Narcotrafic : ce que la France n’a pas (encore) compris dans les lois anti-mafias italiennes
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Le narcobanditisme qui génère des milliards d'euros, 5 à 6 milliards d'euros d'argent liquide par an selon le ministère de la justice. Gérald Armanin qui l'avoue s'il y a beaucoup de saisies de drogue, il y en a peu d'argent rappelant que la loi narcotrafic le gel des avoirs des trafiquants. Alors taper au portefeuille, c'est justement la méthode employée en Italie.
La France a encore du chemin à parcourir pour être au niveau des lois antimafia italiennes. William Moligier ? Oui, l'Italie a 30 ans d'avance en matière de lutte antimafia.
L'acte fondateur c'est 1982, création du délit de participation à une organisation mafieux. Cela permet aux Italiens d'incriminer des membres de la mafia, même s'ils n'ont pas encore commis d'actes répréhensibles. Le simple fait d'appartenir à un groupe mafieux est en soi un délit caractérisé par l'intimidation, la soumission ou le merta.
Jusqu'à 18 ans de prison pour les membres actifs, 15 ans pour ceux qui aident ou les familles qui couvrent. Au-delà de l'arsenal répressif, la stratégie d'enquête y est bien plus évoluée et percutante. Les Italiens n'hésitent pas à lancer des coups de filet impressionnants dans les milieux mafieux.
Plusieurs centaines d'interpellations au même moment. Ils saisissent quasi systématiquement les biens malakiquis et ceux avant même les condamnations. Enfin, les Italiens sont capables d'organiser des maxi procès qui saisissent l'opinion publique.
En 2023, 322 accusés de la mafia calabraise ont été jugés au même moment. Quant en France, les enquêteurs doivent parfois abandonner la poursuite de leurs enquêtes, faute de place dans les boxes des salles d'audience.
Gérald Darmanin