Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewFrance 2 — Les 4 Vérités· 7 juin 2024 8 min

Situation de LFI à quelques jours des Européennes, Manon Aubry est l’invitée du 6 juin 2024

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

Bonjour, je suis Thomas Soto et vous écoutez Les 4V, un podcast de France Télévisions. Bonne écoute.

0:10
Invité

En effet, bonjour Jérôme Guelch. Bonjour. Vous avez entendu hier Emmanuel Macron. Comment réagissez-vous à l'annonce de l'envoi de Mirage 2000 à l'Ukraine et la formation d'une brigade de 4500 soldats, tout ça avant la fin de l'année ?

0:23
Manon Aubry

Enfin, moi j'ai toujours soutenu, nous avons toujours soutenu le principe d'appuyer le plus possible les Ukrainiens dans leur défense face à l'agression russe. La manière dont nous pouvons le faire le plus efficace, c'est de fournir de l'armement. Jusqu'à présent, les livraisons d'armes se sont faites malheureusement au compte-gouttes. Il y a un déséquilibre de force entre les Ukrainiens et les Russes. Et donc tout ce qui va dans le sens d'une intensification de ces livraisons de moyens et le fait de fournir des moyens aériens avec des Mirage 2000, on ne sait pas exactement combien seront fournis, la formation d'un certain nombre de militaires, ça va dans le bon sens.

Il ne faut pas avoir d'état d'âme. Là, c'est des enjeux existentiels pour l'Europe. Il y a une guerre sur notre territoire.

1:03
Invité

Est-ce qu'il faut avoir du réalisme ? Volodymyr Zelensky sera tout à l'heure à l'Assemblée nationale. Vous êtes député, j'imagine que vous serez présent. On a vu hier le soutien des pays occidentaux sur les plages de Normandie. Mais la réalité de la situation, c'est que l'Ukraine est en situation très difficile aujourd'hui. Est-ce que vous êtes de ceux qui pensaient que l'Ukraine peut gagner cette guerre, que la Russie de Vladimir Poutine, avec sa détermination et ses menaces, finira par être vaincue ?

1:27
Manon Aubry

Mais on n'a pas d'autre choix que de gagner cette guerre. Quand je dis « on », c'est parce que nous sommes concernés. Si nous acceptons que Vladimir Poutine peut remettre en question par la force les frontières existantes sur le continent européen, alors il continuera. Pas forcément demain matin, mais dans 3 ans, dans 5 ans, dans 10 ans. Vous voyez, tout ce process, il a commencé en 2014 avec la Crimée, il se prolonge en 2022. Et donc nous avons des pays baltes qui sont dans l'Union européenne, nous avons la Pologne. Et donc si nous ne considérons pas que nous sommes concernés, alors il grignotera.

Il a le temps avec lui, il a la longue tradition militaire, ou en tous les cas les visées stratégiques de la Russie. Et oui, je serai évidemment dans une heure tout juste dans l'hémicycle, parce que je pense que c'est extrêmement important d'accueillir Vladimir Zelensky. La dernière fois qu'il s'est exprimé devant nous, c'était par visio, et c'était en mars 2022, au tout début du conflit.

2:22
Invité

C'est une ligne de fracture en tout cas qui existe au sein de la gauche. À votre place, ici, Manon Aubry disait il y a quelques minutes qu'il fallait privilégier une solution diplomatique. Vous, à l'heure où nous nous parlons, vous estimez que cette solution n'est pas la bonne.

2:37
Manon Aubry

En effet, vous avez raison, c'est un point de désaccord, parce que ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'il y a une frontière qui est disputée ? Ça veut donc dire la solution diplomatique ? On va négocier la paix contre l'annexion d'une partie du territoire ukrainien, le Donbass ou autre, par la Russie ? Il n'y a rien à négocier ? Quand il y a une violation des frontières, si on accepte ce précédent, alors demain, c'est le rapport de force. Je fais la guerre, j'occupe une partie du territoire, et pour céder la paix, je valide cette occupation. Ce n'est évidemment pas acceptable. Et oui, c'est un point de désaccord à gauche, vous avez raison, parce que c'est des sujets essentiels.

3:20
Invité

Il y a une ligne de fracture encore plus forte, Jérôme Guège, elle concerne la situation au Proche-Orient, à Gaza, avec ses conséquences en France, et une montée indiscutable de l'antisémitisme, indiscutable, sauf peut-être pour Jean-Luc Mélenchon, qui considère qu'elle est résiduelle, cette montée, est-ce que l'antisémitisme est résiduel en France ? Qu'avez-vous pensé de cette déclaration ?

3:40
Manon Aubry

Je n'ai pas envie de commenter les provocations et les déclarations matin, midi et soir de Jean-Luc Mélenchon. On a l'impression qu'il veut être identifié à des sujets polémiques sur le sujet. Mais évidemment, on ne peut pas dire qu'il y a un antisémitisme résiduel en France. Vous savez, malheureusement, depuis 2006, c'est plus de 15 Français juifs qui ont été tués en France. Donc dire que l'antisémitisme est résiduel, c'est oublier déjà qu'il y a eu des morts du fait de l'antisémitisme, et puis qu'il y a eu, paradoxe absolu depuis le 7 octobre, alors qu'il s'est passé le pogrom en Israël, une explosion de l'antisémitisme. Donc il faut qu'on tienne bon dans ce pays.

Nous sommes des universalistes républicains. On combat l'antisémitisme, on combat le racisme anti-musulman et on n'essaye pas de jeter de l'huile sur le feu en considérant, et c'est aussi un point de désaccord, ce sujet est important. On peut avoir des positions communes. Il faut libérer les otages, il faut assesser le feu, il faut une solution. Il faut une solution politique à deux États. C'est exactement ce que défend depuis le début de la campagne, avec constance et cohérence, Raphaël Glucksmann.

Et alors même qu'il a cette position très juste, très équilibrée, très légitime, libération des otages, cesser le feu, protection des civils palestiniens, reconnaissance de l'État palestinien pour une solution politique à deux États, parce que c'est possible. Eh bien, on met des croix d'amour. Eh bien, en dépit de ça, on vient le chercher. Et donc, tous ceux qui, comment dire, excipent le sujet, qui l'agitent, qui le jettent dans le débat public, il faut être responsable. On a dit depuis le début qu'il ne fallait pas importer ce conflit sur le territoire national.

5:09
Invité

Jérôme Guetsch, sauf surprise, les sondages, si les sondages ne mentent pas, il n'y a pas eu le croisement des courbes que vous espériez. Et vous ne finirez pas, encore une fois, si on en croit ces enquêtes, deuxième de ce scrutin. C'est plutôt la liste de Valérie Ayé qui est à cette place-là. Vous le regrettez ? Vous avez encore des espoirs ?

5:24
Manon Aubry

Alors, comme vous l'avez dit, le vote, c'est dimanche. On profite pour deux pour le dire un seul jour, un seul tour. Donc, allez voter et faites-le avec les convictions. On n'est pas dans une course de petits chevaux. Oui, nous avons deux adversaires dans cette campagne. Le RN de Jordan Bardella, parce qu'on ne peut pas se résigner à cette vision recroquevillée, rabougrie de la construction européenne. Et il ne faut pas que les nationalistes aient au Parlement européen une caisse de résonance de leur vision, encore une fois, très étroite et souvent excluante de l'Europe. Et le deuxième adversaire.

Et le deuxième adversaire, c'est évidemment l'inaction d'Emmanuel Macron sur toute une série de questions à la fois nationales, mais aussi européennes.

6:04
Invité

Mais qu'est-ce qui vous différencie fondamentalement sur les positions européennes d'Emmanuel Macron ? Vous ne défendez pas la même Europe ?

6:10
Manon Aubry

Je crois qu'il y a une différence majeure. C'est-à-dire qu'on ne peut pas s'accoutumer du laisser-faire, laisser-aller, du libre-échange, de la compétition sociale et à l'intérieur des frontières européennes. La vision de Raphaël Glucksmann, c'est celle précisément d'une Europe qui est souveraine et d'une Europe qui protège notamment le pouvoir d'achat et l'industrialisation de notre pays.

6:30
Invité

Une toute dernière question sur un autre sujet. Je vous demande une réponse courte sur un sujet qui est grave. L'aide à mourir. Vous êtes un de ceux qui participent activement à ce débat. Hier, l'Assemblée s'est mis d'accord sur un nouveau texte. Aider à mourir pour un malade en phase avancée et terminale dont le pronostic vital est engagé. Encore une nouvelle rédaction. On voit bien que c'est très compliqué de trouver la bonne formule. Est-ce qu'il ne faudrait pas rester finalement à la loi Léonetti, la législation actuelle ?

6:53
Manon Aubry

La législation actuelle, elle ne permet pas de répondre à des situations dramatiques qui, pour certaines, ont défrayé la chronique. Donc oui, il faut qu'on légifère. Mais moi, je suis pour encadrer ce nouveau droit de l'aide à mourir, ne pas faire n'importe quoi, ne pas porter atteinte aux fragilités et aux vulnérabilités, mais en même temps, respecter la volonté, à la fois dans un dialogue entre les patients et ses soignants. Alors ça va être un processus très long. Il faut que les Français s'en emparent et s'intéressent à ce sujet. Ils attendaient cette loi. On est au travail jour et nuit, en effet, depuis 15 jours maintenant.

7:26
Invité

Merci beaucoup, Jérôme Guelch, député de l'Essonne. Et on vote donc dimanche. On vote dimanche, voilà.

7:30
Présentateur

Merci. C'était Les 4V, un podcast de France Télévisions. S'il vous a plu, n'hésitez surtout pas à vous abonner. Vous pouvez également retrouver tous les replays en vidéo sur france.tv.