Souveraineté alimentaire : la France peut-elle redevenir une grande puissance ?
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
C'est lors du second débat de ce sens public consacré au 62e salon international de l'agriculture. Comme chaque année, les politiques s'y pressent pour tester leurs idées auprès des exploitants. Souveraineté alimentaire, traité de libre échange, on y revient.
Transition écologique, on en débat dans une minute. Mais d'abord, comment ministre, candidat et président de la République ont-ils été accueilli ? C'est un reportage de Gaspar Bunel.
Deuxème visite en 3 jours pour la ministre de l'agriculture Annie Jeunev qui a prévu de passer la majeure partie de sa semaine au salon et au menu du jour le projet de loi d'urgence agricole. Je veux que ce texte aille au bout avant 2025. Je vous mentirai si je disais que nous pouvons mener la révolution cooperticienne que l'agriculture demande depuis 40 ans alors qu'il ne reste que quelques semaines utiles au Parlement.
Une 62e édition du salon de l'agriculture privée de ses beauvins pour cause de dermatose nodulaire mais avec son habituelle valse de visage politique, l'élection présidentielle en toile de fond. Après Emmanuel Macron ce weekend, Raphaël Gluxman, pas officiellement candidat pour 2027, s'est prêté au jeu de la déambulation aujourd'hui en enchaînant les rencontres avec les syndicats agricoles sans cacher ses ambitions pour l'Élysée. 2027 sera un moment de bascule.
Voulons-nous que la France ressemble à la Hongrie de Orban ? Voulons-nous que la France ressemble à l'Amérique de Donald Trump ? Et bien moi, je suis convaincu qu'une majorité de Françaises et de Français rejette cela avec force.
Gabriel Atal s'est également rendu sur place hier entre rangé d'animaux et stand de nourriture. Le presque candidat à la présidentielle et ancien premier ministre en a même profité pour défendre son bilan. Il faut que les lois qui ont été votées auparavant soient appliquées.
Il y a encore trop de décrets qui sont bloqués, trop de mesures qui ont été votées par le parlement que les agriculteurs, les éleveurs attendent. Notamment la loi d'orientation agricole que j'avais présenté avec mon gouvernement à l'époque qui a été voté par le parlement. Il y a aujourd'his.
À peine un mois avant les élections municipales, le salon est également devenu le terrain de campagne des candidats parisiens. De son côté, Sébastien Lecornu, lui veut imposer son style. Aucune visite fleuve plusieurs passages dans la semaine qu'il devrait commencer à partir de demain.
Et on débat autour de la souveraineté alimentaire du statut de grande puissance agricole de la France avec Lux Messert. Bonsoir, bienvenue. Vous êtes vice-président de la FNSEA, Nicole Ouvrard, bonsoir.
Bienvenue à vous aussi, directrice générale de Réussir à Grâce, un groupe de presse, hein, c'est ça, groupe de médias spécialisé dans le domaine de l'agriculture. Sébastien Abise, bonsoir. Bienvenue à vous aussi.
Vous êtes chercheur, directeur du club des MER, chercheur associé à l'IRIS. Spécialiste des questions géopolitiques et et agricoles. Vous publiez Russie Ukraine la guerre hybride aux racines agricoles d'un bouleversement mondial.
C'est aux éditions Armand Colin. Et puis je signale la dernière publication du club des méter sur les appétits stratégiques et pivots agricoles. Annechar Bezina est resté à mes côtés évidemment constitutionnaliste, éditorialiste pour sens public.
Je vais revenir à à l'inauguration par le président de la République. Le la FNSEA n'a pas snobé Emmanuel Macron contrairement aux autres syndicats de la coordination rurale ou de la confédération paysane. Pourquoi ?
Bah tout simplement c'est le président de la République et c'est je pense que c'est important d'accueillir notre président même si on attend plus grand-chose. On voit bien que c'est un président en fin de règne et que aujourd'hui ce qui est surtout important c'est que pour lui en tout cas nous on a une vraie ambition. c'est sur la partie européenne puisque d'ici la fin de l'année se jouera des enjeux euh notamment sur le budget de la politique agricole commune.
Donc c'était important de l'entendre et puis de dialoguer avec lui. C'est aussi notre travail de syndicat de d'échanger avec eux. Je crois que on a surtout besoin aujourd'hui çait Gabriel Latan le disait c'est l'application des textes, les décrets d'application, on peut pas nous faire des lois.
Et puis en même temps ce qui est important c'est qu'on a un président de la République qui doit se rendre compte de la situation. Il y a rien de tel que des vrais contacts avec des interpellations. Mais ça fait 9 ans qu'il est là.
Et quel bilan est-ce que vous dites qu'il a affaibli notre agriculture Emmanuel Macron ? Bah en tout cas si on prend en même temps la balance commerciale, si on prend la la décroissance et tout tout la perte dans dans beaucoup de filières, oui, le bilan est pas bon. Je dirais c'est clair et c'est qu'aujourd'hui on n' pas les outils, on donne pas aux agriculteurs et des fois on demande pas c'est pas forcément de l'argent mais c'est les moyens de produire et lever les contraintes qu'on veut pour justement produire cette belle alimentation, cette richesse parce que ce salon, il se passe dans un climat plutôt serein et les Français sont au rendez-vous.
Il y a beau y avoir l'absence des beauvins, on s'aperçoit que les français sont là et ils sont attachés. On on y reparlera à l'image de l'agriculture, à l'attachement des Français à leur à leurs agriculteurs et à leur agriculture. Nicolas, je reste un peu sur le bilan d'Emmanuel Macron.
Alors, on le fera encore plus l'année prochaine he puisqu'on sera on sera quelques semaines de la fin de son second mandat. Mais mais est-ce que vous avez eu le sentiment d'un cap ou au contraire d'un voilà de de de d'acoup ? Alors, ce qu'il faut rappeler, c'est euh quand Emmanuel Macron est arrivé, euh il a lancé euh les États généraux de l'alimentation ou euh qui ont été quand même un un grand moment.
Euh, il a expliqué euh aux filières qu'il fallait qu'ils établissent un plan de filière chacun, euh qu'il fallait qu'il se donnent des perspectives, qu'il fallait qu'il cherche à monter en gamme. Et donc il y a eu derrière les lois égalim, il y en a eu plusieurs et notamment un des grands objectifs était de de mieux répartir la valeur entre les les maillons de de la des filières et notamment de faire en sorte que une partie de la valeur reste auprès des agriculteurs. Alors ça la rémunération des agriculteurs, c'est le thème de notre débat.
Vous pouvez noter le rendez-vous hein si vous êtes passionné. Demain pareil 18h45 débat sur la rémunération des agriculteurs. Je vous laisse conclure.
Voilà. Donc euh alors ça a marché en partie mais pas complètement mais malgré tout pour certaines filières notamment filières laitière c'est là où le système a peut-être le mieux fonctionné. Euh il y a quand même eu euh des résultats.
Aujourd'hui, il y a les intermédiaires, les les industries agroalimentaires qui pleurent, si on peut dire, parce que la grande distribution, elle euh ne fait pas beaucoup d'efforts, si on peut dire, et il y a une vraie difficulté. Euh bon voilà, c'est un des éléments forts avec peut-être une difficulté Sébastien Abis, c'est qu'on dit souvent l'agriculture mais enfin on devrait dire les agricultures française c'est tellement varié, il y a tellement de de de choix de de taille enfin bon c'est peut-être compliqué pour un président de de faire des choix ou alors il a pas voulu choisir l'une une forme d'agriculteur plutôt plutôt qu'une autre. Oui, c'est vraiment pour moi une des clés de lecture que nous devons avoir.
Peut-être trois choses du coup. La première, c'est que le monde a davantage changé depuis 5 6 ans que depuis 30 ans et qu'évidemment, il faut aussi évaluer ce que un président de la République, d'un petit pays comme la France doit gérer aujourd'hui dans un monde très très transformé. Et donc, c'est vrai qu'on a des secteurs d'activité où on avait des vraies performances par le passé.
Aujourd'hui, il y a davantage de concurrence, il y a davantage de compétition. La France n'est pas forcément moins bonne, elle est juste moins toute seule, moins centrale, moins incontournable. Euh la deuxième chose, c'est qu'on a aussi en effet une image parfois désynchronisée autour des questions agricoles.
C'estàd que et ce salon pour lequel j'ai beaucoup de sympathie, c'est un salon qui présente une agriculture qui existe quasiment pas. Et donc on on essaie d'avoir encore une agriculture du siècle dernier. Euh et là parce qu'il y aurait pas d'animaux, ce serait très préoccupant.
On voit bien que ce salon déforme une partie de la réalité. On veut pas voir les innovations, on veut pas voir certaines réalités économiques. Ce n'est pas un salon de l'agriculture sur la compétitivité de la ferme France.
On veut montrer en fait que il y a encore des agriculteurs et que des gens comme Luc sont en capacité de faire leur métier. On s'intéresse pas forcément sur leurs revenus, on s'intéresse pas forcément sur leurs projets d'avenir, leurs innovations, comment ils travaillent aujourd'hui par rapport à il y a 10 15 ans. C'est pas trop notre préoccupation centrale.
Et ça c'est un défaut parce que en conséquence nous arrivons sur votre question. Oui, c'est-à-dire qu'on a des situations extrêmement hétérogènes aujourd'hui. On a des agriculteurs très entrepreneurs qui qui changent de pratique, qui sont dans des transitions depuis des années, qui vont chercher de nouvelles cultures, de nouveaux marchés, qui font de l'énergie pour compléter leurs revenus et cetera.
Et puis on a des agricultures qui ont du mal à être en mouvement pour différentes raisons, géographiques, parfois culturel. Et moi, j'ai tendance à dire aussi dans le monde agricole, c'est dans tous les secteurs la même chose. Il y a des bons, il y a des mauvais.
Il y a des gens qui veulent pas bouger, il y a des gens qui qui prennent des risques et on a du coup une très grande difficulté pour des responsables politiques à pouvoir donner une réponse homogène, cohérente qui en fait embarque tout le monde parce que les aspirations sont de plus en plus hétérogènes et ces dernières années la volatilité s'est accentuée pas juste sur les prix ou les attentes de consommateur mais aussi sur la réalité stratégique. Alors ce gouvernement il planche vous le savez sur un projet de loi d'urgence agricole qui doit être présenté en conseil des ministres au mois d'avril. Alors déjà la question de l'urgence si c'est pour dans 3 mois, on peut en débattre mais bon un projet qui est déjà jugé insuffisant par les agriculteurs que Stéphane Duget a rencontrer.
On le retrouve dans les allées du salon. Oui, dans les allées du salon, on sent une certaine lassitude chez les producteurs et chez les éleveurs. Ils veulent voir cette loi d'urgence agricole mise en place au plus vite.
Autant vous dire que le mois de juin pour l'examenur paraît très loin. Alors, ce projet de loi, il contiendra des mesures sur la concurrence des loyales, notamment des suppressions de normes ou encore des mesures concernant le stockage de l'eau. S'il salue ces mesures, Patrick Benési, président de la Fédération nationale bovine, demande au gouvernement d'aller encore plus loin.
à un moment donné, il faut qu'il y ait un changement de cap très fort. Il faut que les politiques publiques soient beaucoup plus orientées vers l'élevage, en tout cas de ce qu'elles ont été, qu'elles soient réorientée même vers l'élevage par rapport par rapport à ce qui a été et ça ça nous l'attendons. D'autres propositions seront transmises demain par la FNSEA et les jeunes agriculteurs à Sébastien Lecnu.
Le premier ministre vient ici au salon de l'agriculture. Il reviendra jeudi pour peaufiner son projet de loi d'urgence agricole. Du côté des bêtes aviers, on demande au gouvernement de prendre certaines dispositions de la nouvelle loi du plan, notamment la réintroduction de l'acidetride à un pesticide accusé de tuer les abeilles, prendre ses dispositions dans le projet de loi d'urgence agricole.
Une possibilité qu'a exclu pour le moment le gouvernement. depuis certains temps, c'est euh on peut le dire euh une déception euh donc euh vis-à-vis de la classe politique hein euh puisqueen fait euh euh on a l'impression qu'il nous écoute, mais finalement en fait, il y a les décisions concrètes sur nos exploitations qui n'arrivent pas et donc ce qui provoque un ralbol et donc un finalement un rejet aujourd'hui de beaucoup d'agriculteurs vis-à-vis de la classe politique tout entière. Les agriculteurs regardent d'ailleurs plus les candidats à la présidentielle de 2027 plutôt que le Premier ministre et le président de la République.
Convaincu, comme le dit Arnaud Rousseau, que ce salon marque le coup d'envoi de la campagne présidentielle sur l'agriculture. Donc loi d'urgence présentée en conseil ministre au mois d'avril et ensuite examiné au Parlement au mois de de juin. C'est trop tard.
Exm. Bah, on est en train de nous balader. C'est-à-dire que là, on apprend que ça passera en première lecture au Sénat.
Mais estce que ça sera pour juillet j'ai mal à y croire ce qui veut dire sera plus loi d'urgence alors qu'on a vraiment besoin de ces éléments. Qu'est-ce que vous allez demander à Sébastien Lecnu qui sera au salon demain ? C'est très simple, il nous a tout de suite cadré en disant il y a trois sujets : la prédation, l'eau et les moyens de production.
On voulait rajouter des notions de revenu. Voilà déjà sur ces trois sujets là. Est-ce qu'on est prêt à avancer ?
Est-ce qu'il y a le courage politique d'avancer sur la prédation ? Mais est-ce que enfin on va la thématique la quand vous dites la prédation la prédation c'est c'est tous les prédateurs, c'est notamment le loup, c'est l'ours, c'est le vautour, c'est le corbeau, c'est le ramier, c'est voilà, c'est c'est un ensemble de ce qu'on vit au quotidien sur nos exploitations. C'est est-ce qu'on est prêt enfin à protéger une espèce qui est en pleine disparition, c'est l'éleveur, c'est l'agriculteur.
Voilà, aujourd'hui, on a tellement protégé le loup, c'est qu'aujourd'hui, on n'ose plus sortir de nos animaux, on sort plus les les moutons par peur de de des attaques du loup. On on avait un seuil de viabilité. Le Muséum d'histoire nous naturelle nous dit c'est 500 600 peu importe.
Mais est-ce queau de là on donne les moyens à l'éleveur de se défendre ? Je vais vous donner un exemple sur l'ours. Il faut la 4e attaque. 4e attaque, c'est-à-dire on se fait attaquer une fois, deux fois, trois fois, quatre fois et on a le droit seulement là de commencer à effaroucher le loup, l'ours.
Ça c'est ce qui se passe dans les Pyrénées quand vous êtes dans l'ariège, quand vous êtes dans ces départements là. Donc à un moment donné, c'est sur les autres sujets, sur l'eau, est-ce qu'on est prêt à stocker enfin et et faire juste comprendre au français, on fera jamais un fruit, un légume sans eau. On a besoin d'eau et c'est et c'est pas de l'eau, c'est pas de la privatisation de l'eau, c'est de l'eau.
Il y a l'eau pour l'alimentation humaine, bah il y a l'eau pour l'alimentation pour notre souveraineté. Oui. Le débat, c'est est-ce qu'on la pompe dans les naes fréatiques ou pas ?
C'est c'est une vraie question quand même. Et je suis entièrement d'accord. Loire oné on va pas vivre élémentsl donc comment on est capable enfin et et l'eau ça se partage c'est pas de la privatisation on on l'a fait avec la municipalité sur les territoires et qu'on arrête de nous dire que c'est pas possible deutiliser 1 ou 2 % de l'eau qui tombe.
On a des agences de l'eau qui fonctionnent plutôt pas mal d'ailleurs euh Nicolard, mais euh je crois que cette loi d'urgence, elle prévoit de donner un peu plus de pouvoir aux agriculteurs, notamment en matière de gouvernance de l'eau. C'est ça le le le l'objectif est de enfin en tout cas la demande c'est de effectivement de rééqu enfin de de donner davantage de place, si on peut dire dans les instances de gouvernance euh au monde agricole. Euh en fait ce qu'on constate souvent c'est que quand les agriculteurs manifestent euh on sent que les Français sont plutôt favorables à à ils se disent "Oui, effectivement leur cause est défendable et et euh on on ils sont plutôt ils partagent en fait le la difficulté des agriculteurs." Et après on rentre dans le détail.
Par contre, quand on passe dans la législation et on l'a vu l'été dernier avec la loi du plomb, la loi du plomb, elle reprend les élément de la des manifestations de début 2024 point par point en les mettant en application pour légiférer. Et là, il y a une pétition de millions de signatures. Voilà, ça ne passe pas.
Ça ne passe pas. Donc il y a il y a une espèce de de schizophrénie en fait entre les Français et et les agriculteurs qui est complexe et en fait à chaque fois on renouvelle cette problématique. C'est très complexe sur sur la question de l'eau.
Sébastien c'est c'est un choix de modèle d'agriculture auquel on est confronté parce que là vous avez pas employé le mot parce que c'est devenu un gros mot mais on parle de méga bassine, on parle de de ces retenues d'eau très importantes. Alors c'est pas tout à fait la même chose. Il y a des retenus d'eau, il y a des retenus collinaires, il a des méga bassines.
Mais bref, est-ce que c'est une question de modèle ? Euh oui, d'abord parce que à l'échelle du monde, beaucoup de pays aimeraient être en Europe et en France et avoir autant d'eau. Et c'est vrai que dans les pays où l'eau est absente, en fait, tous les problèmes politiques se posent. des vrais problèmes politiques structurels.
C'est-à-dire que l'obsession des gens, c'est de trouver de l'eau. Oui. Et donc, c'est vrai que des fois, on a des débats un peu déplacés en Europe et en France sur le sujet de l'eau et l'agriculture puisque en fait le monde entier aimerait pouvoir être dans notre situation et en fait nous avons pour des raisons un peu de paradoxe déplacé le curseur.
C'est-à-dire qu'aujourd'hui, au lieu de comprendre que les agriculteurs en fait transforment l'eau pour amener de la sécurité alimentaire pour nous tous, pour nous tous, nous leur reprochons d'utiliser cette ressource précieuse comme si en fait ils se l'accaparait pour leurs propres besoins. Or, ce n'est pas ça la réalité. Et donc il y a un effort de pédagogie immense à refaire aujourd'hui au niveau européen et français.
Je pense qu'il y a un vrai sujet d'éducation citoyenne au sens plein sur quand un agriculteur en fait travaille sa terre euh quand il est éleveur, quand il utilise de l'eau, est-ce que cette activité est une activité tournée sur soi-même ou une activité en fait vers les autres, vers cette sécurité humaine parce qu'on a besoin de se nourrir et l'eau aujourd'hui en France, ben nous rejetons de l'eau à la mer, on a très peu de réutilisation des eaux usées. On est très en retard par rapport à notre voisin espagnol par ex justement parce qu'on était entre guillemets béni des dieux donc on a pas eu besoin comme les les Espagnols ou les Israéen de desser de l'eau de mero et le problème le problème c'est que nous avons autour du du climat de la géographie des ressources en eau des sujets qui ne cessent de monter quand même à l'échelle de la France hexagonale et donc évidemment ces problématiques-là eaux agriculture usage ne vont faire que s'intensifier dans les prochaines années. Si nous mettons que de l'idéologie, de la passion, du court terme, on va pas avancer.
On doit être un peu froid sur le sujet. On doit être stratège, on doit planifier correctement. On doit écouter justement l'ensemble des besoins et des problématiques et savoir faire des arbitrages parce que quand il y a pas d'eau, ben dans certains pays, quand il y a pas d'eau, les arbitrages ils sont clairs, on utilise l'eau pour se nourrir.
Alors évidment et on importe aussi et on importe du coup par conséquent beaucoup plus et évidemment on a bien compris qu'elle c'était un pilier majeur de notre souveraineté alimentaire dont on parle dans ce débat avec une ministre de l'agriculture Annie Jeunev qui a lancé c'était je crois en décembre le grand réveil alimentaire Anne Charlen. On va revenir sur cette ce concept un petit peu tarte à la crème. Peut-être elle sort d'où cette cette idée de de souveraineté alimentaire ?
Alors, j'ai été très heureuse de constater qu'en réalité, elle était assez ancienne. Le sommet mondial de l'alimentation l'emploi pour la première fois en 96. On a ensuite l'ONU qui s'en saisit.
Alors, c'est les pactes relatifs aux droits économiques, sociaux et culturels. C'est un peu indirect. à une alimentation adéquate et 201 où à l'article 15 de cette déclaration on voit qu'il y a un droit à une alimentation droit fondamental et ensuite le droit à la fameuse souveraineté alimentaire des paysans et personnel agricole.
Donc ça c'est ONU 2018. ONU 2018 pour une véritable consécration et on comprend très vite que cette notion est un peu ambivalente étant donné que dans une économie, on l'a déjà dit hein, mondialisée euh et bien euh notamment sous la houlette de l'OMC, il y a un équilibre à trouver euh sur justement l'idée d'un concept de souveraineté agricole qui doit pas être vu comme non plus une renationalisation alimentaire qui peut apparaître soit totalement illusoire, soit contraire aux principes de liberté de circulation, voire même totalement improductive ou discriminatoire pour des pays plus dépendants. Donc on comprend bien que c'est un équilibre à trouver, que chaque État finalement trouve un peu comme il le sent.
Je rajoute que beaucoup d'États latino-américains, ça m'a étonné de de lire ça, l'ont ajouté dans la constitution et comme notamment une norme de relation internationale en réalité he ce fameux commerce équitable qui est une véritable loi Bolivie. D'accord. C'est dans la Constitution et en France.
Alors France aussi alors en France nous on a d'abord considéré que c'était une politique publique de manière assez prudente et puis on a la fameuse très belle consécration de la loi du 24 mars 2025 d'orientation pour la souveraineté alimentaire et le renouvellement des des générations agriculture. Je je vous propose quand même de lire l'intégralité de la définition légale parce que justement elle est elle est intéressante. La souveraineté alimentaire s'entend comme le maintien et le développement des capacités de la nation à produire, transformer, distribuer les produits agricoles et alimentaires nécessaires à l'accès de l'ensemble de la population à une alimentation saine.
On la retrouve cette alimentation saine et le soutien des capacités exportatrices contribuant à la sécurité alimentaire mondiale. Mondiale. D'accord.
Donc vous le comprenez, c'est une espèce de choc post Covid et postcise agricole puisque tout ça post Covid évidemment on s'est tous rendu compte de notre extrême dépendance à ce qu'on a pu appeler les biens nécessaires et post-crise agricole puisque il y a problme de déclaration d'amour politique à notre classe agricole évidemment qui vise à installer cette cette espèce de bouclier face à la pâque aux invasions, on va dire un peu étrangères du libre échangise. Alors, il y a plein de d'objectifs objectifs sont presque philosophiques. Sauvegarder, reconquérir la souveraineté en fonction des filières plus affecté que d'autres.
Protection contre la concurrence des loyales. Et là, moi j'ai j'ai trouvé ça assez savoureux le petit épisode de la non régression pour préserver le potentiel agricole de la nation et le conseil constitionnel l'a censuré. Vous savez pourquoi Thomas ?
Bah parce que ça ne veut rien dire. Ça n'a absolument aucune valeur normatique. D'accord.
Alors, un mot de conclusion. J'ai peur que ce principe de souveraineté alimentaire soit un peu le miroir aux alhouettes étant donné que on voit avec l'échec de la négociation Mercosure que c'est difficile en réalité d'installer un bouclier universel aussi général et j'ai envie de dire on se payera pas de mots la notion de village français elle sera impossible donc il faut soit une politique courageuse soit une politique équilibrée soit les deux en réalité et donc soit on protège ça dans la constitution fait les choses bien on définit ce que sont les biens nécessaires, on crée des priorités budgétaire, on va se défendre auprès de l'Union européenne, soit finalement cette ambivalence normative ne sera qu'un slogan politique. Merci beaucoup Anne Charlen.
On va quand même regarder parce que là c'est des c'est des chiffres qu'on peut je crois pas contester l'évolution de la balance commerciale agricole sur ces dernières années. Alors là c'est assez vertigineux hein. Si on regarde le depuis le pic de 2022, on était à + 8,6 milliards. sur l'année dernière, on est à peine à 500 millions d'euros de de soldes positifs.
Quels sont les secteurs agricool ? Je sais pas si on peut spécifier, mais est-ce qu'il y a des secteurs qui dévisent plus que d'autres ? Vous voyez ce que je veux dire ?
Clairement oui. Alors sur l'année là, en tout cas 2025, c'est le marché Séralier hein, que voilà et on a perdu énormément de part à l'export. l'Algérie 5 million de ton Sébastien en parlera mieux que moi mais c'est des éléments importants en terme de valeur c'estd qu'on a aussi un problème de valeur ajouté de création de valeur à l'hectare sur nos exploitations l'autre secteur bien sûr c'est le secteur phare c'est la viticulture qui a toujours tiré par le haut la balance commerciale.
On voit qu'avec les taxes Trump les taxes chinoises sur le sur certains types de vin spiritueux ça ça complique. Et puis on voit bien c'est qu'on est en train d'importer de plus en plus de production. On pense là la volaille sur les éléments sur le sucre.
Aujourd'hui, il y a la peinture bien sûr, on a on a on a fait un fix sur le Mercur mais aujourd'hui l'Ukraine qui est aujourd'hui en pleine guerre, on paye on fait payer aux agriculteurs et au monde agricole énormément le tribu hein. C'est c'est le sucre, c'est les céréales, c'est aussi la viande de volaille qui est voilà et et donc tous ces éléments-l jouent énormément. Et quand un pays n'a plus cette capacité d'exportatrice, elle elle elle renverse et la balance aujourd'hui est en train de jouer dans l'envers.
C'est pour ça qu'on dit c'est le moment de réagir. Et j'ai bien aimé cette par rapport à la souveraineté, c'est que nous on a réagi dès euh 2021, le 15 mai, on a fait une journée complète sur la souveraineté alimentaire pour se dire c'est le moment de réagir parce que le problème il est aussi à l'intérieur de l'Europe, c'est que par contre les autres pays sont en train d'aujourd'hui de progresser fortement. vous avez l'Espagne qui a pourtant pas le pays qui a le plus d'eau et qui est en train de produire de plus en plus l'Italie donc c'est les c'est les c'est les pays du sud et puis après bien sûr on a aussi des pays du nord un mot quand même de l'Ukraine c'est c'est le thème de votre de votre dernier.
Est-ce que c'est un peu l'éléphant dans la pièce quoi quand on parle de souveraineté alimentaire en ce moment là je vous demande une analyse peut-être un peu plus de de court ou de moyen terme pour expliquer ces chiffres là. Euh je voudrais revenir sur les chiffres de la balance commerciale 2025 d'abord si vous le permettez d'abord parce que ça a été dit, il y a des secteurs à l'export qui ont moins bien performé depuis 2 3 ans pour des raisons à la fois climatiques et géopolitiques. On a eu des problèmes de récolte en France et on a géopolitiquement un monde qui n'est plus le même.
Donc la valorisation des produits français à l'extérieur est plus difficile. Mais nous avons aussi eu en 2025 des importations de certains produits qu'on ne fait pas en France et que les Français adorent. cacao, café par exemple, le prix a été multiplié par 3 et si vous enlevez cacao et café l'an dernier dans leur renchérissement, notre excédent commercial agricole alimentaire serait pas de 200 millions d'euros euh comme à l'arrivée, mais serait de 3 milliards.
On ferait pas le même commentaire. Donc attention, nous avons moins d'export d'un côté ça. Ce sont des produits qui coûtent plus cher et qu'on a et qu'on apporte café café cacao font partie des top 3 avec le saumon.
Et je voudrais dire un mot des produits de la mer. Mais café cacao, on on importe tout et en fait le prix a été multiplié par 3 donc nos importations ont explosé. C'est une autre lecture de cette ce qui explique en partie une année 2025 particul.
Ça n'enlève pas des problèmes structurels de valorisation de certains produits en France, d'outils industriels et de vraies dépendances structurelles. Les produits de la mer, nous sommes une grande puissance maritime mais nous sommes une impuissance aliotique extraordinaire. La pêche des vis parce qu'on demande aux pêcheurs depuis 15 ans de ne pas pêcher.
Estimez-vous heureux. Les agriculteurs, vous pouvez continuer à produire. Les pêcheurs doivent gérer la ressource et les écosystèmes, il le faut.
Mais la pêche est en déclin et l'aquaculture, on veut pas en faire en France. Résultat, on achète pour 3 milliards à 3 milliards et demi de saumon par an parce que on a banalisé le saumon comme on a banalisé le cacao tout au long de l'année. Ces produits de luxe coûtent cher en fait dans notre balance commerciale.
Je réponds à votre question sur l'Ukraine sur l'Ukraine rapidement si possible. H évidemment, on a un conflit qu'il faut regarder dans sa globalité, pas que dans sa dimension solidarité et agricole. En revanche, il est certain que l'Ukraine est une grande puissance agricole.
Et donc, quel que soit l'issue de ce conflit qui n'est pas terminé, nous allons demain euh taper 4 ans de conflit à grande intensité. Euh, il y a une dimension agricole incontournable avec l'Ukraine. Surtout que l'Ukraine tape de plus en plus. sira renté pour des raisons géopolitiques le sujet agricole il va être mais absolument stratosphérique par rapport au sujet du mercur beaucoup d'agriculteurs ukrainiens d'ailleurs eux-mêmes redoutent cette entrée dans l'Union européenne parce que ça fait bouger les règles du jeu. si l'Ukraine ne rentre pas dans l'Union européenne et que l'Ukraine a une destinée géopolitique loin d'une complicité avec l'Union européenne, nous avons une superpuissance agricole aux portes européennes qui peut être peut-être à moyen long terme plus déstabilisatrice pour la performance de l'Union européenne et de la France agricole.
D'accord. Effectivement. Alors ouais avec une déclaration de de la ministre aujourd'hui hein Annie Jenvard toujours sur ce réveil ce réveil de notre agriculture elle rappelle les efforts faits par nos concurrents depuis plusieurs années justement pour financer leur agriculture.
On l'écoute ça par contre Chine a augmenté de 40 % le financement de sa politique agricole par habitant depuis 2014. Les États-Unis de 86 % la Russie de 15 %. À ce rythme, maintenir notre compétitivité face à le concurrent ne sera plus possible par le sursaut mais par le miracle.
Nicole Ouvrard, la l'Europe elle dépense quand même beaucoup pour son agriculture. La politique agricole commune, ça reste une part, je crois que c'est la première part du du budget de lieu. Pas pas suffisamment.
Bah l'Europe le l'Europe dépense Oui, effectivement, on voit bien quand même que le la politique agricole commune est de moins en moins commune. Euh on va être là dans la renégociation et du budget de le de de de l'Union européenne et du budget de la PAC. Donc on est dans un on commence là juste pour la prochaine PAC.
Euh donc c'est un vrai enjeu. Euh l'Europe dépense mais euh mais ça n'est plus euh comment dire ça ça n'est plus une politique agricole aussi commune que ça. Chaque chaque pays a repris euh une partie de sa politique et l'Union européenne a lâché aussi la Commission européenne a a lâché du l'est en se disant ben voilà, il y a le budget mais après reprenez vos plans et et gérez vous-même, c'est trop compliqué.
Euh et on a en fait euh un comment dire une une divergence de vue des politiques dans chacun des pays qui est quand même assez complexe à gérer euh qui fait qu'aujourd'hui effectiv et puis il y a aussi une répartition du budget euh qui euh qui qui fait que on a plus soutenu l'agriculture de l'Est de l'Europe qui avait besoin d'être peut-être sans doute plus soutenu, mais aujourd'hui il y a des pays comme la Pologne qui qui sont en pleine croissance et à budget égal on voit bien que la tendance elle est plutôt vers le soutien de des agriculture de l'est de l'Europe notamment. Alors puisqu'on parle souveraineté capacité de la France de redevenir une grande puissance agricole évidemment il faut consacrer un chapitre aux accords de libre échange. Alors il y a celui que l'Union européenne a validé avec l'Amérique du Sud, le pays du Mercossur après, je vous le rappelle, plus de 25 ans de négociation. vous propose deux réactions.
D'abord un éleveur beauovin et bien s'appelle Emmanuel Bernard, il est éleveur de Charolè dans la Nièvre et il est au micro de Stéphane Dug. C'est un accord nocif euh parce qu'il ne respecte aucune des règles équitables du commerce. La façon de produire est pas du tout la même.
Après, ils assument leur mode de production, c'est leur choix. Mais en tout cas, cette viande là n'a rien à faire dans les assiettes des consommateurs français. Et puis alors une autre réaction, alors là c'est plutôt quelqu'un qui pourrait s'en réjouir puisque il est viticulteur et qu'à priori pour les viticulteurs, les spirituux, c'est plutôt un bon accord.
Il s'appelle Régis Falxa et malgré tout, il se dit solidaire de l'ensemble des agriculteurs français. Écoutez, on essaie d'avoir des perspectives et d'ouvrir nos vins à des à des à des marchés qui sont peut-être naissants, peut-être pas encore mur, mais on essaie d'avoir un maillage mondial suffisant. La viticulture est une spécificité de l'agriculture, mais nous sommes avant tout des agriculteurs.
Ça, il faut bien avoir conscience. Donc, par solidarité avec le monde agricole, euh nous sommes contre l'accord du numerosium qui mettrait en péril une partie de l'agriculture et nous euh nous sommes derrière derrière eux à fond. Allez, on parle de cet accord et peut-être plus généralement des accords de libre échange avec une une question tiens pour commencer Victor qui nous écrit de de Marseille.
Merci hein de participer à nos débats. La France peut-elle ne pas ratifier l'accord Mercoû ? Ce qu'il faut dire Lux mais certes c'est qu'il y a il y a vous vous il y a il y a un recours qui est en cours il y a encore un espoir queil soit pas totalement ratifié c'est ça on a obtenu que la le Parlement a saisi la cour européenne de justice jou à quelques voix normalement ça devrait bloquer l'accord mais bon la vandalayen veut passer un peu outre et il y a toujours pas eu de vote d'ailleurs au parlement hein de cet accord du Mercossur donc qui devrait avoir lieu là au printemps euh moi je veux dire un mot sur ce cet accord c'est qu' il y a deux sujets il y a les volumes qui vont arriver qui vont déstabiliser sur la viande.
C'est surtout on va récupérer les bons morceaux. C'est l'entrecôte, c'est voilà, c'est c'est tous ces morceaux, ces pièces qui vont venir baisser la valeur de du prix chez nous puisque là-bas ils en consomment moins. Donc ces effetsl, ces effets sur le sucre hein qui sont quand même importants, sur le miel, sur tous ces sujetsl et puis il y a les conditions dans lesquelles ils sont produits que nous c'est exactement ça.
C'est est-ce qu'on veut importer de l'autre bout de la planète des choses qui sont fait avec des normes qui sont rabées avec des produits phytosanitaires par exemple qui sont qui sont interdits à 80 %. C'est ils utilisent 80 % des produits qui nous sont interdits chez nous depuis plus de 20 ans. Est-ce qu'on veut ça ?
Est-ce qu'on veut pas aujourd'hui plutôt se dire on accepte de payer des fois un petit peu plus mais soutenir les agriculteurs cette richesse, cette diversité parce que le salon il estqué mais s'il y a autant de monde dans les provinces pour aller voir les bons produits, c'est qu'on a une richesse du on est parfois tous un petit peu ambivalent hein. C'estàd que on est super content de venir au salon mais peut-être pas de payer un tout petit peu plus cher comme vous dites pour un produit. C'est exactement ça.
C'est c'est le consommateur qui rentre dans le supermarché. je vais acheter le beau poulet quand il arrivé bah il il y a l'effet prix pouvoir d'achat qui fait que quand il ressort il a pas forcément acheté ce qu'il avait l'intention. Donc c'est c'est c'est tout cette ambivalence qu'on disait tout à l'heure.
Mais en tout cas ce sujet-là on a voulu le saisir parce qu'il y a d'autres accords. Il y a celui aujourd'hui avec l'Australie qui pourrait mettre à mal. On a une filière au vine on importe entre 50 et 60 % de la viande de mouton.
Et aujourd'hui, on a aujourd'hui une filière qui s'est ressaisie, qui a un modèle économique. Le mouton se vend bien, il se recrée des troupes de moutons et tant mieux parce que si on signe avec l'Australie, danger pour la va de nouveau continuer à perturber et on va encore faire venir de l'autre côté avec des coûts de production qui sont pas du tout les mêmes parce que les exigences françaises sont pas les mêmes. Mais il y a des clauses miroir normalement.
Je sais pas qui veut répondre à cette question. normalement parce que j'entends votre argument il est bon mais on va accepter de d'autres pays des effectivement des usages de de de pesticides qu'on a interdit depuis très longtemps en France encore une fois moi moi j'insiste sur le fait qu'on est on doit resynchroniser les agendas en fait on a longtemps dominé les débats agricoles et alimentaires mondiaux et aujourd'hui l'Europe la France ne sont pas tout seul et même en Amérique latine les standards de production s'améliorent ça progress les produits sont de meilleur en meilleur. Donc encore une fois, il faut pas commencer à dire là-bas c'est pas bien, c'est pas bien, c'est dangereux, ici c'est merveilleux.
En fait, c'est beaucoup plus contrasté que ça. Par contre, quel est le débat ? Évidemment, et ça vient d'être dit, si les moyens de production sont pas les mêmes entre ce qui est autorisé, les coûts de production plus derrière un discours en parallèle souveraineté alimentaire, consommer local, c'est bon pour la planète, c'est bien pour vous, mais qu'on met pas ça en cohérence.
Euh c'est pas le sujet des agriculteurs, c'est le sujet des consommateurs et des citoyens. Euh soyons conscients finalement que le Minec et donc c'est là où je veux en venir, c'est que le méde Europe, ça coûte cher aujourd'hui. Le médine Europe ça coûte cher parce qu'on a des normes, parce qu'on a des valeurs, parce que le droit du travail existe, parce qu'il y a des salariés et cetera.
Je refais pas la grande histoire mais à l'échelle du monde, on est quand même dans un modèle différenciant. Donc la première chose qu'il faut cultiver, c'est bien avoir en tête que l'accord de libre échange le plus précieux pour la France, ça s'appelle l'Union européenne. Ah oui.
Et qu'est-ce qu' a perdu la France ces dernières années ? Les marchés européens. H J'insiste sur ça parce qu'on parlait de la balance commerciale.
Depuis 10 15 ans, la France à l'internationale, elle a plutôt gagné des parts de marché. Elle a perdu énormément de performance et de compétitivité au sein de l'Union européenne. Pourquoi ? parce qu'on a voulu tellement faire une agriculture française de très haut niveau qu'en fait on fait des produits pour les fêes ou le dimanche midi et on fait pas des produits pour toute la semaine à la différence de l'Italie.
Et donc on a une popularité des produits français à la caisse qui ne passe pas parce que les gens veulent peut-être du bon, du sain, mais ils veulent du pas trop cher. Et la France agricole coûte cher aujourd'hui dans l'offre qui est proposée parce qu'on a une surtransport transposition normative, on a des une fiscalité excessive pour les industries françaises. Ça coûte cher le médine France et dans un médine Europe qui est déjà plus cher que le reste de la planète.
Et donc pourquoi les clauses de miroir sont interrogées ? B parce qu'en fait la plupart des agriculteurs en France ou en Europe disent mais l'Europe n'aura pas les capacités de se faire respecter. Et donc c'est une crise de confiance vers le modèle européen alors qu'en fait c'est l'Europe qui devrait nous protéger si on regarde à l'endroit peut-être on va le rappeler d'un mot vous connaissez ça par cœur Nicolard mais quand on parle de clause miroir et de concurrence intraeuropéenne l'histoire de laamipride c'est justement l'un des arguments des betraviers des noisetiers c'est de dire d'autres pays d'Europe l'utilisent tout ça oui tout à fait oui oui oui notamment notamment la Belgique en fait hein qui est vraiment là tout près de la zone de de production français Ouais effectivement bah ils se disent "Mais pourquoi pourquoi pourquoi nous c'est interdit ?
Alors que effectivement tout près de nous en Belgique c'est autorisé." Alors ça il y a il y a pas mal de questions sur la question de sur le le l'aspect agriculture bio, bilan binon carbone et cetera. Je vais en citer quelques-unes une de Philippe qui nous écrit de Brigeville sur mer. "Nous avons une agriculture diversifiée.
Pourquoi faire venir des denrées du bout du monde avec un bilan carbone désastreux ? En voilà une. Euh j'en ai une autre Thérèse qui nous écrit de Perpignan.
Est-il possible de transitionner vers une agriculture biologique pour une France souveraine alimentairement et qui puisse nourrir tout le monde ? C'est une vraie question. Et puis troisème question de Raoul qui nous écrit de Lille.
L'agriculture biologique a-t-elle reculé en France ? Bah je vais vous répondre avec un chiffre. C'est le le la part des surfaces agricoles bio. 2023 on était à 10,3 %. 2024 on est à 10,1 %.
J'ai pas encore les chiffres de 2025. Ce qui est sûr Lux Mexer, c'est que l'objectif c'était 21 % en 2030. C'est inatteignable aujourd'hui.
On peut dire en tout cas ça se décide pas comme ça à Paris, dans un bureau, dans un parlement ou à l'Assemblée. Ce chiffre là aujourd'hui, il doit être en lien avec la demande et le pouvoir d'achat. on vient de le dire euh on a eu un après Covid qui a été catastrophique par la lecture biologique du jour au lendemain.
Il y a eu plus de 50 % de marchés qui dire en moins. Et donc forcément nous derrière on produisait parce qu'on va pas la lavage contré, on va pas la dire du stop du jour au lendemain. On va pas faire pareil avec le poulet ou avec les les et aujourd'hui on a des gens qui ont fait ce qu'on appelle de la déconversion.
C'est terrible c'est des gens qui ont fait l'effort pour passer en biologique qui ont acheté des outils spéciaux pour désherber et mécaniquement et cetera. On leur a dit à un moment donné, il y a plus de marché. Il vendaient moins cher que ce qu'on vendait nous en conventionnel.
On a besoin de tout, on a besoin du bio euh du la la première gamme, on a besoin de la montée en puissance aussi parce que il y a aussi des gens qui ont les moyens de payer qui veulent un peu plus. Mais c'est ces éléments-là, il faut qu'on réponde à tous les marchés. La montée en gamme qu'avait demandé Emmanuel Macron dans son discours de Ringis en 2018 a été catastrophique.
Ça a été dit tout à l'heure, c'est qu'on a oublié la première rentrée de gamme qui était aussi importante sur lequelle il y avait aussi à faire. Et par rapport à la lecture biologique, ça se complète. C'est-à-dire qu'aujourd'hui et et on n'a pas non plus été au bout et la puissance publique non plus dans la restauration collective, ce qu'on ce qu'on dit dans nos cantines, le le fameux 50 % dont 20 % de bio aujourd'hui il est peu appliqué.
On est à peine à la moitié de l'exigence qui avait été mise. Est-ce que demain dans nos cantines, dans nos hôpitaux, on va retrouver Ça commence par ça. C'est la preuve par l'exemple.
Oui. Alors, je vais je vais vous donner la parole tout de suite, mais je vous propose d'entendre quand même un un un son de cloche un peu différent, celui du porte-parole de la Confédération paysane. Il réagit à la loi d'urgence, il réagit au retour de ce pesticide là, c'est à mi pride dans le cadre de la loi du plomb.
On écoute Stéphane Galet. On s'est battu contre la loi du plomb. On se battra contre celle qui arrivent qui qui prôneent le retour de la cétamyride parce que ce sont des lois qui ne répondent pas encore une fois euh au malaise profond des paysans et des paysanes à aux problématiques de l'agriculture.
Nous paysans et paysanes on est impacté les premiers par la perte de la biodiversité par le réchauffement climatique par le changement des paysages et des habitats. on va pas aller encore accélérer la destruction des sols, accaparer l'eau alors que elle est on c'est une ressource qui va être fragile et qu'il faut partager en fonction de ce qu'on doit prioriser sur les usages. Donc c'est des enjeux fondamentaux pour l'agriculture mais aussi pour les citoyens et les citoyennes.
Nicolas Bo alors avec ce sentiment justifié ou non he je v je je vous laisse en débattre que le gouvernement est quand même en train de de d'abandonner une partie des ambitions vertes en matière agricole. Alors, il y a eu un il y a le gouvernement puis il y a l'Union européenne. qu'effectivement il y a eu le Green Deal, hein, on a beaucoup parlé du Green Deal à un moment donné avec le pacte vert européen, pacte vert européen avec tout un tas de déclinaisons dans chacune des filières euh avec une Ursula Vanderleyenne assez euh engagée sur ce sujet-là et et avec une une claque si on peut dire à un moment donné euh avec et un retournement euh lié au résultats des deres élections européennes he lié au résultat des dernières élections européennes et aujourd'hui effectivement on en parle plus beaucoup de ce de ce pacte vert.
Bon sans doute qu'il y avait il y a une nécessité c'est clair qu'il y a une nécessité de faire une agriculture qui respecte la biodiversité, les équilibres de l'eau. C'est évident et je pense que tous les agriculteurs qui sont enfin quand on on a des on fait des reportages auprès des agriculteurs, ils sont hyper sensibles à ces questions et ils font évoluer. Voilà et ils font évoluer le leur pratique et quelquefois les les discours nationaux donnent une vision un peu différente.
Il y a il y a un vrai engagement aujourd'hui des agriculteurs pour changer leur pratique. Si vous voulez bien, c'est très vite simplement c'est que il y aurait pas des récuteurs qui auraient l'intention de polluer ou de tuer l'environnement. On travaille, c'est notre ADN et on y travaille je dire c'est notre outil de travail le sol.
Moi, mais animaux la même chose. Oui, mais il y a eu un appauvrissement des sols quand même avec le modèle agricole de depuis 30 ou 4 années. Sur justement augmenter la matière organique, avoir une vraie vie des sols et je pense qu'on on est plutôt des agronomes, donc ça, il y a pas de souci là-dessus mais qu'on nous donne des moyens de produire.
Vous savez, c'est comme si on nous avait fermé en 20 ans la moitié d'une pharmacie et qu'on vous dire quand votre blé est malade, on n' pas la solution. Et on vous dit à côté en Belgique, en Espagne, ils ont la solution. Et donc ça ça pose vraiment la question de se dire est-ce qu'on peut travailler avec les mêmes règles ?
Je peux vous dire c'est pas contre l'environnement. À un moment donné dans les années 90 80 90 2000 la chimie dominait. Clairement la chimie dominait.
Euh il y a eu effectivement des interdictions et il y a certaines enfin il fallait supprimer certaines molécules qui sont très rémanente dans les sols. Et en fait ce qu'on a pu voir c'est qu'il y a une il y a il y a eu une nouvelle euh euh innovation notamment du matériel agricole qui fait qu'aujourd'hui ça a recréé de la de la recherche pour trouver des solutions. On trouve pas des solutions à tout mais il y a aujourd'hui quand même une créativité qui est assez intéressante.
On termine sur cette note positive. Merci beaucoup. Votre livre Sébastien Abis, Russie-Ukraine, la guerre hybride aux racines agricoles d'un bouleversement mondial.
C'est aux éditions Armand Colin et Nicole Ouvrard. Je renvoie évidemment aux publications de du groupe de presse que vous dirigez Réussir Agra. À très bientôt.
Bon salon international de de l'agriculture. Demain donc débat sur la la le partage de la valeur he de la richesse, rémunération des agriculteurs, relation avec la grande distribution. sur ce plateau.
Merci à toutes et à tous de votre fidélité. À demain donc 18h 22h et notez que c'est François Patria, le président du groupe Renaissance RDPI au Sénat qui sera l'invité de la matinale demain face à Orian Mansini. Belle soirée. [musique]
Emmanuel Macron