je peux vous dire que quand vous allez au pavillon chinois à l'exposition universelle de Shanghai, vous voyez une ode à la Chine. Quand vous allez dans le pavillon russe, une ode à la Grande Russie. Quand vous allez dans le pavillon américain, une ode à America First. Donc un pays qui n'est pas fier de lui-même est un pays qui se perd. Donc qu'est-ce que j'ai fait quand je suis devenue présidente de région ? J'ai envoyé trois lycées par an à Colombay. J'ai essayé de les envoyer le 9 novembre. C'est des lycées qui font des projets scolaires sur le Général de Gaulle.

Soit le concours national de la résistance. Cette année, c'était une BD sur le Général de Gaulle. Une autre, c'était un travail sur le Général de Gaulle. Et je prends un lycée professionnel, un lycée, une filière techno et une filière générale. Donc l'éventail des lycées. Et je les accompagne. Donc je n'ai pas attendu l'année de l'élection pour venir à Colombay le 9 novembre. J'y suis chaque année avec mes lycéens. Et si je suis présidente de la République, le 10 novembre, ce sera dans toutes les écoles de France la journée des héros qui font la France. La journée des héros qui font la France.

Et on étudiera dans toutes les disciplines les œuvres et les biographies de nos grands hommes et de nos grandes femmes. Pourquoi ? Parce que moi, j'ai été très frappée quand j'étais ministre de la recherche. Quand les États-Unis ont une médaille Fields, le type, il est reçu la Maison Blanche, il est en prime time à la télé ou un grand prix scientifique et il va raconter ce qu'il a fait pour la science. Quand nous, on a un grand scientifique qui gagne un prix, ça fait peut-être deux lignes dans le Figaro et un petit encart dans le monde. Ce n'est pas possible. On n'est pas ce pays-là. On doit être fiers de nos héros et on doit les montrer, y compris en prime time à la télé.

Il n'y a pas que les Dalton qui doivent aller chez la Nuna. Si vous êtes élu à la présidence de la République, quel serait le premier projet de loi que vous porteriez ? Quel est le plus urgent et le plus symbolique à vos yeux ? Le premier projet, c'est la loi constitutionnelle sur l'immigration parce que je pense qu'il faut reprendre le contrôle de nos frontières. Je pense qu'il n'y a pas d'État sans frontières et il n'y a pas de nation sans frontières. Donc il faut qu'on reprenne le contrôle. Il faut que ceux qui viennent en France, ce soit ceux que nous ayons acceptés et ce soit des personnes qui aiment la France et qui ont envie de s'intégrer à nos lois, à nos modes de vie.

Mais mon deuxième acte, ce sera de convoquer une conférence sur les salaires parce que je pense qu'avant de lancer toutes les réformes que je veux lancer, il faut qu'on bâtisse notre projet sur l'idée que ce sera une société du travail qui valorisera le travail, l'effort et le mérite. Merci, Mme Pécresse. Pour finir, il me semble que vous avez été professeur de droit constitutionnel dans notre établissement pendant près de six ans. Qu'est-ce que ça vous fait de revenir vous adresser à ces mêmes élèves mais dans un statut différent et en campagne ? Alors oui, j'avais la direction d'études de droit public. Alors je peux vous dire que l'amphi était un peu plus bon dès qu'aujourd'hui.

Et j'avais même... Alors j'ai eu deux choses. J'ai eu la conférence de pré-pénat en droit public d'abord et là aussi en toute immodestie. Vous savez qu'il y avait ce qu'on appelait... Comment ça s'appelait ? La transhumance. Non, c'était ça. Enfin, en fait, les élèves étaient affectés à des profs et puis ils choisissaient leurs profs en fait et ils transhumaient. Donc ils venaient dans les salles des cours des profs qu'ils préféraient. C'était quelque chose d'assez anti-égalitaire pour les profs et d'assez pénible.

Et avec l'ami avec lequel nous avions la conférence de droit public, effectivement, on était les grands bénéficiaires de la transhumance et donc on avait des salles de 80 élèves dans la conférence. C'était assez compliqué. C'était assez compliqué à gérer. Et d'ailleurs, la transhumance a ensuite été interdite à la fin de l'année parce que les cours étaient... Enfin, parce que c'était devenu ingérable. Donc j'ai eu cette conférence et j'ai eu ensuite la direction d'études de droit public, effectivement. Et ça me fait toujours plaisir de vous revoir, chers amis étudiants de Sciences Po, parce que Sciences Po est une très, très belle école qui forme de très, très beaux esprits.

J'espère simplement que la réforme de l'ENA qui est en cours, dont personne ne comprend bien où elle va atterrir, ne vous dissuadera pas de vous engager dans le service public parce que le service public, c'est une vocation et qu'on a besoin que les meilleurs continuent de s'y engager. Donc j'espère que vous continuerez et j'espère que vous continuerez à avoir des vocations de service public, chacun d'entre vous. Merci, Madame Pécresse. Je vais maintenant rendre le micro au Parlement des étudiants pour un temps d'échange avec les élèves. Alors, on va passer à vos questions. Est-ce qu'il y a des questions dans la salle ? Oui. Alors moi, je suis très attachée à l'indépendance des professeurs.

C'est un principe constitutionnel. Un professeur a la liberté d'expression. Ce qui me dérange énormément, c'est qu'aujourd'hui, cette liberté d'expression des professeurs, elle est bafouée. Elle est bafouée dans notre pays quand un certain nombre de professeurs, je crois que c'était à Sciences Po Grenoble, ne peuvent plus parler de laïcité, ne peuvent plus parler d'islam sans que ça dégénère immédiatement et qu'on leur prête une supposée islamophobie alors que rien dans leurs propos ne le laisse présager. Donc, je suis inquiète. Je suis inquiète pour un pays dans lequel on n'aurait plus la liberté d'expression des enseignants. Ça, c'est la première chose.

La deuxième chose, c'est que je suis aussi inquiète d'une forme d'endogamie universitaire en France. Cette endogamie universitaire, c'est quoi ? C'est le recrutement des mêmes. Et ça, c'est un problème assez français. Donc, je pense qu'il faut pour éviter cette endogamie, cette reproduction des mêmes qui, j'allais dire, assècherait la vie intellectuelle de notre pays, je pense qu'il faut davantage de concours. Davantage de concours de façon à ce que quand on recrute des professeurs, eh bien, ce soit avec un jury, un jury pluraliste et sur leurs travaux de recherche. Parce que l'endogamie crée l'assèchement des idées. Voilà. Et ça, c'est deux choses qui sont très importantes pour moi.

Et je le... Et dans la... Parce qu'il faudra faire l'étape 2 de l'autonomie des universités, vous êtes bien d'accord. On a fait l'étape 1 il y a 10 ans. Depuis, il ne s'est rien passé. Il faut aller vers le table 2. Ce n'est pas normal qu'un directeur général d'université soit choisi avec la vie conforme du ministère. Je veux dire, aujourd'hui, les universités doivent pouvoir, comme dans le monde entier, être beaucoup plus autonomes. Mais s'il y a de l'autonomie des universités, il faut prémunir les universités contre le recrutement local et la tendance au localisme. Il faut ouvrir les portes des universités.

Et dans les conseils d'administration aussi des grandes universités et des écoles, il faut amener la société civile et le pluralisme. C'est la même chose sur les chaînes de télévision du service public. Il faut que le pluralisme d'expression soit partout. Parce que s'il n'y a qu'une pensée politiquement correcte qui survit, alors la France ne sera plus la France. La France, c'est le pays de la liberté d'expression. C'est le pays dans lequel on peut tout dire. Mais dans lequel il n'y a pas d'atteinte à la liberté d'expression. Merci. Oui, vas-y, vas-y, vas-y. Check. Vous avez beaucoup parlé de contrôle budgétaire et notamment de lutte contre la fraude sociale.

Néanmoins, vous avez moins parlé de lutte contre l'évasion fiscale et selon les chiffres... Ah non, non, non. Je parlais de la fraude à la TVA et de la fraude à la taxe carbone. Alors c'est deux fraudes totalement fiscales. Vous avez quand même beaucoup moins parlé en temps de parole que la fraude sociale. Non, non, je vais parler d'abord de la fraude fiscale. Pardon, excusez-moi de vous le dire. J'ai parlé d'abord de la fraude fiscale et ensuite de la fraude sociale.

J'aimerais juste que vous détailliez plus votre plan justement contre l'évasion fiscale puisque je rappelle qu'en 2015, l'évasion sociale, la fraude sociale était évaluée à 1 milliard environ alors que la fraude fiscale était évaluée à environ 20 milliards et en plus, dans l'actualité, on a vu avec les Pandora Papers que c'était un problème récurrent, qu'il y avait peu de choses qui étaient mises en place finalement pour lutter contre. Donc je voulais savoir vos propositions concrètes pour lutter contre l'évasion fiscale.

Alors je crois que j'ai quand même été assez clair sur l'évasion fiscale puisque j'ai expliqué pendant 10 minutes que les petits fraudeurs étaient moins poursuivis que les grands fraudeurs et que les paradis fiscaux étaient dans le monde entier et que nous devions créer une brigade cyber à la fois dans le fisc et avoir un fisc qui soit à l'américaine. C'est-à-dire un fisc avec des pouvoirs de police et d'investigation. Donc il me semble que j'ai énormément parlé de la fraude fiscale et de comment je voulais lutter. Et par ailleurs, je veux un cyber parquet et un cyber de façon à ce que la justice suive. Il faut que la justice ait des moyens d'investigation.

Tout ça se fait sur le dark web, tout ça se fait par Internet. Et donc c'est vraiment en reprenant le contact, en reprenant le contrôle de ces réseaux sociaux, de ces réseaux, pardon, Internet, que l'on pourra lutter efficacement contre cette fraude. Et j'ajoute qu'il faut lutter évidemment contre les paradis fiscaux, y compris au niveau européen, puisque maintenant les Anglais ne sont plus dans l'Europe. Je pense que Jersey et Garneset, on devrait quand même aller regarder ce qui s'y passe de la même façon qu'on regarde ce qui se passe dans tous les États européens. Et au niveau européen, vous comptez faire quoi justement ? Vous comptez remettre en question un petit peu la...

Je vous entends très mal. Il faut vraiment... Ah bon ? Au niveau européen, vous comptez remettre en question du coup la concurrence fiscale qui peut y avoir entre les États ? Alors la concurrence fiscale, c'est pas de la fraude. La concurrence fiscale, elle est liée aussi à notre capacité à bien gérer nos dépenses. Donc il faut faire attention. Moi, je suis pour l'harmonisation fiscale au niveau européen. Mais à un moment donné, il ne faut pas s'étonner si nous gaspillons l'argent que d'autres pays qui le gèrent mieux baissent leurs impôts. Nous sommes champions du monde des impôts. Je préférerais qu'on ait des médailles d'or aux Jeux olympiques. Mais on est champions du monde...

Les pays qui gèrent mieux, c'est pas le Luxembourg et Malte quand même. Pardon ? Les pays qui gèrent le mieux leur budget, on ne peut pas dire que c'est le Luxembourg et Malte en Europe. Ah, je n'ai pas parlé du Luxembourg et Malte. Vous m'avez demandé si j'étais pour l'harmonisation fiscale ont sur les entreprises 20 ou 30 % d'impôts en moins. C'est sans doute parce qu'ils gèrent mieux leur sphère publique. Et ça, malheureusement, la solution pour la baisse des impôts de production, c'est d'abord de mieux gérer l'argent public. Et j'espère qu'ici, à Sciences Po, le mot de bonne gestion n'est pas un gros mot. Sinon, c'est très inquiétant pour vos futurs employeurs. Voilà.

Et sur Malte et sur le Luxembourg, bien évidemment, il faut renforcer la coopération fiscale. Et aujourd'hui, c'est moi qui ai tout lancé à l'époque, en 2010, quand j'étais ministre du Budget avec Nicolas Sarkozy. C'est nous qui publions chaque année la liste des Pays Noirs, etc. Merci. On va prendre une autre question. Bonjour, Mme Pécresse. Vous disiez que des voitures de police sont floquées Île-de-France. Il y a des bus. Quelques-unes. Quelques-unes. Il y a des bus aussi qui sont floqués. Je crois que vous êtes présidente d'Île-de-France Mobilité. Et vous parliez d'insécurité. Il y a aussi un autre thème qui est encore plus tangible pour les transiliens.

Ce sont les réseaux de communication, les transports. Et moi, j'habite dans une ville qui est Melun, qui a un réseau maladif. Les bus ne passent pas. Les bus sont en retard. Celui de ce matin, à 6h40, n'est pas passé. Et j'ai contacté la régie. Je leur ai dit que j'allais m'adresser à la présidente de la région Île-de-France. Il n'y a rien fait. Donc je le fais. Et j'aimerais savoir, vous faites campagne pour l'élection présidentielle, mais est-ce qu'il ne serait pas mieux aussi de s'intéresser davantage à sa région Île-de-France ? Vous dites vous-même que les transports sont vétustes. Que faites-vous pour moderniser tout ça ?

On n'a toujours pas d'application qui permette de suivre en temps réel l'arrivée des bus pour savoir s'ils sont annulés ou en retard. C'est un problème qui nous irrite à tous parce que ça nous gâche la vie au quotidien. C'est infernal. Les annulations, on rate nos trains aussi. Donc que faites-vous sur ce terrain-là ? Alors d'abord, moi, ce que je fais, c'est que j'organise l'offre. La personne qui est responsable de vos bus s'appelle la société Transdev. Cette société Transdev connaît depuis le début de la rentrée un mouvement de grève sans précédent parce qu'elle est en train de se réorganiser. Effectivement, je ne suis pas la patronne de Transdev. Donc j'ai convoqué le patron de Transdev.

Je lui ai dit que ce n'était pas possible. Je lui ai dit qu'il fallait recruter davantage. Je lui ai dit qu'il fallait respecter les horaires. Je lui ai dit qu'il fallait reprendre la main sur son réseau. Mais vous savez, c'est comme si... Là, ce que vous êtes en train de me dire, c'est comme si vous reprochiez à un maire le fait que le boulanger de la commune fasse du mauvais pain. Vous voyez ? Moi, je peux convoquer le boulanger pour lui dire que le pain n'est pas bon. Je peux lui mettre des amendes parce que le pain n'est pas bon. Mais je ne ferai pas le pain à sa place. Je ne vais pas venir conduire le bus à la place du conducteur. Transdev a été repris par Île-de-France Mobilité.

Non, pas du tout. Non, non. Ça a été la cause de la grève ? Pas du tout. Pas du tout. Ça, c'est ce que disent les syndicats. Je vois que... Alors là, vraiment, il y a de la désinformation sur toute la ligne. C'est ça qui est merveilleux. Non, ce qui se passe aujourd'hui, c'est qu'il y a une obligation européenne qui s'appelle l'ouverture à la concurrence des lignes de bus. Et je suis donc en train d'ouvrir les lignes de bus à la concurrence. J'ai la conviction qu'à la fin de la fin, cette concurrence se traduira par un meilleur service, une meilleure qualité de service, un meilleur prix pour les usagers.

Parce qu'il y a aussi la question du pass navigo, ce que vous n'avez pas dit, c'est qu'en Île-de-France, nous avons les tarifs de transports en commun imbattables en Europe et notamment pour les jeunes. Moins d'un euro par jour pour se déplacer dans toute l'Île-de-France, c'est un tarif imbattable. Tarif imbattable, j'essaye de vous mettre les transports de la meilleure qualité possible et donc je me bats. Sur la Seine-et-Marne, j'ai rajouté en 6 ans plus de 300 ou 400 lignes de bus. J'ai créé 2000 emplois. Le vrai problème que nous avons aujourd'hui, c'est que nous avons des syndicats qui sont hostiles à cette ouverture à la concurrence par principe.

Et aujourd'hui, ces syndicats se rebellent. Alors j'ai demandé une médiation j'ai proposé une personnalité qui s'appelle M. Bailly pour être le médiateur entre les syndicats et la société de transport. Et le transport a repris, comme vous l'avez vu, a repris avec encore de manière un peu chaotique. Mais vous le savez peut-être aussi, sur Melun, je suis en train de commander, j'ai passé le contrat du siècle, 3 milliards d'euros de commandes de nouveaux RER, nouvelles générations qui vont arriver sur la ligne D à Melun.

J'ai acheté des trains région de Zaine l'année dernière, enfin, dans le précédent mandat, qui sont arrivés, qui sont aujourd'hui climatisés, avec des prises USB, avec du chauffage, à la place des petits gris que vous aviez avant, qui étaient des espèces de wagons en état, qui étaient gérés par la gauche. Donc, sur les transports, je revendique d'avoir fait, en 6 ans, ce que aucun autre président de région n'avait jamais fait, ce que l'État n'avait pas fait. Alors, le travail n'est pas fini, il va continuer, et sur l'ouverture à la concurrence des bus, ça va être un peu compliqué, c'est vrai.

Et puis, j'ajoute qu'on a un vrai problème aujourd'hui en Ile-de-France, c'est que j'ai mis tellement de bus supplémentaires qu'on n'arrive plus à trouver des chauffeurs. On n'arrive plus à trouver des chauffeurs, tellement il y a de demandes d'emplois et de créations d'emplois. Alors, je vous le dis, si vous trouvez une présidente de région qui s'intéresse plus au transport des Franciliens, qui s'y investit plus que moi dans les six dernières années et qui y est investi plus que moi, élisez-la à la tête de la région Ile-de-France. Mais je crois que les Franciliens ont déjà tranché cette question en juin dernier.

1:49:37
Locuteur

Merci.

1:49:38
Invité

Alors, on va prendre une dernière question et après, ce sera le mot de conclusion quand on arrive à la fin de notre échange.

1:49:51
Locuteur 2

Vous m'entendez ? Oui, juste pour terminer, j'aimerais qu'on évoque peut-être la place de l'environnement et de l'écologie dans votre programme. Oui,

1:49:58
Invité

je ne peux pas attendre à ce que les jeunes me posent la question,

1:50:04
Locuteur 2

vous avez un programme réformateur, bien que quand même assez traditionnel, notamment au niveau des finances. Donc, quelle place pour l'écologie ? Parce qu'on voit bien avec la COP26, les rapports du GIEC, que c'est quand même une problématique fondamentale. Et d'un point de vue assez personnel, je trouve que c'est assez dramatique que c'est une place souvent marginale, rajoutée un peu par-ci, par-là dans les programmes des candidats. Donc, qu'est-ce que vous en faites ? Alors,

1:50:27
Invité

ce n'est pas du tout une place marginale dans mon programme. Moi, je suis la ministre de la Recherche qui a fait trancher par l'Académie des sciences l'existence du réchauffement climatique contre Claude Allègre. A l'époque, la droite était très influencée par les climato-sceptiques et notamment par Claude Allègre. Et moi, ministre de la Recherche, saisie par les climatologues, j'ai décidé de demander à l'Académie des sciences françaises de trancher.

Et c'est sous mon mandat que l'Académie des sciences a reconnu l'existence du réchauffement climatique et du dérèglement climatique et du réchauffement et surtout la responsabilité humaine dans ce réchauffement qui était niée par les climato-sceptiques. Parce qu'il y a deux façons d'être climato-sceptiques. Il y a ceux qui disent non, ça ne se réchauffe pas. Il y a dix ans, il y en avait encore qui disaient non, ça ne se réchauffe pas. Claude Allègre, il ouvrait les fenêtres et il disait regardez, il fait froid dehors, il n'y a pas de réchauffement. C'était scientifique.

Donc, il y avait ceux qui niaient le réchauffement et puis il y avait la deuxième lame, c'était ceux qui disaient oui, ça se réchauffe mais ce n'est pas du tout lié à l'activité humaine. Sous mon mandat de ministre de la Recherche, l'Académie des sciences françaises a enfin tranché en termes scientifiques et l'existence du réchauffement et l'implication humaine liée justement au gaz à effet de serre. Donc, ce principe a été posé en 2010.

Sur la biodiversité, je me suis rendu jusqu'en Malaisie pour demander la création d'un GIEC de la biodiversité pour faire face à la sixième extinction des espèces et ce GIEC a été créé et je voulais le siège à Paris et je me suis battue pour avoir le siège de ce GIEC de la biodiversité IMOCEB à Paris. Donc, sur les sujets d'environnement, je suis extrêmement j'allais dire investie. A la région Île-de-France, je revendique d'avoir été l'écologiste des résultats et je tiens à votre disposition tous les indicateurs de résultats.

J'ai bâti un tableau de bord des indicateurs de résultats sur la pollution de l'air, sur la revégétalisation sur la protection de la biodiversité nous avons fait sur l'agriculture biologique nous avons fait en six ans 100 fois plus que la gauche qui gérait avec les écologistes. Sous le précédent mandat 1500 hectares artificialisés par an sous mon mandat seulement 500. Le bio, on était dernière région de France on a eu la meilleure dynamique de conversion bio de France pendant trois années successives et ainsi de suite et ainsi de suite. Je ne vais pas vous passer mon bilan écologique mais objectivement on a mis en branle la région Île-de-France en matière d'écologie.

Simplement, alors quels sont mes principes ? Le ZAN, le ZEN et le zéro ressource net. ZAN, zéro artificialisation nette, ZEN, zéro émission nette, zéro ressource nette, ZRN, le triple zéro parce que c'est ça l'objectif que nous devons nous fixer. Mais le premier objectif, celui qui sera au top de l'agenda c'est zéro carbone 2050. On a une trajectoire à suivre, on doit la suivre et moi je bâtirai avec les associations, avec les porteurs d'enjeux un vrai tableau de bord français. Ça veut dire que chaque année on vérifiera si on est sur la trajectoire. Aujourd'hui, le président de la République dit zéro carbone 2050 mais on a déjà dévié de la trajectoire.

C'est-à-dire qu'on n'est pas en ligne avec la trajectoire. Donc il faut se remettre en ligne avec la trajectoire. Il faut le faire avec les scientifiques, il faut le faire avec les associations, il faut le faire avec les acteurs économiques. Et sur chaque domaine d'action, il faut qu'on se mette des indicateurs. Le logement pollue, indicateur sur la baisse du logement, la suppression des passoires thermiques. Les transports polluent, des indicateurs. L'activité industrielle pollue, des indicateurs. L'activité agricole pollue, des indicateurs. Et à chaque fois, on fera baisser un par un les indicateurs. Moi, je ne suis pas dans le plaire, je suis dans le faire.

Moi, ma marque de fabrique, c'est les résultats. Voilà. Alors si vous voulez du blabla, élisez quelqu'un d'autre. Si vous voulez des résultats, élisez-moi. Et j'ajoute que sur la question écologique, il faut hiérarchiser les priorités. Il faut hiérarchiser les priorités. Aujourd'hui, on met tout au même plan et du coup, on bloque beaucoup de projets qui ont un impact positif sur l'écologie parce qu'on ne hiérarchise pas. Nous avons des verts qui ne sont pas des écologistes, ce sont des gauchistes. Les verts, ce qu'ils veulent, c'est bloquer des projets. Ils bloquent tout. Ils sont contre tout ce qui est pour et pour tout ce qui est contre. Je vous donne des exemples.

Les lignes de transport ferroviaires, oui, mais les lignes de transport ferroviaires, c'est très important. Elles sont très souvent bloquées, très souvent bloquées par soi-disant des contraintes environnementales. Or, si on veut vraiment supprimer la voiture thermique, il faut évidemment changer les motorisations. Il faut se mettre dans une logique où plus aucune voiture thermique ne sera vendue en 2035. Il faut aider les Français à changer de voiture parce que moi, je ne veux pas une écologie qui punit les Français, je veux une écologie qui les aide. Mais il faut aussi construire des lignes de transport collectives.

Aujourd'hui, quand vous voyez qu'il y a des lignes de transport qui sont bloquées soi-disant parce qu'elles détruisent des armes ou soi-disant parce qu'elles empêchent qu'il y a un lézard des murailles qui est sur le balas, je dis non. Je dis qu'il faut pouvoir hiérarchiser. Et moi, présidente, je hiérarchiserai les priorités et ma première priorité, ce sera la lutte contre les gaz à effet de serre et la lutte contre le réchauffement climatique parce que c'est ça l'urgence planétaire, c'est la première des urgences et c'est celle que nous devons mettre au fronton de toutes nos actions. Alors sur le financement parce que vous avez... Oui, mais c'est important.

L'écologie, merde, pour une fois, qu'on en parle deux secondes dans un débat qu'il y a quelqu'un qui a le courage de me poser une question sur l'écologie. On va peut-être en parler. Je sais qu'on est de droite ici mais enfin quand même. Voilà. Moi, je revendique d'être écologiste et de droite et je revendique que l'écologie n'est certainement pas la propriété de la gauche et vous m'avez coupé alors du coup, je ne sais plus. Oui, le financement parce que la transition écologique va coûter très cher donc elle ne peut pas être financée par les Français. Ça n'est pas possible et ce serait antisocial. Donc moi, je refuse que ce soit les Français qui soient punis.

Je veux un dispositif d'incitation à la transition écologique pour les ménages. En revanche, sur les entreprises, il faudra faire ce que propose Tirol et Blanchard dans leur rapport c'est-à-dire il faudra faire monter le prix des droits carbone c'est-à-dire que progressivement les droits à polluer devront se renchérir et les entreprises être totalement incitées par des droits carbone de plus en plus élevés à transitionner. Et j'ajoute que je veux fusionner le livret A et le livret développement durable pour que toutes les ressources du livret A qui aujourd'hui vont au logement ça devienne un livret vert et qu'on ne finance plus de projet qui n'ait pas un impact positif sur l'environnement.

Le livret A plus le livret vert c'est des centaines de millions d'euros qui peuvent être mis chaque année en prêt sur la transition écologique. Donc c'est très important et ce sera un immense financement pour la transition écologique. Et sur l'énergie vous ne m'avez pas posé de question mais bien évidemment il faut développer le renouvelable à fond et il faudra aussi moderniser nos centrales nucléaires parce que le zéro carbone si on veut zéro fossile on ne l'atteindra pas en 2050 sans réinvestir dans le nucléaire.

Ça veut dire aussi qu'il faudra travailler sur la question des déchets qui est quand même toujours très sensible et ça veut dire qu'il faudra aller défendre le nucléaire tout en faisant le maximum d'énergie renouvelable avec un seul bémol sur l'éolien. Sur l'éolien il faut faire attention à la protection de nos paysages et à la protection de nos zones de pêche donc il faut l'accord des populations pour le déploiement de l'éolien. Ce sera le mot de la fin. Merci Madame Pécresse.

Merci de m'avoir parlé d'écologie et j'ajoute et j'ajoute que je veux qu'on soit en 100% local dans toutes les cantines universitaires scolaires et des maisons de retraite et que je veux que la commande publique tienne compte de l'impact carbone je veux une taxe carbone aux frontières et je veux faire de l'écologie une arme pour la réindustrialisation de la France. Merci beaucoup.

1:58:20
Locuteur

Merci beaucoup. Merci. Merci.