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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 27 mars 2025 25 min

"Logement social à vie", crise du logement... Le "8h30 franceinfo" de Valérie Létard

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

Bonjour Valérie Létard.

0:04
Valérie Létard

Bonjour.

0:05
Présentateur

Votre prédécesseur, redevenu député Guillaume Casbarian, a proposé avec l'un de ses collègues un texte pour durcir les conditions de maintien dans un logement social. Le texte a été rejeté en commission cette semaine. C'est une bonne nouvelle ou pas ?

0:20
Valérie Létard

Je pense qu'aujourd'hui, la commission a rejeté le texte, mais le débat va avoir lieu en séance et qu'il va falloir évidemment approfondir ce sujet. Mais vous le savez, derrière cette question, peut-être que le titre est un peu au-delà de la réalité.

0:36
Présentateur

Le titre du texte est « Vouloir mettre fin au logement social à vie ».

0:40
Valérie Létard

La réalité, c'est que déjà aujourd'hui, la loi prévoit que lorsque vous êtes à 150% du plafond haut de revenus qui permet d'accéder au logement social, vous devez quitter les lieux. La loi le prévoit, les bailleurs doivent le faire. Et l'agence de contrôle des bailleurs sociaux, qui s'appelle l'Encolse, est dans les missions de contrôle qui sont les siennes auprès des bailleurs sociaux, déjà mandatée pour pointer du doigt, critiquer et sanctionner la réalité. Mais est-ce que c'est appliqué ? Est-ce que c'est appliqué ? Eh bien, écoutez, l'Encolse, croyez-moi, tous ceux qui savent aujourd'hui comment fonctionne l'Encolse, savent que c'est une autorité d'une exigence et d'une...

Enfin, voilà, les sanctions pèsent.

1:24
Invité

Mais est-ce qu'on a des chiffres sur le nombre de Français ? Le nombre d'habitants qui quittent leur logement social chaque année ?

1:32
Valérie Létard

Aujourd'hui, pour tout vous dire, c'est marginal. Parce qu'en fait, les gens qui sont dans le parc de logement social, en payant des surloyers, c'est vraiment plutôt très francilien, très parisien, ou dans les très grandes métropoles. Ça ne veut pas dire qu'il n'y en a pas ailleurs, mais c'est marginal. Et ce que propose la loi de Guillaume Casbarian, c'est de baisser ce seuil de 150% à 120%. Ce qui veut dire que 30 000 ménages en France seraient concernés au départ. C'est la fourchette, l'évaluation qu'on fait, en stock. Et qu'ensuite, annuellement, ça devrait représenter à peu près 3 000 personnes, 3 000 ménages concernés par cette baisse.

2:08
Présentateur

Donc, ce que vous êtes en train de nous dire, Madame la Ministre, c'est que cette proposition de loi, en fait, elle ne va concerner pas grand monde. Votre collègue, Juliette Méadelle, elle, elle se félicite, elle se réjouit que le texte ait été rejeté en commission. Elle dit, les habitants des quartiers demeurent défavorisés socialement, et s'ils vivent un peu mieux, tant mieux pour le quartier. Nous voulons de la mixité sociale,

2:28
Valérie Létard

pas des ghettos. Vous êtes d'accord avec elle ? Ce que dit Juliette Méadelle, c'est que dans les quartiers politiques de la ville, et je rejoins cette position, dans les quartiers politiques de la ville, on a besoin de mixité sociale. On a besoin de gens qui ont un revenu un peu plus élevé, parce que ce que Jean-Louis Borloo a porté, par exemple, dans la rénovation urbaine, c'est de dire, on lutte contre les ghettos, on n'assigne pas, dans certains quartiers, que les ménages les plus modestes. Et donc, dans ces quartiers politiques de la ville, faisons peut-être en sorte d'exonérer de cette réalité.

De toute façon, quand vous avez 8000 euros par mois de revenus, vous ne choisissez pas un quartier politique de la ville. Mais pour autant, la loi que propose Guillaume Casbarian donne un signal quand même sur la nécessité. Et lorsqu'on atteint un niveau de revenu supérieur pendant plus de deux ans, et au-dessus de 120%, c'est ça qu'il dit, on peut considérer que c'est un signal qui va dans le bon sens quand on a du mal à entrer dans le logement social et qu'on est en pénurie de logements. Par contre, il faut éviter d'aller trop loin dans les dispositions, puisque là, dans les quartiers politiques de la ville, il faut continuer à exonérer.

En fait, Guillaume Casbarian voulait supprimer cette disposition, qui quand même favorise la mixité sociale. C'est un exemple. Il voulait sanctionner les bailleurs sociaux. Or, c'est l'encol ce qui fait ce travail. Il n'y a pas de raison de sanctionner directement les bailleurs sociaux. Donc, si on a bien compris,

3:44
Invité

lundi prochain, quand le texte va arriver dans sa version initiale, vous, comme ministre du logement, vous ne demanderez pas le retour de cette disposition qui était portée par votre prédécesseur, Guillaume Casbarian. On va en rester là, en fait.

4:01
Valérie Létard

Non, non, non. Moi, je suis d'accord pour faire un effort. Je demande simplement à corriger les dispositions qui vont trop loin ou qui sont déjà appliquées ou qui auront des difficultés d'application. Mais sur le principe et sur ces 30 000 ménages qu'il souhaite libérer, pour lesquels il souhaite libérer les logements pour des gens qui ont moins de revenus, moi, je partage cette idée. Donc, lui, il veut abaisser le seuil à partir duquel ? En fait, il faut trouver un compromis rédactionnel.

Il faut trouver quelque chose qui soit peut-être mieux bordé, mieux sécurisé et ne pas toucher, par exemple, vous savez, dans les logements sociaux, il y a trois catégories de logements sociaux, PLS plus PLAI. PLAI, en clair, en français, c'est les logements les plus sociaux. Il faut faire attention que ce plafond l'applique au PLS, aux logements les plus haut revenus.

4:46
Présentateur

Donc, vous demandez plus de précision sur ça, sur ce seuil que lui souhaite abaisser. Il y a une autre mesure dans ce texte qui, justement, divise le gouvernement. si un bailleur social découvre qu'un de ses locataires est par ailleurs propriétaire d'un logement, je cite, adapté à ses besoins ou susceptible de lui procurer des revenus suffisants pour accéder à un logement du parc privé, il pourra mettre fin au bail du locataire. Là-dessus, vous êtes sur quelle ligne, vous ?

5:14
Valérie Létard

Déjà, la ligne, c'est de donner les possibilités à un bailleur d'avoir tous les éléments d'information. Ce n'est pas la direction des services fiscaux. Donc, il faut qu'il puisse avoir accès à ces situations et après, il va falloir définir dans quelles conditions car il n'y a pas une réalité, une seule. Chaque citoyen est dans une réalité particulière par rapport à sa propriété. Non, mais pour faire simple, pour ceux qui nous écoutent et qui sont peut-être concernés,

5:35
Présentateur

s'ils héritent d'un bien qui est, par exemple, dans la Creuse alors qu'ils habitent en région parisienne, en fait, ils peuvent se voir refuser un logement social

5:44
Valérie Létard

à cause de ça. C'est ça qui doit faire l'objet du débat parce qu'aujourd'hui, ce n'est pas très clair. Il faut que le rapporteur, en tout cas du texte, nous explique dans quelle mesure il veut poser cette disposition, comment il l'aborde et c'est ça qui définira justement jusqu'où on va. Ce que vous dites est un exemple parfait, c'est-à-dire quand on est très éloigné de son lieu d'habitation, qu'on est propriétaire de son bien, est-ce que pour autant, si on a des revenus modestes, on doit effectivement ne pas avoir action au logement social ?

C'est un débat qu'il faut qu'on ait et peut-être que ça renverra un décret qui nous permettra de préciser tranquillement ce que ça veut dire, justement affiner parce qu'il n'y a pas une réalité et une seule.

6:21
Invité

Deux chiffres pour clore ce sujet sur le logement social, Aurélie Trouvé qui est députée de la France Insoumise et présidente de la Commission des Affaires Économiques à l'Assemblée rappelait hier qu'il y a près de 3 millions de personnes qui attendent un logement social. 82 000 nouveaux logements sociaux financés pour l'année 2024. 82 000 seulement, c'est le pire résultat depuis 20 ans. Comment en sort-on ?

6:43
Valérie Létard

Écoutez, je m'y suis employée dès mon arrivée au gouvernement en essayant de porter un budget justement qui aille dans le sens d'une relance du logement, de la production de logements en agissant sur deux volets. Le premier, la relance de l'accession à la propriété. Vous avez vu qu'on a élargi l'accès aux prêts à taux zéro pour les ménages modestes. Mais là, on parle des logements sociaux. Sur les logements sociaux, je me suis battu pour qu'on rende des fonds propres aux bailleurs sociaux. Vous savez, chaque année, on ponctionne les fonds propres des bailleurs.

Pour la première fois depuis le 2017, j'ai obtenu dans le budget qu'on réduise cette ponction, rendre des fonds propres et que la part du taux du livret A qui est disponible cette année pour les bailleurs, c'est 850 millions de liquidités. En contrepartie, un engagement entre les bailleurs et le gouvernement et le ministère du logement a été signé avec Emmanuel Coss et toutes les fédérations de logements pour s'engager dans 116 000 agréments neufs nouveaux en 2025 et 120 000 rénovations thermiques. C'est un geste ambitieux qui est possible grâce à des financements qui ont été mobilisés au travers de ce budget. Ça n'est pas arrivé depuis très longtemps. Après, il faut les réaliser.

7:49
Invité

Le livret A, l'épargne des Français qui finance pour une bonne part le logement social à l'heure où on parle d'orienter cette épargne vers la défense, vers les armées. Est-ce que ça ne risque pas de faire baisser les moyens encore une fois des logements sociaux ?

8:04
Valérie Létard

Est-ce que ce sera le livret A ? Est-ce que ce sera autre chose ? Ce que je pense et ce que je défends c'est que le logement c'est le cœur des préoccupations de nos concitoyens que c'est un bien essentiel et que pour ma part en ce qui me concerne tout en faisant l'effort comme je l'ai fait l'année dernière de contribution à la réduction de la dette publique on doit être ambitieux.

Ce qu'on a fait dans le budget pour les logements sociaux et donc je me battrai pour que la part du livret A qui va au logement social soit préservée il y a d'autres solutions pour tout vous dire l'année dernière c'est en quelques milliards d'euros de contribution du logement à la réduction du déficit public ce que je voulais dire

8:42
Présentateur

c'est qu'il faut de l'argent madame ministre pour faire du logement social mais il faut aussi de la volonté et là-dessus les maires en fait ils sont obligés il y a une loi qui les oblige à construire du logement social le nombre de communes ne respectent pas cette loi ils préfèrent payer des amendes

8:56
Valérie Létard

écoutez aujourd'hui on a essayé de mettre en place des dispositions il y a un contrat qui s'appelle le contrat de mixité sociale qui permet en fait une signature d'un engagement entre un préfet et un maire pour atteindre des objectifs triénaux et ce projet-là permet aux maires de n'avoir qu'un niveau de sanction au lieu de deux parce que les maires qui ne construisent pas payent mais beaucoup de maires s'engagent dans ces dispositions ils sont aidés en contrepartie pour accompagner cette production de logements le gouvernement par ailleurs a dans son budget aussi mis en place une enveloppe de 100 millions d'euros pour aider les maires bâtisseurs pour accompagner tout ce qui tourne autour du logement en plus de la loi qui les oblige autre dossier et bien oui mais il faut les deux parce que beaucoup de maires sont contraints dans leur foncier pour produire du logement ce n'est pas que de la mauvaise volonté

9:46
Invité

autre dossier parce que le logement social il doit permettre au plus modeste de sortir du mal logement plus de 4 millions de personnes mal logées 350 000 qui sont à la rue c'est un record c'est dans le rapport annuel de la fondation pour le logement ex fondation Abbé Pierre et on se rappelle évidemment la promesse d'Emmanuel Macron 2017 plus d'un homme plus d'une femme dans la rue la situation est encore pire en 2025 qu'en 2017 ça veut dire que ce n'était pas une priorité ces dernières années pour les gouvernements qui se sont succédés

10:15
Valérie Létard

écoutez si tripler le budget en 10 ans n'est pas une priorité nous sommes aujourd'hui à plus de 2 milliards 900 millions d'euros d'investis dans l'hébergement alors comment expliquez-vous ce résultat et bien parce que vous voyez qu'il y a une réalité aussi européenne qui fait que et de réalité de crise économique qui fait qu'on a une progression de la part des populations fragiles qu'il faut prendre en charge et que malgré cet effort conséquent il y a toujours une tension et un besoin et pour pouvoir prendre à bras le corps cela on continue nous non pas à réduire le budget parce que c'est ce qu'on nous demande non pas de réduire le budget mais de maîtriser voire de diminuer les dépenses publiques dans le domaine de l'hébergement d'urgence même si je suis d'accord on peut toujours faire plus mais ce que je veux dire c'est qu'on est loin de diminuer les crédits cette année on remet 29 millions d'euros supplémentaires pour le logement d'abord on va avoir une enveloppe de 20 millions pour les femmes et les enfants à la rue qui vont être sanctuarisés pour créer des places supplémentaires et juste vous dire que depuis 2017 c'est 650 000 personnes qui ont été amenées de la rue au logement grâce au plan logement d'abord et c'est 2,9 milliards d'euros donc oui on peut aller plus loin oui on a besoin des collectivités pour accompagner cette tension sur la situation et on a besoin d'associations qui sont mobilisées mais dire que le gouvernement ne fait rien non simplement on fait face dans toute l'Union Européenne à des besoins qui sont exponentiels on est au rendez-vous et croyez-moi on va continuer et une des solutions vous l'avez dit monsieur vous l'avez dit madame c'est d'être ambitieux dans la production de logements sociaux redonner de la fluidité et l'accession à la propriété le préato zéro permet à des gens

11:54
Invité

encore beaucoup de questions à vous poser Valérie Létard ministre de logement invité ce matin de France Info toujours avec Valérie Létard

12:05
Présentateur

la ministre du logement et de la rénovation urbaine on manque de logements sociaux on l'a dit parce qu'on n'en construit pas assez on manque de logements en général mais ce qu'il faut dire c'est que depuis le Covid notamment les entreprises ont laissé des millions de mètres carrés de bureaux vides 5 millions de mètres carrés rien qu'en Ile-de-France on fait quoi avec ces mètres carrés perdus ?

12:27
Valérie Létard

et comme vous venez de le dire effectivement c'est 5 millions uniquement en Ile-de-France c'est 9 millions en France ça représente sur l'Ile-de-France un potentiel de création de 70 000 logements donc vous voyez bien c'est massive cette réalité elle vient juste par un changement des habitudes de notre société c'est que depuis le Covid le télétravail a pris une place significative et l'organisation du travail en fait a changé

12:53
Invité

mais c'est pas si simple de transformer des bureaux en logement

12:55
Valérie Létard

on est d'accord et ça nécessite que justement nous lancions un plan d'accompagnement en tout cas des solutions des outils à trouver pour transformer ces bureaux en logement première chose il y a un texte de loi qui nécessite de passer en commission mixte paritaire il faut donner le dernier petit coup de pouce et ça sera courant avril que ça se fera c'est la proposition de loi de monsieur Daubier qui vise à changer les documents d'urbanisme pour simplifier le changement d'usage de ces bâtiments qui n'étaient pas faits pour faire du logement en donnant des possibilités de permis multi-usage en facilitant effectivement la transformation dans les documents d'urbanisme c'est-à-dire dans un quartier particulier s'il y a une construction ou un changement de logement il faut changer le règlement d'urbanisme de la collectivité c'est pas tout pour ça pour que ce soit possible de transformer en logement et donc il faut changer la loi pour que ce soit plus facile plus accessible et qu'on puisse y arriver donc ça c'est le premier point il faut changer les règles du jeu en tout cas les faciliter les simplifier la deuxième chose il y a des expérimentations qui vont être menées sous l'autorité du préfet d'Île-de-France pour justement s'appuyer sur des bonnes pratiques sur une expérimentation sur le terrain pour voir comment avec tous les acteurs les financeurs on peut trouver des solutions qui vont alimenter deux groupes de travail un qui va travailler sur comment on arrive va boucler les financements parce que ça coûte cher de transformer des bureaux en logement et comment on simplifie plus encore les procédures et donc un groupe qui va travailler sur les simplifications un groupe de travail qui va plancher sur le financement c'est une mécanique extrêmement complexe sur laquelle on avance très vite parce qu'on veut y aller comment vous allez convaincre

14:31
Invité

les promoteurs qui disent c'est pas facile de transformer techniquement un bureau en logement parce qu'il y a plein de choses il y a des colonnes d'eau pour les salles de bain par exemple et puis il y a aussi les habitants qui n'ont pas forcément envie d'habiter dans les quartiers de bureau

14:45
Valérie Létard

en tout cas moi je peux vous dire qu'il y a déjà et vous verrez tout à l'heure je vais me rendre à Rueil-Malmaison sur un projet exemplaire qui a été réalisé de transformation de bureau en logement qui est la preuve qu'on peut faire des choses remarquables en transformant des bâtiments qui n'étaient pas faits pour un usage différent et cet exemple montre que c'est possible Clairement

15:08
Présentateur

il va y avoir des aides ou pas ?

15:09
Valérie Létard

C'est tout l'objectif du plan qu'on va développer sur l'année 2025 c'est de voir qui mettons autour de la table quelles solutions nous trouvons c'est plein d'acteurs qui devront se mettre autour de la table mais très honnêtement nous avançons là-dessus à pas de géant il fallait commencer par changer la loi et maintenant concrètement sur le terrain on a des exemples comment on fait comment on améliore et ça c'est parti et croyez-moi on va s'investir là-dessus

15:34
Invité

Vous nous parlez des aides il y a la question des aides aussi à la rénovation notamment la rénovation thermique tout à l'heure vous disiez que vous aviez fait des efforts dans votre budget en 2025 si vous en refaites en 2026 est-ce que vous allez avoir les moyens de continuer à aider les copropriétés notamment qui ont besoin de rénover leur logement

15:51
Valérie Létard

Alors sur les copropriétés ils font partie intégrante de ce que l'agence nationale d'amélioration de l'habitat porte et finance aujourd'hui pour tout vous dire on a devant nous des chantiers beaucoup de copropriétés dégradées effectivement en France qu'il faut maintenant prendre à bras le corps c'est lourd c'est long il y a une loi habitat dégradé qui a été votée juste avant l'été dernier de nombreux décrets sont à sortir compliqués qui vont permettre plein d'outils qui vont simplifier la rénovation des copropriétés

16:25
Invité

il y a la question de l'argent tout simplement parce qu'à la fin jusqu'à présent il y a des enveloppes

16:30
Valérie Létard

parce que franchement il y a beaucoup d'outils aujourd'hui et de procédures qui sont compliqués et sur l'argent quand même au travers des financements de l'ANA c'est 4 milliards d'euros pour la rénovation thermique pour MaPrimeRénov' et l'accompagnement des copropriétés dégradées il faut continuer l'effort et dans le cadre aussi du futur de la rénovation urbaine il faudra regarder avec attention la place des copropriétés dégradées aussi dans les programmes de rénovation urbaine

16:53
Présentateur

au-delà de ça sur la rénovation énergétique depuis le 1er janvier 2025 il est donc interdit en théorie de louer un logement classé G dans les faits certains logements sont toujours à louer ou occupés par des locataires il n'y a pas suffisamment de contrôle

17:09
Valérie Létard

sur les autorisations de louer aujourd'hui au Sénat sur le bureau de Sénat il y a une proposition de loi qui traite du calendrier des PE

17:22
Présentateur

non mais c'est déjà interdit les logements classés G c'est déjà interdit

17:25
Valérie Létard

depuis le 1er janvier 2025 sauf que dans les faits ils sont toujours loués aucun logement n'est interdit à la location mais tous les logements sont contraints par la loi c'est à dire qu'en fait vous pouvez louer votre logement même s'il est indécent par contre si vous ne le faites pas vous êtes susceptible d'avoir un recours de votre locataire et qui peut vous assigner donc au tribunal obtenir que vous fassiez les travaux et le locataire peut se voir restituer le montant des charges excessives qu'il a liées au chauffage derrière le travail de la proposition de loi qui est portée actuellement au Sénat et qui a été déposée par madame Gacker vise justement à préciser les conditions de mise en oeuvre de ce calendrier et de dire dans quelle mesure vous devez vous engager et à quel moment tout cela prend parce que vous voyez bien ce qui se passe les propriétaires

18:15
Présentateur

qui ne sont pas forcément de mauvaise foi pour rénover leur logement doivent se dire en fait j'ai pas les moyens moi de rénover mon logement donc je vais laisser mes locataires à l'intérieur les locataires qui ne peuvent pas trouver d'autres logements puisqu'on en manque et pas assez de construction c'est une boucle finalement et vous vous proposez MaPrimeRénov' MaPrimeRénov' permet d'avoir des aides pour rénover donc les logements qui sont soit des passoires thermiques on parle d'un ménage sur dix qui vit dans des passoires thermiques ce budget là de MaPrimeRénov' est-ce qu'il va être mis en difficulté dans le budget 2026 qui on le rappelle va être un cauchemar selon les mots de la porte-parole du gouvernement

18:53
Valérie Létard

aujourd'hui je peux vous dire que ma volonté et ce que je porte c'est bien sûr de maintenir ce budget évidemment mais vous l'avez pris la tâche pour l'instant je ne lis pas dans le mar de café le budget n'a pas été débattu moi je porte le budget du logement je vais le défendre bac et ongle et je suis allée il y a quelques jours voir le nouveau commissaire européen au logement qui va mobiliser des moyens doubler les moyens qui vont être mis à disposition des étaments pour venir accompagner les efforts en matière de rénovation thermique de rénovation urbaine et j'ai bien l'intention d'aller chercher les solutions qui permettront de compléter peut-être les efforts que l'état français doit faire c'est-à-dire demander de l'argent au niveau européen bien sûr je vais aller nous contribuons au budget de l'Europe nous pouvons aller chercher sur les priorités de l'union européenne s'il y a un commissaire au logement aujourd'hui qui n'existait pas c'est bien parce que l'Europe a envie de faire un effort tous les états membres aujourd'hui sont en difficulté face à la crise du logement et à l'objectif de transition vers un logement et un habitat qui soit moins énergivore en tout cas sachez qu'on va travailler là-dessus et que je me battrai pour maintenir mon budget sur la rénovation thermique et que sur le calendrier énergétique des dispositions seront prises aussi pour que par exemple dans une copropriété un propriétaire de bonne foi qui se retrouve dans une copropriété où les travaux n'ont pas été votés par la majorité ne soit pas puni parce que la copropriété n'a pas voulu le faire mais il y aura des exigences il y aura un calendrier qui devrait être appliqué et auquel nous serons très attentifs

20:24
Invité

la racine de tout cela c'est cette crise de la construction seulement 250 000 nouveaux logements mis en chantier en 2024 là encore au niveau le plus bas depuis les années 50 où la France comptait 20 millions d'habitants en moins comment est-ce que vous expliquez cette crise de la construction comment est-ce que vous relancez la construction

20:42
Valérie Létard

et bien comment on l'explique vous savez que depuis le démarrage du conflit russo-ukrainien il y a eu une explosion des coûts de l'énergie la trajectoire aussi et l'évolution des normes pour justement aller vers des logements décarbonés a augmenté le coût des matériaux de construction le coût des travaux le foncier coûte plus cher c'est-à-dire qu'il y a plein d'éléments structurels qui font qu'aujourd'hui produire un logement coûte beaucoup plus cher avec un foncier plus rare tout cela fait qu'effectivement il y a eu pendant quelques années une attrition du marché dans l'investissement dans la pierre locative et dans la capacité à produire du logement social c'est pour ça que là on a décidé de s'embarquer et je vous ai parlé du logement social sur lequel on a fait des gros efforts pour accompagner les bailleurs sociaux pour atteindre des objectifs ambitieux on va aider l'accession à la propriété de nos ménages modestes et des classes moyennes avec deux mesures le préatôt zéro élargi à tout le territoire pour construire du logement

21:39
Invité

sur la construction est-ce qu'il faut simplifier parce que je vous entendais parler des normes est-ce qu'il faut simplifier les normes et notamment sur les normes environnementales

21:46
Valérie Létard

alors les normes environnementales c'est pas trop dans mon champ puisque c'est plutôt le champ de ma collègue Agnès Pagne-Runacher vous voyez bien le climat

21:53
Invité

vous voyez bien le climat qu'il y a en ce moment d'ailleurs encore hier sur un tout autre sujet qui évidemment ne dépend pas de vous les zones à faible émission on voit que voilà il y a un recul est-ce qu'il pourrait y avoir un recul sur les normes de rénovation thermique

22:09
Valérie Létard

en tout cas ce que moi je défends en tant que ministre du logement qui est d'un côté nécessité d'accompagner la transition écologique la transition de nos bâtiments pour qu'ils soient moins énergivores et le pouvoir d'achat des ménages c'est d'alerter quand même et d'être vigilant sur un objectif qui est 2050 qu'il faut atteindre mais une trajectoire qui fasse que les efforts trop brutaux qu'on peut avoir sur les normes fassent décrocher des ménages qui de par leur pouvoir d'achat ne savent plus embarquer le coût et l'augmentation du prix du logement donc moi la seule alerte que je fais c'est attention de ne pas faire décrocher l'un par rapport à l'autre et que la trajectoire de décarbonation elle soit soutenable par les ménages moi j'ai ce regard là il est essentiel quand on traite du logement social du logement et c'est aussi pour ça que nous on donne des moyens supplémentaires le prêt à taux zéro

22:54
Présentateur

le prêt à taux zéro élargi mais il n'y a pas que ça

22:56
Valérie Létard

il n'y a pas que ça on a aussi les donations mais sur le prêt à taux zéro on a encore sorti des mesures nouvelles par décret vous pouvez un ménage modeste il peut acheter dans le neuf partout sur le territoire individuel, collectif dans l'ancien en dehors des grandes métropoles tendues c'est-à-dire dans le périurbain et le rural c'est pas que dans le neuf pas que dans le neuf dans l'ancien et dans l'ancien vous avez une exonération de l'augmentation des frais de notaire qui s'impactent tous les autres pour les primes aux accédants et vous pouvez cumuler avec une aide de ma prime rénov' votre prêt à taux zéro donc vraiment les ménages modestes on leur crée des conditions pour pouvoir accéder à la propriété plus des donations pour les ménages moyens et moyens pourquoi ?

parce que ça génère de la production de logements nouveaux ça libère du locatif et derrière on travaille sur le statut du bailleur privé pour 2026 on a deux parlementaires un député un sénateur monsieur Dobress et monsieur Cosson à qui on a demandé de regarder comment redonner une attractivité à l'investissement de nos concitoyens dans la pierre locative parce qu'aujourd'hui il y a une désaffection il faut relancer donc vous voulez donner envie aux français

23:57
Présentateur

de devenir propriétaire pour justement permettre de relancer la construction mais sauf que l'un des arguments des maires qui refusent de donner des permis de construire c'est la ZAN la zéro artificialisation nette qui empêche donc la construction sur certains terrains dans un but écologique la semaine dernière les sénateurs ont adopté une proposition de loi visant à supprimer ce qui était prévu supprimer l'objectif de réduction de 50% d'artificialisation des sols d'ici 2031 vous êtes d'accord avec ça ? on recule sur l'écologie

24:30
Valérie Létard

vous êtes d'accord avec ça ?

en fait il supprime pas l'objectif c'est toujours zéro artificialisation en 2050 c'est juste que le calendrier en fait 50 c'est faire moins 50% entre 2011 et 2021 en disant par exemple dans les régions si on a consommé 20 000 hectares 2021-2031 il faut en consommer 10 000 deux fois moins mais dans le même temps il faut faire la transition industrielle créer des logements pour les salariés là où on va poser donc à un moment il faut ajuster la trajectoire il ne faut pas y renoncer mais il faut la lisser c'est un peu ce que propose le Sénat c'est de 2021-2031 on passe à 2024-2034 parce qu'on se rend compte que sinon on ne sait pas poser les entreprises on ne sait pas faire les logements pour les salariés et que ça c'est un vrai sujet donc on ne renonce pas mais il y a la vraie vie comment on accompagne la vraie vie ?

25:17
Invité

Merci Valérie Létard ministre du logement invitée de France Info ce matin Merci Merci