"Les jeunes ont raison" : un professeur de Bouaye soutient la mobilisation lycéenne
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Attaque 60 %Défensif 40 %
Questions et réponses
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- 0:22OuverteRéponse directe
Qu'est-ce qui se passe déjà devant votre lycée à Bouailles ?
- 1:15OuverteRéponse directe
Vous avez hâte d'avoir ces temps d'échange que le Premier ministre a promis avec les élèves ?
- 2:14OuverteRéponse directe
Vous évoquez cette manifestation d'hier qui s'est très bien passée jusqu'à la fin. Mais il y a eu des incidents avec les forces de l'ordre.
- 2:38RelanceRéponse directe
Le mot de répression policière est fort. C'est un terme que vous cautionnez ?
- 3:20OuverteRéponse directe
Sur le fond du problème, vous étiez en grève pour sauver une classe de seconde. Vous êtes à 34 ou 35 en première et terminale.
- 4:44OuverteRéponse directe
Vous évoquez aussi l'angoisse qui pèse sur vos élèves au lycée, avec notamment l'inquiétude pour l'avenir et Parcoursup.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:15PrésentateurChiffre
« 250 enseignants lycées et collèges de la métropole nantaise qui ont signé ce texte en soutien à la mobilisation lycéenne. »
- 0:46InvitéFait
« le ministre et le Premier ministre entendaient suspendre tout ou partie des cours pour la fin de la semaine. »
- 2:24PrésentateurFait
« Vous vous dites dans votre tribune que finalement, le gouvernement répond trois fois aux lycéennes et lycéens par l'infantilisation, par des restrictions de budget et par la répression policière. »
- 3:04InvitéFait
« Il y a quand même un mineur qui a perdu l'usage de la main, je vous le rappelle. »
- 3:46InvitéFait
« Les jeunes, ils ont raison. »
- 3:57InvitéChiffre
« Il a 20 ans. »
- 4:09InvitéFait
« les préfabriqués ne sont pas là que pour les travaux. Ils sont là depuis des années et ils vont rester après les travaux. »
- 4:24InvitéFait
« Pas seulement en nombre d'élèves, mais en espace disponible. »
- 5:04InvitéFait
« la plateforme Parcoursup et surtout la mise en place édulcorée et parfois passée sous silence d'une sélection pour l'enseignement supérieur posent de réelles angoisses. »
- 5:20InvitéFait
« Elles posent des angoisses aux familles, elles posent des angoisses aux élèves. »
Temps de parole
- Invité62 %
- Présentateur34 %
- ?4 %
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A 8h moins le quart, l'invite d'ici Loire-Océan, c'est
Bastien Amiel, prof d'Histoire-Géo au lycée de Bouailles, avec vous Nicolas Crozel. Bonjour Bastien Amiel, merci d'être en direct avec nous, vous êtes l'un des signataires de cette tribune, 250 enseignants lycées et collèges de la métropole nantaise qui ont signé ce texte en soutien à la mobilisation lycéenne. Vous êtes au moment où on se parle en direct devant votre lycée à Bouailles, qu'est-ce qui se passe déjà ? Dites-nous.
Alors
aujourd'hui, il ne se passe rien parce que nous avons appris hier dans l'après-midi, par voie de presse, pas par voie hiérarchique, comme ça se fait depuis quelques années hélas, que le ministre et le Premier ministre entendaient suspendre tout ou partie des cours pour la fin de la
semaine.
Et du coup, ce matin, pas de blocus parce que pas de cours devant le lycée Alcide d'Orbigny à Bouailles. En revanche, on aura une réunion de l'ensemble des équipes pédagogiques avec l'équipe de direction à 9h30 pour essayer d'examiner un petit peu les demandes dont nous n'avons pour l'instant aucune réelle précision.
Alors, je reviens sur cette décision de fermer les
d
'interromps pour les cours ce matin.
C
'est d'après le rectorat à chaque chef d'établissement qui était un peu libre d'organiser comme il le souhaitait. Vous avez hâte, vous, d'avoir ces temps d'échange que le Premier ministre a promis avec les élèves d'ici la fin de la semaine ?
Vous
savez, des temps d'échange avec nos élèves, on en a tous les jours. La démocratie interne des établissements, elle fonctionne à plein entre les élèves et les enseignants et les enseignantes. Donc, on n'a pas attendu des injonctions ministérielles pour avoir des temps d'échange avec nos élèves. Donc, on a plutôt hâte de savoir ce qu'ils et elles entendent mettre derrière. Et ce qu'on a hâte de voir, c'est la manière dont les élèves vont ou pas s'en saisir. Et je dois dire que la ficelle est un peu grosse pour essayer de ramener le mouvement lycéen qui a pris une ampleur extrêmement importante, qui s'est montré extrêmement déterminé, organisé.
On l'a vu avec la manifestation d'hier à Nantes, très responsable. Et en fait, cette espèce de tentative de contre-feu en essayant de mettre en place de soi-disant démocratie interne dans les établissements, nous laisse un peu dubitatif.
Alors,
justement, M. Hamel, vous évoquiez cette manifestation d'hier qui s'est très bien passée jusqu'à la fin. Après, il y
a
eu des heures avec quelques personnes qui étaient là pour en découdre avec les forces de l'ordre. Mais effectivement, jusqu'à la fin, ça s'est bien passé. Vous vous dites dans votre tribune que finalement, le gouvernement répond trois fois aux lycéennes et lycéens par l'infantilisation, par des restrictions de budget et par la répression policière. Le mot, il est fort, de répression policière. Abouaille, j'imagine que vous êtes épargné par les incidents. Mais c'est vraiment un terme que vous cautionnez, vous
?
Si je l
'ai
signé, c'est que je le cautionne. Il n
'est
pas difficile de voir
avec
les événements qui se sont déroulés. Pas nécessairement
en
Loire-Atlantique et pas nécessairement à Boigne. Mais dans les semaines précédentes, la manière dont les forces de l'ordre ont agi avec des jeunes mineurs de manière complètement inconsidérée. Il y a quand même un mineur qui a perdu l'usage de la main, je vous le rappelle.
C'est dans le nord de la France.
On
compte aussi
des blessures tout à fait importantes. Donc, je ne sais pas, moi,
ça me
paraît être un mot assez juste
et
voire plutôt
gentil. Et c'est le mot que vous avez choisi d'employer. Sur le fond du problème, vous, par exemple, au lycée de Bois, on parlait de vous il
y
a un mois sur cette antenne parce que vous étiez en grève pour sauver une classe de seconde, pour diminuer les effectifs.
Vous
êtes à 34 ou 35 en première et terminale.
Il
y
a
des travaux dans votre lycée, des cours qui se font dans les préfabriqués. Alors, vous allez me dire, les travaux, il faut bien les faire. Mais c'est tout ça qui dégrade la qualité de l'enseignement.
Bien entendu. Et on ne peut pas détourner le regard trop longtemps. Les jeunes, ils ont raison.
Ils
se rendent bien compte que quand il pleut, comme ce matin, j'ai envie de dire, enfin sur la Loire-Atlantique, il pleut aussi dans les couloirs du lycée de Bois. Même si c'est un lycée qui est relativement récent. Il a 20 ans. Globalement,
il
n'est pas un bâti qui est catastrophique. Mais même dans des lycées qui sont relativement épargnés, il y a ces situations-là. Donc oui, il y a un moment où les jeunes ne supportent plus ce genre de situation. Par ailleurs, les préfabriqués ne sont pas là que pour les travaux. Ils sont là depuis des années et ils vont rester après les travaux. On est vraiment dans une gestion à flux tendu du bâti qui ne laisse pas d'espace, qui ne laisse pas de place et qui entraîne des classes surchargées. Pas seulement en nombre d'élèves, mais en espace disponible. Et c'est important pour nous parce que notre pédagogie, ce n
'est
pas une pédagogie du cours magistral vertical. Notre pédagogie, c'est un travail de mise en activité des élèves, de dialogue, de déambulation. Ce n
'est
pas l'école d'il y a 60 ans.
Il vous faut des espaces aussi pour pouvoir travailler sereinement.
Un dernier mot très rapidement
parce que
le temps nous presse, David Amiel, mais vous évoquez aussi l'angoisse qui pèse sur vos élèves au lycée, avec notamment l'inquiétude pour l'avenir, le système Parcoursup qui flèche les élèves vers l'enseignement supérieur avant même d'avoir le bac. Tout ça, ça crée des tensions et des crispations en quelques secondes ?
Ça
crée une angoisse généralisée, ça crée très peu de sérénité chez nos élèves et la plateforme Parcoursup et surtout la mise en place édulcorée et parfois passée sous silence d'une sélection pour l'enseignement supérieur posent de réelles angoisses. Elles posent des angoisses aux familles,
elles
posent des angoisses aux élèves. On a un travail d'accompagnement qui est extrêmement minutieux, nous à Boye par exemple, auprès de nos élèves de terminale, mais on ne peut pas tout faire pour faire redescendre la pression. Et nous n'avons pas les personnels médicaux sociaux d'accompagnement qui devraient être présents et présentes pour nous accompagner
dans cette
émission. Je vous remercie pour ce témoignage, Bastien Aniel, prof d'histoire
géo au lycée de
Boye, devant votre établissement qui est donc fermé ce matin encore. Bonne journée à vous et bon courage.
Bonne journée, merci beaucoup.
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