Michel Barnier à Matignon : "Il va falloir qu'il envoie des signaux très clairs", prévient le président de la CFE-CGC.
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Chapitres
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Questions et réponses
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- 0:15OuverteRéponse partielle
Qu'est-ce que vous inspire la nomination de Michel Barnier à Matignon ?
- 0:59OuverteRéponse directe
Quel est le premier dossier prioritaire, selon vous, pour Michel Barnier, à Matignon ?
- 2:37FerméeRéponse directe
Vous voulez l'abrogation de la réforme des retraites.
- 4:44OuverteRéponse directe
Vous espérez quand même des bougies sur les retraites, sur les salaires, sur l'assurance chômage.
- 5:55FerméeÉludée
Si vous rencontrez rapidement Michel Barnier, et si vous n'obtenez pas les gages que vous espérez, est-ce que vous appellerez assez rapidement vos adhérents et les militants de la gauche et les Français à descendre dans la rue ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:52Invité politiqueFait
« toute personne responsable de l'exécutif devra aller chercher un consensus du côté des organisations syndicales »
- 2:51Invité politiqueFait
« La priorité pour nous, bien entendu, c'est le pouvoir d'achat, c'est l'emploi des seniors, c'est la question de la retraite qui n'est pas réglée. »
- 3:04Invité politiqueFait
« Il va falloir, de toute façon, rouvrir le dossier. »
- 3:20PrésentateurFait
« il voulait la retraite à 65 ans. »
- 3:39Invité politiqueFait
« il aura compris, parce que c'est une personne intelligente, que sur la question de la retraite, la position n'était pas bonne. »
- 4:14Invité politiqueFait
« c'est un soupçon qu'il va falloir faire évaporer très, très vite. »
- 5:03Invité politiqueFait
« Personne ne comprendrait, mais absolument personne ne comprendrait que le pouvoir exécutif qui s'installe actuellement à Matignon poursuive cette façon de gouverner qui a été celle que nous avons dû subir depuis plusieurs années. »
Temps de parole
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France Info.
Bonsoir à toutes et à tous et bonsoir à vous François Oumryl.
Bonsoir.
Invité écho de France Info, ce soir vous êtes le président de la CFE-CGC, syndicat représentant les cadres. Qu'est-ce que vous inspire la nomination de Michel Barnier à Matignon ?
Écoutez, je vais réagir en fait aux commentaires que vous avez déjà exposés. La CFE-CGC, c'est les techniciens, les agents de maîtrise et les cadres, c'est l'ensemble de l'encadrement. Mais ça n'a rien à voir avec mon commentaire. Moi, j'observe que tout le monde commente le fait que Michel Barnier présente l'avantage a priori de ne pas avoir le risque de se faire censurer dès le premier jour. Je dois vous dire que je n'ai pas grand-chose à dire par rapport à ça et ça m'intéresse assez peu.
Moi, ce qui m'intéresse, c'est de savoir sur le plan social, sur le plan des dossiers sur lesquels on a eu à intervenir depuis deux ans, donc les organisations syndicales, quelles sont les intentions, quel est le programme de Michel Barnier.
Et c'est pour ça qu'on vous interroge ce soir, François Ombril. C'est ce qui nous intéresse.
Voilà, c'est un peu le problème. Moi, si vous voulez, comment et quel type de consensus social Michel Barnier va aller chercher vis-à-vis des organisations syndicales ? C'est ça qui est fondamental.
Déjà, vous parlez de consensus, François Ombril, c'est intéressant, puisqu'on dit de Michel Barnier que c'est un homme de consensus qui a l'habitude de négocier. Il a passé pas mal de temps à Bruxelles, notamment comme commissaire européen qui a été en charge du Brexit. Donc, a priori, le consensus est un mot qu'il connaît.
Oui, moi, je pense que c'est quelqu'un à qui on ne peut pas faire le procès, a priori, de ne pas connaître les lois et les règles de la négociation et de l'élaboration du consensus. Sur ce plan, moi, je n'ai pas grand-chose à dire de plus. Je voudrais rajouter une chose, c'est que dans le contexte qu'on vit, et d'ailleurs, au passage, on avait fait nous-mêmes un communiqué de presse au début du mois de juillet, après le résultat des élections, toute personne responsable de l'exécutif devra aller chercher un consensus du côté des organisations syndicales, parce que, justement, il pourra l'imposer à l'Assemblée nationale.
Parce que moi, je ne sais pas, quel que soit le camp à l'Assemblée nationale, un parti qui dira, il y a un consensus syndical, mais moi, personnellement, ça ne m'intéresse pas, et je vais m'afficher contre ce consensus qui est porté par l'exécutif. Vous voyez qu'on était dans une situation, et je crois qu'on est encore dans une situation, dans laquelle, de toute façon, il ne peut pas y avoir de projet gouvernemental qui s'oppose à une forme de majorité, voire de consensus, du côté des organisations syndicales.
Quel est le premier dossier prioritaire, selon vous, pour Michel Barnier, à Matignon ?
Alors, moi, je ne sais pas quelle est la priorité pour lui, et je sais quelle est la priorité pour nous. La priorité pour nous, bien entendu, c'est le pouvoir d'achat, c'est l'emploi des seniors, c'est la question de la retraite qui n'est pas réglée. Nous, on a tous été contre, et y compris nous, à la CFE-CGC, on a défilé, on a fait des 15 manifs contre cette réforme, qui est une réforme injustifiée et injuste. Il va falloir, de toute façon, rouvrir le dossier. Moi, je ne sais pas quelles sont les intentions de Michel Barnier sur le sujet.
Oui, mais vous voulez l'abrogation de la réforme des retraites. Michel Barnier, on ne sait pas quelles sont ses intentions aujourd'hui, mais quand il était candidat à la primaire LR pour la présidentielle, il voulait la retraite à 65 ans. A priori, il n'est donc pas pour l'abrogation de la réforme des retraites.
Oui, mais j'observe qu'il a été candidat, il n'a pas été retenu dans la primaire, et que, par ailleurs, le camp dans lequel il demandait la place pour l'élection présidentielle n'a même pas obtenu 5% aux élections. Donc, je pense que, pour le coup, sur la base de ce programme-là, il aura compris, parce que c'est une personne intelligente, que sur la question de la retraite, la position n'était pas bonne. Mais de toute façon, moi, je suis ouvert à en discuter, et par ailleurs, ce n'est pas le seul dossier, mais c'est quand même un dossier qui va être dans l'actualité. Il y a la question de l'assurance chômage, il y a la question du pouvoir d'achat, il y a la question du logement.
Tout ça, ce sont des sujets qui sont dans l'actualité aujourd'hui.
François Ombril, une partie de la gauche, suspecte Emmanuel Macron d'avoir nommé Michel Barnier pour qu'il poursuive, tout simplement, sa politique économique et sociale. Qu'est-ce que vous pensez de cela ?
Écoutez, moi, je pense qu'effectivement, c'est un soupçon qu'il va falloir faire évaporer très, très vite. Laban est dans le camp de Michel Barnier. Moi, j'imagine que, dès la semaine prochaine, il va envoyer un signal. Probablement, il va nous rencontrer, ou en tout cas, dans les jours qui viennent. Et on va savoir très vite quelles sont ses intentions sur le sujet. Mais là encore, j'y reviens. Tout le monde va spéculer, tous les commentaires vont être orientés sur les différents gages qui sont donnés aux différentes majorités de l'Assemblée, en fait, à la répartition de l'Assemblée. Mais tout ça importe peu.
Donc, vous espérez quand même des bougies sur les retraites, sur les salaires, sur l'assurance chômage. Vous avez bon espoir de lui, de le faire bouger, en tout cas, de faire bouger, bon, effectivement, qu'il ne poursuive pas la politique d'Emmanuel Macron.
En fait, il y a le fond et il y a la forme. Personne ne comprendrait, mais absolument personne ne comprendrait que le pouvoir exécutif qui s'installe actuellement à Matignon poursuive cette façon de gouverner qui a été celle que nous avons dû subir depuis plusieurs années.
Mais ça, c'est sur la forme, François Ombril, mais sur le fond des dossiers.
Écoutez, sur le fond, moi, sur le fond, je n'ai pas peur du fond des dossiers. Si on vient me démontrer que j'ai tort dans la argumentation que je déploie à l'appui de nos demandes sur la question de la retraite, de l'assurance-chômage ou du pouvoir d'achat, ce n'est pas un problème. Moi, je suis quelqu'un de raisonnable, je représente des gens raisonnables et responsables. Si on me démontre qu'on se trompe, eh bien, on acceptera de reconnaître qu'on se trompe. Simplement, aujourd'hui, ce n'est pas le cas. Donc, il va falloir aborder les dossiers de façon pragmatique et changer, effectivement, des raisonnements et des chiffres, convoquer des experts.
Mais en tout cas, on ne pourra plus se référer, comme c'était le cas dans les années passées, uniquement à l'idéologie.
Et dernière question, François Omryl, si vous rencontrez rapidement Michel Barnier, le nouveau Premier ministre, et si vous n'obtenez pas les gages que vous espérez, ni même les espoirs, est-ce que vous appellerez assez rapidement vos adhérents et les militants de la gauche et les Français à descendre dans la rue ?
En fait, ça marche un peu dans les deux sens. C'est-à-dire que ce sont surtout mes militants et mes adhérents qui poussent nos propres structures à rejoindre tel ou tel mouvement dès l'instant qu'il est décidé de l'organiser. Et les premières réactions qui vous remontent ? Pour le moment, franchement, c'est vraiment trop tôt. Je spéculerai trop en vous parlant de réactions. Je crois que vraiment, quand je dis tout à l'heure, la balle est dans le camp de Michel Barnier, je crois que tout est dit et il va falloir qu'il envoie des signaux. Ce sera peut-être de façon publique, ce sera peut-être de façon privée dans les interactions qu'on va avoir, mais il va falloir qu'il envoie des signaux.
Merci, merci beaucoup François Omry. Première réaction donc à la nomination de Michel Barnier à Matignon, président de la CFE-CGC. Vous êtes tié et l'invité. Éco de France Info ce soir.