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interviewC à vous (sur YouTube)· 30 mai 2026 11 min

Le parcours fulgurant d’Anamaria Vartolomei

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

au service de mon travail. Il n'est pas nécessaire d'avoir souffert pour jouer un rôle de quelqu'un qui souffre. C'est pas la condition sine qua non d'aller souffrir pour jouer quelqu'un qui souffre. - M.Bouhafsi: A.Vartolomei, F.Lesieur, vous incarnez 2 jeunes résistants qui sont au départ très isolés.

Vous connaissez bien cette période de l'histoire? - A.Vartolomei: Pas trop.

J'avais en tête les cours d'histoire barbants. C'est en lisant le scénario que, de par le genre hybride... - M.Bouhafsi: Tout va bien.

Niels est en train de croquer un petit bonbon. Vous avez entendu les bruits du bonbon? - N.Schneider: J'ai plus de dents! - A.Baudry: Ca m'a fascinée.

Je pensais pas du tout être aussi happée par cette période de l'histoire. J'ai aimé qu'il parle de l'intime de chacun des personnages, qu'il aille explorer des choses qui ont peu été dites. On a découvert des personnages dont on ne connaissait pas les noms, comme celui de Florian.

Paris, la place de la femme à l'époque, que j'ai crue être comme après la Libération...

Je pensais qu'elles n'avaient pas eu d'impact. Au contraire, elles ont été essentielles. Il explore tout ça avec beaucoup d'humour.

La mise en scène est brillante et travaillée. J'ai découvert des choses, oui. Ca m'a passionnée. - M.Bouhafsi: Florian, vous aviez conscience que des lycéens s'étaient engagés au péril de leur vie, surtout aussi tôt dans la bataille? - F.Lesieur: Non.

Je connaissais à peu près cette période. J'avais un prof d'histoire qui me passionnait pas mal. En revanche, je savais pas que les 1ers signes de résistance venaient des jeunes, et pas aussi tôt.

Le 11 novembre... - N.Schneider: 1940. - F.Lesieur: Oui, j'ai dit le 11 novembre.

Souvent, la révolte vient des jeunes. Le monde de demain va appartenir aux jeunes. Quand on se sent pas forcément à l'aise dans celui-ci, il faut porter la voix.

Je trouve ça pas étonnant que ça vienne d'eux. Ca n'enlève rien au courage et au fait que ça me sidère. C'étaient des gars et des filles de 17 ans. - M.Bouhafsi: Le 11 novembre 1940, 5000 lycéens manifestaient sur les Champs-Elysées au péril de leur vie.

Vous retracez, A.Baudry, cette journée mémorable. Acclamations. - Vive De Gaulle! - Bien joué, ma soeur!

Alors? On l'a bien torché, le portrait du maréchal? - On a repris Paris.

On va reprendre la France. - Bientôt, on sera libres. - M.Bouhafsi: J'adore!

Florian refait les dialogues. Ca a été un des moments les plus marquants de la Résistance. Anamaria, j'imagine que vous ne voyez plus l'Arc de Triomphe de la même manière? - A.Vartolomei: Pas du tout, ni la place Denfert-Rochereau, ni tous les endroits...

Le Panthéon...

Il y a énormément d'endroits mythiques parisiens qu'on a découverts sous un autre oeil. Quand on passe à côté, on pense l'un à l'autre, avec Florian, et au film. - S.Abkarian: C'est pas parce que vous êtes là, mais je vous trouve merveilleux dans le film.

L'exaltation qui s'en dégage, toute cette jeunesse...

C'est eux qui ont révélé le la de la brutalité allemande. On ne sait pas encore ce qui va se passer. Moi, je le découvre sur le corps de ces jeunes gens, sur la naïveté et l'exaltation de ces jeunes gens.

La voiture qui roule...

Tout d'un coup, ça vire au cauchemar, assez vite. On se rend compte...

Ca donne le la de la brutalité de l'occupation allemande. - M.Bouhafsi: C'est la scène que vous avez préféré tourner. - A.Vartolomei: Oui.

C'est la 1re fois que j'étais autant...

Je voyais un plateau aussi grandiose, avec une telle mobilisation...

Les figurants étaient dingues. C'est pas du jeu. On vivait vraiment le truc. - M.Bouhafsi: A.Baudry, vous avez aussi écrit ce film pour la jeunesse d'aujourd'hui, pour les enfants, pour comprendre ce qui s'est passé avant.

Pour mieux préparer le futur, il faut regarder le passé? - A.Baudry: C'est pas une leçon de morale ou quoi que ce soit. - M.Bouhafsi: Mais une manière de dire que la flamme existe toujours? - A.Baudry: Exactement.

C'est un film sur l'espoir. Cet espoir, j'ai envie de le partager, notamment avec la jeune génération. C'est facile pour personne, les temps actuels, mais c'est encore plus pesant pour les jeunes.

Une figure d'espoir, c'est important, et surtout de la décortiquer, pas juste de la matraquer. Rentrer dedans, dans sa bizarrerie, dans ce que ça veut dire dans la vie quotidienne...

J'avais envie de partager ça. Comme disait Anamaria, je vois toujours à travers les yeux de quand j'ai commencé à tomber amoureux du cinéma, quand j'avais 16-17 ans. - A.Bégot: Parmi les moments forts du film, il y a la bataille de Bir Hakeim.

Je la connaissais très mal. Elle n'est pas du tout enseignée au collège ou au lycée. On est en mai-juin 42, en plein désert libyen. 3200 soldats français se battent contre l'armée allemande, qui compte 10 fois plus de soldats.

Ca a été décisif? - A.Baudry: Ca a été décisif pour la France libre et pour la Seconde Guerre mondiale, et pour De Gaulle, bien sûr.

Jusque-là, la France libre restait un mot, une idée ou un rêve. De plus en plus, ça s'incarnait. A partir du moment où vous avez des Français qui se battent contre les Allemands, qui aident les Anglais sur le terrain de la bataille, la France libre, d'un coup, existe.

Elle combat l'Allemagne et c'est quelque chose de réel. C'est un sacrifice immense. C'était les seuls soldats de De Gaulle et de la France libre, à l'époque.

De Gaulle accepte pour protéger les Anglais, qui auraient perdu toute leur armée, sinon. Il accepte de sacrifier possiblement ses hommes et de leur demander de tenir jusqu'au bout. Ca a eu un réel impact sur la Seconde Guerre mondiale.

Tout d'un coup, la France libre arrive sur le terrain de l'histoire. - M.Bouhafsi: Florian, vous incarnez Fernand de La Chapelle.

Il change le cours de l'histoire. - F.Lesieur: Il a toujours voulu se battre.

Il y a une frustration qui grandit au fur et à mesure. Il veut se battre, mais il ne peut pas. Quand il voit cette trahison, sous ses yeux, il a quelque chose plus de l'ordre de la réaction que de la réflexion.

Il se dit: "C'est pas possible." C'est épidermique. C'est un héros qui s'ignore.

Il l'est devenu qu'après. Avant, c'est un jeune classique. - E.Eméyé: On le découvre à travers vos traits.

Vous n'êtes pas un débutant. Vous avez été révélé dans "Plus belle la vie". Vous incarniez Noé, à 16 ans à peine. - F.Lesieur: C'est salaud, ça! - E.Eméyé: L'année dernière, vous étiez à l'affiche de la série "Young Millionnaires".

Vous étiez génial dans le rôle de Tom, un garçon un peu benêt et assez ingérable. - Qu'est-ce que tu fous là, Tom? - Rien.

Je venais casser la croûte. Maman m'a dit que je faisais du bruit quand je mangeais. Bref, on s'en balec. - Mets un verrou sur ta porte.

Il est tout le temps là! C'est pas possible! - Vous pouvez me le dire.

Je suis pas complètement con. - OK, on a gagné. - 17 paluches? - Oui.

Ca te fait plaisir? - Putain... - E.Eméyé: Ce rôle est génial, mais il a créé un malentendu avec le public, qui pense que vous êtes un humoriste. - F.Lesieur: Peut-être.

La 1re fois que la série est sortie...

Avec "Plus belle la vie", j'avais un public plus âgé. Là, c'était la génération 12-18 ans. La 1re fois que la série est sortie, je suis allé à une fête du village.

Une soixantaine de personnes sont venues me voir. Ils me filmaient alors que je faisais la fête avec ma copine et mon meilleur ami d'enfance. "Putain, t'es pas drôle!" Les rôles de comédie comme ça, j'ai pas envie de les lâcher non plus.

Je prends un plaisir immense à incarner des imbéciles. Il y a toute l'intelligence du monde dans ces bêtas. - M.Bouhafsi: Dans "De Gaulle", vous êtes pas du tout un imbécile.

Anamaria, vous avez 27 ans, mais déjà près de 20 ans de carrière. On vous a tous adorée dans "My Little Princess", un chef-d'oeuvre. Vous avez commencé aux côtés d'I.Huppert. - Maman, arrête! - Je peux pas.

Il y a un parfum, ça me donne la nausée. - Ta gueule! - Je savais pas que tu pouvais être aussi méchante. - T'es rien du tout, pour lui!

En plus, t'es même pas sa femme. Tu couches même pas avec lui. - M.Bouhafsi: Tranquillement, à 10 ans, vous dites "ta gueule" à I.Huppert. - A.Vartolomei: Devant la caméra.

Sinon, je ne me le permettrais pas. - M.Bouhafsi: Ca fait quoi, de monter les marches à 12 ans? - A.Vartolomei: C'est fou.

Je savais même pas ce que c'était. Je viens d'une famille qui est pas du tout issue de l'industrie du cinéma. On découvrait tous avec un regard très innocent.