Libération de Cécile Kohler et Jacques Paris, suspension de Shein... le 8h30 de Jean-Noël Barrot
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Bonjour Jean-Noël Barreau. Bonjour. Merci beaucoup d'avoir accepté l'invitation de France Info. Beaucoup de sujets à aborder avec vous aujourd'hui. La plateforme Chine menacée d'être suspendue en France, la relation avec l'Algérie, la coopération en matière de narcotrafic. Mais d'abord, Emmanuel Macron appelle à la libération pleine et entière de Cécile Collère et Jacques Paris, sorti de prison mardi après plus de trois ans de détention en Iran. On écoute l'émotion de Noémie, la sœur de Cécile, hier soir au 20h de France 2.
Je l'ai eue hier soir, donc c'était la première fois depuis trois ans et demi que je la voyais sans voile, que je voyais ses cheveux, que je voyais son visage. Bon, elle a été très éprouvée par cette détention, mais elle était soulagée, heureuse de pouvoir être à l'ambassade avec Jacques et de pouvoir nous contacter sans contrainte.
Cécile Collère et Jacques Paris sont toujours retenus à l'ambassade de France à Téhéran. Pourquoi ? Est-ce qu'ils sont toujours un peu otages du régime iranien ?
D'abord, la très bonne nouvelle, c'est qu'ils sont désormais en sécurité à l'ambassade de France, sous la protection de la France. Et leurs familles sont soulagées. Le pays tout entier, je crois, est soulagé. Lorsque je me suis entretenu avec eux hier, ils ont exprimé leur remerciement à l'égard de toutes celles et ceux qui les ont portées pendant l'épreuve depuis trois ans. Mais ça n'est qu'une étape qui doit les conduire jusqu'à la libération définitive, la rémission totale après une épreuve indicible.
Et nous allons continuer à nous mobiliser comme nous le faisons, parfois discrètement, parfois dans l'ombre, ce qui nous a permis d'obtenir ce résultat jusqu'à parvenir à leur retour en France.
On va prendre le temps de partager toutes les informations dont vous disposez. Mais quand Emmanuel Macron appelle son homologue iranien Massoud Pesachian et lance cet appel à ce qu'il soit libéré le plus rapidement possible, on est d'accord que c'est aussi une solution qui peut s'enliser. Ça peut durer des semaines ou des mois. C'est quand le plus rapidement possible ?
Vous savez, c'est la troisième fois cette année que grâce à la mobilisation du Quai d'Orsay, sous l'autorité du président de la République, nous obtenons la libération de compatriotes retenus en Iran. C'était Olivier Grondeau au mois de mars, Lénard Monterlos au mois d'octobre et désormais Cécile Colleur et Jacques Paris. Lorsque nous travaillons sans relâche, dans l'ombre comme je le disais, nous n'avons aucune certitude sur le résultat ou sur le calendrier. Mais nous le faisons avec beaucoup de concentration, beaucoup de détermination, en lien étroit avec les familles évidemment que nous tenons informées et ça marche et ça fonctionne.
Il faut laisser les diplomates faire leur travail, ça fonctionne.
Jean-Noël Barraud, aujourd'hui vous dites « Je n'ai aucune idée du calendrier ». Vous ne savez pas si ça va prendre des semaines, des mois ?
Je n'ai aucune certitude, mais je suis bien obligé de constater avec vous que nous avons obtenu un premier résultat qui est majeur pour Cécile Colleur et Jacques Paris, dont les proches s'inquiétaient lorsqu'ils les ont vus, ou eu au téléphone ces derniers mois, de la dégradation de leur état de santé.
Justement, vous avez aussi envoyé un médecin du centre de crise du Quai d'Orsay pour les accompagner sur place et vous les avez eu au téléphone les deux hier matin. Que vous ont-ils dit exactement ? Comment vont-ils ?
D'abord, je leur ai fait part de l'immense élan de solidarité qui, à travers le pays, les a soutenus dans l'épreuve depuis trois ans. Ils ont exprimé leur soulagement, leur gratitude à l'égard des agents du ministère des Affaires étrangères, des agents de l'ambassade qui les ont soutenus, qui ont été à leur côté pendant les visites consulaires, notamment les visites à la prison. Gratitude à l'égard des services de l'État. Gratitude aussi à l'égard de tous les comités de soutien qui, sur le territoire national, se sont exprimés pendant trois ans et demi, des parlementaires aussi.
J'ai évidemment dépêché sur place une équipe de renfort, puisque chacun le sait, le calvaire de ceux qui reviennent de la captivité ne s'arrête pas au jour de leur libération. Il est très difficile ensuite de pouvoir se reconstruire. Et ça suppose d'avoir tout le soutien nécessaire. Et c'est pourquoi l'équipe de l'ambassade et cette équipe de renfort va les accompagner dans les premiers jours et les premières semaines et qu'ensuite nous resterons à leur côté pendant toutes les étapes de ce chemin vers la rémission.
Jean-Noël Barraud, il y a l'après, comment se reconstruire. Et puis il y a ce qu'ils ont vécu aussi. Benjamin Brière, ex-otage en Iran, a été frappé lui quand il était détenu. Et il disait sur France Info, et pourtant ce qu'ont vécu Cécile et Jacques, même moi, je ne peux pas l'imaginer. La violence dans laquelle ils ont été détenus est inouïe. On sait qu'ils ont subi des mauvais traitements. Écoutez Anne-Laure Paris, la fille de Jacques Paris, hier soir sur France 2.
Mon père était à l'isolement. Donc non, il ne pouvait pas se voir. C'était une toute petite cellule. Donc en fait, en effet, mon père a trouvé des ressources pour tenir. Et il me le disait à l'époque, quand on l'avait au téléphone, il disait, ce n'est pas par plaisir, mais par nécessité que je fais du sport. Je fais six heures de sport par jour. Pour me fatiguer, pour réussir à dormir.
Qu'est-ce qu'ils ont subi en détention ? Comment vous qualifiez ?
C'est impossible à imaginer. Je l'ai qualifié à de nombreuses reprises. Et j'ai eu l'occasion d'en parler à plusieurs reprises au Quai d'Orsay avec les familles, dont je salue le courage et la persévérance. C'est un isolement absolu. C'est des conditions les plus spartiates qu'on puisse imaginer. C'est l'incapacité de pouvoir contacter ses proches. Et donc, c'est sans doute de toutes celles et ceux qui ont été détenus en Iran ces dernières années, Jacques et Cécile, qui ont subi les conditions les plus difficiles, les plus éprouvantes, les plus inhumaines.
Vous dites impossible à imaginer. C'est vous aussi qui avez appris à la mère de Cécile Collère que sa fille était libérée. C'était mardi vers 19h. On imagine un appel bouleversant.
J'ai appelé les deux familles au moment où Jacques et Cécile sont entrés dans la résidence de France et se sont trouvés sous la protection de la France. Une immense émotion m'a gagné dans ce moment-là, qui est sans doute le moment le plus fort que j'ai vécu dans les fonctions que j'exerce aujourd'hui. Et j'ai été très heureux de pouvoir partager ce moment avec des familles qui, je le disais, ont fait preuve d'un courage inouï.
Et vous avez attendu qu'il soit en sécurité à l'ambassade, c'est ça ? Donc 19h ?
Évidemment, on ne prend pas le risque de donner une information aux familles avant que nos compatriotes, lorsqu'ils reviennent de détention, soient en sécurité à 100%.
Nous, à ce moment-là, nous étions avec le français Benjamin Brière. À France Info, on a vécu un très grand moment parce qu'on l'a appris avec lui. Donc Benjamin Brière, il en parlait à Gade. Mais Benjamin Brière, il est aussi assez critique contre vous, contre le Quai d'Orsay. Il considère que certaines familles d'otages reçoivent trop de pression. On l'écoute.
Je le conseille à tous les malheureux futurs otages et à leur famille. C'est ce qui se passe encore. Alors, le gouvernement va mettre une pression sur les familles d'otages pour qu'ils se taisent. Mais l'agenda, il n'est pas à 100% pour les otages ni leurs familles. L'agenda, il est avant tout pour les postes et les carrières de ceux qui sont en place.
Alors, je vois faire la moule. Je précise que Benjamin Brière est très critique. Il a été libéré par vos services. C'est important de le dire aussi. Il en est conscient. Mais c'est très intéressant ce débat. Je l'ai entendu dans de nombreuses familles d'otages. D'un côté, vous vous dites au Quai d'Orsay. Ne dites surtout rien à la presse. On s'en occupe discrètement. Et eux, vous répondent. Déjà, je finis ma question. Le ton est trop long. Et puis, si nous, on ne parle pas, il n'y a pas de pression internationale. Donc, on vous aide.
Mais c'est complètement faux. Et je vous invite à vous documenter. C'est ce qu'on fait. Non, puisqu'apparemment, vous n'avez pas suivi ce qui s'est passé dans l'affaire de Cécile Colleur et Jacques Paris. C'est-à-dire que c'est faux. Nous ne demandons pas systématiquement aux familles de se taire. C'est rigoureusement faux. Il y a des moments, parce que les processus de discussion et de négociation l'exigent, nous demandons une discrétion. Et puis, il y a des moments, comme ça a été le cas au printemps, où là, au contraire, nous invitons les familles, si elles le souhaitent, à s'exprimer. Parfois avec beaucoup de force, pour faire entendre leur détresse et leur attente.
C'est ce qui s'est passé au printemps dernier. Et c'est dans la coordination étroite avec les familles que nous fixons les lignes de la communication, qui est celle de l'État. D'accord, mais ça vous aide quand il n'est pas... Ça vous aide ? Ça a senti de la pression internationale ou pas ? Non, non, non. Excusez-moi. Les familles d'otages traversent elles-mêmes des épreuves qui sont très difficiles. Et c'est pourquoi elles ont un référent, une personne contact en permanence au Quai d'Orsay.
Cette personne contact va les prévenir systématiquement lorsque le Quai d'Orsay va prendre une position, lorsque le ministre va s'exprimer, pour qu'il n'y ait pas de surprise, pour que tout soit toujours coordonné au mieux. Alors, bien sûr qu'il y a des frustrations. Et certaines des frustrations de Benjamin Brière sont légitimes et justifiées. Quand vous avez été détenu pendant plusieurs années dans un pays comme l'Iran, et que vous revenez en France, c'est non seulement un moment difficile, puisque vous devez vous reconstruire. Mais ça peut être aussi un casse-tête, un labyrinthe, pour retrouver l'accès à vos droits les plus élémentaires.
Et je crois que nous pourrions améliorer les conditions...
Même pour retrouver un travail, parfois. Parce que ça peut faire peur à un employeur, quelqu'un qui a été détenu pendant trois ans.
C'est moins cela que vous savez, une forme de bureaucratie qui fait qu'on vous demande « Mais vous étiez où pendant ces trois ans ? » Eh bien, j'étais en détente.
Mais donc il faut améliorer, il faut créer un statut d'otage d'État ?
Il faut sans doute créer des facilités pour que lorsque nos compatriotes rentrent de la captivité, le chemin vers la réintégration totale dans la société française soit facilité. Je crois que c'est important, et j'ai déjà eu des échanges avec le garde des Sceaux sur ce sujet, et j'espère que nous pourrons avancer rapidement.
Jean-Noël Barreau, il faut qu'on avance. Téhéran a annoncé hier que l'Iranienne Madhye Esfandyari, détenue en France depuis février pour apologie du terrorisme, avait été libérée et se trouvait désormais à l'ambassade d'Iran à Paris. Donc une annonce au lendemain de la libération conditionnelle de nos ressortissants. Est-ce que vous nous le confirmez ? Et est-ce que c'est la contrepartie de la France ?
Si vous avez des questions à poser à l'autorité judiciaire, je vous invite à le faire. Quant à nous, nous allons rester mobilisés, nous n'allons épargner aucun effort pour obtenir la libération immédiate et inconditionnelle, définitive de notre colleur et jacquard.
Votre homologue iranien est plus bavard que vous sur ce point, et on comprend pourquoi. Le procès de cette femme sera en janvier, ça veut dire que ça peut être très très très long pour nos deux otages d'État bloqués à l'ambassade, c'est une possibilité.
Je vous l'ai dit, malheureusement, je dirais la misère mais aussi la grandeur du métier de diplomate, c'est que nous travaillons souvent dans l'ombre, sans certitude de succès, sans certitude sur le calendrier, mais avec à cœur d'obtenir le résultat, et le résultat c'est la protection et la sécurité de nos compatriotes.
Et donc vous ne voulez pas nous confirmer aujourd'hui que cette femme est actuellement à l'ambassade iranienne en France ?
Je vous invite à interroger la justice française qui est chargée de ce dossier.
Que disent-vous aux Français qui voudraient se rendre en Iran pour du tourisme aujourd'hui ? Surtout n'y aller, surtout pas ?
Je leur dis, en général, que dans le monde qui se brutalise, ils sont invités à consulter les informations mises à leur disposition par le ministère des Affaires étrangères, par le Quai d'Orsay, et la rubrique Conseil aux voyageurs, du site diplomatie.gouv.fr, qui indique très clairement les zones du monde dans lesquelles ils peuvent se mettre en danger s'ils s'y rentrent.
Et donc l'Iran, non ?
L'Iran fait partie des zones qui sont formellement déconseillées à nos compatriotes. Est-ce que c'est irresponsable de se rendre en Iran aujourd'hui pour faire du tourisme ? Je crois que lorsque l'on voyage, il faut tenir compte de sa propre sécurité, de la sécurité de nos compatriotes. Et donc j'invite chacun à suivre les recommandations du site Conseil aux voyageurs, qui est consulté par plusieurs dizaines de millions de Français chaque année. Donc ça ne doit être pas si difficile à trouver en ligne. Allez-y avant de partir.
Est-ce que vos services sont un chiffre approximatif de nombre de Français qui sont actuellement en Iran ? Est-ce que vous êtes inquiet pour eux ?
Nous en avons, puisque vous vous souvenez qu'au mois de juin, une guerre a opposé Israël à l'Iran. Et qu'à ce moment-là, nous avons veillé à la sécurité de nos compatriotes sur place et à créer les conditions de leur sortie du territoire iranien. Je n'ai pas de chiffre consolidé, mais c'est de l'ordre d'un millier de Français ou de personnes disposant de la nationalité française qui, à l'époque, était en Iran. Ce que j'évoquais à l'instant, c'est évidemment le site Conseil aux voyageurs n'est pas là pour prescrire à des personnes, à des compatriotes qui ont leur vie en Iran de quitter. Ça arrive qu'on invite nos compatriotes à quitter un pays en question.
Et ce n'est pas le cas en ce moment-là. Là, je vous parle des Français de passage, des Français de voyage.
Et ceux qui sont là-bas, qui vivent là-bas, vous ne leur dites pas de revenir.
Ça n'est pas, en tout cas, ce que le site Conseil aux voyageurs indique à ce stade.
Avec Jean-Noël Barraud, ministre de l'Europe et des Affaires étrangères, l'exécutif hausse le ton contre Chine, Paul.
Oui, après la vente de poupées pédopornographiques, on a appris hier que des armes comme des machettes ou des haches étaient en vente libre sur la plateforme Chine. Sébastien Lecornu a annoncé que le gouvernement a engagé une procédure de suspension de la plateforme chinoise. Un délai de 48 heures leur a été accordé. Si elle ne se conforme pas, on ne pourra plus acheter sur le site en France, sur Chine. Et qu'en pense le ministre des Affaires étrangères que vous êtes ?
J'en pense du bien. Et je me félicite que le Premier ministre ait demandé à la fois l'ouverture d'une procédure de suspension, comme vous venez de la décrire, mais qu'il ait aussi demandé au ministre de l'Intérieur de demander le blocage à la justice du site. Et je vais aller plus loin. Je pense que la plateforme est de toute évidence en infraction avec les règles européennes dont nous nous sommes dotés en 2022 sous l'impulsion française. Et je pense que la Commission européenne doit sévir. Elle ne peut plus attendre.
Oui, parce que ça fait depuis longtemps que la Commission européenne est saisie du cas de Chine. Et il ne se passe rien.
Mais pas que du cas de Chine, de toutes ces plateformes.
Et ça fait depuis longtemps que la France est au courant des dérives et des infractions de Chine.
Que ce soit les places de marché, celles où on s'échange des produits ou que ce soit les réseaux sociaux, vous voyez bien tous les abus qui posent des questions d'ordre public, de sécurité publique et qui posent une menace sur la qualité de notre débat public. Tout cela, nous l'avons encadré par des règles qui ne sont pas respectées. Et donc la Commission européenne, ça fait trois ans que ces règles ont été adoptées, doit sévir.
Est-ce qu'une demande spécifique de la France a été faite en ce sens à l'Europe ?
Oui, par le ministre de l'économie et la ministre chargée du numérique. Je soutiens cette démarche. Je vais l'appuyer de toutes mes forces. Il faut que la Commission prenne les sanctions. Elle peut aller jusqu'à 6% du chiffre d'affaires mondial, ce qui n'est pas neutre.
Pourquoi on doit prendre des sanctions si on autorise Chine à s'étendre chaque jour davantage en France ? Hier, un magasin a été ouvert au BHV. Dans les jours qui viennent, plusieurs boutiques doivent ouvrir à Grenoble, Reims, Dijon, Limoges, Angers. Vous ne découvrez pas les infractions de ces plateformes ?
Alors, il y a deux sujets, je pense, et deux sujets de grande importance. Le premier sujet, c'est ce qui se passe en ligne. Et on a laissé prospérer des grandes plateformes dont les règles sont fixées par des milliardaires chinois et américains et qui viennent perturber la vie économique, sociale, démocratique de la nation. C'est inacceptable. Des règles ont été fixées. La Commission a diligenté certaines enquêtes. Elle doit maintenant les assortir de sanctions. Et ensuite, et ensuite, il y a le sujet que vous évoquez, c'est-à-dire la concurrence que représentent ces grandes plateformes de distribution pour le petit commerce.
Si nous ne faisons rien, si nous laissons faire, nous allons voir les petits commerces disparaître de nos centres-villes et du centre de nos villages. Et ce sera la mort de nos villes et de nos villages. Et donc, il nous faut réagir. La taxe de 2 euros sur les petits colis est une première réponse. Les douanes doivent aussi se mobiliser, et pas uniquement les effectifs des douanes françaises, mais les gardes-frontières européens, parce qu'il y a dans ce flux massif de petits colis qui vient inonder nos villes et nos villages, des produits contrefaits, des produits mauvais pour la santé ou des produits illicites. Ce n'est pas possible.
On doit reprendre le contrôle de nos frontières s'agissant des produits qui rentrent
sur le territoire de l'Union européenne et de la France. C'est un débat passionnant, parce que les Français continuent à l'utiliser massivement. Donc, on en reparlera sur France Info. Mais on a tellement de thèmes que je vous interroge à présent sur l'Algérie. On apprend que le ministre de l'Intérieur, le nouveau ministre de l'Intérieur, Laurent Nunes, qui, on va en parler à une ligne très différente de celle de Bruno Retailleau, a reçu une invitation pour se rendre en Algérie afin de renouer le dialogue et de relancer la coopération sécuritaire entre les deux pays. Qu'est-ce que vous attendez de cette visite ?
Le Premier ministre l'a dit cette semaine de manière très claire. Il faut arrêter de faire de l'Algérie un sujet de politique intérieure. Et il faut, dans un dialogue exigeant, qui vise à protéger nos intérêts, obtenir des résultats sur la libération d'abord de nos deux compatriotes, Boilem Sansal et Christophe Gleize, sur la coopération en matière de sécurité, puisque au sud de l'Algérie se situe l'un des principaux foyers mondiaux du terrorisme islamiste, et puis la coopération migratoire, puisque nous avons besoin de coopérer avec l'Algérie pour expulser les Algériens en situation irrégulière sur le territoire national.
S'ajoute à cela une dimension qui est souvent éclipsée dans ce débat, qui est la question économique. Beaucoup d'entreprises en France, notamment des PME du secteur de l'agroalimentaire, pâtissent des tensions qui ont émaillé la relation depuis un an. Et donc ce sont ces intérêts que nous devons défendre dans un dialogue exigeant. C'est la ligne fixée par le Premier ministre, et nous allons nous y tenir.
Vous avez eu des différends sur la méthode avec Bruno Retailleau. Est-ce que vous êtes satisfait que cette page soit tournée ? Bruno Retailleau, d'ailleurs, déplore dans le Figaro de ne pas avoir été soutenu assez par l'Elysée, que l'Elysée n'ait pas voulu assumer sa ligne de fermeté ?
Je crois que la fermeté a été au rendez-vous, puisque nous avons, chaque fois que nos intérêts ont été en jeu, répliqué avec beaucoup de force, aux mesures très brutales qui ont été prises par les autorités algériennes. Et notre message a été très clair. Nous avons des intérêts à défendre, les intérêts des Françaises et des Français, et pour ça nous devons coopérer. Mais pour coopérer, il faut être deux. Et il appartient aux autorités algériennes de démontrer leur volonté de coopérer, d'entrer dans ce dialogue exigeant.
Une question, je veux demander une réponse assez concive, parce qu'il faut aussi qu'on vous parle du narcotrafic. Sur les accords de 1968, ça paraît technique, mais c'est un point éminemment politique. Le Premier ministre Sébastien Lecornu souhaite, a souhaité mardi, que la renégociation de l'accord de 1968 démarre le plus vite possible après l'adoption à l'Assemblée d'une résolution, on s'en souvient, du Rassemblement national pour dénoncer ces accords. En quelques mots, est-ce que vous êtes pour cette renégociation ? Pour cette renégociation. En quelques mots, merci. On continue, Agathe ?
Ça fait 15 ans que la France essaye de renégocier, mais il faut être deux pour renégocier. Pour l'instant, l'Algérie...
Mais on a renégocié déjà plusieurs fois, sous des gouvernements de gauche, sous des gouvernements de droite.
Oui, mais ça fait 15 ans qu'on essaye de renégocier. C'est issu d'un rapport fait par deux macronistes à l'Assemblée.
Mais quand on a un accord qui lie deux pays, souverains, il doit être renégocié dans le respect de la souveraineté des deux pays.
Est-ce que c'est normal qu'un pays qui détient toujours Boualem Sansal et Christophe Gleize bénéficie d'un régime dérogatoire en France ? Et quand est-ce que vous espérez une libération de ces deux compatriotes ?
Je vous l'ai dit, nos deux compatriotes, les questions migratoires, les questions sécuritaires, les questions économiques, c'est l'ensemble des sujets que nous voulons aborder, de même que la renégociation de cet accord de 68.
Vous décollez demain pour le Mexique et vous serez samedi en Colombie, notamment pour parler de coopération en matière de narcotrafic et présenter votre feuille de route en quelques mots. Quelle est-elle ?
Narcotrafic, criminalité organisée, c'est un fléau qui lui aussi perturbe de manière très significative la vie de la nation. Et donc je veux aller traiter le mal à la racine en faisant monter le Quai d'Orsay en première ligne. J'irai au Mexique où je retrouverai le président de la République, puis en Colombie pour signer de nouveaux accords de coopération avec les pays qui, sur place, bénéficient de notre coopération, de notre soutien en matière de douane, en matière de lutte contre les criminels.
Je renforcerai nos effectifs sur place, je réorienterai des financements, notamment des crédits de l'aide publique au développement pour soutenir les efforts des pays sur place et je proposerai dans quelques jours d'une part la création à venir d'une école pour la lutte contre la criminalité organisée dans la région, comme nous en avons d'autres, animés par le Quai d'Orsay dans d'autres régions du monde. Et je présenterai dans quelques jours également un régime de sanctions européens dans la lutte contre les criminels du narcotrafic, de la traite des êtres humains, etc.
Jean-Noël Barraud, autre sujet, on a reçu le témoignage ce matin de cette femme, Shana, elle revient de l'enfer de Daesh, emmenée de force en Syrie en 2014, elle est aujourd'hui considérée comme une victime par la justice française après son rapatriement. Écoutez, elle demande la nationalité.
J'ai fait l'objet d'un arrêté d'expulsion en 2024, pardon, et on a réussi à la faire annuler et pour l'instant, j'attends toujours une régularisation de l'économie. Mais dans un pays où elle n'est jamais allé
l'agirier ? Voilà, allez-vous lui accorder la nationalité française ?
Ce n'est pas le ministère des Affaires étrangères qui traite de ce type de questions. Non, mais le rapatriement de la question. Ce que je peux dire, exactement, ce que je peux dire, c'est que nous avons dans des conditions très difficiles rapatriées les femmes et les enfants. qui détenus dans les camps des prisonniers du nord-est syrien parce qu'appartenant à des familles de combattants de Daesh étaient en quelque sorte otages de décisions qui avaient été prises en leur nom.
C'est l'honneur de la France de l'avoir fait et je veux remercier ici tous les services de l'État au premier rang desquels les missions du Quai d'Orsay qui se sont rendues sur place pour organiser ces rapatriements mais ensuite tous les services de l'État qui se sont mobilisés pour que le retour de ces mères et de ces enfants issus de familles de combattants terroristes puisse être prise en charge dans des conditions qui assurent la sécurité des Françaises et des Français. 8h58 sur France Info
l'heure de la question qui ? Aujourd'hui la question qui ? Mamdani Toute la gauche des insoumis à Marine Tandelier en passant par François Ruffin et Clémentine Autain Toute la gauche tente de surfer sur le succès du nouveau maire grande partie de la gauche tente de surfer sur le succès de Zoran Mamdani donc que pensez-vous du médiatique nouveau maire de New York ? Je suis un peu étonné
de voir des élus d'une partie de la gauche essayer de s'approprier cette victoire je crois comprendre que certains ont même été faire campagne sur place je trouverais ça étrange que des parlementaires américains viennent faire campagne en France et je pense que ça choquerait un certain nombre de nos compatriotes ensuite ce que je constate de cette campagne c'est que la radicalité des uns entraîne la radicalité des autres et ce que je constate également c'est que les invectives ne payent pas puisque le nouveau maire de New York a fait l'objet d'une campagne massive d'invectives et d'insultes par ses adversaires qui ne leur ont pas réussi
D'un mot Jean-Luc Mélenchon déplore la différence de traitement de la gauche radicale perçue comme une antidote à Trump aux Etats-Unis mais comme un péril populiste à Paris qu'est-ce que vous lui répondez ?
J'attends de voir si c'est réellement un antidote à Trump puisque je vous invite à consulter les scores de cette élection qui était particulière il est vrai mais le nouveau maire auquel je souhaite pleine réussite dans l'exercice de ses fonctions a obtenu un score qui somme toute est en retrait par rapport au score traditionnel des démocrates
Merci Jean-Noël Barraud d'avoir répondu aux questions de France Info Merci beaucoup Merci Agathe
Jean-noël Barrot