Macron : déminage réussi ? #cdanslair 11.12.2018
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 29 %Attaque 45 %Défensif 27 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 73 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 1:48OuverteRéponse directe
Est-ce que c'était un discours réussi ?
- 3:13OuverteRéponse directe
Autocritique, un petit moment attendu ?
- 4:30OuverteRéponse directe
Est-ce qu'il a retrouvé de l'oxygène avec ce discours ?
- 5:25OuverteRéponse directe
Discours sous contrainte, est-ce que ça lui redonne la main ?
- 7:10OuverteRéponse directe
Les sondeurs ont fait leur travail, 54% des Français souhaitent que le mouvement s'arrête. Comment l'interprétez-vous ?
- 8:38OuverteRéponse directe
Comment on va financer ça ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:22PrésentateurChiffre
« 23 millions de Français ont suivi les 13 minutes de discours présidentiel. »
- 11:00PrésentateurPromesse
« Une augmentation de 100 euros par mois dès 2019 pour les salariés rémunérés au niveau du SMIC. »
- 11:18PrésentateurPromesse
« Des heures supplémentaires défiscalisées dès le mois d'avril. »
- 11:44PrésentateurPromesse
« Une annulation de la hausse de la CSG pour les retraités qui gagnent moins de 2000 euros par mois. »
- 14:26InvitéChiffre
« On va creuser le déficit et laisser filer vers les 3,5%, puisque 10,12 milliards de démence réglementaire, ça fait à peu près un demi-point de PIB. »
- 25:07InvitéChiffre
« Au total, on arrive à pas loin de 130 pour les gens qui remplissent toutes les conditions. »
- 26:16PrésentateurChiffre
« Il y avait 9 millions de Français qui en ont bénéficié et en moyenne, c'était 400 euros en plus. »
- 26:18PrésentateurChiffre
« Ça coûte 4 milliards et demi par an. »
- 31:04InvitéFait
« Le salaire d'un travailleur au SMIC augmentera de 100 euros par mois. »
- 33:33InvitéPromesse
« Les heures supplémentaires, il y a sept ans que nous réclamons le retour à la défiscalisation, donc on les votera. »
- 33:41InvitéFait
« Les mesures sur l'annulation de la hausse de ces G également. »
- 33:47InvitéFait
« On ne peut pas être dans un marché de dupes. »
- 34:40PrésentateurChiffre
« 59% des Français n'ont pas été convaincus par le président. »
- 37:40PrésentateurChiffre
« Les banques françaises se sont engagées à plafonner les frais d'incident bancaire à 25 euros par mois pour les publics les plus fragiles, soit 3,6 millions de Français. »
- 38:25PrésentateurFait
« C'est bien le logiciel économique du président de la République qui est quand même entamé et qui est modifié. »
- 42:49PrésentateurFait
« Il dit c'est une chance. »
- 43:27InvitéFait
« Ce qu'il a annoncé hier, ça relève de la thérapie de groupe. »
- 43:37InvitéFait
« Le mot « entendu », c'est un des mots qui est le plus utilisé sur les ronds-points et partout. »
- 46:47InvitéPromesse
« La réindexation sur le coût de la vie de la retraite. »
- 49:14InvitéChiffre
« 40% des retraités en étaient exemptés. Ils seront désormais 70%. »
- 53:05PrésentateurFait
« Autant la hausse de la CSG était prévue dans le programme, autant l'indexation n'était pas prévue. »
- 1:01:55InvitéFait
« nous ne reverrons plus jamais les jours d'avant »
- 1:02:12PrésentateurFait
« la démocratie a été mise au défi par la violence »
- 1:02:16PrésentateurFait
« le rôle toxique des réseaux sociaux inondés de fake news »
- 1:02:57PrésentateurChiffre
« il lâche un gros paquet d'argent »
- 1:03:21InvitéFait
« les baisses de dépenses sont presque aussi explosives que les hausses d'impôts »
Temps de parole
- Présentateur73 %
- Invité8 %
- Invité 26 %
- ?4 %
- Invité 33 %
≈ 26,6 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Bonsoir
à toutes et à tous, nous attendons vos questions, SMS, Internet et réseaux sociaux pour alimenter notre discussion. 23 millions de Français ont suivi les 13 minutes de discours présidentiel. C'est dire l'attente d'un pays qui se demande à 15 jours de Noël si la sortie de crise est en vue. Hier soir, Emmanuel Macron a fait son autocritique, mais il a surtout débloqué 10 milliards d'euros pour tenter de répondre à la colère des Gilets jaunes, avec des mesures symboliques comme la hausse du SMIC, la défiscalisation des heures supplémentaires ou encore un geste en direction des retraités. Et maintenant, les regards sont tournés vers les Gilets jaunes, mais aussi vers l'ensemble des Français.
Vont-ils continuer d'apporter leur soutien à ce mouvement ? Le président a-t-il réussi à désamorcer la colère ? La France évitera-t-elle une autre journée de violence, un acte sain ? Samedi, Macron, déménage réussi, c'est une question. Et c
'est
le titre de cette émission avec nous pour en parler ce soir. Philippe de Sertines, vous êtes économiste, vous dirigez l'Institut de Haute Finance. Citons votre dernier ouvrage, Le talent et les assassins, publié aux éditions Anne Carrière. Claude Veil, vous êtes journaliste éditorialiste
à
Nice Matin et Var Matin. Vanessa Schnader, vous êtes grand reporter au journal Le Monde, ainsi que pour M Le Mag. À la une de votre journal daté demain, Macron, 10 milliards pour éteindre la crise. Enfin, Fanny Guinochet, vous êtes journaliste à l'opinion, spécialiste des questions économiques et sociales. Votre article du jour, SMIC, augmenté de 100 euros net, le Joker de Macron. Je précise qu'on vous retrouve tous les matins sur la radio France Info. Bonsoir à tous les quatre. Merci de participer à ce C'est dans l'air en direct. On l'a dit hier, on a parlé naturellement du discours très attendu du président de la République. On disait que
c
'est l'un des discours les plus importants de ce quinquennat. Un discours qui a duré 13 minutes. Un discours qui a été regardé, je le disais, par 23 millions de Français. Je crois que c'est plus que la Coupe du Monde. Est-ce que c'était, Claude Veil, un discours réussi
? Si
on se pose la question, c'est que c'est oui.
C
'est vrai ?
Mais oui, parce que si c'était planté, on n'en discuterait même pas. Le fait que, manifestement, il ait un peu fait bouger les lignes dans l'opinion, qu'il ait réussi à accrocher l'attention des médias, de nous, des journaux, sur les mesures qu'il propose, alors que jusqu'à présent, tout ce que le gouvernement disait était mis de côté, on ne voulait même pas l'entendre. Tout ça prouve qu'il a réussi à embrayer les pignons. Alors après, est-ce que ça suit derrière ? Est-ce que l'opinion va continuer à bouger ? On
sent
qu'elle bouge depuis une semaine, mais est-ce que les choses vont s 'embrayer derrière ? Ça, ça reste à démontrer. Mais en tout cas, il a fait ce qui est exceptionnel pour lui court.
Ça,
c
'est important.
Ça pourrait paraître anecdotique. Très important. La plupart
du temps, dans ses derniers discours, il avait noyé les effets d'annonce qui étaient pauvres, en fait, sous des flots de rhétorique qui fait que les gens ne comprenaient même pas ce qu
'on
leur racontait et que ça accentuait le fameux sentiment d'enfumage qui est si présent sur les ronds-points.
Et
il a réussi à trouver deux ou trois mesures,
dont
on va discuter techniquement, mais qui ont l'avantage d'être simples et mémorisables. SMIC, 100
euros.
Heure-sup
défiscalisé.
Heure-sup
défiscalisé,
1000 euros. CSG, 2000
euros. Et suppression de l'augmentation de la CSG pour les retraités jusqu'à 2000 euros. Voilà, ça, c'est des mesures
immédiatement mémorisables et sur lesquelles on peut engager la discussion.
Autocritique, un petit moment d'autocritique qui était attendu, j'imagine, de la part des Gilets jaunes, de la part peut-être de l'ensemble des Français, qui venait peut-être mettre un terme à 18 mois pendant lesquels il a pensé qu'on pouvait faire autrement. Vanessa Schneider. Déjà, maintenant, la contrition fait partie de la geste politique. C'est arrivé des États-Unis, c'est maintenant le cas en France. Chaque président ou responsable politique ou président de parti, quand il est pris en faute, contesté par l'opinion, doit passer par cet exercice d'excuses. Pourquoi ?
Parce que les citoyens sont de plus en plus critiques à l'égard des politiques, ne leur pardonnent de moins en moins de choses. Et donc, quand ils se trompent, ils veulent les entendre dire qu'ils se trompent. Donc c'était un exercice obligé, et dans le cas d'Emmanuel Macron, encore plus obligé, parce qu'il était accusé, perçu comme étant méprisant, avec l'opinion, avec ce qu'il appelait mon peuple. Et donc, il fallait absolument corriger ce sentiment de mépris qui est presque plus grave pour certains que le sentiment de déclassement social ou de mesures injustes ou de choix de politique économique. Ce sentiment de mépris, il était très profond. Il s'est exprimé avec colère et virulence.
Donc il fallait absolument corriger ça. Après, on a affaire à un grand acteur qui a failli d'ailleurs être acteur. Il
a joué la comédie hier soir.
Alors, il y a évidemment une part de sincérité. Je pense qu'Emmanuel Macron ne peut que prendre en compte la colère qui s'exprime. Elle a été tellement, et elle l'est toujours, tellement virulente que ça serait de l'inconscience que de passer à côté. Mais dans la façon dont il a joué les choses, oui, dans la position de… On a eu le numéro du petit garçon bien peigné.
Oui, est-ce que vous avez vu un petit garçon ? Il est toujours bien peigné. Avec les mains posées sur
la table, avec un ton de voix qui
n'est
pas celui de d'habitude, avec aussi un regard touché, blessé. Donc il y a évidemment une part de jeu, mais comme chez tous les hommes politiques et toutes les personnes qui s'expriment comme ça en public. C'était un discours sous contrainte.
Est
-ce qu'il a retrouvé de l'oxygène
avec
ce discours ? Encore une fois, je rappelle, ce n
'est
pas n'importe quel discours dans le quinquennat. On entend beaucoup dans les reportages sur les ronds-points des gens qui disent « blablabla, c'est la parole politique, etc. » Là, c'est un discours sous contrainte, à l'issue peut-être d'une crise très violente, l'une des plus violentes depuis de nombreuses années.
60 ans.
60 ans, tout simplement. Du coup, discours sous contrainte, est-ce que ça lui redonne ? Est-ce qu'il a retrouvé un peu la main après ces 13 minutes ? On va voir, mais en tout cas, effectivement, il était sur la défensive, il a fait preuve d'empathie. Alors,
est
-ce que certains… On peut poser la question de la sincérité de cette empathie, mais en tout cas, il a eu des gestes dans son discours qui étaient effectivement extrêmement précis. Les mots étaient choisis. On voyait qu'il ne s'est pas dilué dans des expressions très compliquées, très technocratiques. Là, on voyait qu'il fallait parler aux retraités, il fallait parler à ses mères courage, ou ses femmes courage, plutôt.
Il
fallait parler à ce couple de salariés qui se lève tôt, des choses très concrètes dans le quotidien. Donc, il a fait cet effort. Maintenant, sur les mesures, ça va être toute la question. Ce que l'on peut voir aujourd'hui, c'est que ce sont, vous l'avez dit, 12 ou 13 minutes de discours pour 12 ou 13 milliards d'euros. On pourra en
parler de la facture. Ce n'est pas 10, c'est plutôt 12 ou 13. Ça va être certainement un peu plus
que les 10. Et donc, on va voir si ce package, qui marque quand même un tournant dans sa politique, va suffire à calmer l'opinion et les gilets jaunes. Alors, sachant qu'un des objectifs de l'Elysée hier, c'était bien de retourner l'opinion. Ils
savaient à l'avance
que, de toute façon, un certain nombre de gilets jaunes ne céderaient pas, appelleraient à un acte 5, continueraient à demander sa démission. Ce qui était important pour eux hier, c'était de voir si l'opinion allait continuer à avoir de la sympathie pour ce mouvement.
Alors,
les sondeurs ont fait leur travail. Depuis hier soir, pour Opinion Ouest, 54% des Français souhaitent que le mouvement s'arrête. On est à 46% pour Edoxa qui souhaitent la fin des gilets jaunes. Et on a des premières indications qui montrent que le soutien des Français commence légèrement à reculer. Mais il faudra attendre de voir comment les mesures infusent dans le pays. 12, 13 milliards. Il y a quelques semaines, Philippe Desserti n'en aurait pas imaginé Emmanuel Macron desserrer la vis comme ça sur les finances publiques. Mais il y avait urgence, il n'avait pas tellement le choix.
Je
crois que si on parle aux citoyens en général, on va dire qu'il n
'y
avait pas le choix. Il faut qu'on trouve une solution. La France a inventé une révolution hebdomadaire. C'est quand même quelque chose d'incroyable. Tous les samedis, la révolution revient. Probablement, on
se demande qu'il va se passer
samedi prochain. Donc, il fallait vraiment sortir de cette crise. C'était absolument indispensable parce que là, effectivement, les conséquences économiques commençaient vraiment à se faire sentir. Et puis surtout, l'idée de sans issue était quelque chose qui devenait vraiment épouvantable. Vous parlez au passé, mais on ne sait pas comment les choses vont
tourner.
Ce n'est pas sûr. En tout cas, ce qui est certain, c'est que quand vous disiez on n'aurait pas imaginé, parce que ce n
'est
pas imaginable. En clair, aujourd'hui, la France a pris des mesures qui sont des mesures qu'elle ne peut pas assumer sur le long terme. C'est-à
-dire
qu'il
n
'y avait pas le choix d'un point de vue politique, d'un point de vue économique. Comment on va financer ça ? Il n'y
a
aucun doute. On va le financer par les marchés financiers. On va avoir
la dette
en plus. Les Allemands vendent des produits aux clients chinois ou américains. Les Français vendent de la dette aux marchés financiers mondiaux. Et là, il
n
'y
a
pas le choix. Il faut bien entendu espérer que les marchés financiers vont continuer à acheter la dette française.
Ils l'ont toujours
fait jusque-là ? Oui, mais ça ne veut rien dire. C'est comme pour les clients d'automobiles allemandes. D'un seul coup, d'un seul, ça peut s'arrêter. Et là, effectivement, on est dans un contexte mondial où on sent qu'on est tendu. Il faut évidemment regarder le restant de l'économie mondiale. On a le vote sur Brexit qui a été annulé aujourd'hui. Ce n
'est
pas neutre. Donc, ça veut dire effectivement qu'il y a, on va dire, un vrai pari sur le long terme. Mais sur le court terme, il n'y
avait
aucun doute. Il fallait le tenter. C'est terrible parce que c'est vrai que ça fait partie des sujets. Même dans les réactions de la classe politique qu
'on
va voir aujourd'hui, il n
'y a
pas eu tellement de cris d'orfraie d'une partie de la classe politique en disant « Mon Dieu, mon Dieu, les déficits ». On a l'impression qu'on est… On
est en
France. Comment ? On est en France.
Non, il y a eu des… Mais si, c'est
un peu ce que vous dites. Oui, mais enfin, on en rajoute un peu. On va être à 3,5%. Et alors, où est le problème ? La question se posera le jour où ça va s'arrêter.
C
'est tout. Tant que ça ne s'arrête pas, on dit « On continue, tout va bien ». Le président a donc déclaré hier soir l'état d'urgence économique et sociale. Et cela commence par une enveloppe de 10 à 13 milliards d'euros en direction du pouvoir d'achat, notamment. Pas question de parler de tournant social ou même de donner le sentiment d'un volte-face face à la violence. L'exécutif préfère défendre l'idée d'une accélération. Récit de ces dernières 24 heures avec Magali Lacroze.
20
heures à l'Elysée et sur l'écran de plus de 23 millions de Français.
Après
trois semaines de protestation, de violence, l'image solennelle, presque ancienne, d'un chef d'État…
Nous voilà ensemble…
…à
qui on aurait demandé un peu d'empathie
et
qui se sait
très
attendu.
Je
n'oublie pas qu'il y
a
une colère,
une
indignation. Sans doute,
n
'avons-nous pas su depuis un an et demi y apporter une réponse suffisamment rapide et forte.
Je
prends ma part de cette responsabilité.
Je
sais aussi qu'il m'est arrivé de blesser certains d'entre vous
par
mes propos. Répondre à la colère, allumée par les gilets jaunes, et annoncer des mesures concrètes sur le pouvoir d'achat des salariés et des retraités.
C
'est d'abord
l
'état d'urgence économique et social
que
je veux décréter aujourd'hui.
Une
augmentation de 100 euros par mois dès 2019 pour les salariés rémunérés au niveau du SMIC.
Je
veux renouer avec une idée juste. Que le surcroît de travail accepté constitue un surcroît de revenus.
Des
heures supplémentaires défiscalisées dès le mois d'avril.
Le
retour du « travailler plus pour gagner plus
». Je
veux qu'une vraie amélioration soit tout de suite perceptible. Une prime versée fin décembre au courant 2019, défiscalisée, plafonnée à 1000 euros, au bon cœur des entreprises. Voilà pour les salariés.
Les retraités constituent une partie précieuse de notre nation.
Une annulation de la hausse de la CSG pour les retraités qui gagnent moins de 2000 euros par mois.
Pas
de rétablissement de l'ISF. La porte ouverte à la proportionnelle. Beaucoup plus de concertation et pour finir, un mot d'amour. Nous ne reprendrons pas le cours normal de nos vies.
Nous
sommes à un moment historique
pour
notre pays.
Mon
seul souci,
c
'est vous.
Une déclaration suivie par une grande partie de la France.
Le
président a-t-il convaincu les Gilets jaunes et les Français
? Depuis
hier soir, le gouvernement défend les mots de son président dans les
médias. C'est un président qui montre aussi d'une certaine façon son émotion.
Il
a compris l'émotion des concitoyens. Je crois que c'est bien.
Cet
après-midi, Edouard
Philippe repart en première ligne. A la tribune de l'Assemblée nationale, il encaisse les coups.
Votre promesse, c'était celle d'un nouveau monde.
Depuis
hier soir, nous savons ce qu 'il en est. C'est un retour vers le futur.
Comment
les Républicains ne pourraient-ils pas saluer des mesures qui sont en réalité made in Nicolas Sarkozy ?
Vous
mentez en prétendant créer des emplois.
Ou
alors, vous ne savez pas lire les graphiques de l'INSEE ? Hier, le président a cru pouvoir apaiser la colère par de fausses concessions emballées dans ce qui s'apparente à une évidente manipulation.
Au Premier ministre,
de préciser le virage. Non, la réponse sociale du président.
Nous voulons aller vite, nous voulons aller fort.
C
'est le sens des mesures qui ont été évoquées par le président de la République hier. Elle vise,
vous
l'avez compris, vous l'avez entendu, à favoriser
le
travail,
à
faire en sorte que le travail paye.
Pendant
ce temps-là, Emmanuel Macron reçoit les représentants des banques pour leur demander de l'accompagner dans cette opération des minages, cette tentative de sortie de crise.
Et
nous reprenons avec cette question. Smicard et retraité entendu, riche, épargné et qui n'aura rien, mais qui paiera pour les autres,
les
classes moyennes
? Ça, c
'est le discours qu'on a vu monter hier soir, notamment de la part de la gauche. Vous avez entendu la double négation d'Olivier Fort, qui est toujours le signe de l'embarras. C'est on ne peut pas ne pas, on ne peut pas ne pas approuver qu'on donne quelque chose aux gens. Mais évidemment, ce n
'est
pas comme ça et ce n
'est
pas ça.
La grande critique, en
effet,
qui est montée,
notamment du
côté de la gauche, c'est, au fond, poste gauche, poste droite, on va demander aux Français de payer pour les Français. Et notamment pour ceux qui ne sont pas bénéficiaires des mesures. Donc Olivier Fort nous a expliqué, par exemple, que les chômeurs allaient payer pour ceux qui ont un emploi. Et ceux qui sont au-dessus du SMIC, pour ceux qui sont au niveau du SMIC. Non, en réalité, c'est plus simple que ça. Ça a été dit par M. de Sertine tout à l'heure. C'est beaucoup plus simple que ça. On va creuser le déficit et laisser filer vers les 3,5%, puisque 10,12 milliards de démence réglementaire, ça fait à peu près un demi-point de PIB.
De toute façon, l'exercice était totalement contraint, puisque le Président de la République n'avait pas 50 000 leviers à sa disposition pour augmenter le pouvoir d'achat en France des populations qui, aujourd'hui, sont les plus exaspérées par la question du pouvoir d'achat, c'est-à-dire les bas revenus. Et les petites retraites. Donc, il a fait deux mesures qui coûtent cher, mais c'est l'éternelle histoire de l'incendie en Provence. Dans la première minute, il faut mettre un verre d
'eau.
Au bout d'une heure, il faut un litre d'eau.
Et
au bout d'une heure, il faut un canadaire. Hier, il a sorti le canadaire.
Il a sorti le canadaire, mais l'une des critiques qu'on entend beaucoup, portée par la gauche aussi, c'est l'idée de dire qu
'il
n
'y a
pas eu de mesure de justice
fiscale.
C'est-à
-dire, en gros, l'idée, c'est ce que suggère cette question, c'est pour ça que je rebondis, l'idée, les riches sont épargnés. Voilà,
ce que la gauche aurait aimé, et en partie, les Gilets jaunes aussi, qui se sont beaucoup, une partie d'entre eux se sont beaucoup mobilisés. C'est le paradoxe de ce mouvement social. C'est qu'il est à la fois antifiscal, mais il est pour faire payer les riches. Il y a une forte dimension sans culotte dans ce mouvement contre les gens d'en haut. que la gauche, et notamment Jean-Luc Mélenchon, ont repris à leur compte. Et en effet, ils espéraient, non, ils n'espéraient pas, ils savaient qu
'ils
ne l'auraient pas, mais
leur
angle prioritaire d'attaque, c'est que vous ne remettez pas en cause la transformation de l'ISF, vous ne remettez pas en cause le CICE, vous n'augmentez pas la fiscalité sur les grandes entreprises, GAFA, etc. Donc, en réalité, votre homo-enopo, les pièces jaunes, comme dit Corbière, ça ne compte pas, c'est pour rire. Le scandale de votre dispositif, c'est qu'il épargne les fortunés, vous restez le président des riches.
Et qu'est-ce qu'il prépare sur ce terrain-là ? Parce qu'il
y
a quand même quelques phrases qui sont passées un petit peu à la trappe dans le discours d'hier. Il dit par exemple, il faut que les grandes entreprises et les Français les plus fortunés aident la nation à réussir. Il a dit que le dirigeant d'une entreprise française doit payer ses impôts en France et les grandes entreprises qui font des profits doivent également payer leurs impôts en France. C'est passé un peu par perte des profits parce qu'il y avait d'autres annonces beaucoup plus fortes, mais effectivement, ce n
'est
pas du tout anodin. Et d'ailleurs, demain, il reçoit, il a commencé aujourd'hui à reçoire les banques et demain, il reçoit la plupart des organisations patronales, des fédérations professionnelles, des patrons de grandes entreprises. Et il est probable que demain, il va mettre en pratique ou en tout cas, il va essayer de leur donner une injonction un peu plus forte sur « Aidez-moi, aidez-nous, aidez la France, renvoyez l'ascenseur » parce qu'il a bien senti que dans le mouvement des Gilets jaunes, mais c'est assez partagé par les Français, qu'il
y a
le sentiment qu'on a fait des cadeaux. Alors, pas que lui, ça datait aussi. Souvenez-vous, au moment de François Hollande, vous aviez déjà les cadeaux qui étaient faits aux entreprises et que les grandes entreprises, peut-être, ou en tout cas, certains grands patrons, n'ont pas joué le jeu. Alors, demain, il reçoit tous les patrons. Il y aura peut-être d'autres mesures comme un décalage du CICE, c'est possible. Et c'est en tout cas ce à quoi s'attendent les patrons, en tout cas les organisations.
Ça veut dire quoi, un décalage du CICE ? Ça veut dire que c'est
une histoire de trésorerie, mais vous repoussez. C'est un peu comme l'histoire de la
dette. C'est un manque à gagner pour les entreprises. C'est un
manque à gagner pour les entreprises, mais que vous repoussez dans les années à venir. Donc, c'est se donner un petit peu de temps. Et c'est vrai que là, on a vu aujourd'hui un certain nombre de grandes entreprises annoncer qu'elles allaient jouer le jeu de la prime, que la prime optionnelle, pouvant aller jusqu'à 1 000 euros, qui est défiscalisée, et que Emmanuel Macron a annoncé hier, ils allaient jouer le jeu. Il y a Publicis, il y a Xavier Niel, il
y
a un certain nombre de patrons. C'est-à-dire les boites
qui ont les moyens. C'est-à-dire les boites qui ont les
moyens.
Mais
ça n'empêche que je pense que les patrons se sont sentis quand même un peu visés. Ça fait une semaine qu'ils tournent en boucle en disant qu
'on
ne veut pas être les boucs émissaires d'une crise qui ne nous concerne pas directement parce que c'est une des premières crises sociales. Où finalement, on ne va pas dans les entreprises demander des augmentations aux patrons. Mais c'est vraiment un ras-le-bol fiscal, un ras-le-bol en direction du pouvoir qui se passe. Mais là, je pense que quand même, l'épée de Damoclès se rapproche du côté des entreprises, sachant qu'il va temporiser.
On
va voir quel dispositif il peut mettre en place parce qu'effectivement, il y a aussi tout un tas de petites entreprises et il l'a d'ailleurs souligné hier qui ont trinqué avec cette crise, qui continuent de trinquer et qui sont en grande difficulté. Alors ça, c'est l'une des mesures qui est la moins comprise par les Français dans les enquêtes d'opinion qui sont parues depuis ce matin sur l'idée de la défiscalisation d'une prime. C'est
-à
-dire qu'ils reposeraient sur le bon vouloir de certaines entreprises qui peuvent le faire et qui verseraient une prive à leurs salariés évidemment pour faire du pouvoir d'achat et sans imposition sur cette prime-là. Ça, par exemple, ça peut marcher, ça repose sur le bon vouloir des entreprises.
Ce
n'est pas le bon vouloir, c'est aussi la capacité. Bien
sûr.
Je crois qu'il y a cet élément absolument majeur dans l'intervention du président de la République hier qui est sur cette problématique des 8,5 millions, 10, 15 millions de pauvres, c'est-à-dire de gens, y compris de travailleurs pauvres en France. Vraiment, quand on évoque le SMIC, d'ailleurs qui n
'est
pas réellement le SMIC, qui
est
la prime d'activité,
on a
une polémique d'ailleurs du point de vue politique, à mon avis c'est aussi important parce que la prime d'activité concerne aussi les gens qui éventuellement justement ne gagnent pas le SMIC. Donc on est avec une extension autour des gens réellement qui peuvent être considérés comme très pauvres en France.
Ce
sont eux qui sont ciblés. Ce sont eux qui sont ciblés, ce sont eux peut-être qu'on ne voit pas, qu'on n'a pas vu dans les manifestations, mais au fond c'est quand même ce qui je pense a touché le plus Emmanuel Macron en disant là effectivement nous sommes en retard. Là il y
a
un problème du point de vue du programme, là il y
a
un problème d'incompréhension, c'est ce qui transparaît dans son discours. Après la question effectivement sur les classes moyennes, c'est de dire là on va regarder du point de vue des entreprises ce qui est possible. Quand on dit défiscaliser la prime, c'est dire quoi ? C'est dire que l'entreprise va pouvoir payer directement, sans avoir de charges sociales, et sans qu'il y ait de prélèvements fiscales qui soient faits sur la prime. C'est-à-dire en disant là on est vraiment dans un rapport, l'entreprise et son salarié, on a un peu de gains, on en fait profiter directement le salarié.
Donc ça évidemment c'est ce qui permet peut-être d'avoir un impact le plus fort sur le sentiment de rémunération. Il faut rappeler en France, quand vous avez un euro rémunéré au salarié, vous avez deux euros versés par l'entreprise, entre les charges sociales et l'impôt. Là on est le direct, un euro et pas d'impôt dessus. Donc là effectivement, même pour le salarié, au moment où il va avoir la retenue à la source, s'il est concerné,
il verra,
ça c'est 100%.
En tout cas,
voilà, ça c'est une mesure,
vous
disiez, toutes les entreprises ne pourront pas la
verser. Les
grandes entreprises ont déjà fait un geste, ce sont les premiers de cordée aussi. À certaines.
Celles qui peuvent.
Certaines entreprises et celles
qui peuvent.
Autre mesure qui est très commentée depuis ce matin, qui est très symbolique, on n'avait dit ça jamais, ce n
'est
pas une bonne idée, le SMIC, etc. Le SMIC, une augmentation de 100 euros. Au polémique qui est montée depuis ce matin, disant, mais non, ce n
'est
pas vraiment une hausse du SMIC. Qu'en est-il réellement, Philippe de Certi ? Alors,
il
y a deux choses. Il y a l'augmentation du SMIC, qui était prévue au début du mois de janvier, qu'avait annoncé d'ailleurs le Premier ministre, il y
a
quelques jours encore, à l'Assemblée nationale. Celle-ci, elle reste 25 euros. Donc 1,8%, c'est-à-dire un peu plus l'inflation,
on
va dire. Donc ça, elle reste. Donc elle est comprise, on va dire, c'est 25 euros, ou en tout cas, on peut comprendre que ça fait partie de l'augmentation. Non,
non,
non. Alors après, on a les 80 plus 20, donc qui sont effectivement autour de la prime d'activité et de la baisse des charges sociales sur l'élément SMIC. Donc ça, ça veut dire quoi ? Donc on est d'accord que là, c'est un peu le problème. C'est que tout à
l
'heure, vous aviez raison.
Là, c'était simple, et puis d'un coup, c'est plus
simple. Et tout d'un coup, les gens... Alors, c'est d'autant plus important d'ailleurs, et le patronat l'a bien dit aujourd'hui, et je crois qu'il faut vraiment le répéter, c'est que cette prime, il va falloir la demander. C'est-à
-dire
que
ce
n
'est
pas automatique. Il faudra vraiment que toutes les personnes qui peuvent avoir cette prime en fassent la demande. Là, en l'occurrence, ce n'est pas payé par l'entreprise, c'est payé par les caisses d'allocations familiales ou éventuellement la MSA,
la
mutuelle agricole, lorsque c'est un travailleur agricole. Donc,
ce
n
'est
vraiment pas payé par l'entreprise. On est
d'accord. Est-ce que
ça n'abîme pas cette mesure, Fanny Guinach
?
C
'était
simple, comme quelque chose qui tient en une ligne.
Et d'un
coup, on va expliquer aux gens qu'il y avait une partie qu'ils avaient déjà eue et qu'il va falloir aller la réclamer. Ça risque de nourrir le sentiment d'entourloupe. Parce qu'effectivement, ce n
'est
pas une augmentation du SMIC, un geste qui est fait pour une augmentation qui en plus s'inscrirait ensuite dans la durée et alourdirait le coût du travail. C'est en fait de l'argent qui était prévu sur la prime d'activité qui devait être valorisé en 2019, en 2020, qui est ramassé et qui est versé pour des gens qui, effectivement, touchent le SMIC ou sont un petit peu en dessous ou un petit peu en dessous. Et c'est vrai que cette prime d'activité, elle présente l'avantage. Alors, elle n'est pas versée. Elle est versée par, vous l'avez dit, les CAF. Il faut en faire la demande. Ça, c'est l'inconvénient.
Mais l'avantage, c'est que cette prime d'activité, déjà, elle rémunère ceux qui travaillent mais qui ont souvent de petits revenus. Et elle rémunère souvent des foyers. Elle est calculée en fonction du foyer, pas seulement le travailleur. Et en fait, ça vise essentiellement des travailleurs pauvres. Ça vise beaucoup de familles monoparentales, souvent des femmes qui élèvent, qui travaillent à temps partiel, qui ont des enfants à charge parce qu'elle est calculée en fonction du nombre de personnes dans le foyer. Et c'est cette idée. Mais imaginez que le président, hier, dise on va faire le montage de la prime d'activité. Ce n'était pas entendable.
Donc, c'est vrai que dans le package, il le vend en disant que ça sera une augmentation pour chaque travailleur qui est au SMIC de 100 euros, ce qui est plutôt malin. Mais c'est vrai que le jour d'après, le lendemain, on essaye tous de comprendre. Et là, on comprend la mécanique qui
était prévue.
Alors,
une question toute simple. Est-ce que
ce sera 100 euros dans le portefeuille des personnes qui ont droit à la fin du mois, en plus, à partir du mois de janvier ? A priori, il y aura certainement quelques perdants. C'est là où il faut faire attention. Mais sur le papier, globalement, tout le monde devrait les
avoir. Mais il y aura... D
'accord. Le 5 du mois suivant.
Je ne voudrais pas faire la prévente d'une mesure gouvernementale. Mais il faut bien voir que la difficulté où ils étaient, c'est que l'augmentation du SMIC, ce n
'est
pas Philippe de Certaines qui dirait le contraire, est redoutée par beaucoup de petites entreprises, et y compris une partie des gilets jaunes, et fragiliserait un certain de boîte où la masse salariale, c'est important.
Et
si on augmente le SMIC, on met les entreprises en difficulté. Donc la difficulté, c'était de faire monter les salaires sans toucher
ce que paye le
patron. D'où l'idée de recourir à la prime d'activité et à 20 euros de prime de baisse de charge, ce qui fait 100, c'est ça le fameux 100, qui se rajoute au plus 1,8 de revalorisation de l'indice du SMIC qui était prévu. Donc au total, on arrive à pas loin de 130 pour les gens qui remplissent toutes les conditions.
Les
heures supplémentaires défiscalisées, retour d'une idée défendue, adoptée par Nicolas Sarkozy. Est-ce que c'est pas ça la vraie mesure pour les classes moyennes ? C'est une mesure qui est intéressante parce qu'elle touche tout le monde et elle met tout le monde d'accord.
Le public aussi d'ailleurs.
Elle touche aussi les fonctionnaires et d'ailleurs, au moment où elle avait été appliquée, donc entre 2007 et 2012, elle avait un certain nombre d'enseignants qui faisaient du soutien et étaient payés en heures sup défiscalisées. Et c'était intéressant. Ça intéresse aussi les patrons parce que forcément c'est des heures sup que vous pouvez faire sans avoir à payer des cotisations et de la fiscalité dessus. Ça intéresse. Il y avait 9 millions de Français qui en ont bénéficié et en moyenne, c'était 400 euros en plus. Et quand on regarde là où c'est assez malin, c'est que ces heures sup, ça a surtout concerné les employés et les ouvriers. Finalement, très peu les cadres.
Et c'est pile poil quand on regarde les enquêtes, ce sont ceux qui aujourd'hui sont sur les ronds-points ou en tout cas soutiennent les gilets jaunes. Pourquoi on l'avait supprimé ?
Et alors voilà, le vrai
revers, c'est que ça coûte 4 milliards et demi par an, que c'est extrêmement lourd et qu'il y a un effet sur l'emploi. C'est-à-dire que le patron préfère faire, il a trois samedis, là c'est Noël,
il
a trois samedis où il demande à ses salariés de travailler parce qu'il y
a
un surplus. il fait faire des heures sup à ses salariés plutôt que de prendre des intérimaires. Donc
ça
a un effet négatif sur l'emploi. Donc c'est effectivement à un moment, et d'ailleurs François Hollande l'avait supprimé parce qu'il voulait inverser la courbe du chômage et que non seulement c'était coûteux pour les finances publiques, mais ça faisait des créations d'emplois en moins. C'est surtout le coût pour la finance publique. Et là pour le coup on retrouve les polémiques quand on dit 10 milliards, c'est M. Darmanin qui a dit 10 milliards aujourd'hui parce qu'il va avoir à faire passer son budget là dans quelques jours.
C'est un petit
peu compliqué par rapport à ce qui était prévu mais 4 milliards et demi c'était l'expérience d'avant.
Il
est possible et là d'ailleurs entre parenthèses on avait sous-budgété. Ça peut être beaucoup plus important si vous avez beaucoup plus d'heures supplémentaires. C'est de l'impôt qui ne rentre pas. On est d'accord, ce n
'est
pas l'État qui fait le chèque mais c'est beaucoup de rémunérations dans lesquelles on n'a pas de rémunération fiscale. Et étant donné l'état des finances publiques, c'est très sensible.
En
tout cas ça c'est une mesure encore toujours par rapport aux sondages qui ont été publiée ce matin qui a été très bien comprise et qui est plutôt jugée comme efficace par les
Français. Oui parce qu'elle est
aussi dans le travailler plus pour gagner plus effectivement. D'ailleurs Nicolas Sarkozy a vu Emmanuel Macron après cet après-midi.
Ils
se sont vus pour préparer cette intervention. Oui, il a beaucoup consulté visiblement Emmanuel Macron. Il a raison. Il a reçu des maires. Ça a été un peu plus rendu public. Mais il a beaucoup consulté. Je pense que pour résumer il fallait vraiment éteindre le feu avec des mesures qui étaient symboliquement fortes en effet que tout le monde pouvait retenir qui s'adressent aux plus pauvres. Et quand on le voit, le monde, on a fait un reportage dans les tribunaux de comparution immédiate donc des gens qui ont été interpellés samedi dernier et sur la cinquantaine de personnes qui étaient jugées en comparution immédiate, aucun ne gagnait plus de 1200 euros.
Donc ce sont vraiment ces gens-là qui sont en très grande précarité qui étaient les casseurs ou supposés casseurs des manifestations de samedi dernier. Alors évidemment, le maillon faible c'est l'ISF qui était attendu et qui est une revendication qui est souvent brandie sur les pancartes. Emmanuel Macron aurait eu beaucoup, ça aurait été très compliqué politiquement de revenir sur cette décision qui était symbolique. Il essaye d'habiller le maintien de l'ISF en disant ça fait 30 ans qu'il
y a
l'ISF, ça n'a rien changé. Mais bon, pour ceux qui ne le payent plus, ça change quand même quelque chose. Donc ça, je pense que les Français ne sont pas dupes. Ils voient bien que de ne
plus
payer l'ISF, ça allège quand même considérablement le portefeuille de certains et quand vous dites ces mesures qui ne sont pas vraiment des mesures, il n
'y a
rien de coercitif. En fait, il en appelle à la bonne volonté des riches, entre guillemets.
Et
alors, certains en effet ont déjà d'ailleurs
évoqué l
'idée de prime à leurs salariés mais en effet, tous ne peuvent pas se le permettre et là-dedans, il n
'y
a absolument rien de coercitif. Donc l'état d'esprit d'Emmanuel Macron est plutôt de les convaincre
et
de les convaincre, c'est pas tout à fait, il n'a pas tout à fait tort parce que ces gens-là, les grands dirigeants des grandes entreprises vivent dans ces quartiers qui ont été attaqués et ont vu directement…
Ils ont eu peur
? Oui, je pense que oui, en effet, les très riches ont eu très peur pendant trois samedis de suite. Ils ont vu leur voiture brûler, ils ont vu, pour certains, leur domicile se faire envahir, ils ont vu les images que tout un chacun a vues à la télé mais sauf que c'était en bas de chez eux et ce sentiment, il y a eu un sentiment de peur en effet qui s'est propagé dans certains milieux qui fait qu'Emmanuel Macron voit certainement là un levier pour les faire coopérer en son sens et obtenir d'eux des choses qu
'il ne veut pas leur
imposer par la législation
par
exemple.
Et leur faire prendre
conscience que le capitalisme d'une certaine manière doit aussi se réformer pour lutter contre les inégalités, c'est un sujet qui est porté par la patronne du FMI. Oui, c'est vrai, mais c'est un sujet d'ailleurs qui dépasse largement la France et donc là, bien sûr que le malaise français va bien au-delà de, on va dire, simplement notre cas et notre problème particulier avec un président ou avec une situation. On est dans un malaise global dans le monde entier et dans les grands pays.
Lié à ce sujet-là
des inégalités
? Notamment
bien sûr aux Etats-Unis. La question que tout le monde se pose, ces annonces vont-elles permettre de faire redescendre l'attention dans la classe politique pour résumer ? La droite salue un discours qui va dans le bon sens. La gauche dénonce des mesures insuffisantes. Jean-Luc Mélenchon appelant même à une nouvelle mobilisation dès la fin du discours du président. Les gilets jaunes, eux, en attendaient. Les gilets jaunes préfèrent bloquer plutôt qu'écouter la parole présidentielle. À 20h, avec les moyens du bord, deux d'entre eux vont tout de même tendre l'oreille.
Le
salaire d'un travailleur au SMIC augmentera de 100 euros par mois.
Emmanuel Macron sort de son silence et il annonce notamment 100 euros supplémentaires pour les salariés au SMIC, insuffisant pour ces deux hommes.
Il
croit que le mouvement est achetable à 100 euros, 100 euros par personne. Je ne
sais
pas,
il
voulait endormir des gens, quoi. Il essayait de calmer un peu les gilets jaunes, comme on dit. Je
crois
que ça va éteindre le feu de toute la France qui souffre, mais franchement, ce n
'est
plus possible.
Un
petit quart d'heure de discours et à la sortie, une grande amertume.
Il
a pris pour des agneaux, il voulait
nous caresser, sûrement, c'est ça qu'il pensait. On n'est pas des agneaux,
on
est des gaulois. Je ne
sais
même pas s'il peut donner plus.
En
fait, c
'est
ça le problème, c'est qu'il a les mains liées, il
y a
l'Europe, il y
a
tout ça. Je crois que même s'il y avait eu 200 euros de plus, je ne
suis
même pas sûr que les gens auraient accepté de partir du rond-point. Il y a un problème beaucoup plus profond que ça, je crois. Après l'intervention du chef de l'État, il campe sur leur position. Ces gilets jaunes sont bien décidés à
poursuivre le mouvement. Jean
-Luc Mélenchon
appelle à maintenir la pression.
Selon
moi, les paroles qui ont été prononcées par le président de la République sont vaines. Voilà, mesdames et messieurs, pourquoi je crois
que
l'acte V qui se jouera samedi prochain,
l
'acte V du début de la révolution citoyenne dans notre pays,
sera
un moment de grande mobilisation.
Mais
bien sûr, comme tout un chacun, je m'en remets à la décision qui sera prise par ceux qui sont dans l'action. Le Rassemblement National ne va pas jusque-là. Mais sa présidente, Marine Le Pen, critique les annonces de celui qu'elle qualifie de champion de la mondialisation.
Ce
qui s'est passé hier soir à 20h, ça s'appelle « reculer pour mieux sauter ». Emmanuel Macron cherchant à sauver sa présidence plutôt qu'à sauver la paix.
Dans
l'opposition, une voix chez les Républicains apparaît beaucoup plus conciliante avec l'exécutif.
Emmanuel Macron a bien parlé après avoir si mal agi. Sur le ton comme sur le fond, c'est la première victoire historique de la France du travail et des classes moyennes.
Au
sein de sa famille politique, ils sont loin de partager le même enthousiasme, préoccupés par le financement des mesures envisagées hier soir.
Les heures supplémentaires, il y a sept ans que nous réclamons le retour à la défiscalisation, donc on les votera. Les mesures sur l'annulation de la hausse de ces G également. En revanche, on va demander comment vous les financez. On ne peut pas être dans un marché de dupes. Chez
les
syndicats, réaction contrastée. La CFDT se réjouit de voir les corps intermédiaires mieux considérés.
Il
y avait clairement la volonté de remettre les organisations syndicales, patronales, les associations dans le jeu.
Il
a compris,
il est passé des 18 mois. Il ne peut pas faire autrement. Pour
la CGT,
c
'est une bien maigre consolation.
On
est très très loin du compte, on a un président de la République qui continue ses discours tels qu'on les connaît depuis 18 mois et qui ne prend pas en compte le profond mécontentement qui existe dans le pays. A l'inverse, pour le patronat, le comptier ou presque. Je crois qu'on est maintenant rentré dans le temps de la raison, le temps de la responsabilité. On est en train de détruire une croissance qui est fragile. Donc moi, j'en appelle à la raison pour tout le monde. Chef d'entreprise, salarié, il faut se mettre autour de la table.
Selon un sondage au DOXA publié aujourd'hui,
59% des
Français
n'ont pas été
convaincus par le président. Vive la France.
Et
cette question, que cherche Mélenchon en appelant à continuer le mouvement samedi ? Il est dans une démarche clairement de type insurrectionnel, Jean-Luc Mélenchon, il veut pousser jusqu'au bout ces franges radicales qui se sont ralliées au mouvement des Gilets jaunes ou qui en font aussi partie et essayer, en effet, de tirer parti de ce climat de violence et de tension pour arriver à, soit, à une démission du président de la République. donc, il fait partie de ceux qui ne seront jamais satisfaits d'aucune mesure.
Et en effet, il entend utiliser cette radicalité qui existe, on l'a vu exprimé par certains Gilets jaunes qui disent 100 euros par mois c'est rien et même si on nous en donnait 200, ça ne nous suffirait pas non plus et on peut supposer que même 400 ils dirait que c'est... Voilà, et peut-être à raison, peut-être qu
'ils
sont dans des situations tellement difficiles qu'en effet, ce n
'est
pas 100 euros ou 200 euros qui résolveraient leur vie quotidienne et en effet, Jean-Luc Mélenchon est dans une stratégie d'essayer d'appuyer sur cette radicalité qui n'a pas eu d'importance en tout cas dans la rue depuis extrêmement longtemps pour rebondir politiquement. Claude Veil, juste, il a réagi avant même les Gilets jaunes. Il a été un des premiers à appeler à la
mobilisation s'améliorer. Il a réagi
immédiatement, il était manifestement sous tension, très nerveux, ce qui lui a fait faire ce cuir qui ne lui est pas habituel. Il
faut défoncer. Il faut
se rappeler,
ce
n
'est
pas si loin qu'à l'automne et au printemps,
les Insoumis ont beaucoup spéculé sur
l
'émergence d'un grand mouvement populaire qui emporterait tout. L'expression de renversement, elle a déjà été employée à l'automne et au printemps, par exemple, par Éric Coquerel au moment des événements.
Et l'échec de cette fameuse déferlante
a amené Jean
-Luc Marchand à beaucoup réfléchir sur les conditions de ce que pourrait être ce renversement auquel il aspire. Et là, curieusement, le mouvement se produit de lui-même sans qu'au départ qu'il y soit pour rien. Et il ressemble bien à la construction intellectuelle qui est la sienne. Souvenez-vous, lorsqu'il a expliqué, en gros, que le problème, ce n'était plus la gauche chez la droite,
c
'était les gens contre le système, parce que c'est un mouvement des gens qui allie aussi bien des gens d'extrême -gauche, d'extrême-droite, d 'extrême-centre ou d'extrême-nulle-part. Et donc, lui, suit le mouvement en réalité plus qu'il ne l'emmène et ce mouvement, pense-t-il, peut le porter loin.
Il
peut... Ce qui fait qu'il a eu cette phrase
très, très étrange dans sa déclaration de Bordeaux disant qu'il n'essayait pas de récupérer le mouvement mais qu'il espérait être récupéré par le mouvement. C'est assez curieux. On parlait des banques tout à l'heure. Les banques françaises se sont engagées à plafonner les frais d'incident bancaire à 25 euros par mois pour les publics les plus fragiles, soit 3,6 millions de Français. Ça commence, visiblement, les mesures et les rencontres d'Emmanuel Macron aujourd'hui ont débouché sur cette annonce. Alors ça, c'était déjà dans les tuyaux. Mais effectivement, elle traînait un peu la patte, si on peut dire, pour...
Elle trouvait toujours des excuses, entre guillemets, pour dire que bon, déjà, elle faisait beaucoup d'efforts alors que c'est vraiment un vrai sujet. Les frais bancaires pour les gens qui n'arrivent pas à terminer les fins de mois, c'est un sujet
très concret,
très quotidien.
Pourquoi
mettre autant d'énergie à expliquer qu'il n'y a pas de virage, qu'il n
'y
a pas de tournant, qu'il n
'y
a pas de changement de cap et qu'on va accélérer alors que sur certaines mesures, on va y venir sur l'histoire de la CSG notamment, c'est bien le logiciel économique du président de la République qui est quand même entamé et qui est modifié. Effectivement, mais quelque part, il reste dans un cadre assez pro-business. L'ISF qu'il maintient, c'est aussi pour dire aux grands patrons, ne partez pas, c'est aussi pour dire à ceux qui sont loin, revenez, l'attractivité de la France, parce que c'était un de ses premiers résultats d'ailleurs, l'attractivité de la France retrouve un peu de vigueur.
On voit bien que toutes les mesures, on l'a dit, ne sont pas contraignantes et que du coup, c'est au bon vouloir des chefs d'entreprise, mais quelque part, il leur met aussi la pression et il reste dans sa ligne. Ça aurait été terrible, je pense, pour lui, vu la façon dont il était acculé, de dire, écoutez, on change complètement tout. Les heures supplémentaires, c'était dans le programme, ça n'était pas des heures supplémentaires défiscalisées, mais il y avait quelque chose qui était prévu autour des heures supplémentaires en septembre prochain. il avance et il va un cran au-dessus. La prime d'activité, c
'était aussi prévu. Il avance, il accélère.
Donc, quelque part, il change aussi son calendrier, mais il n'y a pas un renversement, il fait de vrais virages, il accélère, en fait, il prend son virage en accélérant, mais il ne change pas complètement de cap, auquel cas, ça aurait été dramatique. Politiquement, ça aurait été très compliqué pour lui de dire je change de politique économique parce qu'Emmanuel Macron, malgré sa chute dans les sondages, était toujours crédité dans l'opinion publique de faire ce qu'il avait dit qu'il ferait. Et ça, ça lui était reconnu comme une qualité d'avoir annoncé un programme et de s'y tenir, des réformes et de s'y tenir.
Donc, ça, ça fait partie, quelque part, des quelques rares qualités dont l'opinion le crédite encore. Après, annoncer un changement de politique, ça veut dire aussi, ça implique un changement de gouvernement ou au moins de Premier ministre. Il se trouve qu'Emmanuel Macron fonctionne bien avec son Premier ministre, qu'il vient de faire un remaniement, qu'il nous a montré à tous qu'il avait du mal à composer des équipes. Donc,
c
'est une solution, je pense,
qu
'il a, si tant est qu'il l
'ait
imaginée, qu'il a assez vite écartée. Donc, en effet, il y a ce double discours de, à la fois, on ne bouge pas et en même temps, dans les faits, il y a une inflexion parce qu'aggraver les déficits publics, ce n'est pas en accord avec la politique
économique qu'il
a défendue pendant la campagne. Là, pour le coup, il y
a
un tournant.
Oui,
il y
a
un tournant, mais je pense que, voyez ça, c'est envisageable et je pense que ça, c'est un élément qu'on n
'a
peut-être pas encore évoqué dans cette logique de définir la stratégie vers laquelle on va. Je crois que, vraiment, il y a aussi quand même cette idée quand il dit qu'il va aller à la rencontre des citoyens, qu'il va aller à la rencontre des maires. Il y a vraiment aussi ce qu'on ressent dans le reportage tout à l'heure dans les gens sur les ronds-points. Leur sentiment, c'est de dire mais on va où ? On ne veut pas 200 euros, 100 euros.
Mais vous avez
compris où on va, Philippe de Serti
?
Ça, c'est une vraie grande question aujourd'hui parce que derrière, effectivement, on a les tensions internationales, on a la question du dérèglement climatique. Il y a vraiment cette idée derrière de dire il faut que la France et d'ailleurs l'Europe peut-être de point de vue plus large réfléchissent à son avenir. Et ça, ça ne peut pas être simplement décidé à Paris ou
dans les élites. Mais
ça, Emmanuel Macron en a parlé. C'est pour ça que je vous pose la question comme ça. Dans ces 13 minutes-là, il y a eu la première partie des annonces en rafale avec des choses très lourdes et à la fin, une sorte de cap. En disant aux Français, on va parler tous ensemble de tous les sujets. Sujets institutionnels, reconnaissance du vote blanc, les questions qui touchent naturellement à la représentation, on a pensé à la proportionnelle. Il a parlé d'identité, il a parlé d'immigration,
il
a parlé de nouveaux contrats sociaux.
C
'est ça le sens ? À mon avis, c'est capital. C'est sûrement un des éléments qui nous remontent le plus on va dire de ce mouvement. Quand on le compare à 95 ou à 68, il y a quelque chose là dans la redéfinition de l'objectif du pays qui était sous-jacent dans les campagnes présidentielles précédentes. D'ailleurs, comme étant un manque que les citoyens disaient mais au fond, on parle de mesures immédiates un peu là ce que je vous dis, on voit dans le reportage. Mais au fond, on voudrait parler de quelque chose de plus important. Où est-ce qu'on va ? Que vont faire nos enfants ? Est-ce qu'on aura une place dans la société de demain ?
Ce sont les questions capitales qui se posent aujourd'hui parce que nous sommes à un moment de changement de modèle économique. Je crois vraiment que la question du dérèglement climatique était derrière la question des taxes mais qui était effectivement complètement cachée derrière. Elle est quelque chose de capital. Vraiment un grand défi de notre époque. Et là, pour le coup, quand il dit c'est une chance. C'est peut-être ça la question de la chance.
C
'est-à-dire, est-ce
que la nation
toute entière peut décider de s'emparer de son futur ? Au fond, c'est probablement ce qui lui manque le plus. Et je pense que là, il avait envie d'aller vers ça et il y avait évidemment aujourd'hui d'abord éteindre au sens propre comme au figuré les incendies de la société d'aujourd'hui. Vous y croyez à ce débat, Claude Veil, sincèrement ? Sur le papier, on a envie d'y croire. On a envie de se dire on a tout un tas de
sujets.
On n'y arrive pas. Effectivement, le contrat social entre même le peuple et l'État, la tolérance aux impôts, etc. Tous ces
sujets-là, il faut
le mettre sur la table. Je
ne sais pas si la société accouchera. Mais en effet, ce qu'il a annoncé hier, ça relève de la thérapie de groupe. On voit bien que ce qui s'est exprimé dans cette crise depuis le début, c'est le sentiment qu'ont les Français de ne plus être représentés, de ne plus être compris, de ne plus être entendus. Le mot « entendu », c'est un des mots qui est le plus utilisé sur les ronds-points et partout. D'où l'idée de faire non pas le tour de table habituel avec les corps constitués, mais de donner la parole à la France dans ses profondeurs. Je ne suis pas sûr que ça va marcher parce
que... Pardon,
j'en profite pour faire un rectificatif. Je parlais de 60 ans. J'ai fait une heure tout à
l
'heure.
Je vous ai fait faire la même heure. Je
faisais allusion évidemment à mai 68, 50 ans. Il y a évidemment beaucoup de points communs. Ce ne sont pas les mêmes catégories de population. Les circonstances ne sont pas du
tout
les mêmes. Mais il y a la même chose. Les jeunes en 68 disaient quoi ? Ils disaient « Je ne veux pas vivre dans cette société-là. Elle ne me plaît pas. J'en veux une autre. » Et ils ne savaient pas laquelle. Et aujourd'hui, c'est le mai 68, des classes moyennes et des classes moyennes hantées par la peur du déclassement qui disent « Je ne veux plus de cette société-là » même s'ils ne savent pas très bien laquelle ils veulent. La difficulté, c'est que le chef de chantier, celui qui va mener les travaux, c'est précisément celui qui incarne aux yeux d'une majorité de Français cette société dont ils ne veulent pas. La société de l'argent, de la réussite, c
'est une situation
atroce que je ne souhaiterais pas à mon pire ennemi, c'est que
cette
France fracturée, éparpillée, se ressoude autour d'un ennemi commun qui est Emmanuel Macron. Il est devenu le bouc émissaire de son peuple en souffrance. C'est une situation épouvantable pour un chef d'État dont il essaie de sortir en devenant lui-même le chef des grandes assises de l'avenir de la nation.
J
'ai réécouté cet après-midi le discours du général de Gaulle justement en 68 et c'est très intéressant.
J
'étais presque convaincue qu'Emmanuel Macron venait de le réécouter aussi parce qu'il est construit de la même façon avec le coup de colère, alors avec un ton différent puisque le général de Gaulle avait un ton beaucoup plus théâtral mais dans un autre genre et avec d'abord le refus des violences, la fermeté extrême sur les violences, ensuite des propositions et ensuite disant on va tous se rassembler les Français autour d'un nouveau projet. Et Emmanuel Macron s'est inspiré de ça parce qu'en effet, moi je pense qu
'il y
a très peu de similitudes entre les deux mouvements et les revendications mais il y a ce côté éruptif, incontrôlable, on se demande jusqu'où ça va aller et le seul enjeu d'Emmanuel Macron sur cette prestation télévisée était de déconnecter une opinion publique majoritairement en soutien aux Gilets jaunes d'une minorité dont il sait qu'il ne pourra jamais satisfaire les désidératas et les envies et d'apaiser les souffrances, les craintes et les peurs.
En
tout cas,
il
est loin le temps où Emmanuel Macron tansait les retraités qui n'avaient selon lui pas le droit de se plaindre. Hier soir, il est donc revenu sur la hausse de la CSG pour ceux qui touchent moins de 2000 euros de pension. Nous sommes allés à la rencontre de ces retraités qui sont depuis le début sur les ronds-points sur les barrages Pierre-Millet Bélando, Myriam Zéard et Laurent
Hirsch. Sur
ce rond-point ce matin,
les
plus mécontents, c'est peut-être les anciens. Les retraités,
pas
franchement satisfaits de la déclaration d'Emmanuel Macron.
Tous
les Français qui sont à la retraite doivent avoir le minimum, c'est-à-dire le ZMIC. La réindexation sur le coût de la vie de la retraite. Il s'en tape. Il s'en tape. Lui, quand il va arrêter d'être président, il va toucher encore combien
? Parmi
eux, Michel, 71 ans. Macron, fais ta valise !
Macron ! Fais
ta valise
!
Cet ancien peintre en bâtiment nous emmène chez lui à quelques kilomètres de là.
Et
pour expliquer sa colère, nous montre ses feuilles d'impôt. Bon, vous voyez, vous
avez
chez moi un petit deux pièces, je touche en tout et pour tout,
6
854 euros de retraite par an. Soit environ 830 euros par mois grâce à des compléments. Il n'était de toute façon pas touché par la hausse de la CSG mais attendait autre chose d'Emmanuel Macron.
On
a augmenté les salaires de 100 euros pour ceux qui travaillent mais les retraites, les petites retraites, on n'a rien.
Moi,
je suis exempté de la CSG et de la RDS parce que j'ai une petite retraite à l'heure actuelle de ça. mais ce n
'est
pas normal qu'on ne pense pas à nous, le trois quarts qui font les Gilets jaunes. C'est ça, c'est la situation. Depuis plusieurs mois, avant même l'éclosion du mouvement des Gilets jaunes, les retraités sont fâchés avec Emmanuel Macron. Depuis l'annonce de la hausse de la CSG, une épine dans le pied du président qui a donné lieu à de nombreuses manifestations et quelques échanges
qui
ont marqué les esprits. Là, vous nous avez vraiment pompés. Non, non, non, non, non, c'est pas vrai, mais je vais vous
expliquer. On va les
retraiter, dites donc. Oui, mais je vais vous expliquer.
On a
travaillé toute notre vie. Mais vous avez travaillé toute votre vie pour quoi
?
Pour avoir une retraite. Non, si vous regardez le système français tel qu
'on
l'a, vous avez travaillé toute votre vie pour payer la retraite de vos aînés. C
'est
un système qui marche comme ça en France. On a baissé de trois points toutes les cotisations salariales. Donc tous ceux qui travaillent touchent plus pour qu'ils gagnent plus par le travail,
que
ça redémarre plus vite pour qu'ils puissent vous payer les retraites. Voilà. Donc, je suis d'accord, ça fait
jamais. On
n'est pas content. Dix mois et une crise sociale plus tard, Emmanuel Macron revient sur sa mesure.
L
'augmentation concernait les retraités touchant au moins 1200 euros par mois. Elle s'appliquera finalement à ceux qui gagnent au moins 2000 euros par mois. 40% des retraités en étaient exemptés.
ils
seront désormais 70%.
Pour
cette association de retraités en pleine rédaction de sa revue trimestrielle, Emmanuel Macron, malgré ses nouveaux aménagements, continue de diviser les Français.
On
crée deux catégories de population. Il y a ceux qu'on va dispenser de cette augmentation, les salariés, les fonctionnaires, les indépendants, et ceux à qui on va dire ben non, vous vous êtes des retraités, donc vous êtes des inactifs,
et
donc vous êtes riches, et à partir de ce moment-là, on peut vous demander de payer, soyez contents. La question des retraites, un point décidément sensible pour le président. Après ce recul sur la CSG, la réforme des retraites prévue pour le premier trimestre de 2019 pourrait être repoussée.
Bon
ben là, pour le coup, ça faisait des mois et des mois que les oppositions de droite et de gauche disaient à Emmanuel Macron ça n'est pas possible, il y a des remontées de terrain, les retraités n'en peuvent plus, on en a fait des émissions, décès dans l'air, avec des questions des retraités qui disaient c'est trop dur,
c
'est trop injuste. Là, il a entendu, Philippe de Sertine.
Oui, il
a entendu, même si dans le reportage, on voit que d'abord, évidemment, des toutes petites retraites, le monsieur là, qui de toute façon n'avait pas la CSG, dit mais moi j'ai rien. Et les retraites au-dessus, évidemment, n'ont rien non plus. Et c'est vrai qu'à 2001, un euro, là, vous avez probablement des gens qui sont mécontents. Mais ce qui est certain, c'est que là,
il
y avait effectivement quelque chose qui est aussi préoccupant d'un point de vue politique, on va dire, qui est moins économique, qui
est
la question de la fracture. La fracture entre une population, entre ces anciens et les jeunes, c'est quelque chose d'extrêmement dangereux. On a un président très jeune, on avait un gouvernement très jeune, on avait cette approche de dégagisme un petit peu, mais tout d'un coup, qui s'est traduit par non seulement on est jeune, mais en plus, on va ponctionner, ce que disait la dame,
vous nous pompez.
Donc, tout d'un coup, effectivement, il y avait quelque chose de très dangereux parce qu'effectivement, ça induit des fractures à l'intérieur d'une population qui sont très, très compliquées ensuite à réparer. Et on voit bien que là, effectivement, il y a cette idée-là, non, là, on a probablement fait quelque chose. Et là, probablement aussi, c'est un des points sur lesquels le président a été le plus dans le méa culpa, en disant on a fait une erreur. C
'était
injuste. C'était injuste.
Il
l'a dit. C'était injuste. Effectivement, c'est une mesure, pourtant, qu'il a défendue. On l'a vu même, il l'a défendue sur le terrain. Et là, il dit c'était injuste. C'est-à-dire, je pense qu'il y
a
effectivement ce sentiment qui est remonté là très, très fortement. Attention, il y
a
un danger de fracture de la population française qui fait probablement la force de la France. C'est justement l'unité de sa population. C'est à des moments extraordinaires qu'on le voit. Et d'ailleurs, aujourd'hui, c
'est
un moment un peu comme ça. Quand il y
a
eu les attentats, la France, c'est le seul pays où vous avez eu une démonstration aussi forte de la cohérence de la population française. Des millions de gens dans les rues. C'est arrivé dans aucun autre pays du monde. Là, effectivement, il y avait un danger. Et je pense que du point de vue politique, on a senti que l'économie
parfois devait
passer au second plan. C'est vous qui dites ça.
C'est moi qui dis ça.
Comme vous le rappeliez, cette question des retraites, elle était déjà dans l'air bien avant le mouvement des Gilets jaunes. Donc, il y avait eu beaucoup d'alertes de la part des maires, notamment du terrain qui était remonté à l'Élysée. L'Élysée restait inflexible. Donc, il fallait absolument faire quelque chose, faire un geste en direction des retraités, ne serait-ce que pour des raisons de tactique politique. On a là des retraités qui sont issus des cohortes du baby-boom, qui sont extrêmement nombreux, qui votent, beaucoup, de façon très assidue et très régulière, beaucoup plus que les jeunes. Donc, c'était important de faire un geste pour calmer leurs inquiétudes.
Et ils disent que ça n'est pas suffisant et ils demandent l'indexation sur le coût de la vie, sur l'inflation ? C'est vrai que les retraités, il fallait qu'ils fassent un geste. Et c'est vrai que autant la hausse de la CSG était prévue dans le programme, autant l'indexation n'était pas prévue. Donc là, c'est là où il y
a
eu aussi le sentiment de trahison d'un certain nombre de retraités. Et puis en plus, ça a des impacts économiques assez forts sur les pensions, cette indexation. Donc,
c
'est vrai que du coup, Emmanuel Macron a préféré faire ce geste sur un delta entre 1 200 euros et 2 000 euros. D'ailleurs, on ne sait pas au passage exactement et personne n'était capable de dire combien ça allait coûter. Mais il fallait qu
'il
fasse un geste politique et c'est peut-être là où le mea culpa a été le plus fort finalement quand on regarde bien son allocution.
C
'est envers les anciens parce que pour Emmanuel Macron, pour le coup, c'était vraiment des tableaux Excel, une logique très budgétaire,
un niveau de vie
moyen qui était plus élevé de façon macroéconomique pour les retraités que pour les jeunes. Donc, c'était vraiment ça. Et pendant très longtemps, le gouvernement a été là-dessus, sûr, on ne change pas ce cap malgré toutes les remontées que Vanessa Schneider a rappelées. Et là, hier, il y
a
une vraie prise de conscience aussi parce que certains anciens de la classe politique, on disait, il a beaucoup consulté, certains patrons un peu plus âgés, lui ont quand même soufflé aussi à l'oreille que là, pour le coup, il fallait prendre en compte cette colère qui était là.
Si je peux prolonger, c'est très intéressant parce que ça montre
bien
à quel point la politique et la macroéconomie sont deux domaines totalement différents. Ce système avait été inventé par des têtes d'œufs qui étaient de la campagne électorale. C'était très intelligent. Sur le papier, ça fonctionnait très bien. Pour baisser le coût du travail, on baissait les prestations sociales et parce que, comme on manquait d'argent pour compenser, on allait augmenter la CSG. Sur le papier, ça fonctionnait très
très bien. Simplement, au
bout, c'est
des vrais gens et des vrais gens qui, pour la première fois depuis très longtemps en France, ont vu leurs revenus nets baisser, pas leurs impôts augmentés, leur revenus nets baisser d'un jour sur l'autre. Et ça, pour les personnes qui, comme ils disent, ont travaillé pendant 42 ans, c'est totalement insupportable. Et
ça, Macron ne l'a pas compris parce que, si intelligent soit-il, il n
'a
pas fait le parcours
du combattant. Et vous vous souvenez qu'à une époque, il lui disait merci.
Il pensait qu'il suffisait de
remercier les retraités de l'effort qu'il faisait pour la collectivité. C'est
la faille dans la construction du système Macron.
On
sait que cet homme, avec toutes les qualités qu'on lui connaît et probablement quelques défauts, il n'a pas fait le parcours. Il n'a pas été conseiller municipal, maire, conseil général, président de conseil général, secrétaire d'État, ministre, etc. Il est arrivé directement président de la République sans faire les fins intermédiaires. Et n'importe quel politicien de terrain et beaucoup de députés lui ont dit non, on ne peut pas taper comme ça un pouvoir d'achat des personnes âgées, surtout quand c'était le cœur de votre électorat, ceux qui vous ont soutenu le plus longtemps et qui aujourd'hui sont les plus remontés contre vous.
Et à l'époque, c
'est
pas la question des mandats,
c'est pas la question d'accumulation des mandats, c'est juste qu'un élu, qu'il soit maire
ou conseiller général
ou député, il fait des permanences et il
reçoit ces
gens-là
et il entend
cette colère, il reçoit des retraités,
il
reçoit des SMICAR, il reçoit des gens au RSA, il reçoit toutes sortes de gens qui leur expliquent leur situation et du coup, il
y
a une connaissance un peu plus fine de ce qui se passe dans le pays.
Et
nous revenons maintenant à vos questions.
Qui
peut décider de l'arrêt de ce mouvement
?
Personne, personne ne peut décider de l'arrêt du mouvement,
sinon il
aurait bien souhaité...
Certains
représentants des Gilets jaunes
libres ont dit
cette fois c'est bon.
Bien sûr,
on peut se demander si le mouvement ne va pas s'essouffler pour diverses raisons parce que les plus radicaux se sentiront moins soutenus par l'opinion publique. L'opinion publique qui était vraiment massivement derrière les Gilets jaunes et qui commence un peu à se fissurer, à dire bon, là il
y
a des gestes qui ont été faits. Emmanuel Macron a entendu la souffrance, donc peut-être qu'il faut arrêter en tout cas de commettre des violences et de mettre le pays et l'économie du pays en péril. Ça c
'est
un argument aussi qu'on entend beaucoup, cette inquiétude sur une chute de l'économie, du commerce. Et pour aussi des raisons pratiques, ce mouvement peut s'essouffler parce que les forces de l'ordre ont fait un travail quand même assez efficace le week-end dernier qui a consisté à cérer à des manifestants
avant
même qu'il n'y
ait
eu l'occasion
de
sortir de leur voiture ou des gares. Donc ça peut avoir
un effet
dissuasif pour certains manifestants. Pour ce qui
est
de l'opinion, il faut rester prudent ce soir parce que c'est vrai qu'il
y
a des sondages qui sont un peu contradictoires. Il
y
en
a
qui donnent une poursuite du mouvement. C'est un peu tôt.
Je
pense qu'il faut attendre combien de temps à votre avis de jour pour savoir combien de temps on
va voir
comment
les choses infusent
dans l'opinion. L'opinion est très complexe à analyser depuis le début. On s
'est trop précipité les
uns et les autres sur l'idée que l'opinion est massivement derrière les gilets jaunes. C'est plus complexe. La France était solidaire d'un combat contre la hausse des carburants et pour la défense du pouvoir d'achat. Ça ne
veut
pas dire qu'elle adhérait à l'ensemble des revendications des gilets jaunes ni qu'elle est prête demain à remettir le
gilet jaune. Ça veut dire
qu'ils peuvent soutenir les revendications sans soutenir les blocages par exemple.
Ça a été le cas. Les revendications sur l'essence étaient très très populaires mais on n'a jamais soumis par exemple est-ce que Macron doit démissionner ?
Est
-ce qu'il était un des mots d'ordre des ronds-points ?
Cette question vous allez voir.
Ma bienveillance vis-à-vis des gilets jaunes est épuisée. Pourquoi ne présente-t-il pas une liste aux européennes
?
C'est
peut-être comme ça que ça va se terminer. Il en est question.
Après il faut voir mais c'est vrai qu'il y
a
un bon sens populaire quand même aussi les gens voient l'impact sur l'économie ça veut dire des contrats en moins ça veut dire des heures sub qu'il n
'y
aura pas ça veut dire des violences qui ont quand même choqué donc tout ça devrait faire quand même que ce mouvement devrait en tout cas s'effilocher. Il y aura toujours des ultra durs des radicaux. La difficulté vous disiez qui peut décider c'était que aussi dans ce mouvement il n
'y
avait pas de leader et que les leaders qui émergeaient ou qui ont émergé ont été très très vite souvent contestés ce qui rend compliqué l
'incarnation
politique
dont vous parlez pour l'éventuelle
liste aux européennes cette absence de leaders de coordination et d'organisation entre eux parce que mener une liste il faut un minimum
d'organisation et de plateforme commune.
C'est par nature un mouvement attrape-tout nous avons tous rencontré dix gilets jaunes autant de gilets jaunes autant de discours c'est révélateur de problèmes. Mais comme l'a dit le président de la république nous ne reprendrons pas le cours normal de nos vies donc quelle que soit l'issue du mouvement il y aura un avant et un après et visiblement ce mouvement des gilets jaunes a raconté quelque chose du pays et d'après en tout cas ce qu'en pense le président de la république il y aura de toute façon des suites qu'elles soient politiques aux européennes
ou ailleurs. C'est évident
parce que les gens ont aussi vu comment les politiques des oppositions se comportaient pendant ce moment géraient la crise pareil du côté des syndicats et puis il y
aura
un avant et un après pour la suite des réformes du quinquennat aussi l'assurance chômage les retraites comme disait votre reportage effectivement ça va changer un petit peu la donne Gilets jaunes prenez toujours ce qui est bon à prendre vous reviendrez dans 6 mois si nécessaire alors c'est la
difficulté
c'est une possibilité on va dire on est dans quelque chose qui peut être une sorte de mouvement perlé surtout qu'il faut le rappeler 2019 risque d'être moins bon en termes de conjoncture économique nettement moins bon que 2018 donc ça veut dire d'ailleurs que quand on évoquait le risque de dérapage du déficit c'est non seulement parce qu'on va plus dépenser mais parce qu'on va moins produire de richesses et donc si la croissance est nettement moins bonne et malheureusement on le craint on risque
d'avoir pas à cause des
Gilets jaunes pas à cause des Gilets jaunes du point de vue mondial et la France en particulier on est vraiment avec des chiffres qui sont moins bons donc 2019 peut être compliqué une question pour vous Philippe de Sertine qui va payer la note nous nos enfants nos petits-enfants donc d'abord les marchés financiers on le disait
c'est à dire pour
commencer oui mais c'est effectivement je
vous
taquine oui et donc après évidemment c'est nous c'est à dire après il faut qu'on produise de la richesse la seule solution quand
on dit c'est nous
ça veut dire des hausses d'impôts ça veut dire quoi ?
ça
veut dire que si on arrive à avoir une croissance qui repart c'est à dire on reproduit la richesse pour ça que les entreprises quand on est en train de dire il faut les ponctionner c'est elles qui produisent la richesse qui permettront au pays de faire face à ce type de dépenses sur le long terme si elles ne
sont
pas là ça veut dire effectivement des craintes qu'à un moment donné il faudra aller chercher l'argent alors effectivement où il y en a ? là où ce mouvement est compliqué c'est qu'effectivement au moindre mouvement de mécontentement s'il
y
a de nouveau on va dans la rue parce que là quel
est
le résultat ? c'est qu'au bout de trois semaines on lâche le gouvernement lâche les vannes comme jamais il y
a
eu des manifestations des mobilisations les syndicats les français qui se mobilisaient n'obtenaient pas ça donc c'est vrai qu'il y
aura
cet antécédent de dire maintenant on n'est pas content pour que le gouvernement recule on va se mobiliser dans la rue sur les ronds-points casser des vitrines c'est ça la difficulté aussi à laquelle va être soumise soublier Emmanuel
Macron
quand il dit
nous
ne reverrons plus jamais les jours d'avant ce qui pourrait évoquer une phrase de Talleyrand on a eu une brutalisation de la vie politique qu'on n'avait jamais vue ou qu'on n'avait jamais vue à ce point là les scènes de guerrilla urbaine auxquelles on a insisté vont rester profondément dans les consciences
la démocratie a été mise au défi par la violence elle a été mise au défi par le rôle toxique des réseaux sociaux inondés de fake news de mensonges diffusés à des centaines de milliers exemplaires qui fait que l'opinion ne se force plus seulement en regardant ses dans l'air ou en lisant le journal mais sur des réseaux manipulés souvent par les plus violents les plus menteurs les plus paranoïaques qui a permis aussi des réseaux qui ont permis aussi aux gens de se retrouver de s'organiser
bien sûr mais c'est aussi c'est là que ça se
passe et d'une certaine façon
on
l'a vu aux Etats-Unis on l'a vu en Grande-Bretagne la démocratie est mise au défi par cette nouvelle agora qui échappe totalement au discours politique traditionnel
Emmanuel Macron a cédé un peu sur la forme mais sur le fond rien n
'a
changé êtes-vous de cet avis ? si ça a quand même changé d'abord financièrement en effet il lâche un gros paquet d'argent et ça veut dire une inflexion de la politique économique les classes
moyennes vont donc
continuer à payer plein pot
que
fait-on de l'évasion fiscale et du train de vie de l'Etat ? il
n'a rien dit
sur la dépense en tout cas si on dépense plus il va falloir faire des économies on
ne sait pas
où mais là ils ne pouvaient pas l'annoncer hier ça aurait été quand même très mal perçu ça aurait
brouillé les
messages
les baisses de
dépenses sont presque aussi explosives que les hausses d'impôts ça
prend l'objet de notre
émission merci à vous quatre c'est la fin de cette émission qui sera rediffusée ce soir à 22h30 on se retrouve demain 17h50 pour un nouveau C dans l'air tout de suite c'est à vous belle soirée sur France 5