Carole Delga - Le Barbier du matin du 25/06/24
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Bonjour. Bonjour. Madame la présidente de la région Occitanie, on a vu qu'il faisait beau, aussi beau qu'à Paris. La campagne législative arrive dans sa dernière ligne droite. L'antisémitisme, les questions autour de l'antisémitisme ont dominé cette campagne. Comment nous rassurer ? Beaucoup de Français juifs considèrent que le nouveau Front populaire n'est pas vraiment un rempart.
Je pense qu'il faut avoir des explications très très claires. Tout d'abord rappeler qu'avec Raphaël Glucksmann, nous avons obtenu dans le programme du nouveau Front populaire un positionnement très clair et un combat absolu contre l'antisémitisme. Cela a été rappelé à plusieurs reprises et de plus, ce week-end, nous avons proposé une charte d'engagement contre l'antisémitisme et de nombreux candidats du nouveau Front populaire l'ont signé ou sont en train de le signer. Nombreux, pas tous. Il y a des réticences encore ?
Écoutez, à l'heure où je vous parle, je n'ai pas connaissance de réticences, mais c'est un engagement que nous avons lancé avec Fabien Roussel, avec également les écologistes, avec Raphaël Glucksmann, parce que nous ne pouvons pas accepter d'être soupçonnés de complaisance avec l'antisémitisme. Et pour ma part, si je soutiens le nouveau Front populaire, c'est qu'il y a vraiment des positions très claires pour n'avoir aucune complaisance. Moi, je suis présidente de la région Occitanie.
J'ai projeté les caricatures de Charlie Hebdo au lendemain des attentats de Samuel Paty, pour rappeler la liberté d'expression, pour rappeler que la foi ne peut pas être au-dessus de la loi et que dans la République, c'est la loi qui doit protéger toutes les populations. Et qu'il n'y a pas de complaisance vis-à-vis de l'islam politique. Oui, je suis la gauche, Charlie.
Si le Front populaire était au pouvoir demain, il n'y aurait aucune raison de s'inquiéter si on est membre de la communauté juive ?
Non, je tiens à le dire et je m'en porte garante. Garante parce que, vous savez, en Occitanie, nous avons connu l'innommable. L'innommable, bien sûr, avec la mort, il y a de ça 12 ans, de trois enfants parce que juifs. Et donc, pour la mémoire de Myriam, de Gabriel, de Harrier, je serai toujours là. Une vigie et un rempart contre l'antisémitisme. Je tiens à le rappeler, s'il y a des candidats du nouveau Front populaire qui ont eu ou qui ont des expressions qui sont de la complaisance vis-à-vis de l'antisémitisme, ils n'ont pas leur place au niveau du nouveau Front populaire. Je le dis clairement et je l'affirme.
Alors, un cas à défrayer la chronique dans votre région, c'est Philippe Poutou, bien sûr, candidat dans l'Aude. Vous, vous soutenez un socialiste dissident, Aurélien Turquetto, maire de Milsekland, vice-président de Carcassonne à Glow. Est-ce qu'il va gagner votre candidat ?
Nous allons tout faire pour qu'il gagne contre le député Rassemblement National sortant. Il n'était pas possible que les socialistes oudois, parce que c'est l'ensemble du Parti Socialiste de l'Aude et du Parti Socialiste d'Occitanie, qui nous avons décidé collectivement de soutenir Aurélien Turquetto, qui est maire d'une petite commune à côté de Carcassonne, vice-président, qui est un républicain de gauche, pleinement engagé. Face aux députés sortant Rassemblement National, nous devons avoir une gauche qui n'a aucune compromission vis-à-vis des atteintes à la République.
Nous ne pouvons pas non plus accepter des propos qui stigmatisent la police, où nous ne pouvons pas non plus accepter des propos complaisants vis-à-vis du terrorisme.
Vous l'avez dit dès le début, vous, le Front Populaire, oui, Jean-Luc Mélenchon, non. Mais il insiste, encore hier, il dit « je suis disponible pour être un ministre comme les autres ». Mélenchon, vous commencez à s'en débarrasser ?
Je tiens à rappeler que dans ce programme du nouveau Front Populaire, c'est la ligne sociale-démocrate qui est majoritaire. C'est la ligne portée par Raphaël Glucksmann dans le cadre des élections européennes. Et sur le cadre du conflit israélo-palestinien, nous avons obtenu que le Hamas soit bien qualifié de terroriste. Et nous voulons une solution à deux États, avec la libération des otages et un cessez-le-feu. Pour Jean-Luc Mélenchon, c'est fini. Quand vous avez 72% des Français qui ont une opinion négative d'une personnalité politique, c'est fini. Il faut avoir cette lucidité. Donc là, nous devons être très clairs.
Je n'ai jamais accepté de dire Jean-Luc Mélenchon premier ministre, ni il y a deux ans, ni il y a maintenant. J'ai une position cohérente et claire. Et bien entendu que Jean-Luc Mélenchon ne sera pas premier ministre parce qu'il s'est disqualifié, parce que la montée de l'antisémitisme n'est pas résiduelle, parce que nous devions tous être présents en fin d'année dans la marche contre l'antisémitisme.
Son but, lui, c'est d'agiter, d'agiter la rue, d'agiter l'Assemblée. Il se moque un peu d'arriver au pouvoir, non ?
Écoutez, la problématique, quand la gauche est dans l'agitation, elle désespère la population. Là, ce que nous devons faire pour le peuple de France, nous devons faire en sorte que le Rassemblement National n'ait pas de majorité. Et donc, c'est cette gauche qui est républicaine, qui est laïque, qui sait concilier le social et l'écologie, qui est le vrai rempart, la vraie solution, pour redonner espoir au peuple de France et pour stopper la montée de l'extrême droite.
Si le Rassemblement National, néanmoins, a la majorité, que fera la présidente de région d'Elga ? Il y a des contrats avec l'État. Vous travaillerez avec ce gouvernement ?
Écoutez, moi, pour l'instant, je suis concentrée sur le 30 juin parce que je veux qu'il y ait un maximum de candidats de gauche qui soient au deuxième tour. Je ne me résous pas à ce qui serait terrible, à ce qui serait une infamie pour la République française. C'est une infamie en termes de valeur. Un parti, je le rappelle, le Rassemblement National est un parti antisémite. C'est dans les gènes, ce sont des Waffen-Essen qui ont fondé ce parti. Vous ne croyez pas à leur mutation, à leur conversion sincère ? Mais non, mais tout ça, c'est de la cosmétique. C'est de la cosmétique. Le fond de sauce de l'extrême droite, elle est profondément raciste, elle est profondément antisémite.
Et donc, ce serait vraiment une déchéance terrible pour la République française en termes de valeur, mais ce serait une déchéance aussi en matière économique parce que nous perdrions tout crédit à l'international. Et donc, ce que je dis aux Français, il faut aller voter, il faut faire en sorte qu'il y ait un maximum de candidats du nouveau Front populaire qui puissent gagner et qui incarnent cette solution d'une gauche qui est laïque, qui est universaliste, qui est humaniste et qui ramènera des solutions sur le pouvoir d'achat et également sur les services publics.
Alors, dans les sondages, on ne voit pas pour l'instant cette majorité purement Front populaire. En revanche, il y a un espoir arithmétique d'avoir une majorité possible, majorité un peu technique, qui irait des Républicains jusqu'aux socialistes. Est-ce que ça, c'est une solution qui pourra s'envisager pour éviter un gouvernement irène ?
Dans tous les cas, il faut à tout prix éviter des députés Rassemblement National. Et c'est pourquoi nous prendrons, nous les socialistes, comme cela a été fait par les écologistes hier après-midi, nous les socialistes, nous prendrons nos responsabilités comme nous l'avons toujours fait et nous appellerons à voter pour le candidat qui peut battre celui ou celle de l'extrême droite. Ça, c'est absolument consubstantiel de notre engagement. Notre engagement, à nous, socialistes, c'est de lutter contre le racisme et contre l'antisémitisme et c'est de tout faire pour que l'extrême droite n'arrive pas au pouvoir.
Ça semble anecdotique, mais dans le Sud-Est, il y a des enseignants d'un collège qui ont refusé d'appeler leur collège Robert Badinter. « Au sein de l'irien aux jeunes », ont-ils dit. Qu'en pensez-vous ? Alors vous, ce n'est pas les collèges, c'est les lycées pour une présente de région.
Maintenant, j'ai été saisie à la lecture de ce courrier de la communauté éducative. Robert Badinter nous a donné un signal formidable de fraternité avec l'abolition de la peine de mort, avec son combat pour une société fraternelle. Et je demande à la communauté éducative de ce collège de revenir sur sa décision. Oui, ce collège doit être nommé Robert Badinter. Il en va de l'honneur de la France. Il en va aussi de la mémoire de ce grand homme.
Après ces élections, la gauche va devoir continuer sa mue, continuer à reprendre contact avec le peuple.
Disons que moi, je défends toujours une gauche qui apporte des solutions, une gauche qui redonne espoir à la jeunesse. Et moi, j'appelle la jeunesse à se mobiliser fortement dimanche, à aller voter, parce que vous avez été déjà une génération très impactée par le Covid, Parcoursup, c'est une machine à désespérer. Vous ne pouvez pas avoir comme avenir l'extrême droite. Mobilisez-vous, votez contre l'extrême droite pour la République, pour l'espoir.
Eh bien, Carole Delga, merci d'être venue sur Radio-J. A bientôt, bonne journée.
Merci.
Carole Delga