Allocution d'Emmanuel Macron, crise politique: comment s'en sortir?
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Le président de la République, puisque à l'occasion de cette allocution, c'était il y a un peu moins d'une heure, il a répondu à celles et ceux, Éric Coquerel de façon très directe, Jean-Philippe Tanguy de façon parfois un peu moins directe, qui appelle à son départ. Écoutez Emmanuel Macron.
Le mandat que vous m'avez démocratiquement confié est un mandat de cinq ans, et je l'exercerai pleinement jusqu'à son terme. Ma responsabilité exige de veiller à la continuité de l'État, au bon fonctionnement de nos institutions, à l'indépendance de notre pays, et à votre protection à tous. Je le fais depuis le début, à vos côtés.
Voilà Emmanuel Macron qui rappelle donc qu'il ira au bout de son mandat en réponse à tous ceux qui souhaitent son départ. J'accueille sur ce plateau Mathieu Croissandeau, bonsoir. Bonsoir à tous. Éculteuriste politique BFM TV, on vous retrouve tous les matins sur ce plateau dans première édition. Et bonsoir Natacha Poligny, directrice de la rédaction de Marianne.
Jean-Philippe Tanguy, là encore sur ce même plateau hier soir avec Apolline de Malher, vous expliquez qu'à la fin des fins, la solution institutionnelle, à partir du moment où Emmanuel Macron avait usé de la dissolution, avait usé d'un remaniement, il n'aurait d'autre choix que de partir s'il était, je vous cite, « conforme à l'esprit des institutions de la Ve République ». Il vous a répondu ce soir.
Ça ne m'étonne pas qu'Emmanuel Macron ne soit pas conforme aux institutions de la Ve République. Il ne l'a jamais été, il ne le saura jamais. Par exemple, son refus systématique d'utiliser le référendum tout en en parlant à longueur d'interview, sauf ce soir, sans doute, il ne peut pas être confronté à son propre mensonge. Il faut bien qu'il n'a jamais compris, ou en tout cas jamais voulu comprendre les institutions. Mais moi, je voudrais quand même revenir à un espèce de marchandage auquel on a assisté depuis quelques minutes. C'est désolant pour les Françaises et les Français, on ne parle pas du tout de leurs problèmes.
Et en fait, la vérité de l'arnaque de la législative et du front antirépublicain d'Operette qui s'est opéré, éclate sous nos yeux. Ces gens n'avaient en fait rien en commun, soit s'aiment trop dans les coulisses, soit se détestent trop en public, sont incapables de mener notre pays dans les difficultés que nous avons à traverser, que nous devons gérer. Et ce n'est pas parce qu'on s'entend sur des postes et qu'on se répartit des honneurs ou ce qu'il en reste qu'on peut redresser la France. Donc quelle est la solution, si vous entendez avec M. Gaël, si vous entendez avec Mme Berger, quel va être le programme ? Rien du tout. Sinon, la négation de ce que vous avez promis avec M.
Coquerel, tout ça n'a pas beaucoup de sens. Voilà. Bon, j'ajoute que si on nous prépare la grande coalition à l'allemande, écoutez, on peut faire un saut dans le temps, puisque les Allemands ont échoué avant nous, et que l'Allemagne, dans un triste État aujourd'hui, s'est trompée, la politique énergétique, catastrophe, en menant toute l'Europe avec eux, sur des mini-jobs payés à des taux dérisoires, avec un taux de travailleurs pauvres jamais vu pour un pays aussi riche que l'Allemagne. C'est ça le bilan d'une grande coalition, où on allie les socialistes, les verts, les socialistes démocrates. Et on en est encore loin, Jean-Philippe Tanguy.
Oh non, on n'est pas si loin, parce que finalement, M. Macron, c'était la grande coalition, sans le dire, avec tous les gens qui ont bien voulu adhérer En Marche, qui ne sont plus très nombreux, c'est vrai. Et là maintenant, comme il n'y a plus d'adhérents En Marche, on essaie de faire des adhésions, j'ai envie de dire, en dehors d'En Marche, pour donner des ministères, des machins. Bon, tout ça va très mal finir, je le crains, pour notre Parlement, qui sera décidémisé.
J'irai jusqu'au bout de mon mandat. Emmanuel Macron sait très bien, et c'est d'ailleurs frappant dans la séquence politique. Ces dernières semaines, il avait essayé d'apparaître en surplomb, d'expliquer qu'au fond, depuis la dissolution et depuis l'arrivée de Michel Barnier à Matignon, il ne se mêlait pas de politique intérieure. Là, il est obligé de le faire, institutionnellement. C'est un président fragilisé qui a pris la parole ce soir.
Non mais c'est même pas qu'il est en surplomb, là, c'est qu'il est dans la stratosphère. Premier point, je ne sais pas ce que nous faisons ici, à organiser une édition spéciale ou quoi que ce soit, parce qu'Emmanuel Macron n'a rien dit. La situation justifie, Natacha Polony, et merci d'être là d'ailleurs. C'est important pour les Français d'avoir des débats de fond et des débats politiques. Mais le prétexte de cela, l'intervention du président de la République, pardon, mais il n'y a rien dedans, mis à part l'idée que rien n'est de sa faute. C'est-à-dire que, tout de même, les institutions sont dans un état absolument tragique, mais ça n'est pas lui.
C'est-à-dire que, et d'ailleurs, c'est très intéressant, la comparaison avec Notre-Dame. C'est-à-dire que, en gros, la France a cramé, il y a un incendie terrible, il y a des incendiaires, et lui va rebâtir en cinq ans, parce que, alors ce sera en 30 mois cette fois-ci, c'est ce qu'il nous a expliqué, ça va être absolument formidable. Mais qu'est-ce qu'il aurait pu dire, Natacha Polony ? Vous dites qu'il ne dit rien, mais qu'est-ce qu'il aurait pu dire pour débloquer la situation ? Premier point, c'est cela.
Il aurait pu annoncer quelque chose aux Français, leur dire exactement où on en était, en admettant que nous sommes dans une crise politique, institutionnelle, démocratique grave, et qu'il en est légèrement responsable. Deuxième point, il faut partir du principe que, tant que nous ne sommes pas à une élection présidentielle, la Chambre actuelle est telle que, de toute façon, rien ne peut en sortir. Personne, il faut le rappeler, parce que visiblement, tout le monde ne le comprend pas, personne n'a gagné les dernières législatives. Personne. Donc personne ne peut se prévaloir du vote des Français. Pourquoi ?
Parce qu'il y a eu un premier tour qui a donné la dynamique au Rassemblement national, et ensuite des désistements, et donc un second tour qui a montré que deux tiers des Français ne voulaient surtout pas du Rassemblement national. Donc, il n'y a pas de victoire. C'est pour ça que je trouve absolument effarant que les uns et les autres veuillent absolument mettre en place leur programme.
En revanche, il faut, dans le temps qui nous sépare d'un prochain grand débat de fond, que les Français pourront trancher, parce que c'est nécessaire, les précédentes élections ont été enjambées, on n'a pas tranché les véritables problèmes sur ce qu'on doit faire de l'école, les résultats en mathématiques des élèves français, nous sommes derniers de l'Union Européenne, c'est une tragédie. Tout ça n'a pas été tranché parce qu'Emmanuel Macron n'a pas voulu en 2022, parce qu'il a organisé des élections législatives dans l'urgence, donc ça doit être tranché.
En attendant, il faut que des gens de bonne volonté s'entendent, travaillent ensemble à peu près pour que ça tienne, en sachant qu'il n'y aura pas de rupture.
Les Français veulent une rupture,
mais elle ne peut pas venir dans l'état actuel de l'Assemblée. C'est ça qu'il faut admettre. Les Français veulent une rupture, mais il ne faut pas la faire. Ce n'est pas qu'il ne le faut pas, c'est qu'on ne peut pas. Les Français veulent la faire, et vous proposez qu'on fasse l'inverse. Vous comprenez que l'aventure du démocratique, vous comprenez que ça ne peut pas tenir. Alors, je vais vous expliquer un truc mathématique. Je vais vous expliquer, Éric Coquerel, un truc mathématique. Quand vous avez trois tiers, et que vous avez en fait une séparation, vous avez deux tiers qui ne veulent absolument pas du Rassemblement national, ils ont fait un front républicain pour ça.
Vous avez deux tiers qui veulent la rupture, c'est votre tiers à vous, et c'est le tiers du Rassemblement national, mais qui ne s'entendent pas sur le type de rupture. Et ensuite, vous avez, je termine, deux autres tiers, qui sont celui du Rassemblement national et celui du groupe central, qui ne veulent pas de ce que vous incarnez, vous les insoumets. Donc vous faites quoi ? Je sais que vous respectez le suffrage populaire. Bien sûr, et je viens de vous le dire. On est en commun. La souveraineté populaire, c'est important. Où le bas blesse, c'est que vous dites qu'il y a une majorité de Français qui veulent la rupture, mais comme on est dans la situation...
Alors, vous n'avez pas bien compris. J'ai entendu, j'ai entendu. Vous n'avez pas bien compris. Vous n'êtes pas laissé la boule à la rupture. Vous remarquerez que par exemple, il y a une majorité de Français qui veulent l'abrogation des réformes des retraites et même une majorité de l'Assemblée nationale. Il y a une majorité de Français qui veulent taxer les ultra-riches et les grandes entreprises et une majorité à l'Assemblée nationale. Mais pourquoi vous, vous avez expliqué que vous ne voteriez jamais par exemple si c'était le Rassemblement national qui proposait l'abolition de la réformes des retraites ?
Je vais vous dire, la solution que vous proposez, c'est-à-dire un gouvernement technique qui en gros, en réalité, continuera à peu près la politique de M. Macron parce que c'est ça le gouvernement technique qui est en discuté, ça ne tient pas trois ans. Non, ça ne tient pas trois ans, je suis d'accord. Ça a des conséquences, ça augmente les déficits, ça baisse la croissance, ça empêche les investissements en matière écologique, etc. Je vais vous dire une chose. C'est bien pour ça que la solution, c'est des présidentielles en disant.
J'ai expliqué aujourd'hui même dans Marianne que si Emmanuel Macron avait un tout petit peu de hauteur, il annoncerait aujourd'hui, Français, Françaises, je vais démissionner dans un an. Donc voilà. Non, pas ce que vous demandez. Pas ce que vous demandez. Parce que s'il démissionne maintenant, on ne peut pas avoir d'élection législative et on n'a que 40 jours pour organiser une présidentielle, c'est-à-dire qu'on a de nouveau par un débat. Natacha Polony et Eric Coquerel, pour laisser le temps
d'organiser une élection présidentielle dans un an, c'est effectivement... Et un vrai débat. Et un vrai débat. Et c'est effectivement pas la même chose que vous vous proposez puisque vous souhaitez le débat. C'est pas la même chose que M. Macron qui dit, je reste 5 ans, je ne le bouge pas. On est d'accord. On va essayer de continuer la politique pour être coup de coup de coup. Jusqu'en Natacha Polony expliquait qu'au fond, Emmanuel Macron n'avait rien dit, vous faisiez non. Vous n'êtes pas d'accord ? Vous trouvez au contraire que l'allocution était dense de signaux envoyés sur ce qu'il va faire
dans les jours à venir ? Il n'a pas dit ce qu'on attendait qu'il dise. Tout le monde voulait le nom d'un Premier ministre, il ne l'a pas donné, ce qui n'est plutôt peut-être pas une mauvaise nouvelle. Moi, je considère qu'il a levé deux hypothèques. La première était une demi-hypothèque, c'était celle de sa démission qui va aujourd'hui redevenir un slogan de manif et quitter le champ des questions politiques puisqu'il a dit qu'il irait de toute façon jusqu'au bout. On lève vraiment l'hypothèque
quand on dit qu'on ne partira pas parce que par définition,
il n'allait pas dire l'inverse. Je pense qu'en tout cas, il a été suffisamment clair. Après, on peut dire qu'il a tort, on peut dire qu'il a raison mais en tout cas, il a fixé sa volonté et pour le coup, cette clé-là, elle lui appartient. Ensuite, il a levé une autre hypothèque qui était combien de temps tout ça va durer, est-ce qu'il va redissoudre l'été prochain ou non et visiblement, alors il ne l'a pas dit en tant que tel et ça mériterait sans doute plus de clarté mais il dit non, on en a pris pour 30 mois. Là encore, on peut contester cette décision mais ça a le mérite de fixer un cadre.
Et puis la troisième information qu'il a délivrée ce soir qui est encore une fois, il aurait pu le dire autrement, c'est ce fameux gouvernement d'intérêt général. C'est une expression qui ne veut rien dire mais qu'on comprend. C'est un gouvernement d'union nationale sans certains et ça, il n'a pas pu l'assumer. Alors ensuite, dans ce cadre qui est fixé, c'est-à-dire il y a 30 mois, il y a un hémicycle divisé en trois blocs, comment ça peut se jouer ? Avec qui personne ne veut s'allier ? C'est le Rassemblement national.
C'était la logique envoyée dans les urnes du Front républicain, pas faire barrage au Rassemblement national et c'est pour ça que des gens, c'est la seule chose qu'ils avaient en commun. M. Tanguy, vous demandiez qu'est-ce qu'ils avaient en commun quand ils n'avaient rien ? Ils avaient cette seule chose-là qui était de vous barrer la route. Ce n'était pas grand-chose. En tout cas, ça a fonctionné. Donc il y a ceux avec qui personne ne veut s'allier, c'est le Rassemblement national. Et puis, la question va se poser s'il y en a qui ne veulent s'allier avec personne. Et là, c'est la question qui va être posée à la France insoumise.
Parce que la France insoumise a dit qu'on ne passe pas de compromis.
Vous me fournissez une transition tout trouvée, mais à l'idée...
Non, entre ces deux blocs-là, c'est-à-dire le Rassemblement national, 140 députés, la France insoumise, 71, si je ne m'abuse aujourd'hui... Le Nouveau Front Populaire, ce n'est pas une alliance ? Excusez-moi, vous dites qu'on ne veut s'allier avec personne. Je pense que c'est une alliance électorale. Mais non, c'est une alliance sur un programme. Vous ne voulez pas sortir de cette alliance puisque vous dites que discuter avec les macronistes... Et les filles ne veulent pas s'allier avec personne. Le NFP, c'est la coalition qui est... J'entends bien. Alors, vous restez dans votre tiers, mais le tiers ne peut pas faire la majorité. Donc, c'est pour ça que ça pose
une question. Et donc, si vous ne voulez vous les allier avec personne et que personne ne veut s'allier avec l'Assemblée nationale, il reste 366 députés.
Ils vont du Parti communiste jusqu'à LR, en passant par les indépendants, les socialistes, les écologistes. Est-ce que parmi ces 366, il y en a 289 qui peuvent, peut-être à l'Allemande et peut-être qu'on n'y est pas encore mûr, mais essayer de définir une espèce de cadre commun pour conduire la barque pendant 30 mois ? Je ne dis pas que c'est idéal, mais en tout cas, c'est l'information qu'on a ce soir.
Transition toute trouvée puisque nous allons accueillir sur ce plateau une ancienne ministre écologiste qui, dans les colonnes du Monde cet après-midi, faites une proposition. Allez-y, Cécile Duflo, vous pouvez arriver et vous allez prendre la place seulement sur ce plateau de Jérôme Gage, entre un député socialiste qui s'en va et une ancienne ministre écologiste qui arrive. Bonsoir, merci d'être avec nous, Cécile Duflo. Et de fait, vous dites dans les colonnes du Monde cet après-midi, mon option est la constitution d'une coalition climat et sociale qui doit aller des écologistes au bloc central qui exclut donc celui que vous avez à votre gauche, Jean-Philippe Tanguy.
Là-dessus, pas beaucoup de surprises. Mais aussi, Éric Coquerel qui est à l'autre bout, député insoumis de Seine-Saint-Denis, président de la commission des finances. Ça veut dire que la solution, elle se fait avec les écologistes et Aurore Berger. Est-ce que vous avez vu des éléments qui vous paraissent encourageants dans la prise de parole du président de la République ?
J'ai écouté Emmanuel Macron qui, vraiment, là je partage ce qu'a dit Natacha Polony dans les grandes largeurs, c'est qu'en fait, il a non seulement rien dit, donné des leçons, expliqué que tout le monde avait fait n'importe quoi, que lui était formidable. En fait, je pense qu'il serait mieux qu'il se taisent et qu'il laisse les parlementaires travailler. Et ensuite, ce que je dis comme citoyenne engagée, directrice d'une ONG qui lutte contre les inégalités, c'est que nous sommes dans une situation extrêmement périlleuse. Qu'est-ce qu'on fait dans cette situation extrêmement périlleuse ? Et vous tous, vous avez redit les choses dans un sens et dans un autre.
Il n'y a pas de majorité à l'Assemblée nationale. Et j'ai écouté aussi avec beaucoup d'attention Jean-Luc Mélenchon qui s'est exprimé sur TF1, qui explique, et il a une ligne, une stratégie, ce n'est pas nouveau chez Jean-Luc Mélenchon, il est très constant, et un objectif, sa candidature à la présidentielle, son programme, il a dit, on est le seul parti qui a un programme. Et donc, ils ne sont pas du tout dans cette optique qui est, je crois, la seule possible. C'est-à-dire que ça n'est pas une question d'être raisonnable, c'est juste une question de raisonner. Qu'est-ce qu'on fait avec cette Assemblée telle qu'elle est aujourd'hui ?
Ça signifie, effectivement, qu'un certain nombre de gens vont dire, nous n'allons pas appliquer tout notre programme, de toute façon, on ne peut pas. Et ça veut dire aussi à ceux qui sont issus de l'ancienne majorité d'Emmanuel Macron, vous n'allez pas pouvoir continuer comme avant. Vous ne pouvez pas penser que vous avez gagné et que le président de la République décide encore.
On fait ce que la parole et vous répondez dans un instant en berger. Juste avant, Jean-Philippe Tanguy, je vous ai vu lever les yeux au ciel pendant le début de la prise de parole de Cécile Duflo. Pourquoi ça ne... Ce n'est pas une solution politique qui vous paraît intéressante ?
Non, mais si vous voulez, Cécile Duflo, je suis isolée, madame, mais en fait, vous vous rendez compte de la responsabilité que vous avez vue dans toutes les difficultés de la France aujourd'hui ? L'arrêt du nucléaire, ça nous a coûté des dizaines de milliards d'euros. Les taxes punitives sur le carburant, sur le fioul, sur le gaz qui ont mis dans la pauvreté toutes les classes populaires dans la ruralité. Le logement que vous avez mis à terre avec vos lois dont plus personne ne sait comment sortir. Et donc là, vous voulez nous proposer une solution à tous les problèmes que vous avez posés ? Quand vous étiez allé avec M. Macron, avec M.
Hollande, ça ne vous a pas posé problème jusqu'au jour où vous avez démissionné ? Mais avant de démissionner, vous avez pris un poste avec M. Hollande ? Vous voulez nous expliquer que là, vous avez une solution miracle ? Je ne vois pas bien le rapport avec ce que vient de dire M. Hollande. Je peux vous dire que ceux qui nous regardent, ils voient le rapport, c'est qu'ils voient revenir des figures politiques que plus personne ne voulait, dont ils pensaient se débarrasser avec Emmanuel Macron et qu'ils pensent nous expliquer par le problème qu'ils ont mis en place qui était censé être la solution madame, ça va peut-être vous empêcher de dormir.
C'est grâce à vous que je pense que j'ai été élu. Car vous avez tellement trahi les classes populaires picardes et les classes populaires des territoires ruraux que maintenant, ils ont exactement confiance à ceux qui ont dit la vérité, à savoir le Rassemblement National. Pardon, j'ai vraiment effectivement perdu beaucoup l'entraînement de ce genre de façon de faire de la politique et de... Vous pouvez être dans une association qui lutte contre les inégalités. Vous êtes les inégalités, vous les avez augmentées. J'aime mon pays, j'aime la France et je pense que je vois dans les yeux et dans les messages
Est-ce que je reçois ? Attendez, s'il vous plaît, laissez répondre Cécile Duflo, Jean-Philippe Tanguy, vous avez entendu.
Parce que partout, depuis cinq ans, en se présentant comme la dame patronesse de la lutte contre les inégalités, vous les avez durablement aggrappé les inégalités. Jean-Philippe Tanguy,
sur ce plateau, on essaie de se respecter, pas d'attaque personnelle, dame patronesse là. Les uns et les autres ont des discours. Non, non, Jean-Philippe Tanguy, jamais on le dit. Jean-Philippe Tanguy, Jean-Philippe Tanguy, j'insiste. Oui, d'accord. Avec radicalité, clairement, mais pas d'attaque personnelle. Donc, Cécile Duflo, vous répondez. Et ensuite, Aurore Berger et Éric Coquerel sur cette proposition politique puisqu'elle inclut l'une et exclut l'autre. Allez-y, Cécile Duflo.
C'est presque un honneur d'être attaqué par l'extrême droite. Très bien. Mais ce que je dis, c'est que mes collègues qui sont présents dans 80 pays dans le monde, ils nous regardent avec énormément d'inquiétude. Parce que c'est la France, mais ce n'est pas que la France. Juste après l'élection de Donald Trump, je pense que l'alternance politique, c'est même plutôt sain pour la démocratie. Mais aujourd'hui, on est bloqué. Et quand on regarde l'état des positions des uns et des autres et aussi la déclaration du président de la République, on se dit, on va continuer comme ça pendant des semaines et des semaines.
Et ça, pour tous les gens qui ont besoin que l'État fonctionne, que les services publics fonctionnent, on ne peut pas rester dans cette situation. Donc, je regarde ce qui existe, quel est l'état des positions des uns et des autres et donc ce qui est possible. Et je vais vous dire une chose, c'est très inconfortable. Et je constate aussi que beaucoup de gens y compris dans la société civile et je le comprends, se planquent en disant oulala, en ce moment, la politique, ce qu'il faut faire, c'est surtout pas s'en mêler. Mais j'ai des convictions qui sont des convictions de longue date que personne ne pourra m'enlever, qui n'ont pas changé.
Mais en revanche, je garde les yeux ouverts sur la réalité politique.
Et vous excluez donc Éric Ocrel de cette... Non, je prends... Je suis prudent d'entendre Éric Ocrel justement.
Oui, mais je veux juste dire, je peux dire à Éric, je prends acte de la ligne politique de son patron que je connais très très bien, qui est très constant
qui a parlé sur l'allocution du président, d'un bavardage creux et prétentieux en donnant des leçons à tout le monde de la vie du Parlement. C'est ce que M. Macron a qualifié d'anti-républicain. Il n'a jamais été élu dans aucune assemblée. Il redemande sa démission cet été. Il a élu pour ça, il l'a dit. Lui, il est génial. Tous les autres sont des imbéciles. Le général de Gaulle est parti quand il a eu le sentiment de n'être plus soutenu par les Français. Voilà Jean-Luc Mélenchon qui donc, une nouvelle fois ce soir, chez nos confrères de TF1, rappelle sa demande d'une démission du président de la République.
Éric Coquerel, est-ce qu'en rappelant et en martelant cette volonté qu'Emmanuel Macron quitte le pouvoir, ce à quoi il vous répond, ce soir, est-ce que vous ne vous placez pas en marge de tous les partenaires avec lesquels vous aviez essayé de prendre une solution politique ?
Je crois que je ne suis pas du tout en marge de la population française. Je ne sais pas si je suis en marge de quelques groupes politiques, mais alors par rapport à ce que pense le peuple français, manifestement apparemment, à 64%, je ne me sens pas en marge du tout. Je vous réponds. Et même par rapport à ce qu'ont pensé nos électeurs, ils ont mis un bulletin de vote et d'FP, je ne me sens pas en marge.
Et si je vous dis ça, je le répète encore aujourd'hui, j'étais un député qui était présent à une manifestation de plusieurs dizaines de milliers de personnes de tous les syndicats, de tous les syndicats cet après-dit, je peux vous assurer que la ligne qui consiste à expliquer qu'on va faire une coalition avec des gens qui font une politique absolument désastreuse pour le climat, désastreuse pour l'égalité, désastreuse même d'un point de vue, j'allais dire, sécuritaire et autoritaire, là, ils ne comprennent pas. Donc je vous réponds là-dessus. Je voudrais revenir par rapport à Cécile qui est non seulement de gauche mais qui est une amie. – Ah bah justement, oui. – Oui, bien sûr.
Je ne comprends pas la position qui peut être prise de ce type. Pourquoi ? Parce que Cécile, elle dirige une Oxfam avec qui nous faisons beaucoup de choses, qui dénonce toute la question des dégâts du néolibéralisme dans le monde en termes de développement des inégalités, de non-réponse à l'urgence climatique, etc. Il y a une urgence. Et donc, on va nous expliquer que là, au moment où le pouvoir néolibéral est dans la difficulté, nous l'avons censuré, nous l'avons battu dans les urnes, eh bien l'urgence, ça va être d'exclure la force qui est quand même la garante à gauche aujourd'hui d'une ligne de rupture et on va aller faire une coalition avec ceux là-même qui pratiquent cette politique.
Mais c'est inentendable. Est-ce qu'on peut considérer que c'est inentendable ? C'est quoi le plan demain et après-demain, Éric ? Parce que c'est ça mon problème. Le plan, ça ne peut pas être de gouverner avec quelqu'un qui, comme M. Attal, par exemple, explique contre toutes les taxations que tu as toi-même proposées à Coxfam, c'est eux qui sont montés à l'Assemblée, c'est eux qui sont montés le plus férocement, y compris sur les quelques articles que M. Barnier proposait à ce niveau-là. C'est pour ça que je dis qu'il faut que ça bouge. Et quand on leur dit qu'il faut des investissements, comment peux-tu penser et laisser...
Non, mais ce qui est grave, c'est que tu laisses aux électeurs l'illusion qu'ils pourraient bouger et que donc, l'issue politique de la défaite du macronisme, ça serait de permettre au macronisme de revivre. Parce que c'est ça que vous êtes en train de proposer. Qui vous ? Alors que je vous ai en quelques années, et ensuite, bien évidemment, on a retrouvé Léopold Lodbert à l'Élysée. Je parle de l'Élysée de Macronisme. Je vais te répondre parce que les électeurs, ils ont fait quelque chose de très intéressant. macronistes à plus de 40%, même avec des instructions de ne pas voter pour les candidats LFI, ont voté pour les candidats LFI.
Donc le mandat qui a été donné à cette Assemblée, il est clairement de s'opposer aux mesures d'extrême droite. On peut être content, pas content, c'est une réalité. Excuse-moi, mais ça, ça ne fait pas un programme. Si c'est le seul programme, si c'est le seul programme, M. Tanguy, c'est Cécile Dufault, il sera bientôt ministre de ce pays. Cécile Dufault, c'est vous, Natacha Polony. Il y a deux tiers des Français qui sont contre votre programme, mais c'est ça aussi le problème. Ils n'ont pas voté pour votre programme et Cécile Dufault a eu raison de rappeler que vous avez été élu en partie avec des voix de la droite et des macronistes. Mais personne ne le dit pas. S'il vous plaît.
Messieurs, messieurs, messieurs, messieurs, s'il vous plaît.
S'il vous plaît. Ce débat est intéressant. Je constate qu'il se passe beaucoup à gauche où l'on voit une sorte de lave bouillonnante. On continue bien évidemment de parler de tout cela et ça a un lien avec ce que va nous raconter dans un instant Léopold Daudbert. Léopold, on vous retrouve en direct vous avez pu discuter avec des conseillers d'Emmanuel Macron. Pas de Premier ministre pour l'instant dans les prochains jours mais demain Emmanuel Macron qui se replace au centre du jeu avec un certain nombre de rencontres. Lesquelles ? Alors là, on est dans les conséquences très concrètes effectivement Benjamin, Benjamin.
Des invitations ont été lancées et demain, on devrait voir à l'Elysée effectivement Emmanuel Macron recevoir en matinée les chefs de groupe et de parti du Bloc central. En fin de matinée, ça sera cette fois-ci ceux du PS et en début d'après-midi ceux de la droite républicaine. On est en plein dans ce que cherche Emmanuel Macron et il l'a dit dans la locution essayer de faire en sorte qu'il y ait une alliance avec ces forces-là dites républicaines pour tenter de trouver des accords de gouvernement pour la suite dans ce fameux gouvernement resserré.
Vous parliez de la nomination du prochain Premier ministre en quelques mots juste pour vous dire que l'hypothèse de demain elle semble quand même mal partie parce qu'avec toutes ces consultations on arriverait sur une fin de journée. Est-ce qu'on peut vraiment imaginer Emmanuel Macron nommait un Premier ministre en fin de journée alors que le lendemain et pendant deux jours on rentre dans cette réouverture de Notre-Dame qui va être un moment extrêmement important pour lui pas vraiment donc on se projette plutôt vers lundi même s'il faut y rester évidemment prudent Benjamin Benjamin
Merci d'avoir regardé cette vidéo ! Merci d'avoir regardé cette vidéo ! Merci d'avoir regardé cette vidéo !
Emmanuel Macron