Gabriel Attal, porte-parole du gouvernement - 19/09
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BFM Politique avec Edwige Chevrillon, Louis Osalter et notre invité aujourd'hui est donc porte-parle du gouvernement, Gabriel Attal. Nous allons commencer avec ce qui est la crise diplomatique, sans doute la plus importante depuis un long moment pour la France. Et elle est d'une ampleur inédite avec nos amis alliés américains. Une crise qui fait suite à l'annulation de l'achat de sous-marins par l'Australie, sous-marins avec une technologie française, fabrication en France pour partie. Première question très simple, est-ce qu'il y a eu un coup de fil entre Emmanuel Macron et Joe Biden ?
Le président Biden a demandé à parler au président de la République et il y aura un échange téléphonique dans les tout prochains jours entre le président Macron et le président Biden pour avancer. Parce que ce qui se joue dans cette affaire, dans cette crise, vous l'avez dit, c'est un enjeu stratégique avant d'être un enjeu commercial. La question qui se joue ici, c'est celle des forces en présence, des équilibres dans la zone indo-pacifique où se joue une partie de notre avenir et des relations avec la Chine. La France est un pays de la zone indo-pacifique, il faut bien le mesurer.
Nous avons des territoires, la Polynésie française, la Nouvelle-Calédonie, nous avons des Français qui y résident, nous avons des militaires qui y sont stationnés. Et puis c'est un enjeu pour l'Europe aussi. Dans un contexte de tension avec la Chine, les États-Unis, nous devons affirmer une autonomie stratégique dans la zone. Et c'est de cela que nous allons parler, c'est sur ça que nous allons travailler et avancer dans les semaines et les mois qui viennent.
Et que va dire Emmanuel Macron à Joe Biden ? Est-ce qu'il y a des demandes particulières, Gabriel Attal ?
D'abord, la première demande, et ça a été exprimé, c'est une demande de clarification. On veut des explications sur ce qui a motivé, finalement, le terme a été employé, s'apparente à une rupture de confiance majeure. Voilà, on veut ces premières clarifications.
Les Australiens, ne pas nous interrompre, mais pour nos téléspectateurs, les Australiens ont dit ces dernières heures, nous avions prévenu que nous avions d'énormes réserves technologiques.
Là-dessus, Jean-Yves Le Drian, comme Florence Paris, se sont exprimés. Il y a eu des réunions qui ont eu lieu avec leurs homologues australiens ces dernières semaines. Et jamais il n'a été question dans ces réunions d'une rupture du contrat ou d'un changement de stratégie de la part de l'Australie. Donc on va clarifier les choses, échanger avec eux. Vous savez qu'on a rappelé nos ambassadeurs, le président de la République échangera avec eux dès ce soir. Tout ça pour avancer. Voilà, il faut avancer. Il ne peut pas y avoir d'alliance sans confiance. La France est un pays responsable. Les États-Unis, l'Australie sont des partenaires importants. Il faut avancer maintenant dans ce dossier.
Est-ce qu'on a été humilié, Gabriel Attal ? Je pense que l'humiliation, c'est avant tout celle de pays qui ne respectent pas leurs paroles données, celle de pays qui abandonnent l'objectif d'avoir une autonomie stratégique pour se ranger derrière d'autres pays. Vous savez, nous, on tient notre parole. On respecte nos engagements. On cherche évidemment avec l'Europe à avoir une influence dans le monde et notamment dans les zones de la planète. où on voit qu'il y a des tensions qui montent et où nous, on a un objectif, c'est de faire de la zone indo-pacifique, une zone libre, de libre circulation et pas une zone où la Chine prendrait tout, une zone où les tensions seraient légion.
Mais une zone où on peut vivre, où l'autonomie des différents États est respectée. On a des partenariats très importants dans la zone, je veux le rappeler, avec l'Inde, avec la Nouvelle-Zélande. On a des relations très fortes avec le Vietnam, avec Singapour. Et évidemment, cette présence, elle va demeurer et on va continuer à avancer en européen.
Gabriel Attal, on dit que c'est le contrat du siècle, 56 milliards au total. La seule chose, c'est pour la France, ça sera, d'après Bruno Le Maire, ça sera à peu près 8 milliards de manque à gagner. Mais est-ce que vous pouvez exactement, peut-être, nous dire les conséquences pour la France, en termes, évidemment, économiques, mais aussi en termes d'emploi ?
D'abord, je le disais à l'instant, c'est un enjeu stratégique avant d'être un enjeu commercial.
Voilà, et c'est pour ça que je pose la question après.
Ça, c'est important de le dire dans un premier temps. Ensuite, les carnets de naval groupes sont bien remplis dans les années à venir. Il y a la construction du sous-marin barracuda, du sous-marin nucléaire lanceur d'engins de troisième génération. Tout ça occupe les carnets de commandes de naval groupes dans les années à venir. Et puis ensuite, sur la question de l'impact de la rupture de ce contrat sur l'économie française, encore faut-il qu'on échange avec nos partenaires et qu'on voit comment ils entendent se sortir de ce contrat. Puisqu'il y a des clauses qui ont été signées, il y a toute une procédure qui a été prévue. Évidemment qu'il faudra des compensations.
Mais ça, c'est le travail qui va être fait maintenant parce qu'on a besoin de ces clarifications et de l'explication de la manière dont...
Mais vous connaissez quand même déjà le montant des compensations ou pas ? Non, on ne peut pas vous communiquer de montant de compensations.
Il n'y a pas de chiffres, il y a des chiffres. Aujourd'hui, il va y avoir des discussions, des échanges. Je précise que je crois que la majorité des emplois prévus par ces contrats étaient prévus en Australie. À Delaïde ? Il y a évidemment des ingénieurs australiens qui sont en France. À Cherbourg, il y a des ingénieurs français qui sont en Australie. On rentrait là, on allait rentrer dans la phase de construction des sous-marins. Évidemment, le contrat devra être respecté jusqu'au bout.
Je voudrais revenir sur la nature de notre alliance avec les États-Unis.
Oui, vous avez parlé de la zone indo-pacifique, mais l'alliance avec les Américains, c'est l'OTAN. Le général de Gaulle, en son temps, avait quitté le commandement intégré de l'OTAN. Nous y sommes revenus depuis. Mais Emmanuel Macron lui-même, il y a un certain temps, a déclaré que l'OTAN était en état de mort cérébrale. Est-ce qu'avec ce qui s'est passé cette semaine, il faut à nouveau quitter le commandement intégré de l'OTAN ?
D'abord, on fait la part des choses. L'OTAN, c'est l'Atlantique Nord, ce n'est pas l'indo-pacifique.
Mais c'est l'alliance avec les Américains.
Sur le deuxième point, le président de la République, vous l'avez rappelé, avait eu des mots extrêmement clairs, extrêmement forts sur l'OTAN. Il y a un constat clairement établi. Et à la suite de ces propos du président de la République, il y a un travail qui a été engagé, une revue stratégique, pour avoir un moment de vérité finalement sur l'OTAN, son fonctionnement, son organisation et ses priorités. Et ce moment de vérité, il aboutira l'an prochain au sommet de Madrid, un sommet qui va réunir les partenaires de l'OTAN. Et c'est à ce moment-là que les choses seront dites et seront décidées.
Mais en même temps, Gabriel Attal, on voit bien que vous-même, vous le dites, c'est-à-dire qu'on n'est pas à l'Atlantique Nord, c'est important. Mais maintenant, on remet que les tensions, elles se sont transposées dans l'Indo-Pacifique. Et là, on a beau dire, on est d'accord, on a la Polynésie, on a la Nouvelle... Enfin, la France est un nain politique face à cette confrontation virtuelle, évidemment, entre les Américains et la Chine. Parce que c'est là où maintenant ça va se passer. L'Australie va devenir un peu la base arrière des Américains.
Mais ce que vous dites là, Edwige Chevrillon, valide totalement ce que nous portons avec Emmanuel Macron depuis 2017 au niveau européen. Nous voulons affirmer la souveraineté européenne et nous voulons affirmer la place de l'Europe partout dans le monde. Et notamment dans les zones qui sont des zones de tension, comme la zone indo-pacifique. Il y a un travail qui a été engagé. Vous savez, il y a un texte qui a été publié par les services de l'Union européenne il y a quelques jours sur la question de notre stratégie indo-pacifique. Et l'objectif, c'est d'aboutir à une revue de stratégie à l'occasion de la présidence française de l'Union européenne.
Vous savez que la France aura la présidence de l'Union européenne. Mais là, vous n'avez eu aucun soutien de l'Europe, par exemple, dans ce contrat du siècle ? On est au tout début. On était dans le moment du choc, de l'annonce. On est au tout début. Il va y avoir des réunions européennes, des conseils européens. Je peux vous assurer que, depuis les propos du président de la République au discours de la Sorbonne en 2017, on l'a vu avec les présidences successives de l'Union européenne, la présidence allemande, slovaque, que ce concept de souveraineté, ce concept d'autonomie stratégique de l'Union européenne, il est maintenant très largement partagé en Europe.
Donc, je peux vous dire qu'on va avancer en européen sur cette question. Il y a plusieurs visions des relations dans la zone indo-pacifique. Il y a une vision américaine qui est celle d'une confrontation militaire avec la Chine. Nous, on défend une vision de concurrence, de compétition, qui peut parfois être forte avec la Chine, et en tout cas, l'affirmation de cette zone comme une zone de liberté. Une zone où on respecte aussi un certain nombre de priorités qu'on porte en France et au niveau européen, sur la préservation des océans, sur la libre circulation des marchandises.
Mais justement, il y a un symbole sur le poids de la France. Aujourd'hui, 47% des Français croient que la France est en déclin. C'est une enquête interactive pour Challenge. Est-ce que la perte de ce contrat et la forme d'humiliation qui est subie, ce n'est pas un symptôme de ce déclin que ressentent beaucoup de Français ?
C'est ce que certains cherchent à faire. On voit bien qu'il y a des responsables politiques qui cherchent à utiliser cette situation pour expliquer aux Français, finalement, que la défaite serait acquise. Justement, est-ce que ça apporte de l'eau à leur moulin ? Il n'y aurait plus de conquêtes à mener. Moi, je ne crois pas du tout à cette vision-là. Je crois à une France et le président de la République, à une France conquérante. Et on a vu, d'ailleurs, ces dernières années, si on prend le sujet de nos industries de défense, on a vendu 88 rafales à l'étranger depuis 2017. 30 milliards de commandes supplémentaires. 28 milliards de livraisons effectuées.
Je parle là des industries de défense, mais on voit bien que la France est redevenue le pays, depuis deux ans, le plus attractif en Europe pour les investissements étrangers. On a des créations d'usines. En France, on n'en avait pas vu depuis des années. On a des emplois industriels qui se recréent. Oui, moi, je crois profondément que le temps des conquêtes est possible pour la France et pour l'Union européenne. Certains ont une autre vision. Ils expliquent que le déclin est là, que la défaite est là et que, finalement, le seul moyen de se protéger, c'est de se replier sur soi. Ce n'est pas du tout notre vision des choses.
Et je pense que ça fera partie des grands débats qu'on aura dans les mois prochains et au moment de l'élection présidentielle.
Gabriel Attal, parce que c'est vrai que la déclaration de Joe Biden, le président américain, était forte. En plus, il s'agit de sous-marins nucléaires. Est-ce qu'il y a eu un contact, je ne sais pas, du président Macron avec le président chinois, Xi Jinping ? Est-ce que vous avez essayé d'établir un contact ? Parce que les Chinois, ils sont en ligne de mire.
Non, moi, je n'ai pas d'autres informations à vous donner que le président Biden a demandé à parler au président de la République et qu'il y aura un contact téléphonique dans les prochains jours, en tous les deux semaines. Je n'ai pas d'autres informations à vous donner aujourd'hui.
Un dernier mot à ce sujet, Gabriel Attal, s'il vous plaît. Je le disais, les Australiens affirment avoir prévenu à de nombreuses reprises de leur réserve. Jean-Yves Le Drian s'est mis très en colère, et encore hier soir à la télévision, et explique que nous avons découvert ça au dernier moment. Est-ce que la France peut se permettre de découvrir au dernier moment une information de cette ampleur ? Est-ce que ça ne dit pas aussi quelque chose d'une forme de faiblesse de notre pays ?
D'être mis devant le fait accompli au dernier moment ? Jean-Yves Le Drian l'a dit hier. C'est visiblement une décision qui s'est faite de manière extrêmement secrète, confidentielle. Il a même dit que probablement certains ministres australiens ou américains n'étaient pas au courant de cette décision. Il y a eu un moment de choc, de colère légitime. Je pense que c'était important de dire les choses. Maintenant, il faut avancer. Il faut trouver la voie d'un chemin pour avancer avec nos partenaires, pour établir une confiance, parce que sans confiance, il n'y a pas d'alliance.
Allez, nous allons avancer aussi dans cette émission. Gabriel Attal, un de vos collègues au gouvernement, Olivier Véran, annonce que 2 700 000 soignants en France, sur les 2 700 000, 3 000 ont été suspendus. C'est désormais obligatoire pour eux, la vaccination, parce qu'ils ont refusé de se faire vacciner. Mais en fait, certains sont partis avant, ont quitté leur emploi, d'autres étaient en vacances. Bref, ce chiffre est sans doute un peu mouvant. Est-ce que vous avez, vous, d'autres chiffres à nous donner sur la part des soignants qui a refusé et qui a été sanctionné ?
Je n'ai pas d'autres chiffres à vous donner. Ce qui est certain, c'est que 3 000 soignants suspendus le jour où l'obligation de vaccination entre en vigueur à l'hôpital, c'est peu. C'est à peine 0,1 % des soignants. Et là, il faut mesurer le chemin qui a été parcouru. Au début du mois de juillet dernier, 6 soignants sur 10 étaient vaccinés. Le Président de la République s'est exprimé. Il y a eu ensuite, je crois, un ressaisissement de Français qui ne souhaitaient pas se faire vacciner, qui ont décidé de le faire, notamment chez les soignants. Et on est aujourd'hui à beaucoup plus de 9 soignants sur 10 qui sont vaccinés.
La crainte qui a été émise, notamment par des journalistes, j'avais pu être interrogé sur ce sujet-là régulièrement, c'était que cette obligation de vaccination et la suspension de soignants puissent entraîner une déstabilisation de services hospitaliers. Ce n'est pas ce qu'on a vu. On avait pris des mesures, notamment pour prévoir des renforts en personnel là où c'était nécessaire. Et on a vu que la continuité des soins pouvait être assurée. Alors, il y a des exceptions tout de même, Gabriel Attal.
Hier soir, par exemple, j'interrogeais en direct le maire de l'île Aumouane. C'est à côté de Vannes. Il y a 600 habitants, vous connaissez. Un médecin. Et 7 médecins ont décidé de ne pas se faire vacciner. Il n'y a plus de médecins sur cette île. Alors, 600 habitants, vous me direz, bon, on ne peut pas aller à l'urgence. L'été, il y a 6 000 personnes qui y résident et 2 000 qui viennent quotidiennement. C'est un vrai sujet. Et le maire avait mis un an et demi à trouver un praticien. Là, il y a un vrai sujet. Et ça n'est pas une exception. Ça arrive ailleurs en France.
Ce n'est pas un sujet hospitalier. Là, on parle de médecins libéraux, de médecins de ville. Mais vous parliez de continuité de soins. La désertification médicale, c'est un enjeu majeur. Et j'ai envie de dire structurel. On n'a pas attendu le vaccin pour voir qu'il y avait un problème de présence médicale partout sur le territoire. On agit avec des financements supplémentaires de l'assurance maladie. Il y a un énorme travail qui est fait par nos agences régionales de santé pour identifier des médecins, pour les convaincre de venir s'installer. Il se trouve que vous me posez la question, c'est un hasard, mais je connais très bien Ile-Aumouane, qui est une très belle île.
Et moi, je ne doute pas qu'on trouvera des solutions. Même si j'entends les inquiétudes et les angoisses quand vous habitez sur un territoire qui est en plus un territoire isolé, évidemment que vous avez besoin d'avoir un médecin à une continuité médicale. Mais l'essentiel, c'est de dire que l'obligation vaccinale, elle a entraîné une vaccination massive de nos professionnels de santé. Et on n'a pas vu de rupture, de continuité des soins, notamment d'urgence, de réanimation dans des établissements hospitaliers, encore une fois, parce qu'il y a eu ce ressaisissement et aussi parce qu'on a agi avec nos agences régionales.
Les contaminations baissent beaucoup en ce moment. Est-ce que le pass sanitaire pourrait devenir un pass sanitaire local par département ou par région ?
Ce qu'on voit, c'est que la situation sanitaire s'améliore. C'est une bonne nouvelle. L'incidence a baissé de 30% sur la dernière semaine. On est aujourd'hui à 7500 contaminations par jour en moyenne. Ça a diminué aussi à l'hôpital. On est repassé sous les 10 000 patients hospitalisés, sous les 2 000 patients en réanimation. Et c'est bon signe.
Et nous, on a toujours dit que quand on était amené à prendre des mesures de contrainte pour les Français, c'était évidemment pas de gaieté de cœur, mais c'était par nécessité, d'abord pour les protéger, pour protéger leur santé, et aussi pour protéger nos commerçants, nos artisans, nos restaurateurs, nos théâtres, nos cinémas, pour éviter d'avoir à les refermer. Le pass sanitaire, ça a permis de ne pas reconfiner, ça a permis de ne pas refermer cet été des restaurants, des bars, des théâtres, des cinémas, alors que vu les taux d'incidence qu'on avait à l'époque, probablement qu'on aurait dû les refermer si on n'avait pas disposé de cet outil.
Parce que la question de Louis porte sur un pass sanitaire qui serait localisé. On sait que c'était en réflexion. On en est où ?
Il y a une réflexion sur la manière dont on peut adapter les règles, que ce soit le pass sanitaire, peut-être d'autres, à la situation locale et à l'évolution de la situation locale. Donc moi je dis, il y a une confiance parce qu'on voit la situation s'améliorer et parce que le vaccin protège, il protège les Français, il protège notre hôpital. Il y a aussi une vigilance parce qu'on a vu malheureusement depuis un an et demi que ce virus, à plusieurs reprises, il a surpris le monde entier avec des variants, avec des reprises épidémiques, que probablement que la Covid a encore plus d'un tour dans son sac et qu'il faut évidemment rester vigilant et se protéger.
Et donc tout l'enjeu pour nous là, dans les semaines et les mois qui viennent, c'est comment est-ce qu'on garde des outils dont on a vu qu'ils faisaient leur preuve et qu'ils nous permettaient de protéger les Français, de maintenir des activités ouvertes et en même temps comment on les adapte à la situation locale.
Justement, mais qu'est-ce qui va vous guider sur cette évolution du pass sanitaire ?
Ce qui nous guidera, c'est toujours la sécurité sanitaire des Français et c'est toujours le fait de garantir qu'on n'a pas à reprendre des décisions de reconfinement ou de fermeture d'établissements qu'on n'a pas envie de devoir refermer. La vie a repris dans nos restaurants, dans nos bars, dans nos cafés, dans nos théâtres, dans nos cinémas. On a envie que la vie continue. Et donc probablement qu'il faudra garder des outils pour cela. Est-ce qu'on peut les adapter en fonction de la circulation du virus ? Vous avez aujourd'hui, je crois, près d'une trentaine de départements où le taux d'incidence est en dessous des 50 pour 100 000 habitants. C'est très faible.
Est-ce que dans un certain nombre de territoires, on peut adapter les choses ? C'est ce qu'on va regarder. Il y aura un conseil de défense prochainement pour travailler là-dessus. Quand ça ? Probablement mercredi prochain. Mais évidemment, il y a des réunions qui se tiennent en permanence pour avancer sur ce sujet.
Et dans le cadre de ces réflexions, est-ce que vous allez prolonger le pass sanitaire au-delà du 15 novembre ? On a vu dans Parisien qu'Olivier Véran se montrait plutôt assez optimiste. Est-ce qu'il y a une probabilité qu'au-delà du 15 novembre, et plus on se rapproche de l'élection, le pass sanitaire soit déclaré plus utile ?
D'abord, moi je redis, on n'est pas fétichistes ou obsessionnels du pass sanitaire. Si on pouvait se passer du pass sanitaire...
Mais il y a une chance après le 15 novembre, vous pensez ?
Dans un monde idéal, il n'y aurait pas de pass sanitaire parce qu'il n'y aurait pas de virus non plus. On n'aurait pas à l'utiliser. Mais c'est un moindre mal, encore une fois, pour maintenir des activités. Mais est-ce qu'il y a une chance ? Dans vos réflexions, vous dites... Ce que je disais à l'instant, pour faire écho à ce qu'a dit Olivier Véran, c'est qu'il y a des raisons d'être optimistes sur l'amélioration de la situation sanitaire. Le fait qu'on pourra, on l'espère, adapter nos règles, et peut-être le pass sanitaire, à la circulation du virus. Mais je le disais à l'instant, il faut rester vigilant.
Et donc la question qui va se poser, c'est est-ce qu'il ne voudrait mieux pas garder cet outil dans notre poche pour pouvoir le réutiliser si jamais l'épidémie repartait ? S'il devait y avoir une reprise épidémique à un moment, parce que c'est l'hiver, parce qu'on est plus en intérieur, etc., je préférerais qu'on utilise le pass sanitaire plutôt qu'on utilise le confinement ou la fermeture d'établissements. Donc c'est ça la réflexion, si vous comprenez, qu'il y a en ce moment. Comment est-ce qu'on adapte nos dispositifs et en même temps se poser la question de savoir s'il ne faut pas les garder pour pouvoir les réactiver si jamais l'épidémie devait reprendre ?
80 000 personnes hier anti-pass sanitaire et ou anti-vax dans la rue. Quel regard vous portez sur cette dixième semaine de mobilisation ?
D'abord, je constate que la mobilisation a diminué régulièrement depuis maintenant plusieurs semaines. Moi, j'ai toujours fait la part des choses entre des Français qui peuvent avoir des inquiétudes légitimes, sincères, et moi, j'ai toujours été dans le dialogue et dans la volonté de répondre aux inquiétudes, de transmettre les informations les plus factuelles possibles, les plus transparentes possibles et mine de rien, je crois que ce qu'on a vécu ces dernières semaines avec la quatrième vague, c'est en soi une information factuelle sur l'utilité et l'efficacité du vaccin. Regardez deux territoires.
L'Hexagone, avec une vaccination massive, avec des taux d'incidence très élevés et un hôpital qui n'a pas été saturé. Nos territoires d'outre-mer, malheureusement, avec une incidence massive, avec un taux de vaccination malheureusement très faible et des hôpitaux qui ont été saturés. Le vaccin, il protège. Il protège les Français et il protège notre hôpital et il nous évite d'avoir à reprendre des décisions très difficiles de confinement pour éviter que notre hôpital soit submergé. Et ça, pour moi, c'est un fait manifeste et je pense que beaucoup de Français, y compris des Français qui au début étaient réfractaires, s'en sont rendus compte.
Souvenez-vous de l'adhésion qu'il y avait pour la vaccination au début de la campagne vaccinale, en décembre dernier. Je crois que c'est 40% des Français qui indiquaient qu'ils souhaitaient se faire vacciner. Voilà. Aujourd'hui, on est à plus de 80% vaccinés. On est un des pays les plus vaccinés dans le monde, plus que les Américains, plus que les Anglais, plus que les Israéliens. Il y a eu beaucoup de chemin qui a été fait.
Vous parlez de votre intérêt pour les choses factuelles. Votre histoire à distance avec Philippe Juvin continue. Il était ce matin l'invité de France Info. Le patron des urgences de Pompidou, candidat à la primaire de la droite, a donc parlé de vous. On l'écoute.
Depuis le début de la crise, le gouvernement dit « bientôt, ça ira mieux, etc. » On se souvient de M. Attal trois semaines avant le confinement du mois de mars, disant « bientôt, on va retrouver une vie normale. » Donc, il communique. Moi, je m'intéresse aux faits et à la santé des Français. Il vous reproche de ne pas être factuel, lui, au contraire.
Écoutez, moi, j'ai toujours communiqué en transparence les informations dont on disposait. Évidemment qu'on a pu avoir un moment désespoir. à l'occasion de vagues épidémiques. J'essaye d'être transparent, d'être factuel. Moi, je ne suis pas là pour faire la leçon. Je ne suis pas là pour vendre du rêve. Je suis là pour donner les informations dont on dispose. C'est très facile quand vous êtes dans l'opposition. En l'occurrence, M. Juvin nous a montré avec brio sa capacité à avoir un regard rétrospectif sur le passé, à expliquer qu'il aurait mieux fait que le gouvernement, à réécrire totalement l'histoire dans un livre.
C'est pour ça qu'il était un peu en colère contre moi parce que j'ai montré qu'il disait dans son livre exactement l'inverse de ce qu'il disait sur les plateaux télé à l'époque. Il y a des personnes qui sont dans le commentaire, dans l'instrumentalisation politique, dans l'attaque permanente. Nous, on fait au mieux. On a fait au mieux depuis le début de cette crise avec une boussole protégée les Français et avec des grandes priorités.
Justement, permettez-moi de vous interrompre mais au sujet de faire au mieux, Edwige.
Oui, vous dites faire au mieux mais visiblement ça n'a pas été la décision de la Cour de justice de la République qui a donc mis en examen l'ancienne ministre de la Santé, Agnès Buzyn. On sait que derrière il y aura peut-être Édouard Philippe, Olivier Véran, peut-être aussi Jérôme Salomon. Absolument. Est-ce que pour vous c'est une décision de justice que vous jugez prématurée, injuste ou politique ?
Vous connaissez ma réponse en posant la question Edwige Chevrillon. Quand on est membre du gouvernement, on ne commente jamais une décision de justice. On est dans un État de droit, on respecte l'autorité judiciaire et donc moi je ne commente jamais les décisions de justice. En revanche, ce que je peux dire, c'est qu'en tant que membre du gouvernement, moi j'ai vu Agnès Buzyn comme ses homologues dans le monde entier découvrir une épidémie nouvelle qui est arrivée et prendre toutes les mesures pour protéger les Français à la lumière des informations dont on disposait à l'époque. J'ai vu aussi un certain nombre...
C'est parce qu'elle a jugé la Cour de justice de la République.
Pour l'instant, elle n'a pas jugé. Il y a eu une enquête. Non, sur l'instruction. L'instruction,
la mise en examen, la définition sont des indices graves et concordants.
Moi c'est ce que je dis aujourd'hui. Encore une fois, je soutiens évidemment Agnès Buzyn. Ce que je dis aussi, c'est qu'on a vu des responsables politiques, parfois des leaders politiques dans certains pays appeler par exemple leurs concitoyens à boire de l'eau de Javel pour se protéger du Covid. Il y a eu des morts. Je ne sais pas s'il y a des procédures semblables dans ces pays. Ce que je dis, c'est qu'on est encore en temps de pandémie qui évidemment, on ne s'est jamais dérobé devant nos responsabilités pour répondre aux questions qui sont posées. On l'a fait et les ministres l'ont fait. Ils l'ont fait devant des commissions d'enquête parlementaire. Ils l'ont fait devant les Français.
Ils l'ont fait devant le Parlement. Ils le font devant la justice parce qu'on est dans un état de droit. Et moi, je veux rappeler qu'avoir un regard rétrospectif en regardant ce qui s'est passé avec la lumière des informations d'aujourd'hui, c'est évidemment très facile. La responsabilité quand vous avez une épidémie nouvelle qui apparaît, c'est beaucoup moins facile. Et moi, ce que je peux dire parce que je l'ai vu, c'est que ma collègue Agnès Buzyn, mes collègues du gouvernement ont toujours pris les mesures nécessaires à la lumière des informations dont on disposait.
La suite de BFM Politique avec vous, Gabriel Attal. C'est dans un instant sur BFM TV. La suite de BFM Politique. Gabriel Attal, hier, il y avait des manifestations de chasseurs. En fait, le Conseil d'État a cassé une décision du gouvernement sur des chasses traditionnelles, les chasseurs qui se mobilisent pour perpétuer leurs loisirs. Est-ce que le gouvernement ne cherche pas à leur donner des gages ? Est-ce qu'on n'est pas dans de la pure politique ? Il y a un million de chasseurs et à chaque fois, on voit que la responsable politique au moment des élections essaie de leur donner des gages. Vous faites pareil que les autres en fait ?
Il y a un débat sur cette question de la chasse et notamment des chasses traditionnelles. Et vous l'avez dit, le Conseil d'État a rendu une décision mais qui n'est pas une décision motivée sur le fond mais sur la forme. En expliquant qu'il n'y avait pas eu de motivation et d'argumentation suffisantes pour autoriser ces chasses traditionnelles. Nous, dans ce débat qui alimente beaucoup de discussions et c'est normal, ce qu'on veut, c'est que le droit soit dit. Nous, on veut respecter les engagements européens.
Il y a une directive européenne qui s'appelle la directive OISEAU qui prévoit la préservation de la biodiversité et on veut qu'elle soit respectée et que tous les types de chasse en France respectent cette directive. Et donc, on prend des arrêtés pour que le Conseil d'État dise le droit et qu'on puisse avancer et que ce débat soit finalement clos. Et on respectera la décision quelle qu'elle soit du Conseil d'État. C'est ce qu'on a fait par exemple sur la chasse à la glu qui a été interdite par le Conseil d'État. Là, pour le coup, sur des motivations de fond, évidemment, on a respecté et on interdit cette pratique.
Donc, il y a des arrêtés qui sont soumis à consultation sur chacun des types de chasse et le Conseil d'État se prononcera. Moi, je ne veux pas que ce débat occulte tout ce qu'on fait pour la préservation de la biodiversité en France et dans le monde, d'ailleurs. Il y a eu un sommet très important, le sommet de l'UICN qui s'est conclu, vous le savez, cette semaine. On a pris des engagements très forts sur la préservation des aires protégées, sur la création de nouveaux parcs naturels.
Oui, mais les défenseurs de la nature, là, ils vous disent, Gabriel Attal, vous faites comme tous les gouvernements au moment des élections, vous cherchez à faire plaisir aux chasseurs parce qu'ils sont un lobby puissant,
celle de la préservation de la biodiversité qui est prévue par nos textes européens soit respectée. Mais pour ça, il faut qu'il y ait une instance indépendante, c'est le Conseil d'État qui puisse se prononcer et on suivra la décision qui est prise. Mais sur les questions du bien-être animal, qui revient souvent, moi, je suis très sensible à cette question-là, c'est ce gouvernement, c'est cette majorité qui met fin à la castration à vif des porcelets. C'est ce gouvernement qui met fin au broyage des poussins mâles. C'est ce gouvernement et cette majorité puisqu'il y a des parlementaires qui se mobilisent.
Je pense à Loïc Dombreval, à Claire Aupetit, à Aurore Berger qui a proposé un texte qui a été adopté par le Parlement qui se mobilise pour la protection des animaux de compagnie. Voilà, on a cette action-là qui est très forte et moi, je ne veux pas que ce débat occulte toute notre action en faveur de la biodiversité et du bien-être animal.
Edwige ? Il y a un autre sujet qui alimente évidemment beaucoup les discussions, c'est la question du pouvoir d'achat, des inégalités qui se sont creusées avec cette crise sanitaire. Il y a beaucoup de débats autour où est-ce qu'il faut ou pas augmenter le SMIC ? Il y a un coup de pouce technique entre guillemets qui va être apporté au SMIC le 1er octobre prochain. Est-ce qu'il ne faut pas aller un petit peu plus loin ou du moins comment partager les fruits de la croissance de cette reprise pour reprendre l'expression de Bruno Le Maire ?
C'est un enjeu extrêmement fort pour nous. Et immédiat. Première chose, nous, agir pour une meilleure rémunération du travail, c'est ce qu'on fait depuis 2017. C'est notre grande priorité. Oui mais là, qu'est-ce que vous allez faire
concrètement ?
On veut que les Français puissent travailler qui est de la création d'emplois. On parlait un peu tout à l'heure du bilan des créations d'emplois en France. On voit qu'il y a une action qui fonctionne et ensuite on veut que travailler, ça paye. Et notamment que ça paye toujours plus que ne pas travailler. Si vous prenez toutes les mesures qu'on a prises depuis 2017, l'augmentation de la prime d'activité, la baisse des cotisations salariales, les différentes primes qui ont été portées, c'est un 13e mois et le début d'un 14e mois pour quelqu'un qui travaille au SMIC. Mais là,
c'est partager les fruits de la croissance
et de cette reprise. Et donc, je vais y venir. Aujourd'hui, vous avez deux phénomènes. Vous avez à la fois la crise sanitaire où on a vu qu'il y a des Français qui ont travaillé. On a parlé de deuxième ligne dans un certain nombre de secteurs, dans l'agroalimentaire, dans la propreté, dans la sécurité et dont on a, je crois, dit tous qu'il fallait pouvoir les revaloriser dans leurs conditions de travail ou dans leur salaire. Et pour ça, nous, on croit à des travaux et à des négociations par branche, par secteur. C'est ce qui a été engagé.
Il y a un accord notamment qui a été conclu dans le secteur de la propreté la semaine dernière qui a été signé par les partenaires sociaux qui prévoit une revalorisation salariale et une action sur les conditions de travail. On souhaite que ça se poursuive dans d'autres secteurs, notamment dans le secteur de l'hôtellerie-restauration. Mais je vais vous dire, c'est dans l'intérêt des salariés, c'est aussi dans l'intérêt de ces secteurs et des entreprises parce qu'elles font souvent face dans ces secteurs à une difficulté à recruter. Il faut qu'elles soient plus attractives.
Ensuite, il y a la question du SMIC qui fait écho au sujet du pouvoir d'achat puisque vous avez vu qu'il y a eu une inflation très forte, une augmentation des prix de l'énergie. Et évidemment, nous, on ne veut pas que l'augmentation des prix et l'augmentation des tarifs de l'énergie viennent grignoter ou viennent supprimer toute l'action qui a été la nôtre pour que le travail paye plus. Donc il y a cette augmentation du SMIC qui a été décidée de 35 euros qui correspond à l'inflation. C'est une règle automatique mais on a décidé de l'appliquer.
Il y a ensuite le coup de pouce qu'a annoncé le Premier ministre sur la question de la facture énergétique avec un chèque énergie qui sera augmenté de 100 euros pour les 6 millions de bénéficiaires en France. Ça, ça va arriver d'ici à la fin de l'année. Les 6 millions qui ménagent bénéficiaires le recevront.
Qui couvrent à peine l'augmentation du prix de l'énergie, vous le savez.
C'est un geste significatif encore une fois pour compenser la hausse du prix de l'énergie.
Pour les gens, c'est zéro à la fin. Il ne se passe rien.
C'est des gens, des classes moyennes qui travaillent qui ont bénéficié de toutes nos mesures pour augmenter la rémunération du travail. C'est ça le sens de notre action. Encore une fois, et quand vous baissez l'impôt sur le revenu pour 17 millions de ménages, 5 milliards d'euros, c'est 300 euros de gains en moyenne. C'est ce qu'on a fait pour ceux qui travaillent encore une fois et qui travaillent et en même temps ils ne gagnent pas suffisamment pour boucler leur fin de mois et puis ils voient des personnes qui ne travaillent pas et qui sont accompagnées avec un niveau de revenu qui n'est pas sensiblement différent du leur. Vous négociez avec les entreprises
mais est-ce que l'État ne doit pas donner l'exemple avec les fonctionnaires ?
C'est ce qu'on fait aussi évidemment. Vous savez, si vous prenez le Ségur de la santé, on augmente la rémunération de toutes celles et de tous ceux qui travaillent à l'hôpital. Ça va jusqu'à 300 ou 400 euros par mois net en plus. Sur l'école, avec le Grenelle de l'éducation, on augmente la rémunération des professeurs. À la fin de ce quinquennat, il n'y aura pas un professeur qui gagnera moins de 2000 euros net par mois. C'est l'action qui a été menée par le gouvernement. On augmente la rémunération des fonctionnaires de la catégoriser, c'est-à-dire les fonctionnaires qui ont les moins hauts revenus. Ce sera de 40 à 100 euros net en plus par mois à partir du mois de janvier prochain.
On agit aussi avec Amélie de Montchalin sur leur protection sociale et sur leur complémentaire santé. Il y a cette action-là. Vous avez vu qu'Anne Hidalgo
avait googlé Gabriel Attal le salaire des enseignants, ceux qui sont en contact avec les élèves à l'école sur 5 ans. C'est partie de sa proposition de début de campagne présidentielle. Et effectivement, en France, les enseignants sont deux fois moins payés qu'en Allemagne, par exemple, qu'aux Pays-Bas.
Le constat qu'il faut mieux rémunérer nos enseignants, on le partage. Y compris, on regarde les comparaisons avec l'international. Mais dans ces cas-là, il faut tout comparer. Ils travaillent moins longtemps en plus, figurez-vous, en Allemagne. Si vous prenez un certain nombre de pays avec lesquels on compare souvent, il n'y a pas un temps de travail qui est plus important. En Allemagne, c'est 620 heures par semaine et 720 pour les enseignants français. Il faut peut-être voir aussi sur les vacances, sur la question de la retraite. C'est peut-être des enseignants qui travaillent plus longtemps dans leur vie.
Je crois vraiment que quand on compare tous ces paramètres-là, le temps de travail sur la journée, sur la semaine, les vacances et la retraite, je ne suis pas sûr qu'on arrive à un équivalent que vous évoquez. Ça, c'est la première chose. Deuxième chose, évidemment, on revalorise la rémunération des enseignants. C'est tout le travail qui a été fait par Jean-Michel Blanquer avec le Grenelle de l'éducation.
Et le fois deux que propose Anne Hidalgo, ça vous paraît cohérent ?
On voit bien qu'il y a une entrée en campagne résidentielle et qu'il y a une volonté de la part d'Anne Hidalgo mais d'autres candidats, on le voit aussi, de se démarquer, de se faire entendre en faisant des propositions pharaoniques. Voilà, pour se faire entendre. Nous, on ne veut pas vendre du rêve et décevoir les Français. Et ensuite, c'est bien de proposer ça et de dire ça. D'abord, je pense qu'il y a aussi d'autres priorités en plus des enseignants et je le disais à l'instant pour la santé, pour la sécurité et nos forces de l'ordre ensuite. Puis, il faut dire comment on finance quand on propose une telle mesure.
Alors, racontez justement, pardonnez-moi, je me permets de vous interrompre Gabriel Attal pour vous faire écouter une autre candidate. C'est Valérie Pécresse. Elle est candidate à la primaire de la droite. Elle vous trouve extrêmement généreux. Peut-être trop.
Nous pensons qu'il y a urgence pour le pays à ce qu'Emmanuel Macron, qui a été un président pour presque rien et qui est en train de cramer la caisse, arrête son mandat en 2022.
Vous êtes en train de cramer la caisse.
Parce que je vous le disais à l'instant, il y a des primaires à peu près partout en ce moment et donc il y a la volonté des candidats à ces primaires de se démarquer. Et voilà, Mme Pécresse, elle a employé cette phrase parce qu'elle savait que dans l'émission du dimanche de BFM TV, on la diffuserait. Ils emploient des mots forts ou des propositions fortes pour faire parler d'eux. Je constate ça. Juste pour finir sur Anne Hidalgo. C'est bien de faire des propositions très fortes. Jean-Michel Blanquer a chiffré ça, je crois, à 150 milliards d'euros sur un quinquennat.
Ça, ça correspond en fait. Ce chiffre-là serait correct si on compte tous les membres de l'éducation nationale, pas uniquement comme le propose Mme Hidalgo, ceux qui sont comptés avec des enfants.
Bon, en tout cas, ça va coûter beaucoup. Comment est-ce qu'on finance ? Elle ne l'a pas dit. Par contre, moi, je l'ai entendu sur une grande radio expliquer qu'il y aurait, je crois que c'est une remise à plat globale de la fiscalité en France. Et là, je pense que les Français, quand ils entendent ça, ils doivent commencer à s'inquiéter. Nous, on a un engagement qu'on a tenu et qu'on tiendra qui est de ne pas augmenter les impôts. Et je crois qu'elle s'est un peu démasquée en disant ne vous inquiétez pas, mon programme sera financé, il y aura une refonte globale de la fiscalité en France. C'est toujours pareil. Vous savez, c'est comme un monopoli inversé.
Vous passez par la case départ, hop, on vous prend de l'argent et les impôts augmentent. Nous, on ne veut pas se lancer là-dedans. Et pour répondre à Mme Pécresse, ce qu'elle est en train de dire, c'est qu'il n'aurait pas fallu protéger nos entreprises, qu'il n'aurait pas fallu faire le quoi qu'il en coûte pendant la crise.
Mais alors qu'on sait très bien et les économistes le disent, que si on n'avait pas dépensé l'argent qu'on a dépensé pendant la crise pour protéger les entreprises, protéger les emplois et le pouvoir d'achat des Français, on aurait dû dépenser le même argent deux ou trois fois plus dans les années à venir parce qu'on aurait payé de l'assurance chômage pour les millions de Français qui seraient retrouvés au chômage, parce qu'on aurait accompagné des entreprises qui auraient fait faillite, parce qu'on aurait dû aider encore davantage des Français qui seraient retrouvés en difficulté. Maintenant, nous, on a une action depuis le début de ce quinquennat qui est une action de sérieux budgétaires.
C'est ce gouvernement, cette majorité qui a permis au début de ce quinquennat de sortir la France de la procédure pour déficit excessif à Bruxelles. On ne va pas faire le bilan complet du quinquennat là, ni commencer.
À moins que vous nous annonciez dès maintenant qu'Emmanuel Macron est candidat à sa réélection et que vous vouliez parler de son programme.
On rentre dans une phase évidemment de normalisation de nos dépenses.
Alors justement, la campagne présidentielle, vous l'avez évoqué, Louis, il y a un nom qui revient beaucoup, partout, tout le temps,
c'est Éric Zemmour. Éric Zemmour, inévitable, il était à Toulon et à Nice ce week-end. Est-ce que vous avez lu son livre ?
Non, je n'ai pas lu son livre.
J'ai lu des articles
qui relaient un certain nombre de, je crois qu'on dit dans le jargon, les bonnes feuilles. Moi, ce n'est pas le terme que j'emploierais, notamment quand j'ai vu des propos absolument horribles sur les enfants qui ont été tués à l'école à Toulouse.
Aux Aratora.
Il a expliqué qu'ils ne seraient pas tout à fait français parce que leurs familles ont décidé de les enterrer, les inhumer en Israël. Voilà, je n'ai pas lu le livre.
Il les compare aux djihadistes qui vont se faire enterrer ailleurs eux aussi. Mais est-ce qu'il n'impose pas ces thématiques malgré tout avec tout le ramdam autour de son livre, les déplacements qu'il font qui ressemblent clairement à des meetings ? On a les images de... Enfin, qu'on voit les images à Nice et à Toulon, ça ressemble clairement à des meetings. Est-ce qu'il n'est pas en train de poser ces thématiques dans la campagne présidentielle ?
Vous savez, si vous me demandez si les questions de sécurité ou les questions d'immigration sont des questions qui seraient tout d'un coup nouvelles pour nous parce qu'il y a une campagne présidentielle et que des candidats en parlent, la réponse est évidemment non. Ce sont des sujets sur lesquels on travaille depuis 2017, sur lesquels on agit et sur lesquels on commence à avoir des résultats même si c'est évidemment difficile.
Après, vous voyez bien qu'il y a des candidats qui sont dans une forme de surenchère, qui font des coups de menton, qui ont des propos, parfois des propos scandaleux et qu'il y a une concurrence entre Éric Zemmour, Xavier Bertrand, les candidats à la primaire des Républicains. De l'autre côté, il y a une concurrence aussi classique avec Marine Le Pen. Moi, j'observe ça. On rentre dans un temps de campagne présidentielle. Donc, je vais vous dire, il faut s'attendre à ce qu'un certain nombre d'outrances, un certain nombre de surenchères se multiplient dans les semaines.
Bien sûr, mais s'il y a de la place pour ces thématiques, est-ce que ce n'est pas précisément parce qu'Emmanuel Macron n'y a pas tout à fait répondu ? Il pense évidemment à l'identité, aux inquiétudes vis-à-vis de l'islam, à la souveraineté aussi. Est-ce que ce n'était pas un des angles morts du quinquennat qui fait qu'aujourd'hui, beaucoup de candidats peuvent s'emparer de ces sujets-là ?
Les Français sont lucides. La première raison pour laquelle les candidats comme Xavier Bertrand, Valérie Pécresse et Éric Zemmour s'emparent de ces sujets-là et mettent en avant ces sujets-là, c'est parce qu'ils ne trouvent pas matière à nous critiquer sur les questions économiques et sur les questions d'emploi et sur les questions de la gestion de la crise sanitaire.
Ça veut dire qu'il y a matière
à vous critiquer sur cela ? Ça veut dire qu'ils cherchent un endroit sur lequel ils vont concentrer leur vie. C'est le bon endroit. Parce qu'il y a beaucoup d'inquiétude chez les Français et qu'il y a beaucoup de difficultés chez les Français. C'est un sujet qui est éminemment difficile mais c'est un sujet sur lequel on agit depuis 2017. C'est un sujet sur lequel on a agi en renforçant le budget de la sécurité. Plus 2,5 milliards d'euros pour le budget de notre sécurité. On crée des postes de policiers de gendarmes 10 000 sur ce quinquennat à l'époque de Valérie Pécresse et Xavier Bertrand. Ils en avaient supprimé 12 500.
On augmente la rémunération de nos gardiens de la paix plus 100 euros net par mois. On renouvelle le parc automobile de nos policiers. Je peux vous dire que les Français qui voient arriver les policiers avec leurs nouvelles 5008, ils sont contents de les voir arriver avec un équipement qui leur permet de poursuivre les voyous ou qui leur permet d'agir dans leur territoire. On renouvelle des commissariats, des casernes. À la fin de l'année, c'est 700 commissariats et casernes qui auront été rénovés. On agit. Et on agit aussi sur le volet pénal et le volet de la justice parce que c'est ça le vrai sujet.
Le sujet aujourd'hui, c'est qu'il y a beaucoup de Français qui voient l'insécurité mais qui voient aussi l'impunité. Le sentiment que vous avez des personnes qui peuvent commettre des délits, des méfaits et qui peuvent soit ne pas être jugés soit écopés simplement d'un rappel à la loi. C'est pour ça d'ailleurs qu'on supprime le rappel à la loi. Ou qui peuvent être jugés et condamnés un an, deux ans voire trois ans après la commission. Objectivement,
pardon Gabriel Attal, mais en quatre ans il n'y a pas eu un changement spectaculaire. Je ne crois pas que les Français se disent tout a changé de ce point de vue-là grâce à Emmanuel Macron. Je vais vous dire,
s'il y avait une mesure magique qui permettait tout d'un coup de régler tous ces problèmes, j'ose espérer qu'elle aurait été prise avant. Et nous, je vais vous dire, on pense que c'est un enjeu structurel. C'est pour ça, ça passe par quoi sur ce sujet de la question de la justice et de l'impunité ? Ça passe par l'augmentation du budget. Il n'y a jamais eu une telle augmentation du budget de la justice dans notre pays. Ça finance des postes de magistrats, de greffiers pour pouvoir aller sur le terrain et pour pouvoir rendre des décisions plus vides. Très bien, mais quand vous dites c'est structurel. On fait la réforme du code de justice des mineurs. Soyez en concret,
les Français qui vous regardent, vous dites, soyez patient. Soyez patient, ça va prendre du temps et il va falloir qu'on fasse plein de choses et peut-être que dans 5 ans,
peut-être que dans 10 ans. Je pourrais vous mettre en avant tous les résultats et le bilan qu'on commence à avoir. Oui, mais c'est vous qui dites que les Français, ça les préoccupe. Mais bien sûr, on a un bilan sur la diminution des cambriolages, sur la diminution des trafics. Je pense que c'est là où notre action a été la plus forte et on voit des résultats. Une augmentation cette année de 40% de la saisie de cannabis. Mais il y a un garçon de 14 ans
qui a été retrouvé brûlé dans un coffre
à Marseille. Un policier qui a été abattu à Amignon. Il y a une milliers d'interpellations, plus 30% de saisie d'armes à feu à Marseille par exemple. Évidemment que ça reste difficile, vous le dites à l'instant, mais précisément, si je ne suis pas là en train de fanfaronner avec des grands indicateurs nationaux, c'est parce que je sais que sur le terrain, il y a des Français qui continuent à être confrontés à l'insécurité, qui continuent à être confrontés à ce sentiment d'impunité. Et donc ce que je dis, c'est que c'est une action de temps long.
On commence à voir qu'elle porte ses fruits, notamment sur un certain nombre de priorités et la lutte contre les trafics de drogue, c'est une grande priorité parce que c'est aussi ce qui finance d'autres types de criminalités. Et ce que je dis, c'est qu'on va poursuivre et amplifier sur cette action. Il y a eu le Beauvau de la sécurité cette semaine. Le président de la République a annoncé des mesures nouvelles pour aller encore plus loin.
Je reviens un instant sur le terrain politique parce qu'on voit bien que la droite se cherche, elle est primaire. Il n'y a aucun candidat qui émerge vraiment. Finalement, cette division, il y a le phénomène Éric Zemmour, on vient d'en parler. Cette division, ça vous sert plutôt, vous, La République En Marche parce que ça affaiblit. Il n'y a pas une personnalité qui émerge.
Moi, je constate comme vous qu'il n'y a ni leadership ni idée ou alternative. Donc, c'est plutôt bon pour vous. Je vais vous dire, on n'est pas dans le temps de la campagne, nous encore. Mais moi, j'aimerais qu'on puisse avoir un débat projet pour proposer alternative contre alternative. Voilà, sur la gestion de la crise sanitaire. Est-ce qu'on a entendu parmi les oppositions une proposition alternative une ligne alternative à ce qu'on a fait sur la question de l'ouverture des écoles, sur la question du quoi qu'il en coûte, sur la question de la vaccination générale ? Non, on ne les a pas entendues.
Il y a des gens qui appellent... Marine Le Pen, pour ne pas la citer, sur ce plateau, elle appelait des mesures que vous avez prises quelques semaines après, par exemple.
On a pris des mesures progressivement pendant cette épidémie pour protéger les Français. Mais ce que je dis, c'est que moi, je ne suis pas là à me satisfaire qu'il n'y ait pas de leadership ou pas d'idées clairement exprimées dans les oppositions. On est dans un temps de primaire, si j'ai bien compris, où il va y avoir la définition et la désignation de candidats. Puis il y aura un débat au moment de l'élection présidentielle.
On n'est pas du tout là-dedans. Il y a eu une autre primaire ce week-end, c'est la primaire écologiste. 120 000 inscrits, c'est un record pour ce parti. Est-ce qu'il y a une envie, un besoin d'écologie dans notre pays qui se manifeste notamment par ce phénomène ?
Il y a évidemment une préoccupation très forte en matière environnementale. Heureusement d'ailleurs que le parti Les Verts n'a pas le monopole de la question de l'environnement. On agit là aussi sur ce sujet-là. Et d'ailleurs, pour avoir entendu quelques débats, je trouvais que ça parlait parfois de tous les sujets sauf de la question environnementale. On entend des choses...
Et on critiquait beaucoup votre bilan ou votre absence de bilan pour reprendre les propos tenus. Enfin, je veux dire, parlons du bilan. Parlons de cette majorité... Comment vous le résumeriez, ce bilan ? En quelques mesures qui sont actives, qui sont opérationnelles, comment vous résumeriez le bilan environnemental d'Emmanuel Macron ? Je vais vous le dire. D'abord, on sort des constats,
on sort des alertes et on rentre dans le concret et dans le dur. Et entrer dans le concret et dans le dur, c'est quoi ? C'est fermer toutes nos centrales à charbon sur ce quinquennat. Là, vous avez des pays voisins, notamment l'Allemagne, qui prévoit ça pour 2035 ou 2039. C'est interdire les plastiques à usage unique dans notre pays. C'est construire 10 000 kilomètres de pistes cyclables partout en France.
C'est engager un plan massif qui n'avait jamais été vu dans l'histoire de notre pays de rénovation thermique de nos bâtiments, ce qui est bon pour le pouvoir d'achat des Français, ce qui est bon pour l'emploi dans notre pays parce que c'est des PME, TPE qui travaillent sur l'isolation des bâtiments et c'est bon pour l'environnement parce que c'est moins de consommation d'énergie. 30 milliards d'euros dans le plan de relance sont consacrés à la rénovation énergétique de nos bâtiments. C'est ce qu'on fait aussi pour convertir notre parc automobile. Vous savez, il y a deux visions de l'écologie en France qui se sont affrontées depuis des années.
Il y a ceux qui considèrent qu'il ne faudrait rien faire et ça, c'est notamment côté Les Républicains. Il y a encore quelques mois, climatiques, au nom de son groupe. Donc, il y a une forme de déni encore. Il y a ceux qui considèrent, là, c'est plutôt côté les verts, qu'il faudrait taxer et punir pour agir sur l'écologie. On l'a vu, ce que ça donnait avec la taxe carbone, ça ne fonctionne pas très bien. Nous, on a une autre voie qui est celle de dire qu'il faut aider et accompagner. Je vous donne un dernier exemple. Si vous voulez, je voudrais juste
vous poser deux questions.
L'an dernier, on a triplé le nombre de véhicules électriques et hybrides dans notre parc automobile. Est-ce qu'on l'a fait en ne faisant rien ? Non. Est-ce qu'on l'a fait en taxant et en punissant ? Non. On l'a fait en déployant une prime à la conversion qui a remarquablement bien fonctionné et des Français qui s'en sont saisis et qui ont pu changer de véhicule, aller vers un véhicule hybride ou un véhicule électrique. Voilà, c'est ça l'action du concret et je peux vous dire qu'à la fin, ça va plus loin et c'est plus efficace pour l'environnement que les propos d'estrade ou le déni.
Et le procès d'Alexandre Benalla a débuté. Les Français se souviennent pour la première fois en sorte d'où vu Emmanuel Macron s'énerver, sortir de ses gonds, dire, on se souvient de sa déclaration, il y a un responsable, c'est moi, qu'il vienne me chercher. Est-ce que ça n'est pas l'affaire, l'affaire, qui a pénalisé Emmanuel Macron au cours de ce quinquennat ? Est-ce que ce procès là qui s'ouvre, ce n'est pas un sujet pour le président de la République ? Il y a un procès
qui s'ouvre encore une fois pour revenir à ce que je disais tout à l'heure sur la justice. Moi, je ne commande pas les affaires de justice, les procès. Voilà, c'est la justice qu'il y a eu des commissions d'enquête, le gouvernement s'est exprimé à l'époque. Je pense que voilà, il y a un autre temps maintenant qui est un temps judiciaire. En tout cas, ce n'est pas ce qui nous préoccupe aujourd'hui au gouvernement.
On l'a bien vu au cours de cette émission, il y a quand même un temps politique très fort. Vous avez dit, on n'est pas à l'heure de la campagne présidentielle, surtout pour le président de la République. En même temps, on y arrive lentement, mais sûrement, pour reprendre votre expression, est-ce qu'on a une idée de quand est-ce qu'Emmanuel Macron pourrait se déclarer à l'élection présidentielle où il faut attendre la sortie de la crise sanitaire ? À partir de là, on pourra parler politique pour le président.
C'est une décision qui lui appartient. Oui, bien sûr. Mais on voit bien
que ça commence. Il y a les jeunes avec Macron, des affiches. Il y a le siège de campagne. Il y a un peu tout se met en place. Je veux vous dire
qu'il y a qui dans la majorité et d'ailleurs en dehors de la majorité des Français ou des responsables politiques qui a envie que le président de la République soit candidat. C'est mon cas. Je veux vous dire, c'est une réalité. Maintenant, la décision de se représenter ou pas et la décision de quand annoncer s'il devait se représenter qu'il se représente, c'est une décision qui lui appartient. Moi, je n'ai pas d'informations. Ce que je peux vous dire, c'est qu'aujourd'hui, et on a bien vu avec les enjeux dont on a parlé sur les questions de sécurité, sur les questions économiques, sur les questions sanitaires. On est déjà à l'heure du bilan.
Non, mais surtout, on est focalisé sur l'action et sur le fait de répondre à ces enjeux pour les Français et on n'est pas du tout dans la campagne aujourd'hui.
Merci beaucoup, Gabriel Attal, d'avoir été avec nous aujourd'hui. Merci à tous les deux. Affaire suivante, tout de suite, Philippe Godin, en compagnie de Dominique Rizet.
Gabriel Attal